Votre article sur la vieillesse et ses inconvénients, par Fred Lamoulie

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Je suis né en 1961. Je suis informaticien. En 2000 je travaillais dans un grand groupe de communication (Lagardère pour ne pas le citer), à Nice, chez Nice-Matin qui appartenait à Hachette comme directeur de la filiale Internet. Un an + tard, j’ai rencontré le directeur d’Accenture à Sophia-Antipolis et très vite il m’a proposé de prendre la présidence d’une association qu’il avait fondée. C’est ainsi que je me suis retrouvé Président de « Créer ma Deuxième Vie », une association loi 1901 classique, dont le but était d’accompagner des cadres en vacances d’emploi. Et il y en avait des dizaines à la suite de l’explosion de la bulle Internet.

J’avais 40 ans, un bon job, une femme, un enfant, vivais dans le luxe,… Pour moi le mot retraite n’avais aucun sens, aucune signification… et tout à coup, je m’occupais deux fois par semaine de quinquas qui avaient été lourdés et dont certains étaient vraiment en piteux état.

J’ai pris ce « job » de président à cœur ! J’ai mis en place un bureau : un secrétaire, Patrick, un ex de Thales, Art & Métiers, un trésorier… et un plan d’action. Au début, il y avait 10 personnes aux réunions de l’asso. Puis 20. Puis 35. Puis j’ai été obligé de « louer » un amphithéâtre à Sophia pour organiser des réunions de + 100 personnes.

J’avais deux credo : le premier c’était de dire que la retraite = débandade, sic, retraite = repli, retraite = recul… bref que retraite = négatif…  qu’on avait tous une deuxième vie aussi longue que la première ! à 40 ans on a 40 ans à vivre, non, etc. Le second c’était  l’Apéro avec un grand A. Avec ma voiture de fonction et les cotisations (40 euros à l’année) des membres, j’achetais et transportais aux réunions des « tonnes » de cacahuètes, chips, saucissons, Coca, bières et bien sûr du pinard et des alcools.

Pendant deux ans l’asso tournait à bloc. Je passais à la radio, TV, of course dans Nice-Matin, on faisait plein d’actions… Bref c’était sympa !

Soudain, le PDG de Nice-Matin me dit : on va vendre la filiale Internet à Monaco Telecom et tu pars avec.  Et là, illico, je lui dis : NON ! S’ensuit une période où je me « frite » grave avec la DG, en particulier le directeur informatique, les « huiles » et in fine je négocie un joli petit chèque et je me casse !

J’ai 42 balais, mon chèque, mes Assedic pendant 24 mois. Je décide i) faire du vélo et ii) faire un bébé. Et là, iii ) je me dis « Fred tu ne prendras jamais de retraite !! ».  JAMAIS ! Tu bosseras jusqu’au dernier jour ! Et pour acter encore mieux ma détermination : tu ne cotiseras plus pour ta retraite. Bref tu fais tout pour ne pas avoir de retraite.

Aujourd’hui, j’ai 57 ans, et objectivement, j’ai réussi mon pari.

Pendant 15 ans j’ai « bricolé » dans des start-up. Quand ma fille Zoé – vie en grec – est née en février 2003, je me dis : ton nouveau job = Zoé. Évidemment je quitte « ma vie de luxe» au Majestic, résidence high-level sur les hauteurs de Nice chemin de Terron,  je bazarde ma bagnole, je loue un trois pièces de 60 m2 en hyper-centre à Nice (900 € loyer). Pas de télé, j’ai Zoé en full time, 24/7, ma femme quitte son job de manager dans la grande distribution pour rejoindre une association qui s’occupe de la réinsertion pro des personnes au RMI.

On a maintenant 1500 €/mois, 900 € de loyer, on bouffe avec 100€/semaine. Plus de resto, plus de superflu. Plus d’amis ! Forcément j’ai plus de Cayenne ! Je voyage en bus – une première pour moi –  on est 5 jours sur 7 à la bibliothèque de Nice,  on loue gratos des vidéos, on se promène dans des parcs, des jardins, en été on est sur les galets de la Prom’ qui est devenue notre piscine, bref je passe ma journée à jouer avec Zoé, à faire de la cuisine, à lire et du vélo (on fera même en 10 jours Nice-La Baule, par Dax, +1400Km, moi en vélo, ma femme et Zoé en voiture).

Un jour, le téléphone sonne, le directeur de l’école de Zoé veut me parler !!!??? Il a quelque chose de très important à me dire et me prie urgemment de passer le voir. Je flippe grave !!! Le lendemain, et après une nuit agitée, je suis devant le type : Monsieur, vous savez, ça fait 30 ans que je suis dans l’Éducation Nationale, j’en ai vu passer des élèves,… blabla, blabla… et moi suis là devant lui, j’attends, j’attends qu’il lâche sa pastille Valda…. oui, oui, j’en ai vu passer des élèves, mais comme Zoé, jamais ! Les bras m’en tombent ! Je suis stupéfait. En fait, il m’a fait venir pour me dire que ma fille est vraiment, mais alors vraiment exceptionnelle, et blabla, blabla, qu’il faut la passer en classe supérieure,… je me lève et je me casse !… Il m’apprend rien ce con !

Je ne pense pas que Zoé soit exceptionnelle. Elle a tout simplement été désirée – elle se prénomme d’ailleurs Zoé Carlotta Désirée – elle n’a pas eu de télé pendant les 10 premières années de sa vie, ni de DS, ni de Nitendo – uniquement des livres- elle était avec son père 24/7 qui jouait avec elle et avait une maman attentionnée, douce, aimante.

En 2014 on a plus un rond ! Je deviens auto-entrepreneur. Je me forme sur un new framework américain, un CRM Cloud SaaS, Zoho en l’occurrence, et deviens un expert en Deluge (une sorte de lphp) ; et je bricole, par ci par là, pour ramener des clopinettes.  Et of-course mes cotisations retraites tangentes toujours à zéro.

En 2018, ma fille à 15 ans, elle est en seconde : je ne m’occupe jamais de ses devoirs, sa mère idem, elle parle couramment l’anglais et l’allemand ! Elle veut être diplomate. So what ma chérie, c’est toi qui décide. C’est ta vie, ma chérie, …. je lui lance pour la 1 548 474 fois : sois le maître et le sculpteur de toi-même, on ne nait pas femme on le devient… l’excellence (pas la perfection) …  Et ! une chose est sûre, mon amour, tu le sais, je ne pourrai pas te payer une Prépa. Bref fait ce que tu as envie ! Voyage….

En 2020, elle sera ou pas à Science Po. Ce n’est pas cardinal pour moi.

En 2023 Zoé aura 20 ans moi 62 ; elle sera à Paris, San Francisco, Londres ou Berlin, moi je serai toujours à Nice dans mon petit 3 pièces, devant ma bécane, en train de développer du code pour des start-up et des TPE pour récolter un peu de fric.

En 2033 Zoé aura 30 ans. Elle sera diplomate, manager, je ne sais pas…. elle ne sera plus avec nous,… j’aurai 72 ans – je banderai comme un foulard au vent – ma femme aura 66 ans, on vivra dans un petit studio 100% meublé IKEA avec des clopinettes. Je développerai toujours du code informatique, je transmettrai mes connaissances CRM, ma femme sera active dans une association.

Ma fille nous filera un petit billet pour boucler nos fins de mois. Sinon, de temps en temps, je  chaparderai à Carrefour un bon bifteck si besoin… bref on ne sera pas à la retraite !

Je mourrai le 3 janvier 2052 à 7h42. Sans un rond ! Sans mobilier ! Sans immobilier ! Sans avoir préparé mes obsèques.

La veille je terminais un petit code informatique qui ne servait à rien.

Sur ma table de chevet : un livre de Cioran. De l’inconvénient d’être né.

Rideau !

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80 thoughts on “Votre article sur la vieillesse et ses inconvénients, par Fred Lamoulie”

  1. Egotism(e) , mais la forme est agréable.

    A croire que le rêve libertarien arrive tard dans la vie, par ici.
    Libertarien limité kanmême, faut pas déconner non plus.

  2. Excellent. Je rajouterais pour résumer plus largement: Un moment fondamental de la vie est quand elle arrive doucement à son terme. Alors se pose inévitablement la question de partir dans la dignité (mourir dans la solitude est le plus triste des sorts). Si on prend conscience de cela assez tôt dans la vie, la notion d’enrichissement devient en effet dérisoire: seul le travail du don de soi au cours de la vie nous amène à réussir la plus grande épreuve qui nous attend tous.
    Bonne journée.

  3. Je pourrais écrire une histoire un peu semblable, il faut changer programmeur par jardinier, et une nuance de taille j’aurais droit à une petite retraite si les descendants de Tatcher ne les ont pas supprimées, parce qu’en Belgique il y a toujours une sécurité sociale, merci à mon grand-père et les suivants qui se sont battus pour elle . Alors où est la similitude me direz-vous ? Moi aussi j’ai rompu avec l’aliénation au travail (je devrais dire l’aliénation à l’emploi), moi aussi je ne serais jamais à la retraite car il y a trop de choses à faire dans ce monde et surtout aimer ce monde et le désirer pour nos suivants . J’ai 58 ans ma fille a 30 ans elle se ballade quelque part entre le Laos et le Vietnam, le temps des potagers va revenir (dans un mois je sème les tomates), je rencontre et je parle avec beaucoup de gens bousculés par le système, je fais du vélo, du tango, je vais à la bibliothèque et la vie est belle .

  4. Il vient toujours un âge où on s’interroge…
    Et si je m’étais trompé sur toute la ligne…?
    Alors on continue comme avant ou au dernier moment on change tout ? Pour la dernière fois…

  5. En 2050 ma fille est morte en se frittant dans la rue pour garder le pain ( acheté a prix d’or ) qu’un clochard voulait lui voler !
    Eh oui , ce sera comme ca avec le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources…..
    Rideau……

    1. En 2050 ma fille est morte en se frittant dans la rue pour piquer le pain d’un clochard, qu’il avait acheté à un margoulin, avec une dent en or, qu’il avait arraché d’un mort, dans un cimetière !
      Eh oui , ce sera comme ça bientôt, non pas du fait du réchauffement climatique et de l’épuisement des ressources, mais du fait, que jusqu’au bout nous aurons refusé de parler socialisme …..
      Rideau……

  6. Sans être dénuée de charmes élitistes, votre esquisse quasiment irénique de la décroissance et de votre renoncement aux avantages sociaux occulte de nombreux aspects de la vraie vie…
    1 – Tout le monde n’est pas armé pour devenir ingénieur ou pour briguer des postes de cadre sup ou d’expert en informatique et en jouant avec ce genre de dé beaucoup terminent leur course entre quatre planches après être passés par la case prison.
    2 – Je ne pense pas que vous soyez prêt à assumer en totalité les conséquences de vos choix.
    3 – Votre discours pseudo hédoniste ressemble avant tout à un de ces énièmes appâts libéral-libertaires à la mode soixante-huitarde que nous servent tous ceux qui ne se sont jamais remis de la présence et des acquis du CNR et de la ponction que représente ces acquis sur leurs portefeuilles pourtant déjà trop garnis…
    4 – Pour ce qui est de notre perception de vos arguments: « La liberté c’est bien »… « Les assurances sociales c’est pas bien »… On connaît. On a déjà donné! C’est du pur néolibéral! Rien de neuf dans tout ça.
    5 – Comme ça… juste par curiosité …. Essayez donc d’entrainer dans votre sillage l’ensemble des néolibéraux à qui profitera toujours ce genre de générosité!
    Comme je ne vous connaît pas, je me garderai bien de vous juger.
    Permettez-moi simplement de vous dire qu’en l’espèce vous n’avez rien inventé et que ce genre de piège est déjà bien éventé
    Je vous dis cela sans rancune.
    Simplement pour vous aider à progresser.
    C’est tout … 🙂

    1. Où dans ce texte sur ce qui donne substance à l’existence voyez-vous une attaque libertarienne sur la retraite? C’est plutôt une odyssée en forme de chemin de Damas sur le nécessaire pour bien vivre. Pour le reste : le salariat est ambigu, la vie dans l’Etat n’est ni l’alpha ni l’omega d’une vie digne d’être vécue.

      Quant à l’élitisme… L’élitisme c’est le B.A.BA d’une éthique : choisir c’est opter, c’est élire. Pas de choix qui ne soit en valeur, et l’expression d’une préférence : ceci est plus haut que cela, ceci est meilleur que cela, celui-là vaut plus que celui-ci = je lis plus volontiers Jorion que tartempion, mais plus volontiers Stiegler que Jorion. De même que vous ne partiriez pas en vacances avec n’importe qui etc etc.
      Et puis le bon vieux procés néo-réac en hédonisme! Hédonè, le plaisir, le bien suprême et souverain pour Epicure et consorts = une ascèse exigente. L’auteur et sa famille en font abondamment preuve –> vous voilà à leur faire grief d’oser préférer la littérature aux jeux vidéos, de réussir l’éducation de leur fille, d’avoir un style de vie moins aliéné que le commun si je comprends bien, d’échapper à la merde commune plutôt que d’y plonger la tête en entier comme la plupart…. C’est pour le moins étrange (ou clair : l’aiguillon du ressentiment = la haine de ce qui est « au-dessus »).

      Bref vous êtes vache ou envieux.

      NB : Sur 68, la version Castoriadis est préférable à celle de Sarkozy.

      1. « vous voilà à leur faire grief d’oser préférer la littérature aux jeux vidéos, de réussir l’éducation de leur fille, d’avoir un style de vie moins aliéné que le commun si je comprends bien, d’échapper à la merde commune »

        Oui enfin moi je doute de l’éducation de la fifille de papa-porsche-cayenne !

        On peut tous faire dans l’introspection et même pleurer sur le lait versé, mais l’essentiel ce n’est pas regarder – trop- dans son rétro, mais de regarder la route qui s’ouvre devant nous.

        Pour la petit histoire, ce qui aliène l’individu c’est ce consumériste hédoniste égoïste, ce qui m’a fait échapper à une vie de merde, ce sont mes décennies de vie politique et syndicale avec mes excellents et irremplaçables camarades.

        Fred compte-t-il aller frayer désormais avec des camarades d’infortune. Il ne nous informe pas sur la chose ! Il geint comme un poète nostalgique du temps passé et de sa belle insouciance d’hier !

        Les plus grandes injustices sont celles que l’on vit individuellement.

      2. « Où dans ce texte sur ce qui donne substance à l’existence voyez-vous une attaque libertarienne sur la retraite?  »

        Ben là clairement non tu ne penses pas jicé ? :

        « Et pour acter encore mieux ma détermination : tu ne cotiseras plus pour ta retraite.  »

        Si tu ne comprends pas en quoi, regarde la définition de retraite par répartition pour saisir en quoi ce type de sentence est une mise à mort de la retraite par répartition hein jicè. Ah la la la deuxième vie de 40 à 80 ans…

      3. @ jicé
        Je vous remercie pour votre réponse. Pour me montrer reconnaissant je vais essayer de la compléter. Je suis bien sûr un peu vache… et peut-être un peu envieux aussi… De votre côté, vous avez le droit d’être surdoué dans la mesure où ce joker ne vous prive pas de toute compréhension vis à vis de ceux qui sont moins bien dotés.

        Car, cet esprit supérieur qui vous permet d’aborder les épreuves avec une grande liberté de choix et d’attitude tout en vous ménageant des opportunités (tant mieux pour vous) ne devrait vous empêcher de discerner à quel point une phrase maladroite ou même parfois un mot malheureux suffisent, aujourd’hui plus que jamais, à faire basculer des existences fragiles.

        Privés de ce fameux joker, beaucoup de gens ravalent aujourd’hui leur fierté et leurs principes pour ne pas devoir affronter un futur qui les terrorise. Humilité n’est honte que pour celui qui humilie… On est donc tentés de leur pardonner… En ce qui vous concerne c’est un peu différent.

        Si votre success story nous agace à ce point, c’est bien sûr parce qu’elle ne nous apprend rien, sinon qu’il vaut mieux être riche, intelligent et jouir d’une bonne santé plutôt que de devoir se contenter d’une bourse plate, d’un esprit faible et d’une santé débile. Vanité des vanités… Mais il y a pire.

        Je me suis montré un peu « vache » car le côté lénifiant de votre récit (qui concurrence certaines séries américaines du même registre et donc à vocation identique) et le raisonnement naïf qu’on découvre en filigrane (« y’a qu’à être plus malin qu’eux ») sont de nature à affaiblir encore la vigilance de beaucoup trop d’esprits parfois bien trop sûrs d’eux et par là déjà bien trop somnolents.

        Ceci dit je vous trouve bien élevé 😉

      4. @mon pt’it René :

        1. l’auteur de l’article c’est un certain FL; Moi c’est Jicé.

        2. Je te conseille toujours la lecture de Castoriadis plutôt que tes lieux communs néo-réacs, je bisse et confirme.

        3. J’adore ce texte, ce ton de pastorale qui vous emm..quiquine grave; ça change des déplorations habituelles, du cénacle des neurasthéniques (au passage : que fait un lecteur de Cioran dans ces pages? Pas vous, un autre).

        4. A toi et aux autres : je persiste à dire que à l’intérieur des possibilités de l’époque l’essentiel de son choix de vie me semble pertinent. Que faire un choix de vie est de toute façon pertinent quelles que soient les conditions de l’époque (pour autant que ce mot ne soit pas abusif, encore moins qu’une Idée de la raion), tant le politique n’épuise pas l’éthique, la vie l’existence (tournez le truc tant que vous voulez dans vôtre tête, la chose est entendue et irréfutable -je ne suis pas dogmatique, j’ai seulement beaucoup bossé).

        5. Ergo : zoon logon politikon : ça ne dit rien encore de la forme du politique. Qui sait si l’amitié élective n’y suffit pas? Qui sait si le soin portée aux choses à notre portée etc.

        6. Au passage au Kamarad Eninel : « Bouddha est mort depuis longtemps, mais on continue depuis un siècle à monter son ombre dans une caverne », tu te rappelles? Faute de moteur et de fidèlse le grand Surmoi historiciste ne nous tyrannise plus.

        7. Au sujet de Stiegler, qui consterne un autre de nos révolutionnaires : préférer un consternant qui pense à un consterné qui invoque, méditer longuement aussi sur quelques impasses historique avec ou sans bureaucratie puis aller se promener si le temps le permet.

        8. Je suis tout sauf gentil (demande au modo), surtout en période de sevrage.

  7. Tout cela me paraît assez « exhibitioniste ». On ne voit pas le rapport avec la masse de désoeuvrés de 50 ans et plus, alors que c’est un véritable problème sociétal. Etre viré à 45/50 ans, ca finit généralement en galère ou pire; en France, les problèmes pour un salarié qui a perdu son emploi commencent même dès l’âge de 40 ans.

    1. « exhibitionniste »
      ou « chanceux » !
      Vous exprimez Germanicus, plus en détail ce que j’évoquais…
      A 45/50 ans, (entre autres), un tout petit événement peut changer radicalement le cours de la vie.
      Tout le monde n’a pas le loisir de « négocier un joli petit chèque et se casser »…
      Il aura pu être content, Fred !
      Qu’aurait-il fait s’il s’était retrouvé « le cul nu sur la glace » ?

  8. Cette nouvelle idée « contre la retraite » est aux antipodes de celles de Bernard Friot, qui me semblent autrement plus justes: Jusqu’à preuve du contraire, les retraités avec une bonne santé et une pension décente ne se transforment pas du jour au lendemain en grabataires dépressifs, bien au contraire.

    Vivant dans une région à la démographie plus que vieillissante, je ne compte plus les seniors de mon entourage qui s’impliquent dans des activités associatives et bénévolats en tous genres. Or, il le font d’autant plus sereinement qu’ils disposent d’une indemnité suffisante pour financer ces activités parfois coûteuses, mais aussi parce que désormais libérés de l’emploi, ils disposent de temps à leur guise.

    Il y a quelque chose de l’ordre de la névrose chrétienne à croire comme vous qu’on doive nécessairement « gagner son pain à la sueur de son front » jusqu’à la mort, croyance particulièrement irrationnelle à l’heure où ce pain est essentiellement produit par des machines…

    1. Y’a 250 ans environ , un type a dit « Il faut cultiver notre jardin », facile avec toutes les terres en déshérence à cette époque.
      Les temps changent, la densité augmente.
      Lui, y dit « Tous à vos compilateurs »; pas même résidents mais dans « le » nuage, je suppose. L’est moderne, de son époque. A évolué avec son temps.
      Pas ringard, non?
      Il est libre, Max.

  9. Ouah l’autre, qui bandera comme un foulard au vent à 72 ans 🙂

    Pour ma part, les miennes de filles, je les laisse baigner dans les standards d’abrutissement que sont la téloche, les jeux vidéos et la bouffe mc do.
    Elles ont aussi de l’ambition hein… Sage femme pour l’une, et pour l’autre l’ambition d’en avoir, ce qui me paraît déjà très bien.
    Pas de prof pour me dire qu’elles sont brillantes, ce qui me paraît plutôt rassurant.
    Et pour ma part, à 72 ans, je me vois bander comme un Hercule, à jouer aux jeux vidéo qu’un informaticien aura inutilement codé.

  10. « Fred tu ne prendras jamais de retraite !! ». JAMAIS ! Tu bosseras jusqu’au dernier jour !
    Euh…L’un n’empêche pas l’autre pour ceux qui le désire ! 🙂
    Sinon, ‘retraite’ = ‘continuité du traitement’, si j’me souviens bien…

    1. Pour le temps qui nous sépare du dernier jour , il est plus certain que ça peut ressembler à une « retraite », que d’avoir la garantie qu’on sera en état de bosser .

      Sauf à avoir des gènes comme ceux de Trump , ou assez de cran ( si Alzheimer ou autres n’ont pas frappé avant ) pour se jeter dans le lac à 0 degré et après avoir bu un litre de whisky .

      En Haute-Savoie la retraite fournit surtout le Reblochon .

      1. @ Juannessy
        Oui, le froid c’est bien pratique.

        « Il existe une autre forme de mort très répandue chez les Inuit : le suicide.
        En fait, il n’est pas considéré comme un suicide au sens où nous l’entendons chez nous, c’est en réalité un mode de régulation démographique ! Quand une vieille femme n’a plus de dents à force d’avoir trop travailler les peaux de phoques, quand un vieillard est devenu trop faible pour chasser, quand les hommes et les femmes deviennent un poids pour leur communauté, ils « partent sur la glace » comme ils disent. C’est-à-dire qu’ils vont se laisser attraper par le froid mordant et se laisser ainsi mourrir, par sacrifice en quelque sorte pour le reste de leur famille. On appelle cela le suicide institutionnel. »

      2. Ce billet est vraiment excellent! Il est magnifique. Je ne pense pas que l’on puisse trouver ailleurs sur un autre blog un post de telle sorte, c’est un témoignage à valeur sociologique, c’est déjà comme un dessin sur la roche dans les grottes de Lascaux, c’est l’expérience de vie d’un humain sur quelques octets qui montre à quel point l’humain est inégalable, inclassable, L’IA, Google ou Facebook n’y feront rien.
        A 60 ans révolus, Je ferais bien aussi mon petit billet.
        Une option pour le futur de votre Blog Monsieur Jorion?
        Un registre sociologique pour les thèmes qui nous sont chers?

      3. @Arkao :

        La méthode est en tous cas moins pénible ( surtout avec le litre de Whisky , et elle avait été utilisé il y a un peu plus de quinze ans par un vieux couple d’annéciens ) que celle ci :

        https://www.bing.com/videos/search?q=la+balade+de+narayama&&view=detail&mid=2880541665021B6D59A72880541665021B6D59A7&&FORM=VDRVRV

        D’autant que , dans mon cas , je me vois mal imposer à mon fils et ma fille de me trimballer sur leur dos d’Annecy à la cime du massif de la Tournette ( 1900 mètres de dénivelé ) .

      4. Mon bon Juan.
        « In tartiflette we trust » .
        Le Genepi est un cran au-dessus du Ouiski, que diable.
        L’alambic ne passe plus par chez moi. Tous ses clients sont passés… mais la prune, encore fraiche du serpentin valait ses 50 degrés, inoubliable.
        Enfin, faisons tout pour rendre au Lac son eau pure. Les mânes du Docteur Servettaz nous en conjurent.

      5. @Juanessy
        Reblochon, élaboré avec le lait de la seconde traite, la rebloche…
        On oubliera lactalis en allant voir ce film sur un buveur de lait:

        LUCKY 🙂

        Ne le manquez pas !

    2. @Juannessy
      Oui d’accord, en « état de bosser » et aussi l’envie, j’aurais peut-être dû préciser ‘travail’ ou ‘activités’, le travail/boulot étant très souvent de moins en moins intéressant, à mon avis…?
      Mais blocher/re-blocher, ça va de mal en pis !

      PS: « pour ceux qui le désireNT »…J’vais reprendre une activité de cours d’ortaugraffe » 🙂

  11. @ Fred Lamoulie
    Les obsèques, c’est pas gratos, même pour le service minimum. Ne pas les préparer, c’est en laisser la charge à ses enfants. A vous de voir…

  12. Vous mourrez donc à l’âge respectable de 91 ans, suite à une petite erreur de manip lors de votre mise au lit à l’hôpital, à 17h45, effectuée par un jeune en « service civil national » faisant office « d’aide à la vie sociale » (AVS) dont le dernier fût récemment licencié, bien qu’il fasse lui même office d’aide-soignant, et vu que le dernier aide soignant remercié faisait lui même office d’infirmier…
    Mais je suppose que tous ces cons ne vous auraient rien appris, vu qu’il seront bientôt tous remplacés par d’obsolescentes machines dont vous pourriez très bien avoir écrit le code.
    Fort heureusement, un auto-entrepreneur de sa propre vie, chargé de mission de maintenance en zone de stockage d’humains usagés, sera là pour régler les machines devenues folles, avant que ces dernières ne libèrent trop de lits d’un coup.

    Vous vous projetez une belle fin de vie: vous n’assisterez heureusement pas au décès de votre fille suite à un burn-out à Science Po et aux conséquences de la névrose de l’échec à suivre (non, non, rassurez vous, elle vivra une très belle vie, consolidée par votre amour: ces horreurs là n’arrivent jamais en vrai !) De plus, vous resterez en capacité cognitive et physique de programmer jusqu’à la veille de votre mort (qui sera donc belle, courte, joyeuse)
    Je vous le souhaite sincèrement.

  13. Oui une fameuse dose d’angélisme dans ce post. Typique d’un cadre trop bien payé et qui négocie encore son départ d’un travail un peu insensé. Aucune notion de contribution collective, de solidarité collective : ce qui est nécessaire pour faire société, payer les études de votre fille, puis vos hospitalisations (cinq années de mauvaise santé avant la mort), votre séjour en EPAD puis votre aggravation de perte d’autonomie, tandis que votre épouse ne pourra pas payer son loyer et que des dizaines autour de vous connaîtront les mêmes besoins. Et votre fille n’aurait-elle pas droit à quitter la diplomatie à 41 ans ?
    Militant depuis toujours, j’ai une seule petite retraite sans compléments, une petite maison, je paie encore des petits impôts et commence à coûter en hospitalisations tout en gérant plusieurs associations. Et question fichu au vent… quelle importance ? Plutôt avoir une bande d’amis !

  14. La passion pour son travail ne doit pas empêcher une remise à plat du travail dans sa forme abstraite. C’est-à-dire une confrontation directe avec le pouvoir. Le travailleur dit : je donne dans la dentelle, et moi je dis parfait, merveilleux ! Le poète dit je donne dans le vide autour de la dentelle et ce sera sans la retraite. Et je ne dis rien parce que je suis totalement pris au dépourvu. Pourquoi ?

      1. Je m’en fous de tes « professionnelles », les petites mains amateurs me comblent amplement monsieur l’ingénieur.

      2. Ben , la dentelle , même pour des amateurs , ça s’apprend .

        Et c’est d’ailleurs pas facile .

        Ma mère avait essayé de me transmettre ce talent , j’ai jamais réussi à dépasser 4 cm2.

      3. Foutre dieu, 4 cm2 ?, avec ça l’école de la République est mal barrée. Bon c’est pas rien quand même. 🙂

  15. Intéressant, touchant, mais il y a comme une petite musique en mode mineur dans cette histoire. Quelque chose comme une consolation ou un doux renoncement….et quelque chose qui fait un peu peur comme la perspective d’une fin de vie, bref, un je ne sais quoi d’un peu dérangeant, une petite musique qui trotte peut-être dans pas mal de têtes….

    1. Et c’est presque toujours entre 60 et 70 ans que ça se passe .

      Après , on passe à autre chose . Plutôt joyeux , tant que la douleur …

      Tiens, plus de nouvelles de 2 Casa .

  16. Encore un qui ne tient pas compte de l’effondrement à venir…

    Dennis Coyne:

    I expect a peak in World output from 2023-2027 (possibly an undulating plateau for those years). Could be sooner or later by 5 years as much is unknown, call it (2025+/-5).

    Plus précis et plus complet, Yves Cochet:

    L’effondrement est possible dès 2020, probable en 2025, certain vers 2030. Une telle affirmation s’appuie sur de nombreuses publications scientifiques que l’on peut réunir sous la bannière de l’Anthropocène, compris au sens d’une rupture au sein du système-Terre, caractérisée par le dépassement irrépressible et irréversible de certains seuils géo-bio-physiques globaux. Ces ruptures sont désormais imparables, le système-Terre se comportant comme un automate qu’aucune force humaine ne peut contrôler. La croyance générale dans le libéral-productivisme renforce ce pronostic. La prégnance anthropique de cette croyance est si invasive qu’aucun assemblage alternatif de croyances ne parviendra à la remplacer, sauf après l’événement exceptionnel que sera l’effondrement mondial dû au triple crunch énergétique, climatique, alimentaire.

  17. @arkao
    « « Il existe une autre forme de mort très répandue chez les Inuit : le suicide. […] »
    Merci, arkao… de venir combler mon manque d’imagination face à cette échéance.
    C’est au moins, un élément de réponse, pour les « sans dents » de plus en plus nombreux, qui essaient d’éviter à leurs enfants cette charge surabondante.
    Si ce genre d’issue peut « être dans le paysage, habituel », alors le saut volontaire peut ne plus être une agression de plus infligée à nos proches.

    1. Afin de lever l’ambiguïté sur mon commentaire, je tiens à préciser qu’il n’avait pas pour objet de promouvoir ce comportement pour nos sociétés actuelles mais de compléter celui de Juannessy au sujet de la fin de vie par hypothermie. Commentaire à classer, donc, dans la catégorie curiosités ethnologiques.

      1. Oui, arkao, je me doutais que vous ne faisiez pas d’apologie du suicide ! sinon je l’aurais, aimablement, relevé.
        Cependant, il est fréquent qu’avec du vieux on fasse du neuf… en la matière, pas de gaité de cœur, mais par contrainte.
        Qui vivra verra, alors que mourir de vieillesse et en bonne santé se fait de plus en plus rare…

  18. Ben tiens ! Comme c’est beau cet esprit de liberté et d’initiative individuelle.
    Et vous auriez pu faire quoi sans un joli petit chèque de départ ?
    Le prolo viré comme une merde, il a quoi pour refaire sa vie ?

  19. Sans vouloir être trop déprimant il risque de se passer la même chose pour votre fille que pour vous car ce qui empire est la chose suivante : on donne de très bon poste à des jeunes bien formés y compris des postes de cadres dirigeants. Un cadre informatique de 30 ans est souvent quelqu’un qui a seulement bidouillé quelques morceaux de code et on peut en effet se retrouver directeur informatique en ayant même pas soi même écrit un logiciel digne de ce nom (c’est à dire un logiciel de travail qui est réellement utilisé par des entreprises d’une certaine taille pas une démo améliorée pour une TPE). Se retrouver à un poste de direction en étant jeune et peu expérimenté est aujourd’hui la règle sociale qui est de donner des postes attrayants à ceux qui sortent de fin d’études avec d’assez bons diplômes et cela est autant valable dans l’informatique, le commerce, la publicité, le management… Mais en effet il n’y a pas assez de place pour que tout le monde soit dirigeant et donc ces places sont réservées au jeunes qui sont assez quand même assez bien formé. On évite que la jeunesse soit désœuvrée car on connait sa tendance révolutionnaire. Mais vers 35, 40 ans c’est fini, avec des enfants, des crédits sur le dos vous ne risquez pas de faire la révolution et là on vous ramène à la triste réalité : soit vous savez écrire de gros logiciels et ce n’est pas toujours si bien payé et en plus vous serez encadrés par des jeunes sus-cités et qui se croient parvenus soit vous êtes seulement « capable » d’être cadre et trop vieux puisqu’il y a trop de personnes sur ce marché et une autre classe d’âge a « calmer »

      1. Hey buddy , Mister Robot is our friend !

        FORGET THE ROBOT SINGULARITY APOCALYPSE. LET’S TALK ABOUT THE MULTIPLICITY and….ENJOY !

        « The more we try to build a machine, it’s not a desire to essentiallly take people’s jobs away. We want to enhance people and we want them to be able to focus on the more subtle, rewarding, and human aspects of their jobs. »

        « Robots are great at brute strength, precision, and speed. Humans have better brains and marvelous hands with which to grip an array of objects. And these contrasts are going to stay contrasts for a long while to come »
        https://www.wired.com/story/forget-the-robot-singularity-apocalypse-lets-talk-about-the-multiplicity/

  20. Quand-même, Frédéric, pour avoir pris en mains sa « deuxième vie », n’a pas complètement coupé avec la première…
    A moins qu’il s’agisse d’un homonyme, un rapide appel au moteur de recherche, et on s’aperçoit que tout le pedigree est (encore) bien étalé.
    Plus curieux: nom et prénom en recherche d’images et, obtient quelques photos sympathiques et:
    *- tous les couvertures des bouquins de Paul Jorion
    *- un nombre incalculable des « binettes » de ce même Paul Jorion

    Les compétences en informatiques, réseaux et keywords sont effectivement très bien utilisées 😉

    1. Yep, faire cotiser les robots pour instaure les gratuités essentielles universelles. San Francisco prête à expérimenter la taxe robot.

      A new study from PricewaterhouseCoopers (PwC) estimates 38% of US jobs could be lost to automation by the early 2030s.

      « In San Francisco, where robots already run food deliveries for Yelp’s Eat24 and make lattés at a mall coffee kiosk, one politician is working to ensure the city stays ahead of the curve. »

      « Supervisor Jane Kim is exploring a tax on robots as one solution to offset the economic devastation a robot-powered workforce might bring. Companies that use robots to perform tasks previously done by humans would pay the city. Those public funds might be used to help retrain workers who lose their jobs to robots or to finance a basic income initiative. »

      « Kim made clear that she is in the beginning stages of assembling a group that will explore solutions for automation. San Francisco is a long way from seeing a robot tax implemented. »

      « I do think it’s important that we’re the city that looks at this issue, because we’re at the center of the technological revolution. We have access to so many academics, researchers, and tech companies that can help us brainstorm and think about this issue, » Kim says.

      https://www.weforum.org/agenda/2017/05/san-francisco-is-doing-the-once-unthinkable-to-stop-robots-taking-our-jobs

  21. Lorsqu’une société est dans l’attente de l’événement qui doit la supprimer, quand la peur, la détresse, la pauvreté, la déshérence et l’envie de tous contre tous sont parvenus à un état de maturité, comparables à des fruits dans la chaleur, une expression secrète et avide apparaît sur la plupart des traits des vivants qu’on rencontre dans les rues des villes qui sont les nouvelles forêts. Les visages qui nous entourent portent cette tristesse et manifestent ce silence qui se tend. Ce silence, malgré l’Histoire, c’est à dire à cause du mythe de l’Histoire, est toujours dans l’ignorance de sa « ferocia ». Les sociétés occidentales sont de nouveau dans cet état de terrible maturité. Elles sont à la limite du carnage.
    Pascal Quignard – Rhétorique spéculative

  22. « Tu bosseras jusqu’au dernier jour ! Et pour acter encore mieux ma détermination : tu ne cotiseras plus pour ta retraite. Bref tu fais tout pour ne pas avoir de retraite. »

    « Tu ne cotiseras plus pour ta retraite ». J’ai du louper un épisode, mais ici en France, et Nice est en fRance, les cotisation retraite sont pour ceux qui y sont maintenant, pas pour ceux en activité qui cotisent ?

    Ce n’est pas donc pas pour ta retraite que tu ne cotises pas mais pour ceux qui y sont, tant pis pour eux, car le système étant bien fait t’auras droit au minimum vieillesse quand même à ton tour le jour venu le cas échéant. Elle est pas belle la vie mec ?

  23. Merci de nous apporter cet éclairage sur le merveilleux monde qui se profile, où de plus en plus d’emplois (restants) seront assortis d’automatisation et d’IA, y compris les domaines professionnels a priori les plus éloignés. L’obsolescence accélérée (des personnes), ça nous promet des vieux jours, qui s’écartent notoirement du gentil scénario énoncé ci-dessous (à la sobriété « choisie », et pourtant parti de « haut »). Né en 1961, si mes calculs sont bons, il reste donc, à vue de nez, quelques 10 ans avant de pouvoir « émarger » en tant que retraité….et dans quelles conditions ? Prospectivistes à vos crayons ; je parierait que là aussi il va y avoir un sacré grabuge, avec une accentuation dingue des inégalités….Retour au 19ème siècle, sans la solidarité familiale.

  24. Depuis peu à la retraite, j’ai l’impression certains jours que les journées sont vraiment trop courtes, d’autres jours j’essaye de ne vraiment rien faire et j’y arrive assez bien. Cette ambivalence me ravit.
    Comme il a été dit un peu plus haut, ne confondons pas emploi et travail.

    1. Ne confondons pas emploi et travail.
      Exact, un peu comme Stiegler, qui finit par nous pondre son revenu contributif (avec Braouezec, Macron et toute la clique : puisqu’en effet, ils essayent ça sur le territoire de la Plaine Commune). Absolument consternant pour la classe ouvrière, son histoire, qui cherche l’émancipation et non la soumission à la classe dirigeante.

  25. Vous Prendrez une burka pour chaparder votre bifteck à Carrefour? Si c’est le cas pour passer inaperçu alors rien ne sert de vieillir. Quelles canailles les vieux!

  26. Pour la petite histoire, après avoir lu l’article de Paul sur la vieillesse, j’ai pondu mon speech, en un quart d’heure, je l’ai à peine relu puis j’ai cliqué sur le bouton « Envoyer » de mon client de messagerie. Ah oui j’ouvre une parenthèse !… depuis des années je suis un lecteur du blog et je n’ai jamais envoyé quoique ce soit…. Je la ferme !
    Alors, contre toute attente, Paul me dit par mail qu’il aimerait faire partager avec les lecteurs du blog. … Illico, je lui réponds : « tu sais Paul je t’ai envoyé ce machin sans réfléchir… si tu penses que ça fait sens de partager sur ton blog, publie, c’est pas du Chomsky, du Castoriadis, du Bourdieu, c’est juste 100% vrai, authentique _ et dans la vie, selon moi, il n’y a qu’une chose que les gens veulent : c’est de l’authenticité ! Off course faut corriger les foootes, may be enlever les patronymes, non ?
    Et voilà ! Ma fulgurance est online….et aujourd’hui je viens lire les commentaires ! Primo, merci ! Oui, oui, un grand merci pour vos réactions … Deuxio : la vérité est que ce concept de « retraite » est tombé sur moi comme du guano sur mon épaule !… il a fertilisé mon existence… et pour faite court m’a appris à savoir dire non,… mais pas non du bout des lèvres, non, non, mais un bon gros NON !
    Vous pouvez penser que c’est une parole de nanti, de riche, d’enfant gâté, diplômé, de fils à papa, de bien-né. C’est votre droit. Mais c’est faux. C’est tout le contraire !… mais rassurez-vous !! … je ne vais pas vous tenir la jambe bien longtemps ; je vais aller droit au but…
    Selon moi, dire NON = avoir le courage de choisir ce que l’on veut… … Dire Non = apprendre à devenir auto-déterminé, auto-limité et surtout auto-nome – du grec nomos, la loi _ cad devenir qqun qui se fixe ses propres lois, qui sait/accepte qu’il ne peut pas tout voir, tout connaître, tout faire, tout avoir… Bref qui ne veut pas se laisser porter par le désir d’autrui, quel que soit l’enjeu : la retraite, un ordre, un job, un client, un partenaire, une relation…
    Bref, j’ai tout simplement décidé de construire MA propre éthique pour choisir MA vie, …. j’ai décide de ne plus avoir peur, j’ai décidé de devenir « aligné », enfin le + possible, pour enfin pour dire : OUI !
    Oui à ma vie _ oui à me enfants _ oui à ma femme _ oui à mes amis.
    Vous voyez qqch à redire la –dedans ?

    1. Les normands vous répondraient pt’et ben que OUI , pt’et ben que NON .

      J’aurais tendance de mon côtéàrappeleruneancedote que j’ai déjà avancée. Dans mes nombreuses pérégrinations ,partout où je suis arrivé,les « locaux »m’ont dit :vous êtes sympa et efficace ( si ,si!) ,mais nous ici nous ne sommes pas comme ailleurs ( sousentendu eten particulier de là d’oùvous venez , sanssavoir d’où je venais ) .Ce à quoi je répondais : vous avez à la fois raison et tort , car effectivement vous n’êtes pas comme ailleurs ,mais en lemettant en avant , vous êtes vraiment et totalement comme tout le monde.

      Jene vois donc pass ce qu’on peut trouver à redire ou approuver dans votre exemple pas si rare que ça .

      Par contre ,votre fille , votre femme, à défaut de vos amis, risquent de trouver ,à la longue , assez chiante cette présence , voire cette disponibité , 24/7.

      1. Accessoirement , il y a pas mal de théories sur la relation interpersonnelle, qui ont fait leur beurre sur le «  »savoir dire non » ou  » Veto ergo sum « .

        Pour d’autres le choix entre OUI et NON ,c’est ce qui définit la « conscience » ,dont Libet repris par Paul Jorion, nous dit qu’elle est toujours en retard sur la réponse du corps .

        « Esclave » de son corps ou « esclave » de la Loi ?

        Un peu de révision :

        https://issuu.com/isisocean/docs/benjamin_libet_-_l_esprit_au_dela_d

      2. Si mon dictionnaire étymologique dit vrai , ce ne serait d’ailleurs pas étonnant que vous soyez astreint à vous tenir
         » à part » , car votre nom , d’origine landaise, viserait un lieu , un « écart » .

        On n’échappe pas à son destin !

      3. Entre OUI et NON, il semblerait , à lire le dernier billet de Paul Jorion , qu’il y a John Maynard KEYNES , que je croyais anglais plutôt que Normand .

        Mais avec l’actualité sur la tapisserie de Bayeux , on sait que les britishs sont tous cousins de Guillaume le Conquérant .

    2. Un gars à déjà tout écrit au sujet du oui. Fait du bien aux aigris qui pullent ici :

      « Pour la nouvelle année. — Je vis encore, je pense encore : il faut encore que je vive, car il faut encore que je pense. Sum, ergo cogito : cogito, ergo sum. Aujourd’hui je permets à tout le monde d’exprimer son désir et sa pensée la plus chère : et, moi aussi, je vais dire ce qu’aujourd’hui je souhaite de moi-même et quelle est la pensée que, cette année, j’ai prise à cœur la première — quelle est la pensée qui devra être dorénavant pour moi la raison, la garantie et la douceur de vivre ! Je veux apprendre toujours davantage à considérer comme la beauté ce qu’il y a de nécessaire dans les choses : c’est ainsi que je serai de ceux qui rendent belles les choses. Amor fati : que cela soit dorénavant mon amour. Je ne veux pas entrer en guerre contre la laideur. Je ne veux pas accuser, je ne veux même pas accuser les accusateurs. Détourner mon regard, que ce soit là ma seule négation ! Et, somme toute, pour voir grand : je veux, quelle que soit la circonstance, n’être une fois qu’affirmateur ! »

      Le Gai savoir, IV, 276

  27. Ce choix de vie où le temps pour la famille et les amis est privilégié est , comme je le comprend, une réaction face aux bonheurs illusoires de notre société.
    En effet , à trop goûter ces bonheurs là, il arrive que l’on s’en dégoûte , et c’est tant mieux car certaines jouissances ne sont que des drogues.

    En lisant les commentaires de ce fil, on peut constater que Celui qui se démarque des autres doit souvent affronter leurs jugements, d’autant plus sévères qu’il remet en cause des visions formatées de l’existence , elles même ancrées dans la culture du moment ( en l’occurrence « le toujours plus d’argent, pour assouvir le plus de possibles » ou «  le plus de sėcurité financiére pour se protéger des alléas de la vie ». Au fond , c’est vrai , il y a comme une peur qui tient les rênes de maintes vies.Et il y a une triste réalité de fin de vie pour certains.Alors on dit « oui » parce qu’il paraît impossible de dire « non ».

    Je comprend que chacun ait sa façon de se sentir pleinement vivant.

    Décider de ne plus avoir peur , décider de consacrer un maximum de temps à aimer, c’est joyeux.
    Inconscient peut être , mais joyeux.

    Fred, à vous lire , on prend le soleil du midi.

  28. @Béber
    « … on prend le soleil du midi. »

    Hum ! ça ressemble à l’idée qu’on s’en fait à travers la météo nationale.
    C’est vrai, qu’il y fait bon vivre… quand on en a les moyens. A Nice, la population la plus aisée est aussi la plus âgée, comptant pas mal d’anciens commerçants de zones plus nordiques venus y vivre leurs retraites. La moins aisée a aussi du mal à se loger, because « ça ne le fait pas » d’avoir des HLM dans le paysage.
    « On » préférera payer pour se garantir la tranquillité.
    Bon, on peut dormir dans sa bagnole puisque les températures sont plus clémentes qu’ailleurs !

    Mais peut-être que la surchauffe climatique inversera les préférences ! … du moins les idées qu’on s’en fait…

    Dans l’immédiat, à voir le nombre de ceux et celles qui viennent se faire rôtir au soleil, quasi immobiles, je me dis que Paul Jorion n’a pas bien saisi leur goût pour le farniente et les grillades 🙂

    1. @ adoque dit : 22 janvier 2018 à 20 h 39 min

      « C’est vrai, qu’il y fait bon vivre… quand on en a les moyens. A Nice………..Bon, on peut dormir dans sa bagnole puisque les températures sont plus clémentes qu’ailleurs ! »

      A deux pas de là, à Juan les Pins, quand on n’a pas de bagnole on peut aussi dormir dans la rue, pas loin de la Pinède où a lieu chaque été en Juillet, le célèbre festival de jazz où se donnent rendez-vous les bobos encore argentés.

      Depuis le début de l’année, on peut y rencontrer une dame enroulée dans des couvertures. On entrevoit parfois son visage d’une trentaine d’années qu’elle dissimule le plus souvent en fuyant les regards. A ses pieds, un fond de bouteille en plastique recueille les pièces des passants, tandis qu’au supermarché du coin, les Restos du Cœur font la collecte de denrées alimentaires pour les démunis.

      Je ne peux m’empêcher de me demander si des discours semblables à celui de F.L. n’incitent pas un peu trop à ouvrir la voie à ce type d’abandon, de renoncement à vivre dignement, ce laisser aller vers la déchéance humaine à tel point que la honte incite à en cacher le visage..

      1. « abandon, renoncement », c’est vite dit.

        Consomment très peu, production de CO2 mini, etc… préservent donc un max la nature. On voit que leurs styles de vie est un engagement très fort en faveur d’autrui et de l’environnement. Ils sont l’exemple même de la prudence, à généraliser pour que les « autres » cessent de consommer plus que le renouvelable. Rappel: nous n’avons qu’une Terre.
        Ils sont des précurseurs.
        On devrait les subventionner même si être accro au Jazz est difficilement pardonnable. Nul n’est parfait…

        Pour illustrer: « Il est libre Max », Hervé Cristiani.
        https://www.youtube.com/watch?v=8dx3rktr4Ls

      2. Je crois que vous n’avez pas bien lu : ce type travaille. Ce qui vous ennuie c’est qu’il ne participe pas à l’augmentation du capital dont -kat onoma- vous devez détenir quelques miettes papiers.

        Pour un éclaircissement suur travail / activité / emploi : votre cours de terminale jeune homme.

      3. @ daniel dit : 24 janvier 2018 à 22 h 26 min

        « Rappel: nous n’avons qu’une Terre. »

        Certes et nous n’avons aussi qu’une vie d’humain sur terre.
        La terre elle-même, telle que nous la connaissons,ne sera pas éternelle non plus, même débarrassée des hommes.
        Alors, à quoi bon vouloir ramener la vie de l’espèce humaine à une modeste existence consistant à simplement se laisser vivre tels des animaux et autres organismes vivants quelconques?

      4. @ j. du cac40

        D’abord, j’aurais dû saluer votre retour actif sur ce blog. Comme vous le savez peut-être, y’a longtemps vous m’avez valu un éclat de rire inoubliable. Vos convictions ont la fraicheur du béton brut de décoffrage – ne vous trompez pas: c’est admiratif- tant de constance, c’est rare; dans l’erreur, je le pense.

        Loin de toute polémique, je voudrais mettre cote à cote vos propres mots:
         » abandon, renoncement, se laisser vivre », la suite logique est hédonisme.
        Hédonisme ! J’entrevois comme un frémissement…

        Mais je suis d’accord avec vous: quand la société vous a beaucoup accordé, votre responsabilité et votre
        reconnaissance lui sont dû en retour à vie. Le » basta, maintenant j’arrête » est irrecevable. Mais ceux qui dès leur jeunesse n’ont aucun espoir de ne rien recevoir ?

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