La déliquescence sociale des États-Unis, par Olivier Raguenes

Billet invité. Ouvert aux commentaires. Également publié sur Medium.

  • L’espace médiatique consacré aux États-Unis, dans la presse du monde entier, est monopolisé par les polémiques causées par Donald Trump. Au-delà du caractère dangereux et imprévisible du personnage, son élection est un symptôme parmi d’autres d’une société en déliquescence. L’arbre incandescent Trump dissimule une forêt en flammes : celle de la société états-unienne. Un système social en lambeaux, des écoles délabrées, des ponts et des barrages qui ne tiennent plus qu’à un fil, des centres commerciaux qui ferment par centaines… différents pans de la société états-unienne sont fragilisés, notamment par les coupes budgétaires des administrations publiques.
  • Il ne sera pas question ici d’envisager un effondrement des États-Unis à proprement parler, ni même de prétendre à un quelconque diagnostic de la misère sociale de certaines populations états-uniennes ; mais plutôt d’envisager plusieurs facettes d’un phénomène de décomposition sociale au cœur de la première puissance mondiale.
  • LE “CROWDFUNDING” COMME MODÈLE SOCIAL

  • Le système social états-unien d’abord lancé par Truman puis réduit en cendres par Reagan, est un enjeu du débat politique entre Républicains et Démocrates depuis près d’un siècle. En 2008, le gouvernement fédéral démocrate avait fait de l’”Obamacare” un axe fort de sa politique sociale. Dès lors, les États-Uniens devaient bénéficier d’un système de couverture maladie efficace et ouvert à toutes et tous. Malheureusement inaboutie, cette réforme n’a pas réussi à répondre aux coûts de soin croissants des plus graves maladies, à commencer par les cancers. Les frais médicaux sont la première cause de faillite des ménages aux États-Unis nous indique le professeur de droit Daniel A. Austin. Pour faire face à la nécessité de soins quand le budget des malades est insuffisant, nombreux sont contraints de recourir au “crowdfunding” (ou financement participatif) pour payer leurs frais de santé. L’auteur Stephen Marche montre comment cette démarche est devenue un concours de popularité où les malades tentent dramatiquement de susciter l’identification des internautes afin de récolter de l’argent. Pourtant, près de 90% de ces tentatives ne lèvent pas les fonds nécessaires aux soins. Des entreprises comme GoFundMe ou YouCaring font de cette faille abyssale du système de santé un modèle économique en prélevant leur part sur les dons. Dans le même temps, l’administration Trump tente de détricoter les maigres avancées de l’Obamacare en renforçant cette dynamique mortifère. L’accès aux soins de santé devient un enjeu sanitaire majeur pour les classes populaires des États-Unis, et les inégalités sont exacerbées, aux dépens des minorités. D’autres secteurs publics sont dans une situation précaire dans le pays, à commencer par les écoles.
  • La précarité des bâtiments scolaires a été soulevée par ces images partagées sur les réseaux sociaux, où l’on voit des élèves de Baltimore en classe par des températures glaciales, parfois inférieures à 6°C. C’est l’occasion d’une empoignade entre politiques, mais les raisons tiennent bien davantage aux budgets très restreints des infrastructures publiques aux États-Unis, et ce, peu importe la couleur du maire ou du gouverneur. La situation est bien plus grave qu’une panne de chauffage ponctuelle lors d’un événement météorologique extrême. Une commission menée par la structure gérant les écoles publiques de Baltimore a estimé que deux tiers des écoles de l’agglomération étaient dans un état “très précaire”, nécessitant pour plus de cinq milliards de dollars de travaux. Au-delà du cas devenu emblématique de Baltimore, ou encore de Detroit, les écoles publiques de l’ensemble du pays sont pour beaucoup délabrées. Plus de la moitié d’entre elles ont besoin de travaux pour revenir à un “bon état”. La réussite scolaire est pourtant liée à la qualité des infrastructures. Les familles aisées préfèrent inscrire leurs enfants dans le privé, quitte parfois à s’endetter pour le faire. Cette situation précaire ne date pas d’aujourd’hui, déjà en 1995 le gouvernement fédéral estimait nécessaires des investissements majeurs pour rétablir une école publique viable dans le pays. Depuis, face aux coupes des finances publiques, les budgets consacrés aux écoles n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant la crise de 2008. Les citoyens de Baltimore ont pour l’instant lancé une campagne de financement participatif afin de garantir un service décent dans les écoles. Donald Trump a promis un investissement de plus de mille milliards de dollars dans les infrastructures considérées prioritaires, dont les écoles. Mais elles ne sont pas seules à être dans un état déplorable, le système des transports souffre aussi d’un manque de moyens.

INFRASTRUCTURES OBSOLÈTES ET HAUSSE DES COÛTS D’ENTRETIEN

  • Le ministère des transports fédéral reconnaît sur son site un cruel manque d’investissement public et appelle à une vision à long terme du réseau de routes et de ponts. Au Massachusetts ou à Rhode Island, plus d’un pont sur deux est déficient ou obsolète. Le Colorado ne dispose plus d’un budget suffisant pour maintenir en état son système routier. Le problème des infrastructures aux États-Unis se pose déjà sur le plan de l’efficacité du réseau, le temps perdu dans les transports par les foyers états-uniens est important, ce coût financier est estimé à 3400$ par an et par ménage. Mais ce problème se pose aussi au sujet de la sécurité des usagers. Les infrastructures sont dans un état très précaire, un barrage a même menacé de céder en février 2017, nécessitant l’évacuation de 200 000 personnes en Californie. La force publique peine donc déjà à entretenir les réseaux existants pour assurer leurs usages habituels. Si les structures sont en plus dégradées, le coût devient alors insupportable. La récurrence accrue des épisodes météorologiques extrêmes cause des dégâts matériels importants. Aux États-Unis, le coût des événements “naturels”, rendus plus forts à cause du dérèglement climatique provoqué notamment par l’activité économique états-unienne, a atteint un record en 2017. Ces dégâts sont cent fois plus coûteux que dans les années 1980 ! Le Wall Street Journal présente comment les assureurs, face aux incendies qui sont de plus en plus fréquents, emploient leurs propres pompiers pour préserver les maisons les plus coûteuses. La lutte anti-incendie n’est alors plus publique, mais bien privée, et devient un facteur supplémentaire d’inégalité.
  • L’approvisionnement en eau est un problème dans le Sud-Ouest des États-Unis. Le débit du fleuve Colorado a baissé de 19% depuis les années 1990, et les experts estiment qu’à l’avenir, il faudra s’attendre à des restrictions de consommation de l’ordre de 35%. L’activité agricole est concernée, les prélèvements lui sont vitaux mais affectent les réserves d’eau. Située dans le désert, une ville comme Las Vegas demeure l’un des pôles touristiques et médiatiques forts des États-Unis. La “capitale du jeu” est aujourd’hui une agglomération menacée par le dérèglement climatique à travers les sécheresses. Soumise à de réels problèmes d’approvisionnement en eau, les investissements de la ville se multiplient pour tenter de repousser le problème, en utilisant toujours davantage d’énergie pour pomper l’eau depuis des réserves éloignées. Pour l’instant, bien aidés par des épisodes pluvieux, les efforts pour limiter les prélèvements du lac Mead donnent des résultats positifs, mais jusqu’à quand ?

LE “RETAIL APOCALYPSE” OU LA DÉSERTION COMMERCIALE ET SOCIALE

  • Un nouveau phénomène affecte les tissus économiques, sociaux et ruraux des États-Unis. Appelé “retail apocalypse”, il s’agit en fait de la fermeture par centaines de centres commerciaux à travers le pays, les fameux “malls”. En 2017, Business Insider estime à 9 000 le nombre d’enseignes disparues, en 2018 cet effondrement pourrait provoquer la fermeture de 12 000 magasins. L’impact social de ces fermetures est très lourd localement, la situation du comté de McDowell est à ce titre éclairante mais dramatique. Déjà, les communautés rurales avaient accueilli l’arrivée de grandes structures commerciales avec enthousiasme. Des enseignes comme Walmart représentaient pour eux des opportunités d’emplois inespérées. Malheureusement, les populations locales sont entrées dans un état de dépendance vis-à-vis de ces structures. Walmart remplace les commerces de proximité, fournit aux gens des salaires et tous leurs biens de consommation (notamment la nourriture), mais accapare le lien social entier d’une communauté. Un instituteur indique même : “qu’il n’y a plus d’endroit pour rester et discuter”. Ces structures endossent dans les territoires nord-américains un rôle de centralité. Si elles viennent à disparaître, le maillage territorial se décompose. De plus, une fois que Walmart a fermé, les impôts versés localement s’envolent, réduisant le budget des écoles de 10%. En quelques mois, les emplois directs y sont passés de trois cent à zéro.
  • Les distributeurs sont des pourvoyeurs importants d’emplois aux États-Unis, la faillite de ces magasins représente donc une perte d’emplois considérable. Les femmes sont bien plus concernées que les hommes par ces suppressions de postes. Entre novembre 2016 et novembre 2017, 129 000 femmes ont perdu leur emploi dans la vente d’après les statistiques officielles du département du travail états-unien. Les hommes eux, ont assez largement l’opportunité de se tourner vers l’industrie.
  • Les secteurs d’activité autrefois créateurs d’emplois se tournent désormais vers l’automatisation, à commencer par l’industrie pétrolière. Les nombreux emplois supprimés par les majors lors de l’épisode de bas prix du pétrole, n’ont pas été recréés suite à la hausse des cours, les industriels investissant très largement dans les machines pour assurer l’exploitation.
  • La déception de nombreux électeurs de Trump en 2016 a été illustrée par l’élection d’un démocrate à la tête de l’État d’Alabama. Les électeurs blancs de l’État ont préféré rester chez eux plutôt que de soutenir le candidat républicain accusé d’agression sexuelle. A contrario, les populations afro-américaines se sont plutôt mobilisées pour faire élire un démocrate. Cette société est toujours aussi divisée. Les hommes blancs plutôt âgés qui se sont déplacés ont voté à 70% pour le candidat républicain quand les femmes afro-américaines ont voté à près de 98% pour le candidat démocrate. Plus généralement, cet État illustre les tensions raciales, mais aussi la misère rurale de nombreuses régions des États-Unis. Des représentants de l’Organisation des Nations Unies ont visité le pays et notamment l’Alabama pour enquêter sur la pauvreté dans les pays développés. Le rapporteur, le professeur de droit Philip Alston, a été suivi par le Guardian lors de son voyage à travers les États-Unis. Il dit avoir vu “l’échec d’une société”. Cette misère, particulièrement criante dans les États du Sud, se perçoit à l’aide de l’habitat, des infrastructures, de la culture, mais aussi à travers les données sanitaires.

DE L’ABANDON SANITAIRE ET SOCIAL

  • L’ankylostomose, une maladie qui concerne d’habitude les pays les plus pauvres et qui avait été éradiquée dans les années 1980 des États-Unis, est réapparue depuis quelques années dans la “blackbelt”, en particulier dans l’Alabama. Les systèmes d’égouts et de traitement des eaux y sont très largement défaillants, les bactéries et les parasites prolifèrent. Là encore, les Afro-américains sont les principaux touchés, leur situation économique et sanitaire est parfois déplorable. Le docteur Peter Hotez estime que douze millions de personnes pourraient souffrir de maladies tropicales dans le Sud des États-Unis. La maladie de Lyme se développe de façon incontrôlée dans tout l’Est du pays, en région rurale. Un élément principal de cette prolifération est l’anéantissement de la grande faune sauvage depuis plusieurs siècles. Les victimes font face, comme en France, à un aveuglement des autorités sanitaires.
  • La misère sociale affecte aussi des mégapoles à l’image plutôt riche. Ainsi à Los Angeles, le nombre de personnes sans domicile fixe a bondi de 25% en un an, concernant 55 000 personnes en 2017. Cette situation est aussi empirée par l’administration Trump, qui ne cesse d’amputer les budgets en faveur du logement des plus précaires. Les villes sont donc aussi concernées par ce phénomène de déclassement social. Le film The Florida Project aborde la problématique sociale des Millenials (ou Génération Y) États-uniens, en particulier celle des jeunes mères. Elles y apparaissent sans diplôme, sans emploi stable, sans source de revenus, sans contact avec leur famille, bref en rupture totale avec la société. Le lien social se limite pour elles à leur voisinage. Pourtant, la protagoniste vit aux portes de Disneyland, symbole de la puissance culturelle et de la vitalité économique états-unienne. Son seul contact avec l’administration a pour visée de lui retirer la garde de sa fille. Ce film met des visages sur cette dégradation sociale qui devient très prégnante aux États-Unis. Ceci dit, les personnes les plus en rupture avec la société états-unienne vivent majoritairement dans les milieux ruraux.

LE NAUFRAGE RURAL

  • Le Wisconsin est à cet égard un exemple marquant. État rural très agricole, il est le lieu depuis plusieurs années d’un drame social. De nombreux hommes blancs relativement âgés s’y donnent la mort. En pleine crise agricole, en 1982, le taux de suicide des agriculteurs avait atteint un premier record. En 2016, ce taux est 50% supérieur ! Pis, en 2017 ce taux est deux fois supérieur à celui des militaires vétérans, et trois fois supérieur à l’ensemble de la population. Le psychologue Mike Rosmann parle des agriculteurs comme d’une “espèce en danger”. Plus la région est rurale, plus le nombre de suicides y est élevé. Le docteur John Frey livre son explication, selon lui les facteurs sociaux qui affectent la durée de vie (santé, salaire, lien social) empirent, il pointe aussi du doigt la “désintégration de la communauté”, estimant que “le suicide est un acte de colère”. Il assimile ce phénomène à une ”épidémie invisible”. Aux États-Unis, bien que contestée, la liberté d’acheter et de porter une arme est pour beaucoup fondamentale. Plutôt qu’un moyen de défense, c’est un outil d’auto-destruction puisque 60% des décès causés par les armes à feu sont des suicides. La pygargue à tête blanche, emblème de la force états-unienne, a du plomb dans l’aile. Au-delà du suicide par arme à feu, d’autres comportements individuels destructeurs se multiplient aux États-Unis.
  • Le nombre d’overdoses générées par la surconsommation d’opioïdes a augmenté de 21% entre 2015 et 2016 aux États-Unis. Le nombre de décès causés par ce phénomène a été multiplié par six entre 2013 et 2016. Ce fléau qui concerne de plus en plus de jeunes adultes, bénéficie aux entreprises qui vendent ces produits. Et c’est là tout le paradoxe de ce pays : une minorité génère son profit aux dépens des classes populaires. Le New Yorker détaille la manière dont la famille Sackler s’enrichit de cette explosion de la consommation d’opioïdes.
  • La conjugaison de la hausse des suicides en milieu rural et de la crise d’opioïdes, a fait reculer l’espérance de vie états-unienne pour la deuxième année consécutive. En 1974, Emmanuel Todd anticipait l’effondrement de l’URSS en se basant sur un certain nombre de facteurs, dont le recul de l’espérance de vie. Sa démarche a inspiré l’ingénieur Dmitry Orlov, qui a tenté de définir Les Cinq Stades de l’Effondrement en appliquant son raisonnement aux États-Unis. Plutôt que de considérer ses travaux comme prophétiques, il convient toutefois de réaliser que l’effondrement social est a minima partiel, et que les budgets alloués aux politiques sociales ne cessent de fondre. La presse anglo-saxonne grand public ne rejette plus la perspective d’un collapse. Parmi les facteurs qui ont causé l’effondrement de plusieurs sociétés par le passé, les inégalités de revenus apparaissent déterminantes. Cela se traduit déjà pour l’espérance de vie aux États-Unis : dix ans d’écart séparent le quart le plus riche et le quart le plus pauvre de la population.

LE GOUFFRE DES INÉGALITÉS  

  • Les inégalités aux États-Unis concernent la santé, l’accès aux services élémentaires, l’accès à l’emploi, la couleur de peau, le sexe… mais aussi les revenus. D’après le rapport mondial des inégalités 2018 coordonné notamment par Thomas Piketty, le pourcent le plus riche concentre aujourd’hui plus de 20% des richesses, contre moins de 11% en 1980. À l’inverse, la moitié la plus pauvre du pays représentait près de 21% des richesses en 1980 contre à peine 13% en 2016. Ces deux dynamiques opposées ne se retrouvent pas dans les pays d’Europe de l’Ouest, pourtant, en 1980 ces mesures statistiques donnaient des résultats très proches des deux côtés de l’Atlantique. Mais ce qui est plus intéressant encore, c’est d’observer la perception qu’ont les États-Uniens de cette répartition des richesses. Michael I. Norton et Dan Ariely montrent qu’aux yeux des cinq mille sondés de leur étude, les 20% les plus riches capteraient moins de 60% des richesses. Selon la logique du “winners take it all”, les 20% les plus fortunés représentent en fait près de 90% des richesses. Enfin, le ratio entre les revenus des dirigeants des entreprises et les salariés est passé de 20 en 1965 à près de 1000 au cours des années 2010 dans certains secteurs d’activité ! Dans son rapport annuel sur les risques, le Forum économique mondial alerte sur la hausse des inégalités dans plusieurs pays, dont les États-Unis. L’économiste Robert J. Gordon s’inquiète de la baisse du niveau de vie des ménages les plus pauvres des États-Unis. Mais il note aussi une certaine convergence entre les franges les plus pauvres des différentes communautés, une forme d’égalité relativement nouvelle entre Blancs, Hispaniques et Afro-américains face à la misère.
  • Certes, le chômage est revenu à un taux historiquement bas et continue globalement à baisser, mais le taux de délinquance qui avait une évolution similaire jusqu’au milieu des années 2010, ne baisse plus. D’une part, de nombreux foyers sont toujours dans une situation de détresse financière, et d’autre part, les catégories les plus jeunes sont elles aussi étranglées par les prêts (études, logement, consommation). La réserve fédérale estime même que 38% des prêts étudiants ne sont pas remboursés, ce qui est une source de déséquilibre pour les banques. Le taux de chômage bas cache aussi la vague d’emplois à temps partiel qui a déferlé à partir de 2010. Près de six millions d’États-Uniens travaillant à temps partiel souhaitent passer à temps plein. Un quart des travailleurs à temps partiel serait en situation de pauvreté. Au-delà du salaire forcément réduit, certain⋅e⋅s employé⋅e⋅s à temps partiel perdent aussi leur couverture maladie. Incité⋅e⋅s par leurs employeurs à recourir à l’Obamacare avant l’élection de Donald Trump, qu’adviendra-t-il de ces populations quand le système entier aura été mis à sac ?
  • Le soulman Sam Cooke chantait son espoir de jours meilleurs dans A Change Is Gonna Come en 1963, et fut (vraisemblablement) assassiné quelques années plus tard. Charles Bradley, l’un de ses héritiers sur le plan artistique, lui répondit dans Why Is It So Hard ? en 2011. Désabusé de sa condition d’Afro-américain aux États-Unis, Bradley chanta alors : “on dirait que rien ne va changer”. De nombreux Afro-américains sont encore considérés comme des citoyens de seconde zone, le mouvement Black Lives Matter a permis de mettre en avant les violences dont ils font l’objet. D’après le rapport sur les inégalités publié chaque année par l’Université des Standford, environ 25% des Hispaniques, des Afro-américains, et des Amérindiens sont pauvres, contre 10% seulement pour les communautés asiatique et blanche. Sur ce plan, il n’y a pas eu d’évolution significative depuis 1980 !
  • Les discriminations et les traitements inégaux sont des composantes intrinsèques de la culture états-unienne. Cependant, des démarches existent pour tenter de renverser le paradigme racial. Aussi, le mouvement #MeToo permet de libérer la parole des femmes à travers le pays, ainsi que de faire trembler beaucoup d’hommes de pouvoir qui ont très largement abusé de leurs positions, parfois de manière criminelle.

VERS UN RETOUR À LA TERRE ?

  • Plus qu’une période de crise, c’est une situation qui empire progressivement au cours des années. En matière sociale, les deux mandats de Barack Obama n’ont pas permis de réduire les inégalités géographiques, salariales, raciales, et sexuelles, ni même d’atténuer la tension entre policiers et communauté afro-américaine. Les politiques menées par Donald Trump ne permettront pas non plus de résoudre ces problèmes, ni de les mitiger. Même les classes moyennes, qui depuis l’essor du “American way of life” semblaient profiter d’une croissance économique régulière, sont en grande partie des perdants des évolutions du pays ces dernières années. Certains rejoignent la “classe moyenne supérieure”, mais la majorité rejoint de fait les classes populaires. Quelques privilégiés prétendent encore au “rêve américain”, mais la majorité vit quelque chose qui ressemble plutôt à une dystopie états-unienne.
  • Alors, nombreux sont ceux à envisager un retour à la terre. Pour la deuxième fois au cours du dernier siècle, le nombre d’agriculteurs de moins de 35 ans a augmenté aux États-Unis en 2017, dont 69% de diplômés du supérieur. Ces jeunes promeuvent une agriculture plus résiliente, indépendante des pesticides et de l’agro-industrie. Ils ne remplacent en rien les agriculteurs plus âgés qui abandonnent leurs exploitations dans les milieux plus ruraux, mais ils offrent une nouvelle dynamique aux espaces périurbains. L’effondrement industriel de Detroit et sa renaissance par l’agriculture urbaine forment un exemple de transition difficile mais médiatisée et vectrice d’espoir. Les communautés abandonnées par les constructeurs automobiles, qui constituaient pendant le XXème siècle l’alpha et l’oméga de la “Motor Town”, dont de très nombreux Afro-américains, y ont réussi à développer une agriculture vivrière low-tech, résiliente et saine.
  • Et si chacune et chacun trouvait sa place grâce à la terre ? Et si cette transition agro-écologique était le meilleur moyen de lutter contre les inégalités ? Et si finalement, Sam Cooke avait raison ?

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28 thoughts on “La déliquescence sociale des États-Unis, par Olivier Raguenes”

  1. Tout cela peut être judicieux , mais cette compilation manque de mise en perspective historique .

    Car c’est en fait à l’affaiblissement assez traditionnel d’un empire auquel nous assistons , affaiblissement politique , culturel et financier .

    Sur les causes , les historiens , qui ne sont pas encore tous d’accord sur celles de la chute de l’empire romain , on peut discourir , mais une signature peu contestable est celle de l’épuisement à financer l’effort militaire nécessaire à la puissance impériale pour assurer sa domination ( l’ex URSS a aussi été un bon exemple de ce point de vue ), par ses propres forces ou celles de pays mercenaires .

    Pour nous , si nous n’avons pas de meilleurs projets pour notre culture ,notre démocratie , notre système économico-financier , nous sombrerons avec cet empire là et un nouveau barbare nous imposera sa loi , ses mœurs , ses rapports économiques .

    1. PS : sur la déshérence des infrastructures , ça n’est pas une donnée récente .

      Il y a cinquante ans , j’aurais déjà pu vous dire que lorsqu’en France on investissait sur une infrastructure lourde , on visait une durée de vie de l’ordre de 35 à 50 ans , et qu’il y avait pour entretenir et réparer tout ça un service que je connais bien …

      Dans le même temps les US ( et les bristishs à un degré moindre ) visaient une durée de l’ordre de 10 ans , avec pour option de refaire du neuf à cette échéance , avec un entretien en principe donc inutile . Ça marche tant qu’on a le pognon et la monnaie reine pour se payer la méthode ( je simplifie mais c’est bien le schéma). Ça n’a jamais été complètement le cas , et surtout ça l’est de moins en moins , même en dépit des promesses électorales de Trump . D’une certaine façon l’accélération de la dégradation des infrastructures lourdes ( si elle est bien vérifiée car je n’ai pas de données sans failles sur le sujet ) , ne serait que la cousine de la dégradation de la force militaire , et pour la même raison : faillite du financement public .

      Où l’on retrouve les PPP , la privatisation de toute action publique , le financement par la dette , le péage , les temps courts qui dénaturent le temps long , monétarisent l’Etat et transforment le citoyen en consommateur unité de compte .

      Tout ce que nous constatons …ici aussi , et qui nous fait nous écrouler avec celui que l’on moque .

  2. Les victimes du champ de bataille et la défaite électorale : les guerres de Bush et Obama ont-elles coûté à Clinton la Maison Blanche ?
    Battlefield Casualties and Ballot Box Defeat: Did the Bush-Obama Wars Cost Clinton the White House? Douglas L. Kriner Boston University – Department of Political Science & Francis X. Shen University of Minnesota Law School
    https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2989040
    L’Amérique est en guerre sans interruption depuis plus de 15 années, mais peu d’Américains semblent le remarquer. En effet, la grande majorité des citoyens n’a pas de lien direct avec les soldats qui se battent, meurent ou reviennent blessés du combat. De plus en plus, un fossé se creuse entre les communautés dont les jeunes meurent en défendant le pays et les communautés dont les jeunes ne veulent pas. Dans cet article, nous explorons empiriquement si cette fracture – l’écart des pertes – a contribué à la victoire surprise de Donald Trump en novembre 2016. L’analyse des données présentée dans ce document de travail constate qu’en effet, lors de l’élection de 2016, Trump parlait à cette partie oubliée de l’Amérique.
    Même avec un modèle statistique contrôlant beaucoup d’autres explications alternatives, nous trouvons qu’il existe une relation significative entre le taux de sacrifice militaire d’une communauté et son soutien à Trump. Notre modèle statistique suggère que si trois États clés de la victoire de Trump – la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin – avaient subi un taux de pertes plus faible, les trois auraient pu passer du rouge au bleu et envoyer Hillary Clinton à la Maison Blanche. Nos résultats ont de nombreuses implications de , mais aucune n’est aussi importante que ce que cela signifie pour la politique étrangère de Trump. Si Trump veut gagner encore en 2020, son destin électoral pourrait bien reposer sur l’approche de l’administration face aux coûts humains de la guerre. Trump devrait rester très sensible aux pertes de combat américaines, de peur qu’il ne devienne un autre politicien qui néglige l’inégalité invisible du sacrifice militaire. Plus généralement, les résultats suggèrent que les politiciens des deux partis feraient bien de reconnaître et de répondre plus directement aux besoins des communautés dont les jeunes femmes et hommes font le sacrifice ultime pour le pays.

  3. « … a inspiré l’ingénieur Dmitry Orlov, qui a tenté de définir Les Cinq Stades de l’Effondrement en appliquant son raisonnement aux États-Unis. Plutôt que de considérer ses travaux comme prophétiques, il convient toutefois de réaliser que l’effondrement social est a minima partiel, et que les budgets alloués aux politiques sociales ne cessent de fondre.  »

    Dmitry Orlov, après sa « tentative de définition » des Cinq Stades de l’Effondrement, a aussi précisé comment les choses se passent, disant, en substance:
     » on ne sait pas exactement quand cela arrivera »,
     » les chiffres nombreux n’aideront pas « ,
     » mais cela arrivera « ,
    et, devenant plus précis:
    « lentement d’abord, puis tout d’un coup ».

    Les accélérateurs ne manquent pas.

    Pour rappel, l’effondrement social, est selon Orlov le quatrième stade, précédent l’effondrement culturel…
    « il est assuré de se produire partout où la société est complètement dépendante de la finance, du commerce ou du gouvernement« .
    Espoir cependant avec le stade cinq:
    « L’effondrement culturel a déjà suivi son cours dans certaines parties de la société, mais des circonstances désespérées peuvent catalyser des changements positifs« .

    « Les Cinq Stades de l’Effondrement » se trouvent aussi en français sur le net…
    En complément: http://jcbonsai.free.fr/cc/OrlovConfDublin/

  4. Un rappel des faits éloquent, cette déliquescence sociale se double par ailleurs d’un rapetissement de l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. En Chine la population manifesterait-elle maintenant davantage son mécontentement par des grèves et des manifestations que les employés américains usés et désabusés, se projetant sur un avenir plus certain et plein d’ambitions?

  5. Je suis persuadé que l’on peut faire le même constat en France et en Europe.
    Le plus dramatique est que les institutions mesurent les problèmes et restent impuissantes devant le refus d’allouer des ressources aux solutions.
    Peut-on en déduire que les sociétés occidentales n’ont plus de Commun ?

    1. Sur les Communs , François Leclerc pense , sait et écrit beaucoup de choses . Ce sera peut être sa voie d’approfondissement à lui , après sa mise au chômage .

      Eninel lui rendra peut être visite , et Vigneron développera aussi sa perception des enclosures dans leur réunion ( je salive rien que d’y penser ).

      Ma propre définition du « commun » est d’une radicale simplicité : ce qui est nécessaire et suffisant à la survie et à la vie de notre espèce « sur terre ».

      Et la démocratie pour le définir et actualiser .

      C ‘est là que les emmerdes commencent .

      1. @ Juannessy

        « Sur les Communs , François Leclerc pense , sait et écrit beaucoup de choses . Ce sera peut être sa voie d’approfondissement à lui , après sa mise au chômage .

        Eninel lui rendra peut être visite , et Vigneron développera aussi sa perception des enclosures dans leur réunion ( je salive rien que d’y penser ). »

        La seule chose que nous avons de commun, nous les homos sapiens-sapiens, c’est de la salive pour nous aider à mastiquer et digérer.

        les sociétés occidentales n’ont de Commun; qu’elles sont comme le reste du monde travaillées par la lutte des classes.

        Il y a beaucoup plus de points communs entre un travailleur du Bangladesh et un travailleur français, qu’entre un patron et un salarié français.

        Ne pas retenir comme une vérité objective ce sacré antagonisme de classe, c’est se résoudre à se laisser intoxiquer par leur explication fausse, du choc des cultures: l’occident et l’orient; de la lutte divisée en blocs:, le monde libre contre le monde pas libre, bloc capitaliste et bloc « socialiste », et évidemment au milieu, les indécis, les non alignés, le tiers monde.

        Vieux fatras idéologique dont on nous rabat les oreilles jusqu’à satiété.

        L’époque que nous traversons, le marché mondial et l’uniformité de l’exploitation du salariat partout dans le monde, au moins fait tomber les masques.

        L’ensemble des gouvernements dans le monde on comme point commun qu’ils défendent inconditionnellement un système économique qui creuse les inégalités sociales.

        Leur ennemi commun: les masses, le prolétariat et le communisme, le commun de tous les hommes, une fois qu’ils seront sortis de cette ère moyenâgeuse de débilités, de faux semblants, de mensonges, d’amateurisme et d’approximation.

        On appelle « commun » les lieux publics où nous allons nous soulager.

        Mais déféquer Juan, même si cela s’avère nécessaire à la survie et à la vie de notre espèce « sur terre, n’est pas suffisant au bonheur et au progrès.

        Personnellement je pense que votre démocratie formelle et en dernier analyse cruelle, je pense qu’il faut la mettre dans le trou et tirer la chasse, et comme vous le dites, c’est là que les emmerdes commencent .

        Enclosures: appropriation par les propriétaires d’espaces préalablement dévolus à l’usage collectif ; le remplacement de l’ancien système de champs ouverts par des champs enclos par des haies .

        Ah cette propriété qui nous étouffe et nous isole ! Que fait la Démocratie !

      2. @Eninel :

        C’est la (très) grande différence entre nous deux : entre la démocratie laborieuse et pénible ( on va laisser la merde là où vous la trouvez trop facilement ) , et la pureté de votre « chasse » , je n’hésite pas une nanoseconde pour la première .

        Essayez de convaincre François Leclerc , mais je crois que je connais sa réponse .

      3. « Il y a beaucoup plus de points communs entre un travailleur du Bangladesh et un travailleur français, qu’entre un patron et un salarié français. » (Eninel)

        Il faudrait demander aux travailleurs français ce qu’ils en pensent mais il semble qu’ils préfèrent supporter leurs patrons plutôt que de partager avec ceux du Bangladesh (et même avec d’autres, beaucoup plus proches d’eux.)

        Quand seul l’argent qu’on touche à la fin du mois semble permettre de survivre, l’union des travailleurs de tous les pays apparaît comme une utopie irréaliste.

      4. @ G L
        « Il faudrait demander aux travailleurs français ce qu’ils en pensent mais il semble qu’ils préfèrent supporter leurs patrons plutôt que de partager avec ceux du Bangladesh »

        Comme vous le dites il faudrait, seulement voilà on ne leur demande plus rien aux travailleurs, on les muselle.

        Objectivement ceux qui prennent fait et cause pour leur patronat dans chaque pays, c’est les bureaucraties syndicales et les politiciens de gôche.

        Dans le doute, on peut alors penser que la conscience de classe du travailleur en général, français en particulier , lui permet de savoir que les travailleurs en Asie, sont objectivement ses camarades.

  6. Très bon article. Quelle tristesse. En même temps, c’est fascinant de voir que malgré la déliquescence du pays, les Etats-uniens n’ont pas l’air de vouloir remettre en question leur modèle économique. C’est pour eux le meilleur des mondes possibles…il y a des dogmes résistants.

    1. Ce qui est fascinant ( mais assez « humain » ), c’est de voir comment les français ( et d’autres ) refusent de remettre en question leur modèle économique ( et politique ) , qui est cousin de celui des US , et qui se délite avec lui de la même façon .

      Victimes , sinon d’un dogme , mais de la lâcheté bourgeoise .
      C’est comme si on se moquait du bateau sur lequel on est embarqué, parce que c’est plus facile que construire le sien .

      Mais le bateau coule et il n’y a plus de canots de sauvetage
      ( la guerre ).

      1. @Juannessy
        « Mais le bateau coule et il n’y a plus de canots de sauvetage
        ( la guerre ).
         »

        Hum… je crains de bien vous comprendre: la guerre resterait le seule solution, tout en étant « indisponible » ?
        Les circonstances étant alors désespérées, il faut alors anticiper le naufrage et construire des radeaux avec ce qu’on trouve sous la main: par exemple, ne pas hésiter à briser le meuble de collection ($€£) pour en retirer une planche ou arracher une toile de maître (bitcoin++) pour en faire une couverture de survie…

      2. @Adoque :
        En fait je ne fais pas dans l’original . La guerre est malheureusement toujours disponible . Le fait nouveau , c’est que les forces sont devenues tellement cataclysmiques ( Serres parle « d’objets monde » ) , que son inefficacité prévisible est devenue l’obstacle à son emploi .

        Il y a quelques excités paranos qui l’ont bien compris , et il faut souhaiter que les superpuissants de ce monde soient enfin en phase pour éviter qu’ils essaiment et pour leur couper les ailes par tous moyens ( dont …la guerre si nécessaire sous le drapeau de l’ONU ).

        J’imagine que pour qu’on en arrive à ça , il faudra trouver un ou des systèmes financiaro-économiques et des accords de développement internationaux qui donnent aux signataires la garantie que chacun de leurs peuples peuvent nourrir l’espoir d’accéder au ….bien commun .

  7. Peut-être le mot clé : « Une dystopie est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu’elle empêche ses membres d’atteindre le bonheur. Une dystopie peut également être considérée, entre autres, comme une utopie qui vire au cauchemar et conduit donc à une contre-utopie. »….

  8. Le discours sur les motifs d’espoir est un peu court à la fin de l’article par ailleurs excellent. Le développement d’une agriculture autour des métropoles saccagées par la crise comme Détroit n’est pas anecdotique. Il est largement évoqué dans le livre « Un million de révolutions tranquilles » de Bénédicte Manier (LLL), à côté des autres formes de contournement du système. Christophe Guilluy parle également de cet état d’esprit dans « Le crépuscule de la France d’en haut ». Il emploie le mot de « marronnage » pour décrire la désaffiliation des victimes de la la mondialisation à l’égard du système libéral. Les gens se prennent en main eux-mêmes sans attendre quoi que ce soit des pouvoirs publics. C’est extrêmement inquiétant pour l’oligarchie puisque cela signifie que son discours « monde ouvert, avenir, innovation,… » ne prend plus et que les gens veulent s’en échapper. Or, l’oligarchie toute seule, par définition, ça n’existe pas. Les oligarques sont foutus à plus ou moins longue échéance. Mais peut-être faudra-t-il l’effondrement complet du système actuel avant de parvenir à une société plsu humaine. Et de plus, rien ne dit que ça se passera bien.

  9. Quote

    ´Un Américain sur huit souffre de la faim´.

    C’était ce qui tweetait l’ambassadeur Iranien au Royaume-Uni auprès du président Trump.

    La raison
    Lors des récentes manifestations en Iran, le président américain Donald Trump s´occupait à tweeter.
    Les Iraniens se sont plaints de la situation économique de leur pays.
    Trump a écrit, entre autres, que les Iraniens souffrent de la faim. Hamid Baedinejad, L’ambassadeur Iranien à Londres a répondu à Trump par lui rappellant le nombre d’Américains qui souffrent de la faim.
    Un Américain sur huit, ou 42 millions d’Américains, écrivait-il, dont 13 millions d´enfants et 5 millions de personnes âgées, meurent de faim aux Etats-Unis.

    Sur quoi est-il basé?
    Nous appelons l’ambassade Iranienne à Londres. Un porte-parole nous dit – après quelques recherches – que les chiffres mentionnés par Baedinejad sont basés sur les recherches de l’ONG Américaine Feeding America.

    Et, est-ce vrai? Feeding America est une organisation qui veut éradiquer la faim aux États-Unis.
    L’organisation gère 200 grandes banques alimentaires à travers le pays et 60.000 plus petites, qui, selon leurs propres sources, l´année dernière fournissaient 3,6 milliards repas pour les Américains qui ont trop peu d’argent pour s´approvisionner suffisamment en nourriture saine. Les chiffres fournis par l’ambassadeur mentionnés dans le tweet, correspondent à ce que nous rencontrons sur le site.

    Nous présentons les chiffres à l’Urban Institute, un centre de recherche socio-économique important aux États-Unis.
    Le Centre répond qu’il peut être d’accord avec les chiffres de Feeding America. Parce que l’organisation « utilise des chiffres du ministère de l´Agriculture « . Et ces chiffres sont la norme en matière d’insécurité alimentaire, dit le porte-parole de l’Urban Institute.

    Nous examinons le rapport du ministère.
    En 2016, 41,2 millions d’Américains vivaient dans ¨l’insécurité alimentaire¨.
    Les États-Unis comptent 323,1 millions d’habitants, soit une personne sur huit: ça a l’air plausible.
    Mais qu’entend-on par « insécurité alimentaire »? Les humains sont considérés comme souffrant d’insécurité alimentaire s’ils n’ont pas assez d’argent pour une certaine période de temps pour l´alimentation ou ont souffert de la faim occasionnelle.
    Cela peut aussi signifier un manque d’autres ressources nécessaires pour obtenir de la nourriture. Il peut s’agir de personnes qui sont dans ce qu’on appelle les déserts de la nourriture, ¨food deserts¨, ou des zones où il n’ y a pas de légumes ou de fruits.

    Les données de cette enquête sont recueillies annuellement par le Census Bureau des États-Unis.
    41 186 ménages américains, qui sont représentatifs pour la société Américaine, ont participé à la recherche.
    Les répondants sont interrogés sur leur expérience en matière d’alimentation.
    Selon le porte-parole de l’Urban Institute, il n’ y a pas une
    définition universellement acceptée de la faim. « L’incertitude alimentaire est le terme que les décideurs utilisent « , dit-il. ¨Des groupes d’intérêt utilisent le mot « faim » parce que le public comprend mieux ce que cela signifie.
    Mais les deux groupes signifient exactement la même chose.¨

    Conclusion
    Des milliers d’Iraniens sont descendus dans la rue au début du mois pour exprimer leurs inquiétudes sur l’économie. Trump tweetait que les Iraniens sont affamés,
    l’ambassadeur Iranien a réagi en disant qu’une personne sur huit des Américains souffre de la faim. L’enquête du département Américain du ministère de l’Agriculture appuie la déclaration.

    Nous jugeons cette affirmation vraie.

    Par: Maral Noshad Sharifi

    Unquote

    Source: NRC Handelsblad, Amsterdam, 17 janvier 2018

    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator

    1. @Nono Ce que je trouve incroyable sur ce Blog c’est la mine de raretés qu’on y trouve ! Quel morceau de musique incroyable. Inécoutable et pourtant humain. C’est un peu cela que je pense, Humain après tout. Pourquoi ne pas aimer that is the question ! Bon j’ai pas vu d’oiseaux non plus dans la vidéo je me demande pourquoi.

  10. A Sillicon Valley, le loyer pour un petit appart modeste: entre 3 et 4 mille dollar. C’est la raison pour laquelle tant de gens dorment dans leur voiture ou dans des tentes, alors qu’ils travaillent. Tout est comme ca aux Etats-Unis: le clivage revenus élevés – revenus faibles a pris, au fil du temps, une extraordinaire dimension. Vous pouvez tout acheter aux USA, tout avoir, à condition d’y mettre le prix; tout, absoluement tout y est une question de prix. Alors que la mondialisation économique et « la finance » ont frappé fort au « pays des possibilités illimitées ».
    Ce que je crains: on observe en Europe une évolution similaire, moins fulgurante en raison du filet social qui fontionne encore assez bien, mais…..Il ne faut oublier qu’à Bruxelles, au palais européen, les Etats-Unis excercent une une influence non négligable, d’ailleurs concurrencée depuis un certain temps par la Chine.
    Une nouvelle époque vous attend!

  11. L’épisode de la fausse alerte hawaïenne qui a vu de centaines de milliers de gens croire pendant 40 minutes à la fin du monde est encore plus éloquente sur l’état de déglingue de l’animal, qui conserve cependant intacte une de ses capacités : celle de se faire peur tout seul. Gageons que les EU arriveront finalement à s’effondrer sous le poids de cette peur absurde et sans visage. C’est peut-être là la seule voie de libération pour un peuple qui, après avoir découvert le nouveau monde, a encore à redécouvrir le monde tout court, qui lui n’est pas encore près d’arriver à sa fin.

    1. Ces images m’évoquent immédiatement ce slide n°18:

      « C’est toujours personnel »
      8 points qui pourraient être développés, mais qui subissent ce handicap: (citation de l’auteur):
      « Je pense qu’il est très important de réaliser l’immense force qu’est l’inertie sociale. J’ai constaté que de nombreuses personnes sont presque génétiquement prédisposées à ne pas vouloir comprendre ce que j’ai dit, et beaucoup d’autres le comprennent à un certain niveau, mais refusent d’agir en conséquence. « 

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