Archives de catégorie : Royaume-Uni

Retranscription de L’embourbement, le 30 janvier 2019

Retranscription de L’embourbement, le 30 janvier 2019.

Bonjour, 

Nous sommes le mercredi 30 janvier 2019 et, aujourd’hui, un exposé dont le titre sera « L’embourbement ». Je vous parlerai essentiellement de 3 grands pays : de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis d’Amérique. 

Je vais commencer par autre chose. Je vais commencer par vous parler de ce compte-rendu, de la traduction en allemand, de « Le dernier qui s’en va éteint la lumière ». C’est paru dans une revue allemande qui s’appelle « Rubikon », le Rubicon, qui est une revue de gauche. J’ai lu avec attention ce long compte-rendu non pas pour essayer d’apprendre des choses – j’ai écrit le livre moi-même – mais pour voir comment il est perçu, comment le lecteur lit ce qu’il lit. J’ai été relativement surpris quand même parce que, de la même manière que quand j’avais fait une émission qui s’appelait « Sciences critiques » et où le titre qui avait été mis par la personne qui m’interrogeait était « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie », qui n’était pas une chose que j’ai dite, je n’ai pas le souvenir d’avoir dit ça mais c’était la conclusion que la personne qui m’interrogeait avait tirée de ce que je dis et en avait fait le titre. C’était bien vu, au point que j’en ai fait, moi, le titre d’un recueil de chroniques parues dans différents magasines et, en particulier, dans le journal « Le Monde ». 

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Le « backstop » irlandais, kèzako ?

Sur le Brexit, et la chose qui a achoppé hier à la Chambre des Communes : le « backstop » irlandais, que les journaux tentent de vous expliquer aujourd’hui, je vous rappelle que je vous en ai informé dès le vote du referendum du Brexit.

Le Monde / L’Écho – Les Britanniques peuvent-ils vraiment se passer du continent ? le 11 avril 2017 :

La procédure chirurgicale de sortie de l’UE est-elle seulement envisageable ? Le risque de complications est infini. L’Écosse entend demeurer dans l’UE et voit dans un vote d’indépendance – après celui de 2014 où les séparatistes recueillirent 44% des votes – le moyen de s’y maintenir. Une telle amputation du Royaume-Uni marquerait bien sûr sa fin. Le Brexit réintroduirait aussi une frontière « dure » entre l’Irlande et l’Ulster, tragique pas en arrière si l’on pense au sang versé avant d’atteindre la paix en Irlande du Nord.

Trends – Tendances, Brexit et Catalogne : quelle est la taille idéale de l’« entre soi » ?, le 30 novembre 2017 :

Mais le nuage le plus menaçant aujourd’hui était évident avant même que ne soit lancé le referendum : le statut de la frontière entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. L’absence de frontière dure entre les deux fut consacrée par l’Accord du Vendredi saint de 1998, accord passé à l’époque entre deux composantes de l’Union européenne. Le retrait hors de celle-ci du Royaume-Uni remettrait l’accord en question et obligerait à redéfinir une frontière « dure » à un endroit ou un autre : soit entre les deux Irlandes, soit entre l’île entière et la Grande-Bretagne. Et sur ce point, le désaccord est absolu, la République d’Irlande mettant son veto à la première option, et le Royaume-Uni, à la seconde.

Le navire sombre de la fière Albion, le 16 novembre 2018 – Retranscription :

Zizanie absolument totale. Elle était prévisible, c’est pour ça que j’en ai parlé dès le vote en disant que ce Brexit était impossible, en réalité, à mettre en œuvre. Parce qu’il allait produire des catastrophes d’ordre économique : trop d’imbrication, trop d’implication du Royaume-Uni dans l’Union Européenne. Et surtout, facteur que j’ai mentionné immédiatement – et j’ai peut-être un certain mérite à l’avoir mentionné immédiatement parce que ce n’est venu dans les discussions qu’un peu plus tard (6 mois…, un an plus tard) mais c’est revenu au centre des discussions – remettre en question l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne, c’était remettre en question le statut de l’Irlande, et en particulier l’absence de frontière dure, en ce moment, entre l’Irlande du Nord, qui faisait partie (sous le nom d’Ulster) du Royaume-Uni (et en fait toujours partie) et de l’Irlande, qui a obtenu, dans une guerre de libération, son indépendance – une partie, la partie inférieure, la partie la plus importante, la partie sud [de l’île] d’Irlande. On a fait disparaître la frontière de fait entre les deux : il n’y a plus de contrôle. C’est comme à l’intérieur, voilà, de la zone de Schengen, et cela a mis fin à une guerre d’indépendance, à une guerre civile dans la partie nord. Pourquoi guerre civile dans la partie nord ? Parce que les catholiques, qui étaient en majorité dans les provinces du Sud, ce qui avait permis de créer une république irlandaise – sous forte influence de l’église catholique, à l’époque. Dans la partie nord, il y avait une majorité – et c’est encore le cas, mais ça va basculer rapidement pour des raisons démographiques – il y avait majorité de protestants. D’où venaient ces protestants ? C’était essentiellement des colons venus d’Écosse, ce n’est pas des gens qui étaient en Irlande depuis des temps immémoriaux. C’étaient des gens qui, si je me souviens bien, au cours des 17°, 18°, 19° siècles, étaient venus s’installer là, avec leur religion d’origine qui était le protestantisme, et leur allégeance – bien manifestée dans leurs manifestations – à la Maison d’Orange, une référence à l’époque où un roi, Guillaume, a été à la fois roi d’Angleterre et des Pays Bas, ? de là ? appartenant à la Maison d’Orange – la ville bien connue du midi de la France.

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L’embourbement

France – Royaume-Uni – États-Unis

Rubikon, Avant l’extinction, le 26 janvier 2019

Place Publique – Morbihan, jeudi 31 janvier à 18h

Gilets jaunes à Commercy, le 27 janvier 2019

Le Brexit en direct, 29 janvier 2019

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Le Brexit en direct

Je regarde bien entendu en direct le nouveau débat à la Chambre des Communes sur le Brexit.

Plusieurs amendements visant à sauver la situation échouent lamentablement.

Extrait d’un article récent :

The Digital Maginot Line

November 28, 2018 By Renee DiResta

« Certains trolls sont parrainés par l’État, ils déstabilisent la société dans certains pays et rendent dans d’autres tous les canaux d’information inutilisables, à l’exception des médias publics. Ils opèrent selon les souhaits des dirigeants, souvent par le biais de bureaux militaires ou du renseignement. […] D’autres fois, les trolls dépassent les frontières pour manipuler la politique à l’étranger, comme ce fut le cas avec le Brexit et l’élection présidentielle américaine de 2016. […]

Les combattants de la guerre de l’information visent sans aucun doute le changement de régime : il est raisonnablement permis de soupçonner qu’ils ont réussi dans quelques cas (Brexit) … »

Si l’on prend cet article au sérieux, le Royaume-Uni pourrait décréter qu’une part substantielle (« material  ») du vote Leave est la conséquence d’un « acte de de guerre ».

Le Premier ministre n’a pas gagné mais elle n’a pas été défaite. Elle tire la conclusion du débat que le « no-deal » est unanimement rejeté mais souligne qu’il ne suffit pas de le dire, il faut encore s’assurer que ce ne soit pas le cas. Elle a mandat pour renégocier avec Bruxelles mais on ne sait pas quoi ni comment.

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Ah ! Je dis n’importe quoi depuis des mois à propos du Brexit ?

Comment se fait-il alors que l’éditorial du Monde affirme ce soir avec beaucoup de solennité ce que je répète depuis le vote de juin 2016 ?

D’accord, ils déclarent « le Royaume-Uni est pratiquement revenu à la case départ », alors que j’écrivais ici hier soir « Theresa May […] est renvoyée à la case zéro », la nuance mérite en effet d’être relevée 😀 .

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À ceux qui n’imaginent pas que le Brexit puisse être à l’origine d’un effondrement généralisé

Vous êtes quelques-uns à faire la moue quand je pose la question ces jours-ci, et en particulier dans ma chronique du 10 janvier dans Trends-Tendances : Brexit ou effondrement d’une nation ?, si le Brexit ne pourrait pas être à l’origine d’un effondrement généralisé.

Deux commentaires allant dans mon sens :

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L’histoire en train de se faire

… toujours là pour vous tenir au courant de l’histoire en train de se faire…

[j’écoute Mme Theresa May religieusement avant de vous dire ce que j’ai cru entendre]

Une chose pourra être dite à propos de cette dame : elle ne manque pas de courage.

Elle attaque violemment et très ironiquement Corbyn sur les contradictions du Labour et les siennes en particulier : pour ET contre le Brexit, pour ET contre un second referendum.

Voici sur quoi le vote va se faire :

Que cette Assemblée approuve, aux fins de l’article 13, paragraphe 1, point b), de la loi de 2018 sur le retrait de l’Union européenne, l’accord de retrait négocié déposé devant l’Assemblée le lundi 26 novembre 2018 sous le titre « Accord sur le retrait du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de l’Union européenne et de la Communauté européenne de l’énergie atomique » et le cadre pour les relations futures présenté à l’Assemblée le lundi 26 novembre 2018, intitulé « Déclaration politique établissant le cadre des relations futures entre l’Union européenne et le Royaume-Uni ».

La déroute prévue – et redoutée par May : MPs reject May’s Brexit plan by 432 by 202 – a majority of 230

Theresa May demandera la confiance demain. Quoi qu’il en soit elle est renvoyée à la case zéro.

Jeremy Corbyn au nom du Labour souligne qu’aucun gouvernement britannique n’a jamais subi une telle défaite. Il refusera la confiance demain à un gouvernement ayant fait la preuve de « son incompétence flagrante », en présentant une motion de censure.

Le Parti National Écossais (SNP) refusera lui aussi la confiance.

Le président de la chambre, John Bercow, réprimande l’un des présents, exprimant sa consternation qu’un « ministre de la Couronne » hurle pour empêcher de parler la députée Travailliste Yvette Cooper.

Donald Tusk, Président du Conseil européen

Traduction : « Si un accord est impossible, et que personne ne veuille d’une absence d’accord, qui aura finalement le courage de dire quelle est la seule solution positive ? »

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Brexit : aujourd’hui ça passe ou (selon les sondages) ça casse

Vous avez sans doute vu ma chronique publiée le 10 janvier dans Trends-Tendances, intitulée Brexit ou effondrement d’une nation ?, qui parle en fait des journées d’hier et d’aujourd’hui.

Et c’est bien aujourd’hui que cela passe ou cela casse. Or les sondages auprès des députés retournent tous le même pronostic : ça va casser.

Que restera-t-il comme options ? Celles dont je proposais la liste :

soit, un retrait « no deal », sans aucun accord, à mettre sur pied de préférence dans l’ordre, les visions d’un retrait désordonné étant apocalyptiques : pénuries de produits de première nécessité et de médicaments, chaos à Douvres en particulier et dans les ports dans leur ensemble, soit, un accord de type « Norvège + », c’est-à-dire une relation avec l’Union européenne pour le Royaume-Uni, comme celle de la Norvège aujourd’hui, équivalant, affirment les critiques, à un statut de membre de seconde classe : sans droit de vote dans les décisions de l’UE, soit enfin, dernière option, un nouveau referendum, pouvant déboucher sur le souhait désormais des Britanniques si l’on en croit les sondages : 52% remain, un vote qui renverserait celui de juin 2016 : 52% leave.

D’accord, on en reparle ce soir !

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« Françaises, Français, je ne vous ai pas compris ! » *

Ouvert aux commentaires.

Quelques ajustements à l’intérieur du même cadre fossilisé. Aucune tentative même modeste de remise à plat des grandes questions comme le travail ou la concentration de la richesse. Sans parler même d’un quelconque pas en avant pour ce qui touche à  l’environnement.

Les Gilets jaunes seront-ils satisfaits et les manifestants pour le  climat resteront-ils désormais chez eux ?

Poser la question, c’est y répondre.

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Le navire sombre de la fière Albion, le 16 novembre 2018 – Retranscription

Retranscription de Le navire sombre de la fière Albion, le 16 novembre 2018. Merci à Éric Muller !

Bonjour, nous sommes le vendredi 16 novembre 2018, et mon exposé d’aujourd’hui aura un titre un peu pompeux mais tout à fait d’actualité et adéquat : « Le navire sombre de la fière Albion. »

Je parle assez souvent du Brexit, en particulier dans des textes sérieux, dans les chroniques que je consacre au sujet dans le journal Le Monde, chroniques reproduites en Belgique dans l’Écho et aussi dans le magazine du milieu des affaires belges qui s’appelle Trends-Tendances, j’ai l’occasion de parler du Brexit. Quand j’en parle sur le blog, à part reproduire ces textes, c’est davantage sur un mode ironique. Continuer la lecture de Le navire sombre de la fière Albion, le 16 novembre 2018 – Retranscription

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Brexit : La prophétie qui m’aura donné le moins de souci

Ouvert aux commentaires.

Ma prophétie sur une grande crise du capitalisme qui résulterait des prêts subprime, j’étais sûr de mon coup, mais quand même ! Celle de la fin du capitalisme enclenchée en 2009 par le quantitative easing, je me doutais que ce serait lent, et vous seriez justifiés de me dire : « On attend toujours ! ». C’est celle, faite au lendemain du vote, que le Brexit n’aurait jamais lieu (vu A. le retour impossible d’une frontière dure en Irlande + B. le cataclysme économique que ce serait pour le Royaume-Uni) qui m’aura donné le moins de souci.

Le Monde : En direct : deux ministres britanniques démissionnent après l’accord sur le Brexit

Le Monde : Brexit : « Les démissions rendent plus probables un “no deal” catastrophique pour l’économie »

Pièce à conviction B (cataclysme économique).

Le cours de la livre contre le dollar ce matin

Pièce à conviction A (retour impossible d’une frontière dure en Irlande).

Dominic Raab, Ministre démissionnaire du Brexit : « Je suis convaincu que le régime réglementaire proposé pour l’Irlande du Nord constitue une menace très réelle pour l’intégrité du Royaume-Uni. »

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