Archives de catégorie : Royaume-Uni

Brexit et les étrangers, par Duncan Sutherland

Le texte original se trouve ici.

Comme on l’a déjà fait remarquer, le Brexit vous obligera à détenir un passeport et à être soumis au contrôle de l’immigration à la frontière britannique, comme la plupart des citoyens étrangers qui ne bénéficient d’aucun privilège particulier en ce qui concerne l’admission dans le pays vert et agréable qu’est l’Angleterre. Je parle d’Angleterre plutôt que de Grande-Bretagne ou même de Royaume-Uni, car le contrôle de l’immigration au Royaume-Uni repose essentiellement sur une attitude anglaise à l’égard des étrangers et sur une tradition anglaise de contrôle de leur nombre. En outre, comme vous le savez, l’appendice nord de l’Angleterre, l’Écosse, ne souhaite pas imposer les contrôles de l’immigration du Brexit, mais elle le fait à contrecœur, tout comme elle a quitté l’Union européenne à contrecœur, où elle était parfaitement heureuse d’être. En Angleterre, au contraire, l’une de ses clameurs périodiques à l’encontre des étrangers et leurs œuvres a créé une exigence que l’on fasse quelque chose à leur propos. D’où le référendum de 2016 sur le Brexit et la décision des Anglais de vous renvoyer tous et, par la suite, de vous empêcher de vous immiscer dans les affaires anglaises.
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Meurtre dans l’Université anglaise (1984)

J’ai republié ici récemment les chroniques consacrées à l’anthropologie que j’avais rédigées autrefois pour la revue L’Âne Le magazine freudien. Il en est une que j’avais publiée ici sous forme de facsimilé à l’occasion du décès de Margaret Thatcher. J’écrivais ceci :

Comme il n’est pas bienséant d’insulter les morts, je m’en abstiendrai. Mais rien ne m’interdit n’est-ce pas de republier un texte rédigé il y a vingt-neuf ans et consacré à l’anthropologie sociale ? Meurtre dans l’université anglaise a paru originellement en 1985 dans le numéro 21 de la revue L’Âne, à la page 22.

En voici le texte.
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A Symbolic Standoff, par Duncan Sutherland

Une traduction DeepL suit le texte en anglais, affiché en premier.

Early yesterday morning, during the Muslim festival of Eid Mubarak, which is officially recognized and respected in Scotland, the UK Home Office, which has responsibility for immigration control throughout the United Kingdom, staged a brutal dawn raid on the home of an Indian family in Kenmure Street in the ethnically and culturally diverse southside district of Pollokshields in the city of Glasgow, an area which is within the Scottish Parliament constituency represented by the First Minister of Scotland, Nicola Sturgeon, whose pro-independence administration is vehemently opposed to the UK Government’s post-Brexit « hostile environment » immigration policy, of which you may have heard.

Home Office immigration enforcement officers had arrived without warning in a marked van, into which they dragged two men with a view to transporting them to a Home Office detention centre for the purpose of deporting them. However, a neighbour who saw what was happening immediately crawled under the vehicle to prevent its departure and raise the alarm. The van was very soon surrounded by a group of residents, which rapidly grew in size until the street was filled with hundreds of people chanting spontaneously in unison « Leave our neighbours alone! Let them go! Let them go! »

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Chouette ! On va avoir la guerre avec l’Angleterre !

C’est quand même l’invention d’un génie ce Brexit ! Non seulement ça permet aux Britanniques de renouer avec l’esprit national et les fières traditions, mais ça va permettre à la France de le faire aussi !

Car n’oublions pas que l’ennemi allemand, c’est une invention récente ! L’ennemi héréditaire, c’est le « Frog » de l’autre côté de Calais et le « Goton » de ce côté-ci !

Qui tirera la première salve de canonnière dans la bataille de Saint-Hélier ? Nous bouillons d’impatience ! (Parce qu’une vraie guerre, c’est quand même tout autre chose qu’un malheureux Tournoi des Six Nations !)

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Brexit #7 – Vous trouviez ici les nouvelles avec quatre ans d’avance

Le Monde, le 8 avril 2021 : Boris Johnson condamne une nouvelle nuit de violences en Irlande du Nord

Les difficultés d’approvisionnement dans la province britannique, conséquences du Brexit, ont participé à créer un sentiment de trahison chez les unionistes.

Sondage Ipsos Mori pour l’élection le 6 mai du Parlement Écossais : 81 sièges pour les partis pro-indépendance (Scottish Nationalist Party et Verts), 48 sièges pour les partis prônant le maintien de l’Union.

Or, quatre ans plus tôt…

Le Monde, le 11 avril 2017 : Les Britanniques peuvent-ils vraiment se passer du continent ? par Paul Jorion

La procédure chirurgicale de sortie de l’UE est-elle seulement envisageable ? Le risque de complications est infini. L’Écosse entend demeurer dans l’UE et voit dans un vote d’indépendance – après celui de 2014 où les séparatistes recueillirent 44% des votes – le moyen de s’y maintenir. Une telle amputation du Royaume-Uni marquerait bien sûr sa fin. Le Brexit réintroduirait aussi une frontière « dure » entre l’Irlande et l’Ulster, tragique pas en arrière si l’on pense au sang versé avant d’atteindre la paix en Irlande du Nord.

Trends – Tendances, le 30 novembre 2017 : Brexit et Catalogne : ‘Quelle est la taille idéale de « l’entre-soi »‘ ? par Paul Jorion

Mais le nuage le plus menaçant aujourd’hui était évident avant même que ne soit lancé le referendum : le statut de la frontière entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. L’absence de frontière dure entre les deux fut consacrée par l’Accord du Vendredi saint de 1998, accord passé à l’époque entre deux composantes de l’Union européenne. Le retrait hors de celle-ci du Royaume-Uni remettrait l’accord en question et obligerait à redéfinir une frontière « dure » à un endroit ou un autre : soit entre les deux Irlandes, soit entre l’île entière et la Grande-Bretagne. Et sur ce point, le désaccord est absolu, la République d’Irlande mettant son veto à la première option, et le Royaume-Uni, à la seconde.

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Quinzaines – Orwell Socialiste malgré lui, le 15 mars 2021

Quinzaines me fait l’honneur de titrer sur mon Orwell Socialiste malgré lui.

Orwell publiait en 1946 un article intitulé « Politics and the English Language », la politique et la langue anglaise, une dénonciation de la manière dont les intellectuels britanniques écrivent leur langue, qui se terminait par une liste de recommandations visant à éviter leurs travers.

L’année suivante, en 1947, « loin de la foule déchaînée » sur l’Île de Jura en Écosse, Orwell entreprendrait la rédaction de Nineteen Eighty-Four (1984), qui paraîtrait en juin 1949.

La fameuse dystopie est complétée d’un appendice intitulé « The principles of newspeak », les principes de la novlangue, cette forme abâtardie et corrompue de l’anglais qu’un régime totalitaire a su imposer en Oceania avec pour objectif l’élimination du crimemental (« thoughtcrime »).

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