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COMMENTAIRE SUR « UN CODE DE LA ROUTE POUR LA FINANCE », par Pierre Sarton du Jonchay

Le Nouvel Observateur a publié aujourd’hui une Tribune de l’économiste François Rachline « Et si on créait un code de la route pour la finance », dans laquelle il évoque une proposition qui fait écho à celle de Paul Jorion dès 2007 d’une constitution pour l’économie. Pierre Sarton du Jonchay propose ici une analyse critique de l’article du NouvelObs.

Les radars ne font pas avancer les voitures. Mais ils sont au bord des routes en dehors desquelles les voitures n’avancent pas. Si les routes existent pour faire rouler les voitures, c’est par l’existence d’une collectivité qui construit et entretient les routes. Les automobiles financières circulent grâce aux marchés que les États fabriquent par des règles collectives de négociation.

D’où viennent alors les transactions OTC ? Les automobiles financières ne sont pas des objets physiques intégrés à la réalité physique par des routes physiques. Ce sont des représentations non localisées qui choisissent leurs règles d’existence. Avec la mondialisation et la libre circulation des capitaux, une automobile financière crée sa route où elle veut et y roule comme elle veut loin de tous les radars. La finance ne pourra pas être réintégrée dans une réalité régulée par les États sans la création d’une monnaie internationale qui remplisse le vide juridique entre des souverainetés distinctes.

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FEEDBACK POSITIF, VALEUR ET BANCOR, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Cher Paul,

Votre explication sur le feed-back positif et négatif à l’intérieur d’un système peut délimiter l’utilité systémique de la notion de valeur. Un système se conserve, s’auto-régule, s’il contient suffisamment de feed-back négatif pour revenir dans ses limites de rationalité quand des forces s’en dégagent qui le subvertissent. Le feed-back positif d’un système est au contraire sa force d’auto-destruction. Le feed-back positif change la rationalité du système pour imposer une autre rationalité qui produit un autre système. Goldman Sachs et Deutsche Bank ont puisé dans le système financier le feed-back positif qui leur permettait de tirer parti de la contradiction intrinsèque au système. Ces institutions ont joué le système contre lui-même par le feed-back positif qu’elles y ont trouvé et y trouvent encore.

Bien qu’il soit maintenant démontré que le système financier contient des acteurs qui jouent explicitement contre lui, il faut cependant constater que les forces de feed-back positif ne sont pas encore suffisantes pour entraîner sa disparition. Cela signifie en logique systémique, que les acteurs du système sont à la fois à l’intérieur du système et à l’extérieur du système. A l’intérieur pour utiliser le système à son auto-destruction et à l’extérieur pour imaginer sa sur-existence hors du système en destruction. Ainsi la notion de valeur peut-elle exprimer cette réalité unique mais contradictoire des acteurs qui contiennent le système en étant contenu par le système. Autrement dit GS et DB ont réalisé de leurs spéculations contre le système des plus-values qui s’analysent en moins-values pour le système.

La notion de valeur permet de qualifier une réalité qui n’a pas le même sens selon les points de vue subjectifs. Les plus-values de GS et DB contre le système sont pour d’autres des moins-values du système. La notion de valeur permet également d’exprimer dans le temps un changement d’état du système à l’intérieur d’une rationalité inchangée. Nous constatons à longueur de billets et commentaires sur ce Blog, que depuis le krach des subprimes, le système financier se perpétue dans les mêmes structures de rationalité alors même que le feed-back positif fait son œuvre. Pourtant, le discours sur le système change : la confiance, l’adhésion et la compréhension s’évanouissent. Pour exprimer la liquidité du système, la permanence de son activité alors que son état change, la notion de valeur permet d’affirmer un gain ou une perte de substance. L’agonie du système est sa perte de valeur qui annonce sa disparition.

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ALLUMER LA LUMIERE DANS LA CHAMBRE NOIRE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Imputer les pertes abyssales du système financier sur ses créanciers, c’est allumer la lumière dans la chambre noire où la ploutocratie nous a enfermés. Au premier dollar ou premier euro de dette restructurée, c’est la réalité vraie qui est restaurée derrière son masque financier. En l’occurrence, la vraie valeur est politique, sociale et économique et n’a pas grand chose à voir avec les modèles de prix abstraits imposés par des marchés financiers captés par des intérêts particuliers sans nationalité et exonérés de toute responsabilité de bien commun.

Dans l’actuel système financier mondialisé non régulé capté par des intérêts particuliers, la loi est achetée par la finance pour créer des dettes sur des obligations sans valeur réelle. Les lois sont votées pour acheter une réélection mais ne sont pas financées par la fiscalité et l’économie réelle. La seule façon de donner un début d’application aux promesses électorales est depuis la crise des subprimes d’emprunter sur le marché mondialisé en dollar et euro et de mettre la chose publique sous le contrôle de la finance internationale hors de toute régulation par les lois nationales. Tout abandon d’intérêt ou de principal sur les dettes contractées revient à restaurer le principe du bien commun au-dessus de la finance et à refonder la loi comme compromis d’intérêt général et non comme paravent des intérêts particuliers des ploutocrates.

Les opinions publiques qui n’ont pas complètement perdu le sens des réalités comprennent de mieux en mieux que les responsables publics qui refusent la restructuration des dettes sont soit dépassés par leurs engagements d’État soit privilégiés de la ploutocratie. Une fois que ce diagnostic sera partagé par l’essentiel de l’opinion publique, il faudra mettre en œuvre un procédé international d’évaluation des pertes financières en fonction de la valeur réelle des démocraties nationales. Ce procédé est le marché commun international des CDS et primes de change cotées en bancor. Il organisera une dévaluation concertée de la valeur nominale des dettes par une restructuration internationale des changes fondée sur une cotation en bancor des matières premières et des économies réelles.

Le bancor est la seule solution pour restaurer l’État de droit en contrepartie de l’émission monétaire. Il suppose une révolution démocratique qui consiste à poser l’égalité des sociétés politiques devant l’obligation de remplir ses engagements monétaires régulés par la démocratie. Cette révolution est en marche par la vacuité non dissimulable des politiques monétaires et financières actuellement mises en œuvre pour différer la cessation de paiement des États et des banques. Pour que l’issue de cette révolution ne soit pas la disparition des régimes démocratiques, il faut que les peuples réclament l’égalité des nations devant la monnaie. Il faut abolir tout privilège d’émission monétaire et définir la démocratie internationale comme régime de couverture systématique de tout engagement financier par une prime d’option négociée sur un marché de droits transparents garantis par les réserves de change internationale.

La révolution engagée dont l’issue est en suspens pour peu de temps encore consiste à redéfinir la monnaie comme comptabilité du droit humain et non comme privilège d’opacité financière.

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SOMMES-NOUS CAPABLES DE FAIRE CE QUE QUE NOUS DISONS ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

L’économie et la monnaie découlent de la responsabilité politique. Les dérèglements financiers actuels ne sont pas l’effet d’une cyclicité économique naturelle mais la conséquence d’une désagrégation des structures politiques dans la mondialisation. La compétition économique entre les États-nations détruit la notion d’égalité devant la Loi. Les prix réels et financiers sont produits en asymétrie d’information et de droit entre les acteurs économiques. Les acteurs en position internationale arbitrent les systèmes juridiques. Ils reportent le risque financier sur les acteurs dépendant d’une protection publique nationale légale. Les pertes financières qu’occasionnent des bénéfices expatriables pèsent par la fiscalité et par les coûts collectifs d’assurance sur les économies domestiques. Le système financier mondial s’autodétruit dans ses bases politiques et économiques réelles.

Les projets européens de convergence fiscale, de constitutionnalisation d’équilibre des finances publiques et d’assurance financière commune des équilibres économiques sont nécessaires à la resolvabilisation des États européens. Mais ils ne créent pas d’ordre politique mondial ni ne soldent les pertes impayées du passé. Or l’Union Européenne constitue en elle-même un modèle d’organisation politique et financière multinationale générateur d’équilibre économique. Pour être efficiente, l’Union doit s’affranchir du désordre monétaire qui résulte de l’incapacité des États-Unis à réguler la liquidité mondiale par le dollar. L’Union doit pouvoir régler avec certitude tous ses engagements financiers dans d’autres monnaies que les siennes tout en s’appliquant à elle-même la régulation qu’elle juge utile au maintien de ses équilibres internes. La solution est de construire un marché des changes européen régi par le droit européen actuel où les Européens s’engagent à coter toutes leurs monnaies ainsi que leurs dettes publiques.

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SUSAN GEORGE ET PAUL JORION : QUE FAIRE ?

Ils ne s’étaient jamais rencontrés, c’est maintenant chose faite. Avant d’échanger leurs livres (1), se les dédicaçant réciproquement, ils ont parlé à bâtons rompus, à partir de l’actualité qui était ce jour-là le début du Forum de Davos, tentant ensuite de répondre aux questions : que faire, que proposer ? FL.

Susan George : Réglons leur sort à Davos et au G20 que personne n’a élu, ni l’un ni l’autre. Le G20 est né de la crise qui a fait trembler le monde. J’étais à Londres lors du premier, nous étions 35.000 à manifester ; la presse du lendemain, de même que Gordon Brown, s’empressaient de souligner leur accord avec nous. Tout a depuis bien changé. C’est très rapidement devenu un simple rituel où les points de vue sont trop divergents pour que des décisions soient prises. Quant à Davos, l’on y affirme que la crise est terminée. Le fondateur, Klaus Schwab, publie un texte dans Foreign Policy intitulé « Gérer le monde après la crise ». Pour qui se prend-il ? Davos n’a rien vu et ne verra rien venir, ceux qui s’y rendent ne vont y chercher, en plus des « deals », qu’une sorte de sagesse conventionnelle ; c’est un rituel aussi. Et d’après les nouvelles de ce matin, « Davos » pense que le risque, aujourd’hui, c’est de trop réguler les banques.

On subit le G20 comme on subit Davos, à cette différence près que c’est ce dernier qui imprime le plus sa marque car la finance gouverne. Que faire alors ? Je pense qu’il faut placer son espoir dans un travail hélas long et patient, comme nous le faisons l’un et l’autre, en construisant des alliances entre gens qui ont des idées et savent à peu près ce qu’il faut faire. Notamment, selon moi, une taxation sur les transactions financières qui permettrait de financer le tournant de civilisation nécessaire : conversion verte, réduction de la pauvreté dans le Sud, transfert de technologie hors OMC, etc. – autant de projets dont la finance pourrait être la vache à lait.

Paul Jorion : On exprime en effet dans certains milieux l’opinion que la crise est terminée, en particulier au G20 et à Davos. Comment peuvent-ils ignorer l’existence de différentes bombes à retardement dont, aux Etats-Unis, le déficit public faramineux, l’immobilier résidentiel qui connaîtra encore une aggravation cette année, l’immobilier commercial sans solution, ainsi que le marché obligataire des États et des autorités locales et, en Europe, les phases encore à venir de la crise de la zone euro. Or, les faits sont têtus, nous en sommes d’accord. Ce qui amène d’ailleurs à s’interroger sur l’influence réelle que ces instances ont sur les événements, dont elles semblent incapable de modifier le cours.

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KEYNES : L’EUROPE SERA-T-ELLE FIDELE A SES GRANDS HOMMES ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Sylla a renouvelé en commentaire à Sortir la finance de la nuit conceptuelle une interpellation récurrente sur l’impact prévisible d’un étalon monétaire mondial sur la répartition du capital. En fait la proposition keynésienne du bancor est sous-tendue par une conception politique du capital qui définit les conditions et la nécessité de sa fluidité. La révolution keynésienne de l’économie politique consiste dans l’analyse du rôle de l’État de droit dans l’allocation du capital à la production de richesse et dans la définition des conditions monétaires publiques de l’optimalité de cette allocation au fil du temps.

Économie libérale schizophrène

Lors de la révolution industrielle et financière du XIXème siècle, s’est imposée l’hypothèse d’une dissociation utile et sans conséquence du capital physique investi dans le développement économique et du capital conceptuel représenté dans la Loi politique, les règles du calcul économique et la responsabilité financière. Cette hypothèse s’est imposée autant dans les mentalités que dans les faits puisque les théories économiques et juridiques se sont opposées entre nations distinctes et que les échanges se sont néanmoins développés par la circulation des marchandises dont la plus précieuse, l’or, a été reconnue comme unité de compte et de règlement des prix internationaux. Le libéralisme politique et la multiplicité des États ont progressivement nourri le libéralisme économique niant toute présence de l’État de droit dans une rationalité économique qui serait indépendante de la politique. Cette conception a bien été dénoncée comme cause fondamentale de la Grande Crise mais n’en a pas moins repris le dessus dès les années soixante-dix pour provoquer la grande crise actuelle du début du XXIème siècle.

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RESTAURER LA DEMOCRATIE : CREATION D’UNE MONNAIE TRANSNATIONALE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Détournement de la fragmentation financière

Ce qui caractérise l’anticipation financière dans l’économie actuelle des activités humaines, c’est la fragmentation des objets de consommation par le temps. Tout ce qui est consommé est vu dans son résultat mais pas dans le déroulement continu du temps nécessaire à la production de l’objet, à sa réalisation concrète des premières images qu’on en conçoit jusqu’à la transformation finale en un objet acheté par le consommateur. La fragmentation financière par le temps est nécessaire pour définir et planifier la production de l’objet final ; pour engager des richesses présentes et du travail dans un objet futur de valeur dont le prix soit au moins égal à la valeur consumée pour le produire. Cette fragmentation financière présente deux utilités au présent : elle permet de distribuer les tâches entre plusieurs sujets acteurs de la production et de différencier toutes les tâches en cours pour vérifier l’efficience du processus de valeur. Pour fortifier la certitude de la valeur qu’il est en train de produire, tout acteur de la production a besoin de savoir qu’il existe un objet final qui se réalisera définitivement dans le futur, que toutes les causes d’existence de cet objet sont identifiées et qu’elles sont toutes attribuées à un sujet de production responsable de la réalisation. L’homme vit dans le temps et en société pour produire sa propre valeur par le temps et par la société dont il vit.

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OPTION DE PRIX UNIVERSEL DE LA VALEUR, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Restaurer la démocratie par la pacification monétaire mondiale

Le marché dirigé par la personne, existant de la société, n’a jamais existé dans l’histoire de l’humanité car il aurait obligé un pouvoir politique à se subordonner au privilège d’une autre personne que lui-même à fixer librement le prix des objets de valeur. Le pouvoir financier international anonyme est parvenu à asservir le pouvoir politique par son extra-territorialité issue de la mondialisation. La seule possibilité de restaurer la suprématie du pouvoir politique sur le pouvoir financier est l’instauration d’un marché financier international régulé par le droit personnel des démocraties nationales. La démocratie ne peut reprendre le contrôle de la finance sans s’en remettre à l’effet de la responsabilité personnelle dans l’exercice du pouvoir politique ou du pouvoir financier. L’hypothèse d’un modèle unique de démocratie mondiale est un leurre car elle supprimerait la concurrence historique des sociétés à la discussion du bien commun. Un gouvernement mondial est inéluctablement exposé à la dégénérescence impérialiste comme il en est de tout temps et actuellement des organisations géopolitiques trop puissantes.

En revanche, la création de l’euro dans un ensemble géopolitique régi par le principe de la démocratie montre que la discussion du bien commun par une monnaie commune oblige les pouvoirs politiques à se jauger réciproquement selon la valeur qu’ils produisent effectivement. Le recyclage de l’épargne sur un marché multinational dans une même monnaie oblige les gouvernements au calcul de leur prime d’option de légalité budgétaire. Les gouvernements se soumettent au jugement du marché sur les promesses qu’ils font à leurs électeurs. Ils sont obligés par l’effet économique réel de leurs promesses. Il ne leur est pas possible de soustraire l’économie à la démocratie sans que cela se voit par la mise au chômage des citoyens ou par le surendettement public. Une même monnaie entre plusieurs démocraties permet aux électeurs de dénoncer les injustices économiques et aux épargnants de mettre en doute une anticipation électorale fausse de la croissance de valeur.

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VERITES ET MENSONGES DE LA THEORIE MONETARISTE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Champ de cohérence de la théorie

Aliena fait au fil de ses interventions sur le blog une présentation instructive de la Modern Monetary Theory (MMT). Elle explicite les réalités que cette théorie considère et celles qu’elle ne reconnaît pas. Cette théorie dominante aux États-Unis si l’on en croit la politique monétaire actuellement suivie pose la monnaie comme la production spécifique de l’État dans l’économie. Le signe monétaire est une matière sui generis qui n’a pas d’autre cause que la décision souveraine de l’autorité publique d’émettre telle quantité plutôt que telle autre et de faire appliquer la loi à tous les signes émis. Quelles que soient les quantités émises, les signes monétaires sont d’autorité libératoires de toute dette et résolvent toute obligation d’un débiteur qui a remis le nombre de signes correspondant au prix contractuel légal négocié.

Dans cette théorie, la quantité de monnaie mise en circulation n’a pas de cause rationnelle. Elle n’a pas d’autre explication que la science infuse de l’autorité monétaire politique qui est réputée savoir entretenir la croissance sans inflation et sans chômage. Cette théorie est indiscutable sur son volet juridique et pratique. La monnaie est bien le signe légal et efficient de la libération d’une dette. Mais la MMT ne dit rien des causes objectives de la crise des subprimes survenue sous le despotisme éclairé de la Fed, n’explique rien de la crise mondiale de liquidité qui s’en est suivi, ni de la faillite de Lehman Brothers, ni de l’effondrement de la croissance dans les pays développés alors que la « planche à billets » tourne à plein régime. Soit la monnaie n’a rien à voir avec tous ces phénomènes économiques, soit elle les dirige d’une certaine manière qu’il appartient aux seuls tenants de la MMT et aux autorités monétaires étasuniennes de connaître et de comprendre. Comme l’avait déclaré John Connally au monde « the dollar is our currency and your problem ». Continuer la lecture de VERITES ET MENSONGES DE LA THEORIE MONETARISTE, par Pierre Sarton du Jonchay

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QUE VEUT FAIRE L’EUROPE AVEC l’EURO ?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Crise internationale de la Loi

Dans une page difficile à tourner, François Leclerc passe en revue les contradictions politiques et économiques de l’Europe exacerbées par la crise des monnaies et du crédit. Depuis l’abandon de l’étalon or en aout 1971, la monnaie est dans le monde entier un pur produit des règles d’émission et de calcul du crédit par les banques centrales. Le crédit est depuis l’origine de la civilisation à la fois l’anticipation économique du futur et l’application du droit de la valeur dans une société. La relation formelle entre le droit et la loi économique qui rationaliserait la mesure de la valeur future n’est formulée ni par la science juridique, ni par la science économique. Cette relation est donc appliquée empiriquement. La crise actuelle traduit l’inefficience des règles élaborées dans le régime des changes flottants en vigueur depuis quarante ans. Le contexte nouveau d’une économie mondiale multipolaire précipite la dégénérescence de la monnaie. Les pouvoirs politiques ne savent pas comment réguler un système monétaire et financier qui ne trouve plus par lui-même les conditions d’une croissance économique compatible avec l’équilibre humain des sociétés.

La stabilité monétaire et financière est une question toujours ouverte d’économie politique. La création de l’euro a été une tentative de créer une référence monétaire internationale alternative au dollar. C’est la première expérience historique de monnaie multinationale dont la valeur soit fondée exclusivement sur le crédit. Une monnaie repose sur un système de valeur commun aux institutions politiques et aux agents économiques d’un même espace politique et culturel. L’hypothèse d’une communauté de valeur des États et citoyens de la zone euro a justifié l’instauration d’une même unité de compte. Tout objet de valeur formé dans cette communauté a pu s’échanger contre un prix en euro à la place des anciennes monnaies qui fluctuaient les unes par rapport aux autres.

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Bancor : L’appel de Zhou Xiaochuan, dix-huit mois plus tard, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Il y a dix-huit mois

Le 23 mars de l’année dernière, dans un texte intitulé : « Réformer le système monétaire international », Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque Populaire de Chine (PBC), la banque centrale chinoise, établissait un bilan précis et étayé de la crise mondiale dans sa dimension monétaire. Il expliquait que l’actuel système international, fondé sur l’utilisation d’une monnaie nationale, le dollar américain, est inédit dans l’histoire monétaire mondiale.

Jusqu’en 1971, le dollar a été admis par les accords de Bretton Woods comme unité de compte et de réserve internationale équivalente à un poids constant d’or à raison de 35 dollars pour une once. En aout 1971, le Président Nixon décidait unilatéralement de suspendre la convertibilité du dollar en or à un prix fixe. À partir de cette date, la monnaie a changé de nature, en rupture avec la conception multi-séculaire qui avait prévalu jusque là. La Réserve Fédérale des États-Unis ne garantit plus la conversion de ses crédits contre une quantité certaine de métal. Le dollar n’est plus alors que la représentation comptable d’un crédit auprès de la Fed, échangeable contre n’importe quel bien ou service réel mais à un prix flottant au gré du marché.

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L’actualité de la crise: Quand les monnaies s’en mêlent… et s’emmêlent, par François Leclerc

Billet invité

QUAND LES MONNAIES S’EN MÊLENT… ET S’EMMÊLENT

Irrésistibles montées du yen japonais et du franc suisse, maintien déterminé de la parité actuelle du yuan chinois vis à vis du dollar, les déséquilibres monétaires s’installent de plus en plus dans l’actualité, tandis que cahin-caha la réforme du FMI avance petitement et que se profilent à plus long terme d’inévitables grands chamboulements.

Non sans un paradoxe de plus : bien que nécessaires, ceux-ci sont pourtant bloqués, car ils devraient sanctionner la fin de cette extraordinaire facilité dont les Etats-Unis ont largement profité et abusé, à savoir l’adoption du dollar comme monnaie de réserve. Déjà profondément atteinte par la crise en cours, la première puissance économique et financière mondiale recevrait alors un coup fatal, si le privilège suprême que représente sa suprématie monétaire devait cesser.

Le chemin en est cependant tout tracé, puisqu’elle est déjà bien entamée, mais tout sera fait pour repousser cette échéance, synonyme de déchéance. Ne manquant pas d’accentuer la crise monétaire, au lieu de la résoudre, ainsi que ses retombées économiques, ce qui ne va en rien les arranger.

Cela peut être un sujet d’inquiétude supplémentaire, dans une situation qui n’en manque pas. Alors que la profondeur de la crise américaine, atteignant lourdement une société perdant pied et repères – dont on va observer les conséquences politiques – ne semble pas encore estimée à sa juste importance en Europe.

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Fondation de la monnaie internationale, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Le bug du XXIème siècle

Une conséquence concrète de la crise des subprimes déclenchée en 2007 est le gonflement irréversible des bilans des banques centrales. La prolifération d’actifs toxiques sur toutes les places financières a précipité tous les acteurs économiques qui le pouvaient au guichet des banques centrales. Le cours forcé des monnaies sans aucune garantie de prix d’aucune contre-réalité définie a pour corolaire l’infaillibilité juridique des banques centrales. La logique du système est de permettre aux banques commerciales de déposer leur trésorerie à la banque centrale quand elles ne se font plus confiance entre elles.

Depuis l’éclatement de la bombe logique des subprimes, les analystes financiers découvrent que les prix sont factices, que les marchés sont captés, que les comptabilités bancaires ne signifient rien et que les grands États sont liquides mais insolvables. La seule manière d’échapper à la faillite est de déposer le plus possible à la banque centrale pour que le ratio des dépôts en monnaie centrale sur le total des actifs comptabilisés soit le plus élevé possible. L’Anglo Irish Bank est à l’agonie ; son ratio de liquidité centrale par rapport à son actif net est visiblement trop bas par rapport à ses concurrents internationaux.

Le comportement des banques n’a plus rien de financier mais repose exclusivement sur le Droit. Une banque centrale est la seule institution financière infaillible par « nature ». Un dépôt à la banque centrale ne peut pas être refusé en règlement d’une dette quelle que soit l’opinion qu’on se fasse de la valeur réelle des créances à vue sur la banque centrale. Les monnaies sont juridiquement, et désormais seulement juridiquement, des créances à vue sur les banques centrales. Plus il y a d’intermédiaires juridiques entre un dépôt bancaire et un dépôt à la banque centrale, plus la monnaie est juridiquement douteuse. Tout agent économique prudent doit aujourd’hui déposer son argent dans une mégabanque directement déposante dans les banques centrales.
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Comment la vraie monnaie va chasser la fausse, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La monnaie entre la matière et l’esprit

Quantification de la valeur dans le temps

Depuis des milliers d’années, la monnaie est un outil empirique de mesure de la valeur. L’homme a besoin d’attribuer des prix aux objets matériels pour les produire et les échanger. Pour transformer la matière physique, il lui est nécessaire de se la représenter par des nombres. La valeur mérite d’être produite si le nombre de la destruction de valeur qu’elle impose demeure inférieure au nombre du résultat de la production. Décider de produire quelque chose, c’est juger que la chose est potentiellement rentable pour soi-même. Cette rentabilité se confirme par l’échange avec un autre, quand le nombre attaché à ce qui est acheté à l’autre reste supérieur au nombre attribué intérieurement à l’objet de la vente. Tous ces nombres sont des prix. Ils forment un système logique de valeur d’action propre à chaque personne individuelle.

Les prix pour soi-même ne sont pas visibles. Ils sont intérieurs à la personne du sujet du raisonnement économique de la valeur. En revanche, par le marché, sont visibles les prix d’échange de ce qui est consommé pour produire et finalement vendu à un autre qui va consommer. Les prix visibles sont des nombres partagés entre plusieurs personnes pour un même objet échangé sur le marché. Les prix visibles s’inscrivent dans les limites invisibles propres à chaque agent économique. Le prix de la vente se réalise effectivement dans l’échange si le prix de la production a été anticipé en dessous du prix de l’objet acheté en contrepartie. Personne ne produit pour de l’insatisfaction nette à terme. L’unité de compte des prix visibles marchands et invisibles personnels est commune aux individus dans la collectivité marchande ; donc commune à tous les objets de valeur formés dans la société. L’unité de compte de la valeur est la monnaie dont la matière est le fruit de la pensée économique rationnelle des personnes en société.

La monnaie est un système logique de valeur sociale qui naît des échanges des objets matériels entre personnes. Une société construit un réseau d’échanges qui détermine un marché. De l’ensemble des échanges du marché, naît un ensemble de prix associant à chaque instant dans la durée un nombre à chaque objet. Si la société a institué un objet de référence, tous les prix s’expriment par une quantité de cet objet. La relation de cet objet à l’unité de valeur est la définition matérialisée de la monnaie, la matérialité du sens social des nombres que les individus attachent aux objets produits et échangés. La matérialité monétaire transpose la conception de la valeur dans les limites de la matérialité physique des objets économiques. La matérialité monétaire n’est pas naturelle mais culturelle. Elle résulte de l’exercice de la liberté humaine dans l’attribution d’un prix aux objets de transformation de la matière physique. Par le calcul économique, la personne physique décide ou non de s’engager dans la transformation de la matérialité physique. Ce qui est vendu a été physiquement produit par une nécessité de calcul qui n’est pas une nécessité physique. La nécessité libre du calcul dégage une valeur ajoutée qui motive la production et l’échange.

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Le système financier dans la trappe de liquidité keynésienne, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

François Leclerc présente dans Le scenario d’épouvante ou d’horreur la trappe à liquidité dans laquelle s’est abimée l’économie japonaise et qui s’ouvre désormais béante devant toute l’économie mondiale. Essayons de pousser jusqu’au bout une vraie analyse keynésienne de la conjoncture présente et voyons comment elle nous ramène au bancor.

Le Japon avait plongé dans la crise financière à la fin des années 80 avec l’éclatement de la bulle immobilière. Cette bulle s’était nourrie des choix de la société japonaise traduits dans les politiques publiques monétaire et budgétaire. Elle avait pris sa source dans les excédents du commerce extérieur supérieurs aux ré-exportations nettes de capitaux. Fondamentalement, le choix japonais depuis l’origine était d’assurer l’avenir par l’épargne, c’est à dire l’accumulation de créances de valeur stable sur l’avenir. L’excédent commercial était le moyen d’acheter de l’épargne en monnaie et contrevaleur réelle étrangères. Au lieu de dépenser toute la contrepartie du pouvoir d’achat des exportations en importations ou en investissements à l’étranger, les Japonais demandaient à leurs banques de transformer leurs créances en devise en dépôts en yen. La masse monétaire déposée au passif des banques avait une contrepartie croissante à l’actif en créances sur l’étranger, principalement sur des banques et des États des autres pays développés, spécialement en dollar des États-Unis.

L’abondance de liquidités domestiques induisait un faible niveau des taux d’intérêt stimulant le crédit. Elle ne modifiait pas la préférence sociale interne pour l’achat de sûreté par des créances en monnaie sur le système financier. Il revenait aux institutions financières de trouver des contreparties réelles aux substantiels excédents de revenus épargnés en yen. L’État et les collectivités publiques en ont toujours absorbé une forte proportion à la fois pour offrir une contrepartie au besoin d’épargne et compenser par la dépense publique la faiblesse de la dépense privée. Ainsi la dette publique japonaise atteint-elle aujourd’hui le record de 200% du PIB, financée pour la plus grande part sur le marché domestique. Le financement du besoin d’épargne japonais est fondé sur la dette : celle des étrangers envers le Japon, celle du système financier japonais et de l’État envers les agents économiques japonais.

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