RESTAURER LA DEMOCRATIE : CREATION D’UNE MONNAIE TRANSNATIONALE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Détournement de la fragmentation financière

Ce qui caractérise l’anticipation financière dans l’économie actuelle des activités humaines, c’est la fragmentation des objets de consommation par le temps. Tout ce qui est consommé est vu dans son résultat mais pas dans le déroulement continu du temps nécessaire à la production de l’objet, à sa réalisation concrète des premières images qu’on en conçoit jusqu’à la transformation finale en un objet acheté par le consommateur. La fragmentation financière par le temps est nécessaire pour définir et planifier la production de l’objet final ; pour engager des richesses présentes et du travail dans un objet futur de valeur dont le prix soit au moins égal à la valeur consumée pour le produire. Cette fragmentation financière présente deux utilités au présent : elle permet de distribuer les tâches entre plusieurs sujets acteurs de la production et de différencier toutes les tâches en cours pour vérifier l’efficience du processus de valeur. Pour fortifier la certitude de la valeur qu’il est en train de produire, tout acteur de la production a besoin de savoir qu’il existe un objet final qui se réalisera définitivement dans le futur, que toutes les causes d’existence de cet objet sont identifiées et qu’elles sont toutes attribuées à un sujet de production responsable de la réalisation. L’homme vit dans le temps et en société pour produire sa propre valeur par le temps et par la société dont il vit.

La fragmentation financière de la valeur par le temps est aujourd’hui dévoyée par la fragmentation des sociétés dans un même espace mondial de production. En unifiant l’espace de production économique, la globalisation a permis la répartition des tâches de production d’un même objet final dans tout l’espace humain et politique terrestre. Mais la société humaine ne s’est pas unifiée par des lois communes qui permettent au minimum de vérifier que l’objet final de la valeur auquel tous participent est bien objet positif de valeur pour tout le monde. La finance s’est saisie de la fragmentation mondiale du bien commun dans un espace économique unifié pour produire de la valeur pour les uns qui ne soit pas nécessairement valeur pour les autres. Comme il n’existe pas de définition commune déposée et mondialement visible au même moment de l’objet final auquel chaque acteur de la production croit participer, les financiers substituent des définitions locales de la valeur d’une même humanité. Au fur et à mesure du processus de réalisation des anticipations financières, les objets intermédiaires de la transformation se substituent les uns aux autres sans cohérence continue avec la valeur de l’objet final. La finance divise pour régner.

Privatisation internationale des prix

Le détournement spéculatif de la valeur finale s’opère par les prix, les monnaies et la fragmentation juridique des espaces économiques. En l’absence d’espace mondial unifié de conception de l’objet de la valeur finale, il est possible de mobiliser chaque acteur de la production non pas sur l’objet humainement valable mais sur le prix de l’objet intermédiaire indépendamment de sa valeur finale pour un consommateur. Le prix exprimé en monnaie locale n’est intelligible que localement et dit à celui qui travaille ce qu’il gagne par rapport à son référentiel de valeur locale. Une fois produit l’objet intermédiaire dans un espace économique local, le spéculateur financier transporte l’objet intermédiaire dans un autre espace économique en changeant sa définition. Ce changement est invisible du fait que l’objet final pour le consommateur final est invisible dans toutes les étapes intermédiaires de la production ; invisible aussi par le changement de modèle conceptuel de la valeur entre deux espaces nationaux différents ; invisible enfin par le changement de monnaie d’un espace à l’autre qui ne permet pas d’interpréter une variation de prix.

La nécessaire fragmentation financière de la production de valeur par le temps est librement pervertible dans un espace économique fragmenté par la division du Droit qui définit la valeur finale. Cette division de l’espace de juridiction de la valeur induit la discontinuité des prix des causes d’un même objet final représentés exclusivement par des monnaies nationales distinctes. Les firmes multinationales industrielles et bancaires travaillent sur un processus multinational de valeur discontinu par le droit et la monnaie. Elles peuvent librement fixer la mesure de la plus-value à chaque changement d’espace de calcul économique grâce au prix de cession interne. Le prix de cession interne est une convention propre à une même entreprise internationale dont le prix réel n’est pas visible ni lisible de l’extérieur de la société de production multinationale. Cela permet d’extraire du prix de cession une plus-value non négociable par les producteurs intermédiaires locaux et les consommateurs finaux qui se trouvent dans des espaces de prix différents. La fragmentation financière de la valeur offre aux firmes multinationales un calcul libre non contrôlable de la plus-value entre les causes de la valeur dispersées dans le monde et l’objet final négocié avec le consommateur en un lieu isolé des sources de la valeur produite.

Abolition financière de la valeur objective par la déréglementation

La dépression économique actuelle vient de l’emballement du processus de prélèvement de la plus-value sur le processus financier multinational de la valeur. La plus-value augmente par prélèvement financier croissant dans la valeur ajoutée et non par augmentation de la valeur ajoutée. La multinationalité des monnaies volatiles les unes par rapport aux autres empêche toute mesure du prélèvement de plus-value et dissimule dans la dévalorisation réelle des monnaies le tassement voire la décroissance de la valeur ajoutée mondiale. La dévalorisation des monnaies est manifeste pour le dollar et l’euro qui maintiennent leur taux de change avec les autres monnaies alors que la base économique se contracte aux États-Unis et en Europe avec l’explosion du chômage et le démantèlement de la solidarité sociale des services publics. C’est la crise des subprimes qui a manifesté la déconnexion du prix financier de la plus-value avec la plus-value réelle normalement issue d’une fragmentation financière ordonnée à l’objet final de la valeur.

Les firmes multinationales industrielles produisent des objets physiques. Si elles sont libres de calculer la plus-value hors de tout contrôle social, elles restent néanmoins contrôlées par le consommateur final qui achète ou n’achète pas le produit final entre ce qu’il peut voir concrètement de l’objet et le prix qui lui est demandé. La visibilité de l’objet final prouve au moins la réalité du prix. Il n’en est pas de même des banques qui vendent et achètent des prix d’objets futurs non visibles et non vérifiables au présent de toute transaction de crédit, d’assurance ou d’investissement. Jusque dans les années soixante-dix les banques et assurances sont contrôlées par les États. Elles sont contrôlées à l’origine de leurs transactions par un prix administré par la puissance publique qui est autorité empirique du prix financier. La déréglementation financière transfère l’autorité du prix aux opérateurs financiers qui sont désormais totalement libres et sur le prix et sur l’objet du prix qui n’est pas visible puisque toujours situé dans le futur. La puissance publique maintient un contrôle d’apparence après que le prix a été négocié et alors que les engagements courent entre le producteur et le consommateur final de valeur financière ; la valeur financière étant le fait d’anticiper le prix de la valeur ajoutée et le prix de la plus-value afin de se garantir contre l’incertitude de la réalité future.

Involution réversible du modèle financier de déréglementation

La déréglementation financière des années quatre-vingts aboutit à libérer la spéculation financière de toute objectivité. L’objet de la valeur finale n’est plus un consommateur final qui achète un objet concret à un certain prix mais bien le prix tout seul à quoi le spéculateur financier adjoint n’importe quel objet formel qui simule la valeur. La fragmentation financière perd sa finalité d’anticiper l’enchaînement des objets intermédiaires à l’objet final de consommation humaine. La finalité financière devient la production de prix sans réalité nécessaire : c’est l’explosion des produits dérivés, production de prix par des causes formelles spéculatives dont la réalité n’est pas vérifiable ; dont la conséquence n’est pas la vente d’un objet final concret à un consommateur humain. La dérivation du prix de la valeur s’empare de tous les objets formels de prix dissociés de leur réalité matérielle humaine. La titrisation matérialise des valeurs qui ne peuvent pas exister afin d’interdire tout rapprochement de l’objet formel du prix avec un objet concret matériel visible. La finance s’approprie la définition de tous les objets de valeur qu’elle masque au consommateur final afin de produire de la volatilité formelle. L’instabilité formelle des objets de prix augmente les primes de risque que la finance vend à l’économie réelle. Le pillage de la valeur réelle par l’économie financière n’a plus aucune limite intelligible. Il ne s’arrêtera qu’avec la liquidation physique des institutions financières par les populations en révolte, par la jacquerie comme au Moyen Age.

L’alternative à l’émeute est le marché mondial unifié régulé par la monnaie contrôlée par l’État de droit. La fragmentation financière ne peut se relier de nouveau à son objet final humain que par l’unification monétaire de l’espace mondial de négociation des prix. Les États de droit existent actuellement dans des souverainetés nationales séparées non coordonnées. La déclaration universelle des droits de l’homme est reconnue par toutes les nationalités mais n’a pas de traduction commune dans une définition unifiée des objets de la valeur finale humaine. Les hommes ont des droits communs qui peuvent se matérialiser dans des réalités objectives contradictoires d’un espace juridique à l’autre. Ces contradictions ne sont pas visibles du fait que le changement de monnaie d’un espace à l’autre masque le changement de valeur d’un même objet par la transformation spéculative de sa réalisation financière. Si l’objectivation financière d’un même objet final peut se faire dans une même monnaie d’un espace juridique à l’autre, alors le prix de la spéculation financière sur la valeur devient apparent dans le changement inexplicable du prix d’un espace à l’autre.

Comptabilité universelle de la responsabilité personnelle de la valeur

La monnaie commune à des espaces juridiques différents rétablit la continuité de valeur de la fragmentation financière. Il suffit qu’à l’origine de toute anticipation financière qui produise le prix du capital, du crédit, de la liquidité ou de l’assurance, l’objet final sous-jacent soit déposé dans un marché commun où il est visible et appréciable par tout négociateur d’un quelconque prix. Dans un tel marché dirigé par la valeur finale de tout objet, les causes financières de la valeur sont objectives et différentiables. L’assurance produit le prix de l’entropie physique qui dégrade l’objet de la valeur par les déterminismes physiques formellement identifiés. La négociation de marché produit le prix de la liquidité objective de toute finalité humaine négociée en égalité de droit à la valeur. Le crédit produit le prix du temps de la valeur stable dont l’objet ne change pas au fil du temps. L’investissement en capital produit le prix de l’incertitude de la réalité par rapport à la définition stable de tout objet de valeur dont le prix est décidé invariable, c’est-à-dire négocié ferme à terme. Le capital est à la fois formel et matériel en garantissant la réalisation du prix anticipé par le crédit. Le capital est la matière actuelle qui produit la valeur à terme et l’engagement juridique formel de couvrir l’incertitude de réalité de l’objet à terme.

Le marché mondial de la fragmentation financière unifié par une monnaie commune produit un étalon universel de la valeur objective réelle. Une fin humaine quelconque sous quelque régime juridique que ce soit investie dans un objet présent ou futur universellement visible par un marché commun est un étalon de la valeur en équilibre réciproque parfait ; de la matière physique et de la forme métaphysique ; de la causalité finale future de la valeur et de sa matérialité physique présente et visible ; de la volonté du sujet personnel individuel et de l’aspiration sociale politique de la valeur universelle. La garantie des équilibres formels par le marché monétairement unifié de la valeur libère toute l’énergie humaine à la réalisation effective de la valeur qui circule entre les agents économiques de toute nationalité. La garantie des équilibres formels par la communauté monétaire crée la responsabilité financière personnelle réelle de la valeur.

Garantie du crédit par l’option du capital

La responsabilité financière personnelle est l’impossibilité de la valeur sans sujet, de la valeur sans humanité donc sans réalité. L’objet final de valeur déposé dans le marché engage par les prix une chaine financière solidaire de sujets à sa réalisation. Cette chaine financière est un enchainement de contrats d’option par quoi tous les risques de non-réalité du crédit sont achetés contre paiement de primes et garantie de la réalité sous-jacente à l’option. Les premiers à concevoir des causes de valeur en achètent le prix à des vendeurs d’option de capital. Le vendeur d’option de capital touche une prime en contrepartie de quoi il assumera le prix réel du capital réalisé à terme par une cause de valeur. Le vendeur d’option de capital achète le capital à un investisseur du crédit du capital à terme. L’investisseur du crédit du capital est vendeur de l’option de crédit à l’acheteur de la plus-value du crédit. La relation du capital au crédit par l’option engage une responsabilité humaine dans la valeur réelle du crédit garantie par une autre responsabilité humaine dans la valeur garantie du capital. Le capital est la prime de réalité du crédit qui produit la plus-value du crédit à condition que la valeur sous-jacente au crédit soit réelle à l’échéance de l’option.

L’investisseur du crédit du capital est l’entrepreneur ; l’acheteur de la prime du capital est l’actionnaire ; l’acheteur de la prime du crédit est le banquier d’investissement adossé à l’investisseur financier. L’investissement du crédit du capital est un achat de l’option de crédit qui implique le paiement de la prime de crédit au banquier d’investissement. Le banquier d’investissement couvre alors le banquier de crédit qui se pose en vendeur de l’option de liquidité du crédit : il met la liquidité du crédit à disposition de l’entrepreneur engagé dans la production de la contre-réalité du crédit. La liquidité du crédit se définit en monnaie internationale comme l’option de la réalité de la valeur à l’échéance du prix. L’option de liquidité détermine la prime de liquidité dont l’achat revient aux banques de crédit. En percevant le prix du risque à terme de liquidité, appelé aussi loyer de l’argent, le banquier de crédit couvre la non-valeur possible du désajustement dans le temps de la dépense et des revenus des agents économiques.

Responsabilité internationale de l’Union Européenne

Le prix de la liquidité est le prix de la valeur future du temps à toutes les échéances anticipées de valeur. Ce prix monte quand les agents économiques dépensent la valeur plus rapidement qu’ils ne la produisent et baisse quand ils dépensent moins vite qu’ils ne produisent. Les écarts entre les emprunteurs de la valeur qui anticipent leur production et les prêteurs de la valeur qui épargnent leur production sont bien comblés par le crédit plus ou moins cher selon l’équilibre global de marché entre les échéances de dépense et les échéances de revenu. Le risque de crédit global induit par le besoin d’épargne et par le besoin d’anticipation de la valeur à terme est bien contraint par l’équilibre du prix des primes de crédit achetées par les investisseurs et les primes de crédit vendues par les emprunteurs de toute catégorie. La liquidité internationale d’une monnaie transnationale issue d’un marché international d’options est garantie par le Droit des États nationaux et par le capital déposé dans des banques de marché exclusivement dédiées à l’intégrité de la responsabilité humaine sur tout prix engagé de la réalité.

Les conditions du rétablissement des finalités de la décomposition financière du calcul économique sont parfaitement possibles et réalisables par la monnaie commune internationale. La rationalité économique de l’option est parfaitement assimilée par la finance actuelle. En créant un marché international de la responsabilité financière personnelle par l’unification dans un même espace de légalité monétisée de toutes les négociations d’option des chaines de valeur internationales, les États de droit rétablissent la primauté de l’homme par la valeur de l’objet identifiable et visible. Les sociétés politiques reprennent la définition des objets de valeur qui ne sont plus privatisables par des intérêts égoïstes. La loi et le droit ne sont plus les paravents de la ploutocratie extra-nationale mais les arguments des démocraties nationales. La discussion de la valeur humaine est réalisée dans des sociétés solidaires par l’utilisation de leur monnaie nationale mais négociable entre régimes de valeur différents par une monnaie mondiale commune. Il n’y a qu’un seul moyen de concilier dans la liberté humaine, le Droit, l’économie et la mondialisation : c’est la monnaie mondiale commune que l’Union Européenne a tous les moyens de fonder. Si les peuples ne la choisissent pas, ils seront réduits à la misère par la ploutocratie. La ploutocratie n’aura aucune raison de ne pas abuser de la privatisation du bien commun qui ne peut être que public et visible dans la réalité.

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171 réflexions sur « RESTAURER LA DEMOCRATIE : CREATION D’UNE MONNAIE TRANSNATIONALE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Peut importe le concept de monnaie ou d’intermediaire d’echange a partir du moment ou c’est le controle de l’information par des entités autres qui determinera notre presence-vie. L’information est relative, modelée, mise en forme, voir fabriquée pour notre bien-etre, securité etc. , et en fin de compte contrôle.
    Quand on réalise le pouvoir qu’ils ont sur les esprits des masses ca suffit a vous rendre la vie amère tant que vous possedez une memoire.
    Un travail enorme de liberation de l’esprit est a faire avant meme de recommencer a contempler le monde, les degats faits sur nos âmes sont incommensurables.
    On echange rien, on monnaie rien ci ce n’est notre temps-vie. Mieux vaut le donner alors que d’avoir l’illusion d’etre gagnant en l’echangeant. Le donner aux autres ou au neant.

    Desolé pour le ton un peu deprimé mais j’arrive plus a avoir la joie immergé dans ce monde en deliquescence si ce n’est en contemplant ce qui me paraît être.

    Mes salutations a tous les contributeurs du blog

  2. Paul Jorion dit « le prix se détermine selon le rapport de force »… et la monnaie aussi, parce que la valeur est le prix et le prix est la monnaie. Une architecture de monnaie internationale à la carte n’est pas de la réalité. « The map is not the territory”. C’est plutôt à la méthode Clausewitz que les choses se déroulent.

    1. Oui, mais sans la carte comment savoir ou nous sommes ? Est-il préférable d’explorer le monde au hasard chacun de son coté ? Ou disposez-vous vous-même d’une carte dont vous préférez garder l’utilité pour vous seul ?

  3. Ce n’est pas un outil ou un instrument qui « restaurera la démocratie » mais les hommes (éventuellement). Comme le couteau qui peut vous servir à tuer comme à opérer pour prolonger la vie, ça reste la main de l’homme et le cerveau qui la dirige qui restent maîtres du jeu.
    On en revient toujours au même: changer c’est nous changer nous-même. Toute projection à l’extérieur ne fait jamais qu’amplifier le pouvoir de l’ombre en nous.

    1. Tout à fait d’accord. On peut faire beaucoup de choses avec un couteau. Mais couper son steak sans couteau c’est difficile. Idem pour la monnaie. Faire des calculs économiques sans monnaie ou avec une monnaie non aiguisée pour couper les prix, c’est difficile.

  4. Pourrait on demander au dessinateur de BD que Paul Jorion a déjà « utilisé » ici , de faire l’effort colossal d’illustrer la chaîne « Interdiction des paris sur les fluctuations de prix , Marché unifié d’option du prix de la valeur , Bancor  » ( et de déposer un brevet s’il y parvient ) ?

    Cro Magnon , comme Napoléon , comprend mieux avec un dessin .

    1. Bonne idée aussi d’expliquer cette phrase:
      « En créant un marché international de la responsabilité financière personnelle par l’unification dans un même espace de légalité monétisée de toutes les négociations d’option des chaines de valeur internationales, les États de droit rétablissent la primauté de l’homme par la valeur de l’objet identifiable et visible. »

    2. Avec PSDJ représenté en John Law inventeur du système (en moins éloquent) et PJ en Régent tentant désespérément d’enrayer l’agiotage ?

    3. @ L’enfoiré

      « Bonne idée aussi d’expliquer cette phrase »

      1ère option, à ne pas négliger : la phrase en question ne veut rien dire.

      2ème option, plus charitable : deux personnes qui échangent librement, ce n’est pas humain ; mais deux personnes qui échangent sous l’autorité d’un chef, c’est humain (ma traduction).

    4. @L’enfoiré,
      La valeur est le choix du sujet portant sur un objet. Rendre visible les choix du sujet, c’est donner existence à la valeur humaine par ses objets. La loi de l’État de droit démocratique produit les objets de valeur de l’homme en société vivant d’échanges. S’il n’existe pas de loi dans une collectivité d’échange, n’importe quel objet peut être proposé avec une probabilité très faible de représenter une valeur pour ses acheteurs potentiels. Pour rendre la valeur visible, une démocratie adopte des lois qui forment a priori des objets de valeur pour la communauté. Pour attribuer les objets concrétisés de la valeur aux personnes qui les utilisent, il faut alors concrétiser la mesure de la valeur dans la loi : la monnaie matérialise la valeur sociale de l’objet vendu par la loi collective à l’individu qui l’achète en restituant la valeur d’un autre objet à la société. La société produit la valeur, qui produit la loi, qui produit la monnaie, qui matérialise l’objet de valeur pour un sujet particulier qui fait partie de la société en étant valeur de la société dans son unicité, sa liberté et sa responsabilité.

    1. Cette pub pour l’Espéranto dans le journal Le Monde d’aujourd’hui n’est pas sans rapport avec le sujet. Dans les deux cas, les promoteurs voudraient instaurer une langue mondiale ou une monnaie mondiale.

      Monnaie, langage… et également droit, ce sont les trois institutions généralement citées qui ont la même caractéristique. Historiquement, elles ne son pas inventées : elles émergent de l’interaction des individus en société, puis sont monopolisées par une « autorité » dans le but de consolider son contrôle et son pouvoir.

      D’où l’erreur fréquente, lorsqu’on arrive après les faits, ou bien lorsqu’on analyse mal le phénomène phénomène. On a tendance à croire que l’autorité hiérarchique qui s’est emparée après coup de l’institution en était à l’origine ; qu’elle est nécessaire pour son bon fonctionnement.

      Passy, lui, avait bien saisi puisqu’il écrit :

      « Les deux plus grandes inventions des hommes, » disait, au siècle dernier, le père du célèbre Mirabeau, « sont l’écriture et la monnaie, c’est-à-dire la langue commune des idées et la langue commune des intérêts. »

      Lorsqu’une autorité s’empare de l’institution qu’est la monnaie, c’est pour devenir faux-monnayeur :

      Non seulement nous pouvons appliquer à l’émission du papier-monnaie ce que nous disions de la falsification de la monnaie et la réprouver comme une violation flagrante de la foi publique, mais nous devons la réprouver plus énergiquement encore et comme une violation plus grave et plus entière. La fausse monnaie ne représente pas tout ce qu’elle doit représenter, et elle est un vol de la différence. Mais le papier, le papier non remboursable, le papier qui a la prétention d’être pris pour quelque chose et qui n’est rien, ce papier-là n’est pas seulement un vol de plus ou de moins, c’est un vol de tout ; ce n’est pas seulement une monnaie altérée et exagérée, c’est une monnaie nulle, radicalement nulle et volontairement nulle.

      Bonne lecture,
      GSF

    2. Une perle, je confirme.

      Merci pour ce lien.

      Une écriture bien travaillée, un beau parler, sans surcharge. De la connaissance, de l’intelligence ,du bon sens et l’amour du genre humain. Limpide.

      Très instructif. Et totalement d’actualité. Cela conforte mon opinion,que ce qui est juste est intemporel et signe la vrai modernité. Contrairement à ce qui est contemporain , qui ne traduit que l’air du temps et les engouements du moment. Très vite désuet.

      Je l’ai lu goulument, je le garde en marque page pour une relecture plus patiente et sage. J’espère le faire lire à mes enfants.

      Ne pourrait-on le proposer à l’étude dans les classes en guise d’initiation à l’économie? Et aussi comme livre de chevet à certains qui se prennent pour de grands économistes. Qui ne sont rien d’autres que des initiés à l’initiation……creuse et sans fondements.

      A propos de la science de l’économie.

      C’est de cette science peu attrayante parfois dans ses investigations,mais grande par ses résultats,qui fait reconnaître que partout la vraie théorie de la richesse est la théorie de la probité et que le juste mène à l’utile.

      Merci Monsieur Frédéric Passy.

    3. Le lien vers l’article sur l’Espéranto ne marche pas. Nouvelle tentative :
      http://tinyurl.com/32nvlrg

      @ saule

      Merci pour ce commentaire élogieux.

      Ne pourrait-on le proposer à l’étude dans les classes en guise d’initiation à l’économie?

      C’est le genre de texte qu’on devrait lire au lycée, en effet. Je vais le suggérer à une amie prof de SES. Pour les enfants à partir de, disons, 13 ans, deux recommandations :
      Comment l’économie croît, BD d’Irwin Schiff traduite par Valentin Petkantchin
      http://www.economic-education.org/librairie_HEG
      Pourquoi j’ai mangé mon père, de Roy Lewis (sur l’innovation, technique et sociale)
      http://www.amazon.fr/Pourquoi-jai-mangé-mon-père/dp/2266084372/

      Cdt,
      GSF

  5. Monnaie mondial partout
    Donc le même salaire mini dans chaque pays
    Même protection social
    Même impôt
    Etc
    Sinon rien ne change

    1. @ Aliena,

      Bonjour Aliena.
      Sur la forme : c’est marrant que les américains soient au courant avant les français des idées de leur président démocratiquement élu !
      Sur le fond : au secours, sauve qui peut…

      Cdt.,

  6. à mr du jonchay :

    c’est effectivement un argument extremement intéressant.
    avec un ami, nous nous demandions le pourquoi de tels différentiels de prix sur les matières premières selon les zones. et sans vraiment de réponse^^, à part la responsabilité (fiscales) des états et la vautourdise des « spéculateurs ».

    donc, (si j’ai bien compris?^^), la fragmentation monétaire est une explication nécessaire (et même suffisante) de la pression du capital, rendant les tendances vautourdesques de celui ci insupportables ( : il fuit dans tout les sens, dans toutes les langues, brouillant toutes les étiquettes à son avantage, version monétaire de babel) car permettant leur pleine expression.
    voire cette brouille et ce brouillard rendent cette fragmentation responsable du peu de prise que les humanistes (pour parler rapidement^^) ont sur ses excès.
    si c’est bien cela, cela me semble très bien (avec un bémol sur l’égalité même dans ce grand marché : il y a des zones (groupes ou individus, en biens ou en connaissances) plus riches que d’autres : sans préconiser de faire pousser du maïs dans le désert, vous serez t il possible de nous parler un peu de qq mécanismes de répartition pour compenser ces asymétries? (et de fait bémol sur ce modèle démocratique exportable qu’est l’ue^^…mais votre système me donne l’impression de pouvoir permettre de recentrer le débat public sur des choses plus importantes, du coup ce n’est plus sans me déplaire^^))
    est ce cela que vous entendiez en parlant de transparence?
    si ouis, les quiproquos n’étaient dus qu’à une différence d’approche. j’admets que la métaphysique n’est pas très pratique ^^ si elle est honnête, sa seule force est la parole, mais parfois çà résonne, parfois çà raisonne^^

    à ce sujet, une quatrième et dernière question sur ces sujets…la mise en musique? (par ex comment établir de la manière la plus juste possible les quotes part entre parties à la banque centrale, par ex, parlant du temps comme vous, pour éviter d’entériner durablement les états de faits actuels que sont les énormes disparités entres acteurs économiques (individus(patrons compris à la limite : il sont svt le jouet de « leur » boîte)/entreprises et multinationales/états)?)

    très cordialement

    P.S. : en complément de cette fragmentation temporelle (et spatiale) : en mathématique, chercher l’optimal d’une fonction (f)mène à des résultats très différents (et supérieurs) que de chercher l’optimal des fonctions composant cette fonction(f). je ne vous apprend rien, je pense, mais çà me semble dans votre fil, même si assez peu pratique car en droit, il faudrait connaître the fonction…et qu’elle soit optimisable^^! si comparaison n’est pas raison, l’abondance mathématique dans le domaine économique appliqué creuse qq peu l’écart…

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