LETTRE À LA COMMISSION EUROPÉENNE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La crise dans laquelle nous sommes entrés en 2007 met en grave péril l’avenir des Européens et leur projet d’Union. Cette crise témoigne de la rupture entre un espace d’échange mondialisé et une organisation politique internationale non coopérative entre États nationaux. La crise est financière du fait que la transformation réciproque de l’ordre politique en ordre économique s’opère par la monnaie. Bien que l’Union européenne soit justement le projet international le plus abouti d’harmonisation de l’économie à la politique, elle n’est pas parvenue à créer un système financier et monétaire au service du bien vivre ensemble des Européens. Comme l’affirme Paul Jorion : l’Europe est directement mise en cause dans la destruction de l’ordre politique par l’économie et la finance.

L’histoire de l’économie politique reprise dans ses concepts fondateurs d’Aristote et de Thomas d’Aquin – matière, forme, fin, effet, sujet, objet, prix – révèle que l’ordre monétaire et financier que nous connaissons est resté inachevé à cause du morcellement de la démocratie. La deuxième guerre mondiale s’est muée en guerre de domination économique et les hommes sont demeurés inégaux en droit en dépit des déclarations de principe. L’Union européenne est la seule tentative de démocratie multinationale. Mais elle ne s’est pas dotée d’une monnaie qui traduise une économie commune de la valeur humaine à l’intérieur de ses frontières politiques.

La déconnexion entre l’économie et la démocratie vécue par l’Europe depuis la révolution industrielle s’est généralisée à l’échelle du monde par la circulation anarchique des capitaux en dollar. Le système financier mondialisé émet la monnaie hors de tout contrôle politique du bien commun. La crise des subprimes a mis les États de droit en faillite financière par le surendettement public. L’autorité politique ne peut rester économiquement liquide sans la fuite en avant monétaire. La valeur réelle des monnaies s’effondre dans l’inflation ; les sociétés vont se disloquer entre les détenteurs d’actifs réels et la masse des salariés et pensionnés dont les revenus sont comptés en monnaie.

La reformulation de l’économie politique sur ses fondements aristotéliciens fait de l’Union européenne le laboratoire du nouveau monde en gestation. Un autre grand Européen, Keynes, a posé les fondements rationnels d’une monnaie au service de la prospérité par la démocratie, c’est-à-dire d’une monnaie dont la valeur est garantie par le pouvoir politique divisé entre des nations responsables. Or le développement des produits financiers dérivés depuis la privatisation de la finance dans les années 80 fournit tous les outils de régulation de la monnaie et du crédit. Si les États décident d’assumer à nouveau leurs responsabilités réglementaires, ils peuvent fonder un étalon monétaire universel comme unité de compte sous-jacente à un marché international d’option. Ce nouveau marché serait explicitement défini par sa soumission aux droits nationaux arbitrés par les pouvoirs judiciaires indépendants du législatif et de l’exécutif.

L’Union européenne est actuellement le cadre politique, juridique, économique et commercial le plus approprié pour fonder une monnaie commune universelle (bancor) à coté des monnaies existantes. Un marché financier commun d’options de change, d’options de crédit (CDS) et d’options de capital cotées en bancor permettrait une solvabilisation immédiate des monnaies européennes en devises étrangères, des dettes publiques de tous les États de l’Union, de tous les opérateurs financiers internationaux et des agents économiques européens. La seule condition à la fondation de l’étalon universel de la monnaie est l’adhésion franche des Européens à leur tradition démocratique à l’intérieur de leurs États et entre leurs États. L’Union renouerait avec sa vocation de démocratie universelle et de pionnière de la civilisation.

Le modèle de la monnaie d’option réconcilie trois traditions d’économie politique vivantes en Europe : l’économie de marché, l’économie d’État et l’économie d’entreprise. L’Union a tous les atouts pour opérer rapidement une réforme financière et monétaire de portée mondiale. Cette réforme ne nécessite aucune institution supra-gouvernementale qui puisse échapper au contrôle des démocraties nationales. Elle ne nécessite même pas de consensus mondial du fait qu’elle établit la convertibilité de n’importe quel système économique et politique avec la démocratie européenne.

Ces propositions doivent être examinées par la Commission européenne. Le poids politique et scientifique des institutions communautaires peut enclencher un mouvement décisif vers une réforme que les citoyens européens attendent dans une impatience croissante.

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48 réflexions sur « LETTRE À LA COMMISSION EUROPÉENNE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. tout à fait! c’est urgent, tous les indicateurs passent au rouge!
    vite avant que ne se mettent en place des chaînes de causes à conséquences irréversibles!
    peut-être la démocratie telle qu’elle existe aujourd’hui (court-termisme électoral) n’est pas adaptée pour gérer des processus de fond à périodes beaucoup plus longues que les mandats électoraux (crise écologique, crise financière, ..).
    Il y a une réflexion de fond sur la démocratie à commencer.
    Je ne suis pas sûr que la panique actuelle soit propice à ce genre de réflexions, pourtant indispensables à la refondation positive de nos sociétés, le seul souci semblant être celui d’assurer le spectacle (éxecution de Ben Laden, cloche-merle de l’affaire Clearstream, …) comme si bien dit dans la dernière intervention vidéo de Paul.

  2. Comme quoi PSDJ sait se mettre au niveau de ses lecteurs!
    Rq: j’ai tiqué sur

    Or le développement des produits financiers dérivés depuis la privatisation de la finance dans les années 80 fournit tous les outils de régulation de la monnaie et du crédit.

    J’aurais plutôt attendu dérégulation…

      1. Vous maintenez donc « régulation ». Je tique encore car dans les années 80 (Reagan, Thatcher) il n’était question que de dérégulation.
        Voulez-vous dire que « la privatisation de la finance dans les années 80 a conduit à des changements majeurs dans la façon de concevoir la monnaie et le crédit. et imposé de nouvelles règles financières »?

      2. @BasicRabbit,

        La terminologie qui rend compte du retrait des États dans la fabrication des équilibres monétaires et financiers est flottante à cause des problèmes de traduction de « regulation » en anglais. La « dérégulation » des années 80 consiste à dissocier nettement la politique budgétaire et la politique monétaire de manière à rendre le système financier autonome dans la régulation du crédit. En théorie, le risque de crédit ne devait plus être porté par les finances publiques et l’émission monétaire de la banque centrale ne devait pas privilégier les finances publiques. La régulation a priori du crédit par l’Etat est remplacé par une réglementation que le système financier interprète librement à « ses risques et périls ». Les produits dérivés se sont développés pour gérer les risques financiers. Il s’agit d’une régulation privée du risque financier.

        La libre circulation des capitaux entre les systèmes monétaires a rendu les réglementations inopérantes (Bâle I, Bâle II et aujourd’hui Bâle III). Les produits dérivés ont permis de transférer le risque sur les États à la faveur du système des changes flottants entre les monnaies. Restaurer un ordre monétaire international consiste à remettre la régulation privée du crédit sous une régulation publique négociée entre les États. Autrement dit, le marché commun du bancor enferme les produits dérivés qui transforment le risque de crédit dans un cadre public et transparent d’équilibre. Et cet équilibre s’applique selon une même loi à tous les débiteurs qu’ils soient publics ou privés, nationaux ou internationaux.

  3. Deuxième fois que je lis un de vos textes jusqu’au bout sans torsion neuronnaire. Je suis d’accord avec cette proposition visant à mettre en cohérence la volonté démocratique et la disponibilité de monnaie. Oui, l’institution de la monnaie est un bien public, une convention d’échange, que nul ne doit pouvoir accaparer.

  4. « L’union européenne est la seule tentative de démocratie multinationale. »
    Elle reste une tentative, précisément parce qu’il n’y a pas d’union, que celle-ci n’est ni encouragée, ni recherchée par les différents gouvernements.
    L’union européenne n’est au final qu’un grand ring pour les états et un grand (super)marché pour les acteurs économiques.

    1. Je crains que ce ne soit la triste réalité, il est très peu probable que votre lettre parvienne au Président de la Commission Européenne.

      Je pourrais esayer de la faire parvenir en passant à travers la Plate-forme Sociale européenne dont j’ai déjà souvent parlé. En tant qu’ONG Européenne ses courriers font l’objet d’une attention plus élevée que d’autres courriers. Il ne s’agit pas de favoritsme mais du fruit d’un travail en profondeur sur les textes soumis à la critique de cette organisation, regroupant plus de 40 ONG Européennes du secteur social

      http://www.socialplatform.org/

      Pour information, la Commission Européenne subventionne de nombreuses ONG du secteur social, dans le cadres de plusieurs programmes de coopération entres les associations nationales qui les composent.

      Petite remarque concernant le fond de votre billet, tant que les états membres de l’Union Européenne se comporteront de manière égoïste et électoralistes vis-à-vis de leurs électorats nationaux, il sera difficile, voir même impossible d’arriver à une véritable harmonisation fiscale et sociale(par le haut bien sûr) car chacun des gouvernants des états membres cherchants à se faire réélire jouera toujours une carte essayant de privilégier ses ressortissants nationaux à court terme, au dépend de l’intérêt général de tous, dont pourtant à moyen et long terme dépendent pourtant les intérêts nationaux.Pour le moment le seul organe décisionel en Europe reste le Conseil des ministres de l’Union Européenne, seul organe dont les membres ne font l’objet d’aucune éléction démocratique, puisqu’il s’agit de ministres en postes dans chacun des états membres. Même les commissionaires sont soumis à une acceptation faisant l’objet d’un vote. Le parlement européen est lui aussi élu, mais n’a pratiquement aucun pouvoir.
      La commission européenne n’a qu’un pouvoir de propodition de directives qui doivent être approuvées par le parlement, mais en dernier ressort c’est le Conseil des ministres de l’Union Européenne qui a le dernier mot… La commission peut aussi parfois surveiller l’application des directives qui ont été adoptées, mais n’a pas grand pouvoir pour faire pression sur les états membres, en particulier en matière sociale où les états membres leuvent opposer à ces décisions le principe de subsidiarité qui permet à un pays de dire ma politique sociale est meilleure que celle suggérée par la directive européenne… Pour information quand bien même dans certains cas la directive européenne serait plua favorable que les lois nationales, il n’existe pas de procédure pour que les peiples du pays concerné puissent demander une application de la directive européenne forçant le pays à renoncer au principe de subsidiarité. Ceci s’est souvent produit en matière de non discrimination où les droits nationaux sont souvent en retard sur le droit européen.

      Dernier point pour revenir à la recevabilité d’une telle lettre, il serait plus efficace que se crée une ONG des blogs et discussions économiques Européen regroupant les blogs et discussions de plusieurs pays, si possible de l’ensemble des pays membres de l’UE., chacune regroupant de simples citoyens (Société civile, par opposition aux politiciens élus ou aux fonctionnaires gouvernementaux)
      Comme je l’ai déjà dit, je suis disposé à mettre mon expérience du milieu associatif européen ainsi que ma connaissance de l’anglais, pour aider à la formation d’une telle ONG.

      Il faut savoir qu’il est devenu possible d’obtenir un statut « Association Européenne » c’est à dire ne dépend pas d’une législation nationale.

      Bien cordialement.

      Paul

      1. @Paul,
        Votre proposition d’engager la médiation de la Plate-forme Sociale européenne me paraît tout à fait pertinente et pour le moins conforme à l’esprit de cette lettre. La crise actuelle est un problème de vivre ensemble dans la mondialisation. Ce vivre ensemble a été depuis plusieurs siècles organisé par des empires successifs qui sont désormais multiples et en compétition non coopérative. L’Union Européenne a été construite sur une double intuition : premièrement que la paix entre les hommes ne peut pas advenir sans démocratie multinationale ; deuxièmement que les petits États européens existeraient difficilement sans s’associer entre les empires étatsunien, soviétique et maintenant chinois, indien ou arabo-musulman.

        Le modèle expérimenté en Europe de concert des nations a pu se généraliser cahin-caha au monde entier. La guerre impériale s’est grosso modo déplacée sur le terrain de l’économie par le jeu de la finance mondialisée. L’Europe s’est laissée absorbée dans ce jeu-là malgré son inspiration et son projet démocratiques. Elle n’a pas voulu construire les conditions financières de la démocratie. L’euro a été créé pour faire pièce au dollar comme outil économique de l’impérialisme. La zone euro a adopté sans se l’avouer la logique financière du Reich allemand. Cette logique agit actuellement conformément à sa nature : l’empire détruit la démocratie, la raison d’être de l’Union Européenne.

        Dans ce contexte, les institutions européennes sont dans une position ambigüe. Elles incarnent l’Union dans sa dérive impériale tout en étant garantes de la raison d’être du projet, c’est à dire la démocratie. Le Conseil Européen cristallise tout particulièrement l’ambiguïté : composé de personnalités politiquement responsables devant les citoyens nationaux, il se conduit comme directoire impérial en tant que pouvoir européen qu’aucune assemblée de citoyens européens ne peut contredire. Le triomphe mondial de la guerre économique des empires place les démocrates européens dans une obligation d’insurrection. S’ils veulent néanmoins préserver la paix à l’intérieur de la communauté européenne multinationale, il est impératif de constituer des corps intermédiaires pour formuler collectivement les conditions de la poursuite du projet de démocratie européenne.

        Les démocrates européens doivent se prémunir contre l’impérialisme de la race et l’impérialisme de la Loi, les deux impérialismes qui déterminent l’ordre monétaire actuellement en vigueur en Europe. La constitution d’associations européennes de citoyens est donc bien le moyen de reconstruire la politique et la finance sur la délibération des règles européennes du vivre ensemble. Je suis à votre disposition pour construire une démarche associative dans les mouvements existants. Le travail associatif européen doit préparer la transformation du Parlement Européen en assemblée constituante (suggestion totalement pertinente entendue récemment sur France Culture ; j’ai oublié de qui).

        La communauté des démocraties européennes doit s’élever au-dessus de la guerre économique mondiale des empires. La monnaie commune à coté des monnaies nationales et régionales est l’instrument de ce saut quantique : elle permet la mesure économique des engagements démocratiques entre les nations qui vivent leur souveraineté dans le respect des autres nationalités même non encore démocratiques. Le Parlement Européen doit être la chambre de discussion des lois de subsidiarité des intérêts nationaux aux intérêts de la société humaine universelle démocratique. Les lois de l’Union Européenne doivent définir cette subsidiarité afin que le juge puisse arbitrer les relations internationales à l’intérieur d’un marché de la démocratie. Un marché où s’échange la valeur politique et économique de droits humains réels et universels.

        Paul Tréhin et toutes les bonnes volonté de ce Blog, je crois que nous avons du travail.

      2. http://www.europaforum.public.lu/fr/comprendre-europe/ue/institutions/index.html

        Pour le moment le seul organe décisionel en Europe reste le Conseil des ministres de l’Union Européenne

        « Processus décisionnel

        Le processus décisionnel au sein de l’Union européenne est un mécanisme complexe, qui n’a cessé d’évoluer au cours des dernières décennies. Il implique l’intervention de plusieurs institutions, dont les principales sont la Commission européenne, le Conseil et le Parlement européen.

        Dans pratiquement tous les cas, la Commission dispose du droit d’initiative pour soumettre une proposition de texte législatif. Il revient ensuite au Conseil et au Parlement européen, qui possèdent tous deux des compétences législatives, d’adopter la proposition selon une des procédures arrêtées à cet effet. »

        Article 133 du tfue :

        Sans préjudice des attributions de la Banque centrale européenne, le Parlement européen et le Conseil, statuant conformément à la procédure législative ordinaire, établissent les mesures nécessaires à l’usage de l’euro en tant que monnaie unique. Ces mesures sont adoptées après consultation de la Banque centrale européenne.

  5. J’ai bien peur que votre lettre, assez lisible pour une fois, ne soit rangée selon le mode vertical. Mais ça ne mange pas de pain.

  6. http://www.memoriahistorica.gob.es/Mapafosas
    Cette carte de l’histoire de nos Nations démontre que l’UE c’est l’Union des Enterrés.
    C’est LE continent des fosses communes, du massacre industrialisé et mondialisé …
    siècles après siècles.
    Aussi,
    la patiente stratégie de distribution de centrales nucléaires au milieu des populations est de source. Les milliers et milliers de tonnes de barres de combustibles reposant dans des piscines non protégées éclaire cette destinée organisée scientifiquement autant que politiquement par ces Nations.
    En confirmation, un record d’ogives nucléaires, autant en boucle: source et objectif.
    Comment faire mieux ?
    Grâce aux armes génétiques l’ADN se mesure à l’atome au plus intime de notre « civilisation », cette convergence est au paradigme du big bang.

  7. On s’en fout de qui liras cette lettre. Elle est écrite et pour la suite soyez sûr que c’est important !

  8. Très bien la bafouille Sartron. N’oubliez pas toutefois d’en envoyer copie aux membres éminents du Conseil Européen. On sait jamais. Pourrait se perdre…
    Pi une aussi au Parlement à Strasbourg, pour la forme.

  9. Le soleil darde ses rayons de plus en plus haut, dans une apoplexie délirante.

    8 mai, anniversaire de F.A. Hayek !

  10. Comme toujours un texte riche et que nous pouvons qu’approuver !
    Mais au fond nous savons très bien que la CE ne changera pas d’un iota son idéologie néolibérale et que JAMAIS ce genre de propositions ne la concernera. C’est aussi le problème politique fondamental que nous avons à affronter. Le cadre national est trop étroit (bien que comme l’a dit Paul il n’ y a pas de raison de ne pas faire car les autres ne font pas ! – ex. interdictions des ventes à découvert etc…) et donc comme vous le dites le cadre de l’Union Européenne est celui dans lequel il faudrait agir.
    Récemment une potentielle candidate PS (SR) à la question que comptez-vous faire des inégalités croissantes de salaires a parlé des inégalités hommes/femmes (certes totalement inadmissibles mais qu’un renforcement législatif aideraient à résoudre) mais pas du tout des inégalités selon JP Morgan (qui conseillait de limiter ce rapport 1 à 40 si je me souviens bien).Je me suis posé la question : pourquoi ne veut-elle pas parler de ça? on peut penser à son idéologie spontanée ENA – et à celle de tous les prétendants PS : tous formatés et incapables de penser ‘out of the box’. comme dit Paul.
    Désolé mais on est bien mal parti et comme toujours dans l’histoire aucune anticipation vertueuse n’empêchera la catastrophe – pensons avec émotion à Jaurès en 1914 assassiné – qui seule poussera à des changements drastiques.
    Au Japon des stèles en pierre on été mises au limites atteintes en 1933 par les tsunamis (article du Monde daté 7/5). Les villages qui ont tenu compte des avertissements des ancêtres ont été épargnés. Les autres, détruits, ont cru aux modèles et assurances des experts stipendiés… On en est là aussi pour la finance. Ne jamais sous-estimer la connerie humaine!

  11. Quid de la séparation stricte des activités bancaires de dépôt, purement financières et d’assurances façon « Glass-Steagal »?
    A part ça, bravo, j’ai « tout » compris ! 🙂
    Banco, Super Bancor ! Pas d’autres option aux jeux des milles Euros. On ne peut pas s’arrêter là….
    Dommage que vous ayez choisi l’option « Jokari » plutôt que l’option « Ping-pong ».

    1. @Pierre,
      La compensation en bancor s’équilibre par une stricte séparation des banques d’affaires (intermédiation des primes d’option) des banques de crédit, des banques de marché (courtage, dépôt des contrats) et des assureurs.

      1. Voilà un « détail » que vous ne mentionnez pas et qui vaut pourtant son pesant de moutarde !
        On en revient alors à un bon vieux « Glass-steagal » des familles qui ne dit pas son nom, pour « équilibrer la compensation en Bancor » ?
        Bravo, a part ça j’avais rien compris ! 🙂

  12. De toute façon maintenant l’Union Européenne et sa monnaie unique ne peuvent qu’implosée, le FMI et les dirigeants ne font que retarder l’inévitable tout comme Daladier et Chamberlain l’avais fait pour la guerre. C’était il y a quelques décennies qu’il aurait fallu réagir, car ça fait depuis quelques temps qu’on a franchi le point de non retour..

  13. Bonjour!

    comme tjrs, mr du jonchay, je ne vous fais part que de mes désaccords, qui portent essentiellement sur les fondations européennes, celles ci étant qq peu pourries. mais du coup, les perspectives d’aménagement, voire les jugements de valeurs changent aussi, de part la perspective.

    Diviser pour mieux régner disait louis xi. Mais louis xi parlait de divisions suscitées ou subalternes : vous parlez de divisions quasi-essentielles. Avec ces dernières, il faut faire : ce sont des pièces politiques. C’est ce morcellement qui a permis à un diapason, qui sinon n’en aurait pas eu seulement la force, de s’imposer dans la durée aux pays affaiblis par la guerre. Comme un nouveau consensus.

    « l’harmonisation de l’économie à la politique »

    : c’est le contraire, puisque le principe de base est le retrait de l’état, seul concurrent local sérieux face aux multinationales.
    Comme un nouveau consensus.

    la construction européenne est intimement liée au plan marshall, n’est ce pas? soumis à certaines conditions, voire à certaines pressions. en toute légalité et sur pls fronts : relisez l’art 2 du traité de l’otan(49), ou les accords du gatt (47) (puis ags puis omc).
    La clause de la nation la plus favorisée en est un point très intéressant. http://fr.wikipedia.org/wiki/Clause_de_la_nation_la_plus_favoris%C3%A9e

    Plus généralement, vous reconnaissez qu’un ordre économique global, alors que les souverainetés sont locales, pose problème à celles ci.
    sauf peut être pour celle qui tient la monnaie globale ($ depuis la seconde guerre. ainsi que l’armée et un veto dans les organisations internationales). En tout cas, c’est une bonne chose pour le capital.
    Car sinon, comment expliquer cette mondialisation? Pourquoi ces souverainetés iraient se perdre dans de tels traités? Ce n’est pas un phénomène naturel à proprement parlé : concrètement c’est une construction juridique avant tout.
    Ce sont d’ailleurs les mêmes (idéologies)qui ont écarté la solution bancor de keynes.

    l’avenir des Européens et leur projet d’Union.

    Sans préjuger de la situation actuelle, ou des chemins à emprunter, ce n’est pas « leur » projet. C’est un projet de bureaucrates subventionnés(çà ne préjuge pas du mal fondé de leurs actions, mais pas non plus du bien fondé de celles ci. rien qu’à voir la séparation des pouvoirs (trouvez m’en une…) on est qd même tenté par au moins le doute…)
    « le projet d’union », serait assez évasif pour être objectif.

    L’objectif, au départ est au moins triple : contenir l’urss, offrir un vaste marché, et lier politiquement les pays membres, notamment au conseil de sécurité de l’onu (les antagonismes se neutralisant, il résulte une position de plus petit dénominateur commun, mal assise et bien pratique…pour les partenaires de l’ue.).
    en changeant urss par russie et chine, on a à peu près la situation actuelle.
    par ex le cycle de doha à l’omc (suite de l’ags et du gatt) stagne de par la position des bric.
    D’ailleurs, çà y est, rompuy s’exprime à l’onu en lieu et place des pays européens. le syndrome du chef, sûrement.

    « elle n’est pas parvenue à créer un système financier et monétaire au service du bien vivre ensemble des Européens. Comme l’affirme Paul Jorion : l’Europe est directement mise en cause dans la destruction de l’ordre politique par l’économie et la finance. »

    Mais elle ne s’est pas dotée d’une monnaie qui traduise une économie commune de la valeur humaine à l’intérieur de ses frontières politiques.

    Historiquement, ce n’était pas le but : cette mise en cause est à sa racine. En fait, elle est à peu près comme elle devait être : contenir le communisme (ou les opposants idéologiques), offrir un vaste marché, et lier politiquement les pays membres, notamment au conseil de sécurité de l’onu, pour que « l' »occident » « libre » parle d’une voix »

    « L’Union européenne est actuellement le cadre politique, juridique, économique et commercial le plus approprié pour fonder une monnaie commune universelle (bancor) à coté des monnaies existantes. »

    le plus approprié, certes, vu de l’extérieur. Les procédures de révisions sont très strictes. Il n’est pas impossible que la situation mettent toute l’europe d’accord, mais tous en même temps, j’ai un doute… et dans la configuration politique actuelle, la lettre et l’esprit des traités, comme en plus la plupart des gens s’en désintéressent, c’est une quasi certitude. Accentuée fortement par le passif historique de l’ue.
    En fait, vous auriez bien plus de chance en écrivant au mercosur…

    Ces propositions doivent être examinées par la Commission européenne. Le poids politique et scientifique des institutions communautaires peut enclencher un mouvement décisif vers une réforme que les citoyens européens attendent dans une impatience croissante.

    Vous parliez de démocratie, et vous souhaitez qu’un exécutif non élu…c’est vrai qu’il n’y a pas le choix, et en plus, il peut faire législatif aussi…néanmoins après cet examen, il faudra passer par l’unanimité (sauf certaines clauses qui relève de la majorité qualifiées, néanmoins(re) la catégorisation comme exception relève de l’unanimité. concernant l’euro, c’est unanimité je crois) du conseil d’état. dsl.
    il y a d’autres voix bien sûr, mais ce sont toute des coups de force juridique (du parlement qui se déclare constituante au printemps des peuples, en passant par le « compromis de luxembourg défendu par b cassens).

    100% d’accord sur le reste (un gouverneur de bc élu, peut être? il faut bien qu’il rende des comptes au souverain, ou à l’assemblée de souverains, non?).

  14. Bravo ! Sur le plan théorique: impec.

    Un peu de persiflage:
    Je me suis laissé dire que la capacité d’abstraction
    des commissaires européens est quelque peu limitée.
    Faut les comprendre: ils sont gens à se colleter au concret,
    ce sont des réalisateurs, ils agissent (si, si !).
    Socrate, qui n’a pas été foutu de prolonger sa vie, n’ est
    certainement pas au panthéon de ces gens-là.
    Et quoi ! leur modèle est un vendeur de cognac
    pragmatique et réaliste.
    la ciguë ou le cognac…

  15. Une autre lettre a la commission Européenne , par Prigogine et ses copains :

    //////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////////:

    Rapport aux communautés européennes.

    Dans un rapport récent aux Communautés européennes, C.K. Biebracher, G
    Nicolis et P. Schuster ont écrit:
    « Le maintien de l’organisation dans la nature n’est pas – et ne peut pas être – réalisé par une gestion centralisée, l’ordre ne peut être maintenu que par une auto-organisation. Les systèmes auto-organisateurs permettent l’adaptation aux circonstances environnementales ; par exemple, ils réagissent à des modifications de l’environnement grâce à une réponse thermodynamique qui les rend extraordinairement flexibles et robustes par rapport aux perturbations externes. Nous voulons souligner que la supériorité des systèmes auto-organisateurs par rapport à la technologie humaine habituelle qui évite soigneusement la complexité et gère de manière centralisée la grande majorité des processus techniques. Par exemple, en chimie synthétique les différentes étapes réactionnelles sont soigneusement séparées les unes des autres, et les contributions liées à la diffusion des réactifs sont évitées par brassage. Une technologie entièrement nouvelle devra être développée pour exploiter le grand potentiel d’idées et de règles des systèmes auto-organisateurs en matière de processus technologiques. La supériorité des systèmes auto-organisateurs est illustrée par les systèmes biologiques où des produits complexes sont formés avec une précision, une efficacité, une vitesse sans égale ».
    La Fin des Certitudes Pages 82 & 83

  16. Ce billet est un peu moins abstrus que d’autres précédents, mais Pierre doit encore faire un effort de clarté. Ni la Commission ni le Conseil va comprendre Cette crise témoigne de la rupture entre un espace d’échange mondialisé et une organisation politique internationale non coopérative entre États nationaux. La crise est financière du fait que la transformation réciproque de l’ordre politique en ordre économique s’opère par la monnaie
    1) Je ne comprends pas (et j’imagine que la commission et le conseil non plus)
    ce qu’il veut dire avec « non cooperative ». Ce n’est pas un fédération, mais coopérer, les Etats de l’UE cooperent. Pas toujours ni toujours avec bon sens, mais on ne peut pas dire qu’ils ne copèrent pas.
    2) Je ne comprends pas (et j’imagine que la commission et le conseil non plus) porquoi la monnaie opère une espece de chamboulement entre la politique et l’économie; elles ont toujours été liées, et dans notre cas le probleme est le caractère mal concu de l’euro et la structure fiscale des Etats membre de l’union monétaire, où les riches ne paient presque rien et les pauvres supportent la charge des services publiques et d’autres institutions moins bénéfiques. Je crois qu’il y a des façons plus simples d’expliquer.
    A propos, un mouvement se met en route contre le Pacte pour l’euro et pour une Europe differente, pas seulement les partis d’extrème droite.

    « 

    1. @Colomba,
      Vous pointez le problème clé dans la relation entre économie et politique. Si vous voyez un moyen clair pour expliquer comment l’euro peut être sauvé sans baisser les salaires ni augmenter les impôts dans le sud et aux marges de la zone euro, vous nous ferez aimer l’Europe. Je suggère que la monnaie soit un outil d’articulation de l’économie à la politique ; qu’elle serve à la fois à répartir justement les richesses et à mesurer la contrainte de rareté. Il y a actuellement un problème : l’Union Européenne n’a pas instauré de régulation financière efficace qui évite le surendettement de certains de ses États. Est-ce bien raisonnable de faire porter le prix de ces déficiences sur les seuls débiteurs ? Expliquer comment la politique peut engendrer la monnaie qui produise une économie juste n’est-il pas la mission des institutions européennes ?

      1. Je ne sais si mes suggestions marcheraient bien ou non, et il est claire que je ne pars pas d’une perspective « théorique ». Il est clair que l’Union monétare comme nous la connaissons, l’euro de Maastricht, est un échec. Il n’a pas produit la crise, mais il empêche d’en sortir et punit les populations du sud. Il est clair que, bien on va vers une vraie union monétaire, avec impots communs (et plus hauts pour les riches) et un socle minimum de droits pour tous (ce qui implique « des transfers »), bien on va à la rupture de l’union monétaire actuelle, et les pays riches du nord autour de l’Allemagne garderaient l’euro et le reste (y compris l’Italie et l’Espagne) en sortiraient. L’ UE ne peut instaurer une regulation efficace parce que les intérets des uns et des autres divergent trop et parce qu’il n’y a une vraie politique économique et budgetaire commune, et avec le cadre actuel il ne peut pas en avoir. Les institutions européeennes n’ont rien à « expliquer », ils doivent gouverner, mais l' »architecture europeenne » actuelle ne le permet pas.
        Ceci est une analyse et pas un souhait, mon seul souhait est qu’on trouve un solution efficace et juste pour sortir de l’impasse. Je susi extremement pessimiste.

  17. Bonsoir

    Elle est très, très, très bien votre lettre (très claire, nickel-chrome … des métaux en voie de disparition!!!).. pourquoi, avec l’aide d’Alexandre ou de Paul, vous ne lancez pas une truc à signer d’accompagnement. (je crois que les médias nomment ce genre d’initiative,…euh… une pétition??? Cela doit être possible au niveau européen, non??..pour envoyer le tout, là où il faut – à mon avis mieux au parlement européen…mais bon, ce n’est qu’une suggestion…???!! -)
    Faut bien commencer par quelque chose!!!
    chris

  18. « Cette réforme ne nécessite aucune institution supra-gouvernementale qui puisse échapper au contrôle des démocraties nationales. »

    et quid de l’institution chargée de définir les taux de change en bancor, ainsi que leur réajustement annuel ? n’est-ce pas l’équivalent d’une banque centrale indépendante ?

    et au fond, n’etes vous pas en train de proposer tout simplement un retour au serpent monétaire européen, cette fois-ci rationalisé par une monnaie centrale, plutot que par un panier ? je n’ai rien contre (la grèce s’en trouverait bien mieux, aujourd’hui, et les allemands seraient bien obligés de revoir leur modèle de commerce extérieur). Mais pourquoi ne pas le dire comme cela ? ca parait plus accessible, tout-à-coup.

    1. @Nicolas,
      Le SME était un accord de change administré. Les parités étaient négociées entre les États sans garanties de marché. Les risques financiers induits par les déficits commerciaux et de balance des paiements étaient pris en charge par les banques centrales et l’économie réelle soumise à la déflation en cas de déficit et à l’inflation en cas d’excédent. Les opérateurs financiers anticipant les déséquilibres avant les États et les banques centrales pouvaient spéculer avec des risques de perte plus faibles que l’autorité publique. Avec une monnaie européenne commune, les parités sont compensées par le nominal et par la prime des options de change.

      Les parités nominales sont intégralement couvertes par des primes librement négociables dans le marché de compensation assurant la transparence de toutes les positions publiques et privées. Les parités nominales doivent nécessairement s’ajuster en fonction du marché des primes. Un taux de prime jugé trop élevé par le marché pousse à la réévaluation de la parité nominal et inversement pour un taux de prime trop faible. L’équilibre prime/nominal est objectif par l’obligation de transparence comptable de tous les emprunteurs publics ou privés et l’égalité d’accès à l’information de tous les souscripteurs et vendeurs de prime. La domiciliation des banques bancor en Europe, permet la saisine du juge judiciaire pour arbitrer la juste application des contrats intégralement déposés et tracées.

  19. Bravo, Monsieur PSDJ, Bravo pour ce ton impérieux.
    Je me trompe fort ou votre confrère François Leclerc vient également d’adopter un ton plus tranchant que celui de son avant-dernier papier (je l’y critiquais comme un peu mou).
    Même chose pour Paul dans son « maintenant, tout de suite ».

    Ça y est, donc, nous passons en phase offensive après avoir fantastiquement (le mot est faible) échangé ces dernières années. Je m’en réjouis.

    Oh, je ne berce pas d’illusion, le « soulèvement » auquel nous assistons ici est encore bien mince par rapport aux cuirs que nous avons à percer.

    Tous mes voeux vous accompagnent.

  20. Pierre, vous êtes un génie (un peu malicieux dans le style -à moins que pince-sans-rire- mais un putain de génie!!). Jicé

  21. —La ventura va guiando nuestras cosas mejor de lo que acertáramos a desear; porque ¿ves allí, amigo Sancho Panza, donde se descubren treinta, o pocos más, desaforados gigantes con quien pienso hacer batalla y quitarles a todos las vidas, con cuyos despojos comenzaremos a enriquecer?; que esta es buena guerra, y es gran servicio de Dios quitar tan mala simiente de sobre la faz de la tierra.
    —¿Qué gigantes? dijo Sancho Panza.
    —Aquellos que allí ves, respondió su amo, de los brazos largos; que los suelen tener algunos de casi dos leguas.
    —Mire vuestra merced, respondió Sancho, que aquellos que allí se parecen no son gigantes, sino molinos de viento, y lo que en ellos parecen brazos son las aspas, que, volteadas del viento, hacen andar la piedra del molino.
    —Bien parece, respondió don Quijote, que no estás cursado en esto de las aventuras: ellos son gigantes, y, si tienes miedo, quítate de ahí y ponte en oración en el espacio que yo voy a entrar con ellos en fiera y desigual batalla.
    Prenez-garde PSDJ à qui vous adressez vos critiques. J’ai le souvenir d’un article du Canard à l’époque où un psychanalyste médiatique était tombé à bras raccourcis sur le Dr Accoyer. Il attribuait l’ESFP dont il était l’objet à des représailles.
    Vous pouvez essayer Kofi Annan, Van Rompuy, mais un seul vous répondra, Sarkozy. J’ai essayé, ça marche. M’est avis qu’ils sont au courant pour le bancor mais qu’il n’y a pas plus de raison qu’en 44 de vouloir l’euthanasie des rentiers.
    Dorstaler vous avait répondu, aviez-vous écrit, il mérite une lecture à ce que je viens de parcourir comme une introduction à son Capitalisme Et Pulsion De Mort
    http://www.cesmep.unito.it/WP/2007/6_WP_Cesmep.pdf

  22. Pierre,

    Vous êtes un allopathe : vous pensez qu’en diminuant ou supprimant la ponction (de la finance en l’occurrence) le salarié récupérera…en monnaie (……………… !) la richesse qu’il a produite. Et qu’est-ce qui le fera travailler contre salaire encore alors ? Rien n’est-ce pas. Vous visez donc la diminution drastique du salariat, voire sa mort (entraînant avec lui ce qui l’ensuit et que vous refusez de voir, de dire en tout cas). Fort bien, mais pourquoi ne pas le dire à haute voix ? Ça nous ferait gagner un temps précieux (par essence) en évitant qu’une autre ponction au moins ne prenne la place rendue vacante, comme tant de fois dans la longue histoire du capitalisme (qui n’est pas une organisation qu’économique, mais un vivre-ensemble !).

    Je crois que nous pouvons faire en sorte de n’avoir plus, vite et bien, de travail salarié qui impose l’échange monétisé. En y mettant de la bonne volonté.

    Bonne journée (c’est la version mondaine)

    1. Il existe deux projets de supprimer le salariat :
      1. Le projet révolutionnaire qui envisage dans le même mouvement la suppression de la propriété privée et de l’état.
      2. Le projet ultra libéral qui consiste à ce que chacun vende sa force de travail sur un marché « libre » dans un rapport présenté comme « l’offre et la demande » mais qui est en réalité un pur rapport de force s’appuyant sur la disparition de toutes les règles sociales, donc la suppression de l’état, mais en allant jusqu’au bout de la propriété privée.
      Ces deux projets « purs » sont à l’oeuvre dans le monde d’aujourd’hui.

      1. Marlowe,

        Que vous dites ! Ou alors il eut fallu commencer par « À ce stade…il existe deux projets… » !

        1. Supprimer la propriété privée n’est pas nécessaire (je ne vois même pas comment ça pourrait se faire) pour se passer du salariat. Presqu’idem pour l’état : le lifting qu’il va subir – du fait de la disparition du salariat par l’implication directe et constructive de l’individu doté de son temps plus capté par la monnaie – risque de le rendre méconnaissable à nos yeux d’aujourd’hui.

        2. C’est sûr qu’en parlant de vendre sa force de travail ça ne laisse la place qu’au seul, à l’unique, au magnifique, j’ai nommé : l’échange monétisé ! ‘Tard ! Si on peut pas faire autre chose de sa force de travail et de son temps que de les vendre, y’a tyrannie ou je me trompe ? Pour le coup c’est peut-être pas la servitude qui est volontaire mais le refus de faire le constat d’icelle !

        Bonne journée (demain si nous échangeons encore, je vous mettrai un lien. Oups : Un lien vers Bob Marley, pour un clin d’oeil).

      2. @Marlowe,
        Troisième possibilité : marché du travail structuré par des banques de syndication de l’offre de travail. Les entrepreneurs et employeurs achètent des compétences professionnelles garanties par ces banques syndicales. Des banques syndicales identifient avec les entrepreneurs les compétences professionnelles nécessaires et garantissent les contrats de travail par la formation continue. D’autres banques intermédient la négociation des contrats de travail afin de calculer le prix de marché des compétences professionnelles. Une troisième catégorie de banque syndicale est dépositaire de la protection sociale des salariés telle que définie par la loi et éventuellement financée par l’impôt. Les salariés sont libres du choix de leur banque sociale mais doivent obligatoirement s’y intégrer pour recevoir les prestations sociales. L’asymétrie du contrat de travail est annulée. Le salarié achète la régularité de ses revenus à un prix moins élevé que dans la confrontation désintermédiée actuelle.

      3. @ PSDJ
        Je suis d’accord avec vos propositions, cependant je pense que le travailleur peut lui-même devenir entrepreneur et cela même dans le cadre de son entreprise.
        La question que je pose est la suivante: Comment pouvoir combiner vos propositions et les propositions inclues dans les liens que je viens de citer, les propositions de mon site s’en rapprochant fortement.
        Lorsque les matières premières seront dans un état d’épuisement tel que des problèmes graves vont se poser, je pense qu’il ne sera plus possible de remettre à plus tard les échéances de remise à plat du système de production et de distribution des richesses.
        Je pense que si nous voulons résoudre les problèmes, il nous faudra partir du concret pour aider ceux qui veulent sortir du salariat et dès lors créer des alternatives crédibles et durables.

      4. Michel,

        Pardon de faire court et vite alors que l’espoir renaît. C’est d’ailleurs probablement pour ça que l’émotion m’envahit à ce point aujourd’hui en ce jour anniversaire de la mort d’un Mahatma qui avait – donc – sa clé des portes de la perception :

        http://www.youtube.com/watch?v=nQSOXQwCu-I
        http://www.youtube.com/watch?v=4V4K2yKWUG8
        http://www.youtube.com/watch?v=1pfzQZwcJFY
        http://www.dailymotion.com/video/x994iq_bob-marley-war-no-more-trouble-hq-s_music

        Vraiment bien TED (En Afrique du Sud ils étaient tous racistes, à part Ted) ! En passant, une que j’aime beaucoup : http://www.youtube.com/watch?v=C93lRoqWuGg

        Ces gens-là ont un point commun qui est de croire que la réalisation de leur rêve de vie passe avant tout : pressés de faire ce qu’ils veulent de leur vie, mais pas de la gagner !

        C’est un excellent chemin en effet qui s’ouvre : de manière pratique, écologique, etc., ça semble évident, c’est évident !, et sur le « fond » espérons que ça le devienne, évident, pour tous ! Passer une semaine à faire tourner l’usine à gaz pour au final avoir (peut-être) la monnaie nécessaire pour acheter ce que l’on aurait pu faire soi-même, en mieux !, de manière conviviale, pendant ladite semaine : il suffit d’un déclic (et des claques ?) pour que l’idée éclose dans les esprits shadokifiés.

        Oui donc : il faut « partir du concret « , montrer l’exemple, « être le changement que vous voulez voir dans ce monde » comme disait un autre Mahatma bien connu !

        Le salariat asservit à l’échange monétisé, à la monnaie. Le salariat asservit les esprits : observons…

        À bientôt.

        Bonne journée

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