Archives par mot-clé : Californie

Piqûre de rappel : Une grande victoire pour la technologie, le 7 avril 2008

Un petit clin d’oeil à J. S. sous la forme d’un très ancien billet.

Samedi nous étions dans le désert d’Anza Borrego dans le comté de San Diego en Californie méridionale. On nous avait signalé une oasis au bout d’un canyon : des palmiers à la source d’un torrent de montagne qui ne tarde pas à se tarir quand il débouche dans le désert.

L'oasis
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Réchauffement climatique : catastrophes en cours et à venir

Ouvert aux commentaires.

Quarante-quatre morts et deux-cent-vingt disparus aux dernières nouvelles dans l’incendie de Camp Fire en Californie, qui a vu la ville de Paradise (26.000 habitants) entièrement carbonisée.

Plutôt que d’incriminer le réchauffement climatique (les incendies cataclysmiques remontent d’année en année sur la carte de la Californie), Trump a bien entendu préféré s’en prendre aux ingénieurs forestiers et a menacé l’État d’un refus d’aide au niveau fédéral, du fait probablement qu’il y est universellement haï (au poste de gouverneur, le Démocrate Newsom l’a emporté sur le Républicain Cox par un écart de 17 points).

Vu la brusquerie de l’incendie, les habitants de Paradise se sont retrouvés tous ensemble sur la même quatre voies, bientôt totalement embouteillée par une accumulation de voitures en panne de carburant. La police et les pompiers enjoignaient aux automobilistes de quitter leur véhicule bloqué et de s’enfuir à pied.

Les plans d’évacuation étaient au point mais supposaient des incendies à la progression plus lente.

J’ai lu quelque part qu’après trois jours sans électricité dans une grande ville, il n’y a plus d’eau au robinet. Comment faire évacuer en bon ordre alors ses habitants ? Et pour leur dire d’aller où ?

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Pluies torrentielles en Californie durant l’automne 1997

Il est question dans le billet de Philippe Soubeyrand que je viens de mettre en ligne, des pluies torrentielles en Californie en 1997. J’y indiquais en note que je publierais un petit texte, rédigé peu de temps après, relatif à ces événements.

En ce début de soirée de l’automne 1997, je me rendais de l’université d’Irvine en Californie du Sud située à l’arrière des contreforts de la première ligne de collines côtières, où je venais de diriger un séminaire, à Laguna Beach, une petite ville côtière escarpée qui me servait de lieu de résidence, quand la pluie se mit à tomber.

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California nightmare… (*) Petit état des lieux de la sécheresse en Californie. Les phénomènes climatiques ‘critiques’ sont complexes, par François Corre

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Les périodes de sécheresse ne sont a priori pas anormales dans des régions à dominante semi-arides ou semi-désertiques, dans les territoires de l’Ouest ou du Sud des États-Unis, ou même parfois dans les ‘High Plains’ ou le ‘Middle West’. On peut facilement observer les quinze dernières années via le site « United States Drought Monitor » ou pour les amateurs d’archives, sur un siècle via le site « Historical Palmer Drought Indices ».

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ENRON REVISITÉ (II) L’ARROGANCE, MÈRE DE LA FRAGILITÉ

Post-Enron WorldJ’ai donc déjà mentionné, quand il s’agit d’expliquer la chute, sur une période de six mois à peine, de la firme Enron aux États-Unis en 2001, l’hybris, le sentiment que l’on est à ce point supérieur aux autres, qu’ils ne comprendront jamais rien à la subtilité de ce que l’on fait, et qu’il n’en coûte rien du coup de les rouler systématiquement dans la farine, et que s’ils devaient jamais demander des comptes, on leur ferait sans problème prendre des vessies pour des lanternes. Les autres, c’est bien sûr « tout ceux qui ne sont pas comme nous », une catégorie donc très vaste puisqu’on y trouve le gouvernement fédéral et les gouvernements locaux, les pauvres, et les salariés en général – y compris les employés de la firme en-dessous d’un certain rang : en descendant des cadres moyens jusqu’aux concierges.

Cette attitude de « Casse-toi, pauv’ con ! » généralisée, j’en ai déjà donné un exemple : l’utilisation à des fins comptables des montants notionnels des produits dérivés dans le portefeuille de la firme, qui fit prendre Enron pour la 7ème entreprise américaine en importance, alors qu’elle était plutôt la 287ème, mais d’autres exemples très nombreux peuvent aisément être trouvés. Ainsi, les exactions du service de sécurité recruté par Enron lors de la construction de la centrale de Dabhol en Inde, dont elle fut l’actionnaire à 80% d’abord, à 65% ensuite. Ainsi encore, l’escroquerie dont l’État de Californie fut la victime permanente d’Enron sur le marché de l’électricité, par la création délibérée de pénuries, soit par un programme de « maintenance » des centrales savamment orchestré, soit aussi par des transferts stratégiques d’électricité vers les États voisins – transferts visibles aux yeux des traders d’Enron mais non à ceux des fonctionnaires californiens pour qui la visibilité du marché global s’arrêtait, comme très souvent là-bas, aux frontières de l’État, soit enfin, n’existant même que sur le papier. Autre exemple enfin, et variété du « Casse-toi ! » : « Si la loi m’embête, je la fais sauter ! », le recrutement de Wendy Gramm au Conseil de direction d’Enron, aussitôt que, présidente de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), elle se soit assurée que les produits dérivés dans le secteur de l’énergie ne seraient pas réglementés, secteur où la part de marché d’Enron représenta jusqu’au quart.

C’est dans le domaine de la comptabilité qu’Enron fit preuve de la plus grande arrogance, assurée qu’elle était de la complicité enthousiaste de sa firme d’audit. Ces deux-là s’entendirent comme larrons en foire : le budget annuel extravagant consacré par Enron à Arthur Andersen y étant certainement pour quelque chose et trahissant les bénéfices que la firme tirait de l’inventivité de son audit. Les employés d’Arthur Andersen considéraient que ceux d’entre eux qui résidaient en permanence au quartier général d’Enron, participaient d’une culture spécifique au sein de la firme comptable.

Les plus beaux fleurons de la créativité combinée d’Enron et d’Arthur Andersen consistaient à décomposer une transaction banale en un ensemble d’éléments qui jouissaient de traitements comptables et fiscaux avantageux, soit du fait de l’existence de niches fiscales, soit parce qu’en raison de failles dans les réglementations, il existait une incohérence entre le traitement fiscal et le traitement comptable d’une telle transaction.

Prenons le cas des Monthly Income Preferred Shares (MIPS), des actions privilégiées auxquelles Enron recourait du fait qu’elles pouvaient être présentées au fisc comme constituant de la dette de la compagnie, et bénéficiaient d’un traitement de faveur à ce titre, et présentées sur le plan comptable comme constituant des capitaux propres de l’entreprise.

Autre exemple : transformer une opération banale, telle que l’achat de l’immeuble du siège, en un « leasing synthétique » conclu avec un « partenariat » (Special Purpose Vehicle) monté de toute pièce, à qui l’on versera des « intérêts » qui bénéficieront eux de déductions fiscales. Pour que l’opération soit valide, ce SPV doit disposer d’une certaine indépendance budgétaire, à savoir que 3% au moins de ses fonds ont une source autre que la firme-mère. Ce qui déclenchera la chute d’Enron, le 15 octobre 2001, ce sera précisément la découverte qu’en raison d’un montage financier acrobatique, l’un de ces « partenariats » ne remplissait pas en réalité la condition des 3%, obligeant à consolider ses résultats avec ceux d’Enron.

Ce à quoi les dirigeants de la firme n’avaient pas pensé, c’est que tant de subtilités, tant de finasseries, conséquences d’une arrogance sans bornes, constitueraient autant de facteurs de fragilité. Le pire symptôme certainement de cette arrogance des dirigeants d’Enron, était leur croyance dans l’immortalité de la firme : ils programmeraient ainsi sa perte dans la logique-même de son financement. Les agences de notation – déjà elles – exécuteraient la sentence. J’en parlerai par la suite.

(… à suivre)

 

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L’actualité de la crise : Quadratures du cercle, par François Leclerc

Billet invité.

QUADRATURES DU CERCLE

C’est avec des mots choisis que les temps prochains nous sont contés. « USA : le patron de la banque centrale mise sur une reprise à court terme » titrait hier encore une dépêche d’agence, à propos de la réunion des banquiers centraux de Jackson Hole (Wyoming) ; mais seule la lecture de celle-ci nous apprenait toutes les réserves que Ben Bernanke mettait à la réalisation de cette perspective, ainsi que la modestie de la reprise pour laquelle il formulait ses vœux. Au fil de la lecture des titres de la presse internationale, il est flagrant de constater combien de nombreux journalistes, ces temps-ci, aimeraient bien pouvoir annoncer de bonnes nouvelles. A leur décharge, ces titres de leurs papiers ne sont généralement pas rédigés par eux-mêmes, mais par les secrétariats de rédaction, ou les desks pour les agences.

Au-delà des phrases alambiquées qui sont employées par les « décideurs » pour annoncer la suite des événements, que les médias reproduisent, effets de leurs recherches soutenues de la formule qui pourra signifier que cela repart, alors que ce n’est pas encore le cas, un fait est considéré comme assuré et ne fait l’objet d’aucun débat : l’économie devrait redémarrer, mais le chômage va encore progresser. Ne cherchez pas dans leurs propos une explication à ce phénomène singulier, vous n’en trouverez pas ! Tout au plus vous sera-t-il explicité qu’il y a un temps de latence (du à l’écoulement des stocks, nous disent-ils), que c’est normal et c’est comme cela, et puis que cela ira mieux ensuite. Nul part la croissance qui nous est promise est analysée. D’où proviendra-t-elle donc ? Mystère, son moteur n’est pas décrit, le secteur d’activité qui en sera responsable pas cerné. Les plus explicites des commentateurs procèdent par élimination et, après avoir en premier lieu tous biffé d’un trait la relance par la consommation, en arrivent à la même conclusion : ce sont des exportations que viendra la délivrance, sans hélas préciser quels seront les pays importateurs ! Dans un premier temps, la Chine avait été chargée de cette lourde mission, mais l’accumulation de ses propres problèmes a fait réfléchir. On en est à l’Amérique Latine, excusez-nous du peu ! En réalité, la seule croissance que l’on connaît est celle des services financiers, et l’on s’attend – des hausses notables étant déjà constatées dans le secteur des « commodities » (matières premières, dont les énergétiques et les alimentaires), alors que l’économie est en pleine récession – à une nouvelle flambée des prix. Une relation de cause à effet serait-elle envisageable entre les deux ?

Le discours sur le chômage fait donc l’objet d’une unanimité pas vraiment rassurante, mais le mot qui fâche n’est pas encore prononcé. Il n’est pas encore explicité que celui-ci va inévitablement être structurel pour partie, une manière de dire permanent ou, tout du moins, très difficile à résorber. Car ce n’est pas la « prime à la casse », dont le gouvernement américain vient d’ailleurs d’annoncer la fin, qui va régler durablement les problèmes (également structurels) de l’industrie automobile, par exemple. Et, d’une manière générale, rien ne va venir efficacement contrarier l’essor industriel des pays « émergents », ainsi que ses conséquences sociales dans les pays « développés », si la reprise est au rendez-vous, même faiblement. Par ailleurs, les économistes reconnaissent que les ménages vont continuer d’avoir des « difficultés d’accès » au crédit (une expression anodine qui signifie insolvabilité accrue des uns et durcissement des conditions de prêt des autres), ils disent craindre que les particuliers, par précaution, vont consacrer d’avantage leur revenu à l’épargne qu’à la consommation. Dans ce panorama peu engageant, le haut niveau persistant du chômage ainsi que la faiblesse de la consommation sont déplorés par des commentateurs navrés, mais il n’est pas encore parlé de la poursuite de la montée des « nouveaux pauvres ». Cela va venir, car on va vite reparler de la fracture sociale.

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