La démocratie directe en Californie au temps du Coronavirus

Vous vous souvenez du RIC (Référendum d’initiative citoyenne) proposé par les Gilets jaunes ? Je vous avais signalé à l’époque que cela existait depuis longtemps en Californie, et quand je dis « longtemps », je veux dire vraiment longtemps.

Wikipédia :

Il y a trois formes de démocratie directe dans le système électoral californien : l’initiative, le référendum obligatoire et le référendum optionnel. Les référendums obligatoires ont été introduits dans la Constitution californienne en 1856. L’initiative et le référendum optionnel (ou facultatif) furent introduits en 1911.

Les pouvoirs locaux ont par ailleurs une grande autonomie, au niveau des villes, des comtés, et même des unincorporated areas : des communautés sans direction, si ce n’est celle du comté.

La Californie constitue-t-elle donc un exemple sur le plan de la démocratie directe et de la délocalisation des pouvoirs (séparons un instant la question de la concentration de la richesse) ? Je dirais oui personnellement : en ce qui me concerne j’ai vécu d’ailleurs très agréablement douze ans en Californie et très désagréablement quelques semaines seulement au Texas.

Mais n’y a-t-il aucun inconvénient ?

Voyez la capture d’écran faite ce matin. À gauche : la Californie reconfine en raison de la deuxième vague. À droite,  le comté d’Orange vote la réouverture des écoles sans masque. Orange est sur la carte, le comté immédiatement au Sud de celui de Los Angeles, le plus atteint par la pandémie.

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11 réflexions sur « La démocratie directe en Californie au temps du Coronavirus »

  1. Dans son commentaire du 11 juillet 2020 à 22 h 29 min, François Corre écrivait :
    Pour info, dans le dernier ‘point épidémiologique’ du 10 juillet de Santé Publique France:
    « 6,7 % de la population de France métropolitaine infectée par le SARS-CoV-2 avant mi-avril 2020 (4 368 000 personnes) (enquête de séroprévalence) »

    Ça a très probablement encore bien augmenté depuis, et avec les mesures de précaution prise par une partie de la population, la propagation semble suffisamment ralentie en France pour éviter une seconde vague actuellement.
    Aux Etats-Unis, il semble qu’il y a très peu d’états où il y ait réellement une seconde vague locale. Ça ressemble plus à une progression du virus dans l’espace géographique (comme vous vous y attendiez d’ailleurs) et avec parmi les zones maintenant touchées, certaines très mal préparées de part les niveaux d’éducation, la culture locale et les infrastructures existantes. Il ne semble pas y avoir de seconde vague à New York pour l’instant.
    Pour ce qui est des inconvénients du type de démocratie à la Californienne, c’est évident que le système n’est pas parfait et que certains équilibres nécessite d’être revus, et ce, régulièrement. La démocratie, c’est un travail continu dans le temps.

  2. La démocratie avait déjà du mal à maintenir ses deux piliers, un système éducatif solide, et des media indépendants, maintenant avec les réseaux sociaux, elle a un chien fou dans les pattes qui fout bien le bazar….

  3. Si je peux faire un lien entre les deux derniers billets :
    L’évaluation du risque pour la Covid-19 est « toute neuve », et se base sur un mix pas stabilisé
    (mortalité de la première vague, supposition que le plein air l’été ça va pardonner, impression qu’on saura maintenant gérer avec « un frein », si la Covid-19 appuie sans qu’on sache exactement pourquoi sur l’accélérateur, etc.).
    D’où des stratégies « d’assurances » [[ anticipation de ce qu’on fait maintenant pour ne pas être « sans rien » (malade ou mort pour la Covid-19/sans maison pour l’assurance incendie) plus tard]]. Mais des stratégies désordonnées ou une moitié des gens joue au « passage clandestin » de l’autre: « gardez vos masques, chers quinqua coincés, nous les à peine plus jeune, on fait des raves parties » (c’était la version polémique).
    Admettons qu’il y a un côté positif à tout cela : explorer un espace de possibles hors de ce que nous connaissions, et donc une occasion d’apprendre.
    Le côté négatif : que l’on soit face à une vue trop courte de la part de la majorité des gens (qui « n’assument » pas le risque, d’une certaine façon), donc qu’on explore au hasard sans rien apprendre.

    Le rebouclage des infos épidémiologiques me semble hélas très insuffisant dans la période.
    C’est un tel rebouclage « intelligent » qu’il faudrait, je ne vois pas que ce soit le cas dans aucun pays, même la Suède.
    Faut-il garder cette lubie d’un rebouclage intelligent ? Ou bien être philosophe et se rappeler que pour la mortalité sur les routes, les temporalités sont de 15 ans ? Auquel cas, on devrait se faire encore un an ou deux avec plus de 10 000 morts pour « apprendre » et arriver plus près de la maitrise 100% ? Ce serait le signe que (1) on a la comprenette difficile sur cette planète et que (2) on devra en conséquence dans beaucoup de domaines (dégâts environnementaux, dégâts des réseaux sociaux, …) avoir des très gros impacts , de fait non assurés, et qui vont donc mettre à rude épreuve notre « modèle » de citoyenneté en Europe . Ce pourrait être la façon dont notre « PIB » arrête sa croissance: par coups de béliers successifs, le faisant ahaner avant de descendre de façon encore plus systémique. Restera à faire un bon usage de l’énergie pour l’essentiel…

    1. Super.
      Pas tout-à-fait lumineux mais d ‘accord à fond. D’ailleurs quel verre optique ou quel miroir est lumineux ou réfléchissant à 100%?

      Cependant, « dégâts environnementaux, dégâts des réseaux sociaux » me cause un léger souci.
      Les « dégâts environnementaux » sont assez documentés pour être incontestables.
       » Dégâts des réseaux sociaux » est plus douteux. J’aime à croire que vous voulez dire que les dégâts à la collectivité, ou à sa psyché, créés par les réseaux (soit disant) sociaux sont en passe de devenir irréversibles, comme les dégâts environnementaux.
      J’espère ne pas me tromper. Car, sinon, il faudrait douter de la pérennité de notre intelligence collective ou ‘comprenette’.

      J’espère donc que nous n’apprendrons pas aux moyens d’actes clairement suicidaires et j’espère ne pas trop être isolé dans cet espoir. Les réseaux (soit disant) sociaux sont un excellent indicateur…

      1. « Dégât des réseaux sociaux » :
        Au départ, dégât du temps d’écran (il y a 13 ans en 2007 : https://www.decitre.fr/livres/mon-enfant-n-est-pas-un-coeur-de-cible-9782742771530.html)
        J’ai essayé aussi de suivre Bernard Stiegler là-dessus, notion d’individu « désaffecté » et manque de « milieu associé » (de réciprocité)… mais avec un peu trop de jargon dans les intermittences (pourtant quelque fois géniales, les « timiotata » en grec (:;) ) de l’ami Stiegler.
        Plus récemment, en suivant les affaires facebook et les dénonciations construites, notamment celles de Carole Cadwalladr, la journaliste du scandale Cambridge Analytica, qui fait bien voir que Zuckerberg est encore plus au-dessus des lois que les chefs d’état (où il y a encore un truc qui s’appelle ONU) mais ça ne surprendrait pas Paul Jorion, du fait que, en raccourci, c’est la loi minimale, celle du droit international en mer, qui s’applique aussi en économie, faute d’une constitution structurant icelle.

        Le capitalisme nous ruisselle par toutes les pollutions : environnementales (le soviétisme soviétique ayant lui pousser d’emblée le manche assez loin pour que ça coince), celles du savoir (les marchands de doute) et celles de nos philia (par la capture pirate des « amis » de facebook, et la facilité avec laquelle on peut « parler violent » à l’écrit, sans chercher à écouter des formes autres de savoir (Jacques Seignan ne fait plus le compte des épisodes de ce type, même ici, trop souvent)).

        Bon, mais dans le « tout fout le camp », il y a aussi des richesses structurales à identifier, celles qui font « tourner » assez vertueusement tels ou tels sous-sytème, et dont on ne parle pas plus que les trains à l’heure. L’optimisme sera lui aussi limité, si l’on ne sauve pas le monde suivant un « moment Pearl Harbour » à des optimismes de groupes qui ont sous les yeux les choix à faire et ne peuvent plus les repousser hors de leur entendement, et en cultivant ce qu’on cultive ici, leur changement de focale sera mieux accueilli.

        Autrement dit, tout pessimisme peut être endigué (« contained » au sens du « containment », l’endiguement) dans ses propres erreurs.

  4. S’il était question d’évaluer la réelle valeur ajoutée des « prophètes » sur la fiabilité de leur « juste » prise de mesure des risques, et de la « justesse »ou pas, des calculs attenants… en seraient-ils a devoir défendre défendre le droit et le devoir, de critiquer la TINA des cols blancs, ou son pendant, le fascisme en col bleu…  au pays de la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen »?

    C’est pourtant sur le thème d’une « juste  réforme des retraites » que le discours « jupitérien », en ce jour « Historique », est venu « justifier » le « en même temps » de « gauche et de droite », dont « l’apolitisme » laisse autant perplexe, ses promesses d’un « monde d’après », que le fameux « il y a du bon dans le coté obscure de la force » de l’horizon du « monde à voir »…

    Qui risque quoi donc…?

    « Une « réforme des retraites plus juste »… ?

    Le discours « jupitérien », en ce jour de fête nationale, c’est voulu tout autant partial que martial. Qui a « vu à la télé » le défilé sur la place de la concorde, transformée en coliseum pour l’occasion, comprendra l’ironie de l’usage du terme de petit « Jupiter » qui fut trop content de jouer avec « ses » « Playmobils » grandeur nature.

    En attendant… les dicos ont du boulot sur la planche. Pas sûr que les académiciens suivent. Il leur faut rajouter comme autre définition au mot « chantage », l’expression « dialogue social ». Cette opération, qui n’est pas neutre, quand le « monologue » est la règle, « nouvelle valeur »… semble échapper par contre, à l’absence de neutralité et de pluralisme des commentateurs des médias de masse… analysant la parole du « roi te touche, dieu te guérit » – sauf de la Covid-19, du manque de lits de réa, respirateurs, médicaments, etc. Même les discours « solennels » sur le « monde d’après », ayant perdu ses « promesses » d’un besoin de « bien être »… d’une séparation des pouvoirs nuisibles de « marchés » sur la santé… est devenu le « monde à voir », qui sans l’écrire, a du mal à se distinguer de celui « monde (de l’) avoir » .. Que n’a t-il pas voulu « avoir » l’air/l’ère (néolibérale/ultra-libéral) d’être celui qui n’a pas été suffisamment compris, par tant de « d’insuffisances intellectuelles » des « réseaux sociaux », par tant de  » fausses nouvelles » et « théories complotistes » (dont les tentative de « planification », régulation, réglementation, reste douteuse) des extrêmes droites… décontextualisant ses dires, par exemple, par tant d’infantilisation des « temps de cerveaux disponibles » qu’à ne vouer un « culte féroce » qu’à la « dictatures des émotions » sondant leurs doutes, incertitudes, se concentrant comme pour le partage et la redistribution des richesses, sur leur intérêt particulier de leur « ras le bol fiscal », »poujadisme »… qu’aujourd’hui le « roi te touche, dieu te guérit » le ferait sur les plages de nudistes, et dans les « rave party »…?

    La compréhension du premier néologisme doit justifier (et excuser?) le patronat et son actionnariat, quand il y en a un (quoi qu’être payé par « l’intéressement », la « participation » dans les petites boites, pourrait revenir au même), de virer quiconque des employé.e.s refuseraient, en période de risque de prolongation d’une crise sanitaire, et de crise sociale et « sociétale » croissante… et de baisser de 20 % son salaire, et de ne plus être rémunéré en mode majoré, pour le surplus d’heures supplémentaires, et de perdre toutes prérogatives prioritaires sur le choix des dates et de la durée des congés payés, et de ne plus disposer des RTT quand bon lui semble… et surtout, serait viré quiconque refuserait de s’asseoir à la table des négociations du « monologue » social, ou de commenter ces décisions unilatérales, en les qualifiant de « chantage à l’emploi »…?

    Ainsi licencié.e.s, les employé.e.s refusant de « consentir » à adhérer au « monologue » du machin social en continuant de parler de « chantage à l’emploi », d’injustice… se verraient de fait refusé.e.s de défendre leur droits aux prestations chômage, et à leurs « salaires différés » finançant, entre autre, en partie, le « gâteau universel du nouveau régime des retraites ».

    Quiconque accusera le pouvoir, « d’autorité suprématiste » blanchissant l’instauration du « monologue » du machin social, de dévoyer le terme « d’universalité » du dit « gâteau », pour faire du « chantage » au principe de redistribution des droits à la retraite, la réduisant la redistribution, à déshabiller par exemple, Paul, fonctionnaire (sauf pour les militaires, la police, etc) quadragénaire dans la force de l’âge, pour habiller pour autre exemple, Pierrette… femme de ménage, de plus de 60 ans, atteinte de séquelles dues à la covid-19, en sus-poids, diabétique, cardiaque, etc, après avoir été infecté gravement, en faisant le ménage dans un hôtel du littorale, cet été… errant d’un temps partiel contraint, contrat d’intérim, en CDD très courtes durées, d’insécurité économique (NON RECOURS appelés par « Jupiter » avant d’accéder au trône, « d’inégalités de destins », soit elle fait partie, par moment de sa vie, des 30% des « bénéficiaires » du RSA, qui ne touchent aucun « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent »…) à l’instabilité sociale « sociétale » sanitaire permanente (inégalités territoriales, scolaires, discriminations impunies à l’embauche, dans l’accès au logement même insalubre, discriminations et brutalités policières commises lors de contrôles aux faciès, « manifestations interdites » qu’elle subit dés-fois, avec ses enfants/ados. Recul de l’espérance de vie, arrivée à l’âge de la retraite, en bonne santé, jusqu’à que corresponde l’injustice de ce recul au risque d’une atteinte mortelle à l’infection d’un coronavirus) … sans s’en prendre au partage injuste, inégalitaire, des richesses… en épargnant toujours plus les dividendes des actionnaires et patrons assistés sans contreparties (« immorale optimisation », flat tax, suppression partielle de l’ISF, etc)… en annulant les dettes sociales, fiscales, morales, occasionnées par « l’arrêt de l’économie » durant le confinement (en plus des baisses d’impôts sur société, sur la production, des baisses des cotisations sociales patronales, etc), creusant d’autant les déficits publics et dettes publiques… que cela légitimerait de justifier l’austérité, la dite « réforme structurelle »… quiconque tiendrait ce genre de discours, se verra exclu de la table des négociations des décrets, 49.3, ordonnances…

    En quoi est-il « juste » que la socialisation des annulations de dettes fiscales, morales, sociales (comme pour la crise financière des subprimes, Dexia, etc) des propriétaires privés d’entreprises, d’actions, et le non partage des richesses de la croissance vertigineuse, des indécents dividendes accumulés, même durant la gestion de la crise sanitaire, dans la pénurie (privation/confiscation de la distribution gratuite, à pas chère, de repas aux enfants de familles modestes, pauvres, habituellement fournis par les services publics des cantines scolaires… privatisation qui a fait les bénéfices juteux des grande enseigne de la distribution alimentaire de l’industrie agroalimentaire. Spéculation à découvert, faite sur la hausse et/ou baisse des stocks gérés en flux tendu et des prix de masques, médicaments, respirateurs, tests, manque de lits de réa et personnel hospitalier… et denrées alimentaires… paris nus du genre : pile, la finance, les boursicoteurs, banques… gagnent… face les vies qui n’ont pas pu être sauvé d’une infection létale à la Cocid-19, qui resteront traumatisées, avec séquelles, et celles qui ne pourront pas être sauvé pour raison de manque de lits de réa, etc, ou encore parce qu’elles n’auront pas pu être opéré d’un problème autre que le coronavirus, parce que la crise sociale leur aura été fatale… perdent…) creusent d’autant les déficits des caisses du modèle social, les dettes publiques (locales comprises quand elles gèrent une partie des dépenses sociales) que l’impossibilité d’atteindre la « justesse » des équilibres des comptes publics, devrait justifier de réduire la taille du gâteau à redistribuer entre Pierrette, et Jean… ?

    N’est-ce pas encore une « tentation » (celle de « la parabole des talents », comme décrite avec « justice » par M. Paul Jorion…?) de rendre confuse la notion de justice, si mise à mal actuellement (les puissant.e.s s’inquiètent de « comment lutter contre la menace de justice sociale ? »), dans l’usage du mot « juste », pour justifier une énième « réforme structurelle », sur fond d’austérité déguisée en « intention » (les chemins menant vers l’enfer social et « sociétal » en sont pavés) d’atteindre la « justesse » dans l’équilibre des comptes publics… en abusant de la novlangue…? »

  5. Suite et fin du commentaire de Juillot Pierre 14 juillet 2020 à 18 h 32 min. Aurais-je oublié de préciser que vu l’âge de Pierrette, elle n’a que peu de chance d’être dans la boucle du parcours « d’excellence » du nouveau modèle social macronien, qui « juge » le « mérite » à la solidarité, à l’attribution des aides sociales, à « l’attrait », « avoir l’air » gagnante, « prête à tout » (vraiment tout, y compris la promotion canapé…?) de la « candidate… », contre un minimas social, la solidarité inconditionnel…?

    1. Pourquoi, alors que j’ai commencé ma comparaison entre Paul et Pierrette, je la finis entre Jean et cette pauvre femme… ? Pour risquer de couper court, l’herbe sous le pied de certains esprits critiques, voyant dans ce nouveau commentaire, la preuve d’une intention de ma part de parler de moi à la troisième personne du singulier (perversion narcissique à l’extrême ?) je voudrais leur apporter l’assurance qu’ils ont manqué un épisode… Celui qui parle d’une division pour mieux régner, que j’ai oublié de rajouter, serait venu substituer à l’opposition des injustices, inégalités, régnant entre le privé et le public, la confusion d’une rivalité entre Jean, « gilets jaunes » occupant le même emploi… que Pierrette… mais dont l’inégalité salariale, serait devenu l’enjeu médiatique des « donneurs de leçons de morales » cherchant à influencer la « personnalisation et personnification » d’un Garde des Sceaux, ayant fait sa réputation, entre autre, contre le mouvement MeeToo, et en défense de politiques n’ayant jamais cru en la lutte des classes… – qui peut y croire n’est-ce pas… ?.

  6. Quel silence assourdissant !

    Cet exemple montre qu’on ne peut pas faire , en aveugle ,du RIC , la clé miracle de la démocratie , sans définir démocratiquement et préalablement les conditions de recevabilité et de contenu ( le fond ) éclairé par de mesures expertes contradictoires et obligatoires , admis .

    Sinon , je suis sur que la Belgique aurait déjà explosé en deux provinces , et les Savoie auraient fait sécession ( ce qui , à la limite serait moins irréparable que de prendre des « décisions » locales littéralement assassines ) .

    Je note aussi que même en Suisse , il ne peut être proposé de votations contraires aux traités internationaux de la Suisse .

    Le sujet de cette recevabilité , entre Droit /Constitution , au delà du contrôle du respect des formes , est d’ailleurs traité dans un joyeux désordre imaginatif par la quinzaine de pays où des referendums d’initiatives locales sont « autorisés  » .

    Au cas particulier de cette pandémie , il n’est pas étonnant de trouver le genre d’aberrations  » criminelles  » relevé dans des referendums locaux , car , d’une certaine façon ( si l’on assimile décision souveraine des 192 états à 192 referendums nationaux  » autoritaires » ) , c’est la même autorisation donnée de « proposer » sa solution , sans condition de recevabilité préalable auprès de l’OMS par exemple .

    Les petits cons et les grands cons ont les mêmes insouciantes latitudes !

    Toujours l’histoire entre réponse du corps et raison .

  7. Fabien Vallos : La gouvernance par les ânes

    « Vers 1572 Giordano Bruno de Nola publie un livre intitulé Arca di Noè. L’ouvrage est aujourd’hui perdu. Cependant dans Le Banquet des cendres (La Cena de le ceneri) publié en 1584, il y fait référence ainsi que dans La Cabale du cheval Pégase (Cabala del cavallo Pegaseo) publié en 1585. Il y mentionne le problème de la prééminence de l’âne qui supposément aurait été le premier animal à entrer dans l’arche et à avoir le privilège che consistea nel seder in poppa de l’arca (qui consistait à s’assoir à la poupe de l’arche), c’est-à-dire avec le privilège de tenir la barre de l’arche, autrement dit d’en tenir le gouvernail. Cela signifie que parmi tous les animaux, l’âne fut choisi pour diriger le navire, ce que nous appelons une gouvernance par les ânes. Qu’est-ce que cela signifie ? Et que signifie alors non pas le regard parodique sur l’ânerie mais au contraire une forme d’éloge d’une asinité ? Le philosophe Giordano Bruno reconnaît l’importance d’un non-savoir ou d’une non-connaissance délibérée, plutôt qu’un non-savoir ou une non-connaissance institutionnelle. Pour notre philosophe il y a alors deux asinités, l’une concrète, le fait même d’être un âne et de relever de l’animalité et l’autre abstraite (la non-connaissance) comme modèle pour atteindre le sens des éléments du monde par le « savoir de ne pas savoir », par l’ignorance. Il s’agit là d’une longue tradition de Pythagore à Nicolas de Cues à Jacques Rancière, etc. : la docte ignorance ou le maître ignorant. Il s’agit, et c’est le sens du concept de l’asinité, de connaître notre ignorance. Or l’héritage de la philosophie du Nolain se situe précisément ici : nous avons accès à deux types de connaissances : celle fondée sur un principe de similitude (principe analytique) et celle fondée sur un non-savoir ou une ignorance (principe de l’asinité). Mais il nous faut absolument les deux. C’est le sujet du petit dialogue L’Âne cyllénique (Asino cillenico) publié en 1585 à la suite de la Cabale du cheval Pégase. Il s’agit alors de fonder, non pas un éloge parodique de l’ânerie, mais bien un éloge de l’asinité. Par-delà les intérêts propres à un philosophe de la fin du XVIè siècle, comment pouvons-nous lire à la fois cette gouvernance de l’arche par l’âne et cet éloge de l’asinité ? Ce qui importe, à partir de l’éloge de l’âne, est de confronter deux gestions du vivant matériel. L’une, celle en somme de nos institutions politiques et civiles semble toujours insoucieuse du bien-être du vivant pour mieux au contraire se soucier infiniment de la glorification d’elles-mêmes et de la projection d’une représentation du bien-être toujours ailleurs (dans un au-delà, dans un futur, dans la consommation, etc.) ; l’autre, celle en somme de l’asinité semble être insoucieuse des institutions au profit, cette fois, d’une préoccupation du bien-être du vivant et de la vivabilité. Le sens profond du concept d’asinité est alors : s’opposer à la non-connaissance institutionnelle et défendre une non-connaissance délibérée. C’est cela que signifie la gouvernance par les ânes : la gouvernance par le souci du commun et du vivant matériel. »

    Référence : https://devenirdimanche.files.wordpress.com/2017/12/decc81pliant-vallos.pdf

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