Archives par mot-clé : Chine

FRANCE INFO, « Parlons Net », le 9 juin 2009

Dans ma vidéo de vendredi, j’ai fait référence à cette émission « Parlons Net » du 9 juin 2009, renvoyant à ce que j’y disais de la Chine. J’ajoutais que cette vidéo avait été très regardée et que je me souvenais que – lorsque je l’avais entr’aperçue il y a quelques temps – 65.000 personnes l’avaient vue.

Certains d’entre vous ont alors fait la remarque que cette vidéo n’était plus disponible sur l’internet. J’ai fait ma petite enquête et vous aviez raison. Les lecteurs du blog sont cependant aussi de remarquables archivistes et elle vient d’être remise en ligne.

P.S. : Si cette vidéo devait réapparaître sur le compte « France Info » de Dailymotion, où elle se trouvait autrefois, je la retirerais bien entendu du compte « PaulJorion » où elle a été réinstallée.

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L’HUMANITÉ, « LE CAPITALISME À L’AGONIE », VENDREDI 15 AVRIL 2011

À l’occasion de la sortie de Le capitalisme à l’agonie, un long entretien avec Laurent Etre.

Partons du titre de votre dernier ouvrage : « Le capitalisme à l’agonie ». Vous soutenez que le capitalisme connaît son « essoufflement final »… Or, on a plutôt l’impression que ce système est reparti de plus belle, en faisant payer sa crise au monde du travail. Il suffit de regarder les profits du Cac 40, qui ont augmenté de 85 % en 2010 par rapport à 2009…

Paul Jorion : Vous venez de parler des profits du Cac 40 qui explosent. Cela reflète essentiellement une panique du système. Ce n’est absolument pas une preuve de bonne santé. Moi, j’appelle cela « vider la caisse avant fermeture définitive ». L’idée que le capitalisme repart, c’est ce que nous martèle le journal télévisé de 20h. Or, il faut regarder au-delà des apparences. Pour avoir travaillé moi-même dans la finance durant une vingtaine d’années, je sais qu’en profondeur, la dégradation se poursuit. Le pillage s’accélère, parce que ceux qui tirent parti du système sont bien décidés à laisser les caisses vides.

Mais ce pillage dont vous parlez n’est-il pas le principe même du capitalisme ? Pensez-vous que ce système ait déjà visé l’intérêt général ?

Paul Jorion : Il y a eu tout de même une période de modération, ce qu’on a appelé les Trente glorieuses. Pendant un temps, le capitalisme productif était relativement séparé du capitalisme financier. Mais au cours des 25 dernières années, la finance a pris le dessus ; elle s’est peu à peu emparée des commandes à l’intérieur du système. Et aujourd’hui, la plupart des opérations financières sont des opérations spéculatives, sans rapport à l’économie réelle. Au point que le Président-Directeur Général de Goldman Sachs n’arrive même plus à faire la différence entre la partie purement prédatrice de la finance et la partie qui sert à quelque chose pour l’économie.

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LA FENETRE D’OPPORTUNITE S’EST REFERMEE

Le 15 avril, de 9h30 à 11h00, je débattrai avec Jean Peyrelevade au Forum Libé Rennes. On a eu l’amabilité de me demander de quoi je voulais parler. Voici le petit texte que je viens de rédiger.

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Une fenêtre d’opportunité pour modifier le rôle que joue la finance dans l’économie, et partant dans la vie sociale en général, a existé dans les semaines et les mois qui ont suivi l’effondrement de la finance qu’avait provoqué la chute de la banque d’investissement Lehman Brothers en septembre 2008. Dans la période qui a immédiatement suivi le plus fort de la crise, une refondation indispensable a très justement été évoquée.

Depuis, cette fenêtre s’est lentement refermée. Rien ne s’est passé, ou si peu, le moment des véritables décisions a été repoussé de réunion en réunion et à mesure que le temps passait, le souvenir de velléités de refondation s’estompant peu à peu.

Aux États-Unis, les textes déjà bien timides que rédigèrent en grande partie les lobbys ne seront pas mis en vigueur : la nouvelle majorité républicaine a compris qu’elle peut en empêcher l’application en refusant – au nom d’une très saine rigueur budgétaire – les fonds qui permettraient de mettre en place les équipes. La nation s’est par ailleurs découvert comme planche de salut, la planche à billets : la possibilité qui lui reste offerte, quarante ans après la dénonciation des accords de Bretton Woods par Richard Nixon, d’imprimer à la demande des dollars, survivance du statut de monnaie de référence de la devise américaine. Ce faisant, les États-Unis exportent leurs difficultés, confiant à la planète entière le soin de les régler à leur place.

La zone euro s’est retrouvée quant à elle paralysée lorsque, dans un contexte d’effondrement financier, l’absence d’intégration fiscale des pays qui la constituent a fait apparaître en surface ses ramifications. Ce sont les achats de la dette publique des pays européens en difficulté par la Chine et le Japon qui ont pu empêcher jusqu’ici l’éclatement de l’euro. Le tremblement de terre et le raz-de-marée qui endeuillent le Japon, obligent désormais celui-ci à rassembler la totalité de ses ressources pour assurer son propre salut. Obsédée par des échéances électorales qui débouchent immanquablement sur la déroute des partis au pouvoir, l’Europe se retrouve dans la position de satellite infantilisé de la Chine et, ayant jeté aux orties toute fierté, elle s’en satisfait.

La fenêtre d’opportunité que la crise de l’automne 2008 avait ouverte s’est refermée. Une autre s’ouvrira certainement lorsque la nouvelle crise en gestation aujourd’hui aura éclaté. Le processus de désagrégation se sera poursuivi entretemps et c’est au sein d’un paysage encore plus dévasté que seront lancés de nouveaux appels à la refondation.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : EN TOTAL DÉPHASAGE, par François Leclerc

Billet invité

Il fallait à tout prix un accord, toute l’énergie des participants au G20 finances y a donc été consacré : quel piètre résultat ! Un compromis a été passé, écartant les réserves de change de la liste des indicateurs ayant vocation à diagnostiquer les facteurs de déséquilibres mondiaux, pour ne retenir que la dette et le déficit public ainsi que l’épargne privée, caractérisant les déséquilibres internes d’un pays, et la balance courante pour les déséquilibres externes. Une formule savante évitant de retenir au premier rang le taux de change et la politique monétaire. Voilà ce à quoi ont pu aboutir, en tout et pour tout, les représentants des vingt plus grandes puissances mondiales totalisant 85% du PIB mondial : un accord infinitésimal !

Tous les autres sujets à l’ordre du jour n’auront pas été traités, cet accord finalement obtenu à l’arraché augurant mal de la bataille suivante qui aura lieu en avril prochain, lorsque des seuils devront être fixés pour chacun des indicateurs retenus, permettant ensuite que des « recommandations » soient adressées par le FMI à ceux qui les dépasseraient. La régulation du prix des matières premières a été renvoyée à plus tard, l’adoption d’un code de conduite permettant de tenter de réguler la circulation des capitaux en folie également, les représentants du BRICS n’en voulant pas davantage.

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SOCIAL-DEMOCRATIE : LE RAPPORT DU MEDECIN-LEGISTE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand le système financier international s’effondra à l’automne 2008, entraînant l’économie à sa suite, on s’attendit à un retour en force de la social-démocratie. Voilà tant d’années qu’elle attendait son tour et nombreux étaient ceux qui espéraient sa venue. Le communisme – dont les conservateurs de tout poil avaient toujours prétendu qu’il constituait son abominable vérité cachée – était mort, le capitalisme était désormais moribond : le moment était venu. Un grand vent d’enthousiasme social-démocrate se levait aux États-Unis : un candidat du parti démocrate au profil neuf était apparu, le pays appelait de ses vœux un second Franklin D. Roosevelt pour appliquer lui aussi un New Deal qui remettrait le pays sur ses rails, qui lui permettrait de renouer avec l’une de ses valeurs originelles : un pays sans aristocratie, une grande classe moyenne libérée des luttes de classes ancestrales.

Le désappointement fut à la mesure de l’espoir qui était né. Wall Street qui avait trahi l’idéal d’une société sans classes avait vacillé, une administration républicaine déboussolée glissait de jour en jour davantage – faute d’alternative – vers la social-démocratie. Enfin Obama vint, il rétablit Wall Street sur ses pieds et lui rendit les rênes du pouvoir qui avaient manqué lui échapper de très peu. Les électeurs d’Obama en sont encore sonnés. Il ne restait qu’un seul endroit pour une opposition déterminée à la restauration qui avait eu lieu : le populisme libertarien du Tea Party.

Le peuple de la social-démocratie est celui de la citoyenneté, de la triade Liberté-Egalité-Fraternité ; le peuple du populisme, c’est l’éternel vaincu, réduit à l’aigreur et au ressentiment, toujours trop bête pour comprendre les multiples manières dont il est sans cesse berné et du coup, toujours prêt à se précipiter sur les chiffons rouges agités devant lui pour l’égarer et s’amuser en haut-lieu de sa stupidité intrinsèque.

En Europe aussi, le silence de la social-démocratie fut assourdissant. Des partis socialistes dont on attendait un sursaut n’émergèrent que des querelles entre candidats interchangeables, faute d’un quelconque programme. La raison en était simple : on attendait du corps endormi de la social-démocratie qu’il se réveille enfin mais quand rien ne se passa, il fallut bien constater que s’il avait cessé de bouger, c’était parce qu’il était mort : l’âme de la social-démocratie avait déserté les partis dits « socialistes » depuis trente ans déjà, sans pour autant aller se fixer ailleurs.

Le projet de la social-démocratie est-il pour autant à jamais perdu ? Peut-être pas. Depuis trois ou quatre ans, nous avons pris l’habitude en Occident d’attendre, pareils à des enfants geignards, que nos parents résolvent tous les problèmes pour nous. « La Chine, dit-on d’un air entendu, rachètera bien toutes nos entreprises en difficulté ! ». Ce qui est vrai : c’est en train de se passer à côté de chez vous. Elle soutient le dollar à bout de bras, et pour faire bonne mesure, l’euro aussi. Elle a déjà sauvé la Grèce, elle aide activement aujourd’hui le Portugal et l’Espagne, et sauvera bien tout le monde, le moment venu. « C’est son intérêt bien compris ! », ajoute-t-on du même air entendu. Vous aimez la social-démocratie ? C’est très simple : un peu de patience, un jour ou l’autre, la Chine finira bien par l’inventer pour nous.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction sur un support numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’actualité de la crise : IMPROBABLE GOUVERNANCE A DAVOS, par François Leclerc

Billet invité

Pour peu que l’on farfouille un peu, le Forum de Davos peut décidément receler des perles. Le soulèvement égyptien en a largement occulté le retentissement, mais n’a rien enlevé de l’intérêt aux événements où l’on n’accède que muni du précieux sésame qu’est le White badge, où le off the record est de rigueur.

Que retiendra-t-on de cette édition ? Ce ne sera ni l’ode à l’euro entonnée à la tribune par ceux-là mêmes qui ne disent pas comment ils vont le défendre, ni les exposés de politique économique diamétralement opposés de David Cameron et Tim Geithner, l’un en faveur de la rigueur budgétaire, l’autre soucieux de ne pas entraver la croissance. Car ces numéros étaient trop convenus.

Non, ce seront les propos restés confidentiels, tenus lors d’une réunion strictement privée organisée par les représentants des mégabanques, sous la présidence de Jamie Dimon (JP Morgan Chase), avec la participation présumée de Peter Sands (Standard Chartered), Brady Dougan (Crédit Suisse) et Bob Diamond (Barclays).

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LA GUERRE DES MONNAIES, PRELUDE AU PROTECTIONNISME GENERALISE, par Charles Sannat

Billet invité.

Reprenons, la crise financière de 2008 a amené les états à coordonner leurs efforts autour de plans de relance volontaristes et à travers des organes de décision comme le G8 ou le G20. Cette belle coopération internationale a pris fin en 2010. L’unanimité a fait place au retour progressif des intérêts nationaux. Face aux déficits budgétaires et à l’augmentation faramineuse des dettes souveraines les Etats cherchent des solutions sous la pression des marchés, des agences de notation mais également sous la pression des flux d’investissement de plus en plus importants et rapides.

Désormais à chaque Etat son objectif. La Chine doit maintenir sa capacité exportatrice qui représente la majorité de son PIB, le marché intérieur chinois n’étant pas encore en mesure de prendre le relais. Les Etats-Unis souhaitent faire baisser le dollar de façon significative afin de doper leurs exportations et obtenir ainsi un surcroît de croissance indispensable pour relancer leur économie affaiblie. Les pays émergents font face à la hausse de leur devise en raison de la baisse du dollar et d’investissements occidentaux massifs. Il s’agit de centaines de milliards de dollars chaque année que les investisseurs préfèrent parier sur les émergents au potentiel de croissance dynamique plutôt que sur leurs vieilles économies nationales à la croissance au mieux poussive. Quant à la zone euro elle subit de plein fouet son incapacité à définir une politique monétaire forte et indépendante, en dehors du sacro-saint objectif unique de « stabilité des prix » dont le Président de la BCE a rappelé encore ce week-end l’importance à ses yeux.

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BFM RADIO, LUNDI 10 JANVIER 2011 A 11h38 : La rivalité États-Unis / Chine

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Parlons un peu de la rivalité Etats-Unis / Chine à l’occasion de la rencontre aujourd’hui en Chine entre le secrétaire à la défense M. Robert Gates et son homologue chinois, M. Liang Guanglie.

L’événement de la semaine dernière en Chine a été la parade sur la piste d’envol de l’institut aéronautique de Chengdu du J-20, qui semble être le premier chasseur furtif chinois, invisible sur les écrans de radar, ce qu’on appelle aussi un « chasseur de 5ème génération ». La Chine en général très sélective quant à l’information disponible relative à son armement a plutôt encouragé dans ce cas-ci la diffusion de l’information. Deux raisons possibles à une telle « fuite bien orchestrée » : premièrement, l’annonce très récente que la Russie et l’Inde ont décidé de collaborer dans la mise au point d’un tel avion militaire, deuxièmement, le souci de décontenancer Robert Gates en visite en Chine aujourd’hui, lui qui avait récemment déclaré que les Chinois ne disposeraient pas d’un tel avion avant 2020.

L’exhibition du chasseur furtif succède à celle datant d’octobre dernier, d’un superordinateur chinois, le Tianhe-1A, désormais le premier au monde, sa capacité dépassant de 40 % celle du superordinateur américain le plus puissant. Les processeurs de cet ordinateur sont américains (confectionnés par Intel et Nvidia) mais l’architecture de la machine ainsi que les puces assurant la communication interne sont elles de conception chinoise.

Les signes extérieurs de la rivalité entre les deux nations se multiplient donc alors que le ton est monté d’un cran au cours des mois récents dans le contexte de ce qu’on appelle désormais la « guerre des terres rares », domaine où la Chine représente aujourd’hui 97 % de la production mondiale et dont elle a réduit les ventes à l’étranger de 72 % au cours du 2nd semestre 2010.

Les terres rares ont de multiples usages, comme le polissage du verre et des semi-conducteurs, elles entrent dans la fabrication des disques durs d’ordinateurs sous forme d’aimants de petite taille, dans les batteries de véhicules hybrides, dans la réfrigération magnétique, elles jouent aussi le rôle de catalyseur dans les pots d’échappement et dans le raffinage des produits pétroliers. Les États-Unis en font un usage militaire important, par exemple dans le système de guidage des missiles, ou dans le revêtement de pales d’hélicoptères de combat.

Les terres rares ne sont en réalité pas des « terres » mais des métaux aux propriétés électroniques exceptionnelles. Leur nom de « terres » vient du fait qu’on les rencontre en général sous la forme d’oxydes que l’ancienne alchimie appelait « terres ». Les terres rares ne sont pas non plus rares comme leur nom semblerait l’indiquer : elles entrent en Chine dans la composition de certains engrais et on les utilise comme composante de revêtements routiers. Les réserves existantes des deux plus rares d’entre elles, le thulium et le lutetium sont 200 fois plus importantes que celles de l’or. Leur réputation de rareté découle du fait qu’on ne les rencontre en général qu’en faibles densités, ce qui les rend difficile à exploiter. Facteur aggravant, on les trouve en général combinées à des éléments radioactifs, ce qui rend leur exploitation délicate. La Chine dispose de 36 % des ressources disponibles, les États-Unis, de 13 %. Des gisements sont également exploités en Australie, en Inde, Mongolie, Russie, Afrique du Sud et au Kazakhstan ; il existe également des dépôts exploitables au Vietnam, Canada, Groenland, par exemple.

Comme je l’ai déjà indiqué, la production actuelle est d’origine chinoise à 97 %, ce qui crée une dépendance stratégique entre le reste du monde et la Chine. Une crise a éclaté au cours du second semestre 2010 quand celle-ci décida de réduire ses ventes de 72 %, dans un souci, déclara-t-elle, de bonne gestion de ses ressources et de protection de l’environnement. Il ne s’agit pas comme on pourrait le suspecter d’un simple prétexte : l’exploitation des terres rares débuta en Chine dans les années 1980 quand des entreprises furent créées en pagaille dans le cadre d’une politique de plein emploi. La Chine tente maintenant de réduire le nombre de ces entreprises de 90 à 20 pour ne conserver que les plus modernes et les moins polluantes.

La réaction à la réduction des quotas d’exportation chinois ne s’est pas faite attendre : le prix de vente des terres rares a augmenté de manière dramatique, étant par exemple multiplié par sept dans le cas du cerium. Du coup, les États-Unis, dont l’industrie de l’armement dépend des achats de terres rares en Chine, crient à l’accaparement et ont déposé une plainte officielle auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce. Pourtant quand on examine l’historique du secteur des terres rares, on s’aperçoit que la responsabilité de la crise incombe entièrement aux Etats-Unis : l’industrie se trouvait à l’origine essentiellement sur leur territoire, ils fermèrent ensuite les yeux devant la délocalisation qui eut lieu au début des années 1990.

Durant la période qui va de 1965 à 1985, les États-Unis étaient en effet le principal producteur mondial de terres rares grâce à la firme Molycorp qui exploitait la carrière de Mountain Pass dans le désert de Mojave en Californie. Dans les années 1980, la compagnie Magnequench, spécialisée dans la fabrication d’aimants faits de neodymium créa une unité de production en Chine en raison de moindres coûts salariaux et d’une réglementation environnementale moins stricte. Le délocalisation fut autorisée par les autorités américaines à condition que l’usine en Indiana demeure opérationnelle. Ce qui ne fut pas le cas : celle-ci fut rapidement et très discrètement fermée. Molycorp de son côté interrompit l’exploitation à Mountain Pass. En raison de la colère du Pentagone devant le quasi-monopole chinois actuel, la carrière est en train d’être rouverte et son exploitation devrait reprendre fin 2012. On compte cependant qu’il faudra quinze ans pour qu’elle tourne à nouveau à plein rendement. Il faudra aussi que les États-Unis reconstruisent durant cette période leur capacité à séparer et raffiner les différentes terres rares, un processus chimique complexe et polluant dont les résidus sont souvent, comme je l’ai dit, radioactifs. Quinze ans durant lesquels le Pentagone aura tout loisir de se ronger les ongles nerveusement.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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L’ANNEE 2010 : LA DERNIERE CARTOUCHE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Article paru dans L’ENA hors-les-murs, janvier 2011

L’année financière 2010 s’est caractérisée par le rétrécissement des options pour toutes les nations.

En raison d’une concentration excessive de la richesse, le financement des entreprises, le revenu des ménages, avaient été partiellement remplacés par des crédits. En 2008, le château de cartes du crédit s’est écroulé. On a parlé de « crise de liquidité » au lieu d’insolvabilité pour permettre aux États de renflouer les banques en catimini en leur avançant des fonds à taux zéro ou à peu près par le biais de leur banque centrale. Au lieu de prêter cet argent-là à des entreprises ou à des particuliers, qui auraient été bien incapables de les rembourser le temps venu dans le contexte de récession qui s’était créé, les banques commerciales ont remis cet argent en pension auprès des banques centrales ou ont acheté des emprunts d’État. Comme les États s’étaient surendettés pour renflouer les banques, et s’étaient portés garants de leur solvabilité, et que leurs rentrées baissaient du fait de la récession, le taux exigé sur leur dette par le marché des capitaux grimpait et la valeur de leurs emprunts baissait parallèlement. Du coup, le portefeuille des banques se dévalorisait. Ce qui les obligeait à se recapitaliser. Les banques s’affaiblissaient parce que leur portefeuille était bourré d’emprunts d’État qui perdaient de leur valeur parce que les États s’étaient affaiblis en venant à la rescousse des banques : une spirale infernale s’était amorcée.

Aux États-Unis, les autorités, comme les économistes, et comme la population toute entière, ont guetté anxieusement en 2010 les signes d’une reprise qui ne fut jamais au rendez-vous. La chasse quotidienne aux indices de rebond constituait un spectacle particulièrement navrant. Que des profanes en matière économique imaginent qu’un indice isolé, comme un chiffre du chômage un peu meilleur que d’habitude, ou un prix de l’immobilier en hausse légère, puisse représenter à lui tout seul un signe de reprise est excusable puisque la complexité de la machine économique peut très bien leur être inintelligible, mais que des économistes professionnels succombent à de telles illusions (s’ils sont dupes) ou participent à de telles campagnes de propagande (s’ils ne le sont pas) était spécialement inquiétant.

Devant un chiffre du chômage bloqué au taux officiel de 10 % et officieux de 17 %, et un stock immobilier qu’il faudrait près de neuf ans pour écouler (107 mois), l’Amérique était hantée par le spectre de la déflation. Elle n’ hésita pas : elle eut recours à l’arme ultime qu’est l’assouplissement quantitatif, euphémisme utilisé pour désigner la planche à billets, arme que le statut de monnaie de référence et de réserve de sa devise lui offrait, quitte à exporter ses problèmes à la surface du globe sous la forme de dollars dévalués de fait cherchant à se placer dans des économies en moins mauvaise posture que la sienne. La manœuvre ne fut guère appréciée à l’étranger. Au sommet du G20 à Séoul en novembre, les États-Unis se sont retrouvés dans une situation inédite : isolés face à une coalition constituée du reste du monde. Il n’en est pour autant rien sorti : devant la détérioration économique de l’Occident et le dynamisme du reste du monde, le G20 qui promettait monts et merveilles en matière de gouvernance mondiale a confirmé en 2010 l’impuissance qui est la sienne depuis sa mise en place en 2008.

L’Amérique n’a évoqué à aucun moment la crainte de la déflation comme sa motivation pour recourir à la planche à billets : elle a parlé plutôt de relancer son économie. Pendant ce temps-là, l’Europe de la zone euro choisissait d’accorder la priorité au règlement de sa dette publique, quitte à sacrifier la relance, puisque l’austérité, freinant la consommation, entraîne nécessairement une contraction de l’économie.

L’Europe, comme les États-Unis d’ailleurs, avaient fait le choix depuis 2008 de sauver les investisseurs à tout prix. Choix dont il faudra un jour écrire l’histoire et analyser les motivations et les ressorts. La première fausse note de cette partition viendrait d’Angela Merkel, le premier ministre allemand, qui engagea la zone euro dans une voie inédite : mettre à contribution les investisseurs en cas de difficultés à partir de 2013. Les prêteurs aux États européens se sont en effet vu annoncer qu’à partir de cette date, la prime de risque qu’ils intègrent dans le coupon réclamé sur la dette d’État deviendra pour de bon ce qu’ils ont toujours affirmé qu’elle était en réalité, à savoir une prime de risque à proprement parler, censée couvrir le risque de défaut de l’emprunteur. Reste à voir si les prêteurs seront heureux d’être pris au mot – même si c’est sur le tard dans l’histoire du capitalisme – et toujours aussi nombreux dans le nouveau cadre défini par ce codicille.

Bien sûr la zone euro n’avait d’ores et déjà plus d’autre choix, s’étant engagée avec le sauvetage de la Grèce au printemps 2010 et de l’Irlande à l’automne, dans une voie sans issue : celle où viennent en aide aux nations qui défaillent – dont le nombre croît sans cesse –, le groupe des survivants parmi les seize nations – dont la taille diminue dans la même proportion. C’est qu’après la Grèce et l’Irlande, le Portugal et l’Espagne apparaissaient eux comme immédiatement menacés.

Dans la zone euro, l’État le plus affaibli, la Grèce, a crié au secours le premier. On a créé tant bien que mal après des atermoiements coûteux, un fonds de garantie européen. On était en mai, les choses se sont tassées. Cinq  mois plus tard, l’attention s’est tournée vers l’Irlande dont le secteur bancaire, nationalisé à divers degrés, continuait de réclamer un soutien abyssal, représentant pour 2010 pas moins de 32 % du Produit Intérieur Brut de la petite nation de 4,5 millions d’habitants, une somme qui pourrait atteindre au total 150 milliards d’euros.  Dans les conversations entre l’Allemagne et la France, le mot « restructuration » cessa bientôt d’être tabou quand on parlait de la dette de l’Irlande, de la Grèce, et des prochains dominos à tomber qu’étaient le Portugal et l’Espagne. Et sinon la « restructuration », du moins le « rééchelonnement » – ce qui du point de vue des créanciers veut dire la même chose : qu’une partie de la somme escomptée manquera à l’arrivée. Quoi qu’il en soit, ce seraient les détenteurs d’emprunts d’État – au premier rang desquels les banques – qui paieraient cette fois. Du moins si elles peuvent encaisser la perte. Si elles ne le peuvent pas et si elles figurent au palmarès des vingt banques « Too Big to Fail », trop grosses pour faire défaut – entendez « sans que tout ne s’effondre » – établi par le Conseil de Stabilité Financière du G20, il faudra que les États les sauvent. Avec quel argent ? Excellente question : serait-ce en faisant régler l’ardoise des vingt plus grosses banques du monde par le Fonds Monétaire International, le payeur de dernier ressort ? Impossible puisque, vivant des cotisations des États membres, ses ressources à lui ne sont pas non plus infinies.

De leur côté, les nations émergentes communément appelées BRIC (pour Brésil, Russie, Inde et Chine) eurent à lutter contre les capitaux spéculatifs venant rechercher sur leurs marchés des taux que les nations déclinantes ne pouvaient plus offrir. La Chine parvenait encore à retirer son épingle du jeu, retrouvant un taux  de croissance d’avant-crise. Sa situation n’était pas simple cependant, cherchant sa voie à tâtons entre les pesanteurs bureaucratiques du communisme d’antan et l’aventurisme du capitalisme sauvage. « Traverser le gué en s’assurant d’une pierre à la fois », avait dit Deng Xiaoping, à l’époque où il inaugurait la nouvelle politique. Mais le gué devient traître avec la pluie qui grossit le flot.

Et les peuples dans tout cela ? L’année se terminait sous le signe de leur rébellion. Le 6 mai, le passage en boucle sur les écrans des salles de marché du spectacle des émeutes en Grèce avait provoqué aux États-Unis un « krach-éclair ». Les Français avaient manifesté en masse et à plusieurs reprises à l’automne. Les Anglais, dont on admirait jusque-là la placidité, manifestaient eux aussi contre la suppression brutale de l’État-Providence par David Cameron à la tête d’un gouvernement de coalition dirigé par les Conservateurs. En Espagne, la grève des contrôleurs aériens conduisait à déclarer l’état d’urgence. Aux États-Unis, les familles dont le logement était menacé de saisie, se rebiffaient à la faveur d’une confusion née d’un double système d’enregistrement des titres de propriété. Enfin, l’Europe des gouvernants se mettait à trembler devant les appels à la révolution et à sa mise en œuvre par la panique bancaire, que lançait Éric Cantona, gloire du football international. Il rejoignait à la même époque dans la catégorie des modernes Robin des Bois, Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks qui provoquait de son côté la panique dans la diplomatie internationale en diffusant 250 000 messages échangés entre les ambassades américaines et leur Département d’État, révélant en particulier que ce dernier, rivalisant désormais avec la CIA et la NSA, se consacrait tout entier et à plein temps à l’espionnage.

En 2010, les dépenses occasionnées par la crise : sauvetage du secteur bancaire, relance, ajoutées au manque à gagner dû à la récession, ont entraîné les États à la suite de leur secteur bancaire. On se retrouvait dans une situation ubuesque où les banques détenaient de la dette d’État dépréciée en raison de l’aide et de la garantie que les États leur offraient, chacun tirant l’autre par le fond. Où cela s’arrêtera-t-il ?

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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BFM RADIO, LUNDI 27 DECEMBRE A 10h45 – L’ANNEE QUI S’ACHEVE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

D’abord, un petit rappel. Le cadre global, c’est celui d’un système où l’argent manque en général là où il est nécessaire. Il faut alors l’emprunter et payer des intérêts. Comment se détermine le niveau des taux d’intérêt ? C’est le produit d’un rapport de force où interviennent trois facteurs : 1) l’offre et la demande de capitaux, 2) le rendement de l’économie (on est « partageux » quand le choses vont bien, beaucoup moins quand elles vont mal) et 3) le risque de contrepartie, c’est-à-dire le risque de non-remboursement. (Les économistes mentionnent aussi l’anticipation de l’inflation. Une « anticipation » est une représentation, elle peut déterminer le degré de résolution individuelle mais elle n’a aucun impact sur le rapport de force entre prêteur et emprunteur).

Quand, comme aujourd’hui, les taux sont élevés essentiellement parce que la part « prime de risque » est élevée, l’emprunteur se trouve pris dans un cercle vicieux : la prime de risque élevée accroît sa difficulté à rembourser, autrement dit augmente son risque de défaut. C’est le drame de l’Europe aujourd’hui.

L’Europe doit réduire ses déficits, aggravés par la crise financière et économique, d’où l’austérité ; elle doit aussi relancer la machine économique, ce qui exclut l’austérité. Les agences de notation qui mesurent le risque réclament bien entendu les deux. C’est l’impasse ! Pas nécessairement : il existe une solution : augmenter les salaires bas et moyens et baisser parallèlement (pour éviter toute inflation) les revenus du capital et les salaires extravagants. Entre une solution pareille et l’impasse, on n’hésite pas une seconde en haut-lieu : l’impasse fait l’unanimité !

Les États-Unis ont joué cette année sur le statut de monnaie de référence du dollar américain. L’argent ne coûte rien dans ce pays : quand il manque, on en imprime. Cela durera tant qu’il y aura une demande internationale pour le dollar. Si elle s’évanouit, le dollar s’effondre. Les États-Unis doivent aussi relancer leur économie. Ils ont choisi de reconduire une fiscalité amicale aux grosses fortunes. L’argent dégagé de cette manière ne pourra pas s’investir dans une économie déprimée, une partie sera consacrée à l’achat de produits de luxe, l’autre se retrouvera dans la spéculation, c’est-à-dire dans la prédation sur l’économie mondiale. Est-ce bien de cela que nous avons besoin ?

La Chine a entrepris sur le tard sa révolution industrielle. Dans un contexte où une monnaie nationale, le dollar américain, est aussi monnaie de référence, il n’existe qu’une seule solution : celle que la Chine a choisie, ancrer sa devise nationale à la monnaie de référence. Le dollar devient monnaie de singe ? qu’importe, le yuan le devient aussi ! et le commerce entre les deux pays se poursuit sur une base inchangée.

Le mélange de dirigisme et de capitalisme sauvage auquel recourt la Chine en ce moment est détonnant : bulle immobilière aujourd’hui, inflation demain, bulle boursière après-demain, etc. Cela ne peut fonctionner que dans le cadre d’un système politique autoritaire où des changements de cap instantanés sont possibles : séduire les investisseurs aujourd’hui, les assassiner demain, pour les ressusciter après-demain, si nécessaire. Il faut avoir le cœur bien accroché !

La Chine soutient aujourd’hui le système monétaire international tout entier à bout de bras : le dollar cette semaine, l’euro la semaine suivante et le yen la semaine d’après. C’est son intérêt bien compris, dit-on. Le jour où elle cessera de le faire, ce sera parce que cela aura cessé d’être son intérêt bien compris. N’empêche, on l’accusera alors sûrement de tous les maux.

La Chine réclame depuis l’année dernière une refonte du système monétaire international. On ne l’écoute que d’une oreille distraite. Si l’on ignore sa proposition, la guerre sino-américaine aura lieu sur le marché des capitaux et il n’est pas difficile de deviner qui l’emportera. Mais on n’évitera pas les dégâts collatéraux parmi les spectateurs, pour employer l’expression consacrée. Avis aux Européens.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 24 DECEMBRE 2010

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CE N’EST PAS UN PROBLEME DE LIQUIDITE MAIS DE SOLVABILITE !
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L’actualité de la crise : DES FRACTURES QUI NE SE RÉDUISENT PAS, par François Leclerc

Billet invité.

Il n’y a pas que nos sociétés qui soient à deux vitesses, l’Europe aussi en a pris le chemin. Etrange et frappante similitude, qui veut que les inégalités s’accroissent, aussi bien entre pays qu’au sein de chacun d’entre eux. Persévérant ainsi dans ce qui a été considéré – par les plus éclairés – comme cause majeure de la crise dans laquelle nous restons plongés : la distribution inégale de la richesse. Faut-il s’en étonner ?

Tandis que les agences de notation continuent de dégrader à tour de bras la note de l’Europe d’en-bas, l’écart s’est désormais creusé sur le marché obligataire avec celle d’en-haut. L’accès au marché financier est devenu hors de prix pour les pays dans le besoin et en comparaison presque donné pour les riches. Déroutante constatation : l’argent n’a pas le même prix pour tout le monde.

Entrés à reculons dans des dispositifs infernaux de sauvetage, la Grèce et l’Irlande se préparent à devoir repousser toujours plus loin toute perspective de sortir de ceux-ci et de recouvrir leur autonomie financière, en attendant que d’autres les rejoignent dans leur calvaire. Car il semble qu’une fois la pente descendue, elle ne puisse plus être remontée. Comme si l’ascenseur social – dont on sait qu’il ne fonctionne plus – avait trouvé à une autre échelle son équivalent.

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L’actualité de la crise: AUX SUIVANTS !, par François Leclerc

Billet invité.

La BCE joue à l’équilibriste.

S’efforçant d’établir un cordon sanitaire devant le Portugal, elle cherche à préserver l’Espagne dont le tour d’entrer par la suite dans la zone des tempêtes était annoncé. Cultivant le mystère pour mieux montrer sa force, elle est intervenue sur un marché déserté où elle a triomphé sans gloire en achetant par paquets de 100 millions d’euros des obligations portugaises et irlandaises, afin d’en faire baisser le taux et de stabiliser la zone euro. Après avoir commencé ces achats durant la conférence de presse de Jean-Claude Trichet, elle a poursuivi au même rythme jamais atteint ce vendredi.

Mais elle s’est refusée pour autant à dévoiler ses intentions pour l’avenir, laissant planer l’incertitude et n’engageant pas – comme attendu par les marchés – une intervention massive du type de la Fed. Comme à l’accoutumée, rendez-vous est pris lundi matin pour plus de clarté sur le terrain.

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