Archives par mot-clé : compétitivité

Productividad, competitividad, empleo y Estado social (IV) por Michel Leis

Billet invité. Traduction en espagnol par Myriam Fernández de Heredia. Texte en français, ici.

La reconstrucción de un Estado social

Después de esta inmersión en los mecanismos de la productividad y la competitividad, no puede quedar ninguna duda: el trabajo escasea, la máquina sustituye al hombre o el empleo se exporta a países donde los salarios no cuestan mucho. Esto no es una consecuencia inevitable del progreso tecnológico o la mundialización, se trata solo de tácticas implementadas en una lucha despiadada para imponer relaciones de poder. Continuer la lecture de Productividad, competitividad, empleo y Estado social (IV) por Michel Leis

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Productividad, competitividad, empleo y Estado social (II), por Michel Leis

Billet invité. Traduction en espagnol par Myriam Fernández de Heredia. Texte en français, ici.

Evolución de los aumentos de productividad por sector

Zebú evocaba en sus posts la desaceleración del crecimiento de la productividad observada recientemente. Hay una primera explicación general: con desaceleración de la actividad, el valor añadido disminuye o aumenta en menor medida, mientras que el número de horas de trabajo no se ajusta de manera lineal (tranquilos, no se trata de defender el discurso del MEDEF(1)). Además, hay que añadir el efecto de la variación de las existencias cuando la actividad disminuye. Continuer la lecture de Productividad, competitividad, empleo y Estado social (II), por Michel Leis

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Productividad, competitividad, empleo y Estado social (I), por Michel Leis

Billet invité. Traduction en espagnol par Myriam Fernández de Heredia. Texte en français, ici.

Los discursos oficiales justifican la erosión gradual del Estado de bienestar debido al peso que representa el déficit presupuestario. Al mismo tiempo, hacen del credo de la competitividad empresarial el único horizonte de la política económica. Estos dos aspectos de un discurso de gestión y dogmático que se han convertido en la norma política de hoy en día no son tan independientes como parece a primera vista. El mundo económico proclama desde el alba hasta el ocaso que no se puede subir los impuestos en nombre de la competitividad insuficiente. Como único remedio el Estado sueña con el regreso del crecimiento, la poción mágica que hará aumentar tanto los ingresos fiscales como el empleo. Ilusión peligrosa que ignora los avances históricos en la productividad y el empleo. Sin embargo, debemos mirar la situación actual en toda su complejidad y este largo post es en parte una respuesta y un complemento de dos posts ya viejos de Zebú (*) (27 de octubre y 30 de octubre) sobre la productividad y la automatización.

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Le Monde / L’Écho, Sommes-nous assez compétitifs face au Bangladesh ?, le mardi 17 mai 2016

J'avais écrit dans mon billet : "Le rythme actuel de la robotisation signifie que, faute pour de nouveaux Bangladais de passer de paysan crève-la-faim à ouvrier mal payé, les salaires du Bangladesh ne décolleront plus significativement de leur niveau actuel."

Une modification intempestive au niveau du Monde en a fait : "Le rythme actuel de la robotisation signifie que, bien qu'il y ait de moins en moins de Bangladais passant du statut de paysan crève-la-faim à celui d’ouvrier mal payé, les salaires du Bangladesh ne décolleront plus significativement de leur niveau actuel."

... introduisant un contresens criant. J'ai remplacé ci-dessous "bien que..." par "comme...".

Sommes-nous assez compétitifs face au Bangladesh ?

Voici ce que l’on entend dire de plus en plus souvent : 1) les salaires français ne tomberont jamais au niveau de ceux qui sont payés au Bangladesh aujourd’hui, car la mondialisation fait que les salaires dans ce pays augmentent ; 2) les exigences de la compétitivité font que les salaires au niveau international vont s’établir quelque part entre les salaires français et bangladais actuels, au niveau que les marchés définiront (car ils ont la capacité de fixer les prix à leur niveau vrai) ; 3) et il est bien qu’il en soit ainsi car de quel droit refuserions-nous au tiers-monde son industrialisation, n’est-ce pas nous après tout qui avons retardé celle-ci en faisant subir à ces pays la prédation de nos projets coloniaux ?

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Europe : DES PARIS STUPIDES ET DES MESURES CONSERVATOIRES QUI NE LE SONT PAS, par François Leclerc

Billet invité.

Une nouvelle belle histoire nous est racontée, avec comme épisodes annoncés deux sommets européens successifs, en octobre et novembre prochains, qui devraient traiter successivement de la relance économique via l’investissement, et de l’assouplissement de la rigueur fiscale. Entre temps, la nouvelle Commission aura été constituée et les principaux postes de responsabilités européens pourvus.

Elle ne débute pas sous les meilleures auspices, à considérer ces nominations. Que ce soit celle du Polonais Donald Tusk à la présidence du Conseil européen, ou bien celle de l’Espagnol Luis de Guindos à la tête de l’Eurogroupe, qui pourrait intervenir à la fin du mandat de Jeroen Dijsselbloem. Ces deux candidatures à des poste-clé ont le soutien d’Angela Merkel, mettant du plomb dans l’aile à la stratégie d’influence. La désignation de Pierre Moscovici au poste de commissaire à l’économie chère à François Hollande ne semblant acquise qu’à condition qu’il soit flanqué d’un adjoint finlandais, Jyrki Katainen, destiné à le serrer de près. La chancelière a bien verrouillé !

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L’économie pour les neuneus – Chapitre 2 : La compétitivité, Macroéconomie, par Jean-Baptiste Auxiètre

Billet invité.

Le principe de la compétitivité est d’être plus compétitif et donc cela sous-entend que l’on est plus productif, c’est-à-dire faire plus avec autant ou autant avec moins ou enfin plus avec moins.

Les entreprises en France produisent majoritairement pour le marché intérieur : environ 73% et seulement 27% à l’export. Imaginons que chaque entreprise plus compétitive remplace 10 personnes par 5 personnes.

Pour 100 entreprises schématiquement :
On a 27 entreprises x 5 personnes qui exportent donc 135 personnes de plus qui ont du travail en net pour le pays.
On a 73 entreprises x (10-5) personnes qui vendent sur le marché intérieur et donc 365 personnes de moins qui ont du travail.

Donc on a plus de chômage de 365-135=230 personnes ! Pour que la compétitivité produise plus d’emploi qu’elle n’en détruit ; il faudrait au moins exporter à 50%.

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Ce n’est pas une simple question de bons et de mauvais élèves. Réponse à Jens Weidmann, par Paul Jorion et Bruno Colmant

Bruno Colmant et moi avons rédigé ce texte aujourd’hui. J’ai tenté de le faire publier dans la presse écrite mais un 13 août vous avez surtout à faire à des téléphones dont personne ne soulève le combiné. Cela se fera peut-être encore, on verra. Le voici de toute manière en attendant.

Dans l’entretien qu’il accorde à Marie Charrel dans Le Monde d’aujourd’hui, Jens Weidmann, Président de la Bundesbank réaffirme la doxa allemande selon laquelle la structure bâtarde de la zone euro, ni fédérale, ni confédérale, ne constitue pas en soi un problème : il n’y a que de bons et de mauvais élèves, l’Allemagne est un bon élève et c’est aux autres pays d’améliorer leur performance.

Dans le cadre de la zone euro, telle qu’elle est aujourd’hui,où toute dévaluation externe est impossible pour un pays membre, en raison de la dépendance de tous par rapport à la monnaie commune, la seule dévaluation possible est celle, interne, du coût du travail, qui passe par des réformes structurelles dans une perspective de compétitivité accrue.

Interrogé sur la hausse récente des salaires en Allemagne, qui semblerait paradoxale dans un contexte où cette nation prêche à ses voisines le moins-disant salarial, M. Weidmann répète la doxa : il faut améliorer la compétitivité par des baisses salariales jusqu’à ce que l’emploi reparte, ce qui donnera le signal autorisant à nouveau des salaires à la hausse.

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L’économie pour les neuneus : Chapitre 2 : La compétitivité, par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion

Les nouveaux marchés

On rabâche aujourd’hui qu’il faut être plus compétitif. Pour cela, il faut offrir de meilleurs produits et de meilleurs services pour moins cher afin de pouvoir les exporter. Or pour la plupart des entreprises, leur marché est de fait national et leur périmètre est constant, de même que leurs moyens : il n’existe pas de « nouveau marché » et la dépense possible pour les clients est elle aussi constante : la part des moyens dont disposent les ménages pour tel ou tel besoin demeure constante. Ce qui fait qu’une entreprise plus compétitive ne fait qu’en remplacer une autre qui l’est devenue moins et on ne crée à l’arrivée aucun emploi, on en détruit au contraire puisqu’on aura remplacé tant de personnes par moins de personnes, pour effectuer la même opération de manière optimisée.

Le souhait serait bien sûr que ces entreprises (après avoir supprimé beaucoup d’emplois au niveau national) finissent par en créer dans un élan irrépressible d’exportation. C’est nier l’évidence que même une entreprise nationale qui exporte à l’étranger fait travailler aussi des personnes dans ces autres pays, il s’agit même d’une contrepartie exigée par ceux-ci dans pratiquement tous les cas. Donc non seulement on utilise moins de main-d’oeuvre dans le pays de départ mais aussi dans les pays clients où là aussi on remplace pour le même marché un nombre X de personnes par un autre nombre Y moins élevé.

La notion de « nouveau marché » n’existe que par rapport à une entreprise donnée, mais en fait son « nouveau marché » est le plus souvent celui qui était auparavant celui de sa voisine ou, si ce n’est pas le cas, comme pour un nouveau produit technologique, elle ira raboter les moyens dont disposent les clients potentiels sur les autres marchés, puisque ceux-ci n’ont pas accès globalement à davantage de moyens.

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LE MONDE : « Keynes nous jugerait sévèrement », lundi 6 – mardi 7 janvier 2014

Ma chronique mensuelle : La leçon du vrai Keynes

Que dirait Keynes revenu parmi nous des politiques économique et financière qui sont les nôtres ? Je parle ici du véritable John Maynard Keynes, et non des économistes contemporains que l’on appelle par facilité de langage, « Keynésiens » et dont la pensée est très éloignée, pour la plupart, de celle du Keynes historique.

Il serait consterné, comme il le fut toujours, devant les politiques d’austérité et rejetterait avec horreur notre invocation sentencieuse d’un impératif de « compétitivité », l’aimable euphémisme auquel nous recourons pour désigner la politique cynique du « moins-disant salarial ».

Le niveau atteint par les salaires était jugé par Keynes non révisable à la baisse et ceci pour deux raisons, l’une purement économique, l’autre « d’ordre moral » selon ses termes, mais nous pourrions dire tout aussi bien d’ordre « sociologique » ou « politique ».

La raison d’ordre économique est que l’appel à une baisse des salaires est révélateur d’un contexte déflationniste où l’exigence d’une « réduction des coûts du travail » est l’un des symptômes du problème qui se pose. Or la déflation doit être traitée en tant que telle par une politique monétaire et fiscale et non en s’attaquant à l’un de ses symptômes, stratégie vouée à l’échec car se contentant d’effleurer la surface des choses en ignorant leurs causes profondes.

Les salaires ne baissent jamais parce que les salariés y consentent, souligne Keynes, ils baissent parce que la déflation cause du chômage, lequel modifie le rapport de force entre employeurs et employés, forçant ces derniers à consentir à une baisse des salaires contraints et forcés. Cette situation est intolérable du fait que dans le partage de la nouvelle richesse créée entre ce que Keynes appelle la « classe des investisseurs », la « classe des affaires » et la « classe de ceux qui gagnent leur vie » (Earning Class), le rapport de force est, même dans un contexte économique optimal, défavorable à ces derniers : les salariés.

Le niveau des salaires est, dans les terme de Keynes : « poisseux » (sticky). Pareil en cela au niveau des profits ou des loyers, il réagit aux pressions économiques dont il est l’objet : il résiste à la baisse – résultat bien entendu de la résistance collective des intéressés, travailleurs, commerçants ou propriétaires d’immeubles.

Pour Keynes, les salaires ne peuvent constituer une variable d’ajustement : ce sont les autres variables, en particulier le taux de change et le niveau des prix qui doivent s’adapter au niveau des salaires et non l’inverse. La raison de cela, il l’expliqua dans un pamphlet publié en 1925, The Economic Consequences of Mr Churchill :

Nous nous situons à mi-chemin entre deux théories du tissu économique. Selon l’une d’elles, le niveau des salaires devrait se fixer en fonction de ce qui est « juste » et « raisonnable » dans le rapport entre les classes. Selon l’autre théorie – la théorie du rouleau compresseur (juggernaut) économique – le niveau des salaires sera déterminé par la pression économique, encore appelée la « dure réalité », et notre grosse machine devrait progresser imperturbablement, sans autre considération que son équilibre comme un tout, et sans accorder une attention quelconque aux conséquences hasardeuses du voyage pour l’un ou l’autre groupe de la population.

La contrainte « sociologique » selon Keynes est le maintien d’un consensus sociétal : si des équilibres économiques peuvent apparaître dans différents types de configuration, le critère pour en viser l’un plutôt qu’un autre c’est ce que cet équilibre signifie en termes de consensus global. L’objectif est une minimisation du dissensus produit par le ressentiment accumulé entre classes sociales. Aussi hétérogène que puisse être l’ordre social existant, il est impératif qu’aucune composante de la société n’en vienne à juger la situation comme désormais intolérable – une considération devenue étrangère à nos dirigeants, obnubilés qu’ils sont aujourd’hui par les caprices du marché des capitaux.

Keynes s’irritait du fait que quand une conjoncture économique difficile oblige de se tourner vers la nation pour lui réclamer des sacrifices, seule « la classe de ceux qui gagnent leur vie » soit mise à contribution, la « classe des investisseurs » et celle « des affaires » étant épargnées comme une chose allant de soi. Cette constatation l’avait conduit en 1925, dans son pamphlet visant Churchill alors Chancelier de l’Échiquier, ministre des finances, à proposer malicieusement – sachant pertinemment qui dans l’édifice social pousserait aussitôt des cris d’orfraie – une baisse des salaires, à condition que la mesure s’accompagne d’« un impôt additionnel de 1 shilling par livre [soit 5 %] sur l’ensemble des revenus autres que les salaires, impôt à maintenir jusqu’à ce que les salaires effectifs aient retrouvé leur niveau antérieur ».

Par cette provocation à l’égard des nantis, Keynes attirait l’attention sur le fait que dans notre représentation des processus économiques, les revenus de la « classe de ceux qui gagnent leur vie » sont considérés comme compressibles et à tout moment négociables, alors que ceux de la « classe des investisseurs » et de la « classe des affaires » sont spontanément jugés eux comme non-négociables et non-compressibles : si le « moins-disant salarial » s’est vu conférer, sous le nom pompeux de « compétitivité », le statut de dogme, les dividendes et le profit sont eux protégés d’un tabou (décrété autrefois, on le suppose, par le fameux Veau d’Or !). Le moment est venu de remettre en question ce postulat inique.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – BANGLADESH, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité

BANGLADESH – Gagnant provisoire de la compétitivité. Difficile de faire mieux ou pire. Ce pays émergent, comme Venise, est toujours à deux doigts de sombrer. Essentiellement limoneux, désespérément bas et plat, il est complètement désarmé face aux moussons violentes, aux débordements des deux fleuves monstres (le Brahmapoutre et le Gange) qui le traversent, s’y épanchent, s’y étalent (0,005 % de dénivelé entre leur entrée dans le pays et leur embouchure) et s’y rejoignent, et à la montée du niveau des océans due au bouleversement climatique [1]. Complètement désarmé ? Pas tout à fait. Il a pour défenseur historique le tigre, second prédateur de l’homme, après l’homme. Pas de chance, le repaire du tigre du Bengale est la mangrove des Sundarbans, qui subit la double pression de mâchoires des eaux et des hommes [2]. Il existe un prédateur plus redoutable que le tigre : le fabriquant de prêt-à-porter, qui piste la main d’oeuvre bon marché. Le Bangladesh est le deuxième exportateur de vêtements au monde. Le textile y est quasiment une monoculture d’exportation (80 % du total). Le salaire de base mensuel des trois millions d’ouvriers du secteur est de 3000 taka (38 dollars US), un des plus bas au monde, tellement bas que les patrons chinois s’avouent battus… à plate couture. En juin 2013, les syndicats du textile – on ne sait par quel miracle ils n’ont pas été dévorés -, dans le sillage de manifestations diluviennes, de grèves et d’incendies d’usines, ont demandé que le salaire minimum soit porté à 8114 taka (100 dollars US). Cris d’épouvante du patronat : la conjoncture est mauvaise, vous n’y pensez pas ! Et puis une hausse de salaire dans un pays comme le Bangladesh, ce serait comme le surgissement d’un volcan dans la Flandre Occidentale, une incongruité. Ce sera 20 % d’augmentation, pas davantage.

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » – BANGLADESHISATION, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité

BANGLADESHISATION – Projet patronal d’alignement des salaires et des conditions de travail occidentaux sur ceux du Bangladesh [*]. Ce projet est acté politiquement quand un ministre de droite ou de gauche – c’est à peu près égal en l’occurrence – se félicite que les syndicats de son pays aient accepté, en échange de la conservation des emplois et d’une relocalisation d’une partie de la production, un grignotage des acquis sociaux essentiels et un gel, voire une réduction des salaires. C’est ce qui s’appelle avancer à reculons vers l’avenir ou sortir de la crise par le sous-sol. Vers l’infini, dirait Buzz l’Éclair, mais en deçà (d’un partage équitable des gains) !

_____________

[*] Paul Jorion : « Aligner les salaires français sur ceux du Bangladesh », Le Monde, 13-14 mai 2013.

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APPEL À CANDIDATURES AU MOINS-DISANT SALARIAL, par Jacques Seignan

Billet invité

Cher Paul,

Vous risquez bien de devoir changer votre formule sur la définition asymptotique de la compétitivité, alignement de nos salaires sur ceux du Bangladesh !

Les travailleurs du Bangladesh sont fous, ils manifestent ; ils n’ont rien compris ! Ils réclament une augmentation du salaire mensuel minimal de 28 à 77 euros ! Du n’importe quoi, ça me coûterait au moins quelques centimes sur mon pantalon, et c’est inacceptable.

Au lieu de croupir dans des rizières surpeuplées, ils travaillent dans de grands immeubles en dur ; ils sont vraiment ingrats. Il y a eu un accident récemment mais c’est oublié… enfin pour nous spectateurs des chaînes d’information en continu. Ils sont si nombreux : 1129 morts dans le Rana Plaza sur une population de 152 millions, et nous en France combien de morts sur les routes? Tout ça, ça va casser leur croissance et faire le bonheur de pays africains où le coût horaire sera plus bas que le leur (11 centimes d’euro). Tant pis pour eux.

Il faut vite leur envoyer un commissaire… pas un commissaire du peuple, non un commissaire européen qui leur expliquera le réalisme économique !

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PROJET D’ARTICLE POUR « L’ENCYCLOPÉDIE AU XXIème SIÈCLE » : Compétitivité, par Michel Leis

Billet invité.

–       Compétitivité: issue du verbe latin « petere » (chercher à atteindre), le mot compétitivité partage cette étymologie avec compétition, compétence et pétition : tout est dit ou presque. De quoi s’agit-il ? D’une compétition, où l’essentiel n’est pas seulement de participer, mais bien d’être parmi les gagnants, une course dont l’enjeu reste en dernier ressort le profit. Elle mobilise des compétences au sens le plus large, celles qui sont nécessaires à l’atteinte de cet objectif. Si celui-ci n’est pas atteint, on demande le changement des règles en recourant à l’une des armes favorites de tout groupe de pression qui se respecte : la pétition.

–       La compétitivité pourrait se définir comme la capacité à participer à une compétition avec de bonnes chances de succès. Appliquée aux entreprises, elle exprime à la fois l’aptitude de l’entreprise à répondre aux attentes de profit dans un univers de marchandisation généralisée et la combinaison des moyens engagés pour arriver à ce résultat. L’élévation de la norme de profit ces dernières décennies rend la compétition plus âpre et redonne une deuxième jeunesse à cette sentence sans appel : malheur aux vaincus !

–       De fait un grand nombre d’entreprises en sont déjà exclues, travaillant dans le domaine de la sous-traitance, elles subissent de plein fouet les rapports de force imposés par les entreprises dominantes. Elles sont facilement interchangeables et leur cadre de travail est avant tout celui de la survie. Cette dualité dans la réalité des entreprises ne se retrouve pourtant pas dans leurs discours.

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L’EUROPE VICTIME D’ABORD D’ELLE-MÊME, par Jean-Pierre Pagé

Billet invité.

Après l’« Hiver » de l’année 2012, tout se passe comme si le « Printemps » était arrivé avec l’année 2013. Les Bourses remontent, les congratulations entre les puissants de ce monde à Davos (non sans un certain nombre d’inquiétudes récurrentes) suivent des déclarations selon lesquelles « la crise serait derrière nous » et les satisfecit accordés à l’action des autorités européennes donnant l’impression que la zone euro est en voie de guérison. Même Mario Draghi, d’ordinaire plus prudent, ose annoncer une « reprise de la croissance » au deuxième semestre. Ceci contraste, au demeurant, avec la véritable déprime –  le « French bashing » – de nos compatriotes.

Cette autosatisfaction est pourtant extrêmement trompeuse. Les espoirs d’amélioration de la situation relèvent pour une grande part du « wishful thinking ». Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, les programmes d’austérité n’ont pas rétabli les équilibres (cf : les propos de Christine Lagarde, directrice du FMI, et de Olivier Blanchard, le « chief economist » de cet organisme). Quand ils ont réduit les déficits et l’endettement publics, c’est généralement, au prix d’une perte de substance des économies considérées manifestée par des baisses significatives du PIB et une augmentation dramatique du chômage, comme en témoignent les cas de la Grèce, bien sûr, mais aussi de l’Espagne, du Portugal et, même, de l’Italie. Même si la montée du chômage en France y est inquiétante, la situation est différente, car la « doxa » de l’austérité n’y a pas été appliquée avec la même rigueur, comme nous le reprochent tant de « bons esprits ».

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