Archives par mot-clé : inflation

L’argent, la dette et la Gauche : Faut-il avoir peur de la dette publique ?

L’intervention que je ferai demain au Colloque organisé par le groupe socialiste, écologiste et républicain du Sénat : L’argent, la dette et la Gauche. Faut-il avoir peur de la dette publique ? Pour les personnes qui souhaitent suivre le colloque, voici le lien vers l’évènement facebook sur la page du groupe socialiste et un “live” sera diffusé à partir de 9h00.

Pour fonctionner, pour rendre les services attendus de lui, comme l’éducation, la police et la justice, la défense des frontières, pour pallier partiellement les inégalités dues au hasard, pour venir en aide aux plus démunis,  l’État a besoin d’un budget, d’un Trésor. Alimentent celui-ci les revenus des biens nationaux et l’impôt.

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Création monétaire, salaires, prix et inflation

Petite discussion en commentaires. Mais mérite sans doute la une.

* Gérard

Bonjour. Une société sans impôts est-elle possible ? En seulement 10 mois en 2020, environ 35% de tous les dollars américains ont été créés par le gouvernement américain et, apparemment, cela n’a créé aucun type de surinflation.

* Paul Jorion

C’est parce que ces dollars ne se sont pas transformés en hausse de salaires. Hausses de salaires que les industriels et prestataires de services répercutent habituellement en augmentation du prix des produits et des services, provoquant une inflation. Vous voyez : le mécanisme est simple !

* Gérard

Merci.

Et si l’État créait de la monnaie pour faire fonctionner ce que les impôts font d’habitude : il en serait de même non ?
 
* Paul Jorion

Oui : dans le cadre des rapports de force existants, si l’on augmente les salaires SANS maintenir la stabilité des prix des produits et des services –laquelle stabilité exige alors que le surcoût dû aux salaires soit absorbé au prorata, par les patrons sous la forme d’une baisse de leur rémunération, et par les actionnaires sous la forme d’une baisse des dividendes – la création de monnaie provoque de l’inflation.

Pire encore, le raisonnement suivant des patrons et actionnaires : “Puisqu’il y a eu hausse des salaires, AUBAINE ! on va augmenter les prix AU-DELÀ de la simple répercussion des salaires plus élevés dans les prix”. Recette garantie pour lancer l’hyperinflation : un cycle de hausse des salaires entraînant une hausse des prix, entraînant une hausse des salaires…

P.S. Là aussi, ce que je viens de dire en 2 phrases, c’est quelque chose que les gens de la Théorie moderne de la monnaie ne voient pas clairement. Si vous en avez vu qui mentionnent le petit mécanisme que je décris là, signalez-le moi.

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Trends-Tendances, Éloge de Mario Draghi, le 31 octobre 2019

Éloge de Mario Draghi

Mario Draghi a quitté la semaine dernière son poste de président de la Banque centrale européenne.

Le 21 octobre, le Financial Times proposait un bilan de l’action du président par Valentina Romei et Martin Arnold, intitulé « Le mandat BCE de Draghi : Sauvant l’euro, défaillant sur l’inflation ».

Pourquoi défaillant sur l’inflation ? Deux personnes interrogées s’expliquent.

« Le plus grand paradoxe de Mario Draghi est qu’il a été l’un des plus actifs et des plus crédibles des banquiers centraux de l’histoire moderne, et pourtant il quittera la BCE avec l’un des pires palmarès en termes de ciblage de l’inflation », déclare M. Frederik Ducrozet, stratège chez Pictet Wealth Management.

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La Bourse à la peine : deux questions à ne surtout pas poser !

-1,64% pour le CAC40 à Paris, -1,68% pour le Dax à Francfort. Pire encore, à New York, -1,96% pour les firmes technologiques du Nasdaq, et -2,54% pour les grosses firmes industrielles du DJIA. Source de l’inquiétude aux États-Unis ? Les salaires (gaspation !) en progression !

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LA BCE, SUR LA POINTE DES PIEDS… par François Leclerc

Billet invité.

Enfin, la BCE va jeudi prochain clairement annoncer ses intentions ! Avec un grand luxe de précautions et après avoir longtemps hésité, elle va engager la marche arrière et réduire ses mesures non conventionnelles. Plus précisément le volume de ses achats de dette, laissant intouchés ses taux directeurs proches de zéro.

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LA CLAIRVOYANCE N’EST PAS UNE VERTU PARTAGÉE, par François Leclerc

Billet invité.

Après la BCE qui s’intéresse à la qualité de l’emploi, c’est au tour de l’OCDE de constater, allant plus loin, que « l’inégalité des revenus est inédite en ce moment et met en danger la cohésion sociale ». L’organisation déplore « l’incapacité des politiques publiques existantes à promouvoir une croissance inclusive » (qui bénéficie à tous), car une politique de l’emploi ne doit pas se focaliser uniquement sur les taux de chômage et d’emploi, mais aussi sur la qualité de ces emplois.

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Le Monde / L’Écho, Les taux d’intérêt négatifs signalent-ils – comme l’imaginait Keynes – l’avènement du socialisme ?, mardi 8 mars 2016

L’euthanasie par les taux d’intérêt négatifs

Une légende tenace veut que Keynes ait qualifié l’inflation d’« euthanasie du rentier ». Or s’il a bien utilisé cette expression, c’était dans un autre contexte, dans la conclusion de sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) intitulée : « Notes finales sur la philosophie sociale à laquelle la théorie générale peut conduire ». La philosophie en question était le socialisme et Keynes décrivait une stratégie douce pour le mettre en œuvre : une « euthanasie du pouvoir oppressif cumulatif du capitaliste d’exploiter la valeur-rareté du capital… ». Autrement dit mettre fin au capitalisme en éliminant ce qui permet à tout détenteur de capital, ou « capitaliste », d’en obtenir une rente.

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AUTOUR DU POT DES TAUX, DE LA DETTE, DE LA RELANCE ET DE L’INFLATION, par François Leclerc

Billet invité.

La remontée des taux sur le marché obligataire est-elle momentanée ou l’amorce d’une tendance durable ? La question a opposé Ben Bernanke et Lawrence Summers aux États-Unis et n’est pas accessoire : la poursuite de cette hausse redonnerait de l’air à un système financier qui prend des risques et inquiètent la Fed, afin de trouver du rendement, mais elle alourdirait le poids d’un endettement public qui ne cesse de croître, après l’avoir soulagé. Dans l’immédiat, les ventes soudaines d’obligations ont pris à contrepied les investisseurs qui n’y ont pas procédé, ou ne s’étaient pas couverts, imprimant leur marque sur le marché en dépit des achats Jde la BCE. Pour la suite, l’incertitude demeure…

La Banque du Japon et la BCE vont-elles contenir cette hausse ? Cela dépendra de l’attitude de la Fed, selon qu’elle se décide ou non à augmenter son taux directeur, une perspective qui s’éloigne. Remarquons cependant que, présentée comme provisoire lors de son lancement, la politique d’assouplissement quantitatif est devenue permanente, toutes banques centrales confondues. Et s’il est prématuré de conclure que les banques centrales ont perdu le contrôle d’un marché obligataire mondialisé, elles ne parlent plus de l’assécher des liquidités qui continuent à y être déversées.

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ILS JOUENT SUR LES MOTS ! par François Leclerc

Billet invité

L’inflation sous-jacente en France au mois d’octobre a été négative selon l’Insee. Cet indice permet de dégager les tendances de fond de l’évolution des prix, excluant de son calcul les produits dont les prix sont soumis à l’intervention de l’État, ceux qui sont volatils en raison de facteurs climatiques ou de tensions sur les marchés mondiaux, et il corrige les effets des mesures fiscales.

Lorsqu’un indice devient négatif, ce n’est pas très bon signe. Alors pour ne pas mettre les points sur les « i », ne pas parler de décroissance quand c’est le cas, ou de déflation comme cela se présente, on parle de croissance ou d’inflation négative. Le passage d’un état à l’autre n’a d’ailleurs qu’une faible portée, lorsque la croissance plafonne et l’inflation n’atteint pas – et de loin – le niveau fixé comme objectif, c’est tout juste une question de conventions. Mais il est des mots dont la charge est trop forte pour être prononcés dans ce monde où l’influence est un trafic comme un autre, et où l’action politique se conçoit comme un effet de tribune.

À ce propos, un nouveau mot vient de faire son apparition : la prédistribution. Il a pour principale raison d’être d’escamoter la redistribution fiscale, qui passe au second rang pour ne pas être accomplie. Le premier ministre français vient d’importer le concept des États-Unis, depuis qu’il fait fureur dans les rangs des socialistes européens cherchant à retrouver un ancrage progressiste et se refaire une virginité.

L’idée est simple : il faut prioritairement intervenir en amont, et non pas en aval, pour que l’égalité soit instaurée. Chiche, on attend des actes !

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EN ROUTE POUR DE NOUVELLES GRANDES AVENTURES ! par François Leclerc

Billet invité

Après avoir fait les gros titres sur le thème « plus jamais cela », la régulation est désormais la grande oubliée d’une Europe ayant d’autres gros soucis. Les lobbies bancaires enterrent des mesures restant à l’étude et les États-Unis apparaissant à la pointe des réformes, tout étant relatif ! Les dirigeants européens ont d’autres réformes en tête, qui sont au contraire pro-business. Embourbés dans une politique ne produisant pas les effets annoncés, ils s’entêtent et pratiquent la fuite en avant. Jusqu’à quand ?

Lors de leur rendez-vous à Jackson Hole, les banquiers centraux n’étaient pas si à l’aise, faisant de leur pragmatisme une vertu, faute de posséder la recette permettant de revenir sans encombres sur leurs mesures d’assistance au système financier. C’est avec de multiples précautions que la Fed et la Banque d’Angleterre cherchent à relever leurs taux proches de zéro, grâce auxquels le crédit est quasi-gratuit pour les établissements financiers ayant accès à leurs guichets. Elles craignent les effets d’enchainement sur les taux du sevrage qu’elles voudraient administrer, avec comme choix d’assumer ce risque ou de voir des bulles d’actifs continuer à gonfler.

Plus généralement, la question est posée : le système financier est-il en mesure de se passer de l’assistance des banques centrales ? La ferveur que manifestent au sein de la zone euro les marchés à l’idée que la BCE pourrait à contretemps de ses consœurs démarrer la planche à billets montre que la réponse n’est pas évidente.

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RÉFLEXIONS TROP CONFUSES D’UN CHEF D’ENTREPRISE U.S., par PlastoMan

Billet invité.

Entre 2 langues et trois pays, et un esprit « weird » as they say, je me pose quand même beaucoup de questions sur la logique de l’argent. Mes idées sont de loin trop confuses pour être partagées et mon français bien trop mauvais [P.J. : j’ai corrigé le pire !]. Pour moi ça doit péter ou « faire une bonne guerre » comme on dit, pour devoir reconstruire Russie vs Europe pour l’Ukraine et ses gazoducs, Iran-USA vs Irak-Yémen pour détruire le Quincy agreement et dégager les Wahhabites, Chine vs Japon-Vietnam for the oil.

Si on accepte qu’un entrepreneur essaie de fabriquer un produit le moins cher possible et le vendre le plus cher possible, cet homme sera confronté à la logique de la concurrence et donc devra faire preuve d’ingéniosité pour diminuer ses prix de fabrication ou augmenter ses prix de vente.

Le prix de la nourriture a baissé au cours des siècles, et le coût des voitures, des computers et même des maisons suivent la même trajectoire. D’un point de vue économique, on appellera cela de la déflation.

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PUISSANTS OU MISÉRABLES… par François Leclerc

Billet invité

La Commission a enjoint le gouvernement portugais de « présenter dans les plus brefs délais des mesures alternatives » à celles qui ont été retoquées par le Conseil constitutionnel du pays, afin que le Portugal « puisse respecter les objectifs auxquels il s’est engagé ». À l’occasion de sa distribution de bons et mauvais points d’hier, le gouvernement français a par contre bénéficié d’un tout autre traitement : « la stratégie budgétaire présentée dans le programme n’est que partiellement conforme aux exigences du pacte de stabilité et de croissance », mais ses mesures « vont clairement dans la bonne direction ».

Venant confirmer que devant les faits il n’y avait pas d’autre solution que de finalement s’incliner, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, s’est résolu à déclarer dans la presse allemande « Il est possible que la Grèce ait à nouveau besoin d’aide, d’un montant limité », oubliant les promesses de restructuration et ne faisant encore qu’effleurer le sujet. Ce qui augure de nouvelles contraintes pour le gouvernement grec qui cherche à les éviter. La brillante approche des autorités européennes n’a pas changé, frappant les faibles et épargnant les puissants, n’agissant qu’à la dernière minute dans l’improvisation pour gagner du temps.

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