L’argent, la dette et la Gauche : Faut-il avoir peur de la dette publique ?

L’intervention que je ferai demain au Colloque organisé par le groupe socialiste, écologiste et républicain du Sénat : L’argent, la dette et la Gauche. Faut-il avoir peur de la dette publique ? Pour les personnes qui souhaitent suivre le colloque, voici le lien vers l’évènement facebook sur la page du groupe socialiste et un “live” sera diffusé à partir de 9h00.

Pour fonctionner, pour rendre les services attendus de lui, comme l’éducation, la police et la justice, la défense des frontières, pour pallier partiellement les inégalités dues au hasard, pour venir en aide aux plus démunis,  l’État a besoin d’un budget, d’un Trésor. Alimentent celui-ci les revenus des biens nationaux et l’impôt.

Ce budget remplit deux tâches : assurer les dépenses, et investir pour l’avenir. Si le budget est insuffisant, l’État emprunte, la somme des emprunts constitue la dette publique. 

Le service de la dette

Comme l’État bénéficie de rentrées constantes et comme la dette peut du coup être roulée à chaque échéance, le montant total de la dette est essentiellement anecdotique. À ceci près que l’État verse des intérêts, dont le taux est appelé par tradition, le « coupon », sur les sommes qu’il emprunte. C’est ce qu’on appelle le « service de la dette » et ce service de la dette a lui un coût, proportionnel aux sommes empruntées, au temps qui passe et au « coupon » que l’État a dû consentir pour obtenir les sommes qu’il a empruntées en émettant des obligations. 

Le poids effectif de la dette publique, n’est donc pas celui de son montant total mais celui du « service de la dette », des intérêts versés.

Il est donc essentiel pour un État que le coupon des obligations qu’il émet, c’est-à-dire des sommes qu’il emprunte, reste bas, et ceci d’autant plus que le montant absolu de la dette publique est élevé. 

On entend dire qu’un État peut se débarrasser de sa dette par l’inflation, en laissant se dévaluer sa monnaie, ce qui réduit le montant de sa dette par le même facteur que celui de cette dévaluation. Aussi commune que soit cette opinion, le raisonnement qui la sous-tend est stupide puisque l’inflation oblige l’État, en tant que demandeur sur le marché international des capitaux, à hausser le coupon de ses obligations, augmentant le coût du service de la dette, la seule chose comptant vraiment au niveau du budget.

La réponse appropriée au poids de la dette publique n’est donc en tout cas pas l’hydroxychloroquine de la dette qu’est l’inflation.

Comme nous traversons aujourd’hui une période exceptionnelle de taux d’intérêt négatifs, le souci pour l’État sur ce plan du service de la dette publique est en ce moment réduit, il n’en doit pas moins s’inquiéter de toute hausse possible des taux d’intérêt. D’où l’importance de la question : quel est le mécanisme de la hausse ou de la baisse des taux d’intérêt ?

Comme je viens de le laisser entendre, l’inflation pousse à la hausse des taux. Les investisseurs s’attendent en effet à ce que le rendement d’une obligation soit supérieur en tout cas à la déperdition subie sur le montant absolu des sommes prêtées dû à l’érosion de la monnaie dont l’inflation est la cause. Mais dans le contexte global du marché des capitaux, qui reflète le rapport de force existant entre prêteurs et emprunteurs au plan international, les vœux des prêteurs sont insuffisants à eux seuls à déterminer le montant du coupon ; s’il en était autrement, les taux d’intérêt négatifs et les coupons négatifs, ne seraient jamais apparus.

Deux autres facteurs sont décisifs dans la détermination du niveau des taux d’intérêt, chacun agissant en un lieu spécifique et paradoxalement dans un sens opposé à l’autre, l’un des deux, précisément pour ce qu’il en va de la dette publique, l’autre pour la dette privée.

Pour la dette publique, il s’agit du montant du coupon : le taux d’intérêt réclamé de l’État pour la dette qu’il émet. Pour la dette privée, il s’agit de la « part » ponctionnée par les investisseurs sur les gains qu’auront permis les avances qu’ils ont consenties à l’économie sous la forme de prêts.

Ces deux déterminations du niveau des taux vivent de leur propre vie, dans une large indépendance, mais soumises à la contrainte particulière que pour une devise particulière, et pour chaque échéance (six mois, un an, cinq ans, etc.) un seul taux prévaut dont le niveau est la résultante de ces deux forces s’exerçant sur lui en deux lieux distincts : au sein de l’économie pour la dette privée, et sur le marché des capitaux pour la dette publique. 

De plus, et de manière paradoxale et lourde de conséquences, la « part » ponctionnée par les investisseurs sur l’économie, et le coupon, le taux réclamé de l’État pour la dette qu’il émet, agissent en sens opposé : les taux grimpent, soit parce qu’il est réclamé des emprunteurs privés une cote-part plus élevée du fait que l’économie se porte bien, soit parce qu’il est réclamé de l’État emprunteur une prime de risque quand l’économie va mal, en raison d’un risque à deux facettes : de non-versement des intérêts (du « coupon ») promis, d’une part, et de non-remboursement des sommes empruntées (les obligations d’État), d’autre part.

Ce niveau unique des taux, en dépit de leur double détermination (bonne santé de l’économie, d’une part ET fiabilité de la banque centrale d’autre part dans ses obligations), implique l’éventualité d’une spirale récessionniste. En effet,  si le marché des capitaux soupçonne soudain les autorités monétaires de mal gérer une économie en difficulté, le coupon exigé pour la dette nouvellement émise grimpera, définissant un niveau des taux à la hausse qui mettra en péril la capacité des investisseurs privés à emprunter à des taux soutenables dans une économie déjà en berne, faisant ainsi que celle-ci ira de plus en plus mal.

Si l’État aux abois était alors tenté de renier sa dette, le marché des capitaux en aurait vent et la prime de risque inclue dans les taux qu’il exigerait de lui (le coupon des nouvelles émissions obligataires) exploserait et l’économie nationale perdrait tout accès au crédit. Ce serait la Crise.

Si l’économie devait au contraire être en bonne santé, le marché du crédit se souviendrait aussitôt que les intérêts représentaient autrefois la « part » dans le système du métayage, partage moitié/moitié par exemple de la moisson entre le métayer et le propriétaire, ce qui fait que la part grossit en chiffre absolu quand la moisson est bonne et rétrécit quand elle est médiocre, assurant un partage équitable de la chance comme du risque entre les parties au contrat. Le service de la dette augmenterait alors mais comme les rentrées de l’État par l’impôt seraient à la hausse dans la même proportion, il n’aurait aucun souci à se faire.

L’incompréhension traditionnelle de la logique des taux par la Gauche

Ce qui vient d’être dit vaut pour les gouvernements de gauche comme pour ceux de droite. La difficulté pour la Gauche vient du fait qu’elle ignore en général la subtilité du mécanisme qui vient d’être décrit et préfère se représenter la question comme un combat titanesque entre les forces du bien : elle, et les forces du mal : « les marchés ».

Car il s’agit d’une attitude typique de la Gauche au cours du dernier demi-siècle (on pense tout particulièrement aux gouvernements Mitterand d’union de la Gauche) d’imaginer qu’affronter victorieusement « les marchés » est une simple question de détermination, de faire comprendre à ces marchés qu’une Gauche au pouvoir est prête à taper du poing sur la table et à ne plus se laisser dorénavant marcher sur les pieds. Or les « marchés » en question ne sont pas seulement, comme l’imaginaient et l’imaginent encore certains dirigeants de la Gauche, une petite clique de capitalistes enfoncés dans des fauteuils de cuir et fumant des havanes, qu’il s’agit juste d’impressionner avant de les mettre au pas, ce sont, en arrière-plan de ceux-ci, et de manière beaucoup plus insaisissable, les implications multiples du mécanisme adaptatif que je viens de décrire : celui qui lie étroitement et subtilement la dette publique au montant des impôts, au statut de la devise nationale par rapport aux autres et aux taux d’intérêt. Si l’on touche à l’un de ces trois facteurs, les deux autres réagissent d’une manière qui pourrait apparaître en effet comme les représailles qu’exercent des êtres machiavéliques cherchant à exercer leur vengeance, alors qu’il ne s’agit en réalité que des effets de rééquilibrage qu’opère spontanément un mécanisme adaptatif délicat. 

Si « les marchés » l’ont toujours emporté jusqu’ici contre la Gauche, ce n’est pas dû au fait que ses acteurs se soient ligués avec une efficacité redoutable devant la menace « bolchévique », mais en raison de la solidarité interne des divers éléments constituant ces marchés : crédit, monnaie et taux d’intérêt, qui assure que si l’un est touché, les autres réagissent ou, dit plus justement, s’adaptent.

Ce qui ne signifie pas pour autant que la dite « science » économique ne cache pas les véritables rouages de ce mécanisme par une combinaison de dissimulation délibérée et d’ignorance crasse, ni que rien ne puisse être fait pour changer le cours des choses, en faisant éventuellement mal et pousser de hauts cris à ceux qui tirent profit de la configuration présente des différents facteurs à l’œuvre dans ce mécanisme. Mais il s’agit d’impacter ceux-ci en toute connaissance de cause, c’est-à-dire sur la base d’une bonne compréhension du fonctionnement précis du mécanisme en question, à savoir la dette publique au carrefour de l’impôt, de la monnaie et des taux d’intérêt. 

 Voilà ce qu’il est possible de dire à propos de la dette tant qu’il n’est question que de la « servir » : de s’acquitter des versements d’intérêts. Passons maintenant à la dette publique en tant que montants empruntés, et à rembourser un jour ou l’autre.

Le remboursement de la dette

Il existe deux moyens pour l’État de gérer la dette publique : réduire les dépenses et augmenter les rentrées. 

Réduire les dépenses a pour nom « austérité » et l’on pourrait se contenter ici d’ignorer cette option comme exclue de l’arsenal de la Gauche, mais il faut expliquer pourquoi celle-ci a entièrement raison sur ce point : en affectant le pouvoir d’achat, l’austérité constitue en effet le moyen le plus sûr de blesser mortellement l’économie. Pour que la démonstration en soit limpide, il faut d’abord rappeler quelques banalités de base quant au fonctionnement d’une économie.

Une banalité de base désormais ignorée est la suivante : que la croissance consiste en une hausse du PIB (Produit intérieur brut), que le PIB est la somme des valeurs ajoutées, que la valeur ajoutée est ce que l’on appelle aussi le profit et que seuls les industriels et les marchands font du profit. Et que si l’on veut dès lors trouver le moyen que la croissance se concrétise en achat de produits et de services en tant que matérialisation d’un pouvoir d’achat dans la population, il faut que les industriels et les marchands acceptent de se départir d’une partie au moins de leurs profits sous la forme de salaires accordés à des salariés encore appelés travailleurs. Et il serait naïf de croire que nous vivons dans une société idéale où les profits faits par les industriels et par les marchands se redistribuent automatiquement de manière effective en augmentations de salaires, et donc en gains pour l’économie par le biais du pouvoir d’achat. Or les industriels, capitalistes et marchands renâclent : ça ne les dérangerait pas outre mesure qu’il n’y ait qu’une seule industrie : celle du luxe. Que quelqu’un d’autre qu’eux devrait alors acheter tout le reste ne les effleure pas.

Si dompter « les marchés » n’est pas une option pour la Gauche, ces marchés en tant que volonté autonome étant un mirage, augmenter les rentrées de l’État est cependant une réelle possibilité, et cela aussi bien au niveau du stock que constitue le patrimoine déjà constitué, qu’au niveau du flux que représentent les revenus.  

Pour qui est des flux, la richesse se génère toujours davantage à partir du capital, et de moins en moins à partir du travail. Si cela n’apparaît pas en surface, c’est dû au simple fait qu’une machine (robot, logiciel, algorithme) n’étant pas salariée, elle est invisible en tant que véritable agent dans la comptabilité de l’entreprise. Mais les gains toujours croissants de la machine (qui est du capital incorporé) par rapport à l’homme (qui consent du travail) se reflètent dans les dividendes en hausse constante que versent les entreprises. Une « taxe Sismondi » (ou taxe-robot) sur la valeur ajoutée par la machine, peut capter une portion de ce flux, à condition qu’une modification des règles comptables rende lisible cette plus-value.

Voilà pour les flux. Mais quand il s’agit de rétablir un équilibre entre les contributions insuffisantes des générations présentes à l’impôt par rapport à celles excessives exigées par anticipation des générations futures, il devient indispensable de ponctionner les stocks, à savoir le patrimoine existant. Ce qui veut dire, pour appeler les choses par leur nom, attenter à la propriété privée.

Curieusement peut-être, la Gauche d’autrefois, à différentes époques, a bien mieux compris que ce n’est le cas aujourd’hui les différents mécanismes de l’économie et de la finance que j’évoque ici. En d’autres temps, la Gauche n’a pas pris de gants comme elle le fait désormais, elle n’a pas cherché à contourner les difficultés auxquelles elle faisait face par d’invraisemblables contorsions, elle n’a pas proposé de supprimer la dette plutôt que de faire participer à la solidarité nationale l’argent là où il se trouve, mais elle n’a pas hésité à affirmer qu’il fallait rééquilibrer les rapports entre générations et entre classes sociales et que le nœud du problème avait pour seul nom « concentration de la richesse », en termes de flux (salaires extravagants, intérêts et dividendes) et de stock (capital accumulé).

Qu’est-ce que « prendre au mot » le système capitaliste ? C’est comprendre son fonctionnement, savoir où résident ses forces et ses véritables faiblesses, et concentrer les efforts aux endroits où leurs effets portent véritablement.

En 1909, Charles Gide et Charles Rist, dans leur Histoire des doctrines économiques, notaient que l’on pouvait savoir si un ouvrage relevait encore de l’ancienne « économie politique » : une véritable science économique, ou déjà de la prétendue « science » économique : une pseudo-science promue par les milieux financiers dans les écoles de commerce, avant d’envahir les facultés également. Dans les ouvrages de la première école, disaient-ils, certains chapitres étaient consacrés à la propriété privée et au caractère conflictuel des intérêts des différentes classes économiques, alors que dans les publications de la seconde, ces chapitres avaient disparu. Volatilisés ! Faisant cependant indirectement la preuve que les milieux financiers, et leurs valets universitaires (pour reprendre une formule amusante de la Gauche d’autrefois), n’ignorent pas où se situent les quelques talons d’Achille de leur bel édifice. 

La Théorie moderne de la monnaie prône aujourd’hui des mesures radicales comme l’annulation de la dette, le recours indéfini à la planche à billets jusqu’à atteindre le plein-emploi, etc., des mesures qui ne sont une fois de plus que des tentatives de jouer au plus fin avec le système capitaliste plutôt que de le prendre au mot, de l’affronter tel qu’il est en lui-même. La Gauche a voulu jouer à tout cela, et a perdu en chaque occasion. Son choix est maintenant entre, d’une part, se laisser charmer par le chant des sirènes de la TMM, dont le message consiste essentiellement à nier qu’existe la mécanique subtile dette publique-monnaie-taux que j’ai décrite ici et se dire, pareille à Mitterand en 1981, qu’affronter le marché des capitaux n’est rien d’autre qu’une question de force de caractère : de volonté et de détermination, ou bien, d’autre part, se souvenir que oui, c’est bien vrai, l’ennemi c’est le capital : la concentration de la richesse, que l’on a atteint les limites de ce que l’on peut imposer comme poids aux générations futures, et qu’il n’y a pas d’autre choix qu’une redistribution plus égalitaire de l’effort national.

Rien n’interdit à la Gauche d’aujourd’hui de rouvrir les yeux, plutôt que de tourner autour de pot avec l’enthousiasme qu’on lui constate, ou de proposer des mesures fantaisistes et dangereuses dont le seul effet sera de l’obliger à rapidement battre en retraite, avant de devoir se taire à nouveau pour un demi-siècle, cuvant la honte d’une déroute pourtant facile à anticiper.

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62 réflexions sur « L’argent, la dette et la Gauche : Faut-il avoir peur de la dette publique ? »

  1. Merci M. Jorion de nous livrer en “avant première” la teneur de votre discours solennel devant ce qu’est espéré rester de “sagesse” dans une telle institution publique et démocratique… ou il est suspect de croire aux “rumeurs” suggérant que le clientélisme y rime avec carriérisme… que les conflits d’intérêts y copulent avec les secrets d’affaires… dans le lit du pantouflage…

    Est-ce aller dans le “bon sens” que prône votre intervention, que d’essayer d’alimenter le débat avec ce qui suit, inspiré par ailleurs par une compréhension personnelle de vos propos…?

    “”La violence n’a pas fini de frapper”…

    Dire cela dans pareil contexte d’effondrement des solidarités – du moins de certains des services publics et principes fondamentaux les incarnant (hospitaliers, d’assistance sociale, d’inspection du travail, du conseil des prud’hommes et de la justice au sens large, de la médecine du travail… sur fond de politiques d’austérités décennales, de “réformes structurelles néolibérales” du code du travail, des protections sociales, des assurances vieillesse et chômage, etc) – et de délitement du dialogue social, “sociétal” et démocratique, “ne mange pas de pain”…

    La “prise de risque” est même minime, voir pour ainsi dire quasi nulle, lorsque même le terme de “violence”, devant continuer de frapper… peut vouloir tout dire, et pas grand chose, “en même temps”…

    Par exemple pendant qu’il est apitoyé le “temps de cerveau disponible” – qu’à vouer un “culte féroce” à la seule “DICTATURE des émotions” sondées, capable de “rassurer”, “réconcilier” les “doutes” de la “macronie”, avec les “incertitudes” des extrêmes droites/droites extrêmes, les “ras le bol fiscal” des deux avec les “poujadismes” et “bas instincts” de certain.e.s…? – d’une “opinion” (cette “pute qui prend par la main, le juge”…?) invitée à s’attendrir… devant “la gifle”, cet acte “d’ultime violence”, commis envers le “premier…”, “outrage” de “l’être suprême” incarnant “la plus haute autorité de la République” insupportable quant à le placer en position de “victime”… une autre brutalité, d’une autre nature certes, se prépare à creuser plus encore les inégalités, injustices, pour y enterrer en “catimini” l’explosion du nombre de précaires et pauvres, SDF, réfugié.e.s…. du pays de la défunte déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen…

    Les risques que la gestion néolibérale de la crise sanitaire, se finissent que plus mal pour de plus en plus de pauvres, précaires, etc… des pays riches comme pauvres… n’étant pas même résolus… “qu’en même temps” qu’est craint une grave crise sociale, “sociétale”, climatique… (du moins les dirigeant.e.s du public et privé, s’inquiètent de : “comment lutter contre la menace de justice sociale” ?)… voila que le spectre de la “peur d’avoir peur” du “retour des jours heureux” de “l’inflation” de “l’ancien monde”, fait anticiper les décisions de propriétaires privés d’entreprises de la grande distribution, et leurs actionnaires, dont l’assistanat sans contrepartie (“immorale optimisation, flat tax, baisses des impôts de production de société, suppression partielle de l’ISF, dispositif de chômage partiel et de “télétravail” – fraudé – baisses des cotisations sociales patronales sur les bas salaires des caissières, de plus en plus remplacées par des “caisses automatiques” défiscalisées et désocialisées …) n’a jamais été aussi conséquent…

    Par anticipation, les “experts économiques” cherchent à faire comprendre que les “coûts” des matières premières étant en train d’augmenter, il serait justifiable alors que les prix des denrées alimentaires des grandes surfaces, suivent cette courbe ascendante, pour rester “compétitif”…

    Le langage technocratique des “scientistes” des “marchés” a cela d’avantageux : dénaturer, désensibiliser, jusqu’à décrédibiliser toutes tentatives de raisonnement moral, éthique…

    Car cette anticipation du retour de “l’inflation”, devant être soit disant “compensée” par la hausse des prix, veut dire en terme plus “commun”, dans la langue de madame et messieurs tout le monde quoi…. : que l’explosion de 9% des dépenses contraintes… des ménages les plus pauvres, précaires, brutalisés par les “discriminations systémiques” (discriminations impunies à l’embauche, dans l’accès aux logements, dans les violences commises lors des contrôles aux faciès, “manifestation interdites”… par une partie des 50% du personnel du “monopole de la légitime violence de l’État”, votant pour l’extrême droite) impactés par la crise sanitaire et manque de lits de réa… dans les territoires ou règnent les inégalités scolaires de “destins” (NON RECOURS soit non redistribution du soit disant “pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent”) les inégalités d’accès aux services publics… impactés aussi par les “réformes”, la raréfaction des emplois stables, d’un travail en CDI (“l’Ubérisation et ordinisation” défiscalisée et désocialisée du travail segmenté à la tâche, des savoirs et services publics digitalisés, privatisés, de l’emploi se précarisant quand il ne disparait pas, n’est pas délocalisable, automatisable)… cette explosion injuste du “coût de la vie”, d’un besoin de se sustenter, de plus en plus insatisfait, inaccessible… risque d’être d’une violence, plus douloureuse pour le plus grand nombre, que “la gifle” infligée à “l’unique” et ses soutiens…

    La violence de pareil hausse de ces dépenses pré-engagées, dans une telle situation d’instabilité “sociétale”, du dialogue social et démocratique se radicalisant jusqu’à n’entendre que la “violence physique” dans les médias mainstream… n’a aucune commune mesure avec la décence d’un juste partage des richesses et meilleur redistribution que garantit “l’État providence” …

    La démesure de l’indécente distribution des dividendes aux actionnaires, “grands patrons”, CSP+… tous propriétaires privés assistés… des entreprises en question voulant “compenser” les risques “d’inflation”, sans toucher au partage toujours plus inégalitaire des richesses, dépasse tout entendement moral, éthique, “commun”, dans sa violence… lorsque les bénéfices en question ont été fait en profitant de la fermeture des cantines scolaires et universitaires, lors des périodes de confinements : cantines scolaires… qui n’ont pu jouer leur rôle fondamental, essentiel, de soutien social, de cohésion sociale, en distribuant gratuitement des repas aux enfants et étudiant.e.s de parents pauvres, précaires…

    Ces parents et enfants pauvres, précaires, ont vu tellement exploser les dépenses contraintes essentielles à leur subsistance, dans leurs budgets insatisfaisants (plus de 10 millions de personnes, survivent depuis le début de la crise sanitaire, sous le seuil de pauvreté…) en étant obligé de “compenser” la fin de la gratuité des repas fournis par les cantines scolaires, etc… que les queues d’étudiant.e.s et familles désœuvrées n’ont cessé de s’allonger devant les assoc… pendant que les “grandes enseignes”, leurs actionnaires… jouaient aux soit disant “mécènes” en leur distribuant des “invendus”… et spéculent toujours sur la hausse ou baisse des stocks gérés en flux tendu, et les prix, des denrées alimentaires, masques, respirateurs, gel hydroalcoolique, médicaments, “vaccins…”, etc…

    Cette violence sous-jacente aux gestions néolibérales, ultralibérales des crises sanitaires, “sociétales”, climatiques, de la perte de la biodiversité, des guerres commerciales, monétaires de “civilisation”, creusant toujours plus les inégalités, aggravant toujours plus les injustices… risque de n’avoir de cesse d’être traduite par des radicalisations politiques, et d’autres natures de violences, physiques elles, dont les “tentations” d’y répondre par des régimes autoritaires fascisants, en col blanc, ou bleu, pourraient de séduire le plus grand nombre votant encore ; si l’on puisse dire cela d’un corps électoral s’abstenant de plus en plus de voter…

    La santé (“un esprit sain, dans un corps sain” : la satisfaction du besoin de subsistance, de se sustenter correctement sans s’empoisonner par la malbouffe des pesticides, etc y participe) n’a toujours pas été soustraite de la nuisance des “marchés”, contrairement aux promesses “Jupitèriennes” engagées… Il existe des propositions programmatiques (voir le blog de Paul Jorion) qui veulent, entre autre taxer les “caissières automatisées”, le Trading Haute Fréquence, etc, des supermarchés, banques, “marchés”… mettre fin à la spéculation à découvert, se faisant sur les denrées alimentaires et la santé publique (mettre en licence libre, les “vaccins…”…), et instaurer/rétablir de nouveau service public de la GRATUITE dans les domaines essentiels comme l’alimentation, la santé publique, la connectivité, l’éducation, le logement…. Et l’urgence entre autre, sociale, “sociétale”, nous dit qu’il y a une croissance constante et de la sur-concentration des richesses indues… et de la population paupérisée, précarisée pour qui plus de 6 générations ne suffiront pas à leurs descendances à patienter qu’une place se libère dans la file d’attente de “l’escalier social” effondré, lorsqu’il est question d’aligner au moins disant moral, social, fiscal, etc, les protections sociales, droits des survivants (voir d’aligner au tau de mortalité de la covid-19, l’âge de départ à la retraite des plus pauvres, dont l’espérance de la vivre en bonne santé recul toujours plus vite).

    Mais il est sûr que serait faire “violence”, donner une “gifle” au sens figuré, aux propriétaires privés de “marchés” , de “parts de marchés” électoraux… de politicien.e.s…. qui prétendant toujours vouloir que du bien à votre “pouvoir d’achat”, vous font confondre “bas prix”, “petits prix” avec amélioration de vos conditions de vies toujours plus déplorables (“Quoi qu’il en coûte” à qui va rembourser la dette covid – en plus de celle publique explosée après les socialisations des dettes privées, sociales, morales, etc et pourries des subprimes… – les déficits, annulation d’impôts et “charges”, va souffrir des séquelles et traumatismes du covid-long, des effets secondaires à moyen et long terme encore inconnus, de “vaccins…”, des pathologies chroniques pas soignées à temps et autres facteurs multiples de comorbidité..) qu’ils dégradent (qui dit moins de services publics, d’impôts… de protections sociales, dit plus de dépenses contraintes dans la privatisation des dits services…), du moins y participent (externalités négatives polluantes du productivisme épuisant plus de trois planètes par an, pour notre modèle de croissance)…”

    2
    1. Bonjour,

      remarque : il y a beaucoup de choses que vous dite dans votre commentaire sur le billet,

      pour ma part, je suis plutôt du coté de la droite, il y a une chose que je comprends pas,

      nous avons un pouvoir qui exerce une idéologie néolibérale, il y a bien Mme Stiegler qui a fait une recherche universitaire sur l’origine de cette idéologie, néolibérale ou ultralibérale, ou Mr Jorion qui s’acharne a expliquer que c’est une idéologie destructif et mortifère pour notre société,

      Je n’arrive toujours pas à comprendre comment cette idéologie peut prendre racine en France.

      Ce que je veux dire, c’est que c’est pas Français cette idéologie, notre culture n’est pas adapté à cette idéologie, la culture Française elle est plutôt constructive, ce n’est pas notre histoire le néolibéralisme.

      Cordialement,
      Personne

      1. Je n’ai pas le niveau de connaissances de M. Jorion, quant aux tenants et aboutissants historiques des responsabilités de certaines causes, et de qui en assumèrent ou pas, exploitèrent, certaines des conséquences. Je résumerais ce que pense savoir comme suit donc.

        A écouter et essayer de comprendre la logique (Historique ?) de la droite s’essoufflant à courir jusqu’à l’extrême droite et/ou ses électices-teurs, l’esclavagisme n’était pas Français, “pas notre histoire” non plus il paraît, si “l’on” peut justifier l’idée, et “excuser” du peu…. disant les peuplades d’Afrique du Nord, centrale, du sud et de l’est comme l’ouest… avaient commencé la traite d’être humain, la torture et barbarie des rafles dans les villages… le travail forcé d’enfants, la maltraitance des femmes transformées en “objets sexuels”, “esclave de maison”… et autres génocides ethniques… entre eux.

        Réflexion du niveau d’une cour de récrée : Si c’est pas “nous” mais eux qui ont commencé, alors “on” n’est pas responsable d’en avoir faire autant, après…?

        Pire encore que d’avoir “perfectionné” jusqu’à “industrialisé”, massifié, les “méthodes” d’esclavagistes “africains”… c’est pas “notre Histoire”, celle de l’occident… des grandes capitales et fortunes régionales, et même Étatiques, industrielles (Bordeaux, Nantes, etc pour la France) : le commerce triangulaire d’esclaves, de coton, sucre… commerce concomitant à la “colonisation européenne expansionniste” et l’extermination des tribus indigènes Indiennes (d’Amérique du nord et centrale), du “nouveau continent des Amériques”…?

        C’est “pas notre Histoire” non plus les colonisations Françaises, européennes, des territoires Africains, etc… dont les descendances d’esclaves, avaient presque fini par oublier les maux de l’esclavagisme…?

        Le néolibéralisme, et l’ultralibéralisme, comme fut devenu en son temps le libéralisme économique et capitalistique, n’est pas un produit manufacturable dont est traçable, authentifiable, l’origine de son pays, “l’identitarisme” de sa culture, ses traditions. “Multiculturaliste” … cette idéologie est comme un caméléon, capable d’adaptabilité, de se camoufler, de diluer sa responsabilité, suivant des “cultes”, “mœurs” différents… Et l’extrême droite à la sauce Bannon, Trumpiste, ayant pris “racine” en Europe, semble en incarner une des têtes (de “l’Hydre”), se disputant avec la droite extrême, la “suprématie”…

  2. Notes de lecture :
    – L’Etat pallie partiellement “les inégalités dues au hasard” ; au hasard, vraiment ?
    – “On entend dire qu’un État peut se débarrasser de sa dette par l’inflation, en laissant se dévaluer sa monnaie, ce qui réduit le montant de sa dette par le même facteur que celui de cette dévaluation.” Le raisonnement est stupide… Mais il est juste pour un prêt unique à taux fixe du point de vue du particulier qui rembourse. C’est l’endettement permanent et à taux incertain qui le rend stupide ?
    – “rééquilibrage qu’opère spontanément un mécanisme adaptatif délicat”. “Délicat” : Fragile ? Non, péremptoire et inoxydable !
    – “se dire, pareille à Mitterand en 1981” : rien ici ne suggère que le féminin dominât…
    – Conclusion : “Rien n’interdit 1/ de rouvrir les yeux, 2/ plutôt que de tourner autour de pot avec l’enthousiasme qu’on lui constate, 3/ de proposer des mesures fantaisistes et dangereuses 4/à rapidement battre en retraite, 5/ avant de devoir se taire à nouveau pour un demi-siècle, 6/ cuvant la honte d’une déroute 7/ pourtant facile à anticiper.” Est-il nécessaire d’être si dur et méprisant envers tous ? N’avez-vous pas des alliés ?
    A part cela, le texte est clair et excellent à mon avis. Je trouve intéressant de creuser l’idée forte que les capitalistes d’aujourd’hui vivent aux crochets pas seulement de nous mais aussi de nos générations futures (pas les leurs), ce qui est le contraire exact de ce qui motivait les premiers partis socialistes (“lutter pour le progrès social, sinon pour nous, du moins pour nos enfants” )..

    1. Vous ne savez manifestement pas lire.

      “L’Etat pallie partiellement “les inégalités dues au hasard” ; au hasard, vraiment ?”
      Vous pensez inégalités sociales (en bon libertarien fanatique que vous êtes certainement).
      Mais l’expression désigne en fait la fonction “Etat Providence”/”assurantielle” de l’Etat (présente également dans toute communauté politique
      organisée).
      Le propos de Paul est générique, et il intervient AVANT toute détermination précise sur l’objet desdites protections.
      Ensuite, dans le détail, vous incluez ce que vous voulez selon vos croyances politiques personnelles:
      – dans les catastrophes naturelles (mauvaises récoltes, handicap de naissance ou accidentel).
      – dans les distributions de dotations jugées “arbitraire d’un point de vue moral” .

      Stupide ne signifie pas injuste.
      C’est stupide parce que l’adoption du prétendu remède, non seulement ne guérit pas le patient, mais aggrave encore son état.
      Ca n’a rien à voir avec un particulier.
      C’est stupide comme le sont toutes les fausses bonnes idées.

      Je crois que délicat ne veut pas ici dire “fragilité” mais ” hypersensibilité de l’interdépendance des facteurs” (vous ne pouvez pas modifier 1 iota de ces facteurs sans que ca ne se traduise immédiatement sur les autres facteurs).

      Il a raison d’être méprisant avec la gauche et son sectarisme ideologique qui nous a tous mis dans la m…

      “ce qui est le contraire exact de ce qui motivait les premiers partis socialistes (“lutter pour le progrès social, sinon pour nous, du moins pour nos enfants”
      Jamais fait le rapprochement. Mais c’est super bien vu.

    2. Par le sort de la naissance,
      l’un est roi, l’autre berger.
      Le hasard fit leur distance.
      L’esprit, seul, peut tout changer
      Beaumarchais.

  3. Simple ( enfin peut être pas pour les esprits empreints d’a priori qui ne se soucient guère d’économie réelle ou de notions de base ) et interrogeant là où ça peut compter . Quelques flashes qui me sont venus en lisant :

    – peut on évoquer le triptyque dette/monnaie/ taux d’intérêt , sans toucher un mot, par extension , des échanges internationaux et des balances des paiements ( commerciale , des invisibles , des capitaux ) ?

    – Que dirait de ce billet ( et du colloque ) PSDJ ? En quoi des monnaies multiples nationales ( pour ne pas dire nationalistes ) résoudraient les impacts négatifs de la dette nécessaire ? en quoi ce serait un substitut efficace au capitalisme théorique et une parade à ses dérives structurelles ?
    – a contrario , selon moi , il ne peut y avoir de dette ” juste” sinon ” de gauche” , sans monnaie mondiale commune . Une e-monnaie mondiale portée par une “banque centrale mondiale” suppose alors une gestion économique mondiale . A défaut de parvenir à ce but final rapidement , quels meilleurs garde -fous au système actuel ?La monétisation de la dette par les grandes banques centrales , en coordination , n’est elle pas alors la meilleure issue ” conventionnelle” actuelle ?
    – si ce garde fou est la tonte douce ou agressive des super riches , l’action nécessaire est selon moi mondiale , si l’on veut parer aux “fuites” et “adaptations ” du goinfre à ramener sur terre . Est ce faux ? Comment s’y prendre ?

    Je retourne au lit .

    3
  4. ((1))
    … ” On entend dire qu’un État peut se débarrasser de sa dette par l’inflation…
    …(…)…
    … ” La réponse appropriée au poids de la dette publique n’est donc en tout cas pas l’hydroxychloroquine de la dette qu’est l’inflation.
    ” …

    Allusion délicate à mon sens et qui peut susciter à postériori un débat inutile.
    Du récent passé en effet , j’ai retenu que l’ HCQ , administrée très précocement , est(était) censée réduire la charge de l’atteinte-Covid19 individuelle , permettant aux défenses naturelles de l’individu traité de se mobiliser puis de jouer autant que faire se peut leur rôle défensif.
    Sauf erreur donc , l’HCQ ne se prétend pas “remède” éradiquant la Covid19.

    A vous de voir.

    3
    1. A défaut de ‘Cure’ (Guérir, guérison), il faut quand même mettre en place le CARE (soigner, soin) ( Merci Cynthia Fleury). L’HCQ fait partie du Care comme d’autres molécules similaires soulageant la respiration cellulaire.
      Mais si on doit attendre du Capital qu’il propose une molécule “Cure” – la molécule miracle – inutile de se déplacer. Ce qui est étonnant – ahurissant – c’est que l’Ordre des médecins ne semble pas s’intéresser au Care.
      Il est vrai que administrativement parlant seul un Cure “breveté” garantit une certaine “impunité” en cas d’erreurs de dosage. Pas facile de venir en aide à des malades qui sont tous différents, tous uniques ! Changer de software c’est d’abord changer de paradigme ! Pas évident !

      2
  5. « Si le budget est insuffisant, l’État emprunte, la somme des emprunts constitue la dette publique.  »

    L’État EMPRUNTE donc à ceux qui ont des sous,
    mais il ferait bien mieux de les IMPOSER
    au lieu de contribuer à la concentration de la richesse.

    Ce serait plus simple, plus juste et… pas d’intérêts à payer !

    1
    1. Dans votre scenario on dirait qu’il n’y a même plus de dette du tout . Peut être certains rois fainéants ont ils pu vivre comme ça .

      La dette publique française est détenue à près de 55 % par des non résidents ….

      Pour la seule France , les seuls intérêts de remboursements de la dette sont de l’ordre de 40 milliards € . C’est à peu près la ressource fiscale à laquelle a renoncé la France sur ces 4 dernières années ( fin de la taxe d’habitation , diminution de l’impôt sur les sociétés et des impôts de production ) . L’ISF au temps de sa splendeur ramenait environ 5 milliards par an . L’ISF immobilière a rapporté environ 2 milliards .

      Un état , comme une entreprise , a besoin d’emprunter pour se développer et offrir à ses habitants une vie plus sure et ” confortable” . Ou il reste un pays arriéré et sans opportunité de ” créer des biens et services ” . Ce qui compte alors c’est la pertinence des choix d’investissements et de fonctionnement . Des pays ayant une “manne “”” aubaine ( exemple pétrole ) n’ont pas forcément su faire bon usage de la ressource financière “gratuite” ( hors emprunts ou fiscalité) ainsi procurée .

      On doit s’endetter , pour survivre pour certains , pour mieux vivre pour d’autres . La question est alors de savoir auprès de qui et à quelles conditions .

      Avec une monnaie et une banque centrale forcément sous motivation ” Politique” au milieu de tout ça .

      Et selon moi ,il n’y a de fonctionnement vertueux possible de l’ensemble qu’au niveau mondial ou dans un système couplant une coordination politico-économique des états et de leurs banques centrales . Et pas possible dans un contexte de compétition mondiale entre états .

      7
      1. Dans un gouvernement mondial l’argent serait il encore necessaire ? On se reterouverait comme une poule devant un couteau , plus besoin d’emprunter , revenu minimum et securité sociale pour tous , tout appartiendrait à tout le monde ou plutot à personne , il ne serait plus question que de gestion des ressources et des matières premières non ?

        1. C’est bien vers ça que l’on sera poussé par nécessité si pas par vertu ( mais Paul Jorion préférerait sans doute ” gratuités de première nécessité” / moi j’avais gardé un e-money mondiale qui serait en fait le moyen de régulation des quotas de services et facilités ….octroyées à chacun – à part égale , selon ses besoins , selon ses mérites ? ). Dans ce monde vivable là , l’individu n’est plus un électron libre mais un individu social .

          Le tout est de trouver les petits pas intermédiaires ( qui permettent , entre autres , d’éviter l’affrontement violent entre Chine et USA ) .

          L’utopie européenne a un rôle pour ça ( c’est presque sa raison d’être) , si les allemands le veulent bien .

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  6. D’ habitude, les interventions de Paul, dirigées par une pensée novatrice, savent remonter à l’amont, le plus souvent aux racines-même de la question.

    Ici, Paul suggère que la question de l’origine de la dette est anecdotique. La question d’importance, traitée à fond, est seulement la conséquence de cette constatation.

    Je ne suis donc pas d’accord sur ce traitement de la question.
    Les techniques d’évitement sur le remboursement ne doivent pas nous éblouir et faire éclipser le principal, si j’ose dire. Évidemment, quand la dette est installée au cœur de l’état comme un fait inévitable, ces techniques sont plus qu’utiles.

    La question de fond est non traitée: pourquoi l’endettement d’un état souverain est-il obligatoire? Pourquoi éviter de passer sous les fourches caudines des créditeurs est-il important pour la liberté d’une collectivité politique? Quelle est cette fatalité qui renforce les riches au détriment de cette collectivité?
    Comment peut-on faire pour que les possédants payent leur juste part du fardeau de l’impôt?

    Il est probable que ces questions de justice sociale soient longues à mettre en œuvre. La dette ne disparaitra pas, ni rapidement, ni totalement. Dans la vie d’un état, le temps ne compte pas, pourvu que la direction de ses efforts soient reconnue et voulue par le plus grand nombre.

    1
      1. Non Paul votre texte est clair.
        Mais certains lecteurs ne souhaitent pas être éclairés
        Incompréhension cognitive ou idéologique ?
        Les solutions concrètes de limiter les droits de la propriété privé, qui sont le cœur du sujet, seront j’espère aborder par Piketty ou dans les tables rondes qui suivront votre introduction.
        Bon courage à vous

    1. « Comment peut-on faire pour que les possédants payent leur juste part du fardeau de l’impôt ? »

      En leur faisant comprendre que ce qu’ils possèdent est sorti de nos poches.

      C’est ceux qui sont en bout de ligne, vous et moi, qui n’ont personne sous leurs ordres à faire trimer, qui sacrifient une partie de leur revenu (échange d’un peu de pognon contre une grosse part de sa vie) ou de leur maigre patrimoine pour acquérir ce dont ils ont besoin à un tarif largement surévalué, sans quoi, il n’y aurait pas autant de profits.

      Alors il devrait être plus que normal que l’Etat dise : « Ben les gars, puisque vous vous gavez avec l’argent des autres, on va vous en reprendre pour leur rendre, de manière directe en complément de revenus (que vous ne voulez pas leur accorder) ou indirecte, en couvertures sociales, services, etc…»
      Ce n’est pas important de savoir à quel niveau les sympathisants du Medef sont imposés, c’est plus intéressant de savoir ce qu’il leur reste après. C’est là que sont les marges d’action et elles sont grasses.

      1
  7. En fait la nostalgie de l’inflation, comme tous les souvenirs, s’accompagne d’une part d’affabulation, et d’histoire reconstituée a posteriori en en tronquant certains aspects comme la croissance.
    L’appréciation positive de l’inflation tenait en fait au mix inflation/croissance de ces années-là ;
    Le deuxième degré de nostalgie qu’il ya dans l’inflation tient au goût amer des politiques récentes déflationnistes de l’Europe qui se calquent sur les besoins des pays en dénatalité , et dont les besoins décroissent, par rapport aux pays à “natalité” qui ne peuvent faire face, à budget constant , aux besoins des nouveaux venus (école, logement, infrastructure, stimulation du marché intérieur pour éponger les nouveaux venus dans la vie active).
    Le taux d’inflation visé par la BCE (déjà n’était jamais atteint) et revenait dans les faits à un taux nominal proche de zéro. Il eut été bon pour les pays dont la natalité et/ou l’accueil de migrants étaient à un niveau simplement normal, qu’un peu d’inflation évite de ne s’enfoncer, année après année dans des politiques à spirales récessives produisant toujours moins d’emploi face à toujours plus de population active. Mais, c’était sans compter avec la complaisance des gouvernements pour un acteur que cela arrangeait bien, le MEDEF, qui voyait dans l’augmentation du chômage un bon moyen d’augmenter ses marges grâce à une négociation salariale déséquilibrée. L’hypocrisie a été de nous vendre la modération salariale comme un instrument de reconquête du marché vers plus d’emploi…On en a vu les résultats! L’Allemagne s’équipe de robot puisqu’elle a de moins en moins de main d’oeuvre (investissant ses 8 points d’excédents commerciaux illégaux au regard des traités) et la France reste le bec dans l’eau avec des capacités financières qui s’amenuisent et toujours plus de chômeurs et cela d’autant plus , si elle s’équipe en robots…
    Pire aujourd’hui, les capitaux français s’investissent à l’extérieur (pour garder le moyen de pression sur les salaires ) et la France paye pour que des capitaux étrangers viennent s’investir à peu de frais et sans condition sur notre territoire (crédit impôt compétitivité et autre financements typés pour start-up). La “fausse teigne” s’est installée de façon vorace et invasive dans les rayons de notre miel. (il va falloir désinfecter!)
    La gauche à mon sens , même si elle a un certain déni des mécanismes de marché (peut-être pour des questions d’éthiques), a deux opportunités:
    L’une c’est qu’avec le réchauffement climatique, la rentabilité ne signifie plus rien; il va falloir investir à perte pour retrouver un mode de vie équilibrée et une économie durable. Les modalités financières de ces investissements de transition devront passer outre les rodomontades de l’économie irréelle qui vit l’inaptitude de ses doxas face à ces problèmes.
    La deuxième, c’est qu’on est depuis 2007 dans un Fukushima financier (qui ne dit pas son nom) qui ne cesse d’avoir besoin de béquilles à 1000 milliards pour se tenir debout . Ces milliards sont perdus, ne servent à rien, mais sont indispensables au maintien du système nous dit-on…En fait, ils sont indispensables au maintien des rémunérations intenables des vieilles hiérarchies en place. Il va donc falloir négocier que s’il y a des rémunérations abusives pour des gens qui non seulement ne rapportent plus rien, mais en plus creusent des trous, hé bien il va falloir mettre en place un système de rémunérations adéquat pour des gens utiles dont l’activité nous est indispensable (comme les paysans bio) afin que leurs efforts soient à portée d’achat même des foyers les plus modestes. Cela suppose d’arracher de la bouche des monopoles (dorlotés par les libéraux), le business de la paupérisation qui fabrique des consommateurs captifs (issus de salariés sous pression) contraints de s’empoisonner avec de la nourriture (800 amputations par an à cause du diabète et du sucre caché partout jusque dans le saucisson) et contraints de détruire le monde malgré eux, en s’équipant avec des produits aussi frelatés que la nourriture, dont l’obsolescence programmée aggrave leur pauvreté autant qu’annihile nos espoirs de survie planétaire.
    Il serait temps que les médias arrêtent avec la ritournelle du sécuritarisme, pour aborder “le vivre ensemble” (avec ses droits, ses devoirs et surtout ses besoins occultés par le gouvernement qui ne veut pas budgétiser) et surtout se posent les vraies questions économiques d’avenir qui menacent notre mode de vie. C’est une question que ne veulent pas aborder les libéraux , et dont droite et gauche doivent s’emparer pour en discourir ensemble.

    3
    1. Les questions posées dans le programme donné de ce colloque de demain , me semblent plus fondées , pertinentes et opérationnelles , même si l’écho potentiel au plaidoyer de Paul Jorion , parait surtout interpeller le premier atelier .

      2
      1. ((2))
        On espérera même des questions , voire plus.. sur le contenu de ces “affirmations” de P.Jorion :

        … ” Une « taxe Sismondi » (ou taxe-robot) sur la valeur ajoutée par la machine, peut capter une portion de ce flux, à condition qu’une modification des règles comptables rende lisible cette plus-value. ” …
        … ” il s’agit de rétablir un équilibre entre les contributions insuffisantes des générations présentes à l’impôt par rapport à celles excessives exigées par anticipation des générations futures, il devient indispensable de ponctionner les stocks, à savoir le patrimoine existant. Ce qui veut dire, pour appeler les choses par leur nom, attenter à la propriété privée
        ” …

        1. Attenter : « Commettre un attentat, faire une tentative de nature criminelle ».

          Patrimoine : Ensemble des biens hérités des ascendants ou réunis et conservés pour être transmis aux descendants.

          Attenter au patrimoine, c’est classiquement révolutionnaire, donc inviter PJ à Davos où chez les socialistes c’est méconnaître le St Georges terrassant le Capital

  8. Bonsoir tout le monde,
    Il n’y a pas des paysan bio mais des paysans.
    La viticulture que je connais un peu a dû s’adapter pour faire face aux marchés.
    Ce que je trouve scandaleux sous l’ère de Mitterrand est l’introduction des petits boulots (TUC etc…). Il y a aussi l’arrivée des machines à vendanger et la mécanisation très développée, les tracteurs etc…, tout ça acheté avec emprunts, d’où endettement de
    quelques viticulteurs.
    Jadis les intrants étaient le fumier issu de l’écurie parce ce que le cheval, les boeufs, les ânes travaillaient le sol.
    Aujourd’hui tout cela n’est plus d’actualité. Les viticulteurs vivent avec 90ha.
    Lorsque ces viticultures ont besoin de main d’oeuvre, il font appel à Pôle Emploi ou une entreprise de mise à disposition de personnel.
    Autrefois, il y avait la polyculture (blé, maïs etc…) aujourd’hui la culture unique est la vigne.
    Dur le travail des champs bio ou pas. Le bio est une référence pour le commerce.

    1
    1. Bonjour Bernie,
      A mon sens , le bio n’est pas qu’une référence commerciale:
      à quels besoins répond-on exactement , au besoin des marchés ou au besoin des familles; les besoins des marchés représentent-ils exactement le besoin du consommateur ou est-ce un leurre?
      Le besoin de l’actionnaire de l’industrie agroalimentaire est-il le besoin du consommateur ou des familles?
      Quid du besoin de l’agriculteur? Est-ce répondre à une demande de marché (le bio est réclamé par le consommateur et les familles ) ou est-ce répondre à une injonction des distributeurs (du volume à pas cher pour investir le moins possible sur la logistique, l’implantation territoriale et la quête du bon produit qui nécessiterait d’arpenter le territoire). Est-ce répondre à une demande des monopsones de centrales d’achats ( faire payer au producteur, la logistique d’approvisionnement sous la menace d’un chantage à l’écoulement des surproductions de monoculture qu’on lui a imposées)
      le besoin de l’agriculteur à l’heure actuelle n’est-il pas biaisé par des commerçants qui n’en sont plus (ils se disent eux-mêmes distributeurs) et ont complètement vassalisé celui-ci , qui n’est plus du tout, un acteur de marché, et qui a été sorti du périmètre de l’économique puisque, souvent, il vend à perte et vit sous le joug de dettes d’investissements dont les fruits ne lui reviennent pas… Pendant ce temps, nos simples distributeurs veillent par des collusions avec le politique, à ce qu’aucun circuit alternatif ne trouve place sur le territoire.
      Il y a eu un déficit politique et éthique, qui a remis les clés de l’agriculture à l’anarchie des spéculateurs, des traités de libre-échange, des monopoles français de transformation et de distribution. La France est un sovkhoze qui fait vivoter de RSA agricole des paysans qui se passent la corde au cou en essayant de répondre aux injonctions de concurrence. Et il y aurait beaucoup à dire sur les maires qui versent des larmes de crocodile sur l’extinction du petit commerce, tout en surmultipliant les surfaces commerciales dédiées à la grande distribution… Bakchich, bakchich quand tu nous tiens…C’est là le modèle des libéraux, gérer la France depuis les monopoles ; le discours sur la concurrence , c’est du conte de fées pour petit enfant… Et ça se transforme en cauchemar jusqu’au suicide…

      1. @ luigi
        Je partage quelques idées de fond sur les élus. La collectivisation existe dans les communes. Il n’y a pas de gestion démocratique.

      2. Il n’y a plus de paysans en France depuis la fin des années 50 . Il n’y a plus que des agriculteurs asservis de puis cette époque là , dès qu’ ils ont du emprunté pour acheter le dernier tracteur américain .

        1. @ Juanessy

          José Bové distingue bien les paysans ( Confédération paysanne ) des ” agro-managers ” , ces gros propriétaire terriens pro-pesticides, pro-pétrole et ultra-connectés. Certains sont même assis en costard cravate dans un open-space et pilotent à distance, toutes sortes de monocultures dans toutes sortes de pays européens. J’ai vu un reportage une fois sur Arte où trois gros céréaliers français donnaient des ordres en ligne à des paysans polonais qui trimaient pour un salaire de misère. Les premiers se marraient face caméra en faisant tourner leurs fauteuils à roulettes car ils ne faisaient que piloter à distance une terre qu’ils ne cultivaient plus ou qu’ils n’avaient jamais cultivé et les autres se satisfaisaient des quelques deniers versés pour 50 heures de travail ou plus, l’équivalent d’un RSA, ici.

          1. je crois connaître assez bien la conf pour avoir défilé avec elle , mon premier petit fils qui n’avait alors que deux ans et ses parents . Le père travaille d’ailleurs depuis plus de 20 ans avec la Conf ( ingénieur agro travaillant dans une ADDEAR) . ma fille a été aussi une des chevilles ouvrières de Nature et Progrès pendant 10 ans . Je m’étais aussi fendu d’une lettre au service du Président de la République pour pétitionner afin de sortir José de prison .

            Mais les agriculteurs de la Conf paysanne comme ceux de la bio-dynamique restent , dans la version la plus libre permise ( et ils ambitionnent le lien sociétal au même rang que la production saine ) , des agriculteurs soumis à des contraintes financières ou d’équipements , qui n’en font plus d’authentiques paysans ( quasi autarciques et en tous cas sans souci pétroliers ou assimilés ) .

    1. Aristote : Et aussi dans les précisions sur les causes, même si Aristote n’est que “entre les lignes” : cause efficiente(motrice), cause finale, cause formelle et cause matérielle dans le désordre, avec la métaphore de la maison pour se souvenir (https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_aristot%C3%A9licienne_de_la_causalit%C3%A9#Exemple_d'une_maison).

      Il est sans doute possible de décrire la TMM comme ignorante des causes matérielle et efficiente, et centrée sur les causes formelles et finales.
      D’ailleurs tant qu’à filer la métaphore de la maison, on peut la prolonger par celle du foyer (oikos)
      Et méditer du coup sur une dette écologique (oiko-logique) dans ce cadre .

      1. J’ai essayé de regarder un peu la vidéo en ligne (facebook).
        J’ai eu surtout l’impression que chacun voulait faire valoir son propre point de vue (j’avoue avoir écouté surtout Jézabel Couppey-Soubeyran vs. Henri Sterdyniak, et Piketty à la fin).
        Je ne sais pas si il y aura quelque chose à en tirer, ce qui en soit est une information sur la perception de la dette, la finance, la pression internationale par les uns et les autres.

        1. On va attendre le rendu du taulier , mais il n’a pas l’ait trop motivé . Mauvais signe .

              1. Je dis à propos du tilleul et des abeilles : “C’est un soir en Dordogne…”, une indication qui devrait quand même aider à la localisation 😉

                1
                1. Avec tout le chahut fait par les abeilles et cette voix de mourant , j’avais effectivement loupé l’intro . Une baffe .

                  PS : les brillants intervenants au colloque n’ont donc disposé que de la version papier de votre appel à tondre les riches plus ou moins super ?

                  1. J’ai encore une case qui appelle au secours : ça fait huit jours que vous étiez en congé en Dordogne mais vous étiez en cravate au Sénat le 10 au matin ?

                    Si je vous gonfle , laissez courir !…

                    Mais on attendra avec gourmandise le rendu après visionnage des vidéos du colloque , quand même .
                    Si ça se trouve , ça intéressera aussi Zemmour .

  9. Bonsoir Paul,

    Concernant le niveau de la dette publique, il serait bon aussi de rappeler qu’aucune étude ne démontre qu’il existe un lien entre celui-ci et la situation économique du pays.

    Par exemple, l’Argentine est frappée par une crise économique avec un niveau de dette publique inférieur à 100% de son PIB tandis que le Japon, avec ses plus de 250% de PIB de dette publique, vit (économiquement parlant) plutôt bien.

    Donc si la question de l’annulation de la dette publique “Covid-19” est vue comme une solution pour prémunir l’économie d’une crise due à la dette publique globale, j’ai bien peur qu’il y ait des grincements de dents assez rapidement.

    D’autant qu’il y a un vrai danger (il me semble) du côté du niveau actuel de la dette privée du secteur non financier (entreprises et ménages)… 🙁

    Un mur de dette privée s’est construit durant la crise de la Covid-19 mais il est encore (bien) masqué par les effets du PGE. Quand l’endettement public va cesser de maintenir sous perfusion l’économie réelle, cette dernière risque de se fracasser sur ce mur de dettes privées.
    Or du fait des liens existants entre la dette publique et la dette privée (que vous rappelez), le poid du service de la dette risque de connaitre une envolée… ou pour être un peu “taquin” une inflation !

    1
  10. “On entend dire qu’un État peut se débarrasser de sa dette par l’inflation, en laissant se dévaluer sa monnaie, ce qui réduit le montant de sa dette par le même facteur que celui de cette dévaluation.”
    C’est un curieux plan pour un pays dans l’eurozone, non?
    “Aussi commune que soit cette opinion, le raisonnement qui la sous-tend est stupide puisque l’inflation oblige l’État, en tant que demandeur sur le marché international des capitaux, à hausser le coupon de ses obligations, augmentant le coût du service de la dette, la seule chose comptant vraiment au niveau du budget.”
    A ce sujet je n’ai trouvé que cette courbe https://france-inflation.com/img/taux_10ans.gif
    D’après l’auteur, la mécanique décrite par Paul est, plus ou moins fortement, tempérée par d’autres composantes du “coupon” : la stratégie “dévaluation”, seule, serait à première vue, incomplète.

  11. Les opposants à la taxe Sismondi pourraient argumenter qu’elle nécessite un investissement. Par exemple et ayant travaillé dans ce domaine je sais qu’un fond d’investissements s’est dotée d’une douzaine de serveurs spécifiques coutant chacun un 1 Million €. Auxquels s’ajoutent des licences logicielles d’environ 1 Millions € annuel selon les options choisies, plus une équipe de 4 experts bien rémunérés (et je ne compte pas le développement des algorithmes).
    Le tout pour stocker des données financières et fournir des outils d’aide à la décision.

    Mais merci pour ce formidable papier sur la dette publique.

  12. L’inflation a repris aux USA ( 4% en tendance annuelle , effet du plan de relance et hélicoptère monnaie de Biden ? ) . Un peu en France ( 1,3% en tendance annuelle au lieu de 0,3 % il y a un an ) .

    La dette déjà contractée ( dernièrement à des taux négatifs en France de l’ordre de – 0,18 % mais à + 0,2 % aujourd’hui ) ne sera pas trop immédiatement impactée ( que n’a -t-on emprunté 10 fois plus au bon moment ?! ) mais ça va forcément peser davantage si on est obligé de mobiliser de nouveaux emprunts un peu lourds .

    Les retraités vont déguster ( et ça ne sera que justice si ça se limite aux retraités aisés ou très aisés ).

    Les actifs et salariés ont intérêt à resserrer les rangs s’ils veulent en profiter .

    1. C’est surtout une htper-inflation.
      Le prix des matières premieres va exploser.
      Petrole: +92%
      Ca va très se terminer.
      Vous ne réalisez pas la gravité de la situation, en fait. Si?

      Historiquement, l’impression massive de faux billets dans un contexte de guerre des monnaies (on y est presque), se paie toujours d’un bain de sang, révolution ou guerre. Il n’y a semble t-il aucune exception.
      L’immo explose aux USA. Comme le nombre de sans abris.
      En Afrique, attendez vous à des famines et donc des émeutes de la faim comme on n’en n’a pas vu depuis des décennies.
      Et si les taux remontent, c’est game over dans la foulée pour l’UE (et même aussi peut etre également pour l’unité territoriale des USA) ne vous y trompez pas.

      Cette inflation est tout sauf contrôlée par les apprentis sorciers de l’UE et de la FED. Et si le diable sort de sa boite, dans un pays comme la France à 20% de chômage réel, avec des indépendants ruinés par le covid, et une population à fleur de peau, ca sera le drame.

      Personne ne capte qu’on est dans une situation prérévolutionnaire dans ce pays (première auto-immolation d’un citoyen il y a quelques mois, gifle donnée au président de la République par un type à peine politisé,… les signes avant-coureurs sont là et de plus en plus nombreux) ? N’y a t-il que l’armée qui le comprenne?
      Et vous voudriez remettre une dose d’inflation là-dessus?

      1. Monsieur est trop bon …

        L’inflation ça se constate plus facilement que ça ne se provoque ou maîtrise ( toutes les banques centrales qui sont d’abord là pour tenter de la réguler le savent bien ) . On la mesure ( au moins chez nous ) comme le constat moyen d’un panier des divers bien et services affecté de la valeur 10 000 , chaque constituants ( alimentation , énergie , logements ….) étant pris en compte sous forme de 1/10 000 résultant du constat de son volume moyen et de son coût moyen relevé .C’est le fameux indice des prix ;

        Pour tenter d’expliquer l’inflation on considère généralement :

        – soit la théorie classique du rapport entre l’offre et la demande ( et on constate effectivement , dans cette période de sortie de la Covid où la reprise de l’activité économique redémarre fort un peu partout , que la “pénurie de l’offre” tend assez naturellement vers une augmentation des prix de vente ) ,Si c’est bien ça , et si Biden ne finit pas d’inonder le marché de dollars fraichement imprimés , ça doit pouvoir se réguler sur la durée avec l’espoir d’un meilleur ajustement entre offre et demande ( nota : c’est un peu le sujet des restaurateurs qui ne retrouvent pas leurs employés et qui auront tendance à augmenter leur prix )

        – soit / et , des considérations plus sectorielles mais qui pèsent lourd telles que :
        – coût international des matières premières et de l’énergie ( Russie et Opep font la loi sur ce dernier créneau , d’où l’augmentation du prix du pétrole qui est revenu à 60 dollars le baril )
        – inflation par les alaires lorsque ils augmentent plus vite que la productivité ( c’est électro-encéphalogramme plat pour le moment )
        – inflation par les structures “non conventionnelles ” ( le plus souvent , en clair , abus de positions dominantes ; Le jeu de la Chine , fournisseur du monde , qui a sensiblement augmenté le prix de mise à disposition de ses produits , peut sans doute être taxé de cet aspect actuellement – Nota : la Chine pour suivre la demande internationale a d’ailleurs tendnance à se comporter comme les anciens colons en allant chercher des ressource primaires en Afrique …. ou en France , comme c’est le cas actuellement : on coupe du bois des forêts françaises pour le vendre aux chinois qui en ont besoin ) .

        L’inflation peut avoir des effets positifs :
        – encourage le commerce et “la croissance” en boostant la consommation des ménages qui anticipe leurs achats avant les hausses “prévues”,
        – coût des crédits est en principe allégé car les alaires augmentent ( en principe ) alors que le remboursement des emprunts en cours restent stables ,
        – réduit en principe les déficits publics car la hausse des prix et le boostage de la consommation amènent des hausses de recettes fiscales pour l’état ;
        L’inflation peut avoir des effets négatifs :
        – diminution du pouvoir d’achat des revenus fixes ( retraites en particulier )
        – le différentiel d’inflation entre France et ses partenaires commerciaux ( si inflation supérieure en France ) pèse directement sur notre commerce extérieur et “l’économie ” au sens large .

        Les considérations “prérévolutionnaires ” que vous évoquez , n’ont absolument et radicalement aucun pouvoir sur la détermination de l’inflation “structurelle” .

          1. Salut Juan,

            Hélas oui… Enfin bon, j’ai la paix.

            La menace de l’inspection du travail conserve une certaine force de coercition malgré tout 😉 !

            Portez vous bien, Juan.

            1. Merci ! La tête turbine encore (en dépit des doutes exprimés) , le reste finit de se déglinguer .

              Meilleures sentiments à vous .

        1. https://www.economie.gouv.fr/facileco/prix-lessence
          60 $ le baril n’est pas le souci, mais 57 % de taxes oui, ça a commencé avec ça les gilets jaunes…Y A KA pomper les profits des entreprises, cogner à partir de la seconde résidence secondaire, imposer sur la fortune, les bateaux qui ne sortent que 2 semaines par an, TVA à 200 % sur le luxe etc. tout en respectant la propriété privée inviolable et sacrée bien sûr.

          1. Le prix du baril représente environ 25 % du prix de l’essence ou du gas oil vendu à la pompe . C’est quand même plus facile d’avoir un prix bas quand il est à 0 ( voire négatif comme il l’a été quelques jours ) que lorsqu’il retrouve son cours de début 2019 .

            Pour l’état , la recette apportée par l’IR et celle apportée par la TIPP sont à peu près équivalentes , de l’ordre de 70 milliards.

            Si le but , que tout le monde trouve souhaitable , est de ne plus consommer de pétrole , il faut trouver des recettes fiscales équivalentes ( vous en avez exposer sans les chiffrer – j’y ajouterais une taxe sur les clébards et les chats ) , et surtout des moyens pratiques de rendre non nécessaires les déplacements actuels et /ou une offre de transport réellement écologique à coût abordable – l’imagination est au pouvoir );

            Mais il est exact que dettes , intérêt de la dette , fiscalité , budget , monnaie , écologie sont liés . Le détail de l’ordre du jour du colloque d’aujourd’hui , qui a du se terminer et dont on attend avec impatience le compte rendu , le montre d’ailleurs très clairement .

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            1. @Juannessy

              C’est bien pour cela qu’il est urgent de revoir en profondeur notre système fiscal !

              Il a été construit dans un contexte totalement différent du notre aujourd’hui que ce soit en terme de contraintes économiques (rapport de 1 à 3 entre les revenus et le capital qui passé à un rapport de 1 à 7), démographiques (vieillissement de la population, …), environnementales (réchauffement planétaire, …).

              Et quitte à faire une (r)évolution fiscale, autant repenser les sources à taxer… Et monter significativement la participation du capital (quelque soit sa forme) au financement du pot commun.

              1. Présentez vous aux présidentielles 2022 , vous avez encore le temps . Et préparez même votre argumentation pour participer au G 20 .

                Le système fiscal a été bâti sur quelques siècles voire millénaires . Il a pas mal évolué , mais c’est vrai qu’il ne tient pas forcément compte des enjeux mondiaux et des nécessaires corrections paradigmatiques pour sauver l’espèce .

                Où l’on retrouve aussi le sujet de fond des règles comptables internationales .

            2. @Paul Jorion :

              Où pourra – t-on disposer de la substantifique moelle du colloque de ce jour , pour que les abeilles ne soient pas les seules à faire leur miel ?

              1
      2. @ Kouac

        La première immolation d’un citoyen dans ce pays ?

        Vous avez sans doute raté cette information :

        2011 : ” France Télécom : un salarié se suicide en s’immolant par le feu ”

        https://www.lemonde.fr/societe/article/2011/04/26/france-telecom-un-salarie-s-est-suicide-en-s-immolant-par-le-feu_1512911_3224.html

        Je pense aussi à tous les agriculteurs qui se suicident ; les instituteurs ou les professeurs aussi ( chut, il ne faut pas le dire !) ou à cette directrice d’école qui s’est balancée du cinquième étage de son établissement scolaire pour protester contre sa hiérarchie qui l’assommait toujours plus de responsabilités sans jamais lui donner les moyens qui auraient permis de les honorer. Une pensée aussi pour les policiers qui se tuent chaque mois avec leur arme de service.

        https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/un-jeune-policier-se-suicide-avec-son-arme-de-service-dans-le-commissariat-noailles-1593503492

        Quand une V° république ne fonctionne plus que pour les 10 % de sa population et baigne dans le mépris de ses propres agents tout en étant à la remorque d’une ” Union Européenne ” du fric, du management débilitant et de l’austérité pour tous, que pourrait-il se passer d’autre ? Les corps et les esprits s’émeuvent et puis lâchent.

    1. A long terme , la même que pour toutes les autres sources d’énergie :
      – se passer au maximum d’énergie ,
      – énergie miracle , si Iter parvient au but .
      – à défaut , “extinction d e la lumière “.

  13. Merci de remettre les pendules à l’heure sur les définitions et le fonctionnement de la dette publique. Je diffuse ce texte parmi mes camarades de gauche assez fâchés avec l’économie comme vous le rappelez dans ce document.
    Si vous avez formulé des propositions de régulation des salaires extravagants, intérêts et dividendes délirants ainsi que sur la réduction des capitaux cumulés – C’est peut être traité dans l’un de vos livres ?
    Amitiés d’un voisin

    1. En fait non, je ne fais jamais de propositions du genre fixer des plafonds ou des planchers, j’ai le sentiment que si on se sent obligé de faire des propositions de ce genre, c’est qu’il y a des questions essentielles en amont qui n’ont pas été réglées.

  14. Après 40 ans d’errance idéologique, de fuite en avant ou de fanfaronnade, la Gauche qui aimerait parvenir au pouvoir autrement que par le jeu du hasard des élections, devrait vous écouter et apprendre que la réalisation des ses objectifs les plus réalistes se baseront:
    1) sur une grille d’ imposition des salaires, revenus et dividendes plafonnée à un montant inférieur à l’extravagance
    2) sur une réduction du cumul des capitaux dont l’absence attente à la démocratie.
    Suis-je au cœur du problème essentiel ?
    Dans l’ordre des priorités, la seconde me semble être celle des gages d’intégrité des organismes en charge du contrôle des mesures retenues.

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