Archives par mot-clé : Jacques Sapir

Gilets jaunes : si j’étais historien de l’an 2319…

Si j’étais historien de l’an 2319, de la variété dite « fifty/fifty » (cyborg moitié Homo sapiens, moitié prothèses augmentées IA) et que je tombe dans les archives sur l’exemplaire du Journal du dimanche en date du 3 février 2019 où un article en une s’intitule François Boulo, avocat et porte-voix des Gilets jaunes, et où il est dit que ce monsieur appelle en France à la grève générale illimitée le 5 février 2019, j’irais consulter aussitôt l’exemplaire du 12 février 2019 du même hebdomadaire, pour voir s’il a paru, et s’il n’a pas paru, pas plus que celui du 19 février 2019, ni celui du 26 février 2019, etc. pour faits de grève générale illimitée, mon regard serait attiré par le paragraphe de ce même entretien où ce François Boulo déclarait ceci :

… j’ai dérivé sur plein de choses et j’ai découvert Emmanuel Todd, Jacques Sapir, Frédéric Lordon, Olivier Berruyer, Paul Jorion, Les économistes atterrés… »

et je me replongerais illico presto dans les archives pour tenter de savoir qui étaient ces gars-là.

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Ma signature du texte Brexit : vingt intellectuels eurocritiques lancent un appel pour un nouveau traité, un récapitulatif

Quand on m’a proposé l’autre jour de m’associer à un appel pour une reprise à nouveaux frais du projet européen : Brexit, vingt intellectuels eurocritiques lancent un appel pour un nouveau traité, j’ai fait ce que je fais toujours dans un cas comme celui-là : j’ai regardé qui me l’envoyait, ce que ça disait, et qui d’autre signerait. Continuer la lecture de Ma signature du texte Brexit : vingt intellectuels eurocritiques lancent un appel pour un nouveau traité, un récapitulatif

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Une manœuvre grossière mais habilement menée, par Zébu

Billet invité. P.J. : C’est bien volontiers que je publie ici le reproche que m’adresse Zébu d’avoir signé l’appel Brexit : vingt intellectuels eurocritiques lancent un appel pour un nouveau traité.

Quand on signe le texte d’un appel pour un nouveau traité européen après un Brexit, on est sans doute moins regardant quant à la teneur dudit texte quand on sait la présence parmi ses signataires de personnes proches de votre positionnement. Mais quand on reçoit un appel téléphonique d’une chaîne de télévision financée par l’État russe, qui diffuse en français, deux jours après avoir signé cet appel, on peut commencer à se poser des questions.

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Révisionnisme de gauche, par Zébu

Billet invité.

Il y a un autre élément dans la polémique en cours suite aux déclarations de Jacques Sapir dans les médias et sur son blog, un élément symptomatique d’une dérive annonciatrice d’un effondrement idéologique et politique en France et peut-être en Europe, sans pour autant que l’on évoque immédiatement la tarte à la crème de la chasse aux sorcières, que l’on balance allègrement quand on n’a plus rien d’autre à opposer.

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Europe : Retours vers le passé, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

C’est la rentrée, celle des dupes selon Jacques Attali, qui souligne le caractère cyclique et totalement inadapté de ce phénomène selon lui face aux grands bouleversements en cours au niveau mondial ou européen : crise financière en Chine, ralentissement de l’activité économique dans le monde, crise en Grèce, crise des migrants venant s’échouer sur les rives européennes et sur l’incompétence des dirigeants européens, terrorisme, guerres larvées récentes ou ouvertes depuis des années, réchauffement climatique, etc.

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Las políticas convencionales del BCE: Una aparente solución que de solución no tiene más que la apariencia, por Jacques Sapir

Merci à Myriam Fernandez De Heredia pour sa traduction de l’article de Jacques Sapir Les politiques non conventionnelles de la BCE : Une apparence de solution qui n’est que la solution des apparences

El BCE se ha comprometido firmemente a « hacer todo lo posible para salvar el euro ». Vamos a tomar esta declaración al pie de la letra y a considerar cuáles serían las consecuencias en el corto y medio plazo de este tipo de acción, y si el BCE tiene realmente los medios para salvar el euro.

I. Las consecuencias de una acción directa del Banco Central Europeo

Suponiendo que el BCE pueda hacer caso omiso de su estatuto o encontrar compromisos  jurídicos que le permitan una compra masiva de deuda soberana de los países en dificultades, ¿que pasaría?

a) Magnitud de las sumas necesarias

En primer lugar hay que considerar la cantidad que debe desembolsar el BCE.

En España, el Gobierno de Mariano Rajoy ha reconocido que las necesidades ascenderían a 300.000  millones de euros de aquí a finales de año. Sin embargo, es evidente que lo que se hiciera con este país no se podría denegar a los demás. Grecia iría a solicitar de 60.000 a 80.000 millones.

Italia sería también un « cliente » potencial con unas necesidades estimadas (en función de la fecha de la transacción) de entre 500.000 y 700.000 millones, que el BCE debería comprar en un plazo relativamente corto (menos de 6 meses).

No se trata de importes « imposibles », pero no cabe duda de que son considerables. Representan de 3 a 4 veces el importe de las compras de títulos públicos realizadas por el BCE desde el inicio de la crisis, lo que significa un salto cualitativo y no sólo cuantitativo.

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LA CRISE, SES CAUSES, SES DILEMMES ET SES SOLUTIONS, par Jacques Sapir

Billet invité. L’entêtement dans les politiques d’austérité est maintenant susceptible de transformer une situation de récession en authentique dépression. Tout le monde le sait, sauf nos dirigeants et les prétendus « experts » qui les conseillent. Bien entendu, le fait que tout le monde le sache sauf eux nous fera une belle jambe une fois que la dépression sera là. Combien de fois se tournera-t-on encore vers les mêmes financiers, auteurs de catastrophes pour leur demander de nous indiquer la voie ? Seuls les partis pris idéologiques ont-ils encore voix au chapitre ? La prise en compte du démenti par les faits est-elle vraiment morte et enterrée ?

La crise de la zone Euro est largement analysée comme une crise des dettes souveraines. Cette analyse conduit à donner une priorité à la réduction des déficits et de la dette, ce qui mène à l’adoption de politiques d’ajustement plus ou moins brutales suivant les pays. Or, aujourd’hui, il est clair que ces politiques ne fonctionnent pas et, en réalité, aggravent la situation à la fois dans les pays considérés mais aussi dans l’ensemble de la zone Euro. En réalité, c’est l’analyse de base qui est en cause. La crise de la zone Euro n’est pas une crise de la dette mais une crise issue des décalages accumulés de compétitivité, en raison de l’impossibilité, depuis 1999 de compenser ces dits décalages par des dévaluations. Ces décalages ont conduit les pays à accumuler des dettes excessives dans le long terme (depuis 1999) même si des causes conjoncturelles ont aussi joué.

Dans ce texte, nous analyserons ces politiques, les raisons de leur inefficacité et leurs conséquences, avant d’aborder la question de l’avenir à court et moyen terme de la zone Euro.

I. Des politiques qui « ne marchent pas ».

Des mesures, souvent extrêmement brutales d’ajustement structurel ont été mises en place, soit par décision du gouvernement soit dans le cadre d’accords de refinancement par les institutions européennes (FESF puis MES), dans les différents pays qui connaissent des problèmes importants pour refinancer leurs dettes. Ces politiques sont par ailleurs en passe d’être consolidées par le nouveau Traité Européen qui devrait être ratifié d’ici à cet hiver.

Ces politiques sont largement comparables à celles qui ont été mises en œuvre au début de la Grande Dépression des années 1930 (en particulier en Allemagne) et dont il est acquis qu’elles ont aggravé dans des proportions considérables cette crise.

Tableau 1

Comparaison entre la politique menée par le Chancelier Brüning en 1930-1932 et les politiques de rigueur en Europe continentale.

On constate cependant aujourd’hui, avec désormais de 2 à 3 ans de recul que ces politiques ne donnent pas les résultats escomptés. Une analyse des rentrées fiscales menée sur 3 pays  (Grèce, Espagne et Italie) le montre éloquemment.

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LA SCIENCE DE LA MONNAIE ABANDONNÉE PAR LA POLITIQUE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La fausse politique démasquée de la fausse finance

Paul Jorion nous propose une dévaluation des dettes publiques européennes par un défaut solidaire et concerté des 17 États de la zone euro. Schématiquement, toutes les dettes publiques seraient versées dans un fonds commun européen qui annoncerait la cessation collective du paiement des intérêts. Tous les créanciers extérieurs de la zone euro seraient alors contraints de vendre leurs titres ou de vendre des actifs en euro pour obtenir de la liquidité sur le marché des changes. Le marché  interbancaire mondial serait alors obligé de dévaluer l’euro contre les autres monnaies en fonction des anticipations de reprise des paiements d’intérêt par la collectivité européenne solidaire ; laquelle serait subordonnée à une dévaluation suffisante de l’euro pour que les liquidités exportées en dehors de la zone y reviennent.

Jacques Sapir répond indirectement à Paul que ni la dévaluation, ni la solidarisation financière des États de la zone ne résout le problème interne de la zone. La dévaluation ferait revenir les liquidités qui manquent à l’Europe mais ne résoudrait pas le problème de la non-compétitivité de l’économie non germanique à l’intérieur de la zone de monnaie unique. Ni l’émission monétaire de la BCE adossée au retour des capitaux, ni les transferts fiscaux massifs qui pourraient être accordés aux pays en difficulté ne résoudraient les déséquilibres politiques et économiques qui provoquent la désagrégation du système bancaire et monétaire en euro. Les transferts de PIB calculés par Jacques Sapir pour maintenir l’unicité monétaire dans la zone euro montrent l’ampleur de l’impasse systémique.

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PINSOLLE À PROPOS DE SAPIR

Laurent Pinsolle propose sur le site de Marianne, un compte-rendu de l’excellent nouveau livre de Jacques Sapir : La démondialisation (Le Seuil 2011). Il oppose à cette occasion la position de Sapir à celles de Frédéric Lordon, Emmanuel Todd et moi-même. Le lien attaché à mon nom renvoie au très intéressant compte-rendu de mon livre : La Crise (Fayard 2008) qu’il avait écrit en janvier 2009.

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