LA CRISE, SES CAUSES, SES DILEMMES ET SES SOLUTIONS, par Jacques Sapir

Billet invité. L’entêtement dans les politiques d’austérité est maintenant susceptible de transformer une situation de récession en authentique dépression. Tout le monde le sait, sauf nos dirigeants et les prétendus “experts” qui les conseillent. Bien entendu, le fait que tout le monde le sache sauf eux nous fera une belle jambe une fois que la dépression sera là. Combien de fois se tournera-t-on encore vers les mêmes financiers, auteurs de catastrophes pour leur demander de nous indiquer la voie ? Seuls les partis pris idéologiques ont-ils encore voix au chapitre ? La prise en compte du démenti par les faits est-elle vraiment morte et enterrée ?

La crise de la zone Euro est largement analysée comme une crise des dettes souveraines. Cette analyse conduit à donner une priorité à la réduction des déficits et de la dette, ce qui mène à l’adoption de politiques d’ajustement plus ou moins brutales suivant les pays. Or, aujourd’hui, il est clair que ces politiques ne fonctionnent pas et, en réalité, aggravent la situation à la fois dans les pays considérés mais aussi dans l’ensemble de la zone Euro. En réalité, c’est l’analyse de base qui est en cause. La crise de la zone Euro n’est pas une crise de la dette mais une crise issue des décalages accumulés de compétitivité, en raison de l’impossibilité, depuis 1999 de compenser ces dits décalages par des dévaluations. Ces décalages ont conduit les pays à accumuler des dettes excessives dans le long terme (depuis 1999) même si des causes conjoncturelles ont aussi joué.

Dans ce texte, nous analyserons ces politiques, les raisons de leur inefficacité et leurs conséquences, avant d’aborder la question de l’avenir à court et moyen terme de la zone Euro.

I. Des politiques qui « ne marchent pas ».

Des mesures, souvent extrêmement brutales d’ajustement structurel ont été mises en place, soit par décision du gouvernement soit dans le cadre d’accords de refinancement par les institutions européennes (FESF puis MES), dans les différents pays qui connaissent des problèmes importants pour refinancer leurs dettes. Ces politiques sont par ailleurs en passe d’être consolidées par le nouveau Traité Européen qui devrait être ratifié d’ici à cet hiver.

Ces politiques sont largement comparables à celles qui ont été mises en œuvre au début de la Grande Dépression des années 1930 (en particulier en Allemagne) et dont il est acquis qu’elles ont aggravé dans des proportions considérables cette crise.

Tableau 1

Comparaison entre la politique menée par le Chancelier Brüning en 1930-1932 et les politiques de rigueur en Europe continentale.

On constate cependant aujourd’hui, avec désormais de 2 à 3 ans de recul que ces politiques ne donnent pas les résultats escomptés. Une analyse des rentrées fiscales menée sur 3 pays  (Grèce, Espagne et Italie) le montre éloquemment.

Le montant du déficit budgétaire pour les 6 premiers mois de 2012 est équivalent à ce qu’il était en 2011 (Grèce) voire 2009 (Espagne et Italie) et ce en dépit des coupes sauvages réalisées dans les budgets.

Graphiques 1

(a)

Sources : Ministère des Finances des pays considérés, EUROSTAT.

(b)

La raison s’explique par un effondrement des recettes, consécutif à la contraction du PIB dans ces pays, contraction du PIB qui, elle-même, résulte des politiques d’ajustements budgétaires.

En effet, la TVA, qui représente la principale ressource fiscale, tend à se contracter plus que proportionnellement que le PIB. Les autres impôts n’ont que des rendements aléatoires dans un contexte de récession ou de dépression généralisée.

À cela, on peut ajouter des causes spécifiques dans les différends pays, comme la faible efficacité de l’administration fiscale en Grèce, les conséquences des impayés publics en Espagne, etc…

Graphique 1

(c)

Cette situation entraîne  un dérapage à la hausse des déficits publics dans divers pays, dont on peut avoir une idée sur le tableau 2.

Tableau 2

Prévisions et estimations du déficit public en % du PIB

Les divers centres de recherches en économie (dont le CEMI-EHESS) sont ainsi amenés a estimer l’ampleur probable du déficit, que ce soit pour 2012 ou pour 2013. Les différences sont ainsi significatives avec les chiffres indiqués par les gouvernements, et devraient atteindre en 2013 l’équivalent de 3 points de PIB pour l’Espagne et la Grèce, 2,5 points pour l’Italie, 1,5 points pour le Portugal et la France.

Le cas de la Grèce est particulièrement tragique. Des mesures tant fiscales que budgétaires (recettes et dépenses) drastiques, dont les conséquences sont clairement dramatiques, ne ramèneront le déficit que de -9,1 % du PIB en 2011 à -7,9 % en 2013.

Pourtant, les efforts fiscaux réalisés par ce dernier pays sont loin d’être négligeables, comme le démontre le tableau suivant.

Tableau 3

Importance des prélèvements fiscaux en Grèce


Source : ELSTAT (Hellenical Statistical Authority), Fiscal data for the years 2008-2011 et Fiscal data for the years 2007-2010, Press release, 23 avril 2012 et 17 octobre 2011, Athènes.

Les données indiquent donc clairement que les politiques d’ajustement budgétaire aujourd’hui mises en place ne fonctionnent pas.

II. Pourquoi ces politiques ne fonctionnent-elles pas ?

Il faut alors s’interroger sur la raison de l’inefficacité, voire de la perversité, de ces politiques d’ajustements.

  1. Elles sont fondées sur une erreur de perspective.

L’erreur de perspective est induite par les comparaisons qui sont fréquemment faites. En effet, des politiques d’ajustement budgétaires ont été menées avec succès dans certains pays, comme le Canada ou les pays Baltes. Mais, la volonté d’en extrapoler des recommandations pour les pays européens a produit l’oubli des conditions spécifiques qui ont pu expliquer leur succès à un moment donné.

Dans le cas du Canada, si la politique d’ajustement a porté ses fruits, ce fut grâce à l’effet de traction assuré par l’économie des Etats-Unis et, secondairement, de l’Europe. La baisse de la demande intérieure a pu être compensée par la hausse de la demande extérieure. De plus, il ne faut pas oublier que le Canada est un producteur de matières premières (énergie, bois, métaux), et que la hausse des prix de ces dernières, pour une partie du cycle d’ajustement budgétaire, a fortement joué.

Pour les pays baltes, la taille microscopique de ces économies a permis aux économies extérieures de jouer pleinement le rôle de « tracteur » lors des politiques d’ajustement. Notons que le commerce entre la Russie et l’UE passe pour partie par les Pays Baltes, et que ces derniers ont largement profité du rétablissement de la Russie de 1998 à 2008.

Les politiques d’ajustement qui ont été menées tant au Canada qu’aux Pays Baltes n’ont donc été possibles qu’en raison de phénomènes extérieurs importants, et de la petite taille de ces économies relative à leur environnement. Vouloir isoler ces politiques de leur contexte ne peut que conduire à des erreurs importantes de perspective, et induire des catastrophes quand on essaye de les imiter.

Graphique 2

  1. Elles sont fondées sur une erreur de contexte.

De plus, des erreurs tout aussi importantes ont été commises quant au contexte extérieur qui accompagne la mise en œuvre de ces politiques européennes d’ajustement.

Tout d’abord, le poids des économies soumises à l’ajustement fiscal et budgétaire au sein de la zone Euro est très loin d’être marginal.

Tableau 4

Si l’on considère les pays appliquant les formes les plus brutales des politiques d’ajustement, ils représentent déjà 35 % de la richesse de la zone Euro. Si l’on y ajoute des pays appliquant (pour l’instant) des formes plus modérées, on atteint 65 %, soit les deux tiers.

On voit que l’un des problèmes du contexte vient de la simultanéité de ces politiques dans des pays représentant une part importante de la richesse de la zone.

Mais, le problème du contexte ne se limite pas celui de la simultanéité. Ces politiques sont appliquées alors que l’économie mondiale, y compris les pays émergents, connaît sa crise la plus grave depuis celle des années trente. Dès lors, l’ajustement budgétaire et fiscal réalisé dans ces pays vient ajouter des effets à ceux de la crise mondiale. En d’autres termes, ces politiques se révèlent brutalement pro-cyclique dans une période de récession qu’elles contribuent à aggraver, ce qui permet de comprendre pourquoi elles contribuent à empirer la situation.

  1. Elles sont fondées sur une erreur de jugement.

Ces politiques contiennent, de plus, de nombreuses erreurs théoriques.

D’une part, elles supposent que l’on peut couper dans les dépenses, ou accroître les impôts, sans effets sur la croissance, ce qui est faux, à l’évidence. Plus subtilement, elles sont fondées sur des hypothèses et des calculs qui n’intègrent pas ou peu les effets de contexte sur les agents. Or, ces effets sont importants avec le changement des règles tant fiscales qu’en matière de dépenses publiques. Pourtant, on sait depuis longtemps qu’une remise en cause des prestations de retraites, par exemple, produit une modification immédiate des comportements d’épargne (propension à épargner), qui implique que la contraction de la consommation est proportionnellement plus importante. De même, des modifications à répétitions du cadre fiscal induit une incertitude extrêmement dommageable pour les entreprises. Ces dernières vont alors réduire plus qu’il n’est nécessaire le niveau de leurs investissements.

D’autre part, ces politiques prennent pour constant le « multiplicateur des dépenses publiques » qui lie les dépenses publiques au PIB, sans prendre en compte le fait que selon la nature des dépenses qui seront réduites, il peut augmenter, ou au contraire diminuer, très fortement. On le constate actuellement avec le cas de l’Espagne, mais aussi de la Grèce. En fait, ces politiques s’appuient sur une analyse agrégée des politiques fiscales et budgétaires et elles négligent les transformations, tant dans les comportements que dans les mécanismes de transmission des effets de ces dites politiques, à l’échelle sectorielle. Elles oublient que le « multiplicateur » correspond en réalité à une moyenne, et que ses composants sont susceptibles de fluctuer de manière importante. Elles raisonnent de manière quantitative quand l’importance des ajustements qui sont tentés suggère que des modifications qualitatives importantes se manifestent. La vieille erreur de l’économie standard, le raisonnement « ceteris paribus » (toutes choses étant égales par ailleurs) se manifeste ici dans toute son ampleur.

  1. Elles sont fondées sur une erreur d’analyse.

Enfin, ces politiques reposent sur une erreur d’analyse. La crise actuelle n’est pas une crise des dettes souveraines, mais une crise de la compétitivité relative des économies fonctionnant au sein de la monnaie unique. Il faut le dire et le redire : c’est l’ouverture des écarts de compétitivité qui a provoqué la crise de la dette et non l’inverse. Il en résulte qu’à vouloir traiter une maladie par les symptômes, il n’est pas étonnant de voir l’état du malade se détériorer toujours plus.

Ces écarts de compétitivité, qui peuvent être mesurés par les indices du coût salarial réel (salaire/productivité) ont éclaté depuis 2002.

Graphique 3


Source : Données de l’OCDE.

C’est l’existence de ces écarts qui oblige les pays ne pouvant plus dévaluer depuis 1999, soit à déprimer leur demande intérieure et par là leur croissance (cas de l’Italie) soit à subventionner leurs entreprises ou leurs ménages, aboutissant ainsi au gonflement d’une dette soit publique soit privée. La distinction entre les deux formes de dettes est largement artificielle, comme on l’a vu dans le cas de l’Espagne, car dès que les problèmes rencontrés par ces économies deviennent véritablement sérieux, il y a un mouvement de compensation des dettes privées vers la dette publique.

De plus, il y a un lien quasiment circulaire entre la productivité et la dépression. Au départ, des gains insuffisants en productivité (par rapport à l’accroissement des salaires) détériorent la compétitivité et conduisent à l’accroissement de la dette par le mécanisme décrit. Mais, une fois les politiques d’ajustements fiscales et budgétaires mises en place, et la forte contraction de l’économie, on se rend compte que les gains de productivité ralentissent, voire s’inversent, au contraire de ce que prétend l’économie dominante.

Ce phénomène est lié aux rendements croissants qui existent dans l’industrie, mais aussi à des rigidités techniques qui font que l’emploi ne peut se contracter aussi vite que la production. Cette baisse, relative ou absolue, de la productivité détériore encore un peu plus la compétitivité du pays et dégrade, bien entendu, les résultats des entreprises. Ces dernières, soumises par ailleurs à une instabilité du cadre fiscal (politique d’ajustement fiscal) réduisent plus qu’il n’est nécessaire les investissements, ce qui provoque un surcroît de contraction de la production.

III. Le risque d’une « grande dépression ».

Dans la situation que nous connaissons actuellement, le risque d’une « grande dépression » à l’échelle européenne apparaît de plus en plus probable si les politiques d’ajustement ne sont pas interrompues. Cette « grande dépression » qui nous menace n’aura pas que des effets économiques et sociaux. Politiquement, elle fera disparaître l’Europe comme acteur important à l’échelle mondiale et provoquera la remontée dramatique des facteurs de conflits au sein de l’Europe. Les divers antagonismes, dont l’antagonisme franco-allemand, se réveilleront inévitablement.

  1. Les conséquences de l’ajustement budgétaire et fiscal.
  2. D’après les prévisions que l’on peut faire il faudra une réduction supplémentaire du déficit public pour que les engagements des gouvernements soient tenus. À multiplicateur budgétaire constant, hypothèse qui s’est avérée fausse, la correction budgétaire supplémentaire pour atteindre les objectifs en matière de déficit budgétaire devrait engendrer une nouvelle contraction de la croissance qui pourrait atteindre 0,9 % du PIB en France en 2013, 1 % au Portugal, 1,5 % en Grèce, 1,7 % en Italie et 10 % en Espagne. Pour ce pays, les experts ont cependant recalculé le multiplicateur des dépenses publiques, afin de tenir compte de la divergence importante entre les précédentes prévisions et la réalité. Il en découle que, pour 2013, les taux de croissance devraient être largement différent des prévisions, comme on peut le constater sur le tableau 5.

    Ce dernier présente les prévisions établies par trois institutions internationales, sur la base des données fournies par les gouvernements (FMI, OCDE et Commission Européenne), des données rassemblées auprès de nombreux prévisionnistes, mais qui datent d’avant juillet 2012, les prévisions du service des recherches de NATIXIS, et enfin les chiffres corrigés à partir des nouvelles données.

    Tableau 5

    Estimations de la croissance en 2013


    Sources : NATIXIS (service des recherches économiques), OCDE, FMI et Commission Européenne.

    On voit que l’Espagne subirait une dépression impressionnante, et que les résultats de l’Italie, du Portugal et de la Grèce sont appelés à être très mauvais. La France, quant à elle, serait « officiellement » en récession, après une croissance quasi-nulle sur une partie de 2012.

    Ces chiffres appellent les commentaires suivants.

    Les chercheurs de NATIXIS, dans le cadre de leurs « nouvelles estimations » ont probablement surévalué le « multiplicateur » en raison des erreurs commises au précédent. En fait, il est probable que la baisse du PIB ne devrait pas excéder, si la politique de rigueur est appliquée dans sa totalité, les – 8 % pour 2013, mais qu’une correction plus importante devrait être faite sur 2012 (et peut-être 2011)[2]. Par contre, ils sous-estiment très probablement le phénomène de dislocation de l’économie grecque, qui devrait connaître une baisse plus importante que les -2,8 % prévus.

    Globalement, et à l’exception de l’Espagne, on devrait avoir un écart de 3 points environ entre les prévisions de la Commission Européenne et la réalité pour 2013 pour l’Italie, le Portugal et la Grèce, et d’au moins 1,5 points dans le cas de la France.

    Tableau 6

    Prévisions de croissance pour 2013, en pourcentage du PIB


    Sources : NATIXIS, service des recherches économiques et CEMI-EHESS.

    Les conséquences du point de vue de l’accroissement du chômage peuvent être imaginées. On devrait connaître un nouveau bond de ce dernier en Espagne, et une forte augmentation dans le cas de la France et de l’Italie.

    Pour la France, les prévisions de 500 000 chômeurs supplémentaires de juillet 2012 à juin 2013 qui ont circulé depuis la fin du mois de juin 2012 sont très probablement inférieures à ce que sera la réalité. Il faut ainsi s’attendre à une hausse sur ces douze mois d’au moins 600 000 chômeurs et peut-être de 750 000 si le gouvernement renforce l’ajustement tant fiscal que budgétaire.

  1. L’illusion de la « relance européenne ».

Dans ces conditions, que pourrait signifier une hypothétique « relance européenne » ?

Il faut commencer par faire un sort au « codicille » concernant la croissance, rajouté à la sauvette au nouveau « Traité Européen ». Les sommes sont dérisoires par rapport aux besoins : 120 milliards d’euros, qui plus est étalés sur trois ans. Cela ne représente même pas, par année, 1 % du PIB des pays considérés.

À l’échelle française, le même constat peut être dressé concernant les diverses mesures pour l’emploi, soit la création de 50 000 emplois aidés pour 2013 (150 000 sur trois ans) et la mise en place des « contrats de génération ». Avec des hypothèses optimistes, ces différents dispositifs devraient aboutir à la création de 120 000 emplois « aidés » en 2013. Ceci ne représenterait que l’équivalent de 3 mois d’accroissement du chômage !

Plus sérieusement, dans le cas d’une relance « symétrique » (autrement dit affectant de même manière tous les pays) que l’on imagine alors pouvoir être financée par la Banque Européenne d’Investissement, le problème des écarts de compétitivité se posent immédiatement. Admettons que des sommes suffisantes (probablement de l’ordre de 300 à 450 milliards d’euros par ans) soient engagées. Cette demande supplémentaire profiterait massivement à l’Allemagne, et détériorerait d’autant la balance commerciale de pays comme l’Espagne, le Portugal, la Grèce ou la France. Il faudrait alors financer ces déficits. Admettons que la BCE y consente, et rachète alors massivement les obligations émises par les pays en difficultés. Une « pyramide » de dettes se constituerait à l’échelle européenne. Or, dès que les programmes de relance seraient interrompus, les problèmes que nous connaissons aujourd’hui se manifesteraient à nouveau. Nous n’aurions alors pas d’autre choix que de renouveler ces programmes et de faire grandir cette « pyramide » de dettes. La croissance ne serait maintenue qu’à ce prix et toute interruption ferait immédiatement ressurgir le spectre de la déflation.

Il est excessivement peu probable que l’Allemagne accepte un système d’accumulation des dettes de cette ampleur.

Le cas d’une relance « asymétrique » apparaît, en théorie, comme plus intéressant. Dans cette hypothèse, on mettrait des barrières douanières provisoires entre l’Allemagne et les pays du Sud de l’Europe afin de compenser en partie les écarts de compétitivité. La relance bénéficierait alors aux pays qui en ont besoin. Mais, dans une telle hypothèse, il faudrait que ces barrières douanières soient adaptées à chaque pays pour compenser des écarts de compétitivité qui sont loin d’être uniformes. Outre la complexité du système, ici encore on constate qu’il ne peut être de courte durée. Pour que la réindustrialisation engendre des gains de productivité suffisants pour rétablir la compétitivité avec l’Allemagne, il faudrait faire perdurer ce système sur longue période (de 7 à 12 ans). Il est très peu probable que l’Allemagne consente dans la durée à une telle situation qui est, en réalité, la négation de l’acte unique européen.

  1. Le mythe des « réformes structurelles ».

Devant l’urgence de la situation, et les blocages évidents en matière de relance concertée à l’échelle européenne, on reparle de plus en plus de « réformes structurelles ». Il y a, sous ce vocable, le meilleur et le pire : les réformes structurelles, telles qu’elles ont été appliquées depuis plus de 25 ans ont très souvent signifié des pertes importantes de pouvoir d’achat pour une majorité de la population sans contrepartie. De plus, on peut douter que ces mesures soient capables de produire des effets positifs à court ou moyen terme.

La première piste explorée (y compris par un syndicat comme la CFDT) est celle de la flexibilisation du travail. Mais, dans une conjoncture de récession, et peut-être de dépression, cela signifierait surtout faciliter les licenciements et donc aggraver la crise. La flexibilisation du travail, avec de très sérieuses garanties pour la sécurisation des revenus des travailleurs, peut être une solution en période de croissance. On constate d’ailleurs qu’au Danemark, pays qui fut le champion de la « flex-sécurité », depuis deux ans la dimension « sécurité » s’est effondrée et seule ne demeure que la facilité de licencier. Si la mobilité sur le marché du travail doit être améliorée, c’est bien plus par l’adaptation des compétences aux demandes.

Ceci constitue alors la deuxième piste explorée. Il est parfaitement exact qu’un nombre important de demandes d’emploi restent insatisfaites alors que le chômage est important. Ceci indique la permanence de problèmes concernant la formation professionnelle, mais aussi la reconnaissance de cette formation par les entreprises. Il est justifié d’explorer une telle voie. Mais, en période de forte contraction des offres d’emploi, l’efficacité de ces mesures ne pourra être que très limité. En fait, améliorer les compétences ne peut fonctionner que si les offres d’emploi sont en expansion. Autrement dit, oui la France a un problème avec la formation professionnelle, et non, ce n’est pas en améliorant notre système que nous résoudrons le problème d’emploi que nous connaîtrons dans les 18 prochains mois.

Une troisièmes piste concerne la hausse de la valeur ajoutée par produit que devrait viser l’industrie française. Ceci correspond à une « montée en gamme » de nos productions. C’est la tarte à la crème depuis la fin des années 1970. En fait, les différents pays (et industries) se sont positionnés sur des spécialisations productives, tant dans le choix des produits que dans le choix de gamme à l’intérieur d’une ligne de produit. Une modification de cette spécialisation est une entreprise ardue, qui prend entre quinze et vingt-cinq ans. Si l’on doit tendre vers des productions dites « haut de gamme », il faut aussi comprendre que ceci n’implique pas d’abandonner les autres productions, car l’innovation en matière de techniques de production est au moins aussi importante que l’innovation en matière de produits. De toute façon, ce n’est nullement une réponse aux problèmes actuels.

Une quatrième piste porte sur la réforme de l’État. Ici encore, il faut comprendre que c’est une entreprise de long terme (au moins quinze ans) et dont on ne doit pas attendre une baisse immédiate du coût de fonctionnement de la puissance publique, même si – à terme – on peut s’attendre à une amélioration de l’efficacité de l’action publique. Les baisses immédiates de coûts se traduisent en réalité par des pertes importantes d’efficience de l’action publique, qui font surgir des coûts cachés qui compensent les gains obtenus. Assurément, la charge de ces coûts n’est pas supportée par les mêmes agents. Le plus souvent, la « réforme de l’État » signifie le transfert de charges vers les plus pauvres au profit des plus riches, par baisse de la qualité des services publics. Les pertes en productivité générale (relatives ou absolues) engendrées par ces mesures sont susceptibles de compenser les hausses de compétitivité immédiate enregistrée initialement par ce transfert de charges.

On le voit, les différentes pistes explorées n’offrent aucune alternative à la montée de la récession et de la dépression à l’échelle européenne.

IV. Quelles perspectives à court et moyen terme ?

Les pays de la zone Euro se sont engagés dans une spirale de politiques d’ajustement à cause d’une erreur fondamentale faite quant à l’identification des causes de la crise. Il faut le répéter, cette dernière est engendrée par la crise de compétitivité qui a explosé depuis les années 2002. C’est cette crise qui a produit le gonflement des déficits, tant privés que publics, et l’accumulation de la dette.

En l’état actuel, il y a de fortes probabilités pour que la zone Euro s’enfonce un peu plus dans la récession, pour 2012 et 2013. Le risque d’une dépression généralisée deviendra important à partir du second semestre 2013, surtout si les objectifs de réduction des déficits budgétaires sont maintenus, conduisant inéluctablement à de nouveaux durcissements des politiques d’ajustement fiscales et budgétaires. Ces durcissements menacent de précipiter la zone Euro de la récession vers la dépression. La comparaison avec les perspectives de croissance des pays européens non-membres de la zone Euro (Suède et Royaume-Uni) et des pays non-européens de l’OCDE (États-Unis, Japon, Australie, Canada) marque un cruel contraste avec la situation des pays de la zone Euro, à l’exception de l’Allemagne.

Graphique 4


Sources : données 2007-2011, OCDE, Economic Outlook n°91, mai 2012 ; 2012 : estimations du service de recherches économiques de NATIXIS ; 2013 : estimations CEMI-EHESS.

La dynamique de ce dernier pays s’appuie certes sur des avantages connus mais aussi sur le profit qu’il tire de l’existence de l’euro, et qui serait en réalité amplifié dans le cas d’une relance dite « européenne ».

La possibilité que la BCE mette en place un programme de rachat massif des dettes n’amènera de répit qu’à très court terme : entre 6 et 8 mois, au plus. La morphine, certes, soulage les douleurs du malade, mais ne soigne pas la maladie, et le traitement aujourd’hui prescrit, l’ajustement fiscal et budgétaire, contribue en réalité à aggraver celle-ci. De plus, il est clair que des pays comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne ne pourront pas rembourser les titres achetés par la BCE. Ces pays sont durablement insolvables, au niveau de parité actuel dans la zone Euro.

On va d’ailleurs voir la situation de l’Italie et de la France continuer à se détériorer dans le cours de 2013. L’accroissement du chômage, qui est aujourd’hui déjà très important avec plus de 40 000 chômeurs supplémentaires tous les mois, devrait s’accélérer à partir du second semestre de la prochaine année.

Pour surmonter cette crise, qui n’a pas d’équivalent sauf la dépression des années trente, la zone Euro n’a que deux solutions :

–       soit procéder à une relance dite « asymétrique », mais qui poserait des problèmes politiques nombreux et difficiles, surtout si elle doit être, comme il est hautement probable, maintenue pour une longue période ;

–       soit procéder à la dissolution de la zone euro, en profitant du répit temporaire qu’apportera l’intervention massive de la BCE, afin de faire en sorte que cette dissolution soit concertée et ordonnée.

À ne pas vouloir choisir, les dirigeants européens s’exposent à subir l’équivalent de la « grande dépression », dont les conséquences politiques seront bien évidemment dramatiques, tant pour eux que pour les peuples qu’ils auront entraînés dans le chaos.



[1] Ces nouvelles estimations ont été communiquées par le service des recherches de NATIXIS à la fin du mois d’août 2012.

[2] Le service espagnol des statistiques a d’ailleurs déjà été amené à corriger ses estimations sur 2010 et 2011, et il est probable que d’autres corrections seront annoncées d’ici à la fin de l’année 2012.

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321 réflexions sur « LA CRISE, SES CAUSES, SES DILEMMES ET SES SOLUTIONS, par Jacques Sapir »

  1. Il faut sortir de l’ UE , de la zone euro et de l’ Otan via article 50 du TUE ( traité de l’ union européenne )
    Ne vous laissez pas impressionner par la propagande.Sortir de l’Europe n’est pas un drame, une folie ou un extrémisme : c’est la situation de la Suisse et de la Norvège, qui sont les 2 pays européens où l’on vit le plus heureux, selon les statistiques du Programme des Nations Unies pour le Développement !

    La folie et l’extrémisme sont du côté des européistes, qui récusent les résultats des référendums et qui veulent forcer 27 peuples aux intérêts divergents à disparaître de gré ou de force dans un ensemble absurde et ingérable, dont les effets sont toujours plus nocifs et le fonctionnement toujours plus despotique.Il faut arrêter définitivement cette fuite en avant vers la dictature.

    1. Sortir de l’Europe n’est pas un drame, une folie ou un extrémisme : c’est la situation de la Suisse et de la Norvège, qui sont les 2 pays européens où l’on vit le plus heureux…

      Ahhhhh… la Suisse et la Norvège… Marvelous. Y’avait encore mieux oh ! L’Islande. Miraculeux, si si.
      Le problème mon cher c’est qu’ils n’en sont jamais sortis de l’Europe ces pays là, vu qu’ils n’ont jamais eu besoin ou intérêt d’y entrer. Forcément c’est plus facile hein ? Autrement y’a mieux. J’sais pas moi, l’Albanie ? Non ? La Serbie p’têt ? Non plus ? L’Arménie ? La Géorgie ? La Tchétchénie ? L’ouzbekistan ? Le Vatican ?

      1. +1 m’sieur vigneron ! Parce que la sortie de l’Europe serait un drame terrible, un échec qui engendrerait du ressentiment pour un bon siècle. Mais ça veut dire que la solution qui consisterait à fédéraliser dare-dare les dettes n’est pas très éloignée de celle qui consisterait à casser volontairement l’euro : dans les deux cas il s’agit de crever l’abcès le plus rapidement possible, pour (re)partir sur de nouvelles bases.

      2. “un échec qui engendrerait du ressentiment pour un bon siècle.”
        Parce que vous croyez qu’il n’existe pas déjà le ressentiment ??
        Allez demander à ces fainéants de grecs par exemple !!

      3. @Un naïf : les Grecs étant toujours dans l’euro, dans l’Europe et son bourbier, ils n’éprouvent aucun ressentiment. Ils sont contents de constater que les Allemands ont réussi ce qu’ils avaient raté pendant la dernière guerre, et se satisfont de pouvoir offrir un peu de bois de chauffage aux anniversaires…

      4. Qui a envie d’aller vivre en Allemagne ici ? comme Gastarbeiter comme pour sa retraite ? Franchement. A part les Turcs, un peu les serbes et quelques Fnu’rrrrrrrr….s ? Uh ? Alors ? Même les nouveaux-nés, y préfèrent pas y v’nir dans ce trou à rat. Même Sapir il préfère la Russie ! C’est dire non ? (j’interdis à quiconque d’alléguer que c’est les allemands qui veulent pas de lui ! ). Un peu de commisération si ce n’est de pitié pour ces pauvres allemands serait la bienvenue me semble-t-il…

      5. Morceler les problèmes ce n’est pas les résoudre, c’est les multiplier.

        A mon avis avis, sortir de l’Europe n’apportera pas de réponse positive face à la crise…au contraire en diminuant les perspectives de solidarité, la crise s’aggravera…A défaut d’une solution globale on a besoin d’une gestion globale d’une crise qui est globale.

        Certains pays ont l’illusion de pouvoir mieux s’en sortir tout seul… Par exemple que ferait l’Allemagne sans le reste du monde pour acheter ses bagnoles ?

        Par contre sortir de l’OTAN est une idée intéressante pour éviter par l’entraînement des alliances d’être entraîné dans une guerre qui n’est pas la nôtre et qui aggravera nos problèmes sans contribuer à les résoudre.

      6. @ Justin :
        ///// …A défaut d’une solution globule on a besoin d’une gestion globule d’une crise qui est globule. ////.
        c’est juste de l” humour….Plus sérieusement :
        le concept d’aglutination des groupes pour hypertrophier le groupe et ainsi faire des gains ds la gestion des problèmes …est un reflexe immédiat qui demande confirmation….(comme se pencher a l’interieur du virage en canoé , il y a des logiques catastrophiques)
        ce concept de globulisation , au vu des résultats historiques , induit de tels dégats , qu’on est en droit de s’interroger sur la validité de la pertinence et de la réalité mathématique .
        Perso , je pense que le bilan du modèle globulatif est négatif des qu’on passe un certain stade …..stade qui intuitivement doit se situer au niveau de la spécialisation de la production des biens essentiels ( c’est un point de vue pifométrique et qui demande confirmation ou infirmation) ….Ce qui rend ce problème complexe c’est qu’il n’est pas seulement mathématique , il integre socio affect et math….
        Mais je persigne (copyright sur le néologisme) ds le fait que la structure de la globulation induit un rendement négatif au dessus d’ un certain seuil de globulisation .

    2. La Suisse et la Norvège ne sont pas sorties de l’UE, elles n’y sont jamais entrées, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Si l’ “on” vit très bien dans ces deux pays, ils ne sont pas exempts de tiraillements internes qui les exposent aux tentations xénophobes. Il ne fait pas très bon d’être un travailleur étranger en Suisse et la Norvège reste très chatouilleuse sur le chapitre du nationalisme, son territoire ayant été âprement disputé entre les Danois (dont la langue passe pour une maladie de gorge à Oslo) et les Suédois, éternels concurrents, jusque dans la garde varègue des basileis de l’Empire romain d’Orient. Votre “on” recouvre bien des disparités. L’UE repose sans doute sur des principes discutables et ses institutions mériteraient assurément un toilettage démocratique (renforcement du parlement au détriment de la commission) mais ce n’est tout de même pas une émanation de la Société du Mont-Pèlerin. Ses échecs sont plus imputables à la médiocrité ou à la mauvaise foi du personnel politique vaguement frotté d’européisme qu’à un vice de forme rédhibitoire. Les hautes figures de la cause européenne sont mortes ou rangées des voitures. Maintenant, interrogeons-nous : qui fabrique les rentiers du pouvoir en démocratie, qui consacre la prévarication et le népotisme ? L’électeur. La déchéance du projet européen ne fait que refléter la déchéance de cette “décence commune” qui devrait être le socle de la vocation politique sous nos latitudes. Le projet européen comme mutualisations des forces et compensation des faiblesses n’a pas porté que des fruits blets ou empoisonnés. Quant à l’espoir que vous formez de voir tous vos idéaux mieux défendus et mieux exportables hors de toute union, quelle qu’elle soit, je crains qu’il ne soit bien illusoire et bien présomptueux. La paix est un mouvement qui part des deux bords. Il ne faut pas seulement se gargariser de son pacifisme mais aussi convaincre l’autre d’y souscrire. Aux peuples de reprendre en main l’outil européen pour le faire servir à autre chose qu’à leur éviction de l’avenir.

      1. brl, bel élan poétique même si on sent bien votre votre inclination personnelle, votre tentation populophobe. c’était déjà patent dans votre billet sur la miniature médiévale. je préfère me rappeler ce que la paix doit à hiroshima et ce qu’une dissuasion indépendante, qui coute cher, vaut comme argument commercial. en matière de mutualisation, ça devrait bien se négocier. merci albert, merci charles.

      2. (suite) la lutte contre les discriminations ne devrait pas se substituer à celle pour la justice sociale. en effet, c’est tentant pour l’intellectuel bien installé, mais ça n’a rien à voir avec la réalité d’un quartier pauvre.

      3. @Methode

        Bonjour Methode.
        Je ne suis pas “populophobe”. Je rêve juste un peuple qui honore les exigences d’une citoyenneté solidaire. “Le prix de la liberté est une éternelle vigilance”, a dit Thomas Jefferson. C’est à cette veille que je m’astreins, sans y parvenir toujours, et je ne vois d’autre salut que celui-là pour la République des hommes. Quant à la dissuasion nucléaire… Mon pacifisme est entier et ne cèdera jamais à la coquetterie d’attifer une prolifération à haut risque en dissuasion. L’arsenal est la condition de la guerre, qu’elle soit imminente, larvaire ou différée. Supprimez l’arsenal et l’idéal de paix proclamé aura déjà meilleure figure.
        En réponse à votre suite : il vaut mieux, en effet, lutter pour que lutter contre. Seulement, la lutte sort du combat solitaire et paternaliste si elle implique ceux-là mêmes qui souffrent de l’injustice. Le rôle d’un “intellectuel” de gauche engagé dans la vie de la cité n’est pas de conduire un mouvement (j’ai de l’aversion pour les caudillos, oui) mais de fournir l’outillage conceptuel de l’émancipation, et cette émancipation implique aussi de savoir se délivrer des pièges du langage. C’est par le langage (verbal ou gestuel) que l’on commence d’aimer activement les êtres. C’est par lui aussi que l’on commence de les tromper. Ignorer cet aspect-là des luttes sociales par anti-intellectualisme primaire, c’est se priver d’un formidable levier.

      4. brl,

        présenter l’union comme une solution en devenir face à la xénophobie c’est travestir la réalité, quand la zone euro n’a donné lieu qu’à un renforcement des politiques néo-libérales de partout… m’est d’avis que cet argument xénophobe que vous introduisez pour l’air de rien dénigrer la norvège et la suisse dénote une idéologie précise, très en vogue actuellement.

        pas plus qu’aux usa ou au brésil, l’union européenne ne fera disparaitre cette tendance trop humaine, notamment quand le steak à partager est de plus en plus mince (pas pour tout le monde). ça c’est du paternalisme bon teint. il est bien plus simple de parler du pétrole égoïste norvégien, ou du parasitisme bancaire suisse, plutôt que faire un procès en xénophobie de deux nations qui ont le droit de choisir comment affirmer leur identité… et faire une fois de plus à ‘gauche’, comme nombre d’intellectuels, de moins en moins inconsciemment, le jeu du rouleau compresseur néo-libérale mondialiste.

      5. Ne me faites pas un procès d’intention, Methode. Je ne reproche pas aux Suisses et aux Norvégiens leur choix de ne pas s’associer à d’autres pays européens – il est des unions malheureuses ou à tout le moins suspectes -, mais je doute qu’ils l’aient fait pour des raisons uniquement identitaires. Un indice qui ne trompe pas, s’agissant des Norvégiens. Quand ils sont interviewés, il est rare qu’ils s’expriment dans leur langue, celle qu’ils se sont battus pour parler et faire exister face au Suédois. C’est l’anglais qui est de mise. Alors, l’identité norvégienne, hormis quelques traits folkloriques, cela doit ressembler à peu près à l’identité islandaise, l’Althing et le hakarl. L’union fait la farce, selon vous, a fortiori l’Union européenne. Fort bien. La faute aux choix économiques, qui laminent les peuples. Oui, enfin, l’orientation économique de l’Union n’a jamais été qu’une transposition des orientations convergentes des pays qui la composent et où les peuples sont souverains, y compris dans leur choix de se laisser broyer. Au surplus, le laminoir, beaucoup ne l’ont pas vu venir durant les Trente Glorieuses. Le même personnel politique national se recyclant à l’échelon européen, ne vous étonnez pas que l’Union soit une grimace de nos renoncements. Où vous avez raison, c’est que l’UE est un non-sens d’être dès lors que chaque membre travaille pour soi. Ceci posé, l’air est aussi nauséabond à l’échelon étatique qu’à l’échelon méta-étatique. De deux choses l’une, soit on part de la structure de base pour remonter au faîte de la métastructure, soit on élague la métastructure pour redescendre vers la structure de base. La guillotine est l’instrument de la purge par le haut. Mais l’hydre ne se tue pas ainsi. La purge entamée par le haut atteint rarement les fondamentaux de l’injustice. Je préfère, pour ma part, viser la base qui innerve le sommet.

      6. m’oui brl, l’exemple vient.. d’en bas, c’est bien connu/ça mange pas de pain, c’est d’ailleurs un hasard si hollande a été élu. pour le recyclage je suis d’accord.

        point de procès d’intention ici, juste mettre un accent sur des contradictions répandues.

    3. La Suisse, un monde merveilleux? Ne vous laisser pas influencer par la propreté des rues… Quant aux stats, je pense qu’elles sont aux stasticiens ce que le lampadaire est au clochard, j’entends par là qu’il le soutient plus qu’il ne l’éclaire…

  2. Depuis un demi-siècle, l’histoire prouve bien que tous les projets ‘‘d’autre Europe’’ sont utopiques car ils se heurtent à la contradiction des intérêts nationaux. On le voit partout : sur le Pacte de stabilité, l’euro, le droit du travail, la guerre en Irak, les OGM, la concurrence fiscale, les délocalisations, la TVA, les fusions industrielles, etc.

    En se libérant du carcan de l’UE qui l’étouffe, la France retrouvera sa vraie personnalité, celle qui lui vaut depuis toujours une sympathie mondiale. Elle restera bien entendu membre de toutes les autres organisations internationales, notamment l’ONU, de l’ OMC et le Conseil de l’Europe. Ainsi, loin d’être ‘‘isolée’’ comme on nous en menace, elle verra au contraire affluer les offres de coopération venant de tous les pays du monde.

    Au XXIe siècle, l’idée de trier les coopérations en fonction de l’appartenance ou non au continent européen est totalement irréaliste et dépassée. C’est même une discrimination injuste, suspecte, et dangereuse pour la paix du monde.

    1. En se libérant du carcan de l’UE qui l’étouffe, la France retrouvera sa vraie personnalité, celle qui lui vaut depuis toujours une sympathie mondiale.

      Oh milladiou ! POSTER ! Et c’est l’Angloy qui nous la sort celle-là ! Crévindiou…
      Hé l’Angloy, t’en veux un d’pays qu’a toute not « sympathie mondiale » ? Euh… Haïti ? Ouais Haïti, mais sans les tontons macoutes hein ? et avec que du voodoo zentil, zont toute not sympathie les haïtiens, pis chez eux surtout, hein l’Angloy ?

  3. Loin d’être un projet porteur de paix, de démocratie et de prospérité, l’unification à marche forcée du continent européen, sous quelque présentation et avec quelques promesses que ce soit, est au contraire une utopie funeste qui conduit nécessairement la France et les pays d’Europe vers une structure politiquement dictatoriale, économiquement inefficace, socialement intolérable, diplomatiquement belliciste, sociologiquement absurde et culturellement inhumaine.

    Seules l’indépendance de la France et la souveraineté du peuple français peuvent assurer la prospérité de notre pays et le bon fonctionnement de sa démocratie, son rayonnement dans le monde, ses actions pour la paix et pour l’amitié entre les peuples, sans distinction d’appartenance géographique ou d’appartenance religieuse.

      1. Entre la politique et sa concrétisation il faut une bonne dizaine d’années (pareil en Allemagne avec les lois Hartz). 14 ans de Mitterrand et 12 de Chirac, ça finit par se payer.

      2. Oui, effectivement, elle est arrivée au pouvoir en 2002.

        Pour revenir au tableau, on remarque que c’est un effet général de l’Allemagne (et de l’Autriche), face aux autres pays: le phénomène viendrait donc de la politique allemande menée.

        Je trouve tout de même bizarre, Julien, le hiatus existant entre le discours de la droite française, et le comportement et les résultats “sur le terrain”…

      3. @Julien

        Oui, dans la presse on lit que les lois Hartz sont maintenant efficaces. Pour 2001, il faudrait imputer ça au 1er mandat de Chirac où il s’est bien reposé.

      4. @Pignouf

        Sur le plan social, vous avez une idée de ce qu’a produit la désinflation compétitive ? Jetez un coup d’oeil sur le dernier rapport OCDE croissance et inégalités !

      5. Curieux, on parle toujours de Schroder et des lois Hartz, mais jamais on ne reparle des 35 heures, à votre avis, cela n’aurait-il rien coûté …

        Si d’aucun me disent que le coût est minime, pourquoi ne pas passer à la semaine de 20 heures pour que tous les français aient un travail …

        Ne pensez vous pas que ce décrochage des coûts a donc commencé avec les 35 heures et a été accentué par les réformes en Allemagne …

      6. @Bourdon

        Non. Tout cela a déjà été maintes fois discutées.

        Pour le reste le partage du travail est une réalité dans tout le monde occidental, y compris en Allemagne, via la précarité et les temps partiels.

        Vieille lune libérale…

      7. Schröder et Chirac discutaient bien avant 2002 des politiques économiques de chacun et Jospin y était naturellement associé. Le tournant s’est opéré en 2000 pour Jospin, il a commencé à positionner ses décisions dans la perspective de la Présidentielle. De l’autre côté, Schröder voyant que la politique sociale démocrate ne réduisait pas le chômage a entrepris de mettre en place des mesures qui visaient à faire baisser le coût du travail et les coûts sociaux notamment ceux du chômage qui aboutit aujourd’hui à 10% de la population Allemande sous le seuil de pauvreté. Les Hartz wire

        Autre point de cette politique : pas de salaire minima et peu de hausse de salaire dans les conventions collectives pour afficher des coûts sociaux bas mais la puissance des syndicats qui permet dans de nombreuses entreprises de négocier le partage des résultats avec de très grosses primes équivalentes à un ou plus mois de salaire. Celle-ci ne sont pas des coûts de production.

    1. Ca fait longtemps qu’il n’y a plus ni droite ni gauche en France.
      Il y a bonnet blanc et blanc bonnet.
      Le pouvoir est ailleurs …

      1. C’est à ce moment de la phrase que les tracts pour le Front National sorte du dossier, ou c’est avant? Je ne sais plus aidez-moi…..;)

      2. Cher Vincent, agiter le Front National à tout bout de champ va bientôt équivaloir au fameux point Godwin. Il est assez évident que comme partout dans le monde, c’est l’argent qui domine et non pas le bien être ou quelque foutaise de ce genre. A l’argent on doit tout, on ne doit surtout pas lui faire peur….On doit tout déréguler. En revanche la vie des gens s’apparente de plus en plus à de l’esclavage (cf la Grèce mais aussi la France). Avec un peu d’audace politique on pourrait mettre tout le monde à contribution, y compris Sainte Liliane Bettencourt, Saint François Pinault, Saint Edouard Leclerc, Saint BHL, redistribuer les cartes “pour de vrai” au lieu de faire des mesurettes. Non c’est toujours plus de recul social, à grande vitesse avec la droite, au ralenti avec la gauche et c’est bien dommage.

  4. Merci pour cette excellente présentation.
    Au risque de me tromper, je dirais que nous allons à terme vers une restructuration globale des dettes, en clair: mettre le compteur à zéro ou presque pour procédér à un reset. Je ne vois pas une fin heureuse de ces machinations financieres (BCE et compagie) qui ne font qu’aggraver le problème de fond, et donneront encore plus de pouvoir au milieu financier international.

    Il faut mettre fin à l’eurofolie, en priorité en ce qui concerne la Grèce. Le pays risque de muter vers un protectorat allemand; c’est déjà en bonne voie avec les “zones franches” en Grèce, servant aux intérêts économiques allemands.

    1. La Grèce est en train de se faire dépouiller comme un simple particulier qui n’arrive plus a payer ses traites on commence par saisir les meubles puis on vend la maison aux enchères
      et comme le grec est a la rue, on finit par l’embaucher comme bonne a tout faire dans sa propre maison et peut être qu’il devra payer en plus un loyer au nouveau proprio pour pouvoir habiter dans la cave , et malgré tout ca le grec sera probablement toujours endetté.
      Ca me rappelle l’esclavage sexuel dans certains pays.
      C’ est ca les joies de la finance et de l’économie quand la morale a déserté le terrain.
      Merci aux lumières et a la révolution Française.(autres fumisteries)

      1. L’esclavage, le mot est dit.
        Je pense que le néo-libéralisme est une idéologie destructrice inspirée par la même lignée des colons qui a fait la gloire de l’Occident et du Royaume Uni.Ils sont de retour comme des vautours.
        Je voudrais tant une économie de la coopération , non la compétitivité qui est une concurrence exarcerbée et dresse les uns contre les autres. La science quantique démontre que nous sommes tous liés, offre une vision holistique du monde et de cela découle l’amour et la créativité.
        Chaque être a sa place sur cette planète. Cette situation est contre-nature.

    2. « les « zones franches » en Grèce, servant aux intérêts économiques allemands. »
      Rebaptisées en zones franques.

  5. Bonjour,

    j’aime bien ce blog, on y voit des analyses économiques et des perspectives sur la crise du siécle, mais pas grand chose sur le devenir de l’idée politique européenne si l’euro disparaît.

    OK l’économie est à bas, OK l’euro est subclaquant, OK les banques, les riches et tout le tralala qui gravitent sur la bête économique sont des profiteurs.

    Mais l’économie n’est pas TOUTE le sociéte n’est ce pas ?

    Faudrait voir ce que va devenir l’idée européenne si la monnaie unique disparaît ? Ce sera un divorce à l’amiable et en restant bon amis, ? Un divorce puis bataille pour se déchirer les biens puis chamailles à répétitions ? Ou bien une séparation mais en restant sous le même toit .

    Est ce envisageable de changer le fusil d’épaule: abandonner l’europe économique par la monnaie, mais projeter en même temps de faire une Europe sociale, proche des gens et empêcher par là des disparités de concurrences liées aux différents statuts des salariés européens, que la fiscalité soit la même, que les protections sociales et de retraites idem ?

    … avant que tout s’effondre ….

    cordialement

  6. Quand je vois les graphiques je ne comprend pas grand chose. Les explications associées heureusement permettent de donner les contexte et le raisonnement mais cela me semble très partiel: il me faudrait sans doute 50 pages, ou alors une redéfinition des indicateurs. Je suis allergique au PIB et à cet indice salaire/productivité, donc c’est un peu difficile pour moi à suivre.
    Sinon oui, il faut s’attaquer à la finance et il n’en est pas question dans ce texte. Ce problème de la finance (qui fait la loi économique, tout de même) n’est pas seulement un symptôme, c’est une maladie en soi dévastatrice. Je dirais que c’est l’infection d’une plaie, peut-être n’a t’elle pas provoquée la plaie, laquelle a d’autres causes (surproduction, recherche de profit immédiat et perte du long terme, complexité croissante de nos sociétés/systèmes, perte de sens, ou je ne sais… ), mais il faut tout de même la désinfecter. Cela n’a pas été fait en temps voulu, et vu son stade avancé d’infection, cela n’a pas l’air si simple (ça devrait l’être pourtant), le patient ne se laisse toujours pas faire, pas de médecin compétent,…?

    1. Si Sapir ne parle pas de la finance dans ce texte ce n’est pas parce que c’est quantité négligeable mais que son papier se penche sur la production. Réguler la finance ne permettra pas de résoudre le problèmes de la divergence des économie selon lui. D’autre part, contrairement à ce que je lis ici et là, il a toujours affirmé que la zone monétaire européenne a été construit sur des principes (libre-échange, libéralisation, dérégulation financière, concurrence fiscales, sociales et écologique, etc…) absurdes.
      Le système qu’il défend est cohérent dans son ensemble à la fois dans la zone euro et dans son rapport avec le reste du monde. Pour le principe de sortie de l’Euro avec monnaie commune + monnaie nationale cf mon commentaire plus haut.
      A défaut d’avoir des transferts entre états aux économie divergentes (ce dont ne veulent pas les Allemands), la coopération entre les membres de la zone peut se faire par la sortie coordonnées de la zone Euro. Celle-ci a le mérite de redonner aux états la souplesse monétaire que leur interdit la configuration de la zone européenne et rééquilibrer les échanges entre les pays.

      1. Le système qu’il défend est cohérent dans son ensemble

        parce que le système capitaliste est cohérent ?

        certainement cohérent dans sa recherche du taux de profit maximum, d’où la destruction actuelle de toutes les améliorations pour les prolétaires conquises de haute lutte et souvent dans le sang ( faut il parler des assassinats inombrables de syndicalistes dans la plus grande démocratie qui est les usa ?

        chutttttt ! ne parlons surtout pas du mortifère capitalisme !

        la grande majorité , ici mais surtout partout ailleurs dans les pays occidentaux ne veulent pas entendre parler de sortir du capitalisme par peur des horreurs soviétiques

        et bien vous aurez ET les guerres car toutes les crises capitalistes finissent par cela pour repartir du bon pied ET la barbarie

  7. J’entends bien MonsieurSapir, et d’autres, faire un état des lieux, identifier des causes, tracer des perspectives.
    A la différence d’experts plus péremptoires, nous avons affaire à des gens honnêtes et généralement compétents. Ils nous dressent des tableaux finalement assez semblables, la grille de lecture de chacun lui fait tout au plus privilégier tel aspect plutôt que tel autre.

    Certes, une petite différence d’analyse du passé et du présent peut parfois conduire à de préconisations assez différentes pour l’avenir, mais cela n’a aucune importance. Aucune mesure ou solution adéquate ne sera mise en œuvre, et l’histoire se déroulera d’elle-même, toute seule.

    Jusque là, le temps s’est un peu couvert, mais tout va encore bien.

    François78 – Pompéï – le 23 août 79.

  8. Vous voulez vraiment sauver l’Europe ? Ah bon, pas moi.
    Et vous voulez sauver la France ? pas moi..

    Rien de ce que j’ai vu aujourd’hui en Belgique, ne mérite d’être “sauvé”, rien de notre mode de vie ne le mérite. Il n’y a que des incultes et des écervelés partout, seuls quelques vieillards, sont au fait. La vie consiste a amener les enfants à l’école le matin puis de foncer vers un travail idiot, le plus vite possible pour que les années et le temps de chacun soient tout de suite écoulés sans qu’on sache ce que c’était la vie finalement mais il est déjà trop tard.

    Tout ceci repose sur l’illusion que le temps converti en argent, ou employé à élever un enfant, n’est pas “perdu” ; ce qui est en caisse est du temps cristallisé. Du “bien”, comme de la lumière en fûts de chêne.

    1. Incultes et écervelés ?
      Vous vous trompez.
      Vous êtes trop généreux.
      Ce n’est pas que le gens ne comprennent pas.
      Ils comprennent très bien.
      Mais ils ne veulent pas savoir !
      Pour ne pas contempler les erreurs dont ils sont responsables et les efforts à faire pour les corriger.

    2. Solution Lisztéenne pour sauver l’euro: le suicide collectif!
      Dans la nuit de samedi à dimanche avant l’ouverture de la bourse, chaque européen muni de sa dose de cyanure et après une petite prière, etc, etc…. 😉

    3. Lisztfr, devriez être content : finalement, notre civilisation européenne n’a pas changée depuis que nous sommes toujours ‘A la recherche du temps perdu’ …

    4. Sauvez donc ces pauvres immigrés belges !

      Ce n’est pas parce qu’ils sont persécutés dans leur pays d’origine et qu’ils ont peur pour leur intégrité qu’ils ne méritent pas une piécette de temps à autre.

      Vous pouvez quand même faire preuve de charité et consacrer un peu de vos dons à la belle idée qu’est une communauté de vie humaine !

      http://www.boursorama.com/actualites/bernard-arnault-veut-devenir-belge-5f0f2aca1631fc741accd33d5c8c02ff

  9. Les articles et les commentaires sont toujours intéressants et instructifs.

    Dans le cas de la France, j’ai l’impression qu’on ne s’intéresse pas assez au patrimoine des ménages qui a été multiplié par deux en 10 ans. Cette augmentation n’a pas profité à tous, en premier lieu les ménages les plus modestes (épargne négative, très souvent ils ne sont pas propriétaires, si c’est le cas le bien est peu cher) mais aussi aux entreprises et aux administrations publiques.

    Et si on opérait un rééquilibrage du patrimoine en France ? Ce rééquilibrage servirait au désendettement des entreprises et des administrations publiques mais également aux ménages les plus modestes (principalement via la diminution du coût du logement, libérant du pouvoir d’achat pour les Français les plus modestes).

    Par exemple : ponction sur les dépôts d’assurance-vie de l’ordre de 25% de l’encours actuel. Soit une diminution de 300 Mds€ de la dette.

    Fin totale des dispositifs aidant à l’accès à la propriété qui coûte à l’état et qui n’est qu’une allocation de ressources en faveur de personnes qui n’en ont pas forcément besoin.

    Diminuer de 2000 à 3000 milliards d’euros le patrimoine des ménages sur une période de dix ans (avec un transfert de patrimoine entre ménages pour plus d’égalité) serait certainement bénéfique à l’ensemble du pays.

    Je rajoute que ces transferts de patrimoine à l’intérieur de la France pourraient être couplés à des transferts entre pays européens.

    1. Ça se fera, ça se fera l’albatros, t’inquiète, nécessairement, sans doute plus que ça même, comme après une « bonne guerre », mais avec des fuites considérables itou avant transfert – faudra les encaisser les pertes y’a pas moyen d’moyenner, mais ça s’fera.

      1. Ne quittez pas, la déflation (brutale) (de la ‘valeur’) des actifs financiers ou patrimoniaux est en cours …

    2. Le patrimoine a été multiplié par 2 en euros, pas en réalité.

      Les prix de l’immobilier ont doublé, et donc nous renseignent sur deux choses :
      1 – la majeure partie du patrimoine des français est constituée d’immobilier.
      2 – le nombre de m² possédé par les français n’a pas varié.

      Deux manières de voir les choses :
      1 – la valeur de l’euro a été divisée par deux en 10 ans
      2 – les outils financiers ont permis de multiplier par 2 la richesse virtuelle

      Ceux qui pensent être devenus riches parce que leur 4 murs sont affichés au double du prix dans l’agence immobilière du coin se trompent lourdement.
      Ils ont réussi a s’engager sur 25 ans pour quelque chose qui n’en valait que 10 … (la seule unité monétaire ayant un sens pour un homme est le temps).

      1. upwind, t’iras expliquer ça – lentement, avec les décibels ki faut et en articulant bien – au petit vieux ou à la petite vieille – et à leurs héritiers – que le pavillon dans la vitrine chez Orpi ben il payera plus cinq ans d’Ehpad à Épaves mais trois voire deux. On te fait confiance. Faut investir dans l’Pentothal…

    1. Il faut le conserver cet article,je viens de le sauver sur mon ordi. Ca fera une bonne blague à ressortir en 2013/2014 etc..

      Cela en dit long sur le degré d’analyse de ces gens ‘pseudos experts’ auto proclamés..pathétique.

      1. mais enfin ! qui se goinfre et qui casque ?
        pourquoi voudriez vous que le MEDEF, “représentant patronal” mais pas de n’importe quel “patronat” ne pousse pas à la roue des politiques qu’il a appelé de ses vœux et qu’il appelle de ses vœux tous les jours.
        Ces “gens” sont des “experts” dans leur spécialité, l’accumulation . . .
        La “guérison” de la zone euro, c’est la flexibilité, la précarité, la casse des services publics, les privatisations etc. pour le plus grand profit des “grands” groupes.
        Je remet le lien vers Catastroïka . . .
        http://www.dailymotion.com/video/xrnu9y_catastroika-sous-titres-francais_shortfilms

  10. Sur ce billet rien à dire , il est cohérent et lucide , parmi les plus lucides qui soit . Un bémol cependant , il raisonne en nominal (compte tenu du pouvoir d’achat) et non en valeur .
    La phrase clé : nous risquons la récession … En réalité il y a longtemps que nous sommes en récession réelle . Là c’est de récession nominale qu’il est question .Du coup il n’apparait pas que les institutions n’ont plus d’autres choix pour étre crédible .
    Le pas suivant , qu’elle feront et auquel Sapir invite , elles perdront toute crédibilité . Il n’y aura plus récession nominale certes , mais celle-ci ne fera plus illusion ( pour les plus clairvoyants , c’est à dire ceux qui gagnent de l’argent et font réellement le marché , une toute petite minorité ) . C’est pourquoi ces institutions tardent tant à franchir ce pas .
    Il y aura alors pour la masse toujours anticipation rationnelle , mais plus prévision du réel .

  11. Un sou est un sou,comment dire ce sou à une valeur morale et éthique d’échange ; le supprimer ? ho non! !! Mais supprimer les valeurs pour que nous mourrions, ne vous gêne aucunement .Dans ce système de DEREGULATION, celà ne pose à priori aucun souci à beaucoup d’entre vous.Cherchez cherchez bien a trouver une manière de faire : pour que ce sou existe, mais sans les valeurs qui l’accompagnent: il ne vaudra jamais rien…donc cherchez aussi qu’est ce qui se cache derrière morale et éthique dans vos solutions…

  12. Dans le cas du Canada, si la politique d’ajustement a porté ses fruits, ce fut grâce à l’effet de traction assuré par l’économie des Etats-Unis et, secondairement, de l’Europe. La baisse de la demande intérieure a pu être compensée par la hausse de la demande extérieure.

    reste à savoir si le canada fonctionne, le bilinguisme ne facilite pas les choses. reste à savoir si le canada est un état souverain.

    la hausse de la demande extérieure devrait être assurée par la dévaluation de l’euro suivant la mutualisation. dans un contexte économique déprimé et très concurrentiel. les nouvelles usines issues du regain industriel étant ‘idéalement’ réparties en parallèle de mesures destinées à renforcer la compétitivité de l’européen d’en bas avec le petit chinois.

    sauver l’euro c’est donner un chèque en blanc aux détricoteurs de système social, en priant pour qu’ils prennent conscience de leur infamie a posteriori. c’est porter le débat social au niveau européen et bon courage pour la suite, bref l’éloigner toujours plus des premiers concernés. toujours aux mêmes de faire le premier pas, ça mange pas de pain.

    personnellement je n’y crois pas une seconde. pourtant j’aimerais bien.
    faites confiance, mais prenez garde à qui.

  13. La crise de la zone Euro n’est pas une crise de la dette mais une crise issue des décalages accumulés de compétitivité, en raison de l’impossibilité, depuis 1999 de compenser ces dits décalages par des dévaluations. Ces décalages ont conduit les pays à accumuler des dettes excessives dans le long terme (depuis 1999)

    Sapir ne dit pas autre chose que la crise de l’€ est une crise de la dette cumulée de chaque état de l’union.
    Mais ce qu’il ne dit pas, c’est qu’une dévaluation globale de la zone est toujours possible. Il n’y a donc pas lieu de dramatiser. Une bonne dévaluation est même préférable à une lente érosion monétaire.
    Le seul argument de Sapir est : « Les allemands refuseront »
    et celà, nous verrons bien !
    Pour les différentiels de compétitivité, il n’y a pas le feu !

    1. Les 2 problèmes à régler urgemment sont le déficit du commerce extérieur et les déficits budgétaires. Quant à celui de la dette, il était immanent à la création de l’union mais l’aménagement de l’outil pour le résorber (BCE) a été pris de court par la crise de 2007. Avant, il n’y avait pas de raison de se presser !

  14. bonjour
    merci pour l’article
    personne n’aurait vu ma mule ? je dois faire le plein (d’eau) au puits voisin
    cet hiver, quelques châtaignes et un peu de braconnage feront l’affaire
    bon retour vers le futur à tous

  15. Je le dis , je le redis et je le maintiens……

    La foutue crise c’est une crise énergétique mondiale,de ressources, et de matières premières.

    pour creuser fo du petrole, pour se chauffer fo du petrole,, pour transporter fo du petrole, pour produire de l’electricité fo du pétrole, pour fabriquer des médocs fo du pétrole, pour alimenter les ressources alternatives fo du pétrole,ET pour faire une guerre fo du ptrole

    terminus

    1. et si par miracle on trouve un substitut a cela je tire mon chapeau très très très au ras du sol.

      humm…. trouver une énergie aussi explosive et aussi facilement transportable (jusque au temple perdu au fin fond du Tibet et au fond de l’Amazonie a gauche). Mais surtout utilisable de suite

      je trouve pas…………..

  16. nouveauté le super tanker electrique ……………….

    “heu capitaine ou il y a une prise électrique car nos batteries sont rades”

    “huh…..on est en plein milieu de l’atlantique……”

      1. De plus il serait couvert de panneaux solaires.

        3 ou 4 000 kWh maxi pour bouger un supertanker de 500 000 tonnes Rutile ? L’en faut 117 000 kW aux bourins pour le Queen Mary II, 40 000 c’est un mini pour un super pétrolier…

      2. certes des voiles 🙂 mais avec le tonnage que ils ont ………….. (des voiles en km carré) et avec 15et

        la vitesse est elle constante ? la traversée ne se comptera plus en jours mais en mois.

        oki les panneaux solaires 🙂 mais dans les zones couvertes toute l’année ont fait comment ?

        bah reste a faire comme font les russes avec les brise-glaces = énergie nucléaire.

        ah j’oubliais les matières fissiles ont aussi un peak…………

      3. @Vigneron
        4 GW cela peut faciliter la vie à bord, permettre l’automatisation, des détecteurs, des communications, installer des actuateurs pour adapter la voilure à la méteo. En 20 jours cela peut produire jusqu’à 100 GWh, pourquoi s’en passer?
        De plus les super-tankers et les paquebots n’ont pas la même formule hydrodynamique: Le nombre de Froude d’un tanker est typiquement de 0,266 ou 0,357, alors que celui d’un paquebot est de 0,4. Il en résulte qu’un paquebot a besoin de 10 fois plus de puissance à masse égale.
        L’ Amoco-Cadix avait une puissance de 22 GW

      4. @chester
        Pas forcément des voiles, je propose des rotors de Flettner.
        Un turbo-alternateur fournit du courant à quatre moteurs électriques, entraînant les quatre rotors de Flettner (quatre mâts de 27 m de haut et 4 m de diamètre, permettant un mode de propulsion éolien par effet magnus). Les rotors en action captent le vent et produisent une poussée longitudinale qui fait avancer le navire.

        http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_–E-Ship-1-le-cargo-roro-a-propulsion-eolienne-_29019-avd-20110831-61158190_actuLocale.Htm
        Là mes panneaux solaires (complétés par des batteries) deviennent utiles.

    1. pour les bateaux du futur aller voir les propositions de jacque fresco
      das son film ” convevoir le futur”
      cela se situe dans la deuxième moitié du film.
      les supertanker à propulsion ionique.

  17. vigneron
    6 septembre 2012 à 16:30

    « Le problème n’est peut- être pas les solutions, mais les mains en l’occurrence. Et seulement pour l’instant. »
    Alors Julien, faudrait « toucher de main » une Eleanor…

    Imaginez une seconde !!!!!!!!!!!

  18. Je surfais sur des sites allemands et je suis tombé là-dessus.
    http://www.boerse.de/nachrichten/ROUNDUP-Deutsche-Exporte-ueberraschend-gestiegen/7321325

    Les allemands se félicitent que leurs exportations aient contre toute attente augmenté en juillet.

    En consolidé:
    export = 93,6 milliards/+9,2% import = 76,7 milliards/+1,9%

    En détail:
    vers le grand large:
    export = 41,8 milliards/+15,9% import = 27,4 milliards/+4,2%
    vers l’UE:
    export = 51,8 milliards/+4,4% import = 49,3 milliards/+5,6%
    dont vers la zone Euro:
    export = 34,1 milliards/+3,2% import = 34,7 milliards/+6,7%

    Ils sont contents d’accueillir de nombreuses entreprises européennes “à califourchon” dans leurs exports vers le grand monde, autrement dit ils se félicitent que de nombreux composants livrés par des européens soient revendus au grand export après intégration dans leurs produits.

    Ce n’est qu’une brève d’agence, aucune analyse ni critique de ces chiffres ahurissants.

    1. Ben voila, la messe est dite. Juillet 2012 : l’Allemagne est en déficit commercial vis à vis des autres eurozonards de 500 millions € et l’export vers ces derniers ne représente plus que 36% du total.

  19. Dans un commentaire de France-Info ce matin quelque chose m’ a interpellé .
    On y expliquait suite au révision des prévisions de croissance par le gouvernement et aux révisions par l’ Ocde , que 1/10 e de croissance en moins c’était 20 milliards en moins , donc 10 milliards en moins pour l’état . D’où le souci de préserver la croissance …
    Ce qui m’a frappé c’est que Keynes est par là complétement passé à la trappe . Puisque selon lui en gros ce sont les 10 milliards de dépenses de l’état qui sont , serait cause des 20 milliards de croissance . Ce qui était l’alpha et l’oméga il y a trente ou quarante ans est maintenant complétement shinté . Que ‘est-il passé ? peu importe .
    Donc selon un keynesien c’est le retour aux vieilles recettes qui ont amené la crise des années 30 la récession , la dépression , le pire quoi . Le pire on y va c’est sur . Mais pourquoi cette obstination dans l’erreur et au final pourquoi cette éclairement esbaudi pendant les trentes glorieuses ?
    Faschisme et guerre çà compte , c’est sur , faut les connaitre réellement pour étre sage ou peut étre a t on un relachement , maintenant que la collectivisation because URss n’est plus une menace . Le capital , la bourgeoisie , il lui faut un aiguillon dans les fesses pour étre raisonnable ? Vieille histoire de rentiers , et de quiétude dans la vissiscitude ?

      1. Ok shunté . ce que j’ai voulu dire c’est que sans contrainte adverse , sociale ou étrangére , la société suit ses vieux démons , sécurité , sécurité , donc rente en accord avec l’état , parce que sans cet accord pas de rente . Sous l’effet de la crainte du communisne , interne et externe , quelques dispositifs (Keynesiens ) ont été mis en place pour dissuader cette rente , tout en conservant l’essentiel , le marché , la monnaie et surtout l’état , toutefois d’une maniére non-orthodoxe . Le danger disparu , tout reviens comme avant mais en pire parce que via l’état ,
        la redistribution fonctionne à l’envers .
        Les keynésiens en reste à la lettre , posant les théses de Keynes comme de la science alors qu’il s’agit d’options politiques , et continue à réciter leur crédo , déniant que sous la main , entre-temps le sens des mesures Keynésiennes ce sont complétement retournées , elles servent aujourd’hui à créer du chomage et des inégalités et apauvrissent l’état , crime impardonnable .

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