LA SCIENCE DE LA MONNAIE ABANDONNÉE PAR LA POLITIQUE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La fausse politique démasquée de la fausse finance

Paul Jorion nous propose une dévaluation des dettes publiques européennes par un défaut solidaire et concerté des 17 États de la zone euro. Schématiquement, toutes les dettes publiques seraient versées dans un fonds commun européen qui annoncerait la cessation collective du paiement des intérêts. Tous les créanciers extérieurs de la zone euro seraient alors contraints de vendre leurs titres ou de vendre des actifs en euro pour obtenir de la liquidité sur le marché des changes. Le marché  interbancaire mondial serait alors obligé de dévaluer l’euro contre les autres monnaies en fonction des anticipations de reprise des paiements d’intérêt par la collectivité européenne solidaire ; laquelle serait subordonnée à une dévaluation suffisante de l’euro pour que les liquidités exportées en dehors de la zone y reviennent.

Jacques Sapir répond indirectement à Paul que ni la dévaluation, ni la solidarisation financière des États de la zone ne résout le problème interne de la zone. La dévaluation ferait revenir les liquidités qui manquent à l’Europe mais ne résoudrait pas le problème de la non-compétitivité de l’économie non germanique à l’intérieur de la zone de monnaie unique. Ni l’émission monétaire de la BCE adossée au retour des capitaux, ni les transferts fiscaux massifs qui pourraient être accordés aux pays en difficulté ne résoudraient les déséquilibres politiques et économiques qui provoquent la désagrégation du système bancaire et monétaire en euro. Les transferts de PIB calculés par Jacques Sapir pour maintenir l’unicité monétaire dans la zone euro montrent l’ampleur de l’impasse systémique.

Les points de vue de Paul Jorion et Jacques Sapir sont différents mais pas nécessairement antagoniques. La monnaie unique n’est pas viable à la fois parce que le taux de change actuel de l’euro n’est pas tenable pour les pays les plus endettés et parce que ces pays n’ont plus aucune possibilité de redevenir compétitifs à l’intérieur de la monnaie unique. La monnaie unique est impossible à la fois par non régulation du crédit public et bancaire entre les Européens et parce que le coût de cette non-régulation du crédit est exclusivement financé par les impôts et non par les actionnaires du système financier ; lesquels accumulent des plus-values hors de la zone euro par l’impossibilité de réguler les banques dans le système monétaire et financier actuel.

Les pays européens désunis par leurs institutions politiques impuissantes n’ont aucune maîtrise juridique de leur émission monétaire. Si l’observation logique de la réalité démontre la destruction en cours inexorable de la monnaie unique, il reste à se demander par quel mystère les autorités politiques et monétaires de la zone euro s’obstinent à suivre contre elles-mêmes un processus d’autodestruction politique et économique. Jacques Sapir esquisse la réponse en évoquant la monnaie commune qu’il faudra bien substituer à l’euro unique si les Européens renoncent à s’euthanasier. Et Paul Jorion propose un mécanisme d’indexation de la parité internationale de l’euro sur la mutualisation du coût de restauration de la compétitivité de toute l’économie européenne par rapport aux pays qui bradent le travail et les droits de leurs salariés.

L’empire financier de la bêtise

Les processus financiers en cours démontrent une erreur de système dans une nouvelle réalité mondiale ou la vision occidentale d’une compétition internationale non régulée par les droits du travail n’a plus les moyens concrets de son hégémonie. La civilisation occidentale a imposé au monde un système de prix par des monnaies fondées sur la puissance au-dessus de la réalité objective des revenus nécessaire à la bonne vie. La monnaie occidentale est conçue pour capturer la rationalité économique et non pour penser l’échange du commun dans une pluralité de points de vue sur la richesse. Le « E pluribus unum » qui est la devise commune aux États-Unis et à l’Union Européenne est une formule rendue inopérante par la guerre civile monétaire mondiale.

L’unification du monde n’est pas le fruit négociable de la pluralité mais l’abandon du pouvoir politique à la technocratie bancaire. Cet aplatissement spirituel du vivre ensemble vient de 200 ans de matérialisme financier hostile au principe de négociation réelle du bien commun. La souveraineté qui était l’interprétation collective solidaire dans la réalité économique d’une loi nationale du bien de tous les citoyens a été abolie par la technocratie financière des intérêts privés. La monnaie n’est plus la quantification du droit sur les choses échangées à l’intérieur d’une communauté politique mais la représentation comptable du pouvoir exclusif de quelques-uns sur la rationalité économique de tous.

L’économie financière a été placée au-dessus de la loi politique et de toute formulation partageable de la réalité objective concrète. Toute l’économie humaine du vivre ensemble est réduite et ordonnée par des prix décidés par la spéculation omnisciente des possesseurs de l’émission monétaire. Le prix ne peut plus être l’équivalence matérielle négociée entre des personnes libres et responsables de leurs besoins. Le prix est réduit au pur nombre quantifiant le crédit virtuel que le banquier commercial ou central accorde à des objets déconnectés de toute transaction réelle. Les personnes physiques ne sont plus consultées sur leurs droits, besoins et attentes réels.

La finance abstraite de toute réalité vérifiable en bien commun est la règle du dollar dont l’euro est une réplique. L’émission monétaire en dollar est depuis l’origine d’initiative privée sans rapport avec la souveraineté. Le pouvoir politique de la Fédération des États-Unis n’a jamais exercé de contrôle sur l’émission monétaire par l’arbitrage public du droit. La communauté nationale étatsunienne n’a jamais rien dit en tant que communauté sur l’allocation de la liquidité du crédit aux intérêts particuliers par ailleurs associés dans la même légalité formelle de la Fédération des États-Unis.

Anges et démons de l’euro

L’Union Européenne a inventé l’euro pour échapper à l’emprise du droit privé étatsunien. L’euro devait faire contrepoids au privilège étatsunien d’émission en dollar de la liquidité du crédit des échanges internationaux. Mais l’UE polarisée par la confrontation impériale avec les États-Unis a omis de construire une souveraineté confédérale pour contrôler l’émission de l’euro. Les appareils politiques des souverainetés nationales allemande et française se sont joués l’un l’autre en bloquant la construction d’une souveraineté politique partagée.

Aucune politique européenne n’a été construite sur des institutions démocratiques communes qui fussent dépositaire de l’équilibre financier de l’économie mise en commun dans la monnaie unique. Les Britanniques ont joué la destruction réciproque de l’Allemagne par la France dans une monnaie unique que d’expérience, ils savaient ingérable et qui laisserait en pratique les finances de l’UE sous le contrôle de la City. Les Allemands ont joué la fixité du change entre la France et l’Allemagne pour imposer leur domination commerciale et industrielle dans l’absence de régulation commune des droits sociaux du travail. Les Français ont joué le Conseil Européen sans consistance institutionnelle proprement communautaire pour réduire la délibération du vivre ensemble européen à leur technocratie politique nationale.

La redistribution de la production des richesses économiques entre l’Orient et l’Occident et la destruction par l’Occident de la possibilité de souveraineté politique sur la finance laissent sans assise stable le système monétaire dollar-euro. Ce qu’on ne dit pas en zone euro mais que les États-Unis et le Royaume-Uni ont appris par l’expérience des faits, c’est que le sabordage de l’euro va emporter le dollar et partant tout le système bancaire mondial. La finance auto-référencée n’a plus nulle part de perception de l’économie réelle ni de cadre politique pour orienter ses modèles de prix sur l’économie de la demande de la société humaine réelle.

De même que l’application en dollar du droit étatsunien au monde entier déconnecte la finance de l’économie réelle étatsunienne et internationale, de même la monnaie unique européenne crée une fiction financière d’application homogène du droit sur le territoire de la zone euro. La rationalité économique est après le choc de 2008 totalement auto-référencée hors de tout ancrage dans une quelconque réalisation politique de l’économie des échanges. Le renflouement nominal du système bancaire international après la disparition du crédit interbancaire se fait par l’artifice comptable et juridique du bilan des banques centrales non doté du capital public qui prouve leur solvabilité effective réelle.

Le cynisme idiot

La dette émise par le système bancaire mondial échappe à toute limite de légalité politique et à toute mesure de réalité économique. La BCE, la Fed et la Bank of England sont des fonds communs de créances pourries que les autres pays abandonneront comme contrepartie de compte de leurs réserves de change internationales. Personne n’imagine rationnellement que la dette de l’Europe du sud envers l’Allemagne, ou des États-Unis envers la Chine, soit intégralement remboursable dans le temps. Personne ne sait calculer dans le système monétaire actuel la proportion des dettes devant être abandonnée pour que les débiteurs soient raisonnablement capables de rembourser le solde. Les créanciers ne peuvent pas mesurer la part de la dette adossée au capital de leurs débiteurs qui finance la production future dégageant les remboursements nets qu’ils puissent revendiquer. Les débiteurs devraient pouvoir calculer les remboursements maximaux qu’ils sont capables d’assumer sans compromettre une croissance nette de la capacité productive durable.

Hors d’un système de changes flexibles structuré par les souverainetés politiques, il est impossible de résorber les retards de compétitivité provoquant l’endettement inter-étatique. Même avec un dispositif utopique de transferts massifs de l’Allemagne vers les États débiteurs nets en euro, la fixité des parités monétaires dans la zone euro interdit toute restauration de la compétitivité salariale compatible avec le niveau général des prix. Dans toutes l’Europe non germanique, l’abaissement du niveau de vie des salariés en dessous des normes décentes du vivre ensemble anéantit les États nationaux dans l’insolvabilité. La disparition des États nationaux détruit les fondations politiques de l’Union Européenne.

Les Européens et les Américains font semblant d’avoir oublié que la monnaie est l’unité de compte du prix du travail productif solvable dans une communauté politique. Si l’étalonnage de la monnaie n’est pas l’indexation de la solvabilité financière sociale et personnelle sur la production réelle des emprunteurs ; si cette indexation n’est pas définie par un cadre politique asservi à l’exercice de la démocratie dans les nationalités du vivre ensemble, alors la finance devient trappe à liquidité. La réalité des échanges économiques disparaît dans l’insignifiance de la liquidité nominale.

Le paradigme keynésien ignoré de la monnaie

Pour rétablir l’émission monétaire dans les limites objectives de la liquidité réelle des échanges, il faut restaurer trois degrés institutionnels explicitement séparés de garantie des crédits : la transaction réelle, l’État national de droit et la liquidité internationale du droit. Les trois degrés nécessaires de couverture du crédit par le capital réel, liquide et exigible définissent quatre fonctions financières qui ne peuvent pas être exercées par les mêmes institutions afin qu’elles s’assurent réciproquement. La fonction de marché applique le droit défini par la souveraineté politique. La fonction de crédit mesure le prix à terme selon la réalité juridique des engagements économiques. La fonction d’investissement garantit la mesure financière du crédit. La fonction d’assurance garantit physiquement les acteurs du système dans leur personne, leurs sociétés intermédiaires et leurs biens.

Les institutions politiques sont nécessairement actrices de la fonction de marché par la définition du droit ; et actrices de la fonction d’assurance par la prise en charge des dommages physiques possiblement trop étendus pour ne pas être assumés par toute la collectivité politique. L’impôt est en finance réaliste la prime d’assurance réglée par les contribuables sur l’existence d’une communauté politique de marché des prix universellement justes. Dans un système financier rétabli sur une réalité économique identifiable et mesurable, l’ordre politique dispose d’un financement indépendant des intérêts spécifiquement bancaires. La masse monétaire est la somme des primes de crédit, d’investissement et d’assurance réglées par les acteurs économiques sur l’existence effective et durable d’un équilibre entre l’offre et la demande. Tout bien support d’un prix répond à des besoins humains réels justes.

L’application de ces principes connus depuis plusieurs siècles pose le problème de la convertibilité en droit des monnaies de souveraineté nationale dans un marché économique et financier mondial totalement unifié. La monnaie ne peut pas être efficiente en droit hors des souverainetés nationales ; mais par cette raison d’être nationale, la monnaie doit pouvoir régler les échanges internationaux entre toutes les associations possibles d’États comme le sont l’Union Européenne, les États-Unis, l’Inde ou le Brésil. Ici il devient nécessaire d’abandonner l’aporie de la monnaie unique multinationale pour lui substituer la monnaie commune qui ne peut être autre chose qu’une monnaie de conversion à l’intérieur d’un système de monnaies nationales.

Remettre en chantier la solution du bancor

Le concept de monnaie commune internationale est entièrement exposé dans la théorie keynésienne de la monnaie et dans la proposition de chambre de compensation en unité de crédit international. Le bancor refusé par les États-Unis en 1944, était une monnaie de monnaies permettant la compensation internationale collective du crédit par la flexibilité négociable arbitrée des parités de changes. La comptabilisation en bancor de la liquidité de tout État national et de toute zone monétaire multinationale ou mono-nationale permettait une confrontation neutre et objective des offres et demandes de crédit international. Les zones monétaires emprunteuses nettes étaient obligées d’accepter la dévaluation de leur parité quand la collectivité internationale jugeait la liquidité de l’économie réelle insuffisante. Mécaniquement, la dévaluation des débiteurs nets entraînait la réévaluation des créanciers nets dont la production réelle trop compétitive empêchait l’adossement des soldes créditeurs de liquidité en bancor sur des déficits commerciaux futurs.

Deux obstacles pratiques s’étaient présentés à la mise en œuvre effective du système bancor. Premièrement, l’absence de consensus sur la collatéralisation de la liquidité en bancor par un panier négociable et ajustable d’actifs nationaux internationalisés. Deuxièmement, le refus des Étatsuniens et des Britanniques d’afficher en bancor une parité du dollar qui risquait d’être trop rapidement favorable à l’industrie européenne et une parité de la livre qui manifesterait trop clairement la ruine de l’Empire Britannique dans la deuxième guerre mondiale. De ces deux motifs, il ne reste plus aujourd’hui que la prospérité relative et toute provisoire des banques en dollar par rapport aux banques en euro. Wall Street et la City jouent désormais leurs dernières primes de risque systémique sur le chaos financier qu’entraînera le démantèlement de l’euro.

La spéculation en dollar et livre contre l’euro est le contrepoint de la spéculation cachée des intérêts privés nationaux Allemands et Français contre l’Union politique des Européens. Si les Européens et les Américains renoncent à se suicider, ils disposent dans l’Union Européenne du cadre politique multinational permettant la mise en œuvre d’un euro-bancor qui puisse se transformer en étalon de crédit international. Avec un marché monétaire assuré par la régulation d’un État confédéral européen associant les souverainetés politiques nationales européennes, l’euro peut être muté en monnaie commune de négociation des parités nationales rétablies. La mutation de l’euro en monnaie commune devient en même temps la titrisation spécifiquement confédérale de la solidarité budgétaire et fiscale entre les États nationaux de la zone euro.

Politique européenne de responsabilité financière

Une compensation européenne en euro des règlements de crédit nationaux en monnaie nationale aura trois conséquences systémiques immédiates de stabilité financière. Elle rend au pouvoir politique la définition juridique concrète du pouvoir d’achat en droit des monnaies. Elle constitue en monnaie commune un capital systémique de garantie du crédit dans n’importe quelle monnaie convertible en euro par la compensation confédérale européenne. Elle rend au pouvoir politique la régulation des transactions réelles par le prix du droit en monnaie. Contrairement au discours politique capturé par la spéculation financière, la mutation de l’Union Européenne en cadre politique démocratique multinational du marché commun déjà constitué, a pour conséquence de restaurer la liquidité du crédit par l’exercice des souverainetés nationales. La souveraineté n’est plus une arme de guerre entre les nations.

Il est immédiat que la délimitation de la monnaie par la souveraineté politique nationale, confédérale et internationale représentées par des unités de compte propres et distinctes instaure un outil de mesure publique de la responsabilité des pouvoirs politiques sur l’équilibre général, bancaire et privé du crédit. L’économie réelle devient objective par le choix de la monnaie signifiant le prix dans une légalité identifiée. Deux conditions vont devoir être réalisées pour sortir de la démence politique et financière actuelle : que la pression des réalités force la reprise en main politique du système monétaire et financier ; que la fonction monétaire de compensation du discours politique par la réalité économique soit rendue négociable et partageable entre des souverainetés nécessairement concurrentes par l’économie réelle conditionnée par la communauté des droits.

Il faut constater que la toile mondiale numérique utilisée par la spéculation financière pour jouer au bonneteau avec les moyens de vie des peuples est aussi un état civil universel et une bibliothèque de toutes les lois en vigueur. L’hypertexte relie n’importe quelle transaction numérisée à des textes contractuels, aux lois qui les régissent et aux personnes physiques, morales et politiques qui en garantissent la réalisation conformément au droit numérisable par les monnaies. La mise ne œuvre technique d’une compensation des monnaies, par les décisions politiques et par le prix réel en capital et en crédit des actifs négociés, est réalisable en quelques jours dans les systèmes informatiques actuels. Il n’existe aucun obstacle ni technique, ni logique, ni cognitif à l’utilisation de l’émission monétaire pour ce qu’elle était avant que la plus-value nominale prime sur la réalité des besoins humains.

Le concept de monnaie unique est mortifère comme celui de monnaie internationale quand la définition du pouvoir d’achat de la monnaie est abandonnée par la souveraineté politique aux banques au-dessus des lois. La compensation en euro-bancor des parités de souveraineté nationale dans la souveraineté confédérale européenne est la prémisse nécessaire d’une restauration de la responsabilité politique au service des peuples. Cette restauration permet la seconde prémisse qui est la subordination du prix en monnaie au régime de la responsabilité politique personnelle du financement du bien commun.

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46 réflexions sur « LA SCIENCE DE LA MONNAIE ABANDONNÉE PAR LA POLITIQUE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Damn! Pour un dimanche soir c’est costaud mais je crois que je commence à comprendre ce que vous voulez dire. Continuez !!!

  2. Il me semble que ce billet est à encadrer.

    Il me semble que la pensée progresse.

    Il me semble n’avoir jamais lu propositions à la crédibilité aussi charpentée.

    Delphin

  3. Je ne saurais vous expliquer pourquoi, mais une fois terminée la relecture de ce billet, j’ai eu une furieuse envie de relire également « Les chiens de garde » de Paul Nizan.
    C’est à cet instant, que je m’aperçois personnellement, que le champ de mon ignorance est aussi immense que tous les océans réunis, comme en rêve…
    « Aussi longtemps que les hommes ne seront pas complets et libres, ils rêveront la nuit ». P. Nizan
    À chacun son démon, midi avant minuit.

  4. Marx au XXIème siècle : Rémy Herrera

    lien vimeo : http://vimeo.com/21013336

    Les Films de l’An 2

    Marx au XXIème siècle : Rémy Herrera

    by Les Films de l’An 2 PRO 1 year ago

    Réflexions sur la crise du capital :

    causes, mécanismes, effets, alternatives.

    Séminaire organisé dans le cadre du CHSPM

    (université Paris 1- Sorbonne), et animé par I.GARO, J. SALEM, J.-N.
    DUCANGE & S. KOUVÉLAKIS

    Les séances se déroulent le samedi, de 14 h à 16 h à l’Université Paris
    1-Sorbonne

    12 mars 2011

  5. Avant d’assigner des objectifs aux êtres et aux choses, il convient, dans un premier temps de se préoccuper de leur substance.

    Je conteste vigoureusement cette façon de concevoir l’argent proposée ici et partout ailleurs, à savoir principalement sous la forme d’outil. Évidemment, c’est ce qui saute aux yeux, on l’utilise partout, à tort et à travers et le simple fait de l’utiliser sert de justification à cela.

    Platon recense plusieurs approches de l’objet, dans sa « Lettre aux amis », en partant de la définition, passant par l’imaginaire, jusqu’à l’intellect et à l’idée qui elle reste insaisissable. Chez Aristote on trouve la notion de téléologie, ou cause finale, – rôle joué par le Souverain Bien chez Platon, (sans garantie, cf Gadamer). L’idée que les choses existent en fonction d’une fin, cette fin étant déjà contenue en elles à priori, le développement la révélant. En fait la cause finale redevient initiale…

    Nous devons à Kant une autre sorte de questionnement que je ne vais pas relier ce soir aux précédentes, à savoir l’interrogation transcendantale, au sujet des conditions de possibilités d’existence de l’objet. A quelles conditions, cet objet précis existe-t-il, et fonctionne ? C’est aussi une question d’écologie, au sujet des conditions d’existence de tel espèce, conditions de survies, et même conditions d’application d’une fonction mathématique…

    Les conditions d’existence de l’argent, tel qu’il est aujourd’hui, ont une incidence néfaste sur la condition humaine.

    L’argent brille, objet de tous les fantasmes et pourtant dans ce miroitement, la racine demeure insaisissable (Bachelard), parce qu’on en reste à une phénoménalité.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Transcendantal#Transcendantal_chez_Kant

    Le plus important est la « connaissance transcendantale » de l’argent, « transcendantal » est un adjectif désignant toute étude des conditions de possibilité (d’existence).

    On aurait pu aussi évoquer la démarche généalogique autre façon de s’égare encore plus formidablement loin de la compréhension réelle. Nietzsche et Foucault, ont fait des généalogies, et l’on serait tenté de faire la généalogie de la Crise, et finalement il s’agit aussi d’une question transcendantale, au sujet des conditions de l’avènement de d’aujourd’hui.

    Et cette démarche au sujet du pourquoi, rejoint la recherche biblique des causes du Mal.

    1. L’ argent c’ est identique à « le argent ».
      Pourquoi ce « le « , qu’ est ce que ce  » le » dénote sinon une chose , un objet distinct de notre propre matérialité d’ observateur.
      Un peu ce qui se passe avec « le Beau » : il y a une « chosification  » de ce qui nous apparait commun a toutes choses belles. Il y a une sorte de besoin de nommer ce qui nous apparaît commun.
      Cette chosification est une sorte de mécanisme physiologique de la pensée : une sorte d opération de simplification, de réduction de ce qui est observé, rendant commensurable au réel sensible ce qui ne l est pas encore car trop grand , ou trop  » multiple » au premier regard.
      Nous disons de cette chose belle, qu’ elle appartient au beau et nous sommes satisfaits.
      Mais que devient ce beau (chosifié) dans le temps ? Que nous dit notre seul capteur physiologique (la satisfaction): il nous sussure son insatisfaction. On ressent le manque que cette réduction à généré : alors on a besoin d’ ajouter des attributs à cette chose-chosifiée pour la rendre conforme à son état actuel (le Beau « classique », le beau « new age »…).
      Nous sommes en présence de ce qui change fondamentalement bien que son nom ne change pas.
      L’ ajout d attribut fonctionne alors comme un moyen de dénoter le changement de la chose chosifiée par un changement-ajout dans le nom.
      Mais jusqu’à quand pouvons nous ajouter des tirets au nom ?
      On ne le fait pas a l infini.
      On le fait implicitement sans le dénoter , on re-chosifie alors sans s’ en rendre compte, ayant supprimé les signes physiques qui accompagnaient le changement de la chose chosifiée.
      Mais pour autant ce changement implicite est détectable dans le langage, grâce au changement possible du sens d un mot dans un certain contexte de mots.
      Ce changement implicite est détectable dans le discours, combinaison de syllogismes conservant et transportant le degré d’ adhésion de l orateur à son propre discours.
      D après Paul, le discours est lui même une sorte de « réduction » d’ une entité bien plus étendue : la pensée discursive.
      Pour Paul, le discours est une projection de la pensee discursive sur une ligne (espace à une seule dimension) de cette entité existant dans cinq dimensions au minimum (concept, paire de concepts=jugement, puis syllogismes=paire de jugements, puis discours = combinaison de syllogismes, l adhésion de l orateur manifestee à chaque étape étant une dimension autonome ).
      Au total, il est difficile de reconstituer le sens produit par la pensée discursive et projeté dans le discours en raison de l incommensurabilité du sens et du discours.
      C est comme comparer l’ aire du cercle (2 dimensions) à son diamètre (1dimension) , il n y a pas de raison ( rationnelle) entre l un et l autre . L aire du cercle c est fondamentalement « autre chose », même si cet autre chose peut se comporter raisonnablement dans un certain domaine (raison = « somme de rationnels approchant L irrationnel Pi »).
      C est comme comparer un syllogisme à un concept , comparer : « tous les mammifères ont des mamelles, le chat a des mamelles, donc le chat est un mammifère  » à  » le chat ».

      http://cogprints.org/350/

  6. Bravo!! Moi, je voudrais voir cette phrase ‘L’unification du monde n’est pas le fruit négociable de la pluralité mais l’abandon du pouvoir politique à la technocratie bancaire’ à la une de Le Monde, Le Figaro, Libération et beaucoup d’autres journaux, y inclus The New York Times.

    Malheureusement, on attend l’arrivée des martiens avant que les médias de l’Europe et des Etats-Unis publient un article avec tellement de vérité.

    On espère que ce billet sera traduit en anglais! Les anglophones, comme moi, en ont besoin.

    Jeanette en Californie

  7. L’hypertexte relie n’importe quelle transaction numérisée
    Oui, ça marche quand on n’oublie pas de retirer l’espace indésirable après le = 😀
    On peut aussi se passer des guillemets.

    Restauration des monnaies nationales, mais de façon virtuelle : chacun continuerait de recevoir des euros mais dont le nombre est corrigé selon le taux de change du jour.
    Celui qui doit être payé 1000 euro-français par contrat recevrait 970 euros (tout court) sur son compte si le taux est de 0,97.
    La déflation intérieure muselée, puisque immédiatement visible, comme l’inflation.
    Ce taux dépend uniquement de la banque centrales qui le stabilisent, en coordination avec les autres BC de la zone. ça peut se faire.
    Quoique si on laisse les BCs s’en occuper seules elles vont jouer avec pour faire plaisir aux puissants… Il faut un système mécanique comme le bancor.
    Il faut quand même des garde-fous pour éviter la course au moins-disant et la fuite de l’impôt : une fiscalité unifiée notamment pour les entreprises internationales, une législation européenne du travail (qui ne soit pas un cadre beaucoup trop grand), et un système de garanties sociales cohérentes.

    1. « une fiscalité unifiée notamment pour les entreprises internationales »

      Ou comment demander aux autres de se plier à nos règles issues de nos propres échecs. Heureusement, ils préféreront se tenir à l’écart.

    2. @HP,

      Merci pour la rectification des caractères indésirables qui neutralisent la perfection de l’hypertexte…

      Votre résumé est précisément fidèle à ce que j’ai voulu dire. En même temps vous introduisez une autre perspective tout à fait intéressante de ce qu’est une parité monétaire. Notre histoire européenne de concurrence entre les nationalités nous pousse à voir la monnaie comme un indicateur de puissance relative des ensembles politiques qui se font et se défont en Europe. Cette manière de voir fait l’impasse sur la réalité monétaire comme argument de l’équilibre des prix dans une communauté politique et comme argument de cohérence politique par le bien commun effectif de la communauté constituée.

      A l’intérieur d’un système politique, la finalité de la monnaie est de susciter une négociation rationnelle et véritablement économique des prix. La parité extérieure de la monnaie est simplement médiatrice de l’équilibre des échanges avec des étrangers qui ne prétendent pas participer physiquement au bien-être intérieur. L’aporie de la monnaie unique est qu’elle abolit la médiation entre l’intérieur et l’extérieur des communautés politiques sans instituer les limites des systèmes politiques en vigueur dans l’UE. L’Allemagne et l’Espagne ne font qu’un pour la monnaie qui compte le bien-être des Allemands et des Espagnols ; mais font deux pour la distribution de ce bien-être par les prix…

      Si l’euro-franc, l’euro-peseta et l’euro-deutschmark sont appariés par l’euro monnaie commune du système politique européen, alors il y a resynchronisation de la systémique politique avec la systémique économique par la systémique monétaire. Le concept de confédération produit un méta-système politique de démocraties nationales gardant leurs lois et leur économie propres. Les communautés politiques sont réellement conservées par la préservation des nationalités qui sont financées par les unités nationales de la monnaie. Et il devient possible sur cette base de construire une communauté politique supra-nationale de nationalité européenne par une unité confédérale de la monnaie. Notons au passage l’indigence de la pensée politique européenne actuelle incapable de différencier l’intérieur de l’extérieur de la notion de souveraineté nationale.

      L’euro confédéral réalise l’équilibre économique et politique entre les systèmes nationaux dans un système réel européen ; réel parce que fondé sur la libre production et la libre appréciation du bien-être des Européens dans leur communauté nationale associée par la monnaie commune aux autres communautés appartenant à l’Union. Concrètement, la réintroduction des unités monétaires nationales est politiquement compensée par l’élection d’un Président de l’Union au suffrage universel européen dont la mission est strictement intérieure à l’Union : produire l’unité économique d’action du Parlement Européen, du Conseil Européen et de la Commission Européenne.

      L’élection d’un Président de l’Union a pour but de garantir la démocratie des démocraties européennes en obligeant les organes du pouvoir politique européen à se soumettre à la volonté générale de l’union des peuples européens. Les souverainetés et donc les responsabilités politiques nationales sont rétablies par l’adhésion à une communauté monétaire européenne réglant les échanges dans un espace économique unifié par une loi commune européenne. Refuser un président à l’Union responsable de l’unité des Européens, c’est ne pas adhérer à la réalité d’un vivre ensemble. C’est donc vouloir sortir de l’union monétaire si l’on croit que le dire doit s’accorder au faire.

      Le concept euro-bancor crée une mécanique de la loi commune ; exactement la mécanique que le système bancaire mondial applique actuellement en se soustrayant à la démocratie politique et au pouvoir politique réel de la Loi. La confédération européenne rétablit l’économie politique en ré-intégrant la finance dans la loi par la monnaie issue de la responsabilité politique nationale et de la responsabilité politique confédérale. La mécanique de l’euro-bancor n’est pas une mécanique physique mais une mécanique politique. La logique de la monnaie interface mécaniquement le réel à la loi du vivre ensemble (je réponds en même temps à Lisztfr).

      La mécanique monétaire du vivre ensemble repose sur la compensation internationale décrite dans le bancor. Le génie de Keynes est d’avoir saisi l’impossibilité de la monnaie détachée des souverainetés nécessairement nationales et supra-nationales. La compensation internationale en bancor est une négociation politique internationale de mise en parité des systèmes politiques. Si les primes de change actuellement compensées par des intérêts bancaires privés sont réintégrées dans un système politique euro-bancor, alors les monnaies multinationales deviennent des unités de compte du capital économique des systèmes de souveraineté existant. Nous passons du droit humain formel de la république de Platon au droit humain réel de la démocratie d’Aristote (l’Europe porte la solution de son existence depuis fort longtemps).

      Dans la mécanique monétaire de l’économie politique, la monnaie divisée selon les souverainetés nationales réunies par la souveraineté confédérale EST le garde-fou. La compensation internationale en euro-bancor transforme l’impôt en prime d’assurance financière du vivre ensemble. L’érection d’une souveraineté confédérale européenne a pour matérialité une fiscalité européenne par les transactions compensées en euro-bancor. La mécanique de la compensation oblige l’impôt pour garantir l’équilibre général des prix dans le périmètre de compensation. Si la raison d’être de la Confédération Européenne est l’application des règles économiques communes du vivre ensemble, alors tout déséquilibre de l’offre à la demande de quoique ce soit peux être jugé illégitime par le pouvoir politique responsable devant les citoyens.

      Le jugement de légitimité ou d’illégitimité passe par l’impôt financier proportionnel au risque de justice que le pouvoir politique décèle dans chaque catégorie de transaction entrant dans la compensation en monnaie commune. Par exemple, si le Parlement Européen juge que le prix et la rémunération du travail sont tombés trop bas en Espagne, il vend par le budget européen la prime de l’euro-peseta en achetant la prime de l’euro-deutschemark. La parité espagnole baisse tandis que la parité allemande monte. Les Espagnol sont obligés de s’acheter davantage à eux-mêmes, donc de réemployer davantage le travail espagnol et de le rémunérer mieux. Les Allemands sont incités par la ré-évaluation de la parité euro-deutschmark à racheter en biens et services espagnols les créances accumulées en euro sur l’Espagne.

      Le même budget confédéral finance sur la fiscalité financière des transferts vers le budget de l’État espagnol. Ces transferts s’opèrent par exemple en rachats publics et non bancaires en euro de la dette publique en euro-peseta. La dévaluation de la parité euro-peseta est arbitrée et régulée par le budget européen par rapport à l’équilibre de l’économie allemande et à l’application effective en Espagne des normes européennes légales du vivre ensemble. Les interventions du budget confédéral de l’Union dans la compensation en euro des parités nationales transfèrerait publiquement de la liquidité monétaire vers les services publics espagnols d’assistance à la formation professionnelle, à la reconversion, à l’investissement, à la qualité des infrastructures et finalement au bien-être minimal des Espagnol.

      La mécanique monétaire euro-bancor fonctionne par la transparence publique du marché financier. Transparence du point de vue de la légalité formelle de toute transaction eu euro. Transparence du point de vue de la finalité des transactions conformes aux normes européennes du vivre ensemble. Transparence enfin du point de vue de la réalité de l’engagement de tous les acteurs économiques publics et privés dans la production d’un bien commun négociable nationalement par la garantie politique de l’Union. La nuit du 4 aout 1789 est à renouveler dans la zone euro en aout 2012… Que font nos parlementaires européens ?

      1. Voilà une simple réponse qui méritait un billet entier.
        Oui, je crois que j’ai saisi.

        J’avais eu l’idée de bloquer les sorties d’argent sous toutes formes dans chacun des pays de la zone euro vers un autre pour éviter le pillage industriel et financier du + faible par des voisins de + en + forts relativement. Les bénéfices devant être entièrement réinvestis dans le pays débiteur, auquel il faudrait même donner un coup de pouce pour rétablir l’équilibre.
        Mais un système de compensation confédéral via la monnaie est moins contraignant, moins rigide.
        Ce que j’appelais garde-fou, fiscalité des entreprises internationales, droit du travail, sécu sociale, peuvent aussi bien appeler « conditions minimales communes ou garanties du vivre-ensemble ».

        Je suis moins convaincu par l’élection d’un président « fonctionnel » de l’UE (en vue de transmettre le principe démocratique tout en haut de la pyramide), d’abord parce que le système actuel n’est qu’une simulation de démocratie noyauté par les partis selon leur programme et intérêts communs, pas ceux de la population, et que l’élection aura lieu entre Blanc-bonnet, de centre gauche, et Bonnet-blanc, de centre droit, avec pour seules différences celles qu’ils se garderont bien d’appliquer une fois élus.
        Mélangez 20 vins gouteux dans une bassine et voyez le résultat : autant boire un détachant de bonne qualité, et choisir un président par tirage au sort parmi les députés.
        Ou mieux, un triumvira: tous les 6 mois un nouveau est tiré au sort et les deux autres montent en grade, d’abord accesseur, puis vice-président, puis président, et enfin retour (définitif) à simple député.

      2. Si les partis politiques sont la concrétisation d’une volonté de vivre ensemble selon certaines règles alors l’absence de partis politiques regroupant des européens de différents pays s’étant mis d’accord sur des règles communes met en évidence une des causes profondes de l’aporie européenne dénoncée ci-dessus.

        Il me semble par exemple que si le choix d’un président européen ne devait refléter rien d’autre que le rapport de force entre les différents pays on ne serait pas beaucoup plus avancé. Mettre en évidence le rapport de force entre « le nord » et « le sud » (j’ose pas employer le pluriel mais il y a un nord et un sud dans à peu près chaque pays) serait déjà un progrès …si du moins il n’en résultait pas une guerre de sécession! Il est clair que les Etats-Unis ont bénéficié de circonstances très particulières: un immense territoire « vide » à se partager malgré la menace militaire de la mère-patrie.

        … On pourrait aussi prétendre que nous assistons à une guerre de sécession économique et financière entre ceux qui ont franchement choisi le capitalisme et ceux qui sont en réalité restés partisans d’autres manières de vivre ensemble.

      3. @G L,
        Votre comparaison entre États-Unis et Europe est très parlante. Elle montre qu’une élection au suffrage universel d’un Président de la Confédération Européenne aux pouvoirs précisément délimités pourrait engendrer comme aux Etats-Unis un débat politique supra-national entre des regroupements partisans supra-étatiques. Le débat d’idée se construirait par rapport à l’élection d’un homme incarnant et représentant l’unité européenne. Les césures nationales entre droite et gauche, socialistes et libéraux, démocrates et républicains, laics et croyants seraient transfigurées par la discussion du vivre ensemble concret, c’est à dire substantiellement politique, dans des cultures, des pays, des régimes et des économies reconnus différents.

  8. Bravo PSDJ, et (encore) merci pour cet article , que je m’en vais de ce pas , diffuser à quelques personne de mon entourage .
    Le bancor , panier de monnaies ( mondial ? ) permettrait de mettre les pendules à l’heure et de construire un avenir plus réaliste des échanges entre les nations .
    Espérons que les USA , en pleine décrépitude , ne mettent pas en marche une 3 ième guerre mondiale , via la poudrière du moyen orient , cela leur permettrait de  »faire diversion » et de tenter de conserver leur comportement impérialiste .
    Le LEAP 2020 de mr Bianchéri pense que cette guerre  »de trop » aura bien lieu au moyen orient .
    Que pensez vous d’une dérive en 3 ième guerre mondiale ?

  9. Ah, si tous les gars du monde… (air connu)

    Vous enfoncez pas mal de portes ouvertes, en vous lisant je me disais « tell me something I don’t know ». Faut dire que j’ai revu « Le Dictateur » de Chaplin. Même discours.

    Le problème qui reste non posé dans votre discours est celui de la compétitivité que, comme la pensée dominante, vous trouvez utile et trop faible. Or, nous sommes à l’aube des robots dont le travail coutera une fraction d’un ouvrier chinois avec 10 fois sa productivité.

    Nous sommes aussi à l’aube des humains-robots grâce au (ou à cause du) post/trans-humanisme.

    Bref, il y aura (il y a) des milliards d’humains devenus inutiles en tant que producteurs et inefficaces en tant que consommateurs. Deux solutions: en faire des consommateurs efficaces en leur procurant non pas un emploi mais un revenu ou bien, comme le dit phiphi le biker, les éliminer.

    Alors, votre compétitivité…

    1. Abiram, connaissez vous « l’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes » de J.C. Michea? Il y parle du tittytainment’ et ses consequences. C’est dans le ligne de ce que vous dites.

      1. Je ne connaissais pas et je m’empresse de le commander, merci de me l’avoir signalé.

        Des extraits que j’ai pu lire sur la toile, je retrouve des accents du débat déjà houleux entre Condorcet et Le Peletier de St Fargeau, le dernier montrant que le système éducatif du premier (celui toujours en vigueur aujourd’hui) ne pouvait que maintenir, voire accroître, les inégalités sociales puisque les riches se cultivent plus vite que les pauvres.

        Cette époque fut aussi celle de la sacralisation de la propriété, le tout ayant posé les fondations de la société que nous voyons actuellement s’effondrer sous nos yeux.

        Hélas Marcuse avait raison lorsqu’il disait, voilà près d’un demi-siècle, que nous n’aurions rapidement même plus la possibilité de critiquer notre société.

        Merci encore 😉

    2. Le travail le plus utile à l’humain est le travail à présence humaine. Et ça, aucun robot ne le remplace.

      Dans un monde où la production devient seconde, il n’y a pas trop de l’ensemble des humains pour s’occuper de l’ensemble des humains : éducation, santé, vieillesse, jeunesse, encadrement de la réappropriation par les humains de ce qui avait été confisqué par la sphère marchande « profitabilisant » le moindre interstice (rénover, autoconstruire, produire une partie de sa nourriture, recuisiner…).

      Delphin

    3. Bref, il y aura (il y a) des milliards d’humains devenus inutiles en tant que producteurs et inefficaces en tant que consommateurs. Deux solutions: en faire des consommateurs efficaces en leur procurant non pas un emploi mais un revenu ou bien, comme le dit phiphi le biker, les éliminer.

      Et le revenu seul ne suffira pas. Il y a aussi la manière de consommer à réévaluer… Autrement dit, ce n’est pas gagné…

  10. « La compensation en euro-bancor des parités de souveraineté nationale dans la souveraineté confédérale européenne est la prémisse nécessaire d’une restauration de la responsabilité politique au service des peuples. Cette restauration permet la seconde prémisse qui est la subordination du prix en monnaie au régime de la responsabilité politique personnelle du financement du bien commun »

    Posé mon économe……dois-je avoir honte, reprendre l’économe ?
    un dessein peut être

    1. La chambre de compensation de l’euro-bancor serait interdite à des acteurs non engagés en droit européen par le paiement d’une prime de légalité financière qui serait une contribution fiscale à la stabilité politique et économique du système financier. Le SME ne contenait qu’une fiscalité inter-étatique par le budget commun ; le budget européen ne pouvait pas être investi dans la régulation des transactions ; enfin la spéculation contre les parités était libre non seulement pour les adhérents du SME mais pour les étrangers. Le SME a été explosé par les intérêts privés qui spéculaient contre la cohérence politique du système à travers les banques qu’aucune autorité européenne commune ne contrôlait effectivement. De fait, le SME laissait les Etats spéculer les uns contre les autres par l’absence de régulation monétaire des intérêts privés. L’euro est en train d’être liquidé par les mêmes mécanismes que ceux qui ont été employés contre les monnaies nationales et l’ECU. Les intérêts privés allemands britanniques et français pillent le budget et l’économie espagnols sous couvert d’une Union politique d’apparence. L’UE est un Saint Empire Romain germanique sans loi de sainteté donc une banale technocratie financière germanisante sans finalité politique ni morale.

      1. La chambre de compensation de l’euro-bancor serait interdite à des acteurs non engagés en droit européen par le paiement d’une prime de légalité financière qui serait une contribution fiscale à la stabilité politique et économique du système financier.

        L’achat et la vente de monnaies nationales par des non europeens serait « taxé » afin de stabiliser le système.

        Le SME ne contenait qu’une fiscalité inter-étatique par le budget commun ; le budget européen ne pouvait pas être investi dans la régulation des transactions ; enfin la spéculation contre les parités était libre non seulement pour les adhérents du SME mais pour les étrangers.

        Le SME ne contenait pas une telle taxe.
        Le budget europeen n’était pas utilisé pour réguler les écarts de parité engendrés par l’offre et la demande de monnaies nationales.
        Cela engendrait une spéculation sur les monnaies nationales par des acteurs europeens ou étrangers.

        Le SME a été explosé par les intérêts privés qui spéculaient contre la cohérence politique du système à travers les banques qu’aucune autorité européenne commune ne contrôlait effectivement.

        Le systéme monétaire europeen n’étant pas régulé par une entité supra nationale (défaut de cohérence) la spéculation a détruit le systeme.

        Pour finir le SME a échoué.

        SME = spéculation sur les monnais nationales

        Objectif pour le Bancor : limiter/controler la spéculation sur les monnaies nationales

        – Taxer les étrangers pour alimenter un budget qui permettrait de lutter contre la spéculation venant de l’étranger.
        – Controler le systeme bancaire à l’échelle europeene pour contrer la spéculation intra-europeene.

        J’ai bon ?

  11. La fonction de crédit mesure le prix à terme selon la réalité juridique des engagements économiques.

    Toujours le leitmotive du triptyque : « système de prix (justes) – système juridique – réalité économique ». A mon humble avis, il ne peut pas y avoir de « prix justes », parce qu’ils résultent de transactions, et que celles-ci ne peuvent se réaliser que si les acteurs sont d’accord. Dans une transaction, chaque acteur se heurte à la réalité de l’autre, et « mesure » ce qu’elle vaut. Tant que leurs mesures respectives diffèrent, la transaction ne peut pas avoir lieu. Quand ils tombent d’accord sur une valeur, ils peuvent exécuter la transaction, et celle-ci fait apparaître un nombre, le prix, qui est en économie ce qu’une mesure est en physique. Si justice il y a, elle est immanente du fait des acteurs eux-mêmes : si l’un juge que la mesure de l’autre est injuste, il ne fait pas la transaction, et aucun prix n’apparaît.

    L’enfer étant pavé de bonnes intentions, je me méfie comme d’une guigne de l’obsession de justice qui parcourt les billets de l’auteur. Par exemple, ici :

    La masse monétaire est la somme des primes de crédit, d’investissement et d’assurance réglées par les acteurs économiques sur l’existence effective et durable d’un équilibre entre l’offre et la demande. Tout bien support d’un prix répond à des besoins humains réels justes.

    Mais l’équilibre entre l’offre et la demande n’a rien à voir avec la justice. Aujourd’hui, l’application de cette « loi » pour fixer les prix sert à maximiser le nombre d’échanges pour « satisfaire » le plus grand nombre d’acheteurs/vendeurs. Les prix ainsi fixés le sont donc par souci d’efficacité, non par justice, de sorte qu’on se demande comment ça peut coller avec des « besoins humains réels justes« .

    Finalement, s’il faut « inventer la justice » pour instaurer un « système juste », alors que la justice se constitue traditionnellement par son histoire, l’on a une bonne raison de se méfier de ce qui pourrait en sortir.

    1. @Crapaud Rouge,
      Pour que nous puissions tomber d’accord selon notre choix personnel singulier, il faut que nous considérions la justice immanente au juste et le juste immanent dans la justice. Alors nous devons considérer l’offre et la demande non pas comme des transcendances d’une science économique révélée en dehors de notre humanité mais comme l’expression en droit de notre humanité. La maximisation quantitative de l’échange est juste et conforme à la justice si la substance de l’offre et de la demande est le commerce au sens de partage de la gratuité du bien porté par les objets échangés. La « masse » de la monnaie n’est pas une matière physique ni une « réalité transcendantale » mais l’effort humain délibéré de quantifier le bien produit dans l’appréciation provisoire de la justice. Contrairement à la religion monétaire en vigueur, la finance n’est pas une mécanique physique mais une mécanique morale visant la justice dans le futur. La finance vraie mesure par la confrontation de l’offre et de la demande morale de bien, l’écart mathématiquement irréductible entre le juste au présent et la justice au futur.

      1. Au mieux il s’agit d’un indicateur. Cet indicateur est de l’ordre de l’existentialisme. Il ne peut etre un but en soi. Il n’a pas cette force. Il ne fait que dire qu’il faut choisir sans lui meme choisir. Le juste choisit lui.

        En revanche à ce stade c’est toujours quantifiable. Sinon il n’y aurait pas d’attaques spéculatives. Il y a bien des masses qui agissent sur la réalité économique. Tout le monde dit que ce systeme va s’écrouler. Mais ce syteme n’est pas du tout un systeme conventionnel. Ce n’est pas parce qu’il ne fonctionne pas comme on veut qu’il ne fonctionne pas. Jusque là ca fonctionne : ce qu’il faut. Comme l’avait anticipé les banques en cherchant par tous les moyens à augmenter leur masse.

        Je partage l’avis de crapeau rouge. On a un problème avec la justice. Et bientot on sera tous logiquement piégés par la loi. Que tout ceci soit coordonné ou non importe peu. C’est le sens de l’histoire. Le capitalisme ira jusqu’au bout du truc sans regret. -Unifier le monde et le réduire à une utopie en moins de 4 siècles-.

    2. @Crapaud rouge :
      ce que tu démontres:
      //// A mon humble avis, il ne peut pas y avoir de « prix justes », parce qu’ils résultent de transactions, et que celles-ci ne peuvent se réaliser que si les acteurs sont d’accord. Dans une transaction, chaque acteur se heurte à la réalité de l’autre, et « mesure » ce qu’elle vaut./////,…….

      c’est que la transaction ne peut etre que bi-latérale , puisque liée a la conjoncture locale et temporelle , voire affective de sa nécessité.
      Tout assemblage visant a regrouper les transactions d’ un nombre supérieur d’acteur ne pourra etre qu’ une « réduction » d’un modèle complexe …Réduction qui ne pourra qu’apporter des dérives exponentielles , surtout qd technologiquement on peut annuler la variable « t » qui freinait les perversités du modèle .

  12. cOUCOU,

    Une question parmi tant d’autres…

    Vous proposez un basculement , une sorte de solde. Mais quid de l’echange de pétrole par exemple? Pour être concret, le dollar est indéxé sur le pétrole (c’est ce que je crois depuis la crise des subprime au moins)
    Nous europeens, payons le pétrole en dollar. Pour des raisons politiques et de rapport de force sans doute.
    Comment voulez vous persuader les producteurs de pétrole d’accepter des euros en echange du pétrole ?

    Bonne journée

    Stéphane

  13. « La disparition des États nationaux détruit les fondations politiques de l’Union Européenne »

    eh oui, ça fait plaisir, on ne voit jamais ce genre d’article dans les blogs et émissions officielles de la pensée unique..

    cependant, pourquoi y a t il une disparition des états nationaux ? parce que les dirigeants ont fait avalé à leur peuple le bonheur absolu de la monnaie unique (voir les discours de mitterand, strauss khan, aubry, delors, giscard..) et par la même la disparition à terme des états nations comme indispensable à leur avenir ; et lorsque les peuples européens ont dit non aux referendums de 2005, on les a fait revoté sous la menace, ou on a tout simplement supprimé leur vote comme en France..

    le problème est politique : derrière la monnaie unique se cache la volonté de détruire la souveraineté des nations (voir discours de P séguin), qui est d’ailleurs sans cesse réaffirmée : la crise ne saurait être qu’une crise de la dette souveraine (dixit la pensée officielle sans cesse rabâchée dans tous les médias), et derrière ces dettes qui ont été créées et voulues, la puissance européiste veut encore gagner davantage de pouvoir (tous les discours martèlent la seule solution possible, le fédéralisme) : autrement dit le fédéralisme européen, à travers son affirmation la plus forte à savoir l’euro, nous a conduit à la catastrophe économique et sociale, mais pour sortir de cette crise il ne saurait y avoir que davantage de fédéralisme …
    moi, j’appelle ça une « grosse diktature.. « : la prochaine étape sera de supprimer les élections nationales, en Grèce et en Italie, on y est presque..
    l’UESS est là ; il faudra se révolter pour la détruire

    alors, on peut disserter du bancor et autre solution sans doute très intéressante, mais sans révolte nationale populaire contre le pouvoir européiste, on a tous un avenir à la grecque ou à l’espagnole..

  14. C’est la course aux Bancors ! La planète et la biodiversité, on s’en occupera après ! (Bill le débile)
    Il faut redéfinir les cercles des priorités ! (Jo l’écolo)
    Vive la force et les uniformes ! (un élu démocratique)
    Z’avez pas quelques sous, c’est vraiment pour manger ? (Un pote)

    Papillon (vraiment agacé)

  15. De toute façon il n’y a que les vieux cons qui veulent la poursuite de ce système. les jeunes commencent a réfléchir et vu ce qu’ils subissent commencent a ce poser des questions.

  16. « Contrairement à la religion monétaire en vigueur, la finance n’est pas une mécanique physique mais une mécanique morale visant la justice dans le futur. La finance vraie mesure par la confrontation de l’offre et de la demande morale de bien, l’écart mathématiquement irréductible entre le juste au présent et la justice au futur. »

    Étonnant,partant de ce passage le mécanisme financier proposé devient plus limpide

  17. On pourrait tester votre idée à une échelle « locale » sur un marché assez découplé du reste du monde ?
    Je pense au billet tout frais de M. Vignal, et aux secteurs agro-alimentaires où l’on sait qu’il existe une temporalité longue (a minima la saison) qui laisse le temps de faire joujou.
    Ainsi les initiatives de type « consommer juste ou juste consommer » de Pierre Priolet, avec tentative de refaire un circuit agro-alimentaire liée à la production pas trop lointaine (disons < 10h de camion) en s'affranchissant des Carrefour et autres qui ont pressé le citron.
    Pour le marché du poisson, s'adresser à un certain Jorion, Paul, dont on parle dans le blog de Paul Jorion.

  18. Quel travail de fond dans une période estivale propre au farniente nécessaire au repos du guerrier.
    J’avais isolé ces quelques articles concernant l’avenir de l’euro, en sus des interventions de Paul et Jacques Sapir.
    Je lirais votre billet plus tard en détail après un premier coup d’oeil en diagonale.

    1. La 12:15 du Monde du 10 août nous signale un manifeste paru sur le blog de Alternatives Eco. « L’économie politique » de Gilles Raveaux.

    « Plus de quatre ans après le début de la crise financière, les grandes économies du monde restent profondément déprimées, dans un scénario qui rappelle trop celui des années 1930. Et la raison est simple : nos décideurs ont les mêmes idées que celles qui ont guidé la politique dans les années 1930.
    Le moment est donc venu d’un manifeste dans laquelle des économistes proposent une analyse fondée sur des faits. Parmi les signataires de ce « Manifeste pour un retour à la raison en économie », des grands noms de la profession Krugman, Layard, Hodgson, Wyplosz… »

    Quelques passages du manifeste traduits : les causes, la nature de la crise, ce que serait une politique appropriée, la grande erreur

    http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2012/08/07/krugman-layard-wyplosz-et-hodgson-dans-la-rue/

    « Les meilleures politiques qui devront être adoptées seront certes différentes selon les pays et elles nécessiteront dans chaque cas un débat approfondi. Mais elles doivent être fondées sur une analyse correcte du problème. Par conséquent, nous demandons instamment à tous les économistes et aux autres personnes qui sont d’accord avec l’orientation générale de ce Manifeste de manifester leur accord, et de soutenir publiquement l’idée d’une approche plus saine de l’économie. Le monde entier souffre quand les hommes et les femmes restent silencieux à propos de ce qu’ils savent être faux. »

    Le manifeste
    http://www.manifestoforeconomicsense.org/

    Le blog :
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud

    2. Le Monde du 7 août publie un entretien avec Luiz Carlos-Pereira, prof d’éco, ex ministre des finances du Brésil (accès abonnés)

    Extraits
    « Luiz Carlos Bresser-Pereira, ancien ministre des finances du Brésil, suggère de revenir aux monnaies nationales pour mieux reconstruire ensuite à long terme la monnaie unique. Pour sortir la zone euro de la crise, une solution s’impose : mettre fin de façon ordonnée à la monnaie unique. Telle est la vision défendue par le Brésilien Luiz Carlos Bresser-Pereira, professeur émérite d’économie à la Fondation Getulio Vargas, à São Paulo, et plusieurs fois ministre dans les années 1980 et 1990. Il était notamment ministre des finances en 1987, lorsque le Brésil restructura sa dette publique ».
    Ce serait la voie la plus sage pour mettre fin à l’euro de façon bien planifiée.
    S’agit t’il d’une voie à l’avantage des dogmes néo-libéraux ?

    3. Le Monde du 28 juillet, un article de Eric Peters, Pdt de la commission européenne et qui s’exprime à titre personnel : « Face à la crise, l’Europe mobilise ses institutions » (accès abonnés).

    Extraits :
    « Un plan de bataille sera présenté en décembre. La menace plane maintenant sur le coeur de la zone euro. L’Espagne et l’Italie – qui pèsent à elles deux 30 % du PIB de la zone – sont douloureusement touchées, alors que la Grèce fait toujours face à de sérieux problèmes. Les 100 milliards d’euros mobilisés récemment pour soutenir le secteur bancaire espagnol illustrent l’ampleur des défis et la volonté politique d’y trouver des réponses. La perspective d’une réelle union monétaire et économique est tout aussi décisive. Elle porte l’espoir d’une résolution de la crise. »
    Un plan de bataille global pour résoudre la crise aussi ambitieux que le plan Delors de 1988.
    Pour le meilleur ou le pire.
    Risques : les forces conservatrices, accepter le partage de la souveraineté budgétaire dans un climat social dégradé « renforçant ainsi les nationalismes et les populismes antieuropéens »
    2 piliers : économique, monétaire.
    « L’Europe hésite entre 3 modèles : un marché intérieur, une intégration autour d’institutions fédérales,et un fonctionnement intergouvernemental »
    « L »Europe aborde une phase cruciale de la bataille contre la crise » La crise permettra t’elle de trancher une situation confuse conclut l’article.
    Le changement pour changer….vraiment ?

  19. Une monnaie commune vs un Bancor européen après une restructuration des dettes plus l’instauration d’un revenu de base et on a peut être le tiercé gagnant de dimanche prochain à Longchamp.
    Pour le quarté, on peut rajouter le développement local et solidaire répondant à la préservation de l’écosystème.
    Pour le quinté…

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