Étiquette : Marché des capitaux

  • L’Europe veut-elle se saborder ?, par Pierre Sarton du Jonchay

    Billet invité.

    Dans La fuite en avant de la dévaluation compétitive, François Leclerc nous décrit le suicide européen par la mécanique de l’euro. L’euro contrairement à son nom n’est pas une monnaie européenne mais le cheval de Troie du non-système monétaire et financier en dollar dans le système des démocraties européennes.

    Comme la BCE n’a pas d’objectif de change dans sa politique monétaire en vertu de la doctrine libérale de la neutralité politique de la monnaie, la non-compétitivité globale de l’économie européenne dans le marché unique mondial n’est officiellement pas un problème. La zone euro contrairement à toutes les autres zones monétaires n’est pas un système d’adossement réciproque de la politique à l’économie.… Lire la suite…

  • LA CLAIRVOYANCE DES MARCHÉS

    La clairvoyance des marchés est sans cesse louée : si personne ne sait, eux au moins savent. C’est là d’ailleurs l’un des postulats de la science économique dominante : les acteurs financiers individuels ne savent pas nécessairement, mais le « marché », c’est-à-dire eux tous ensemble, lui, « sait », et avec certitude !

    Rien de cela n’a jamais été vérifié mais qu’importe, cela le sera un jour : le jour où nous serons tous devenus des homines oeconomici, le jour où nous réagirons tous aux événements qui nous entourent comme le bourgeois satisfait second empire, assis sur son tas d’or.… Lire la suite…

  • NEWSRING.fr, Moody’s : un signe de défiance envers la France

    Un entretien que j’ai accordé à Newsring. On le trouve sur leur site, ici.

    Une dégradation n’est jamais une bonne nouvelle. On critique de plus en plus les agences de notation, mais il y a une demande de la part des marchés pour ce type de service, c’est-à-dire une évaluation de la capacité d’un emprunteur à payer les intérêts, à rembourser la somme empruntée et à le faire dans les délais qui ont été prévus. C’est l’industrie financière qui demande ce service aux agences de notation, car elle ne dispose pas du temps ou des ressources nécessaires pour faire les calculs qui permettent de savoir quelle est la fiabilité de la dette émise par les pays.… Lire la suite…

  • La Poste – Paul Jorion : « C’est quoi, la confiance des marchés ? »

    L’année dernière, La Poste a publié (aux éditions Textuel) un petit volume d’entretiens intitulé Scènes de confiance. Le livre est maintenant complété de vidéos avec les mêmes. Je parle personnellement de « la confiance des marchés ».

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  • ESPAGNE : LE MARCHÉ OBLIGATAIRE CE JEUDI 21 JUIN

    L’Espagne a pu emprunter ce matin 2,22 milliards d’euros. La demande se montait à 7,762 milliards. Le Wall Street Journal précise que : « la demande provenait massivement des banques espagnoles ».

    Le coupon obtenu par les prêteurs pour le 2 ans : 4,706% (contre 2,069% le 1er mars), pour le 3 ans : 5,547% (contre 4,876% le 17 mai) et pour le 5 ans : 6,072% (contre 4,960% le 3 mai).

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  • LA PRIME DE RISQUE ESPAGNOLE

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    The English version of this post can be found here.

    Deux émissions obligataires aujourd’hui, l’une en Espagne, l’autre au Danemark, qui nous permettront un intéressant petit calcul de la prime de risque exigée aujourd’hui de l’Espagne quand elle emprunte sur le marché des capitaux.

    Le Trésor espagnol a émis tout à l’heure un peu plus de 3 milliards d’euros de dette pour des titres à 12 et à 18 mois.

    Parce qu’il faut toujours envisager le bon côté des choses, on nous signale qu’en face de cette offre de 3 milliards se trouvait une demande s’élevant à 8 milliards, ce qui est toujours sympathique à savoir mais ne présente pas grand intérêt puisque ce qui compte aujourd’hui (dans le contexte d’un taux dépassant les 7% pour la dette espagnole à 10 ans), c’est le coupon que ces gentils prêteurs potentiels exigent pour se passer de leurs capitaux pendant un an ou un an et demi.… Lire la suite…

  • Va y avoir de la bagarre !

    C’est un souvenir qui me revient, d’un vieux Laurel et Hardy. Hardy s’est disputé avec un voisin de palier tout en haut de l’immeuble. Ils descendent les escaliers pour en découdre dans la rue. À chaque palier, Laurel frappe à chaque porte, et à celui qui ouvre, il annonce : « Va y avoir de la bagarre ! »

    La suite à l’écran…

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  • LE MONDE-ÉCONOMIE, Première victoire sur les marchés, lundi 19 – mardi 20 mars 2012

    Première victoire sur les marchés

    Cinq ans exactement après le déclenchement de la crise des subprimes en février 2007, le swap (« échange ») de la dette grecque, appelé le Private Sector Involvement (PSI), constitue une première victoire des Etats sur les marchés, ces marchés dont E. F. Schumacher, l’auteur de Small is Beautiful (1973), l’un des initiateurs du mouvement écologiste et inspirateur du projet de système monétaire mondial présenté par Keynes en 1944 à Bretton Woods, affirmait qu’ils étaient l’institutionnalisation de l’individualisme et de l’irresponsabilité.

    Le swap de la dette grecque est, je le rappelle, un échange par les prêteurs privés d’emprunts grecs existants contre de nouveaux sur la base de 1 euro de dette ancienne contre 46,5 centimes de dette nouvelle.… Lire la suite…

  • “2011: CRONACA DI UN DISASTRO ANNUNCIATO”

    Une version italienne par Alessio Moretti d’un article pour la revue L’ENA hors-les-murs : 2011 : Chronique d’un désastre annoncé.

    Paul Jorion “2011: CRONACA DI UN DISASTRO ANNUNCIATO” (15 gennaio 2012)

    (articolo originale pubblicato nella rivista L’ENA hors-les-murs, N°417: 32-33 e nel blog di Paul Jorion)

    Karim Bitar mi ha chiesto un bilancio dello scorso anno per l’ENA hors-les-murs, la rivista che dirige con talento. Ecco dunque questo bilancio (N° 417: 32-33)

    Commiseriamo, fra i politici, i funzionari ed i finanzieri, coloro che sono convinti di aver dato il massimo, di avere speso il meglio di sé stessi per cambiare la faccia del mondo nel 2011: i loro sforzi non sono serviti a nulla.… Lire la suite…

  • 2011 : CHRONIQUE D’UN DÉSASTRE ANNONCÉ

    Karim Bitar m’a demandé un bilan de l’année dernière pour L’ENA hors-les-murs, la revue qu’il dirige avec talent. Voici ce bilan (N° 417 : 32-33).

    Plaignons parmi les politiques, les fonctionnaires et les financiers, ceux qui sont convaincus de s’être donnés sans mesure, d’avoir consacré le meilleur d’eux-mêmes à changer la face du monde en 2011 : leurs efforts n’ont abouti à rien. Pire encore : c’est comme s’ils n’avaient jamais été consentis.

    Le délitement de la finance s’est en effet poursuivi de manière inexorable pendant l’année écoulée, suivant la pente d’une longue et pénible détérioration telle qu’elle était déjà prévisible en 2010, voire même en 2008 au lendemain de la déconfiture de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, dont l’hémorragie qu’elle suscita coûta plus d’un « trillion » de dollars à arrêter.… Lire la suite…

  • PRÉFACE À ALAIN GAUVIN, Crise financière. Et la « veuve de Carpentras » dans tout ça ?

    J’ai rédigé une préface pour le nouveau livre d’Alain Gauvin, dont plusieurs billets ont été publiés ici. Crise financière. Et la « veuve de Carpentras » dans tout ça ?, Éditions Milleli 2011.

     
    José d’Acosta est né en 1539 et mort en 1600. Missionnaire jésuite, il vécut au Pérou de 1569 à 1585 ; il demeura alors trois ans au Mexique, où il étudia la culture aztèque. Décontenancé par l’abominable cruauté de celle-ci, il s’interrogeait : « Quelle signification assigner au spectacle qui se déroule sous mes yeux ? », jusqu’à ce qu’un jour, l’illumination se fasse : « Dieu, se dit-il, a mis en scène cet odieux spectacle pour que nous puissions nous représenter ce qu’est un monde dont il est absent ».… Lire la suite…

  • LES MARCHÉS SE REBIFFENT !

    Ce texte est un « article presslib’ » (*)

    Un des crédos des tenants de l’ultralibéralisme est que le marché des capitaux (celui que l’on appelle à voix basse : « les marchés ») est nécessairement dans leur camp. La manière dont ces « marchés » réagissent depuis deux jours au putsch ultralibéral opéré durant le weekend par la « Troïka » (Banque Centrale Européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international) en Grèce et en Italie, doit faire souffler un vent de panique au sein de ces augustes instances.

    Le putsch a consisté à confier le pouvoir en Grèce et en Italie à des gouvernements d’unité nationale dirigés par des banquiers, et appliquant le programme hayékien (ou « friedmanien », c’est la même chose) : dérégulation, privatisations, démantèlement de l’État-providence.… Lire la suite…

  • L’actualité de la crise : NOUS N’EN AVONS PAS FINI, par François Leclerc

    Billet invité.

    On ne lit jamais assez les études de l’Institute of International Finance (IIF), toujours cité dans la presse en précisant qu’il s’agit du lobby des mégabanques, basé à Washington. Au moins, ces gens savent ce dont ils parlent, même s’ils ne le disent pas toujours publiquement, et nous savons alors de quel point de vue.

    Dans le vaste monde sinistré du crédit hypothécaire, un secteur particulier est réservé à l’immobilier commercial, celui qui finance les galeries commerciales et les immeubles de bureaux. Dans le Financial Times, Gillian Tett apporte un nouvel éclairage à son propos, en s’appuyant notamment sur des données de l’IFF.… Lire la suite…