PRÉFACE À ALAIN GAUVIN, Crise financière. Et la « veuve de Carpentras » dans tout ça ?

J’ai rédigé une préface pour le nouveau livre d’Alain Gauvin, dont plusieurs billets ont été publiés ici. Crise financière. Et la « veuve de Carpentras » dans tout ça ?, Éditions Milleli 2011.

 
José d’Acosta est né en 1539 et mort en 1600. Missionnaire jésuite, il vécut au Pérou de 1569 à 1585 ; il demeura alors trois ans au Mexique, où il étudia la culture aztèque. Décontenancé par l’abominable cruauté de celle-ci, il s’interrogeait : « Quelle signification assigner au spectacle qui se déroule sous mes yeux ? », jusqu’à ce qu’un jour, l’illumination se fasse : « Dieu, se dit-il, a mis en scène cet odieux spectacle pour que nous puissions nous représenter ce qu’est un monde dont il est absent ».

Cette anecdote m’est revenue à l’esprit en lisant le livre que vous vous apprêtez à lire. J’aimerais pouvoir faire comme d’Acosta : attribuer un sens aux comportements décrits, en les exilant dans un « enfer » comme celui des bibliothèques, en les qualifiant de « contes qui nous sont parvenus de la préhistoire ». Hélas, il s’agit bien du monde où nous vivons encore, et le spectacle qui s’offre à nos yeux pour notre édification est celui d’un univers que le Droit comme on le comprenait autrefois : le versant pratique de l’éthique, a désormais déserté. À sa place : une loi de la jungle, encore appelée « loi du marché ».

Le livre d’Alain Gauvin explore cette jungle où, et comme son titre l’indique, il nous est donné de voir les veuves de Carpentras du monde entier mobilisées dans une tâche collective pour laquelle elles n’étaient sûrement pas préparées : mettre leurs économies en garantie des excès de Wall Street – sans en avoir été prévenues, bien entendu.

Que nous révèlent ces symptômes, de la santé du système économique dans son ensemble ? Les années qui précédèrent de peu la Révolution Française nous avaient conviés au spectacle d’un pays où le risque systémique s’était généralisé, conséquence d’une incohérence des institutions telle qu’un point de rupture avait été atteint. La richesse foncière s’était à ce point concentrée entre les mains de l’aristocratie que la machine économique grippait. Deux cents vingt-ans plus tard, une aristocratie dont le pouvoir est fondé cette fois sur l’argent est la cause d’une panne similaire.

Faisant preuve d’un esprit caustique que le lecteur ne manquera pas d’apprécier, Alain Gauvin brandit la lanterne de la clarté juridique pour éclairer le spectacle de l’incohérence du monde financier : prétendument réglé au niveau des nations par une infinité de mesurettes tatillonnes mais dénuées de principes, alors qu’il est mondial, zélateur de la concurrence parfaite alors que celle-ci est hors d’atteinte, adorateur de la transparence alors que seul le délit d’initié assure un authentique profit, censé être rationnel enfin, mais ravagé en réalité par le conflit d’intérêts.

L’image de l’État sort-elle pour autant grandie de notre périple au musée des horreurs ? Nullement hélas : le législateur est misérablement à la traîne, incapable qu’il est d’offrir une définition à des notions pourtant claires aux yeux de tout un chacun, comme la propriété privée, la monnaie ou la spéculation. Pire : les gouvernants dénoncent certaines pratiques comme la spéculation, pour en faire ensuite l’ordinaire du fonctionnement de l’État, ou bien autorisent – comme vous aurez l’occasion de le lire – la création de produits assurantiels, conçus pour propager… le risque systémique !

L’aboutissement de tant de cynisme, nous le connaissons : un monde qui ferait frémir d’Acosta de retour du Mexique.

Que pourrions-nous espérer à la place ? D’abord, une remise à plat, bien entendu, où les définitions seraient rédigées par ceux qui comprennent ce dont ils parlent, plutôt que, comme aujourd’hui, par les mercenaires d’une énorme machine de propagande.

Ensuite, un audit exhaustif du monde financier, qui en capture la nature au niveau où il fonctionne, c’est-à-dire « mondial », plutôt qu’au niveau national où il est insaisissable et où, nous le savons d’avance, la conclusion de toute réflexion est immanquablement la même : « Il faudrait en effet prendre telle et telle mesure. Mais si nous les prenons et comme il y a de l’argent à faire, nos voisins eux s’en abstiendront soigneusement. Aussi, oublions toute l’affaire ! ».

Enfin, une grande remise en ordre, comme un nettoyage de printemps, fondée sur de véritables principes directeurs, dans l’esprit d’une authentique « Constitution pour l’économie » qui nous fait aujourd’hui si cruellement défaut.

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86 réflexions sur « PRÉFACE À ALAIN GAUVIN, Crise financière. Et la « veuve de Carpentras » dans tout ça ? »

  1. Tant qu’il y aura de l’argent thésaurisable (entassable,cumulable), il y aura de la corruption, car les méandres de la cervelle humaine sont insondables !!
    Et nos courtes vies nous montrent que nous ne sommes que locataires éphémères sur cette planète.

      1. Collectionneur de billets de banque ?

        Le vol du Sagittaire

        Les pensées, paroles et gestes sont comme des ronds dans l’eau
        Ils s’éloignent alentour, grandissant sans cesse en valeur
        Quand ils arrivent enfin, repus, au bout là haut, tout en haut
        Ils reviennent puissants, pour le meilleur ou le pire vers leur auteur

        Alors .. Sourires.. chuuuutttt !!

        Accrochez vous à mes puissants flancs
        Ensemble surplombons les abîmes
        Survolons l’azur comme des enfants
        Atteignons les claires, pures cimes

        Là où la mélodie à nulle autre pareille
        Résonne, harmonie, nous èmerveille
        Là où la baie de lumière est si belle
        Qu’ elle nous fait ressentir l’éternel

  2. Ainsi que vous le montrez si bien, tout y compris l’horreur, peut être justifié …je dirais même RECUPERE !

    Dernier petit exemple deux « paroles politiques » du même Président :
     » si la France perd le triple A je suis mort  »
     » …ce ne sera pas une catastrophe… »

    …et je ne parle pas de la croissance qui serait « attrapée » avec les dents !…

    Je finis par me dire que l’espèce HUMAINE, soi disant si supérieure aux autres espèces , PARLE beaucoup …mais a finalement peu d’impact sur le devenir de ce MONDE !

    1. Arielle, vous confondez l’espèce humaine avec ses dominants et leurs multiples et sous multiples.

      Pour avoir une idée de la grande fraction d’humanité qui ne fonctionne pas comme ça,allez voir, par exemple, du côté de Pierre Rabhi.

      Pierre Rabhi présente la rare opportunité d’agir et de réfléchir à la fois.

      Pierre Rabhi, au confluent de deux cultures, est emprunt de spiritualité, ce que je ne suis pas.
      J’espère tout de même avoir de l’humour.

      Un court extrait d’une de ses nombreuses actions :

      Amicalement,

      Delphin

      1. je ne pense pas qu’elle confonde, il y a une part d’ombre dans tout être … qui lui indique le sens et la direction de la vie, sinon comment se diriger hors de tout référentiel, et bien sur pourquoi se diriger? 😉
        sinon l’extrait est si court qu’il devient zen 🙂

      2. Etre spirituel, c’est croire en l’Esprit

        Qui es tu ?

        Qui es tu, toi propriétaire de ce corps
        Le propriétaire n’est pas la propriété
        Dans ce temple, tu vis des moments forts
        Par les sens, à chaque instant abreuvé

        Tu te meus sans cesse en équilibre
        Dans ce décors changeant et mouvant
        De ta machine tu sens être la fibre
        Tu commandes à tes ressorts émouvants

        Qu’une agréable sensation t’atteigne
        Et te voilà jusqu’aux larmes, rieur
        Qu’ on te pique comme une teigne
        Te voilà en larmes, pleurant ta douleur

        Qui es tu, toi qui ressens ces vibrations
        Qui de partout viennent en légions
        Tu les filtres de tes belles persiennes
        Te les appropriant, les faisant tiennes

        Quand la nuit tes yeux se ferment
        Chef d’orchestre, tu poses ta baguette
        Les musiciens alors, de leurs termes
        En rêves, te décrivent leur pipelette

        Qui es tu, toi qui me lis de tes yeux
        Qui souris de mes mots, de leur jeu
        Toi qui luis sous ton précieux toit
        Qui s’amuse sans cesse de tes doigts

      3. Du côté de Pierre Rabhi
        déception… car il s’est vu (ou non?) entouré semble t-il,
        de quelques hommes d’affaire reclassés d’industrie (peut être sale ?)
        qui tenteraient de s’acheter une virginité, un paradis ?
        et peut être aussi un peu.. de faire du fric ..
        séjours, stages et écoles alternatives payants
        On se présente comme un groupe de chercheurs penseurs engagés,
        AVEC Pierre Rabhi
        POUR Pierre Rabhi
        mais on s’attache
        au retour sur investissement …
        et même en « inventant » simplement la ferme
        d’avant la belle politique agricole européenne.

        voyez le centre agro écologique des Amanins Drôme
        ses invitations,
        sa pub…
        « Fêtons ensemble, naturellement… le nouvel an »
        http://www.lesamanins.com/spip.php?page=agenda&id_mot=23
        4 jours quatre nuits 350 euros par personne…
        « Venez vivre cette expérience !
        Pour un dîner, une journée, un séjour ou en stage … En famille, seul ou en groupe … Venez profiter de la richesse de ce lieu pour développer vos initiatives. … L’équipe des Amanins vous dit à bientôt ! »

        et… par ici vos sous sous !

        pas donnée, la fête qui vous rendra meilleur..
        spartiate , très spartiate,
        mais pas trop bénévole.. le centre.

        Enfin,
        voyez donc le stage de « pédagogie coopérative.. »
        http://www.lesamanins.com/spip.php?page=agenda&id_mot=4
        les « Amanins », nouvel IUFM ?
        vraiment, on nous prend pour des sots !
        Faudrait plutôt monter au rectorat !

        Oui à Pierre Rabhi, à son travail sur le terrain, à sa philosophie, à ses recherches, à ses conférences..
        Non aux Amanins..

        Des initiatives de ce genre,
        de vrais bénévoles dévoués, il y en a partout en France, et d’abord dans le cadre ou à côté de nos écoles publiques.
        De qui se moque t-on?
        Est ce la préparation à la privatisation du « fêtons ensemble naturellement »,
        et « Coopérer, ça s’apprend » ?
        « L’équipe des Amanins expérimente chaque jour le faire ensemble ».

        Le faire , le vivre ensemble, s’apprend tous les jours en particulier dans nos maisons, dans nos jardins, dans nos écoles publiques et même dans le métro,

        Michel Valentin, chef d’entreprise
        http://www.youtube.com/watch?v=3oNBZqapqCg
        Pierre Rabhi, utilisé par le mouv des « number one » ?…

        Plus performant, plus ouvert, plus généreux,
        est le projet de la ferme école du Bénin
        et moins intéressé …
        http://www.arte.tv/fr/2151166,CmC=3252748.html

        à regarder pour retrouver le moral.

      4. (A ALCB)

        « Du côté de Pierre Rabhi
        déception… car il s’est vu (ou non?) entouré semble t-il,
        de quelques hommes d’affaire reclassés d’industrie (peut être sale ?)
        qui tenteraient de s’acheter une virginité, un paradis ?
        et peut être aussi un peu.. de faire du fric .. »
        ———-
        C’est bien possible. C’est ausi le genre de reproche du mensuel « La Décroissance ».
        Cependant, je pense plus à des personnes profitant de la naïveté (« fraîcheur d’âme ») de M. Rabhi, lequel semble mal armé face aux inconvénients de la célébrité.

        Il y a deux ans, je crois, il s’était rendu aux assises d’été du MEDEF, ce qui lui avait beaucoup été reproché. Peut-être sa « religiosité » le conduit-elle à ne pas vouloir voir le très négatif chez certains

        Mais ce qui emporte tout et de loin, c’est son action « agronomique », humaniste et sa cohérence personnelle. C’est exceptionnel.

        Delphin

      5. (A ALCB, suite)

        Je viens de lire votre lien concernant les séjours proposés aux « Amanins ».

        Effectivement, rien que l’emploi de l’adjectif « festif » (séjour festif), ça sent son commercial à plein nez. C’est pas bon signe.

        Mais ça ne retire rien à ce que j’écrivais précédemment.

        Amicalement,

        Delphin

  3. L’image de l’État sort-elle pour autant grandie de notre périple au musée des horreurs ?

    « Toutefois, sur le continent européen, l’influence de la pensée de Hegel fait qu’il arrive assez souvent que l’on parle d’État là où le mot gouvernement serait plus exact. »(Wikipédia)
    L’état français de 1945, influencé par la pensée du CNR, a impulsé une politique sociale (pour faire court..)
    Le problème n’est pas dans l’état, il est dans le gouvernement, donc dans l’idéologie… donc dans la propagande!
    Une information pluraliste et l’esprit critique, nous permettent, seuls , d’y voir clair.

    1. Sud-Ouest 18.12.11, Bruno Dive :

      C’est Nicolas Sarkozy qui, parmi les premiers, a parlé aux Français de ce mystérieux triple A. C’est pour le conserver qu’il fallait de toute urgence réformer les retraites, leur a-t-il expliqué au printemps 2009. Une réforme qui ne figurait pas dans son programme électoral de 2007 et qu’il a par conséquent hésité à sortir de son chapeau. Une réforme qui ne résout pas la question du financement à long terme de nos retraites ; un nouveau rendez-vous est d’ailleurs prévu en 2013 Preuve qu’elle était surtout destinée à « rassurer » es agences de notation en faisant rentrer rapidement de l’argent dans les caisses.
      Longtemps, le président sortant a fait du maintien de la note de la France sur les marchés financiers l’un des viatiques de sa réélection. « Si on perd le triple A, je suis mort », a-t-il maintes fois confié à ses proches pour que ceux-ci le répètent et que la presse s’en fasse l’écho. Ainsi sculpterait-il un peu plus sa statue du « capitaine qui tient la barre dans la tempête », sur laquelle il compte pour remonter des abîmes d’impopularité dans lesquels il a plongé depuis des mois. La dégradation de la note des États-Unis par une agence de notation cet été lui avait inspiré des commentaires ironiques ou grinçants : il n’était pas mécontent au fond de voir l’ami Obama, dont il fustige en privé l’arrogance, remis à sa place. Il en tirait aussi argument pour mettre en place des plans de réduction des déficits en France.
      CHOC FISCAL
      Sauf qu’il ne s’est jamais décidé en faveur de plans drastiques qui frapperaient les esprits, comme l’y incitait François Fillon. La rigueur, l’austérité : ces mots lui ont toujours fait horreur, et les concepts qu’ils recouvrent également. Il a toujours misé sur la croissance pour résorber les déficits. Ainsi s’était-il déplacé lui- même en juillet 2007 devant le Conseil des ministres des Finances de la zone euro pour annoncer que la France repousserait encore une fois l’échéance du retour à l’équilibre de son budget. « La France a besoin d’un choc fiscal pour relancer la croissance », avait-il expliqué. En juin 2009 encore, il prononçait devant le Congrès réuni à Versailles un discours dans lequel il tenait d’une main la réforme des retraites et de l’autre le lancement d’un grand emprunt…
      Aujourd’hui, la menace d’une dégradation de la note française s’est rapprochée, et la perte de notre triple A ne fait guère de doute. Aussi l’urgence pour le pouvoir est-elle de relativiser cette nouvelle en la banalisant par avance. Sauf… à ce que Nicolas Sarkozy annonce qu’il ne se représente pas, parce qu’il aurait tout misé sur a case AAA et tout perdu comme au casino ! « La perte du triple A ça peut être une catastrophe comme un non-événement », glissait récemment l’un de ses conseillers. « Il peut ne rien se passer, comme ce fut le cas aux États-Unis ou au Japon », ajoutait-il. Sarkozy, Fillon, Baroin et Cie font donc le gros dos en attendant le coup de tonnerre. Ils tentent de détourner les regards ailleurs, par exemple du côté de la Grande-Bretagne… ou du Parti socialiste, dont le projet est d’ores et déjà accusé d’avoir contribué à la dégradation de la note française. (…)

      http://www.sudouest.fr/2011/12/18/sarkozy-et-hollande-degrades-584492-710.php

    2. En Belgique, la dégradation de deux crans dans la notation du pays par Moodies a été accueillie avec joie (à peine cachée) par le gouvernement. Hé oui… Il faut dire que cette semaine, ce gouvernement s’apprête a faire voter une loi sur l’allongement de 2 ans de la durée de la carrière avant de pouvoir prendre sa retraite… Alors, une bonne petite dégradation de la note, c’est idéal pour pouvoir dire qu’il faut faire comme les pays voisins et faire bosser les vieux si l’on ne veut pas subir les foudres du marché. On en finit par se demander s’ils ne sont pas de mèche…

      1. « On en finit par se demander s’ils ne sont pas de mèche… »

        Ils ne sont pas de mèche, … mais de même foret.

        Delphin spirituel

        (croissance ? non merci)
        (qu’elle soit nucléaire, pétrolière, gazière, charbonnière comme la mésange, boisière, alguière, hydrogènière)

    3. Nostromo, dans le livre de Conrad il n’y a d’excellent que la description du Volcan, le reste est bon pour le cinéma… à mon avis.

  4. « Dieu, se dit-il, a mis en scène cet odieux spectacle pour que nous puissions nous représenter ce qu’est un monde dont il est absent ».

    Nous avons vu, il est maintenant temps qu’il revienne…………

    1. Le moins que l’on puisse dire c’est que le dieu unique n’était pas absent des derniers sacrifices rituels de ce nouveau millénaire….. Dieu est mort, mais il bouge encore !
      11 septembre = 3.000 morts Irak = 200.000 morts et 1.500 milliards de dollars pour la croisade dans le tronc des pauvres…..
      Fin 2010, les Etats-Unis avaient déjà dépensé près de 32 milliards de dollars pour la prise en charge des soins médicaux des blessés et le versement des pensions d’invalidité, dont les vétérans bénéficient à vie. Les coûts futurs à venir sont exponentiels. Linda Bilmes, professeur à l’université d’Harvard, estime que les coût médicaux et des pensions d’ici 2055 pour les vétérans seront de 346 à 469 milliards de dollars.
      20_3218.html
      Pour ne pas parler des blessés Irakiens, mémoires vivantes des figurants de cet odieux spectacle…..

      1. nous n’avons besoin que de notre libre arbitre pour semer le foutoir sur cette planète.
        infoutus de se tenir bien en classe et d’aider son petit camarade et on veut parler de dieu ?
        Dédious !! 🙂

    2. Il n’est nullement dit que le moinillion ait raison , de plus ses pairs n’ont pas fait beaucoup moins bien, voir l’inquisition. Donc nous pouvons encore attendre un éventuel retour, ne soyons pas pressé, surtout qu’il revient sous un autre vocable mais avec les mêmes horreurs dans des régions au sud et sud-sud-est.

      1. Nous sommes tous et chacun une parcelle de cet Esprit-Lumière-Onde

        Univers d’ondes

        De la Source limpide, elles s’écoulent
        En cascades et gerbes se répandent
        Tel un torrent d’écume, elles déboulent
        Sur tous les mondes, elles s’étendent

        Les voilà qui s’additionnent
        Et le tangible jaillit à nos yeux
        Les voilà qui se tamponnent
        Et l’intangible alors, dirige le jeu

        L’hirondelle et son nid ne font qu’un
        Le saumon et sa source sont réunis
        Comme les deux pics de l’iceberg serein
        Par le même corps noyé, sont unis

        Tout autour ce sont des ondes
        Ne cherche plus de ta sonde
        Tu fais partie de cette ronde
        Nous sommes unis en ce monde

        Tu es toi aussi, parcelle d’éternité
        Tu fais partie de cette vaste humanité
        Quand chaque perle sera illuminée
        La trame entière sera de toute beauté

  5. Le mal me semble à la fois plus profond et plus troublant. Dans le sud, quelque fois, les eaux débordent. Ceux qui étudient ces crues et leurs déversements d’eau disent que l’urbanisation, l’enrobage des sols, favorise et accélère l’écoulement des eaux. En « optimisant » son environnement pour son propre agrément l’homme crée les conditions d’une accélération des effets du principe de nécessité. Les ruisseaux deviennent des torrents. Il y a une ambivalence étonnante dans le progrès créé par l’homme : plus il organise son monde, plus il le rend efficace, plus il crée de formidables accélérateurs des développements de ce fameux principe de nécessité conceptualisé il y a plus de 2000 ans par quelques maîtres indiens. Si cette ambivalence devait être intrinsèque au progrès alors il n’y aurait pas réellement de solution au problème. On peut encore croire que le passage d’une forme d’équilibre à une autre laisse malgré tout derrière lui un résidu positif, un progrès (une marche a été franchie avec quelques dégâts, mais elle a été franchie). Après tout, les ruisseaux ont toujours coulé. La question n’est plus de déterminer si le prix à payer pour retrouver une nouvelle forme d’équilibre ne va pas annihiler une partie des gains que l’on croyait acquis. Elle est celle de saisir l’ampleur de ce prix.

  6. DSK à Pékin !!

    Dominique Strauss-Kahn a effectué lundi 19 décembre à Pékin son retour à la vie publique dans un forum économique au cours duquel il a comparé la zone euro à un « radeau sur le point de sombrer », en refusant de commenter ses propres déboires.

    Après plus de sept mois de turbulences personnelles, l’ancien directeur général du FMI a choisi une conférence économique dans la capitale chinoise pour retrouver son statut de spécialiste en macro-économie. Aux journalistes étrangers qui lui posaient des questions plus personnelles, sur son actualité judiciaire, sur son état d’esprit ou sur son choix de la Chine pour revenir sur le devant de la scène, il a systématiquement opposé la même réponse: « Aucun commentaire ».

    Sur un ton docte d’expert au-dessus de la mêlée, il a distribué bons et mauvais points. « Nous voyons les pays européens passer d’un plan (de sauvetage) à un autre, d’un sommet de la dernière chance à un autre, toujours sans admettre les pertes, toujours sans permettre une reprise de la croissance et toujours en échouant à restaurer la confiance », a déclaré le socialiste.

    Félicitations adressées à Pékin

    Invité par le groupe NetEase, l’un des géants de l’internet en Chine, DSK a prononcé un discours en anglais de 45 minutes, dans lequel il s’est montré plutôt plutôt tendre avec ses hôtes chinois. Il a ensuite répondu à des interrogations d’internautes transmises par le biais d’un animateur du forum.

    « Avec la récente tempête, le radeau semble ne plus être assez résistant », a-t-il affirmé en parlant de l’eurozone. « Le fait que l’euro soit encore au milieu de la rivière et que l’union budgétaire ne soit pas réalisée le rend très très vulnérable et le radeau semble sur le point de sombrer ».

    « Je ne suis pas persuadé que (le président français) M. Sarkozy et (la chancelière allemande) Mme Merkel se comprennent bien entre eux et c’est probablement une des raisons pour lesquelles le système européen a des problèmes pour avancer », a-t-il affirmé. L’ancien patron du FMI a, en revanche, estimé que le gouvernement chinois avait « particulièrement bien tiré son épingle du jeu » lors de la crise de 2008-2009.

    (Avec AFP)

  7. Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, juge improbable que l’Allemagne perde son triple A. Et quand bien même, ce ne serait pas dramatique selon lui.

    Le président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann
    REUTERS/Alex DomanskiLe président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, estime lundi dans un entretien aux Echos « très improbable » que l’Allemagne perde sa note triple A, la meilleure possible, auprès des agences de notation, et cela ne serait peut être pas « dramatique ». « C’est très improbable », déclare-t-il. « Et après la dégradation des Etats-Unis (par Standard and Poor’s le 6 août, ndlr), on peut se demander si cela aurait un effet si dramatique », estime le patron de la Bundesbank.

    De nombreux pays de la zone euro sont sous la pression des agences de notation qui menacent de les dégrader en raison de la crise de la dette souveraine et du ralentissement économique. Standard and Poor’s a placé sous surveillance négative 15 des 17 pays membres de la zone euro, dont l’Allemagne, le 5 décembre, et doit prendre une décision sous peu.

    Concernant le rôle de la BCE dans la crise de la dette, Jens Weidmann insiste sur le fait qu’elle doive se cantonnerait à un rôle technique auprès du fonds européen de secours FESF, sans l’aider financièrement. « Je vais décevoir ceux qui ont des espoirs en ce sens. Nous voulons, par notre expertise technique, aider le FESF à remplir sa mission, un point c’est tout », explique-t-il. « Le FESF a des ressources placées sous l’entière responsabilité des pouvoirs publics », ajoute-t-il.

    Jens Weidmann s’était félicité en octobre du fait que soit épargné à l’institution monétaire de la zone euro de refinancer le fonds de secours européen (FESF). Lors du sommet européen des 8 et 9 décembre, il a été décidé que la BCE assurerait la gestion technique du FESF. Le président de la BCE, Mario Draghi, a affirmé dans un entretien au Financial Times de lundi que l’institution veut être prête à remplir ces fonctions en janvier.

    Le FESF est un instrument financier qui lève de l’argent sur les marchés avec une garantie apportée par les Etats de la zone euro. Il le reverse ensuite à des pays en difficulté au sein de la zone euro comme le Portugal ou l’Irlande, à des taux moindres que ceux qu’ils devraient payer sur les marchés.Cet instrument financier mis en place de façon temporaire doit être définitivement remplacé mi-2012 par le Mécanisme européen de stabilité (MES) qui sera, lui, permanent.

    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/l-allemagne-ne-croit-pas-a-la-perte-de-son-triple-a_275476.html?xtor=EPR-237-%5bXPN_11h%5d-20111219–21258850@187944655-20111219112218

    1. Quand on voit comment fonctionne le FESF et le MES je me demande bien pourquoi on parle encore d’euro obligation c’est bonnet blanc ou blanc bonnet ou le nouvel OMO qui lave plus blanc que blanc , les états se prennent pour des agences de pub ou des vendeurs de tapis, « elles sont belles mes obligations d’états garanties pas l’ Allemagne » les meilleurs obligs du marché et bientôt on risque d’avoir un concert des enfoirés pour sauver notre triple a , ou  » sauvez les bébé a » par Brigitte Bardot. Les allemands sont drôle de ne pas croire qu’ils vont perdre leur triple A ils représentent a eux seul la crédibilité financière de l’Europe, c’est bien pour ça qu’ils vont devoir ou nous lâcher ou couler avec le reste de l’Europe. D’un point de vue pratique FESF MES ou EUrobLigs c’est kif kif c’est emprunter en se servant de l’épargne des citoyens qui en ont en garantie
      ILs feraient aussi bien d’inventer une taxe universelle de sauvetage de l’ eurozone ca serait moins faux jetons mais pourquoi on ne les vire pas a coup de pompe dans le cul tous ces rigolos qui nous gouvernent??Désolé mais je ne vois pas quel genre de respects ils peuvent encore mériter on mettrait n’importe quel acteur a leur place ils se débrouilleraient mieux mais peut être que nous ne faisons que payer notre lâche indifférence face au monde de la politique ces trente dernières années, il faut commencer a crer de multiples petits partis indépendants et a organiser une résistance politique alternative, et un débat permanent sur le net
      un peu ce qui se fait sur ce blog mais a plus grande échelle, depuis de Gaule j’ai l’impression qu’on a plus de gouvernement en France il serait temps qu’on se prenne en main et quon arrête d’attendre quoi que ce soit de nos politiques et que nous créions un gouvernement parallèle avec un financement indépendant ayant pour objectif de réguler et de faire condamner les dérives de notre société

      1. @ Allfeel

        mais pourquoi on ne les vire pas a coup de pompe dans le cul tous ces rigolos qui nous gouvernent?

        C’est qu’ils ont un truc imparable contre ça: ils nous font voter…
        Bonnes pommes, nous ne cherchons pas plus loin…

    2. Ce qui est surprenant, c’est qu’il accepte (avec beaucoup d’autres) le rôle d’élève dans le grand monopoly meurtrier..
      Alors que le patrimoine des Peuples est immensément bien géré par ces mêmes Peuples.
      A qui donc, de donner les leçons?

  8. Nous sommes dans un chemin tortueux et semé d’embuche. L’idée est donc : « on ne touchera plus au volant et on ira tout droit, on ne touchera ni au frein ni à l’accélérateur » et comme cela le chemin se transformera en autoroute : c’est exactement ce que l’on dit au marché; On ne fera pas d’eurobonds, on ne fera que 3% de déficit et on n’aura aucune intervention sur la BCE et on va le graver dans la marbre !. En tout cas personnellement je dis que le(s) conducteur(s) je pense qu’il nous mènera de cette manière à la catastrophe en prédisant des miracles et qu’il vaut mieux lui retirer son permis avant que l’on sorte de la route et qu’une politique économique on doit en garder le contrôle et nous surtout pas dire que l’on ne fera rien quoi qu’il arrive dans le futur et bien de montrer que le pilote a le contrôle.

  9. C’est curieux, pas plus tard qu’hier je me demandais ce qu’était devenu Alain Gauvin, après son passage mémorable sur le blog. Et la réponse tombe aujourd’hui sous la forme d’une préface de Paul Jorion à un livre sur les turpitudes de la finance écrit parce celui-là même qui nous en présentait certains de ses phénomènes sous un jour avantageux, je pense bien entendu à la spéculation et aux fonds vautours. Je précise tout de même qu’à l’époque plusieurs commentateurs avaient émis l’hypothèse que si Monsieur Gauvin venait ainsi sur le blog exposer des thèses qui semblaient aller à l’encontre de celles défendues par l’hôte du blog, c’est que ce monsieur se posait sans doute quelques questions et qu’il n’était peut-être pas seulement l’homme venu défendre sa corporation ou du moins son idéologie.
    Tous ceux qui sur le blog participèrent au dialogue-confrontation avec Alain Gauvin ne manqueront donc pas de lire son livre avec grande attention pour repérer les endroits où sa réflexion à évolué, le cas échéant.
    Si j’en crois le compte rendu paru dans les Echos Alain Gauvin son discours d’alors, axé essentiellement sur l’idée que doit prévaloir le droit en matière de contrat, les dettes étant toujours dues, la seule faute revenant aux états qui n’avaient pas fait le nécessaire pour ne pas se trouver dans la situation où s’étaient mis en matière de dettes, l’auteur aurait opté pour une position moins juridico-juridique dans le sens du respect absolu du formalisme juridique.

    Je me prends à rêver, et si Alain Gauvin était un de ces dissidents au coeur du système capitaliste ? ,-)

    1. Merci de nous rappeler que Mr Gauvin est tout à la fois celui qui :

      – A attiré notre attention sur l’exception de jeu, et le fait qu’elle n’était pas applicable aux paris financiers.

      – A proposé de limiter la souveraineté des peuples endettés.

      – A présenté de façon positive l’action des fonds vautours.

      Le point commun de ces positionnements parfois surprenants lorsqu’ils sont exprimés ici, c’est la prémisse que le contrat est sacré, et prime toute autre considération.

      Mr Gauvin est avocat, non?

  10. Cela fait plaisir de voir certains néophytes en Histoire se rendre compte des horreurs d’une certaines société. Il est vrai que le système a tout intérêt à combattre la Mémoire, et pour le moins de la falsifier.
    La Commune de Paris, voici cent quarante ans, fit plusieurs dizaines de milliers de morts dont les auteurs furent la soldatesque française assassinant en masse les pauvres qui avaient osé se révolter.
    Plus près de nous, la Guerre d’Algérie, fit des centaines de milliers de victimes dans ce pays. Sans que l’Etat français manifeste le même remord qu’il avait formulé à l’égard de Vichy.
    Le Président turc, qui est loin d’être un ange de démocratie, met le doigt sur la plaie en rappelant les exactions françaises en Afrique du nord.

    1. – Qu’évoque pour vous le 8 mai 1945 ?

      – Le massacre, par l’armée française et les colons, de dizaines de milliers d’algériens à Sétif (20 000 morts d’après les USA).

      Delphin

    2. N’oubliez pas tout de même que le FLN a fait au cours de luttes avec d’autres mouvements indépendantistes comme le MNA, ou même dans des luttes intestines, un très grand nombre de victimes sans aucun état d’âme, et que la Commune a elle-même du sang sur les mains. Les répartitions simplistes entre les ‘tout bons’ et les ‘tout mauvais’ m’agacent de plus en plus, d’autant que l’Histoire existe (en tant que discipline) qu’elle nous a beaucoup appris sur ces sujets et qu’il est permis de lire….

      1. Les répartitions simplistes entre les ‘tout bons’ et les ‘tout mauvais’ m’agacent de plus en plus,

        Mais il faut aussi se méfier de l’équidistance qui est souvent un révisionnisme déguisé.

  11. Denis Robert chez ACRIMED

    Il y a pourtant eu une mission d’enquête parlementaire suite à votre premier livre sur Clearstream ?

    Mission d’information plus exactement. Elle n’avait aucun pouvoir coercitif. Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, les deux députés qui en étaient à l’origine, ont fait ce qu’ils ont pu. Quand ils ont convoqué André Lussi, le PDG de Clearstream, ce dernier leur a fait un bras d’honneur et les choses en sont restées là. C’est pour vous donner un exemple… Quand la droite est passée, la mission est morte et toutes les promesses de lutte contre le crime financier avec elle. Le système financier est increvable et Clearstream en est un élément clé. C’est un centre névralgique du « back office » interbancaire. […] Il faudrait une enquête parlementaire européenne. Ce serait à mes yeux la meilleure solution.

  12. Certains Etats ne trompent-ils pas les peuples et ne sont-ils pas eux-mêmes promoteurs de la spéculation ou de structures opaques condamnées par le G20 ?

    Certains Etats trompent-ils les peuples ?

    On trouve ces phrases dans la présentation du bouquin, présentation non signée, mais j’ai le souvenir que Gauvin sur le blog désapprouvait les pseudos, aussi j’imagine qu’il n’est pas l’auteur de la présentation mais je suis alors étonné qu’un auteur de plus juriste se désintéresse de la façon dont son ouvrage est présenté.
    Dans les deux citations il est question d’un État qui trompe le peuple. Curieuse formulation ! J’aurais plutôt écrit que les représentants de l’État trompent…, mais donner à l’État la subjectivité de vérité ou de mensonge, c’est refiler les compétences d’ordinaires réservées aux personnes physiques à une personne morale, qui plus est, au sommet du droit public national.
    Suis-je le seul émotionné ? La remarque vise à mon sens le gouffre entre la perception du droit comme éthique, et sa pratique soumise aux atermoiements subjectifs des professionnels du droit, dans leur environnement local comme mondial cad insérés dans un mode de production défini, avec idéologie « comprise ».

    1. Oui, Schozosophie. Je viens de parcourir le court opus de Hans Magnus Enzenberger sur le « monstre doux de Bruxelles » , et votre dernière phrase résume bien la question :

      « [la] pratique [du droit] soumise aux atermoiements subjectifs des professionnels du droit, dans leur environnement local comme mondial cad insérés dans un mode de production défini, avec idéologie « comprise » ».

      Il est infiniment facile de se croire le bon rouage d’une grande cause, dont le travail de tous les jours semble pourtant si éloigné… et où il faut donc faire « confiance » à des échelons de bureaucratie, avec une assurance systémique qu’à deux étages au-dessus de vous, votre vision n’est même plus un fantôme, carrément une impossibilité…

    2. @timiota, 19 décembre 2011 à 18 h 23

      Vous m’avez pris pour un autre, mais pas pour n’importe qui, au carnaval des pseudo où un trench coat n’y retrouvant pas son corps s’inquiète souvent pour son âme, ou serait-ce son salut.

      Donc no offense

      1. @ schizosophie 20 décembre 2011 à 18:34
        C’est p’tet à cause de votre bouille maya, cousine de mon olmèque.
        Mais la trace de l’opération de fusion-acquisition, est dans le « oz », à la fin de la première syllabe (schoz) calamiteuse qui assone avec la fin de la mienne (Roz). Enfin… c’est une lecture, à défaut de celle de l’auteur. Mais qui est « l’auteur » ? La conf de Foucault a ouvert des portes pas refermée depuis, sinon comme tentatives envahissantes d’autobiographies nécessairement ratées, comme les biographies, ou le rêve et son ombilic. Un « Sujet » inépuisable, contrairement aux ressources terrestres. Pour garder les pieds sur terre, toutes ces bio-graphies sentent la « doublure », et pour l’original macach bono. Alors le « pas n’importe qui » comment savoir si ce nez en retombant dans l’identité policière, celle de la carte. Ajar ou les trans lui font un pied de nez. À défaut de réincarnation, jouer à accepter d’être pris pour quelqu’un d’autre (vais aller voir ce que l’excellent Cronenberg en a fait et ses acteurs itou !) c’est moins rasoir que de jouer socialement le rôle de soi, ou de faire bassiner par les autres avec ça. Subjectivation, désubjectivation, resubjectivation, transsubjectivation y a des jours où je me demande jusqu’à quel point certaines propriétés ne nous aliènent pas jusqu’à devenir possédés par une identité. « Mon corps m’appartient », et pis quoi d’autre encore ?

      2. @Rosebud1871, 21 décembre 2011 à 02 h 09

        Bien d’accord sur l’intérêt purement « schozificateur », réifiant, etc. de la question « qui ? » par sa pertinence seulement administrative. Ce qui qui fixe les gens comme des choses, et que certains porteurs de trench coat prennent pour des personnes (et la mouche allant avec), même s’agissant d’eux-même.

        Sans doute que mes bouilles gigognes de San Bartolo Coyotepec et vos bosses attirent la confusion, et même heureusement au lu des fruits des croisements de nos avatars respectifs. Le « pas n’importe qui » renvoyait à ce faux nez numérisé dont les écrits m’importent souvent et avec lesquels il arrive que les miens écrits tissent quelque chose qui contribue à ma désubjectivisation relativement affranchissante.

      3. J’avais suivi les aventures de votre trench coat, regardé la video, mais sans connaître Get Carter il me faudra voir la scène dans le film pour en apprécier le sel. Tant que vos écrits vous mènent à une désubjectivation donc affranchissante, ça baigne, et je vous sais rebelle à l’affranchissement version romaine dont Paul Veyne avait fait son miel .

  13. dans l’esprit d’une authentique « Constitution pour l’économie » qui nous fait aujourd’hui si cruellement défaut.
    Lorsqu’on entend le discours médiatique, comme hier soir 23h30 dans ‘parlons-en’ sur LCP…La ‘constitution pour l’économie’, c’est pas gagné !
    J’ai ‘décroché’ après 10 minutes, et rêvé un instant de leur tête au bout d’une pique..Un peu radical d’accord, mais ça soulage !
    Ah ça ira, ça ira…
    Grosse fatigue.
    http://www.lcp.fr/emissions/parlons-en/vod/21272-crise-ces-raisons-d-esperer/didier-lombard-daniel-cohen-dominique-reynie

    1. Daniel Cohen semble atterré par l’analyse de Dominique Reynie.
      Et on le comprend !
      Pour Reyné, ce politologue qui dirige la section marketing à Sciences-Po et la Fondation pour l’innovation politique (fondé notamment par Nicolas Bazire, conseiller de Sarkozy) , auteur d’un ouvrage après le référendum sur la constitution européenne dans lequel il fustigeait la gauche qui a voté non (penchants nationalistes expliquait-il-), le libéralisme n’existe pas dans nos pays européens et de dire en substance que l’état providence est la réalité massive contre laquelle il nous faut lutter.
      Puis intervient Didier Lombard, ex patron de France Télécom qui renchérit : le développement est dans le numérique,il faut libérer l’innovation en laissant faire les marchés, les financements viendront ! Je rappelle que Lombard c’est l’homme qui avait dit que les suicides à France Telecom était une mode. Pour Lombard la crise est une vue de l’esprit, si nous avions pu développer le numérique chez nous (dans l’Union) nous serions au sommet d’un cycle kondratieff ! J’espère qu’à Noêl un membre de sa famille, un neveu un peu rebelle va lui offrir l’Agonie du capitalisme !

      Bref, encore une confirmation que nos idéologues veulent terminer le programme libéral !

      1. J’ai fait un lapsus, il fallait lire : « Le capitalisme à l’agonie »

        PS. Faut faire quelque chose pour ce pauvre Cohen. Je le sens isolé.

        Ses analyses pourtant en beaucoup de points rejoignent celles de Jorion même si elles ne font pas appel aux explications sociologiques qui font la spécificité de notre hôte.
        LA crise de par son intensité fait aujourd’hui office de révélateur, projette une lumière crue sur le gouffre qui sépare les économistes keynésiens et régulateurs des idéologues libéraux, alors qu’autrefois ils semblaient bon an mal an pouvoir cohabiter, voire collaborer.

        Il devient donc de plus en plus difficile de passer simplement pour un économiste pragmatique alors que le sol autour de soi se dérobe. L’économiste pragmatique est désemparé car son cadre d’analyse n’est plus adapté pour expliquer une crise tout à fait inédite, que Paul caractérise par l’image physique du soliton , cette immense vague qui risque de tout emporter, qui est le résultat de la conjonction de trois vagues distinctes : la colonisation achevée de la planète ; la trop grande complexité ; la concentration des richesses.

      2. J’ai personnellement écris au Père Noël pour un drop monumental et brut de décoffrage dans le derche du Lombard lorsqu’il se baissera pour retirer son livre au pied de l’arbre en boules. CADEAU.
        Quant à Dominique Reynié, c’est aussi le Roi des plateaux télé.
        En effet, on comprend pourquoi.

  14. Daniel Cohn Bendit au 20h de France 2

    Première proposition : Dans quelques semaines il y aura un accord entre Merkel et Sarkosy dont nous connaissons déjà le contenu. Un autre accord est possible mais il faut aller vite pour l’imposer à Mme Merkel.

    Pour cela je propose que les principaux candidats se rencontre avec Sarkosy pour faire une proposition commune et qu’ils aillent voir les autres pays de l’Eurozone. En Février le Parlement Européen fera lui aussi des propositions alternatives.

    Nous avons besoin d’Intelligence collective Nationale et non d’Union Nationale.

    A cette proposition François Hollande a répondu ce matin à St Nazaire : oui, en déplorant que Sarkosy fasse tout, tout seul depuis près de deux ans sans aucune concertation.

    Le contenu de cette discussion serait : le frein à l’endettement ; la solidarité européenne ; la communautarisation des dettes et des investissements.

    Pour créer les eurobonds il y a des ressources fiscales possibles et disponibles tout de suite.

    Les marché ont la trouille de la recession, ils attendent la relance de la croissance qui ne peut venir que de l’intelligence nationale.

    Sarkosy tout seul est un petit garçon, il ne peut rien contre Merkel. La Chancelière et le Gouvernement sont conseillés par les 5 sages, 5 instituts économiques tous sur la même ligne. Le Prdt de la Bundesbank d’ajouter si 90% des économistes sont pour les eurobonds, moi je dis non, parce que c’est une erreur.

    Ce matin, sur France Inter, Jean François Khan proposait que la taxe sur les transactions financières soit proportionnelle à la rapidité et à l’importance des transactions

  15. Des questions sur la conclusion
    « Que pourrions-nous espérer à la place ? D’abord, une remise à plat, bien entendu, où les définitions seraient rédigées par ceux qui comprennent ce dont ils parlent, plutôt que, comme aujourd’hui, par les mercenaires d’une énorme machine de propagande. »

    Il y a une langue de bois de l’oligarchie financière. « Concurrence parfaite » signifie marché d’initiés.Les « marchés financiers » signifient l’oligarchie financière. Le « marché est sous contrôle » signifie la venue de fortes vagues spéculatives etc.Quels sont les termes qui prêtent à confusion et quelles définitions vous proposez? Certains termes polysémiques ne font-ils pas l’objet d’une pluralité conflictuelle des définitions, par exemple le terme même économie par les économistes?

    « Ensuite, un audit exhaustif du monde financier, qui en capture la nature au niveau où il fonctionne, c’est-à-dire « mondial », plutôt qu’au niveau national où il est insaisissable et où, nous le savons d’avance, la conclusion de toute réflexion est immanquablement la même : « Il faudrait en effet prendre telle et telle mesure. Mais si nous les prenons et comme il y a de l’argent à faire, nos voisins eux s’en abstiendront soigneusement. Aussi, oublions toute l’affaire ! ».
    Certains, au lieu d’attendre l’unanimité et de ne rien faire, proposent d’agir au niveau national. Ainsi J.Généreux et son livre « Nous on peut ». Qu’en pensez vous?

    « Enfin, une grande remise en ordre, comme un nettoyage de printemps, fondée sur de véritables principes directeurs, dans l’esprit d’une authentique « Constitution pour l’économie » qui nous fait aujourd’hui si cruellement défaut. »
    La dernière fois c’était le TCE pour l’ UE. Les traités européens ont été conçus pour lutter contre l’inflation et aujourd’hui on est en période de déflation, d’où la potion inefficace et injuste qui aggrave la crise de la zone euro et le risque systémique, donc affaiblit le pouvoir d’achat et l’emploi.
    Certains principes « constitutionnels » d’hier aggravent la crise d’aujourd’hui. Ce sont ceux voulus par l’oligarchie financière. Ce sont ceux qui seront défenduspar les media dominants contrôlés par cette même oligarchie. Alors comment faire?

  16. Il y a moins de 4 ans je n’imaginais pas que l’élite politique, économique et financière au pouvoir puisse être aussi stupide. Cynique et cupide, je savais. Stupide, je découvre.

    1. La politique est une voie de garage .. 😉

      Et puis, les bergers malveillants ont besoin de clowns pour amuser les moutons afin qu’ils se laissent tondre docilement !!

  17. La veuve de Carpentras n’hésiterait pas: elle placerait ses économies en bons du Trésor. Ce n’est guère encourageant pour les banques..

    La France a émis lundi plus de 4,5 milliards d’euros de dette (Bons du Trésor, BTF) à deux et trois mois quasiment à taux zéro, les investisseurs étant prêts en cette fin d’année à sacrifier le rendement à la sécurité de leur capital. Raoul Salomon explique qu’avec la dégradation de la dette court terme des banques dans un contexte de forte aversion au risque, l’univers d’investissement des gérants monétaires (assureurs ou sicav) se réduit. « Ils préfèrent avoir un taux zéro mais récupérer leur capital à l’échéance. Acheter un BTF qui rapporte zéro, c’est rechercher avant tout de la protection », dit-il.

    http://www.boursorama.com/actualites/la-france-a-emis-de-la-dette-court-terme-a-taux-zero-7b40c89dcb5ee9cf2e2651a481421aac

  18. (…) monde financier (…) censé être rationnel enfin, mais ravagé en réalité par le conflit d’intérêts.

    J’aurais tendance à penser plutôt que c’est parce qu’il est rationnel qu’il est ravagé par le conflit d’intérêt. Si la détermination du prix n’est qu’un rapport de force, cela ne peut que créer du mécontentement et des arrangements, d’où ces conflits.

  19. Et oui, Las Casas, Auschwitz, et demain?
    Le sens de l’histoire? Toc Toc, anybody inside?

    Pourquoi ai-je l’intime conviction que l’homme n’a jamais aussi ardemment désiré décider directement de son avenir?

    Continuez Paul, on vous accompagne.

      1. « Plus le capitalisme accumule de capitaux, plus il produit de marchandises, et plus diminue le nombre de ceux qui peuvent les acheter, ce qui multiplie et exacerbe les crises de surproduction et de sous-consommation. Le point de rupture sera atteint lorsque le prolétariat, devenu une force considérable, se soulèvera. » Jacques Ellul.
        Encore un effort et on y est d’ailleurs il faut interroger avec acuité les phénomènes des derniers mois sur le plan géopolitique (Tunisie, Égypte, Libye, Iran,…).
        Une question, sommes-nous prêt d’une guerre à grande échelle pour éluder le vrai problème qu’est ce système économique injuste et destructeur?

        D’accord avec toi Delphin, il faut vraiment virer les colons et reprendre possession de nos capacités à créer et imaginer.
        Je ne sais plus qui l’a dit mais « créer, c’est résister! ».

  20. En cette période de Noël, j’ai plutôt le sentiment que la veuve de Carpentras a vocation à se faire plumer comme une dinde…

      1. Les deux mon Général !
        Comme disait Desproges :
        « Survient l’hiver. Les nouveaux cons tuent la dinde. Les nouvelles dindes se zibelinent. Les nouveaux pauvres ont faim. Les charitables épisodiques, entre deux bâfrées de confit d’oie, vont pouvoir épancher leurs élans diabétiques. Le plus célèbre des employés de Paul Lederman ouvre les « restaurants du coeur ». Des tripiers doux, des épiciers émus, de tendres charcutiers, le coeur bouffi de charité chrétienne et la goutte hyperglycémique au ras des yeux rouges, montrent leur bonté à tous les passants sur les trois chaînes. »

        « Attention, attention. Il n’y a pas que les nouveaux pauvres. Il y a les nouveaux riches. Pour venir en aide à mes amis nouveaux riches qui crèvent dans leur cholestérol en plein hiver à Méribel, j’ai décidé d’ouvrir les restaurants du foie. Envoyez-moi des tonnes de verveine et des quintaux de biscottes sans sel, le bon Dieu vous les rendra… »

      2. @Piotr: les deux, cher ami; plumée par l’assurance vie ( c’est du fond en euro, ma petite dame, c’est du solide ) et fourrée au Natixis ( je sais, ça date un peu, mais à l’époque, à 20€ c’était une affaire, ça ne pouvait que monter! )
        jusqu’à présent, l’investisseur en bourse s’est pris une gamelle, les salariés ont dérouillé, maintenant, il faut faire pleurer l’épargnant! d’après une étude de Natixis – P. Artus, un air cut de 12 % sur les placements devrait convenir, pour le moment….
        Hi, hi, joyeuses fêtes!

  21. Pour une lecture plus affûtée et moins mytho-centriste des pratiques religieuses Aztèques, je conseille la lecture de Joseph Campbell « Des mythes pour se construire » (Edition Piktos).
    Plus généralement, c’est un livre indispensable pour qui souhaite (re)penser le monde…

    1. Pas seulement, ma grand-mère y rangeait le « Manifeste du Parti communiste », « Gargantua » et des livres occultistes, entre autres. Curieusement, Proust ne figurait pas dans l’enfer (je la soupçonne de n’en avoir lu que des bribes).

  22. Il y eu de solides dossiers ici sur le blog de Paul Jorion par rapport à la catastrophe de Fukushima. Je ne sais si c’est le bon endroit pour le poster…mais…

    …mais c’est en lisant ceci :

     » la France aux 58 réacteurs soupire d’aise et se donne pour objectif de construire 30 nouveaux EPR d’ici 2050… » : http://www.journaldelenvironnement.net/article/l-opecst-vote-nucleaire,26528

    que je vous propose dès lors et dans la foulée de prendre connaissance de cet incroyable article :

     » 18 décembre 2011 : Les disparus de Fukushima  » :

    http://fukushima.over-blog.fr/article-les-disparus-de-fukushima-93065109.html

    Je n’ose vous dire  » bonne lecture  » …cependant il est urgent de le lire…

  23. Alimentation
    Jean Ziegler : « Les spéculateurs devraient être jugés pour crime contre l’humanité »
    Les ressources de la planète peuvent nourrir 12 milliards d’humains, mais la spéculation et la mainmise des multinationales sur les matières premières créent une pénurie. Conséquence : chaque être humain qui meurt de faim est assassiné, affirme Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation. Il dénonce cette « destruction massive » par les marchés financiers. Des mécanismes construits par l’homme, et que l’homme peut renverser. Entretien :
    http://www.bastamag.net/article1995.html

  24. Si j’ai bien compris les dernières nouvelles, les grands argentiers de la zone euro vont racler les fonds de tiroir, fournir vaille que vaille 200 M d’euros « prêtés » au FMI qui les prêtera aux pays en digue digue….nb: les mêmes pays en délicatesse devront également mettre au pot du fond FMI !!
    comment trouver les sous?: ben en empruntant, pardi!
    c’est du sapeur Camembert, là: creuser un trou pour en boucher un autre…
    Là dessus, la BCE dit vouloir sauver les banques, annonce qu’au moins deux d’entre elles vont se retrouver insolvables….
    L’Europe appelle au secours les pays émergents….
    J’ai quand même un peu l’impression qu’on en est à la phase S.O.S. du Titanic, où je me trompe ?

  25. « Les confidences de DSK montrent que les “dictateurs” le sont aux petits pieds, et que, dans les circonstances dramatiques qu’ils suscitent eux-mêmes, ils réagissent comme des gamins pris en train de trafiquer le pot de confiture. Ces “dictateurs”-là, s’ils disposent évidemment du grand pouvoir de l’argent, n’ont nullement l’audace ni la conscience des vraies dictatures organisées en tant que telles et assumant cette fonction en pleine conscience. »

    http://www.dedefensa.org/article-du_temps_ou_dsk_parlait_vrai__20_12_2011.html

    1. Il n’existe pas vraiment de définition scientifique de ce qu’est une dictature. Il y a les cas voyants : type régime nord-coréen, léniniste dans les années 20, stalinien dans les années 30 et 40, croate dans les années 40, nazi bien sûr, tous les régimes dictatoriaux répressifs mis en place par le régime de Washington, etc… Mais comme le soulignait récemment un chercheur de l’IFRI beaucoup de régimes (et non des moindres) peuvent être qualifiés par certains aspects de dictature et par d’autres de démocratie.

      1. Il vaut mieux s’en tenir, comme l’a bien montré L. Strauss, aux catégories de la philosophie classique en matière de typologie des régimes. Ce qui revient certes à jeter aux orties 90 pourcents de ce qui a été produit par la science politique moderne (ex de catégorie « moderne »: « marxisme de rizière », « césarisme », « dictature post-constitutionnelle », etc.). Mais ce ne ne serait pas une grande perte: cette « science politique moderne » n’a pas été foutue de voir ni de comprendre le nazisme, et il ne faut pas s’étonner qu’elle ne fournisse AUCUN instrument d’analyse ou e description fiable des réalités politiques contemporaines.
        Cela dit, le concept de dictature avait un sens très précis. le fait de l’utiliser à l’emporte-pièce est davantage responsable du « flou artistique » que ne l’est le concept original lui-même.

  26. Sapir persiste et signe. Abandonner l’euro.

    La crise correspond donc à la combinaison de trois moments distincts, mais qui aujourd’hui sont étroitement liés. La crise de compétitivité, directement issue des mécanismes mis en place dans la zone Euro, donne naissance à la crise de la dette publique, autrement dit aux doutes sur la solvabilité de certains pays. Mais, ce doute induit le tarissement des capacités d’emprunts, qui se transforme en une crise de liquidité particulièrement violente.

    http://fr.rian.ru/tribune/20111220/192787835.html

  27. Moi, y’a rien à faire, quand j’entends « la veuve de Carpentras », je pense immanquablement à « l’affaire de Carpentras ». Bon, moi j’vais dire « la veuve de Béthune »… ah non, y’a déjà le Bourreau de Béthune… « la veuve du bourreau »… ça l’fait pas non plus… enfin ça l’fait trop plutôt… tain ! sont plombées ces pauvres sous-préfectures françaises ! Va falloir urgemment rebaptiser tout ce merdier….

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