NEWSRING.fr, Moody’s : un signe de défiance envers la France

Un entretien que j’ai accordé à Newsring. On le trouve sur leur site, ici.

Une dégradation n’est jamais une bonne nouvelle. On critique de plus en plus les agences de notation, mais il y a une demande de la part des marchés pour ce type de service, c’est-à-dire une évaluation de la capacité d’un emprunteur à payer les intérêts, à rembourser la somme empruntée et à le faire dans les délais qui ont été prévus. C’est l’industrie financière qui demande ce service aux agences de notation, car elle ne dispose pas du temps ou des ressources nécessaires pour faire les calculs qui permettent de savoir quelle est la fiabilité de la dette émise par les pays.

Ce n’est pas tant la dégradation qui est désagréable, car elle correspond à celle qui avait déjà été décidée par S&P, que la perspective négative pour la France. J’entends ceux qui disent que cela n’a pas d’importance car la dette de la France est très appréciée, très demandée, mais nous sommes dans un contexte de plus en plus dégradé, et cet abaissement peut aboutir à une certaine nervosité, à une volatilité du « spread » : de l’écart avec l’Allemagne en raison de l’exigence par le marché des capitaux d’une prime de risque supplémentaire pour la France.

Certes on va encore privilégier la France, car les autres pays sont moins bien lotis en dehors de l’Allemagne, la Hollande, la Finlande ou l’Autriche, mais c’est peu encourageant : les candidats prêteurs se tournent vers la France faute de mieux. C’est un peu comme avec les gouvernements européens : on vote de plus en plus systématiquement pour l’opposition parce qu’on n’est pas satisfait de la politique menée par les partis au pouvoir. Le fait que la dette de la France soit appréciée sur les marchés est dû à la dégradation de la dette dans d’autres pays comme l’Espagne ou l’Italie, pas à ses qualités propres.

Par ailleurs sur dix ans, le « spread » avec l’Allemagne – c’est-à-dire donc le différentiel qu’on peut assimiler à une prime de risque supplémentaire – est de 0,75% : 2,16%, contre 1,41%. Cela signifie que sur une durée comme dix ans, les marchés considèrent qu’il y a une différence de 0,75%, significative à ce niveau là, entre l’Allemagne et la France en termes de leurs perspectives.

On peut arguer que ces agences de notation n’ont pas fait de prédictions exactes dans de nombreux cas, mais la véritable question c’est plutôt  : la situation serait-elle meilleure si elles n’existaient pas ?

Ce n’est pas parce qu’elles font un travail qui n’est pas parfait – leur tâche est très difficile en raison du nombre d’évènements qui se combinent et qui doivent être pris en compte – qu’il faut se désintéresser des agences de notation.

La critique qu’on peut faire à leur sujet, c’est qu’elles font leurs évaluations dans un cadre extrêmement conservateur en termes de théorie économique. Elle sont alignées sur des positions proches de l’extrême-droite sur l’échiquier politique. Elles ont ainsi une vision négative de l’action des syndicats et sont promptes à considérer que les populations sont grincheuses et ne comprennent pas les réalités économiques, etc. Voilà un reproche qu’on peut éventuellement leur faire, mais elles diront que c’est la manière dont nos sociétés vivent effectivement et qu’elles doivent par conséquent en tenir compte.

En ce qui concerne le timing de cette décision, les agences de notation ont leur calendrier à elles et ne prêtent pas nécessairement attention aux évènements politiques au jour le jour – comme le plan pour la compétitivité annoncé par le gouvernement français.

Mais on peut noter cependant un signe de défiance envers la France dans cette décision : il y a là comme la suggestion qu’il ne faut pas nécessairement prendre à la lettre les déclarations du gouvernement Ayrault, qui n’a pas acquis jusqu’ici une réputation de grande constance ou de logique. Prenez le projet de banque publique d’investissement, dont la réalisation sera probablement sans rapport avec le projet initial. Si défiance il y a, elle vient donc de l’écart constaté entre les affirmations du gouvernement et ce qu’il met en place dans les faits.
 

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136 réflexions sur « NEWSRING.fr, Moody’s : un signe de défiance envers la France »

  1. Coïncidence.

    Peu de temps après l’article d’un média inféodé à la City, c’est au tour d’une agence de notation de rentrer en scène.

    Sur prescription de qui ? Car les agences de notation ne fournissent des études qu’à des clients qui les paient.

    Depuis les années 1970, les agences de notation ne sont plus payées par les investisseurs qui utilisent la notation, mais par les émetteurs des produits soumis à la notation. Il y a donc un risque évident de conflit d’intérêts.

    Les bonnes raisons avancées pour justifier la diminution de l’indice de solvabilité de la France, par cette agence de notation, sont certainement une coïncidence avec la volonté du gouvernement français de séparer les activités bancaires traditionnelles des activités liées à la spéculation financière.

    Ce précédent risquerait de montrer la voie à des pays plus timorés à cause de leur dépendance vis-à-vis du financement de leur dette par le marché.

    Contrairement à ce que certains affirment, ce n’est pas seulement le comportement moutonnier ou technique d’une grande majorité d’acteurs financiers qui fait perdurer la crise, il y a aussi une minorité d’activistes au plus haut niveau qui agissent pour continuer à se générer des revenus colossaux grâce au pouvoir d’asservissement des états et de leurs populations.

    Toutes les manipulations sont bonnes à utiliser : Indices, informations financières, prix des matières premières, cours des actions et des titrisations de nature hétéroclite, manipulation des prix, et plus encore.

    Un nouveau pouvoir dictatorial de fait est né. En remplaçant le pouvoir politique des états.

    Quelques individus autoproclamés économiquement infaillibles imposent une volonté consensuelle, non seulement par obligation vis-à-vis de leurs clients (retraités ou non) ou par intérêt personnel, mais également par idéologie.

    Et cela n’est pas du domaine de la théorie du complot ou de la paranoïa, car le système économique financiarisé ne fonctionne pas d’une façon homéostatique comme beaucoup aiment à le croire pour se rassurer.

    Le système financier actuel est un système cybernétique, piloté grâce aux actions réfléchies et concertées d’êtres humains, acteurs prépondérants, tant du point de vue de la conception, de son fonctionnement et son exploitation.

    1. Conseil gratuit au lecteur pressé : vous lisez dès la première phrase d’un post un truc fulgurant de créativité du genre « média inféodé à la city » ? nickel chrome, vous pouvez passer votre chemin sans état d’âme aucun. Trente secondes gagnées. Me remerciez pas, remerciez le créateur fulgurant.
      Ps : deuxième conseil gratis, n’oubliez pas de retenir le chaffre du grand auteur inutile de passage et vous éviterez ainsi la prochaine fois de même entreprendre un début de lecture. Donc ici on note « kivepe ».

    2. @ kivepe
      Vous êtes sans doute nouveau, ici.
      Peut-être pas. Faisons comme si.

      Les agences de notation, comme la bourse, sont des sujets très,très,très sensibles.

      On peut envisager, prévoir, décrire et se repaitre de la disparition du capitalisme.
      On peut vouloir l’espérer, cette disparition en forme de perdition achevée.
      On peut, parfois, vouloir l’aider à surmonter une difficulté peut-être conjoncturelle,
      les peuples souffrent mais lui, le capitalisme pourrait être affiné.
      On peut – à mon avis, on doit- supprimer les banques commerciales et nationaliser le restant.
      On peut promouvoir la suppression de 80% de l’activité financière en interdisant les « paris nus » , et là aussi , à mon avis, on devrait.
      Tout ça, -et ce n’est pas limitatif – on peut ou on doit. C’est libre de droit.
      Mais,

      Mais il est périlleux de dire des choses intelligentes sur les « agences de notation » telles qu’elles existent. ( Chinoise et européenne exclues).
      Ici, pour vous personnellement, un panneau : Stop,achtung !
      Il faut savoir, concernant ces 3 ou 4 agences, qu’elles sont indemnes de toutes contradictions, c’est comme ça. Punkt.
      Que diable, gardez le sens des proportions, faudrait voir à ne pas confondre une broutille avec une question préjudicielle.
      Conclusion , sur ce sujet précis, si vous voulez discuter et contester leur utilité, il vaut mieux paraître idiot. Les 3 premières lignes de votre texte, et la fin, allaient dans ce sens, le seul bon, mais entre début et fin vous déraillez fortement… A éviter absolument.

      1. Les agences de notation sont soumises comme la presse, les politiciens
        et le reste à la dictature du capital.
        Pas la peine de les supprimer, ni de brûler les journaux,
        ni d’assassiner les politiciens.
        Ca se comprend, mais ne sert à rien…
        Le capital les fera toujours renaitre.
        C’est sa dictature qu’il faut enterrer.

      2. Kivepe:
        Relisez: vous avez écrit des choses intelligentes.
        A part le début et la fin, je vous approuve. J’ai quand même le droit de faire mon marché.  » ..inféodé à la City.. » et « …système cybernétique… » ne sont pas prouvés.
        En tant qu’opinions, ces vues ne servent à rien, sauf à se faire plaisir pour pas cher.

        Reste le reste, ces choses intelligentes. Sur ce blog, « ça » ne passe pas.
        Mon truc du 21 novembre 2012 à 18:01, sous une grossière ironie, n’est pas très différent. Mais le votre est plus élégant.

        Pauvre Charles A. , je vous plaint.
        Quand tout sera parfait – le capitalisme vaincu- tout deviendra parfait, et en mieux. En attendant, faute de pouvoir terrasser la bête, il est inutile de s’attaquer à ses adventices. Une victoire partielle ne peut être qu’une morphine sur un moribond et sans doute, vous ne l’avez cependant pas écrit, un détournement d’énergies vers le but final. Donc s’abstenir, sur les banques, sur les agences de notation, sur le libre-échange, sur la concurrence libre et non faussée, sur la presse entonnoir à gaver l’idéologie libérale…

        [ J’y pense: le nucléaire, on peut contester, combattre? Passe que, quand la Révolution etc…, le nucléaire apparaitra en pleine lumière libératrice pour ce qu’il a toujours été: une daube hors échelle humaine. Les agences, la banque, la bourse, ce n’est pas différent,si?
        Alors comme ça, d’un côté:on doit , des autres: pas la peine.]

        La révolution sans les urnes est un rêve lointain et sans doute inaccessible. Et en attendant ce grand soir , vous nous dites: « ne faites rien » , réservez-vous pour la Grande et la Vraie. D’accord, on le droit de manifester.
        Vous êtes dans l’ordre des choses intellectuelles le parfait complice du capitalisme. Je vous plaint. Et je ne m’étonne pas que vous n’atteignez que moins de 1% dans un suffrage où vous vous présentiez. Le verdict des urnes, accepté et sollicité par vous, vous est contraire.

  2. L’économie (capitaliste) est la politique du capital.

    Les agences de notation et leurs critères d’évaluation font partie des nombreux instruments de légitimation du système capitaliste.

    Nous en oublierions, mais presque seulement, que les Etats, à défaut d’être d’incurables dilapidateurs, s’abaissent à emprunter aux pires de leurs citoyens, usuriers, exilés, amnistiés, oubliés fiscaux.

    La dette comme instrument de domination des capitalistes sur les Etats explose.
    Le système de notation de la dette permet de hiérarchiser la servilité des démocraties envers le capital.

    Les critères d’évaluation économique des agences de notation, arbitrairement forgés par et pour la caste capitaliste dominante ne dépassent guère la rentabilité, et encore, exclusivement au sens financier du terme.

    Quelle efficacité sociale? Quelle efficacité écologique? Quelle efficacité économique?
    Qui décide? De quels critères?

    La domination du capital s’étend à la conception du budget des démocraties représentatives (déjà loin d’être la panacée politique).

    Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même tout un système juridique qui autorise le pillage et un code moral qui le glorifie.

    Franchement, l’opinion des agences de notation, qu’est-ce qu’on s’en branle!!!

  3. « The Latest Greek « Bailout » In A Nutshell: AAA-Rated Euro Countries To Fund Massive Hedge Fund Profits »

    http://www.zerohedge.com/news/2012-11-21/latest-greek-bailout-nutshell-aaa-rated-euro-countries-fund-massive-hedge-fund-profi

    « So to simplify the flow of funds:

    Source of Funds: EFSF, using European cash primarily originating at places such as Germany, Finland and Netherlands

    Use of Funds: Hedge funds holders, with a cost basis in the 10-20 cent range.

    Summary: European governments, already struggling with day to day cash procurement and finding new and inventive ways of keeping the ponzi going day to day, will pay… Hedge Funds and their billionaire PMs. »

  4. Que dit la météo?
    Le temps qu’il va faire demain ou les jours suivants, la température, le vent, la neige, le verglas et plus encore.
    Des informations utiles à … toutes sortes de gens.
    Selon les circonstances, elle n’a pas intérêt à se tromper et il préférable qu’elle maximalise « les risques » (Facile à comprendre, elle peut être responsable de dégâts multiples et variés).
    Pour les agences de notations, c’est du même acabit, sauf que ça intéresse une catégorie particulière de gens, les prêteurs avec intérêts certes mais seulement.
    Je suis toujours un peu surpris et amusé lorsque j’entends les gens se plaindre du mauvais temps non prévu par la météo de la veille.
    Les agences de notations ne causent pas tous les jours : une chance.

  5. Sachant que les dettes actuelles sont trop grosses pour être remboursées, par quelque état que ce soit et par quelque organisme privé ou public que ce soit, les notes des agences sont très optimistes.
    Elles n’ont de réelle valeur que par comparaison avec celles des autres états, de façon à poser les rapports de force.

  6. Quelques infos pour ceux qui aurait oublié ou qui ne saurait pas
    _ le principal actionnaire de Moody’s est Warren Buffet
    _Moody’s avait noter AAA Enron quelques jours avant sa déconfiture
    – Buffet a conseille Swcharzy le célébre gouverneur de la Californie qui a laissé celle-ci exangue

    a part ça cette agence de notation est tout à fait bénéfique, buvons un coup a sa santé!

    1. Tchoo,

      En Mars 2001, des premières rumeurs se font entendre sur la gestion des comptes d’Enron, des allégations de fraudes qui poussent Moody’s a vouloir dégrader la société.
      Lorsque Moody’s prévient Enron de sa prochaine dégradation, Chevron, JP Morgan et CitiGroup s’empressent de convaincre l’agence de retarder la dégradation pour permettre une fusion avec Dynergy. Enron est alors noté favorable à l’investissement par les agences soit BBB+ pour Fitch et S&P et Baa1 par Moody’s. Le 28 Novembre 2001, 4 jours avant la faillite, Moody’s dégrade la société de 5 crans pour atteindre le niveau B2, S&P suit en reléguant la note d’Enron six crans en dessous de sa notation. Fitch est la dernière a dégrader la société en abaissant de 6 crans sa note pour atteindre « CC ».

      http://stupeursetnotations.fr/tag/enron/

      1. ah ouais super de lire cela
        comme quoi, ces agences sont influençables
        ça me rappelle un peu l’usage des assurances crédits dans nos métiers de vendeur de jaja bordeluche
        faudra que je vous raconte cela un jour!

    2. Tout est comme cela, même l’Huma dépend d’un capitaliste marchand de canon.
      Il faut s’attaquer à Dieu, pas à ses Saints, qu’il multiplie à l’envie.

  7. merci pour l’article
    j’ai adoré le commentaire de VEC dans la file numéro 3 🙂 la philo devrait avoir plus de place dans notre vie faite d’économie, et d’économies avec cette crise … écoconnerie !

    1. Olivier, j’ai également beaucoup aimé « V. E .C 21 novembre 2012 à 19:21 Merci Morvandiaux. »
      du début à la fin.

      1. Purée, elles ‘notent’ vraiment tout et n’importe quoi ces ‘agences’, et sans risque…!
        Eh, mais qui note les agences ?

  8. Il me semble que le point important que personne ne semble vouloir relever c’est l’innocuité et la timidité des notations vis à vis de l’énorme bulle obligataire du bloc USA/Eurozone/GB qui continue de gonfler quoi qu’il arrive. On a là un truc qui pèse plus de 20 000 Mds de dollars en nominal, moitié US moitié les autres, qui a atteint des sommets en terme de valorisation comme de rendement (taux plus prix de marché, y compris sur de l’irlandais ou de l’italien), qui détermine très largement, au moins en eurozone et en GB, un marché obligataire bancaire qui pèse encore plus lourd que le marché des dettes souveraines (le total du marché obligataire c’est quatre fois le marché actions en zone euro), qui touche des limites absolues en terme de taux (négatifs en réel voire en nominal sur du CT), qui est contrôlé directement (détention directe) ou indirectement (repos) à hauteur de 20% par Fed, Bce ét BoE réunies, dont tout un chacun sait et concède plus ou moins spontanément que tout ce fatras est à minima mûr pour une bonne grosse dévalorisation/restructuration et on s’émeut que des agences s’émeuvent ?

    1. Normal, le financement devient « desintermédié » (en apparence seulement, voir OPCVM). L’augmentation du marché obligataire est la conséquence du fait que les états (pour ne citer qu’eux) ne puissent plus directement se financer par les banques centrales. De même, le resserrement du crédit impose peu à peu aux entreprises de se financer sur le marché obligataire. C’est le résultat de l’évolution de la structure de financement européenne alignée sur le modèle américain. Les libéraux veulent un désengagement de l’état afin de faire basculer la gestion des risques (du cadre de l’état providence) dans la sphère privée. Il y a donc aujourd’hui une éviction relative des capacités destinées à la sphère privée par la sphère publique à cause de la structure de financement. C’est pourquoi, ils mettent l’accent sur l’endettement de l’état et le marché obligataire ! Chantage ?
      Dès la fin des années 70, on a favorisé l’intégration au système financier international dominé par les US. Les marchés ont connu alors un développement spectaculaire. La capitalisation boursière seule ne répondra jamais au financement de l’économie. Cette évolution a profondément modifié le circuit de financement de l’économie européenne, les conditions de placement et la mobilité de l’épargne.
      Des questions sont apparues dans les possibilités dont disposent désormais les pouvoirs publics pour conduire la politique économique, et surtout dans les risques que l’économie financière fait peser sur la stabilité de l’économie toute entière.
      Le marché obligataire n’est que le reflet d’un mode de financement réunissant les besoins et capacités de financement par l’emprunt. Mais c’est à se demander si les capacités répondent réellement aux besoins ou si des capacités (affairisme, voir Worldcom , Enron, …) ne créent pas des besoins ? Et la titrisation masque l’ensemble des éléments du financement.
      En fait, « les économies de marchés financiers » sont des économies d’endettement indirect par le biais du marché obligataire. Par excellence, elles donnent l’illusion d’être une économie de marché mais de quels types de marché ? La titrisation empêche la dichotomie investissement-épargne par la capitalisation et la production-consommation par l’endettement (pour la désynchronisation). C’est la finance de l’ombre….
      Il est donc normal que la finance de marché repose plus sur les produits de taux (TCN, obligations) que sur les titres de propriété (actions). Dans ce cadre, la capitalisation obligation (dont OTC) est naturellement supérieure à la capitalisation action !
      Ce qui est surprenant, c’est que vous êtes surpris…

      1. Mais mon pauvre Tatayoyo, les obligs remplacent les crédits bancaires bien plutôt que les actions et je ne sache pas que les prêts interbancaires, ou les dépôts bancaires, ni les prêts aux entreprises aient notoirement baissé malgré la bulle obligataire.
        Quant à ta « capitalisation boursière », bien évident qu’elle n’a jamais suffi au financement de l’économie, pas même des entreprises. Le marché boursier n’intéresse que la formation et la distribution du capital propre (et des dividendes…) des sociétés part actions cotées, leur haut de passif uniquement.Que le financement LT et de trésorerie des entreprises passe par du crédit bancaire classique ou par un marché plus ou moins désintermédié, honnêtement on s’en branle du moment qu’elles investissent et sont financées, le tout à prix soutenable. Je te signale d’ailleurs que les big boites françaises sont de loin les plus actives et depuis le plus longtemps sur le marché des corporates européen.
        Gloubiboulga Tatayoyo, comme toujours. « Obligations over the counter », mais keskesé, psycho killer, keskesé ? Nanana na nanana na naaa…
        http://m.youtube.com/#/watch?v=l5zFsy9VIdM&desktop_uri=%2Fwatch%3Fv%3Dl5zFsy9VIdM&gl=FR

      2. bonjour vigneron,
        Evidemment que les multinationales passent par le marché obligataire, où voyez-vous que j’ai écrit le contraire. Au moins, vous ne cachez pas que vous êtes pour les multinationales ! Arrêtez de faire diversion constamment. Vous n’apportez rien de neuf. C’est certain que la crise ne vous a pas beaucoup touché jusqu’à présent. Vous croyez que vous y échapperez ? Ne soyez pas impatient… 🙂

        « Les obligs remplacent les crédits bancaires bien plutôt que les actions » : où voyez-vous également le contraire ?
        Malgré « la bulle obligataire » : Expliquez comment vous voulez financer les dépenses de l’état ? La bulle est plutôt sur le marché action ! Des capitalisations qui sont complètement déconnectées de la réalité. Mais, vous faites encore diversion, alors que le financement par le marché obligataire est une contrainte pour les dépenses publiques et un résultat de la politique qui vise à nous aligner sur les US. Vous êtes copain avec Minc ?

        « Que le financement LT et de trésorerie des entreprises passe par du crédit bancaire classique ou par un marché plus ou moins désintermédié, honnêtement on s’en branle du moment qu’elles investissent et sont financées, le tout à prix soutenable » : vous le faites exprès ou vous faites semblant de ne pas comprendre ? N’y a-t-il pas une histoire de taux fixe et de taux variable dont vous vous gardez de parler pour commencer ? A quel prix ? Vous voulez à n’importe quel prix que les PME se financent sur le marché obligataire ? N’y a-t-il pas un moyen de contourner les réglementations afin d’intégrer dans la titrisation des actifs ? Des opérations qui consistent à réduire la taille des bilans par le moyen de la titrisation censées faire disparaître de l’actif des banques les créances acquises à l’occasion d’opérations de crédit immobiliers ou à la consommation ou à des PME et qui sont contestées. Encore une fois, c’est le transfert du risque sur le citoyen….
        Le financement LT et de trésorerie des entreprises : il est là le problème ! Les dépenses de fonctionnement ne sont pas des dépenses d’investissement. L’utilisation des mêmes canaux….

        « Je te signale d’ailleurs que les big boites françaises sont de loin les plus actives et depuis le plus longtemps sur le marché des corporates européen.  » : bien évidemment sans compter que leurs besoins sont immenses. Vous aimez la concentration, n’est-ce pas ! Vous ne faites juste que des répétitions….C’est cyclique ?

        Ccl : Par le biais des OPCVM, les banques participent clairement au canal de la finance de marché (abusivement qualifiée de « désintermédiée »).
        Des interrogations sont apparues dans la latitude dont disposent désormais les pouvoirs publics pour mener la politique économique, et dans les risques que l’économie financière ferait peser sur la stabilité de l’économie mondiale.

    2. on s’émeut juste que l’émotion des agences soit à géométrie variable et hyper sélective au nom de critères retenus ici et pas là
      on s’émeut juste du rôle que l’on fait joueur à ces outils, et des arrières pensées qui les président
      c’est tout, c’est rien, on va passer à autre chose de plus intéressant

      1. Depuis quand les ceusses qui s’émeuvent et s’émeuvent et s’émeuvent et s’émeuvent uniquement auraient-ils quelque chose « d’intéressant » à voir autre qu’émotionnant, chou émotif ?

  9. Moi j’aimerais en savoir déjà plus sur le projet de banque publique d’investissement;
    Sera-t-elle une banque, sera-t-elle publique, sera-t-elle investisseuse ?

    J’ai lu en diagonale, il n’y a guère, que la banque Lazard y participerait.

    Qui pourrait m’expliquer, à moi, qui n’y connait pas grand chose !

    1. Banque d’investissement 100% publique (État et Cdc seuls actionnaires). Problème : toute pitite pitite.
      Lazard a juste joué un rôle de conseil.

    2. @ jacqueline Hafidi
      Mon sentiment , c’est comme Oséo : une machine à désosser les quenelles , mais sans argent ou juste pour les amis !

  10. Ah si ! la dette obligataire française est appréciée pour sa liquidité… dans le genre, la France a été pionnière

    Ensuite, on n’a pas besoin d’agences de notation pour évaluer le risque d’une dette souveraine… ils partent des statistiques concoctées par les ministères économiques et financiers (parfois en ayant l’outrecuidance d’aller demander des données non publiées)… si les intervenants prenaient le temps de lire ces données (ce qu’ils devraient en théorie faire), les notations souveraines perdraient tout leur sens…

    Enfin, les agences de notations (les trois grosses) ne servent à rien car elles connaissent leur limite : rétrograder l’Espagne et l’Italie en catégorie junk bond aurait des effets systémiques, idem si la France n’est plus dans la catégorie « A » (qualité moyenne supérieure en gros) et AA (pour les EU et RU). Dès lors, leur travail est automatiquement biaisé… Ces limites définissent également les frontières dans lesquelles elles peuvent survivre. Mais bon, il se peut qu’à leur tête, il y ait des gens assez cons pour tenter le truc…

  11. comment une agence de notation , un cabinet d’audit peuvent etre fiables ???

    deloitte , commandité par la belgique pour prouver que son cout du travail est bon ,
    http://www.slate.fr/story/64961/salaires-comparaisons-europe-france-brut-net
    est impliqué dans une affaire de corruption touchant Hewlett Packard !!!
    http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/11/21/scandale-autonomy-deloitte-nie-avoir-eu-connaissance-des-fraudes-denoncees-par-hewlett-packard_1793993_651865.html

  12. Bonjour,

    L’Allemagne un des premiers pays exportateur du monde, en ces temps de crise économique mondiale, les exportations ne se portent plus si bien, l’Europe bas de l’aile dans ses atternoiements risquant l’éclatement et le déclenchement du paiement des garanties octroyées.

    Les agences de notation étant plutot de bons aveugles dans les temps de crises, est ce que ce n’est pas la note de l’Allemagne qui est surévaluée ?

    Bonne journée

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