LES MARCHÉS SE REBIFFENT !

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Un des crédos des tenants de l’ultralibéralisme est que le marché des capitaux (celui que l’on appelle à voix basse : « les marchés ») est nécessairement dans leur camp. La manière dont ces « marchés » réagissent depuis deux jours au putsch ultralibéral opéré durant le weekend par la « Troïka » (Banque Centrale Européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international) en Grèce et en Italie, doit faire souffler un vent de panique au sein de ces augustes instances.

Le putsch a consisté à confier le pouvoir en Grèce et en Italie à des gouvernements d’unité nationale dirigés par des banquiers, et appliquant le programme hayékien (ou « friedmanien », c’est la même chose) : dérégulation, privatisations, démantèlement de l’État-providence. Programme démenti par les faits – faut-il le rappeler ? – depuis 2008.

Comment a réagi le marché des capitaux à ce « scénario de rêve » ? Le taux obligataire dix ans en Italie a repassé hier la barre des 7%, tandis que le taux grec plane toujours autour des 28 %. De tels taux sont bien entendu insoutenables. Autrement dit, et l’on ne peut que s’en réjouir, le putsch a d’ores et déjà échoué.

Que s’est-il passé ? Rien d’autre que la confirmation que « les marchés » font eux aussi partie de ces faits qui démentent le programme ultralibéral depuis 2008. Pourquoi, parce que « les marchés », ne sont rien d’autre que l’incarnation de la loi du profit, qui est rationnelle à sa façon et est sans pitié pour ce qui contrevient à sa logique, à savoir qu’il n’y a pas d’argent à faire de cette manière-là.

Me revient en mémoire, un bout de conversation avec un banquier à qui j’avais été opposé dans un débat radiophonique et qui m’avait décontenancé en étant d’accord avec moi sur absolument tous les points. Je lui avais alors demandé dans le couloir qui nous conduisait vers la sortie ce qui déterminerait selon lui le basculement de notre système économique vers celui qui prendrait sa suite. Sa réponse : « Quand les marchés auront déterminé que l’ancien n’est plus rentable ! »

Les marchés sont sans pitié vous dis-je, et le moment prédit par mon banquier d’interlocuteur est apparemment venu.

Taux obligataire à dix ans italien


© Bloomberg

Taux obligataire à dix ans grec


© Bloomberg

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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232 réflexions sur « LES MARCHÉS SE REBIFFENT ! »

  1. Après avoir pris le pouvoir aux US, Goldman Sachs s’installe aux manettes de l’Europe (BCE, Grèce, Italie…on cherche pour l’Espagne)

    Par une ruse de l’histoire, Super Mario va devoir désamorcer la bombe à retardement de la falsification des comptes grecs lors de l’entrée dans l’euro….et les marchés n’y croit plus.

    On est toujours trahi par les siens…!

    1. Je n’ai vu nul part que papadimos a travaille chez GS!
      Vous avez des infos?

      Super Mario va devoir désamorcer la bombe à retardement de la falsification des comptes grecs lors de l’entrée dans l’euro………………………par contre, la, papadimos était a l’époque a la tête de la banque de Grèce, mais bien sur il n’était pas au courant de la magouille! (j’aurai bien mis un smiley la!)

      1. Faudrait arrêter le délire avec GS… Et dire une bonne fois pour toutes que si l’on trouve partout des anciens de chez eux ou des mecs qu’ont bossé directement avec GS, c’est simplement que GS a toujours recruté les « meilleurs » et ce « all around the world » et qu’elle a su s’imposer comme la référence universelle de la banque d’affaire et des market-makers.
        1) GS impose son modèle et son système de management.
        2) GS est number one et recrute les meilleurs.
        3) Tout le monde, des gvts aux institutions internationales, veut ses anciens de GS, écoute les avis de GS.
        4) GS est la première servie quoiqu’il arrive.
        5) Les autres, grands réseaux ou banques d’affaires, de Lehman, Merryl Linch, Bear Stearns à Natixis ou Dexia en passant par Deutschbank, Paribas, BoA, ou SG, voire MS courent derrière ou/et se cassent les dents.
        Goldman Sachs est un symbole, un concentré, un business-model « parfait », pas un Deus ex machina ou Grand Manipulateur Omnipotent.
        En rester à ce niveau d’analyse « goldmano-réducteur », c’est se condamner à ne rien comprendre.
        GS était, est toujours comme un poisson dans l’eau, mais ce n’est qu’un poisson, gros poisson mais poisson. Le problème c’est l’eau où il se complait. Tuer le poisson, sucer ses arêtes, très bien, mais l’eau sera toujours aussi malsaine, opaque, limoneuse et poissonneuse…

      2. Tout à fait.
        Ce n’est pas GS la racine de la crise.
        Ce ne sont pas non plus les banquiers.
        C’est le capitalisme à l’agonie ne disposant plus que de l’endettement comme drogue.

        Faire des banquiers ou de la finance la cause de la crise,
        comme rendre responsable les allemands ou les chinois,
        est une façon involontaire, et quelquefois intentitonnée,
        de retarder la prise de conscience, l’indignation et la révolte utiles.

      3. Quand tu vois par exemple que c’est pas GS, et de loin, le plus gros acteur sur les marchés de dérivés mais des mastodontes de bonne vieille banque US, JPMC, BoA, Citibank en tête… Bon ok, sur le leveraging, ou l’exposition totale au risque de crédit sur capitaux tier 1 et 2 GS est hors-concours (800 % contre autour de 300 pour les autres des « Big five » US- les 3 citées plus HSBC) , comme sur la part du trading sur ses revenus totaux, de l’ordre des deux tiers contre 5 à 10% pour les autres à l’exception de JP Morgan avec 15%.
        Bref, un monstre de la banque spéculative qui se mêle au peloton des « Grandes », mais qui ne pèse pas plus en terme de produit bancaire dans ce secteur speculatif que celles-ci. Sauf que la spéculation, c’est son coeur de métier, qu’elle y mène la danse et y engrange tous ses bénefs (contrairement aux benets-suiveurs comme SG ou BNP qui licencient leurs traders), contribuant ainsi à renforcer toujours son statut d’institution « experte » ad-hoc par tous les « décideurs » de la planète, nonobstant – voire proportionnellement à – l’édification de sa statue consensuellement pointée partout et par tous comme le symbole honteux du Grand Démon de la Finance.
        Conclusion : Plus les pigeons chient sur la statue GS, plus son ombre s’étend, plus la statue s’élève, plus les ténèbres avancent.
        Contre-productifs les volatiles…
        GS = miroir aux « zalouettes je te plumerai… »
        Ugh !

      4. A propos de GS, je vous invite à visionner ce reportage (entre autres) :
        http://youtu.be/MW9zxFXj-IE
        Comment Goldman Sachs, petite maison de courtage fondée en 1869 par un immigré allemand, est-elle devenue la banque d’affaires la plus puissante du monde au delà des gouvernements et des frontières ? Il est ensuite assez consternant d’entendre des commentaires du style « arretez le délire avec GS » ou « Ce sont les best » !! Effectivement, ce sont les best of the world dans un sens qui va détruire la planète et ses habitants… Bah, une broutille !!

      5. @ Un naïf

        Je ne veux pas paraître discourtois, parce que la réalisation de ce documentaire a nécessité beaucoup de travail et qu’il s’agit je crois d’une connaissance de François, mais c’est précisément l’archétype du documentaire inutile. Les intervenants sont de bonne qualité (surtout Yves Smith évidemment, mais aussi Katya Wachtel de Business Insider qui précise bien et ce dès le début que se focaliser sur Goldman Sachs n’a pas beaucoup de sens, fragilisant à juste titre à mon sens tout l’angle du documentaire), mais l’auteur se trompe de cible.

      6. Il n’y a pas de malaise ! Quand vous avez 48 minutes pour convaincre à la télévision, vous allez à l’essentiel dans ce domaine complexe qu’est la finance. Choisir comme angle Goldman Sachs en découle. Le titre du film est d’ailleurs interrogatif: « Les nouveaux maîtres du monde ? ».

      7. @Perfect Pseudo
        C’est bon, on s’est déjà fadé Taibbi en long, en large et en travers, en VF et en VO, basta mon cher…
        Posez vous plutôt ce genre de question, histoire de sortir du cul-de-sac du manichéisme benêt : Pourquoi les clients ne fuient pas Goldman Sachs ?
        http://m.slate.fr/story/41737/goldman-sachs-amour-de-vampire
        L’article finit comme ça :

        Toutefois, il semble que Goldman Sachs aura toujours un atout de poids par rapport à ses concurrents de Wall Street :
        ses clients.

      8. @ Julien Alexandre :
        oui, c’est ce que l’on peut appeler de la vulgarisation, et cela peut servir car tt le monde ne sort pas d’HEC ou de Yale ! De la vulgarisation plutôt bien faite à mon sens. Maintenant quant à la cible, précisez votre pensée svp ! GS est ou a été la meilleure soit, elle peut provoquer à souhait le renversement d’un état puisqu’il est son bailleur de fonds OK, la collusion avec les institutions est de ce fait inévitable d’accord… mais cette machine infernale, ce vortex incontrôlable est-il salutaire pour l’humanité ? Comment renverser la vapeur ? Que voulons-nous en fin de compte ? Tout dépend de quel côté on se place…

      9. Vigneron. C’est le principe même de la concentration. L’argent appelle l’argent et on ne prête qu’aux riches…
        En gros, c’est de l’association de malfaiteurs.

      10. Tout à fait d’accord avec Vigneron et le banquier ayant parlé avec Paul dans les couloirs !!

        Les banques – et plus généralement tous les opérateurs financiers, ceux qu’on appelle à tort les investisseurs – ont un seul objectif : la rentabilité maximale.

        Une fois cela posé, les réponses sont simples :
        – GS est le champion de la rentabilité parce qu’il exploite le système au mieux, souvent en constituant lui-même le système au mieux de ses intérêts. D’autres pourraient le surpasser.
        – les opérateurs n’ont que faire des mesurettes – fussent-elles à l’échelle d’un pays – qu’ils contournent allègrement pour poursuivre leur quête de rentabilité
        – seul un changement de cadre, rendant les opérations actuelles beaucoup moins rentables, peut faire évoluer la donne. Ce sera alors le changement de système.
        – le cadre peut changer de deux façons : soit l’actuel cadre s’auto-détruit (c’est le cas actuellement), soit on le change pour un autre (on en prend pas le chemin)
        – une chance est offerte aux dirigeants politiques d’aujourd’hui : anticiper sur le nouveau cadre qui s’en vient pour en construire un meilleur et plus juste. Pour cela, il faut que le cadre actuel ait démontré totalement les ravages qu’il peut faire. On n’est sans doute pas très loin de de ce point mais, patience, on peut encore faire mieux dans le domaine de la désolation et du chaos.

    2. Cher vigneron,
      je m’excuse platement de vous infliger mon manichéisme benêt, mais je préfère cette attitude à l’admiration béate d’une poignée de requins qui mettent à sac la planète en toute impunité.

      1. GS, les meilleurs… C’est quoi ce delire!!!

        A trop naviguer dans ces eaux putrides, on en oublie la saveur des embruns.

        Meme Jesus a du soucis a se faire aujourd’hui face a la grande mansuetude et a l’enorme magnanimité de notre vigneron du jour…

        Comme quoi, on peut toujours s’attendre a l’emergence d’un nouveau sauveur sorti tout droit des entrailles d’un blog qui me clout au fond du canape plutot que dans la rue !

  2. Pas vraiment un scoop.
    Transposé au niveau de ses fondés de pouvoir: pourquoi Mitterand, pourquoi Zapatero, pourquoi Blair, pourquoi Shroeder, pourquoi Obama, pourquoi Papandreou, pourquoi bientôt Hollande ?
    Un seul vrai mystère Berlusconi .

  3. Monsieur Jorion,

    « les marchés », c’est une idée, une entité tout sauf physique !
    Qui permet que cette entité qui n’existe pas dans le monde sensible soit toute puissante sur la vie des gens, qui eux existent dans le monde sensible ? Qui donne quitus au marché, qui lui permet d’exister et de nuire ? Voilà la seule question qui vaille.

    1. parce que « les marchés », ne sont rien d’autre que l’incarnation de la loi du profit, qui est rationnelle à sa façon et est sans pitié pour ce qui contrevient à sa logique

      Enfin! Le voir écrit par la plume d’un scientifique!

      « Les marchés » ne sont qu’un seul et même homme, un Monstre, un mangeur d’enfants, de femmes et d’autres hommes. Revenir à un discours théologique permet d’y voir plus clair et même -pourquoi pas- de mobiliser les troupes.

      Mais… venant de vous, Monsieur Jorion, c’est le bouquet!

      1. Tim,

        Mais c’est pourtant simple (enfin quelque chose de simple dans tout ce foutoir !) : La logique des marchés, c’est le profit. Point. Les conséquences de l’action des marchés sont « sans intérêt », c’est le cas de le dire. Sans intérêt pour les marchés bien sûr.

        Tu peux ne pas être d’accord, mais il n’y a rien de théologique ni de religieux là-dedans. C’est sur base des faits que PJ se permet de dire ça.

      2. Oui mais il y a profit ET profit :
        – profit correspondant au résultat, OU à la rémunération si vous préferez, d’un travail (qualitativement ET quantitativement) ET
        -profit gratuit et qui plus est sans risque : les acteurs actifs ET efficaces du « marché » (les meilleurs quoi ! Pour faire plaisir à Vign…) font peser le risque ailleurs que sur eux-mêmes.
        Alors quand on parle de profit, il fraudrait voir à préciser de quoi il s’agit.

      3. La formulation de Paul est la plus scientifique que je connaisse.
        Mais bien sûr si quelqu’un en a une autre…
        Il ne parle pas comme Tim K d’un « homme », d’un « monstre » ou de mythologie,
        mais de la loi du profit, dont le fonctionnement est vérifié tous les jours,
        et mieux que jamais dans la crise.
        Sans comprendre la contradiction qui ronge en permanence l’accumulation du profit,
        il est impossible de comprendre la crise, qui n’est pas financière,
        mais bien la plus grande crise d’accumulation du capitalisme.
        Les données sont ici:
        http://orta.dynalias.org/inprecor/~1a83148e76b1b11bcb4a1eaf~/article-inprecor?id=1205

      4. Les Marchés, Les MARCHÉS.
        Ces entités intouchables, introuvables, voyons messieurs c’est impossible.
        Il y a un organigramme derrière, je suis convaincu que nous pouvons mettre des noms derrière tout cela ne serais-ce que celui qui opère l’ordinateur, le programmeur et/ou celui qui a imaginer le programme.
        Il y a quelqu’un qui appui sur  »enter » quelque part quand il s’agit d’augmenter les taux obligataires.
        Messieurs Jorion et Leclerc pourraient certainement nous aidés a démystifier le tout simplement pour le plaisir de mettre des noms sur ces entités dites  »occultes »

      5. La loi de la valeur (la loi de l’avaleur)
        Parce que la valeur est aussi et surtout la loi de la conservation du rapport entre les classes dirigeantes/exploitantes et prolétarienne ou paysanne (cf. la situation en Chine par exemple, ou en Amérique Centrale et du Sud, etc.). La conservation du rapport est le but et le moyen =la valeur.
        Parce que la société actuelle est fondée sur l’exploitation, ce qui exige (c’est sa loi, sa dynamique) toujours une valorisation supérieure (Argent- Marchandise Argent’ ).
        Ce n’est pas et ne peut pas être » scientifiquement prouvé », c’est un point de vue où la position subjective(du sujet) dans la société est fondamentale.
        C’est aussi pour cette raison qu’il ne saurait exister de « science économique ».
        Mes hommages

      6. Je retiens surtout l’intervention d’Alain Audet.

        Le fait même de mettre sous la même bannière ces hommes et ces femmes en les appellant soit « le marché » soit « les marchés » produit l’écran de fumée escompté.
        C’est odieux d’en rester à ce niveau d’analyse.

        Autant le dire tout de suite, je suis pour une analyse fine des phénomènes, le seul ennui, c’est que la soi-disant complexité des phénomènes engendre souvent un sentiment d’impuissance chez les néophytes.
        Quand on parle d’incarnation (comme le fait Monsieur Jorion), on fait appel à une loi d’analogie. Ce qui simplifie énormément la tâche intellectuelle des gens qui ne sont pas capables de la produire et qui, de surcroît, leur permet de retrouver du pouvoir sur leurs propres vies.

        J’en viens à ma préoccupation principale. Pourquoi snober les gens qui n’arrivent pas comprendre la complexité de ce monde économique au lieu de leur donner des clés de compréhension qui pourront les aider à redevenir autonomes? Savez-vous que des hommes se suicident en Grèce, en France et bientôt en Belgique parce qu’on leur fait croire qu’il n’y a plus d’espoir dans ce monde où tous les pouvoirs marchands (économique, financier, médiatique etc…) sont institutionnalisés pour mieux écraser les sans-sous?

        Oui, le marché est un Monstre. Oui, il engloutit tout sur son passage. Oui, il est l’Enfant terrible sécrété par les Volontés collectives (au sens où Schopenhauer l’exprime) de centaines de milliers d’hommes qui ont pris la théorie de l’homme rationnelle comme une religion. Tous ces hommes ont leur théorie économique fétiche. Tellement fétiche d’ailleurs, qu’ils y ont vu à travers elle pendant des décennies une justification sans faille de tous leurs actes (même ceux qu’ils n’auraient jamais osé commettre sans cela) et aujourd’hui, cela se traduit par un courant économique théologique qu’on nomme très justement le « Marché » et qu’il faut combattre avec les armes qu’il nous reste, c’est-à-dire une vision simple du monde que chaque homme peut manier à sa façon pour qu’un renversement soit envisageable. Entre hommes égaux.

      7. @ Tim K

        Le fait même de mettre sous la même bannière ces hommes et ces femmes en les appellant soit « le marché » soit « les marchés » produit l’écran de fumée escompté.
        C’est odieux d’en rester à ce niveau d’analyse.

        Odieux ? C’est tout ?

        Savez-vous que des hommes se suicident en Grèce, en France et bientôt en Belgique parce qu’on leur fait croire qu’il n’y a plus d’espoir dans ce monde où tous les pouvoirs marchands (économique, financier, médiatique etc…) sont institutionnalisés pour mieux écraser les sans-sous?

        Et c’est de la faute de Paul Jorion qui a écrit – après l’avoir expliqué 150 fois sur le blog – les marchés au lieu de refaire la même sempiternelle liste d’acteurs ?

        Bon, alors, les marchés sont :

        – les banques
        – les assurances
        – les établissements de crédit non bancaires
        – certaines entreprises
        – certaines administrations publiques (des écoles, des universités, des zoos, des hopitaux, des offices de promotion, etc.)
        – les gérants de patrimoine
        – les fonds de retraite / fonds de pension
        – les hedge funds
        – les private equity
        – les fonds souverains
        – tous les particuliers possédant des comptes d’épargne, des assurances-vie, des actions, des obligations, des Sicav, des FCP, et toute la ribambelle de produits dérivés ou non.

        Conclusion : Tim K, les marchés, c’est probablement vous, aussi.

      8. Oui, se suffire ou s’arrêter à ce niveau d’analyse est odieux.

        Ce n’est pas plus la faute de Paul Jorion que la vôtre ou la mienne. En tous cas, pas dans un premier temps.
        Qui est responsable de cette mécanique de mort, n’avez-vous pas l’impression que les Marchés ne sont qu’au début de leur carnage?
        Je dirais que les responsables à priori sont les puissants.
        Que feriez-vous de vôtre puissance si vous en aviez? L’utiliseriez-vous pour vous hisser au-dessus des autres ou pour la partager avec vos égaux?
        Une fois ceci réglé, je crois que nous avons autant de puissance individuellement que tout le Système. Celui-ci est hiérarchisé par des concepts conventionnels tels que le niveau d’étude ou le « mérite » individuel. Je prête de la valeur à ces concepts, mais jamais ils ne me feront croire qu’il est bon ou utile de structurer intentionnellement la société.
        Si vous ne l’avez pas encore compris, c’est ce qu’il se passe aujourd’hui: des gens au sommet de cette pyramide connue, acceptée ou décriée sont en train -par la puissance qu’ils se prêtent à juste titre et qu’on leur donne à tort- de remodeler toute la société selon leurs odieux critères.

        Je reviens donc dans un premier temps à dire que nous n’en sommes pas responsables. Dans un deuxième temps, si l’on prend conscience que des hommes, des individus, des gens comme vous et moi, les soi-disant « marchés » (dont vous avez dressé la liste non exhaustive, mais c’est un bon début quand même!), sont en train de commettre un putch sur les hommes de bonne volonté (désintéressés du fruit de leur action) en la dépossédant de tout pouvoir sur leur propre ligne de conduite, c’est-à-dire d’avoir choisi de faire les choses gratuitement, alors on peut commencer le renversement de tendance. Celle qui sera de toute façon la gagnante puisqu’elle représente l’essence-même de la vie. Pas celle de la mort.

      9. @ Tim K

        Je crains que vous n’ayez pas compris : le cadre actuel ne permet pas d’être vertueux. Celui qui déciderait demain d’agir en ayant pour préoccupation première une certaine idée de la morale au détriment de la sacro-sainte loi du profit maximal serait balayé par les autres en quelques jours.

        Ce n’est donc pas la question de la volonté de quelque-uns qu’il faut se poser, mais celle de la réalisation d’un cadre qui encourage les comportements vertueux. Vous y avez un rôle à jouer autant que les autres. Je vous l’ai dit : les marchés, c’est probablement vous aussi.

      10. @ Julien Alexandre

        Je suis déjà heureux qu’on puisse en parler dans des termes concrets.
        On doit changer de cadre, c’est évident, mais il ne sert à rien d’agir sur l’ancien pour qu’il prenne la forme désirée. Ces gens-là ne sont pas influençables.
        Cela dit, selon moi, ce cadre-là est en passe d’être « fini ». Le programme (historique) qui a permis à ce cadre de se fabriquer touche à sa fin.
        Je dirais même qu’il ne s’agissait pas d’un cadre, mais d’une articulation.
        La société s’est articulée sur ce que vous appelez « le cadre ». Et la société peut tout à fait se passer de cette articulation (d’autant plus qu’il est bourré d’arthrose!).
        La société -à l’heure de la « révolution réticulaire » induite par Internet- ne mérite plus de « se taper » cette vieille articulation figée et institutionnalisée. Par la Toile, la société gagnera en indépendance.
        Ce « genou historique » qu’a été la période entre le début des Lumières et aujourd’hui n’a plus de raison d’être.
        L’individualisme exacerbé (celui qui se fait au détriment de l’autre) qu’il a permis et que l’on nomme ultra-libéralisme dans sa forme la plus évoluée, a permis aussi l’apparition de l’outil convivial par excellence, Internet. Celui qui rend tout à nouveau possible pour « la société » sans que personne de « puissant » ne puisse se l’accaparer!

        Aujourd’hui, les ostéoclastes cybernétiques (autrement dit les gens qui cherchent des solutions sur le Net) s’occupent de détruire les tissus osseux inutiles des gens réels et des institutions, ils s’occupent du sort du genou historique bourré d’arthrose. Ils le rendent plus flexible, plus fluide jour après jour pour que les institutions redeviennent humaines et maniables par tout un chacun. Non plus « bureaucratiques ».
        Ca met du temps, mais c’est en route, clairement! 🙂

      11. @ Tim K

        Non, pas de compte-épargne, pas d’actifs bancaires, pas de Sicav, pas de plan-logement, pas d’assurances-vies, pas de retraites complémentaires, zéro actions, zéro parts d’entreprise.

      12. @Julien Alexandre :
        qd vous ecrivez :
        //// le cadre actuel ne permet pas d’être vertueux. Celui qui déciderait demain d’agir en ayant pour préoccupation première une certaine idée de la morale au détriment de la sacro-sainte loi du profit maximal serait balayé par les autres en quelques jours. ////
        le terme  » celui »se réfère a un pays ou une entreprise ……..mais un individu ou une famille, peut tres bien agir comme vous le prescrivez , moralement et a son seul bénéfice , tout en évitant de produire ou de consommer , c’est a dire en parasitant la structure du système et en l’affaiblissant .Il me semble qu’en partant d’en bas , de la base , une attitude qui semble egoiste peut induire une force et une dynamique vertueuse qui serait difficile(puisqu’immoral)de combattre .

      13. @ Kercoz

        Autant l’approche bottom up ou ascendante a fait ses preuves dans la science qui procède de manière empirique, autant en économie comme processus normatif, compte-tenu du fonctionnement du cadre capitaliste, je n’y crois pas un seul instant. Seule l’émergence d’institutions encourageant les comportements moraux et décourageant les comportements prédateurs peuvent permettre à mon sens d’instaurer cette dynamique vertueuse que nous appelons vous et moi de nos vœux.

        Le terme se réfère à une entreprise ici.

      14. @Tim K

        les ostéoclastes cybernétiques

        Pfouhhh… C’est pas du Teilhard là. Plutôt du Théière de Jardin… Nous v’là habillés… Pas vraiment endimanchés, plutôt à l’as de pique, mais chaudement, de gros drap quoi. Savez quoi Tim K ? Vous me faites plus grincer les jointures qu’aut’ chose. Pour tout vous dire, elles me coincent même carrément les entournures, vos tournures. Y’a un lézard dans vot’ genou.

      15. Si vous permettez une petite remarque : ce n’est pas tant la notion de marché, qui est un lieu où l’on échange des biens, que sa conception actuelle (dérégulé, spéculatif, spoliateur du plus grand nombre au bénéfice excusif et sans aucune contrepartie de quelques uns) qui pose problème.
        Ce n’est pas l’échange et la facilitation monétaire et financière qui pose problème ; c’est la folie collective qui fait passer pour « les meilleurs », les pires prédateurs dénués de scrupule et de conscience. Ici comme toujours dans l’histoire de l’humanité, il est question de dérives et d ‘absence flagrante de limites.
        Il y a toujours une certaine gradation des choses à observer ; la différence quantitative (les sommes en jeu dans « le marché » d’aujourd’hui et celui d’hier) a induit un saut qualitatif dans la non qualité ; le marché utile s’est transformé en monstre spoliateur !
        Et c’est cela qu’il faut non seulement stoper mais aussi et surtout punir ! Punir ceux qui se sont arrogé le droit de nuire en toute impunité en jouant des faiblesses humaines dans leur stricte intérêt privé !

      16. Mais non Julien, il va de soi que Tim K t’incluait avec lui dans la communauté des « ostéoclastes cybernétiques », comme il est tout aussi évident qu’il ne peut faire partie lui-même de la troupe à laquelle tu dénies appartenir avec belle conviction…

      17. @ Julien Alexandre,

        J’écrivais « …et vous aussi » pour dire que vous contribuez aussi à la destruction du modèle figé.
        Désormais, Internet, la nouvelle donne sur laquelle la société commence à s’articuler et qui rendra le cadre de moins en moins puissant (ouf!) doit être considéré comme l’outil convivial ultime. selon Ivan Illich, qui ne pouvait pas soupçonner que cet outil allait advenir un jour!).
        L’impossibilité de n’importe quelle institution existante d’avoir une emprise sur Internet le rend convivial et de fait, il permet une croissante indépendance à celui qui veut se débarrasser de son propre cadre.
        La révolution est d’abord individuelle. La somme de ces révolutions créera LA révolution.
        Il faudrait qu’un gouvernement invente le bouton on/off pour empêcher la Toile de devenir cet outil auquel je crois.
        Avec ce blog, vous m’incitez à affiner ma pensée. Je veux « faire partie » de votre club et je m’en donne les moyens en m’instruisant sur la Toile. Cet accès est libre à tous.
        Toutes les forces vives de ce monde ont toutes conscience que c’est par là que viendra le salut. Le tout est de l’utiliser correctement, ce qui prend du temps. Normal, dirais-je… Il y aura des échecs et des gens passeront à la trappe. Mais qui en est responsable, si ce n’est qu’eux-mêmes?
        Je peux essayer de raisonner mon prochain ou je peux simplement acquiescer quand il me dira qu’il est désespéré, au moins j’aurais fait mon job sur cette Terre.
        Jamais, je ne l’aurai pris de haut en sachant mieux que lui ce qui est bon pour lui, fausse considération qui fait généralement partie du discours des « puissants », ceux qui se sentent responsables…

      18. @ Vigneron

        Je crois que rarement vous avez pu ne fût-ce que tolérer mes commentaires, j’en suis navré pour vous.
        Internet permet de ne pas s’arrêter sur ce qui déplaît, c’est un peu comme à la télé, pourquoi, Dieu, continuer à regarder le programme que vous détestez?

        @ Zerodeconduite

        Le Monstre était utile, il nous a servi. Mais selon moi, il est inutile de vouloir lui faire faire marche arrière en le punissant par exemple. De un, ça a bien l’air impossible. De deux, chaque « monstre » est le résultat d’un seul et même phénomène, quand le moyen devient la fin, alors on passe de l’utile au délétère.
        Pour les gens non concernés par les postes distribués dans les rangs des hautes sphères, il est temps de passer à autre chose. Attendre qu’ils changent ou même qu’on les change, qu’on les remplace par des autres ne rendra pas le « cadre » plus vertueux.
        Le société n’a jamais été si atomisée qu’aujourd’hui, cela rend les institutions ENCORE plus puissantes et encore moins bienveillantes envers les individus car elles sont devenues leur propre fin. Comment survivre à ce qu’il se passe, se disent-elles? Elles ne prennent des mesures que pour cela: leur survie!
        Elles sentent que le vent tourne, les fuites d’Internet (leaks) n’étaient que le début. Elles le savent et c’est pour cette raison qu’elles sont devenues ostensiblement malfaisantes aujourd’hui.

        Aux questions: Ou est le ciment entre les individus? Ou est le projet de société?Ou peut débuter la nouvelle civilisation dont parle Paul Jorion? Et bien, la réponse est « ici ».

      19. @ Tim K,

        La relation humaine passe par l’échange, notamment celui de biens matériels ; il est non seulement stupide mais aussi dangereux de vouloir supprimer le marché en Le relégant au rebus de ce qui a « rendu des services mais est aujourd’hui obsolète ». C’est l’excès qui est et sera toujours obsolète.

      20. Bien vu.
        Je ne crois pas avoir dit qu’il fallait se débarrasser totalement du marché.

        Par contre, l’industrialisation qui l’accompagne et qui conditionne tous les aspects de la vie, des relations humaines, des comportements, des valeurs va un peu trop loin à mon goût…

        On vit une époque formidable où la rationnalité est au service d’elle-même. D’où la recrudescence des théories du complots car pour beaucoup de personnes, ça réenchante un peu ce monde d’une grande tristesse.
        En revanche, malheureusement, ça les rend encore plus cons…

      21. @ pArs Destruens

        On touche au coeur du débat avec votre intervention.
        Autrement dit, on pourrait considérer que la constante de l’économie capitaliste est la baisse tendancielle de la valeur d’usage au profit de la valeur d’échange.

        En fait, cette baisse tendancielle développe au fur et à mesure de nouvelles formes de privations que je dénonce implicitement.
        L’usage sous sa forme la plus « pauvre » (manger, habiter) -que cela se fasse dans une villa avec du caviar ou dans HLM avec du jambon- n’existe plus que sous la domination tyrannique selon moi de l’échange marchand. D’où la nécessité d’alimenter en énergie propre un système qu’on dénonce la plupart du temps.
        C’est vrai, je suis le « marché » aussi. Mais je m’en défends chaque jour un peu plus.

        Seule la direction du système économique peut se targuer de vivre l’unité (et non l’aliénation!) de son propre travail. Et c’est cela que j’envie.
        Elle travaille pour elle-même, elle est en contact direct avec son travail, ce qui n’est pas le cas des autres 99,99% de la population mondiale condamnés à vivre dans la séparation de ce qu’ils sont vraiment, dans l’abstraction de leur propre valeur.

  4. En huit heures au chrono, les deux millions de florins étaient tombés, la bécane démontée, la gravure détruite et tout le papelard brûlé, tout tout tout.
    – Bah alors, qu’est-ce qui n’a pas marché ?
    – Eh bah devine …
    – Ton client n’a pas casqué ?
    – Non.
    – T’as eu des ennuis avec les perdreaux ?
    – Non.
    – Alors là je vois pas.
    – 17 juin 45. Ça te dit rien, ça, à toi, le 17 juin 45 ? Eh bah le 17 juin 45, la Banque Royale des Pays-Bas a annoncé que la coupure de 100 florins était démonétisée et retirée de la circulation, bloquée en banque. Un vent de la reine Vilainemine ! Ah, je m’en rappellerai de celle-là ! A cause d’elle, je me suis farci un feu de cheminée de quinze cents millions !
    – Ils avaient le droit de faire ça ?!
    – Pauvre con ! « le droit… » Mais dis toi bien qu’en matière de monnaie, les Etats ont tous les droits et les particuliers aucun.

  5. http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20111116trib000664521/reforme-des-agences-de-notation-trop-peu-trop-tard.html

    Dans ce document , on explique que le déraillage de la réforme aurait été du « aux scandinaves « soucilleux de la liberté d’ expression des agences.
    Qui sont ces scandinaves ? Qui sont ils censé représenter ?
    Ce seul point (deprendre du caprice d’ un seul pour une question de cette urgence) devrait suffire à quitter immédiatement l’ Euro .
    Mais il faut des hommes ou femmes d’ etat d’ une autre stature pour cela, et il n’ y en a pas.
    Nous avons en revanche beaucoup d’ actrices et acteurs qui se soucient de notre contribution au réchauffement de la planète en faisant grâce au soleil de sa propre responsabilité dans ce réchauffement http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/climatologie-1/d/rechauffement-climatique-le-soleil-en-cause_12418/
    Ainsi , et maintenant ils nous font fermer nos centrales (le seul fait de dire qu’ on va les fermer, va provoquer la hausse du taux de leur financement) et nous obligeront à nous procurer des dollars pour acheter le pétrole ( http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/11/15/le-ps-et-eelv-trouvent-un-accord-a-minima-pour-les-legislatives_1604173_823448.html )
    Il y a des gens qui doivent être morts de rire à se rouler par terre en ce moment : ils le font en chinois et en anglais.
    http://www.wat.tv/video/bebe-chinois-mort-rire-1vlc2_2ey61_.html

  6. La fable qu’on nous raconte en Espagne c’est que des que le PP sera au pouvoir, les « marches » seront « rassures » et que tout ira bien mieux : le PSOE n’est pas (plus) credible aux yeux des « marches », et la « recuperation de la confiance » ne peux que passer par Rajoy a la Moncloa….
    Quelqu’un a une idee des scenarios possibles une fois le PP au pouvoir dans quelque jours ?

    1. Avec 44 pct de chômage chez les jeunes et 25 pct en général, PP ou pas cela ne changera rien.Leur logique est qu’il faut flexibiliser le marché du travail.Et ensuite on fait quoi??Si une entreprise n’a pas de commandes et de perspectives elle ne va ni embaucher ni investir. cqfd

      1. bon, donc les gens vont voter dimanche prochain en masse pour le PP (c’est couru d’avance), et au bout de 6 mois ou un an ils s’appercevront que comme tu dis que le probleme n’est pas le PP ou le PSOE, que la situation ne change pas et meme peut etre s’aggrave a cause des mesures meme prises par le PP… tout ca c’est joue d’avance ! et que va t il se passer quand tous ces gens qui avaient mis tout leurs espoirs dans Rajoy de maniere irrationnelle, vont s’appercevoir de ca ?

      2. Le pourcentage serait encore plus élevé si ‘on comptabilise les jeunes inscrits en fac; ceux-là ne figurent pas sur les statistiques, mais la plupart d’entre eux seront chômeurs. C’est pareil pour la France. C’est l’une des raisons pour laquelle on n’instaura pas de numerus clausus généralisé.

  7. (Qu’est-)ce qui déterminerait selon lui le basculement de notre système économique vers celui qui prendrait sa suite. Sa réponse : « Quand les marchés auront déterminé que l’ancien n’est plus rentable ! »

    Mais alors mais alors mais alors…

    Mais alors, comment mettre en place ce nouveau système économique, qui doit, selon ce billet – condition sine qua non – être rentable selon les marchés ? Est-ce que les marchés se mettraient à croire à la justice sociale, la hausse des salaires, la non-croissance et tout ce genre de choses très déplaisantes à l’ultra-libéralisme ?

    1. Non, les « marchés » y « croiront » ou plutôt lacheront lorsque le dogme ultra libéral aura atteint sa cible: décorticage et mort des nations.

      Les uns ne marchent pas sans l’autre.

  8. Pourquoi n’évoque-t-on jamais les suites de ces politiques ? Le pourrissement du corps social avec la criminalité sauvage qui l’accompagne toujours, la violence qui n’épargne personne, l’avenir est aux voitures archi blindées, hélicoptères pour se déplacer comme à Sao Polo, bunkers où se réfugier ? Je ne comprends pas la logique.

    1. Les très riches ultra protégés dans leurs bunkers et le reste de la population dans le merdier à s’entredéchirer. Le BIG PARTY. . .

  9. Quand les marchés ne trouvent plus la rentabilité, et qu’ils n’ont plus d’ailleurs où aller, ils déclenchent des guerres. Hitler a été amené au pouvoir par les industriels et les milieux d’affaire (Cf le cours d’histoire de ma fille en 3ième).

      1. Le capitalisme, y compris et surtout à l’agonie, mène une guerre de classes permanente.
        Comme disent Paul et son interlocuteur banquier, il faudra aller au bout du chemin pour en changer.

  10. marché contredit ou contrarié par les faits?
    d’autre part vous semblez bien au fait du système economique qui va suivre!! alors pourquoi ne l’évoquez vous pas? serait ce un secret des dieux?

  11. Superbe billet.
    Ce controle indirect, c’est pire que « Le roi s’amuse » ou que « matrix ». On dirait que nous sommes leurs souris, et qu’ils manipulent le chemin du labyrinthe en voyant si on arrive à leur rapporter des « richesses » (à leur sens) de ce côté ci, et puis non, de ce côté là.
    Changer de cadre, ce serait passer des murs du labyrinthe à un écosystème (ni ouvert ni fermé, excusez moi du kercoz (« tout doit être de nature localement distribuée », en caricaturant bien) qu’il y a dans cette proposition, ce n’est pas son seul horizon)…

    1. Les physiciens s’interrogent: au coeur d’un trou noir, dans ce qu’ils désignent sous le nom de ‘singularité’, les lois de la physique telles que nous les connaissons s’appliquent-elles toujours ? les ‘constantes’ physiques ont-elles toujours les mêmes valeurs ?
      Dans ce cas là, qu’en est-il ? http://www.bloomberg.com/quote/GGGB1YR:IND/chart

      1. Est-ce que quelqu’un aurait un article récent sur le « point de singularité », ce point où les ordinateurs sont censés prendre le pouvoir et s’auto-entretenir, et ce au détriment éventuel des humains. Je ne retrouve plus la trace de ce truc qui m’avait impressionné. Il semblerait que du côté des marchés on y est déjà.

  12. BHO vient de déclarer

    Jusqu’à ce que nous mettions en place un plan concret et une structure qui envoient un message clair aux marchés, disant que l’Europe soutient fermement l’euro et fera ce qu’elle a à faire, nous allons continuer de voir le genre de turbulences que nous avons connues jusqu’à présent, a déclaré le président américain.

    (http://www.romandie.com/news/n/_Obama_profondement_preoccupe_par_la_crise_en_Europe161120110911.asp)
    Qui peut me dire que sera ce « plan concret »?

  13. Tout change, rien ne change, les « marchés » pilotent toujours la politique.

    Renversons le processus, m’enfin !

  14. pour une fois vous vous trompez, c’est rare, mais c’est… aujourd’hui, jour d’exception. On ne peut ramener une conjoncture locale au global. Ce que font les marchés, ils mettent la pression pour donner la possibilité à la BCE d’intervenir massivement sur les emprunts décotés. Les marchés vont poursuivre l’enrichissement de la minorité au sein d’un système identique. Selon Merrill Lynch, en 2010, la croissance des revenus des 11 millions d’individus les plus riches s’élève à 9,7%. Cette population cumule un patrimoine de 42700 milliards de dollars (source : l’Express).
    Mais du coup, avec cette erreur, vous devenez plus humain, vous rejoignez les petits, dont je suis : bienvenu ! Jour historique, incarnation de l’Homme dans la communauté des hommes.

    1. L’étude 2011 de Crédit Suisse sur la richesse mondiale est sortie. Tout baigne encore pour les riches français, toujours sur le podium mondial et premiers européens en nombre de millionnaires en $ derrière les zuniens hors-concours et les japonais…
      Bon les chinois tapent à la porte et devraient rapidement grimper devant leurs voisins nippons…
      https://infocus.credit-suisse.com/data/_product_documents/_shop/323525/2011_global_wealth_report.pdf
      Abstract :

      Que réserve l’avenir?
      Malgré la crise financière qui a commencé en 2007, nous estimons que la fortune mondiale des ménages a gagné 117 billions USD entre 2000 et 2011, avec une forte progression de la part des marchés émergents. Mais que peut-on prévoir en ce qui concerne l’avenir proche? La fortune totale des ménages devrait augmenter de 50% sur les cinq prochaines années, passant de 231 billions USD en 2011 à 345 billions USD en 2016, soit un gain annuel de 8,4%. La fortune nette par adulte devrait atteindre 70’700 USD au niveau mondial en 2016, soit près de 40% de plus qu’en 2011. Selon les estimations, la Chine ravira au Japon la place du deuxième pays le plus riche au monde, avec une fortune totale des ménages de 39 billions USD en 2016, contre 31 billions USD pour le Japon. Les Etats-Unis maintiendront vraisemblablement leur suprématie dans les classements mondiaux, avec une fortune totale des ménages estimée à 82 billions USD. La France et l’Allemagne se situent clairement en retrait, avec respectivement 20,1 et 19,6 billions USD.

  15. Je croyait que l’ultralibéralisme et les marchés, c’était la même chose .
    Votre conclusion me semble un peu prématurée .
    La réaction des marchés pourrait aussi signifier : finissons-en au plus vite avec les états et la démocratie, le coup d’état technocratique est trop timide, il faut le généraliser à toute l’Europe et vite !

    1. @ Paul-Emile : .. je dois avouer que le mécontentement des marchés peut aussi, à mes yeux, répondre à votre interprétation : Moloch ne sera apaisé que lorsque nous aurons privatisé la totalité des biens publics, ce qui parachèvera le système ultralibéral …

  16. Un petit calcul me rends dubitatif…

    Le PIB de la France est d’environ 2000 milliards d’euros/an; la population active est d’environ 30 millions d’individus. Si le PIB etait egalement reparti entre tous ces actifs, on aurait un salaire d’environ 66666 euros/ans.actif= 5500euros/mois.actif. Ce serait un salaire pratiquement net car les fonctionnaire sont inclus dans la population active. Il reste a financer les retraites. Disons 1 retraite/ actif ->2750euros net/mois.retraite; 2750euros net/mois.actif.

    Dans ce systeme, il n’y a pas d’argent qui va a l’investissement. Mais on peut imaginer que les gens mettent de l’argent de cote a la banque et que celle-ci utilise cet argent pour l’investissement. Si la banque est public, on peut imaginer que les choix d’investissement sont fait de maniere democratique.

    Ca semble bien comme organisation !

      1. C’est l’origine de la crise de suraccumulation.

        La demande c’est la consommaton des travailleurs,
        plus celle des capitalistes, plus l’investissement.

        La consommation des travailleurs a été comprimée par la hausse du taux de profit.
        La consommation des capitalistes a une limite:
        deux Jaguar et deux villas ça va bien, mais plus pourquoi ?

        Les opportunités d’investissment sont réduites, faute de débouchés,
        alors même que la dynamique des « marchés », comme écrit par Paul,
        c’est la loi du profit maximum.

        Les sommes folles accaparées par la classe parasite se portent donc
        vers la spéculation sur tout et n’importe quoi, des paris aux prêts de toute nature,
        y compris impossibles à rembourser, par les privés comme par les Etats.

        Jusqu’à l’éclatement d’une crise classique de suraccumulation.
        Nous y sommes.

    1. Concernant les chiffres ( source impots gouv ) pour 36 millions de foyers fiscaux , 24 millions de salariés et 12 millions de pensionnés et retraités
      Revenu fiscal de référence par tranche (en euros)
      Nombre de foyers fiscaux
      Traitements et salaires
      Retraites et pensions

      0 à 9 400 9 064 460 4 178 016 26 715 770 064 2 948 430 23 972 369 376
      9 401 à 11 250 2 218 439 1 424 710 16 699 075 444 836 308 10 324 275 383
      11 251 à 13 150 2 324 632 1 757 780 24 315 623 476 616 018 8 280 120 468
      13 151 à 15 000 2 685 361 1 873 143 29 269 472 217 889 646 13 610 542 207
      15 001 à 16 900 2 460 705 1 739 579 30 263 738 037 813 050 13 673 732 550
      16 901 à 18 750 2 054 693 1 445 584 27 643 460 094 706 386 12 969 477 705
      18 751 à 23 750 3 827 772 2 857 591 63 362 331 551 1 222 449 24 036 070 868
      23 751 à 28 750 2 930 255 2 051 611 54 781 163 045 1 139 548 26 583 984 560
      28 751 à 38 750 3 786 143 2 816 941 94 715 618 208 1 348 921 36 868 636 046
      38 751 à 48 750 2 018 631 1 548 566 66 162 390 478 678 366 22 177 621 602
      48 751 à 97 500 2 439 511 1 904 831 112 663 324 396 741 031 29 673 777 726
      + de 97 500 579 684 452 221 51 758 447 769 131 558 6 096 335 140
      Total 36 390 286 24 050 573 598 350 414 779 12 071 711 228 266 943 631

  17. Puisqu’on parle de se rebiffer, quelques petits rappels …

    « L’honnêteté, ça se paye. »

    « L’éducation, ça s’apprend pas. »

    « – Mon cher, je sais que le dicton veut qu’on n’prête qu’aux riches… mais on n’leur prête pas à vingt pour-cent. Je n’demanderai pas mieux que d’placer votre argent dans la famille Rotschild, malheureusement…
    – Oh mon cher Maître j’vous en prie ! Entre l’Baron Edouard et un traîne patins comme Eric, y’a une marge… D’ailleurs à propos d’marge, j’trouve un peu baroque d’vous prêter à huit pour-cent du pognon qu’vous faites travailler à vingt. »

    « Faire confiance aux honnêtes gens est le seul vrai risque des professions aventureuses »

    « – Et b’en l’dix sept Juin quarante cinq la banque Royale des Pays Bas a annoncé qu’la coupure de cent Florins était démonétisée et r’tirée d’la circulation, bloquée en banque. Un vane de Madame la reine Wilhemine. A j’m’en rappellerai d’celle là. A cause d’elle j’me suis farci un feu d’cheminée d’quinze cent millions.
    – Ils avaient l’droit d’faire ça ?
    – Pauv’e con ! Le droit ! Mais dis toi bien qu’en matière de monnaie les états ont tous les droits et les particuliers aucun ! »

    http://www.michelaudiard.com/dialogues/dialoguesLecave.htm

    1. – J’t’enverrai un gonze dans la semaine. Un beau brun avec des petites bacchantes. Grand. L’air con.
      – Ca court les rues les grands cons.
      – Oui mais celui là, c’est un gabarit exceptionnel ! Si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon ! Y serait à Sèvres !

      Plus tard…

      – Comment vous m’avez reconnu ?
      – On m’avait fait un portrait détaillé.

      1. Héhé… « Portrait détaillé »… j’adore.
        C’est ça qu’y a d’bien avec les cons, les grandes lignes suffisent pour les r’connaître, pas b’soin d’rentrer dans l’détail, le démon prend pas la peine d’s’y cacher chez eux, c’est écrit en gros sur la première de couv, c’est plein fer, bille en tête, franc du collier, pis après traitement en bloc de l’exemplaire en question, avec les cons on fait dans le standard, l’universel, on s’emmerde pas avec le singulier, le personnalisé, l’optionnel, le nuancé, non non, surtout pas ! on ouvre juste la porte du corral, direction la bétaillère, pis l’abattoir, bon pour un, bon pour mille, tout pareil, du bonheur en branche et en rave pour tayloriste, bon pour la rémoulade, du pré-mâché pour totalitaire. La connerie est totalitaire.

  18. Grève générale illimitée ! (j’ai tout le matériel…dans la R16!)

    Je dédicacerai cette grève salvatrice qui vient à Coluche. Il aurait aimé être là. Enfoirés !

    Papillon


      1. Non, Albéric, ce n’est pas moi d’un battement d’aile. Ce sont tous les papillons comme moi à qui on brûle les ailes.

        Rappel:
        « Une grande journée de grève générale a lieu le 13 mai. Le lendemain, les 2000 ouvriers de Sud-Aviation (Saint-Nazaire) occupent leur usine et séquestrent leur patron. Progressivement, les occupations d’usines se multiplient dans toute la France: à l’usine Renault de Cléon le 15, le 16 c’est au tour de la « forteresse ouvrière » de Renault-Billancourt.

        La grève fait tâche d’huile en essaimant par établissement et par proximité géographique. Elle s’étend à toutes les branches d’industrie, mais aussi au commerce, aux banques et compagnies d’assurances, les enseignement, les hôpitaux, les préfectures, les mairies et même l’Office de radio-télévision française (ORTF)… La paralysie des chemins de fer est effective le 17 mai, puis c’est le tour des transports urbains. Le pays s’immobilise. Le pays est totalement paralysée. L’essence manque, les magasins ne sont plus ravitaillés. Les écoles sont fermées. Le téléphone est coupé.

        Le 17 mai, on compte quelque 200.000 grévistes et la contestation ne cesse de s’étendre. On enregistre 8 millions de grévistes le 22 mai. 9 millions environ le 25 mai. Il s’agit de la plus grande grève qu’a connue la France. »

        Grève générale illimitée mondiale ! Le début du XXIème siècle nous a été volé. Recommençons-le sainement. Point barre.

        Papillon

      2. Effectivement, les raisons d’une grève générale s’accumulent,
        et sont déjà beaucoup plus importantes qu’en 68.

        Les conditions sont déjà beaucoup plus favorables:
        – la prise de conscience de la nécessité de « sortir du cadre »
        est encore minoritaire, mais progresses chaque jour,
        et pousse de l’indignation à la révolte.
        – les politiciens gauche caviar tonnent contre la grève générale,
        (ils ont réussi à casser la construction de celle-ci lors du tous ensemble retraites)
        mais ils ne contrôlent plus les jeunes et de moins en moins les travailleurs.
        – enfin et surtout la mobilisation, de plus en plus anticapitaliste,
        concerne de plus en plus de pays, en Europe et sur tous les continents désormais.

      3. Grève générale illimitée mondiale !

        Je tente une préférence personnelle et vous me dites si on peut signer un appel commun.

        Grève générale illimitée, autogestionnaire et internationale

      4. Evidemment, c’est encore plus clair quant à l’alternative comme cela:
        l’autogestion, autrement dit la démocratie qui sort de la cage (les urnes).

        Mais pas besoin de signer,le chemin du soulèvment se trace dans l’indignation,
        dans le rassemblement, dans l’organisation des résistances de tous le jours.
        Il faudra attendre des mois, mais sans doute pas de nombreuses années
        avant un embrasement général contre le capital et ses serviteurs,
        au moins à l’échelle de l’Europe.

  19. Tout n’a été mis au point, en effet, que pour une rentabilité maximale. Votre banquier n’a pas inventé la poudre.
    Reste à trouver, pour eux, un « nouveau système ».
    Alors que la nouveauté serait de ne pas vouloir faire du maximal, mais du raisonnable.
    Et pour cela, il faut les contraindre. Ou les supprimer.

    En attendant, l’ordolibéralisme règne en maître :
    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111115.REU2887/la-city-de-londres-assigne-en-justice-les-indignes-de-st-paul.html

    1. Eh oui ces indignés que d’aucuns disaient bien trop gentils. En fait il gênent. Ils n’ont pas de chef, pas de parti, voilà l’ennemi !

      1. L’indignation pour Aristote.

        L’opposé de la pitié, c’est principalement l’indignation ; car il y a opposition entre la peine que nous cause un malheur immérité et celle que, dans un même sentiment moral, nous éprouvons à la vue d’un succès immérité ; et dans les deux cas ce sentiment est honnête;

        Aristote. Rhétorique, livre II, ch.9 « De l’indignation »

      2. Et l’indignation pour Spinoza ?
        Entretiens avec le spinoziste Alexandre Matheron (juin à septembre 1997…) :

        (…) L. B. : Sur la base de la logique de l’imitation, vous parlez de la productivité politique de l’indignation..
        ALEXANDRE MATHERON : Oui c’est quelque chose à quoi je n’avais pas du tout pensé au début. J’avais bien été frappé, mais je l’avais refoulé en quelque sorte, par ce que dit Spinoza au début du chapitre VI du Traité Politique  : les hommes vivront toujours en société politique parce qu’ils se rassemblent soit sous l’effet d’une crainte commune, soit pour venger un dommage subi en commun ; or les hommes craignent toujours la solitude, donc etc. ; et pour justifier cela, Spinoza renvoie au passage du chapitre III où il avait dit que les hommes se groupent, non pas du tout pour former une société politique, mais au contraire pour renverser un gouvernement très mauvais, lorsque la crainte que ce gouvernement leur inspire se change en indignation. J’y avais fait une petite allusion dans Individu et Communauté, à propos des insurrections populaires contre les rois : j’avais dit que, lorsque le souverain exagère un peu trop, les sujets, sous l’influence de l’indignation, se regroupent contre lui « selon un processus analogue à celui du contrat social » (de ce que j’appelais le contrat social, qui n’était pas un contrat), mais je n’y avais pas insisté. Puis je suis revenu là-dessus. On m’avait reproché, en effet, d’avoir reconstitué une genèse théorique de la société politique en faisant totalement abstraction de la raison, du calcul etc. ; or, en réalité, je n’en avais pas fait tout à fait abstraction ; et en y réfléchissant, je me suis aperçu qu’effectivement, si on fait intervenir l’indignation (ce que je ne faisais pas à ce moment là) on peut vraiment faire totalement abstraction des calculs utilitaires. Car dans l’état de nature, dans la mesure où les hommes sont capables d’éprouver de l’indignation, il n’y a jamais simplement un homme qui lutte avec un autre pour le dominer ou pour lui prendre ce qu’il a : il y en a d’autres qui interviennent, qui « se mêlent de ce qui ne les regarde pas » en quelque sorte ; et selon la ressemblance qu’ils peuvent avoir avec l’un ou avec l’autre, ils prennent parti pour l’un ou pour l’autre par indignation contre son adversaire ; et en définitive, c’est de cette façon qu’on peut expliquer que, sans aucun calcul, une société politique embryonnaire se forme.
        L. B. : Ne considérez-vous pas que Spinoza, comme Machiavel, pense qu’il y a une mémoire de la liberté ?
        ALEXANDRE MATHERON : Oui, bien sûr..
        L. B. : Mais à ce moment là il y a une indignation positive possible ?
        ALEXANDRE MATHERON : Oui et non, car il ne faut pas confondre l’ affect d’indignation et ce à quoi il nous conduit éventuellement. Je pense évidemment que Spinoza pourrait très bien être favorable à une révolution ; mais de toute façon, il l’a dit, l’indignation est toujours mauvaise en tant qu’affect : elle est nécessairement mauvaise pour ceux qui l’éprouvent, puisque c’est une forme de haine ; et pour la société, quels que soient les résultats positifs qu’elle entraîne, il y a toujours une contre-partie très lourde.
        L. B. : Lorsque Spinoza écrit dans l’ Ethique IV proposition 51 que l’indignation est nécessairement mauvaise, on a l’impression que c’est à regret qu’il dit cela ; et en même temps c’est pour, de ce point de vue (et c’est ce qui est curieux), y opposer une conception idéale, abstraite, de l’autorité supérieure… Peut-on prendre les deux positions vraiment à la lettre, c’est-à-dire l’indignation mauvaise d’une part, et cette « abstraction » d’autre part ?
        ALEXANDRE MATHERON : Oui, on le peut. Spinoza nous dit que, « lorsque » (il faut insister sur « lorsque ») le souverain punit un délinquant par désir de maintenir la paix dans la Cité, il n’est pas motivé par l’indignation, mais par la pietas, c’est-à-dire par un désir né de la raison. Il y a bien là une abstraction, et sans doute même une certaine ironie ; car Spinoza sait bien que les motivations des souverains et des juges sont souvent très différentes. Mais c’est aussi une vérification a contrario de sa thèse ; car « lorsque » il arrive que des juges soient motivés par l’indignation cela risque d’entraîner des erreurs judiciaires énormes, et c’est donc très mauvais
        L. B. : Ne pensez-vous pas qu’il y a une évolution chez Spinoza sur cette question de l’indignation ?
        ALEXANDRE MATHERON : De l’ Ethique au Traité Politique  ? Non, je n’en vois pas la moindre trace. De toute façon, quand un régime est remplacé par un autre sous le coup de l’indignation, ça a toujours des effets négatifs, même si par ailleurs le résultat final est plutôt bon ; et s’il est plutôt bon, cela vient toujours de ce qu’il n’y a pas eu uniquement indignation, mais aussi des affects positifs (enthousiasme pour la liberté et la justice, amour de la patrie etc.), et en même temps beaucoup de réflexion. Il est vrai que Spinoza ne s’est pas beaucoup expliqué là-dessus. Mais il dirait certainement que l’indignation amène forcément des retombées, ne serait-ce que parce qu’elle s’en prend aveuglément à des gens qui ne sont pas vraiment les responsables, et que cela laisse des traces. Et il dit en tout cas, au chapitre V du Traité Politique, que si l’on ne s’en prend qu’à des gens, on supprime tout au plus des tyrans sans supprimer les causes de la tyrannie, qui sont institutionnelles. Je pense donc qu’il aurait sans doute approuvé la Révolution française, mais certainement pas les massacres de Septembre : il n’aurait fait aucune différence entre eux et le massacre des frères De Witt. Mais, bien entendu, Spinoza sait très bien aussi qu’on ne peut pas supprimer l’indignation tant qu’il y a des causes qui la suscitent, et qu’il faut donc « faire avec ». Je pense que, pour lui, c’est une sorte de tare originelle de la société politique, qu’on peut simplement neutraliser le plus possible. C’est évident dans les constitutions du Traité politique  ; elles tendent à faire en sorte que les hommes soient motivés par des sentiments positifs et que l’indignation joue le rôle le plus petit possible – qu’elle se transforme en une indignation non plus contre des gens déterminés, mais en une indignation abstraite contre ceux qui méritent d’être punis en général, quels qu’ils soient, sans acception de personne. Mais que l’indignation soit ou non abstraite, de toute façon, c’est le péché originel de l’Etat. (…)

        http://multitudes.samizdat.net/A-propos-de-Spinoza

    2. Et les indignés de NY interdits de camping, revenus encore plus nombreux pour manifester.
      Et les indignés de la Défense, évacués ce matin. Vont trouver encore mieux et plus fort.

      Jusqu’où s’arrêteront-ils, comme disait Coluche ?

  20. Tiens depuis qq jours c’est l’euro qui baisse.
    Attention les USA et la Chine vont se rebiffer
    Cameron va s’étrangler
    et Merkel va planer encore plus haut

  21. Friedmann prévoyait qu’il n’y aurait personne en dessous du seuil de pauvreté :

    p331 (Les grands auteurs de l’économie, Hatier) : Son libéralisme ne le conduit toutefois pas à nier tout rôle économique à l’Etat. Celui-ci peut mener une politique redistributive. Friedman prend ainsi position en faveur de l’impôt négatif….Si un individu dispose de ressources inférieures au seuil de pauvreté, l’Etat doit lui verser une allocation différentielle etc…

    ainsi tout individu quelle que soit sa situation de départ, aurait des ressources au moins égales au seuil de pauvreté.

    Nous sommes dans du sous Friedmann, en fait, puisque le RSA est à 1/2 du seuil de pauvreté. C’est la moitié.

    Combien coûte 1 million de RSA ? 410 millions par mois, 4,920 milliards par an… ce n’est pas beaucoup il me semble, au regard du PIB. Sachant en plus que tout cet argent retourne à l’économie sous forme de dépenses.

    1. Absurde: le seuil de pauvreté c’est 60 % pour l’Union Européenne- 50% pour la France…-, du revenu médian (autant de gens en-dessous qu’au dessus). Qu’on le veuille ou non: il existe!

      1. J’avais un doute sur la fabrication statistique… médian, moyenne etc.

        wikipédia :

        « … la médiane est la valeur qui permet de partager une série numérique ordonnée en deux parties de même nombre d’éléments, se distinguant de la moyenne …  »

        Je pense que si l’on augmente le revenus des plus pauvres, il restent en dessous du revenu médian, celui-ci ne varie donc pas, et il est donc possible de ramener tout le monde au seuil de pauvreté et pas certains à la moitié de celui-ci.

        La médiane ne dit rien sur l’écart-type.

      2. @Lisztfr

        Erreur d’analyse.

        Le seuil de pauvreté, c’est la MOITIE du revenu médian: si l’on ramène les plus pauvres vers le revenu médian, certains sortiront du seuil de « pauvreté », ceux dont le revenu est inférieur ou égal à la moitié du revenu médian. Même si la médiane n’est pas modifiée, car aucune personne située en-dessous ne passerait au-dessus.

        La médiane est cependant, en général, un bien meilleur indicateur que la moyenne (qui signifie encore moins » quelque chose »).

      3. @Bruno :

        Hmm.. j’ai des doutes !

        Le seuil de pauvreté, c’est la moitié du revenu médian.

        Quoi que l’on bidouille en dessous du revenu médian, les gens restent en dessous de ce revenu (je suppose) donc, le revenu médian lui, ne bouge pas. Ils peuvent être tous à 99% du revenu médian, celui-ci reste intacte.

        Or la moitié du revenu médian reste elle aussi, la même.

        Que l’on dispose les gens par rapport à cette moitié du revenu médian comme on veut, elle ne bouge pas, étant une variable purement algébrique.

        Donc, il est très possible de ramener les gens au-dessus de ce seuil de pauvreté enfin c’est comme ça que je le comprends….

      4. @lisztfr

        Je suis d’accord avec vos dernières précisions.

        Ce qui change, si on augmente les revenus des plus pauvres, c’est simplement le nombre de gens qui se retrouvent au-dessus du seuil de pauvreté. Pas ceux au dessus de la médiane.

        Enfin, bon, il y a une autre manière de diminuer le nombre de pauvres: mettre arbitrairement la barre plus bas, à 50% du revenu médian, comme la France (au lieu de 60% pour la moyenne européenne) 😉

  22. Sauf si j’ai mal lu la note, ça ne me semble pas si évident que les marchés votent contre une solution « ultralibérale » (qu’elle soit ou non la solution).

    Il me revient en mémoire un bout de conversation avec un opérateur de marché qui me disait que l’Europe actuelle, de part sa construction, ne pouvait pas apporter une réponse cohérente à la crise.
    Le monde politique européen ne semble pas vraiment près à faire face aux conséquences d’une sortie de la Grèce de l’euro, à un défaut de l’Italie…Le FESF n’est toujours sur les rails et la BCE se refuse à jouer les pare feux. Rien de solide ne semble en place pour éviter la contagion. C’est peut-être contre cet état que votent les marchés plutot que contre une solution « libérale ».

    1. Bien sûr :pour exploiter et pis : qu’ils mangent de la brioche, non?
      La règle c’est celle de la valeur.
      Accrochez-vous de la Bastide, ça va secouer !

  23. Que faut-il en conclure ? Que la potion n’est pas encore assez dure ou qu’au contraire les désordres, les émeutes qui risquent de se produire sont un handicap pour les bénéfices attendus et qu’il aurait fallu que les politiques soient plus adroits pour asservir les populations ?

  24. Chèr et estimé prof. Jorion,

    La faillite du Consensus de Washington étant impressionante et totale en Amérique Latine, dorénavant il y aura très peu des Européens qui s’en douteront.

    Si je vous ai bien compris, votre père était, comme vous même l’êtes, un lutteur pour l’Europe des gens vivant en dignité, et non pour une Europe d’une minorité des (grands) marchands vivant en ‘gated communities’.
    C’est bien sûr cette dernière réalité amère, qui règne toujours le cotidien de tous les jours de pas mal des gens essayant de survivre en Amérique Latine.

    Nous vivons actuellement une ‘Latino-Américanisation’ exponentielle en Europe, qui nous touchera tous, sauf, peut être, les Suédois, Norwégiens, Finlandais, Danois et les Icelandais, grâce à leurs très fortes et puissantes organisations syndicales et coopératives, qui ont été , depuis les années 1930, toujours une défense effective contre les attaques systémiques de Von Hayek, comme formulées entre autres dans son « Road to Serfdom » qui était la lecture-de-lit du couple Ronald Reagan et Margareth Thatcher.

    Alors, qu’est-ce qu’on pourrait apprendre de nos soeurs et frères en Amérique Latine, luttant depuis longtemps et très souvant OUBLIE(E)S, et NEGLIGE(E)S par les Européens, contre les deux attaques systemiques provenant des Etats Unis, c.à.d., la guerre du Consensus de Washington d’un coté, et de l’autre coté la très sale et très secrète guerre de drogues?

    (Lire: Cocaïne, Global Histories. SUNY New York, M. prof dr Paul Gootenberg, y compris les liens profonds avec les Pays-Bas, Amsterdam, où se trouvait l’usine plus grande du monde de la cocaïne, utilisant les entrées des plantations des feuilles de Coca étatiques Néerlandaises en Indonésie colonialisée, fermée pendant Bretton Woods, comme trade-off avec les Américains pour garantir leur support militaire à une récolonisation de l’Indonésie après 1945, lire: Mme prof dr Francis Gouda, American Visions of the Netherlands East Indies, utilisant des documents récemment publiés par la CIA).

    Alors: on peut apprendre de l’Amérique Latine que la colère des peuples puisse être mobilisée pour le bien-être de tout le monde, à condition qu’on s’organise. Alors: une « Suédisation » de l’Amérique Latine… culminant vers les procesos participativos presupuestales à Porto Alegre (Rio Grande del Sur, Brasil) et puis répandus en tout Brésil en en Colombie, particulièrement.

    Si vous me permettez, je vous propose de nouveau d’aller au Brésil, où la très courageuse (3 ans en guerille, ensuite 3 ans emprisonnée et torturée) présidente Dilma Rousseff vous attend.
    J’estime que vos capacités analytiques et humaines doivent être présentes auprès de Mme Rousseff, grande défendeuse des procesos participativos presupuestales, et également personne clé dans les visites (discrètes) de Christine Lagarde à elle.

    Voir aussi:
    http://m.engineeringnews.co.za/article/brics-favor-imf-bilateral-deal-to-help-europe-brazil-2011-11-14
    http://diariodobancario.blogspot.com/2011/02/atualidade-do-projeto-democratico.html

    Bien à vous, et à vous tous!

    1. « Road to Serfdom »

      N’en déplaise aux mannes de Von Hayek, pour les populations l’application des politiques ultra-libérales conduit de façon imparable à l’esclavage. Je ne dit pas politiques libérales, je dit bien ultra-libérales qui sont aussi éloignées d’un libéralisme authentique, qu’un éléphant peut l’être d’un ornithorynque.

      1. Heeeu… Non, Joan.
        Le libéralisme est un mirage et même mieux, un rêve qui est cultivé par les US dans leur PROPRE intérêt.
        Etre libre signifie, pour eux, juste gagner plus d’argent que les autres.

        Le libéralisme est définie par une recherche de « liberté » (plus le fric qui va avec…) alors qu’elle n’est que vouloir les avantages sans les inconvénients.
        Au détriment des autres.
        « il y en aura qui seront plus égaux que les autres… » Coluche.

        Le liberalisme doit être combattu partout et en permanence en rappelant simplement que les Devoirs DOIVENT exister.
        Alors que les libéraux transforment la notion de devoirs en se réclamant opposés à l’esclavagisme physique et à la dictature.
        Ils biaisent ainsi la pensée, comme à leur habitude.

      2. @ yvan

        Le liberalisme doit être combattu

        En ce qui me concerne je suis pour la liberté des individus, mais tempérée par les principes d’égalité et de responsabilité .
        La liberté du renard dans le poulailler conduit à une société invivable.
        L’ égalité à tout crin, ou pas une tête dépasse, conduit aussi à une société invivable.
        L’irresponsablité conduit à des comportements préjudiciables pour autrui.

        Donc essayons de combiner liberté, égalité et responsabilité. Et si nous y ajoutons la fraternité alors ce sera encore mieux.

      3. Chèr Joan,

        Exactément! Comme le formulait Immanuel Wallerstein en grandes lignes:

        « Jusqu’ici, des trois slogans de la révolution Française: Liberté, Egalité et Fraternité, seulement la Liberté s’est bien établi dans les pays capitalistes, tandisque les pays comme l’USSR et la Chine ont essayé d’appliquer l’Egalité.
        Mais, jusqu’ici jamais dans l’histoire humaine on a appliqué au même moment Liberté, Egalité et Fraternité (je préfère Solidarité pour neutraliser le mot macho-masculin).

        J’ajoute à Immanuel Wallerstein que cette application simultanée en trois, implique, je suis d’accord avec vous, la Responsabilité, individuelle, et sociale.

        (Re: les mots sages du prof Jorion sur l’Evangile de Luc, et le Royaume de Dieu).

    2. Dilma Rousseff, celle qui parle de privatisation?

      Il y a un excellent dossier dans le monde diplomatique de ce mois de novembre sur la gauche, en Europe et en Amérique du Sud.

      1. Chèr Baric,

        Je ne sais pas de quelle privatisation au Brésil vous parlez, alors, c’est difficile pour moi de réagir à votre remarque.

        Ce n’était pas difficile de lire l’article dans le Monde Diplomatique. Franchement: je suis déçu par la qualité de cet article, qui ne mentionne même pas le changement important au Danemark, ne dit rien sur les développements en Suède, au Norwège et au Finlande, qui ne mentionne pas du tout ce qui se passe dans le mouvement urbain progressiste en Colombie, et qui ne dit rien sur l’importance des processos participativos presupuestales en Amérique Latine, une invention du Brésil, qui s’ajoute à la démocratie représentative et la supplémente.

        http://www.monde-diplomatique.fr/2011/11/HALIMI/46895

        Bien à vous!

  25. Paul

    Une question indirectement à votre fameux banquier :
    Pour LeMarché, qu’il change de système pour « plus rentable » une fois le citron bien pressé ?
    Quel pourrait être ce système « qui prendrait la suite » ? Dans leur logique DesMarchés?

    1. Estimé Philippe,

      Je me permets de compartir avec vous quelque chose de mes expériences en Amérique Latine depuis plus de 30 années, avant ou au même moment que le prof. Jorion donne sa réaction à vous.

      « Le citron bien pressé »: cela regarde le niveau ‘visible’ du tissu socio-économique.

      Après, mieux dit déjà pendant cette phase viendra la période presque in-visible, c.à.d. les tissus socio-économiques sousterrains.

      Cela regarde le vol des terres des petits fermiers par les ‘grands’ marchands en drogues, l’emprisonnement esclaviste des petits fermiers aux alentours, les obligeant de travailler pour les ‘grands’ aux plantations ‘illégales » (c’est quoi cela? plantations illégales? la même question pour les refugiés illégaux?), in-volontairement, mais forcés par les armes.

      La chaine continue avec les usines actuellement ultramodernes et MOBILES, de fabrication de drogues. Cela continue avec les transports, en Europe (via Bresil et l’Afrique de l’Ouest, lire les rapports récents de http://www.unodc.org/ ) aux Etats Unis via Panama, Guatemala et Mexique, et en Asie et en Océanie notamment via le Nigéria et Singapore.

      Les courants financiers liés à ces mouvements sont organisés par les mêmes institutions financières mentionnées ici au BLOG (je ne mentionne aucun nom pour des raisons juridiques), et très souvent protégées par le traité de Vienne, c.à.d. l’immunité du courrier diplomatique.

      Un très petit coin du voil a été levé par le très courageux Seth Freedman, ancien collobarateur d’un fonds à Londres, et maintenant journaliste pour The Guardian en Israël. Lire: http://www.penguin.co.uk/nf/Book/BookDisplay/0,,9780141043647,00.html .

      C’est pour cette raison AUSSI que j’ai écrit ici et ailleurs que l’Europe se trouve dans une période de Latino Américanisation, et qu’il est l’heure, beaucoup même, de nous solidariser avec les pauvres là-bas et d’accepter leurs sagesses, leurs solidarités et, très important pour tout l’humanité, leurs stratégies CONTRE les (sémi-)dictatures, comme par exemple en Chine.

      Pour moi c’est sûr: ou bien vivre sous le dictat du parti communiste de la Chine, ou « bien vivre » (un élément de la lutte politique des peuples indiens en Amérique Latine, disant ‘buen vivir’) style Brésilien.

      Seulement par la voie d’un approfondissement de la démocratie, nous pourrions échapper de la misère, y comprise la misère mentale inviduelle et sociale qui très souvent accompagne les crises financières et de la domination de la cupidité et ses addictes.

      Bien à vous tous!

  26. Eh ben moi je vois plutôt une grosse baston entre les tenants du système (US, CITY, Hedges Funds, Notateurs, dollar…) et la construction Européenne.

    Parce que basiquement l’Europe est plus solide que les US. Et ces derniers ont tout intérêt à une implosion du système UE.

    Même s’ils s’en défendent.

    Diviser pour régner. Relisons « le Prince ».

    La stratégie vient toujours d’une position supérieure (B. Fischer)

    1. Chèr Mike,

      Quant à moi, votre remarque est très adéquat, et ne contradit pas du tout les mots du prof. Jorion, nous passant la sagesse des paroles de son père.
      Même si ‘basiquement l’Europe est plus solide que les US’, comme vous le dîtes, il ne faut pas oublier les remarques du prof Jorion que cela regarde maintenant une Europe des marchands.. Et la solidité des machands est assez fragile… dans le temps.

      Je vous rappelle que les referendums en France et aux Pays-Bas ont bien montré la colère des gens vis-à-vis l’Europe « limitée » comme définit dans les traités de Maastricht et d’Amsterdam.
      Malheureusement ces colères ont été exploité par des petits esprits politiques, ou même par des populistes « bien marchés » et xénophobes, nous donnant les gouvenements que nous avons en France et aux Pays-Bas, où je vous rappelle de cette réalité affreuse, un gouvernement de coalitions de droit minoritaire est « toléré » par un parti des racistes, des xénophobes anti-refugiés et des destructeurs de l’Europe.
      (voir http://www.pvv.nl/, nous appelons le « Führer » de ce parti, Geert Wilders, monsieur PerOxyde pour ses cheveux blondés… comme monsieur est partiellement d’origine Indonésienne, et cache cette réalité, et comme monsieur est mariée à une Hongroise, ayant deux passeports, que le Führer a condamné aux parléments néerlandais et euopéens.. Chèrs lecteurs, vous me suivez encore?)

      Evidemment il y a des cercles puissants aux Etats Unis (et en Grande Bretagne!) qui ont un grand intérêt pour affaiblir l’Europe et pour la divider, comme vous dîtes avec grande raison.

      Mais, cela ne marchera pas, comme les syndicats ouvriers en Europe ne le permettront pas

      Alors, si nous vous suivons avec votre dictum de Fischer, que la stratégie vient toujours d’une position supérieure, je vous propose de nous donner votre opinion sur la proposition d’aller chercher des alternatives qui pourraient nous libérer de cette préscription horrible de Machiavelli qui vous citez, et de « Nous Organiser Mieux pour Régner et Vaincre la Division ».

      Souvenons nous le sort tragique et triste de Machivelli, effectivement transformé d’un acteur dans un victime comme conséquence de ses propres paroles.

      Bien à vous tous. JL

      1. Ouille ouille ouille.
        Beste mr Leestemaker.
        Graag lees ik uw contributies aan deze blog; informatief zijn die zeker. Maar, met alle waardering voor uw interventies, dat steenkolenfrans waarin deze nuttige informaties verwoord worden, tja, het lezen daarvan vergt de nodige moed. Is er dan geen ‘native speaker’ onder uw kennissenkring, die Uw pennenvrucht zou kunnen herlezen?

      2. @ J.A.
        Julien, vous me voyez rouge de confusion. Moi qui pensais pouvoir interpeler Johan dans un idiome connus de nous seuls, me voici nu 😀

        Mais bon, vous aurez donc compris que mon estime pour ses contributions n’en est pas moindre.

      3. 🙂

        Merci pour les mots de critique et d’encouragement.

        Je me trouve dans la position d’un exemplaire de la voiture Daffodil produite aux Pays-Bas il y a beaucoup d’années, et absorbée par Volvo (le fameux 340..).. utilisant les pédales de frein et d’accélérateur au même moment: c’est un psycho-shock qui pourrait me reveiller!

        Je ferai encore mieux mon mieux pour éviter que l’Espagnol interfère avec le Français que je me rappelle d’il y a tant d’années (25 pour être précis).

        T.à.v., JL

  27. Deux éléments : un qui confirme la chute en cours et un autre qui confirme celle qui viendra éventuellement après 2012.

    Le système social français un peu moins redistributif qu’il y a vingt ans
    On le savait déjà mais c’est l’INSEE qui le confirme …

    L’équipe de François Hollande dévoilée
    Pierre Moscivici, directeur de campagne, Manuel Valls à la communication, Daniel Vaillant mandataire, Michel Sapin au ‘projet présidentiel’ (sic), Jack Lang, etc etc etc.
    Sans compter les consultations spéciales avec Lionel Jospin et Michel Rocard.

    On n’a oublié personne ?!!
    Allez, toutes les places sont pourvues, le bus socialiste repart … vers on ne sait où.
    (spéciale dédicace : dans les 20 thématiques présentées, pas une seule sur … l’économie, ou la monnaie, ou la finance : Garglll !!)

    1. Le « putsch » n’est pas le bon traitement à l’addiction des marchés.
      La solution serait de faire entrer la bourse en milieu hospitalier et saisir les dealers (Paradis F).
      Brève de comptoir.

  28. Selon une théorie développée par un article d’ATTAC sur le site du Monde.fr, « la rigueur n’est pas une erreur mais une stratégie ». Dès lors, si les taux continuent de monter, ce n’est pas que les marchés sont mécontents, mais qu’ils pensent qu’on peut aller toujours plus loin dans la déconstruction du droit du travail : hausse des taux implique nouveau plan de rigueur, nouveau plan de rigueur implique nouvelles suppressions d’acquis sociaux. Quand cela s’arrêtera-t-il ? Quand les travailleurs européens travailleront cinquante heures par semaine pour un salaire de misère, sans couverture sociale et sans moufter, comme tout le monde !

    Un grand merci aux auteurs et aux commentateurs de ce blog passionnant.

    1. Seule limite à cette réflexion (mais cela se trouve il n’y ont pas pensé eux même). Produire…. pour qui, si il n’y plus que des esclaves ?

  29. Une des choses particulièrement perverse dans la transformation des sociétés par l’ultra-libéralisme, c’est qu’en cassant tous les systèmes de redistribution fondés sur la solidarité, elle transforme chaque individu en son propre bourreau.
    Exemple:
    Vous faite tout pour fiche en l’air les systèmes de retraite par répartition, c’est en bonne voie.
    Il suffit d’augmenter sans fin les durées de cotisations, et de reculer indéfiniment l’âge de la retraite, et vous dites hypocritement que vous faites cela pour sauver le système, la gauche molle et les syndicats font des ronds dans l’eau en pédalo et regardent ailleurs.
    Les gens voyant le montant effectif de leurs pensions fondre puisqu’en moyenne ils n’auront pas les annuités, finiront par être mûrs pour cotiser à des systèmes par capitalisation.
    Là vous arrivez avec votre programme de fonds de pension et le tour est joué.
    Ensuite lorsque toutes les retraites seront gérées par des fonds de pensions, ces fonds vont spéculer sur les marchés et demander des ROE de 15%. Conséquence les entreprises se restructurent, licencient, délocalisent, robotisent pour augmenter la productivité et les dividendes de ses actionnaires, le chômage augmente, les déficits publics augmentent, et vous salarié subissez plan de rigueur, sur plan de rigueur, qui au nom de l’équité, finira par vous aligner sur la condition du travailleur chinois.
    Elle est pas belle la vie, on prétend (les capitalistes financier , les technocrates, la bourgeoisie riche), oeuvrer pour votre bien, en fait on vous met en situation de vous auto-exploiter, et de générer toujours plus de profits pour ceux qui vous ont mis dans cette roue de hamster infernale.
    Wake Up! il faut briser ce cercle vicieux totalement contraire à l’intérêt de la population, sans quoi c’est un mélange de 1984 et de Meilleurs des Mondes qui nous attend.

    1. D’accord; j’ajoute, au niveau des comportements au quotidien, l’arrivée massive de marchandises produits dans des pays à bas coût, textiles , informatique et autres, le consommateur y gagne ( et encore pas toujours vu la qualité ) et le travailleur y perd ( délocalisations et fermetures de centre de production ) : pour reprendre une expression lapidaire mais bien trouvée: de la camelote fabriquée par des esclaves et vendue à des chômeurs! ( c’est du MLP, hélas! )

    2. En résumé, avec les retraites par capitalisation, les retraités sont des ennemis des actifs, et ces derniers, soucieux de leur retraite, se font ennemis des sans-emploi.

      La retraite par capitalisation est très logiquement un dispositif clé de l’éradication de la sécurité sociale, un processus pointé de plus en plus souvent comme une cible privilégiée par la droite, y compris le gestionnaire du fonds souverain chinois. Supprimer la sécurité sociale, c’est le prochain réservoir de profit, une « variable d’ajustement » prometteuse pour le rendement financier.

      Les marchés ou les peuples, titrait Paul.
      La bourse ou la vie, version XXIème siècle.

  30. « des gouvernements d’unité nationale dirigés par des banquiers »…
    Il faudrait un jour penser à changer ce terme, non ? L’unité nationale, c’est la dictature ?

    1. L’unité nationale, c’est : « ça va faire mal, et quoi que vous votiez, ça revient au même ». C’est pour ça qu’il y a certains partis qui n’aiment pas trop ça, l’unité nationale… Oui, c’est la dictature. Mais pas la dictature des marchés, la dictature du « libéralisme »… Oui oui vous avez bien lu, le libéralisme est une dictature. Ou comment une chose produit son contraire…

  31. Bientôt l’extinction de l’espèce humaine incapable de se maitriser..
    Les autres espèces vont être soulagées ..

      1. Si l’on considère le budget fédéral des Etats-Unis comme celui d’un ménage, les choses s’éclairent. Il suffit d’enlever 8 zéros pour avoir un budget qui signifie quelque chose pour chaque citoyen :
        Revenu familial annuel (impôts sur le revenu) : + 21 700
        Dépenses familiales (budget fédéral) : + 38 200
        Nouvelles dettes sur la carte de crédit (dette nouvelle) : + 16 500
        Bilan des dettes passées sur la carte de crédit (dette fédérale) : + 142 710
        Réductions budgétaires déjà réalisées : – 385
        Objectif de réduction budgétaire de la super-commission (pour une année) : – 1 500

        C’est un extrait du GEAB59 sur le déficit américain que je trouve très parlant. Et une indication sur le blocage mortel des institutions américaines face à une crise d’une ampleur inédite…
        Le grand malade, c’est les Etats-Unis (qui risquent d’entraîner tout le monde à leur suite), ce n’est pas l’Europe..
        Je pense que la stratégie qui consiste à gagner du temps en Europe est la bonne. S’ils pouvaient se casser la figure avant nous, ce serait bien. C’est à eux d’assumer la catastrophe actuelle ce ne serait que justice (maigre consolation malgré tout…).
        Et tant pis pour les putsch antidémocratiques en Grèce et Italie, on règlera nos comptes plus tard… La « rue » a du pouvoir en Europe (quand elle le veut vraiment..).
        Et puis en dernier ressort il y a encore un éventuel QE européen… Les américains vont y avoir droit, aucun doute là-dessus et dans les grandes largeurs (et nous aussi, mais juste après HAHAHAHA)…

  32. Apparemment, cet article a été retiré du moteur de recherches du journal Le Monde:
    Goldman Sachs, le trait d’union entre Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos
    LEMONDE.FR | 14.11.11 | 18h57 • Mis à jour le 15.11.11 | 13h20
    La banque d’affaires américaine Goldman Sachs retourne à ses racines : l’Europe.

    Londres, correspondant – Qu’ont en commun Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos ? Le nouveau président de la Banque centrale européenne, le président désigné du conseil italien et le nouveau premier ministre grec appartiennent à des degrés divers au « gouvernement Sachs » européen. La banque d’affaires américaine a en effet tissé en Europe un réseau d’influence unique sédimenté depuis des lustres grâce à un maillage serré, souterrain comme public.

    ¡…]

      1. Oui, c’est bizarre. Je l’avais copié dans mes documents, et je ne suis pas arrivé à le retrouver à l’aide de la fonction « recherche » du journal. Je me suis acharné pourtant… 🙂

  33. C’est un problème de maths
    Les numéros sont têtus.
    Plus têtus que les grosses têtes Hayek-Friedman, et les trois adorateurs de la Troïka.
    La dette est impayable et dans les caisses fortes, comme les poches, se balancent les aragnes sur la toile. La seule chose à obtenir son des intérêts. Les mouches.

  34. @Paul Jorion L’anecdote de la fin de votre billet m’a rappelé la phrase attribuée à Voltaire: « si vous voyez un banquier genevois se jeter par la fenêtre, suivez-le. Il y a très certainement quelque chose à gagner »

  35. C’est bien évidemment cela.
    Les »marchés » ne sont pas des personnes, mais c’est, comme vous l’écrivez, la loi du profit à court terme.
    J’imagine que cela sera toujours ainsi.
    Seulement, si on décidait que la monnaie ne puisse plus disparaître dans la trappe, le fonctionnement des marchés serait très fortement modifié.
    En effet, si « on » ne pouvait plus se dégager sur des positions hyperliquides (la fuite des capitaux signifie essentiellement cela), nous n’aurions plus des mouvements aussi aberrants sur les marchés des actions, des obligations, des matières premières, du foncier et de l’immobilier. De même, tous les prix seraient remarquablement stabilisés, le climat serait propice à une augmentation générale des salaires et à une baisse tendancielle et définitive des profits et des rentes capitalistes.
    Tout cela serait à portée de main si on introduisait le SMT.
    Et tout cela quand bien même la croissance économique serait nulle.

  36. « il n’y a pas d’argent à faire de cette manière-là »

    Ah bon ? Et les fonds vautours qui rachètent au rabais et pour qui les rendements de 7% et 29 % sont bel et bien réels ?

  37. … « les marchés », ne sont rien d’autre que l’incarnation de la loi du profit, qui est rationnelle à sa façon et est sans pitié pour ce qui contrevient à sa logique, à savoir qu’il n’y a pas d’argent à faire de cette manière-là.

    On peut tout aussi bien, avec Frederic Lordon, estimer que « les marchés » sont « rationnels » car régis par les affects de ceux qui l’opèrent.
    Les traders ont bien compris que la recette « austerité » leur garantissait plutot des pertes enormes que des benefices à court/moyen terme. Ils prefereront donc une alternative de pertes moins grande et de benefices à plus long terme. Pas sur que meme ceci soit encore raisonable…

  38. Comment se fait il que les Anglais ont des taux (gilts) à 2.2 pct ,alors que leurs dettes(publiques et surtout privées), leur déficit, la situation économique du pays(chômage au plus haut depuis 15 ans,croissance quasi nulle malgré de nombreux QE etc..)sont catastrophiques?
    Etrange non?

  39. Bonjour

    Je me pose une question :
    On constate que dans certains cas (France, Japon) la note du pays ne reflète pas du tout le risque estimé par les acheteurs des obligations émises par ces ces pays.
    Quel est l’indicateur le plus fiable ? Le taux ou la note ? Un des deux est forcément faux donc inutile.

    1. Quel est l’indicateur le plus fiable ? Le taux ou la note ? Un des deux est forcément faux donc inutile.

      C’est évidemment le taux, puisqu’il correspond précisément au loyer de l’argent que vous empruntez. La note n’est qu’une information comme une autre, sauf pour les institutions publiques qui sont obligées de n’acheter que certains produits ayant une certaine note (ce qui va changer avec la directive européenne proposée par Barnier).

      1. Hep Julien, au moins sur le papier et en tout cas en mode de fonctionnement « normal », la BCE par exemple est sensée faire plus que la gueule devant des titres mal notés apportés en collatéral sur du refi par les banques commerciales, non ?
        Et dans un bilan bancaire ou de gestionnaire d’actifs lambda, des actifs « sécurisés » top-rated, ça a encore sa petite influence, quels que soient par ailleurs les taux de marché ou les primes de cds correspondants, « comptablement parlant » bien sûr, non ? Allez disons « à la marge » si tu veux, mais une « marge » bien réelle encore, non ?
        Surtout quand on commence à se rendre compte que du bilan aux couleurs « rehaussées » par de la couverture cds bidon sur actifs douteux, depuis le Trafalgar grec, ben c’est plus trop présentable à ses actionnaires ou cotisants chéris…

  40. Klaus Schwab, le patron suisse, comme on dit « couteau suisse », roi de l’opportunisme et fondateur du forum de Davos, « Bernie Madoff de la globalisation-spectacle » , s’exprime dans Le Monde. Il voudrait revenir à un supposé bon vieux capitalisme « sans excès »:

    « Les protestations sur toute la planète sont dangereuses si elles se transforment en lutte des classes. Nous avons besoin d’impulsions qui amènent la société à réfléchir et à agir pour procéder aux corrections nécessaires. Il faut en venir avant tout à une reprofessionnalisation du métier de manager. »

    On peut lui souhaiter bonne chance! Il a découvert une partie du problème, mais ce qu’il refuse de voir va noircir à jamais son horizon.
    Remarquons que sa seule source de lucidité, c’est le mouvement social.

  41. On devrait créer une monnaie parallèle attribuée au mérite, non échangeable genre de points de mérite , une mère célibataire qui élève seule ses enfants gagnerait des points chaque jour par exemple , un banquier aurait du mal a avoir un point dans sa vie, réfléchissez aux implications de cette nouvelle monnaie même si dans un premier temps elle serait virtuelle je dis bien dans un premier temps.

  42. La créature échappe à son créateur, l’atome échappe même au scientifique le plus calé.

    Le marché échappe à l’économiste, l’histoire échappe même au libéral le plus sincère ou pas, comme à l’autre socialiste de plus dans la mouise, la lune échappe même à l’attraction terrestre ou le contraire je ne sais plus, j’ai pas mieux appris les premières lois de la physique, tout fout le camp, même chez les premiers penseurs Grecs, qu’en pense les Turcs et les premières têtes de Turc de la planète.

    Pauvre homme, même le vieux banquier libéral pingre et avare n’a pas toujours plus la cote, ne se révèle pas plus rentable, ne se montre pas toujours plus destructeur insouciant de choses, les machines vont si vite elles sont moins séniles, scrupuleuses, elles n’ont hélas pas plus de conscience, de sensiblité, d’humanité, de douleur, de repentir, de défaillances, elles sont parfaites, froides, très glaciales sans ame, remplissant bien jusqu’au bout leur premier devoir de fonction, désumaniser davantage la plupart des relations humaines partout.

    Parce que votre billet, parce que mon propos utile ou pas au débat, parce que les divers propos prononcés içi ou là nous renvoie constamment au personnage très peu rassurant de l’avare, et que selon les premières écritures saintes du livre de JJ le fou, les Marchands de la Terre se révèlent être les premiers destructeurs des choses.

    L’argent ne mène pas seulement le monde au tout superficiel de l’argent, mais il le mène également tout droit à une plus grande syncope mondiale.

     » Avoir davantage  »

    Faut partout éviter la faillite, l’échec, la perte, le jugement des dieux. Le premier décideur de la planète finance n’en gagne jamais assez, sa première Poupée Barbie refaite pour les premiers magazines féminins très bêtes de ce monde non plus dans le même temps, c’est le progrès alors forcément avec un tel couple maudit, je vous raconte pas la plus grande portée de malheur ensuite, et veulent continuellement s’approprier ce qu’ils restent encore de juteux et de rentable chez les autres.

    Faut partout ricaner sur toute la terre. Hier c’était principalement le culte des premières idoles socialistes dans divers pays, de nos jours c’est carrément mieux avec la fin des nations, avec Rukier guignols et compagnie, tout cela pour la mise en place progressive et bien insidieuse d’un plus grand régime de contrôle des êtres partout.

    Brrr ça fait froid dans le dos le chauffage coûte déjà si cher, forcément tout à prix pour les premiers vendus de
    ce monde. Tout d’abord les marchandises, les corps, puis ensuite les Ames, pour ça qu’ils veulent continuellement annuler la parole des prophètes.

    Vouloir tout gagner, tout singer, tout s’approprier c’est vouloir tout perdre en fait.

    Toujours le nombre qui importe pour moins faire le mal du genre humain.

  43. Peut-être bien en effet qu’on peut y voir un indice du fait que les marchés commencent à se désolidariser du tout ultra-libéral. A quoi bon en effet privatiser à tour de bras l’éducation la santé etc. puisque la bête laborieuse occidentale est exangue: il n’y a plus de fric à se faire là-dessus. Et puis les marchés sont peut-être en train d’intégrer le fait qu’il n’ont pas intérêt à trop affaiblir les états seuls capables de contenir le peuple qui gronde, ce n’est pas bon pour les affaires. Après des décennies friedmaniennes les marchés sont donc peut-être en train de redécouvrir qu’il va être désormais plus rentable de se tourner vers le keynésianisme: priorité à l’emploi (et donc aux jeunes) et euthanasie des rentiers (par la planche à billets, l’inflation, etc.). En ce qui concerne le dernier point nombre d’entre eux sont des babyboomers qui se sont enrichis en dormant du simple fait que les états occidentaux pendant cette période ultralibérale se sont obligés à emprunter sur le marché des capitaux privés: leur euthanasie financière ne précédera que de peu leur disparition.

  44. Gare à ne pas confondre putsch et pantouflage mondialisé!

    Ce serait laisser croire que cohabitent plusieurs élites radicalement opposées, qui se disputeraient donc le pouvoir, alors qu’il n’y en a qu’une, capitaliste, qui organise des débats internes spectaculaires et s’auto-pourfend sur des broutilles, mais évince à coup sûr les questions dérangeantes comme celles de la propriété, du rapport salarial, du rapport marchand, ou de l’échec de la démocratie représentative… Car cette élite reste cohérente sur l’essentiel et organise sa continuité par l’alternance démocratique, ou même le pantouflage, le tout dans un agenda plus ou moins respecté.

    Banque multinationale (GS ou autre) ou Etat Nation (Grèce ou autre), sont des structures élitistes capitalistes distinctes certes, mais en parfaite synergie de domination, donc point de putsch ni de coup d’Etat à l’horizon; peut-être une mise en exergue du pantouflage pour soumettre l’opposition à quelques lynchages personnels au lieu de lui laisser développer une critique structurelle autrement plus corrosive. Une kervielisation gouvernementale, en somme, pour sauver la configuration actuelle.

    Même Chomsky se fourvoie en désignant l’Etat comme une cage qui nous protégerait des fauves. Aujourd’hui nous savons que ce sont les fauves qui ont construit nos cages, au sens figuré comme au propre puisque Bouygues bâtit toujours nos prisons, ces garde-manger du capitalisme sauvage.

    Votre opposant banquier, fort heureusement, tient plus de l’opportuniste cynique que du prophète. La finance pourrait très bien être désignée comme coupable de tous nos maux puis être démantelée; devenir une sorte de victime sacrificielle du système, modifiant légèrement son cadre sans que cela ne remette rien de fondamental en question.

    Que par nécessité, les architectes de la prédation capitaliste décident d’aménager nos cages, c’est tout à leur honneur; que par lâcheté, nous nous refusions obstinément à en sortir, voilà le véritable péril.

    L’Etat-Nation ne nous protégera pas plus du capitalisme sauvage que les marchés ne le feront des tenants d’un néo-libéralisme déboutonné. Ces marchés n’en sont plus à quelques injonctions contradictoires près. Ils ne sont pas nos alliés.

    1. Estimé Cyberpipas,

      Merci pour votre vision sur une variation du syndrome de Stockholm.

      Comme vous le savez sans doute, les recherches mentales et médicales sur le Syndrome de Stockholm ont montré, et quant à moi prouvé, que ce n’est pas par lâcheté qu’on (‘on’ ??? l’histoire a montré la difficulté de parler d’un ‘on’) refuse obstinément de sortir des cages d’otages, mais par des règles très rationnelles et differentielles dans nos esprits.

      Voir: http://en.wikipedia.org/wiki/Stockholm_syndrome

      Ainsi, les théoréticiens (Oscar Lewis et autres) sur « ‘la culture de la pauvreté » nous disaient dans les années 1960/1970 aussi qu’il n’y avait pas de sorties de la pauvreté, comme les pauvres étaient trop lâches ou fatigués pour en sortir.

      Alors qu’est-ce qu’on nous propose: prendre une autre tasse de café et nous dire qu’on ne peut rien faire?

      Comme vous le savez vous même, ce n’est pas toujours vrai. Le fait de l’existence de ce cygne noir implique déjà le domaine limité de telles théories et visions.

      Les théoréticiens des processus des « changements » sont nombreux, et ont appris beaucoup. Puis je vous signaler l’existence de la ville de Santa Cruz, Californie, EEUU, où la situation s’est changé complètement depuis quelques années?

      Íl y a des constants dans de telles théories, entre autres l’importance des analyses, des plans, des organisations et, pour ne l’oublier pas, les « change-agents », les agents du changement.
      Le prof. Paul Jorion est clairément un change-agent, avec beaucoup de succès déjà, dont nous tous profitons. Un grand merci à lui de nouveau, il nous faut payer! 🙂

      Voir: sur Santa Cruz:
      http://sociology.ucsc.edu/whorulesamerica/santacruz/
      http://sociology.ucsc.edu/whorulesamerica/new_deal_book.html
      http://sociology.ucsc.edu/whorulesamerica/power/investment_manager.html

      Et, s’il vous plaît, pardonnez moi que tout a été écrit en Anglais par Bill Domhoff.
      Même ses années à Paris ne l’ont pas mises sur la route sage du prof. Immanuel Wallerstein, ce qui d’ailleurs s’applique aussi au prof. Paul Jorion, qui malheuresement ne publie guère à son BLOG en Anglais, ni en Allemand, ni en Russe, ni en Portugais, ni en Español, ni en Chinois ni en Japonnais, et pourquoi pas?

      Parceque NOUS, y compris VOUS Cyberpipas, ne nous sommes pas suffissamment organisés et nous laissons le prof Jorion et ses ami(e)s seul dans leur lutte.

      Il n’y aura pas mal de bâtiments bancaires vides prochainement… le paradoxe des cages bancaires…

      Bien à vous tous. JL

      1. L’amour du maître qui vous séquestre et vous exploite est souvent moins puissant chez le pauvre lâche que chez le lâche riche. Nous pourrions tous, bien entendu, nous contenter de cellules VIP. De cages dorées. D’un capitalisme carcéral acceptable. Il faut croire qu’il l’est encore trop, acceptable, pour que ses proies se paient le luxe d’une leçon d’esprit critique ou de rébellion.
        Vous avez raison, il est parfois plus judicieux pour l’esprit d’être prisonnier en vie que libre et mort. Parfois. Parce que cette alternative peut et doit être déconstruite. Parce que les vagues de suicides succédant aux vagues de licenciement peuvent et doivent être endiguées.

  45. Il y a 1 an je postais cela

    « To be sure, the vigilantes have fled Greece, but Greece does not have a fiat currency; Greece is a risk asset and all risk assets depend upon growth for valuation support.

    And fiscal austerity is not the path to growth if everybody wants to do it at the same time. The risk asset vigilantes, who rightfully fear fiscal austerity–induced deflation, are in charge, not the bond market vigilantes of our youth, who feared fiscal profligacy–induced inflation. »

    Facts on the Ground

    L’article est toujours d’actualite et extrement interessant. Paul A. McCulley est parti de Pimco depuis. Dommage.

  46. Sans vouloir jouer le parano de service, les composantes les plus influentes de ces marchés ont peut-être décidé que le peu de démocratie qui reste est encore de trop. Peut-être pousse-t-elle à l’émeute. Rien de tel pour instaurer des régimes autoritaires.

    1. Kerjean, pas besoin de jouer les paranos de service.
      Ne pas confondre les marchés ou même certains acteurs de marchés avec les politiques ou idéologues ou groupes de pression ou d’intérêts plus ou moins convergents qui cherchent à capitaliser sur leur interprétation de certains signaux émis par les marchés.
      Il me semble que c’est en partie la substance du billet de Jorion. Je plussoie, n’en déplaise aux personnels d’astreinte et vigilant…

      1. Vigneron, n’est-ce pas ces acteurs des marchés qui chuchotent au creux de l’oreille des politiques, ce qu’ils doivent faire?
        Deux-Montagnes Québec

      2. T’as raison le québécois, les banquiers adoooorent les déflations et les récessions, et les dépressions ? ahhh, ils en sont fous et t’as vu comme ils encouragent leurs copains Monti ou Papadémos, sans parler de Draghi…

  47. @Paul Jorion

    Il y a peu, vous faisaiez référence à une étude qui prouvait que quelques centaines de multi appartenaient en fait à quelques dizaines.

    Pourraient-on pousser la logique au bout?

    peut-on savoir qui sont les principaux actionnaires de Goldman Sachs(avant le plus gros était Axa)?

    Puis qui sont les plus gros actionnaires de ces gros actionnaires?

    Ainsi de suite jusqu’à ce qu’on arrive soit à un fond anonyme absolument infranchissable soit à des noms de personne physique.
    Je pense que ça doit être facile avec le net pour qui sait comment pratiquer.

    Car au bout d’une chaine de sociétés anonymes, de mulettas tenues par des mains, agitées par des bras de toreros, employés par des apoderados il y a forcément des gens. Attention, pas des gens qui représentent, style Bebear, mais des gens qui possèdent.

    Je crois que si on connaissait vraiment les NOMS des principaux actionnaires physiques, tout en haut de la chaine, de GS, mais aussi des 30 plus grandes institutions financières mondiale, on aurai le vrai panorama de ce qui est entrain de se jouer.

    Il serait bon qu’on arrête de dire BNP fait ceci, et Deutschbank cela, tandis que GS place ses pions ici.
    Il serait bon de savoir que Messieurs x et y et z regroupés s’oppose à messieurs a, b, et c.
    Ou il serait encore plus interessant que le même groupes de propriétaires active deux entités supposées antagonistes.

    Il est temps d’arrêter de charger dans des muletas. Pourquoi personne n’ose nommer ces gens. Sont-ils de l’ordre du divin que leurs noms soit imprononçables?

      1. Chèrs Julien et Kerjean,

        Vous me permettez, s’il vous plaît, de vous mentionner aussi:

        http://sociology.ucsc.edu/whorulesamerica/power/corporate_community.html

        Je pourrais y ajouter:

        http://sociology.ucsc.edu/whorulesamerica/power/bohemian_grove.html

        avec l’objectif de vous donner une ‘inspection’ (ad literam) dans une des ‘machines’ de la fabrication de consensus social et politique aux Etats Unis, et ses extravagances.. Je trouve que pas mal de journalistes, mais surtout des étudiant(es) pouvaient apprendre quelque chose de la ténacité qu’ont montré Bill Domhoff et ses collègues dans leurs investigations et leurs publications.

        A mon avis très important, comme Bill Domhoff poursuit une approche longitudinale, qu’il applique depuis de décennies déjà avec une grande discipline à ses recherches de pouvoirs et de rêves également. Les résultats sont publiés avec rigueur sur son site.

        (Bill est sociologue et psychoanalyste.)

        Bien à vous! JL

      2. @ Johan

        Merci, je suis familier des travaux de Bill Domhoff, qui sont frappés au coin du bon sens pour ce qui concerne la recherche du consensus en opposition aux théories ridicules de conspirations.

      3. @JA

        J’avais déjà remarqué ça.

        Par exemple qu’Axa, à une époque, était actionnaire principal de GS. Actionnaire principal d’AXA, BNP. Actionnaire principal de BNP, AXA.

        C’est de ce tournage en rond que j’aimerai bien sortir. Qui dirige pour de vrai?
        Il ne s’agit pas de conspirationnisme. Il s’agit d’être édifié.

      4. Quant au conspirationnisme, je ne vois pas ce qu’il y a de conspirationniste dans la constatation que les puissants savent passer au delà de leurs divergences, concurrences, haines pour agir dans leurs intérêts commun.
        Konzern, trust, zaibatsu, cartel, et sinon Syndicats patronaux comme le medef ou ses homologues d’ailleurs. C’est être un conspirationniste de penser que ces regroupements là agissent puissamment sur tous les leviers dont ils disposent pour que les choses aillent le plus possible dans leur sens?
        Si tous ces gens là agissaient au grand jour sans concertation, pourquoi alors les rencontres en douce, les valises de fric, le lobbying de coulisse, le pantouflage?
        Il ne s’agit pas de conspiration, il s’agit de nature humaine.
        Mais en fait , de quelle conspiration parlez vous?

      5. Chèr Kerjean,

        Parlant des « conspirations » dans le contexte de la discussion avec vous et Julien Alexandre, il nous faut de la discipline scientifique pour éviter des malentendus.

        Pour vous donner une idée claire, il suffit de traduire quelques phrases du prof. Domhoff, ensuite je vous donnerai la source.

        « C’est vrai aussi que la CIA a été impliqué dans l’espionage, le sabotage, et était illégalement impliqué dans la chute des gouvernements et que le FBI a fait de l’espionage parmi des partis tiers Marxistes et a essayé de les détruire, comme aussi avec le Mouvement des Droits de Citoyens, et avec le Ku Klux Klan. Mais des études précises montrent que toutes ces actions ont été autorisées par des hauts membres gouvernementaux, ce qui est le point critique ici. Il n’y avait pas d’ « équipe secret » ou « gouvernement à l’ombre » exécutant des actes illégaux, ou donnant des instructions aux représentants gouvernementaux à tromper le public et détruire des mouvements sociaux. Une telle distinction est cruciale pour faire une différence entre toutes les théories de pouvoir en sociologie et une théorie de conspiration. »

        Pour vérifier mon boulot de traduction:

        « It is also true that the CIA has been involved in espionage, sabotage, and the illegal overthrow of foreign governments, and that the FBI spied on and attempted to disrupt Marxist third parties, the Civil Rights Movement, and the Ku Klux Klan. But careful studies show that all these actions were authorized by top government officials, which is the critical point here. There was no « secret team » or « shadow government » committing illegal acts or ordering government officials to deceive the public and disrupt social movements. Such a distinction is crucial in differentiating all sociological theories of power from a conspiratorial one. »
        (source: http://sociology.ucsc.edu/whorulesamerica/theory/conspiracy.html ).

        Si vous me permettez: M. Julien Alexandre vous a donné la composition du Board de Goldman Sax. Maintenant vous pourriez dire: « Oui, c’est beau et belle, mais je ne sais pas qui a dit quoi, et pourquoi et comment quelle décision a été prise! »

        Et vous avez parfaitement raison. C’est exactément CELA ce qui est l’objet des recherches socio-économiques. Et vous comprendrez facilement comment ça c’est difficile!

        Maintenant, j’espère que vous me comprenez mieux quand je fasse un plaidoyer permanent sur ce BLOG pour la transparance dans le style du Board de la banque centrale de la Suède, qui ne publie pas seulement les agendas du Board du Riksbank, mais aussi en détail les minutes des réunions du Board. Maintenant vous pourriez dire: « mais comment je sais que c’est vrai ce qui a été mis dans les minutes? »

        (source: http://www.riksbank.com/templates/Page.aspx?id=51146 )

        Et de nouveau vous avez complètement raison!

        Et j’espère que vous comprendrez mieux maintenant POURQUOI je fasse des plaidoyers à ce BLOG pour l’innovation Brésilienne des ‘procesos participativos presupuestales’, puisque c’est l’objectif de tels procesos que VOUS, estimé Kerjean, n’est pas seulement un observateur passif pendant des meetings où on prépare des décisions (dans ce cadre-ci: sur des taxes et dépenses communales), mais également que VOUS est une personne qui PREND des décisions avec des autres. Les résultats de toutes ces décisions individuelles doivent être prises en accord avec des principes de processing les prises de décision, quant à ces principes: décidés démocratiquement.

        Dans les entreprises coopératives, normalement on suit les mêmes principes.
        (Pensez à ‘Lu’ dans le passé, bref il y a plein d’autres, dans sa majorité détruits ou bien par le laxisme de ses membres, ou bien par des attaques extérieures, ou bien pour d’autres raisons).

        Je suis très heureux avec vos questions, et je vous propose de ne pas hésiter de me donner beaucoup plus de questions si je n’arrive pas à m’exprimer d’une façon consistente et/ou complète.

        Parceque: ce sont VOS questions qui touchent au coeur de nos préoccupations, et qui méritent une attention détaillée et aimable.

        Bien à vous! JL

      6. @Kerjean: « Si tous ces gens là agissaient au grand jour sans concertation, pourquoi alors les rencontres en douce, les valises de fric, le lobbying de coulisse, le pantouflage? »

        En fait, ils n’arrêtent pas de se réunir dans des fondations franco-américaines ceci, transatlantiques cela, des clubs, des écoles privées, groupes et autres, etc. Tu parles d’une concertation spontanée télépathique… Cela tient plutôt de la répétition de théâtre où chacun vérifie constamment que l’autre connaît son texte et tiendra correctement son rôle.
        Sauf que Julien a raison sur un point, c’est pas vraiment secret.

      7. @Julien
        merci, mais un conseil d’administration d’une multinationale ne me dit pas qui en est le propriétaire. Un conseil d’administration, même de luxe, reste une assemblée de larbins. Un eunuque n’est pas l’Empereur, l’affranchi n’est pas la patricien qu’il sert.

        Ce qui m’intéresserait au plus haut point c’est de savoir qui a les pépètes. Qui nomme les administrateurs. Encore une fois, je prenais l’exemple de Bébéar(on peut aussi prendre Pebereau ou d’autres). Ils ne sont que des larbins de luxe. L’affaire Messier a prouvé que ces gens là ne pèsent que dans la mesure où ils ont la confiance des proprios.
        Comme le disait Paul dans la BD , à la base il y a le capitaliste. Le capitaliste se choisit des managers.
        On connait les managers.
        J’aimerai moi, connaitre de quoi les propriétaires sont propriétaire. Je suis persuadé que ça éclairerait beaucoup de chose.

        @John
        Merci pour toutes ces précisions.

      8. @ Kerjean

        Je t’ai donné la liste des principaux actionnaires ainsi que la composition du Board. Il me semble que Mittal a vaguement des « pépètes » comme tu dis. Il te suffit de regarder parmi les sociétés d’investissement américaines : FMR, Vanguard, Janus, Northern Trust, Janus. Et derrière cela, à l’exception de FMR, tu retrouveras toujours les mêmes, puisque comme je te l’ai dit, tout le monde possède tout le monde, c’est la loi du genre. Si tu cherches le « puppetmaster », ne te fatigue pas trop.

        Les administrateurs sont cooptés par le conseil d’administration.

      9. @Julien

        j’avoue que ma vision d’un organigramme reste assez franchouillarde et classique. Quand vous parlez conseil d’administration ou de surveillance, je vois une équipe d’administrateur et un président. Mais version Française(celle que je connais) , les administrateurs ne sont pas actionnaires. Ils les représentent. Et c’est là que ça se corse car, comme vous le dites, l’actionnaire a très souvent des participation croisées.
        C’est ainsi que aujourd »hui, je ne sais pas si beaucoup de Français savent qui actionne vraiment les manettes de BNP, AXA, SG et autres.
        Ce que je veux dire, c’est que derrière tous ces paravents, j’aimerai savoir qui est la petite équipe de personne qui décide qui décide chez BNP.
        Par exemple, état français, M. X, M. Y et M.Z, les autres comptant pour du beurre.
        C’est ça que j’aimerai savoir. Quelles sociétés contrôlent MM. Arnaud, Rotschilf, Lagardère et autre Français et étrangers.
        Malgré tout, j’aimerai savoir si c’est un fantasme de penser qu’à peine quelques milliers de noms reviendraient systèmatiquement dans le contrôle des 500 plus grosses entreprises mondiales et de toutes leurs filiales.
        Savoir aussi quelle est la part des états, et lesquels.

      1. La révélation de l’existence de ce réseau déjà publiée sur le blog est très intéressante. La question qui se pose est de savoir :

        1- Comment ce réseau capitaliste peut-il continuer de se nourrir une fois que la plupart des salariés-esclaves-consommateurs auront été exclus du système par l’accélération en cours du rythme des licenciements et qu’ils se seront créé, par instinct de survie, des réseaux de voisinage, d’amis, avec une économie souterraine non basée sur la finance et la monnaie.?
        Tant que les salariés ne sont pas touchés personnellement par un licenciement et que leur revenu leur permet de se loger et de nourrir leur famille, ils ont tendance à vouloir perpétuer le système, estimant qu’ils auraient trop à perdre en agissant contre lui . Mais comme les licenciements s’accélèrent sans qu’aucune inversion du phénomène ne soit visible à l’horizon, on peut supposer que la résistance verra grossir ses rangs.

        2- Toutes les formes de résistance existantes sont à mobiliser et d’autres à imaginer pour que ce système mortifère d’accumulation de richesses entre quelques oligarques soit progressivement asséché et remplacé au fur et à mesure par un système d’échanges plus humain afin que l’idolâtrie du profit ne puisse renaître de ses cendres .

        Certaines cités déshéritées où le chômage est quasi général survivent depuis une trentaine d’années grâce au commerce de produits illicites ou de petits trafics tout en blanchissant l’argent collecté pour lui faire rejoindre les circuits financiers internationaux . Ce n’est pas vraîment un changement de système, loin de là car l’esprit de lucre est toujours là, mais cela présente l’avantage de démontrer qu’une économie parallèle est possible .

        Par contre, les nouveaux chômeurs ont tendance à développer d’autres systèmes d’échanges non monétisés : retour à une alimentation saine, à un niveau de vie modeste et à une vie pleine de sens, au troc, à l’échange de services, à la solidarité pure et c’est là l’économie parallèle durable porteuse d’espoir.

    1. @ tous,

      S’agissant de terminologie, j’ai une question à poser : comment appelez-vous le fait que des individus au pouvoir aient un discours lénifiant pour les masses qu’ils sont chargés de « diriger » en poursuivant simultanément de manière occulte un objectif d’intérêt privé (de castes ou catégoriel) en utilisant les moyens légaux à leur disposition mais en les détournant de leur objectif et en cachant consciencieusement les leurs ?
      En droit administratif, ça s’appelle de l’abus de pouvoir ! En droit constitutionnel, ça pourrait s’apparenter à de la haute trahison et justifier un renversement ou une destitution de ce pouvoir qui a volontairement et méthodiquement failli à sa tâche. En sociologie, peut-on considérer que ce procédé déloyal est un complot ?

      1. Quels sont les personnages au pouvoir que l’on peut attaquer en justice et quelles sont les associations qui ont les reins assez solides et qui disposent d’avocats à la hauteur pour représenter en justice les intérêts du peuple ? On n’entend plus parler du crime de trahison ou de forfaiture .
        Je n’arrive pas à admettre qu’à un certain moment de la République le président ait pu cesser de rendre des comptes au peuple, ait pu se permettre de faire ce qu’il voulait y compris doubler son salaire et s’auto-attribuer l’immunité présidentielle . Je croyais que c’était l’apanage de la monarchie absolue . A quel moment la République a-t-elle dévié ?
        Il faut exiger de revenir à l’Assemblée Constituante comme en 1789 .

    2. @ Kerjean,

      Ce que vous demandez, fort intéressant, nécessiterait une enquête longue, très fastidieuse (car les cartes ont été volontairement brouillées), demandeuse en temps et en argent. Quel en serait le résultat (que d’ailleurs beaucoup de monde subodore) ? Une preuve que ce qu’on appelle couramment le capitalisme ne concerne que quelques personnes dans le monde alors que les autres seraient plutôt sans en avoir conscience dans un esclavagisme subliminal ?
      Et alors ? D’abord, il faudrait se faire entendre (vraiment pas gagné), ensuite il faudrait se faire croire (beaucoup de gens préfèrent le doux endormissement aux narcotiques qu’un réveil douloureux ; jusqu’au moment où dormir devient impossible évidemment), et enfin réussir à ébaucher et réaliser une résistance à l’oppression de grande ampleur (pas gagné non plus, vraiment…)

  48. JP, GS, Citigroup etc… personne chez eux ne veut révéler le montant de ses CDS, Par crainte que le montant gigantesque ne soit mal interprété (non ? c’te blague!… ). Et personne dans ces sociétés n’est capable de déterminer exactement son exposition à une autre contrepartie, dixit un ex de la SEC…

    Si qqn veut que la situation évolue, c’est là qu’il faut frapper…

    http://www.bloomberg.com/news/2011-11-16/jpmorgan-joins-goldman-keeping-investors-in-dark-on-italy-derivatives-risk.html

  49. @Vigneron
    A propos de Deus: je me suis laissé dire mais peut être ai-je mal lu, que Llyod Blankfein a déclaré
     » j’ai le sentiment s’accomplir l’oeuvre de dieu ».

      1. Pauvre Dieu auquel chacun fait dire ce qui l’arrange !
        Dans toutes les guerres les deux camps adverses croient que Dieu les soutient contre l’autre camp. Certains groupes religieux croient qu’il protège ceux qui font de l’argent pendant que les chrétiens pensent que Dieu est contre l’argent et l’appât du gain et que le Christ a commencé son oeuvre en chassant les marchands du temple …

      2. Dieu, le Tea Party et le réchauffement climatique.

        « Il faut néanmoins reconnaître que les responsables américains du Tea Party ont imaginé une solution assez ingénieuse pour concilier le point de vue chrétien et le principe libéral d’un Etat non interventionniste. Interrogés sur la politique à suivre pour combattre le réchauffement climatique, ils déclarent ainsi que « la régulation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère doit être laissée à Dieu et non au gouvernement » (cité dans la revue Eléments d’avril 2011). La « main invisible » d’Adam Smith peut alors retrouver, en toute cohérence philosophique, son véritable propriétaire. »

        Jean-Claude Michéa. Le complexe d’Orphée. La gauche, les gens ordinaires et la religion du Progrès. Editions Climats. 2011.

    1. Grandgilou, ben tu m’étonnes ! Faut s’mettre à sa place ! C’est Blankfein tout-puissant ! Tu mets Jim Carrey à sa place, ce s’rait juste tout pareil ! C’est mieux que Godfather, c’est en plus Crésus et Belzebuth ! Tout ce qu’il veut, ça arrive et quand on révèle ses pires turiptudes – vis à vis de ses plus grasses brebis comme des plus anonymes de ses bidourics ou des plus vénérables institutions – dans tous les journaux du monde, sur tous les écrans du monde, keskispasse ? La,machine à cash crache de plus belle et on refuse des clients… Faut l’comprendre.

  50. Personne chez JP, GS, Citigroup ne veut donc révéler le montant de ses CDS qui seraient en fait une « vaste arnaque » ?
    Après la disparition de 15 000 milliards USD d’actifs devenus « actifs fantômes » s’annonce la disparition de 15 000 milliards de US dollars supplémentaires sur un total de 45 000 milliards de US dollars .
    C’est du moins ce qu’annonce GEAB/LEAP dans le résumé public du contenu de sa p.9

    http://www.leap2020.eu/GEAB-N-59-est-disponible-Crise-systemique-globale-30-000-milliards-USD-d-actifs-fantomes-vont-disparaitre-d-ici-debut_a8138.html

    30% en moyenne de décote des dettes occidentales d’ici le début 2013 … sans activation des CDS souverains qui se révèlent une vaste arnaque
    Selon LEAP/E2020, d’ici le premier trimestre 2013, les dettes publiques occidentales seront affectées d’une décote de 30% en moyenne. Cela concernera aussi bien les dettes européennes (Euroland, Royaume-Uni, pays d’Europe centrale et orientale) que celles des Etats-Unis et du Japon. Sur un total d’environ 45.000 milliards USD, ce seront donc 15.000 milliards USD de plus qui vont se transformer en « actifs-fantômes » entraînant un nouveau choc pour le système financier mondial et contribuant notamment à la décimation des banques occidentales…

    Le sort des Européens frappés par les plans d’austérité est très préoccupant, pendant qu’une minorité d’oligarques continue de gonfler son patrimoine tant que dure le système . Mais les classes moyennes européennes paupérisées ne seront pas les seules à souffrir. De plus en plus de chômeurs ne sont plus indemnisés aux USA comme en Europe et les pensions de retraite par capitalisation rétrécissent comme peau de chagrin quand elles ne disparaissent pas totalement avec la faillite de l’employeur ou celle du fonds de pension.

    Tant que les gouvernements sont sous les ordres des financiers qui payent les campagnes électorales de leurs serviteurs, il est difficile de s’affranchir du système sinon sur le plan individuel

    1. Tant que les gouvernements sont sous les ordres des financiers qui payent les campagnes électorales de leurs serviteurs, il est difficile de s’affranchir du système…

      Ajoutez le contrôle des médias, de mille façon, de l’essentiel de l’enseignement,
      plus le chantage sur l’emploi, la menace permanente et la répression par
      les divers corps de chiens de garde…
      Il faudra une révolution.
      D’ailleurs, aucune classe dominante n’a jamais cédé la place autrement.
      Toute autre proposition relève des rêveries innocentes
      ou des professionnels de l’arnaque politique.

      1. C’est très exactement ça en effet ; une appropriation complète du système par une caste de malfaisants et malfaiteurs (qui a détourné à son profit toutes les institutions et supprimé tous les contrepouvoirs que le peuple avait mis des centaines d ‘années à conquérir et juste quelques décennies à perdre par paresse et par faiblesse, c’est-a-dire par corruption).
        Voir aussi ça : http://www.corporateeurope.org/sites/default/files/Corporate%20EUtopia%20French.pdf

      2. Oui, il faudrait une révolution mais avec une assemblée constituante déjà prête , composée d’honnêtes gens désintéressés à la forte personnalité, soucieux du bien-être de toute l’humanité sur le long terme, intelligents, au passé irréprochable, prêts à affronter une tempête médiatique de démolition et des menaces de mort de la part des hommes de main de l’ancien régime.

        Sinon, sans la mise en place de cette assemblée constituante honnête et déjà préparée, ,une révolution mettra en place un personnage « providentiel » au charisme exceptionnel qui sortira de l’ombre , bref un margoulin qui installera vite fait sa dictature .

        En attendant, même si l’on n’est pas encore atteint par le chômage et la misère, il est conseillé de changer volontairement sa façon de vivre pour une vie très modeste et rationnelle, de fuir la frime et l’acquisition d’objets clinquants et inutiles de sortir des circuits financiers et de participer activement aux réseaux de solidarité de proximité, de préférence sans circulation d’argent.

  51. Bonsoir,
    Merci pour l’article !
    Merci aussi pour les graphiques. Pourquoi ne pas en mettre plus souvent ? Je trouve les idées plus claires ainsi illustrées.

  52. Central banks’ gold buying at 40-year high

    Central banks made their largest purchases of gold in decades in the third quarter, as a sharp drop in prices in September accelerated the shift to bullion as a means of diversification.

    The scale of the buying, at 148.4 tonnes on a net basis, will come as a surprise to many traders as it is a long way beyond the purchases that had previously been disclosed.

    http://link.ft.com/r/YIQXNN/NJTUO0/2C28D/B5WPW6/KQPHHA/50/h?a1=2011&a2=11&a3=17

  53. Pour les marchés, la France a quitté le club des pays européens notés AAA
    Jour J pour la France, qui doit émettre de la dette dans les pires conditions depuis 1990. L’écart de taux avec l’Allemagne est à des niveaux record et les inquiétudes sont vives sur le maintien du AAA. Les autres Etats membres bien notés sont aussi sous pression, à l’exception de l’Allemagne.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201747389084-pour-les-marches-la-france-a-quitte-le-club-des-pays-europeens-notes-aaa-250228.php

    D’ordinaire considéré comme une simple formalité, le placement d’emprunts d’Etat français (pour 8,2 milliards d’euros au maximum) sera aujourd’hui suivi de près. Etant donné les tensions actuelles, l’émission sera un test. Les spécialistes en valeur du Trésor (SVT), qui représentent 20 banques et servent d’intermédiaires entre l’Etat émetteur et les investisseurs, se sont réunis il y a quelques jours pour préparer l’opération dans un climat pesant. « Je n’ai jamais effectué une adjudication dans des conditions pareilles, avec une prime de risque aussi élevée par rapport à l’Allemagne, avoue l’un d’eux. Tout le monde est stressé, mais on va faire notre métier. » Ce qui veut dire que les SVT vont essayer d’éviter que le résultat de l’enchère ne soit alarmant. Il leur faudra peut-être prendre quelques risques car le marché, lui, craint que la France perde bientôt son AAA. « D’après nos données, la France a une notation implicite de simple A dans le marché », indique Markit, le fournisseur de cotations de CDS (« credit default swaps »).

    Le CDS français bat des records, il a franchi 230 points ces jours-ci. L’écart de taux avec l’Allemagne est lui sur des niveaux jamais vus depuis 1990, à 190 points de base. « Parmi les pays AAA, la France est celui qui présente les fondamentaux économiques et les perspectives de finances publiques les moins bons », souligne UniCredit. La tourmente des dernières semaines tient pour beaucoup à la crise italienne et aux incertitudes sur la croissance. Par ailleurs, certains institutionnels préfèrent peut-être céder des titres français, plus liquides que d’autres, pour compenser des pertes dans leurs portefeuilles. « Le prix moyen pondéré des obligations françaises est encore supérieur à leur valeur nominale – il vaut actuellement 103 % du pair, note BNP Paribas. Cela incite à vendre des titres afin d’enregistrer une plus-value en capital. » Le seul vrai soulagement pour la France est qu’après l’émission de jeudi, elle pourra annuler sa dernière adjudication de l’année, le programme de financement de 2011 étant bouclé.

    L’Autriche est un peu dans la même situation. En raison de son exposition à l’Italie et à l’Europe de l’Est, le pays vient de voir sa prime de risque s’envoler à 184 points de base. Les rumeurs de dégradation de sa note ont poussé le gouvernement à faire des annonces. Hier, Fitch a salué l’idée d’inscrire dans la Constitution une limite à la dette. « Cela démontre l’engagement du pays à garder sa note AAA », dit l’agence, en ajoutant qu’un « plan de consolidation plus ambitieux donnerait des marges supplémentaires » au pays.

    Le FESF touché à son tour
    La contagion gagne tous les Etats bien notés, comme le montrent les tensions sur les Pays-Bas et la Finlande cette semaine. L’Allemagne est la seule valeur refuge de la zone euro. Ses taux flirtent avec leurs plus bas niveaux et certains titres de court terme ont même des rendements négatifs (l’investisseur perd de l’argent pour les détenir). « Mais on peut se demander si l’Allemagne ne sera pas à son tour rattrapée si jamais l’Italie et l’Espagne n’avaient plus accès aux marchés et que la France restait sous pression, avertit Evolution Securities. Dans le pire scénario, les banques allemandes auront des besoins de recapitalisation élevés, tandis que l’Allemagne devra potentiellement garantir les dettes de ses partenaires européens. » Ce qui pénaliserait forcément les finances du meilleur élève de la zone euro. A ce stade, l’Allemagne est encore à l’abri, même si le président de l’Eurogroupe a fait des déclarations étonnantes hier, alléguant que « son endettement était plus élevé que celui de l’Espagne ».

    Dernière victime parmi les AAA, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) voit son taux à 10 ans culminer à 3,65 %. Les marchés voient mal comment cet organisme peut contenir ou même résister à la tourmente.

    ISABELLE COUET, Les Echos

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