LA PRIME DE RISQUE ESPAGNOLE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

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Deux émissions obligataires aujourd’hui, l’une en Espagne, l’autre au Danemark, qui nous permettront un intéressant petit calcul de la prime de risque exigée aujourd’hui de l’Espagne quand elle emprunte sur le marché des capitaux.

Le Trésor espagnol a émis tout à l’heure un peu plus de 3 milliards d’euros de dette pour des titres à 12 et à 18 mois.

Parce qu’il faut toujours envisager le bon côté des choses, on nous signale qu’en face de cette offre de 3 milliards se trouvait une demande s’élevant à 8 milliards, ce qui est toujours sympathique à savoir mais ne présente pas grand intérêt puisque ce qui compte aujourd’hui (dans le contexte d’un taux dépassant les 7% pour la dette espagnole à 10 ans), c’est le coupon que ces gentils prêteurs potentiels exigent pour se passer de leurs capitaux pendant un an ou un an et demi. Et là, la situation est beaucoup moins rose : l’Espagne a dû consentir du 5,074% pour le un an, et du 5,107% pour le 18 mois. C’est raide, pas seulement si on compare à ce que ce même marché des capitaux exige en ce moment de l’Allemagne, par exemple, mais avec ce qui était exigé de la même Espagne il y a seulement un peu plus d’un mois : le 14 mai en effet, l’Espagne empruntait pour un an à du 2,985% et pour 18 mois, à du 3,302%.

Augmentation donc en un mois et 5 jours de la prime de risque pour un emprunt d’un an en Espagne : 2,089%, et pour un emprunt d’un an et demi, 1,805%. C’est très raide en soi. Cela augure très mal de ce qui se passera après-demain jeudi, quand l’Espagne tentera d’émettre de la dette à deux, trois et cinq ans pour un montant de 2 à 3 milliards d’euros. La demande potentielle sera (je peux déjà vous l’affirmer) d’environ 5 milliards, ce qui sera présenté comme une excellente nouvelle (je peux également vous en assurer) mais ce que l’on attend de savoir avec un très grand intérêt, c’est à quel taux, comprenant quelle prime de risque, que les marchés des capitaux, dans leur grande magnanimité, seront disposés à prêter à l’Espagne.

Maintenant, pour décourager un peu plus les Espagnols : les Danois ont eux aussi émis de la dette aujourd’hui, de la dette à 2 ans, pour un montant plus modeste bien sûr, de 1,55 milliards de couronnes, soit de l’ordre de 208 millions d’euros. Quel coupon les prêteurs ont-ils obtenu comme compensation de la privation qui sera la leur pendant deux ans ? -0,08%. Je vais le répéter, en toutes lettres : moins zéro virgule zéro huit pour cent.

Pour prêter sans risque (c’est cela que cela veut dire en ce moment, prêter au Danemark) pendant deux ans, le marché des capitaux est disposé aujourd’hui à y être de sa poche. C’est dire, mes amis, si la confiance règne dans la zone euro !

Allez, pour finir : le petit calcul promis, si le taux sans risque aujourd’hui pour de la dette à deux ans, c’est -0,08%, la prime de risque exigée de l’Espagne pour du 1 an, c’est (au moins, puisque c’est pour une durée plus courte) 5,074% + 0,08 % = 5,154% et pour du 18 mois, (au moins) 5,107% + 0,08% = 5,187%.

Bonne fin d’après-midi quand même !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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143 réflexions sur « LA PRIME DE RISQUE ESPAGNOLE »

  1. On pourrait entasser les stats et historiques.
    Tout cela ne prouve rien, sauf qu’ « ils » sont paumés
    et sans tripes.

  2. Il y aurait une bulle sur la construction en Chine également. A surveiller

    http://www.bbc.co.uk/news/magazine-17390729

    In Inner Mongolia a new city stands largely empty. This city, Ordos, suggests that the great Chinese building boom, which did so much to fuel the country’s astonishing economic growth, is over. Is a bubble about to burst?

    Il semblerait que la Chine comporte maintenant pas mal de cités fantômes, toutes neuves mais vides….

    http://www.lepoint.fr/economie/quand-la-chine-s-effondrera-06-06-2012-1470082_28.php

    Quand la Chine souffrira

    Le Point.fr – Publié le 06/06/2012 à 12:31 – Modifié le 07/06/2012 à 11:41
    Les apparences sont trompeuses. Le géant souffre également d’une bulle immobilière qui risque d’emporter son économie. Interview.

    1. Des bulles, des bulles et des bulles emportées au grès des vents ! Tout comme les vraies bulles, le bonheur n’est qu’éphémère !

      1. Le Point dit que la Chine est une grande Espagne… et qu’elle a consacré 15% (contre 13% pour l’esp) à son PIB pour la construction ! Donc on va avoir une crise bancaire, financière, en Chine…

      2. Un conseil Lisztfr, faudrait consulter, de loin en loin au moins, un site qui évoque depuis bien deux ans les différentes bulles chinoises, dont l’immobilière. Un blog assez confidentiel, pour ne pas dire obscur. S’appelle Blog Horion ou Oignon ou Orion ou Jorion, un truc comme ça. Devriez trouver nez en moins, Gogol’s your friend.

      3. Pour être précis, il ne faut pas seulement tenir compte du secteur de la construction uniquement pour évaluer la part de la bulle immobilière dans le PIB mais aussi y adjoindre les activités immobilières :
        http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/activites-immobilieres.htm
        Dans ce cas là, rien qu’en France, on arrive à 104,4 milliards d’euros en valeur ajoutée pour la construction + 232,2 milliards en activités immobilières, deux fois plus que le seul secteur de la construction !!
        En soit, le seul fait que les activités immobilières sont deux fois plus importantes que le secteur de la construction devrait interroger, comme on dit …
        Et cela ne date pas d’hier : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF08110
        En % de la valeur ajoutée totale en France, construction+activités immobilières = 19,37%

        Le seul secteur des activités immobilières représente 13,36% de la valeur ajoutée en France en 2010 …

      4. Et je ne parle même pas de la part qu’il faudrait aussi y adjoindre à ce calcul des activités financières correspondante à cette (sur)activité immobilière en France …

      5. Je rejoins le sage Vigneron.

        C ‘est d’autant plus inquiétant que j’aurais mis ma main à couper que vous le saviez déjà, l’ayant mentionné dans l’un de vos posts il y a de cela plusieurs mois…

      6. Je savais là que notre Bacchus 1er, allait réagir, lui qui a écrit, ré-écrit, crié, éructé que la Chine bullait à qui mieux mieux.
        Alors Lisztfr est ce de la provocation vineuse, vinique, vinales?

      7. Le seul secteur des activités immobilières représente 13,36% de la valeur ajoutée en France en 2010 …

        Ou 230 Milliard € d’après le tableau du lien… Arg ! On comprend pourquoi les ‘autorités’ ont si bien protégé le secteur.

        @Zébu: on peut trouver des données plus anciennes? cad avant la bulle immo en France?

    2. un extrait de l’article du Point a l’attention de jducac qui ne cesse de nous dire que la clé du succès chinois c’est la gestion de bon père de famille :

      « La consommation de matière par unité de richesse créée est de 8 kilos en Chine contre 3 kilos en Asie, 0,7 kg aux États-Unis et 0,3 en France. Un tel niveau de gâchis est inquiétant et démontre l’obsolescence du modèle de croissance chinois. Il en va de même pour l’énergie, la Chine en consommant cinq fois plus que l’Europe pour la même richesse créée, cela étant la conséquence de prix maintenus artificiellement bas par les autorités, de peur que leur hausse ne génère des révoltes de la population.

      Même histoire dans l’agriculture : les Chinois consomment six fois plus d’engrais par hectare que les Américains et abusent des produits phytosanitaires, rendant la nourriture chinoise souvent impropre à la consommation. En réaction, les ménages chinois sont de plus en plus nombreux à s’approvisionner en produits en provenance de l’étranger… »

      1. Cela fait quelques années que les gens bien informés savent que le développement de la Chine accélère la catastrophe.

      2. @ Pierre-Yves D. 20 juin 2012 à 08:47
        Merci, je vais réfléchir à cela et ne manquerai pas de vous donner mon avis

      3. En 2009 la Chine consommait 488 kilos d’engrais à l’ha contre 109 aux US et 150 en France. Très loin de l’Islande ou du Quatar à plusieurs tonnes/ha… Mais bon, 10% des terres agricoles mondiales seulement pour nourrir plus de 20% de la population mondiale, fatalement -en produisant en outre plus du quart de la viande produite dans le monde – c’est intensif en intrants, en plus d’être hyper-intensif en main d’oeuvre (moins d’un ha par agriculteur…).

      4. Jduc, n’oubliez pas d’intégrer dans votre avis la conso en TEP par tête de pipe de ces salopiauds d’islandais (15 tonnes équivalent pétrole), dix fois plus qu’un chinois en 2009, presque quatre fois plus qu’un français ou qu’un allemand, plus de deux fois un ricain, presque deux fois un canadien, presque trois fois un suédois ou même un norvégien…

      5. @Pierre-Yves D.
        « Bon père de famille », version Jorion peut être?

        http://www.pauljorion.com/blog/?p=38113

        Étant dans l’ombre, on ne sait donc pas vraiment qui c’est. N’expliquent-ils jamais qui ils sont vraiment ? Si, d’une certaine manière : quand un spéculateur parle en son nom, il emploie toujours la même expression : « un bon père de famille ». Quand un spéculateur explique ce qu’il fait, il commence sa phrase par « Un bon père de famille fait ceci ou ça… ». Dans la suite de mon billet, j’appellerai donc les spéculateurs, « bons pères de famille », et on saura de qui je parle.

      6. La confrontation des textes de Pierre-Yves D. et de Vigneron montre d’un coté un gaspillage et de l’autre une certaine sobriété. La différence c’est que les chiffres de Pierre-Yves D. sont par unité de richesse et ceux de Vigneron sont par tête. Mais tout le monde sait que les unités de richesse sont élastique : faut il prendre la richesse au taux officiel de change, faut il compenser une sous évaluation du Yuan, faut il raisonner en parité de pouvoir d’achat? et pour un objet produit faut il considérer le prix où il est acheté en Chine ou le prix où il est vendu en occident?
        Le mieux serait de faire des comparaisons en volume et non pas en prix.

      7. Rutily, pas de prix dans mes chiffres, que des kilos, d’engrais, de viande, de blé, d’équivalent pétrole, et des hectares, et des têtes de noeud.
        D’autres chiffres : la productivité de l’agriculture chinoise (avec ses 300 millions d’actifs agricoles) est égale à 1% de celle des agricultures les plus « performantes » (USA, France, Allemagne, Japon…). En clair il leur faudrait trouver un nouveau boulot à 250 ou 280 millions de personnes pour atteindre une productivité agricole « convenable »… Sachant bien sûr qu’il ne faut toucher à leurs rendements records et donc rester aussi intensif à l’ha, puisqu’actuellement, en Chine, la surface agricole par personne équivaut à 40 % de la moyenne mondiale, et les ressources individuelles en eau sont trois fois moindres que celles de la moyenne mondiale…
        Tout ça selon un rapport de l’Académie des sciences chinoise intitulé « La modernisation chinoise 2012 », publié le 13 mai dernier :
        http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/chine-modernisation-de-l-agriculture-aboutissement-prevu-en-2050-selon-un-rapport-57677.html
        Encore des chiffres ? Surface Agricole Utile Chine (terres arables + prairies) : 550 millions d’hectares pour 1,3 milliards de zigs. USA ? 410 millions pour 300 millions. France ? 30 millions pour 65 millions.
        Part de l’agriculture dans le Pib ? 11,5% en Chine. 2% pour la France, 1,2% pour les USA, 0,7% pour la GB…
        Premier producteur mondial en à peu près toutes productions agricoles ? La Chine bien sûr.

      8. Un grand merci P.Y.D. pour ces chiffres.

        Rendements français/ rendement chinois:
        matière : 100*23/0.8 = 2875 % .
        Engrais : 600% .
        Energie (pour produire) de l’ordre de 400%.

        Chaque fois que nous achetons une production chinoise,
        nous aidons le PCC et les dictateurs locaux à affirmer
        leur pouvoir sur leurs esclaves ET nous polluons gravement la Chine.
        et nous les aidons à appauvrir leurs ressources.

        Conclusion: aucune, continuez comme devant, c’est le libéralisme.
        C’est quand même formidable de payer pas cher un gadget
        électronique. Il n’y a pas de honte à avoir quand on participe
        au grand jeu du libéralisme , toujours gagnant/gagnant.
        En plus, c’est moderne.

        Remarque: le chiffre français représente essentiellement la valeur
        de l’encre sur du papier, production peu exportable.
        L’encre est suisse ou allemande. Si le papier
        a été ouvré en France , la pâte est d’origine étrangère
        avec une probabilité de 50% et les machines -Hénaurmes-allemandes
        ou japonaises. Constatations de visu récentes dans 3 imprimeries
        industrielles.

      9. Daniel et PYD, je confirme qu’un banquier, qu’un nainformaticien ou qu’un pubard français, américains ou anglais consomme infiniment moins de « matière » par « unité de richesse créée » qu’un paysan ou qu’une ouvrière chinoise. And so ouate ?
        Ps : gadget, mot et invention françaises datant du XIXe quand l’entreprise gauloise Gaget-Gauthier associée à la fabrication de Miss Liberty a eu l’idée de produire et vendre des petits articles du genre coupe-papier en cuivre avec repro miniature de la statue, y compris aux US, pour promouvoir et finaliser le financement de la colossale de Bartholdi.
        La colossale c’est pas celle-là :
        http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/70/Colmar%2C_Fontaine_du_vigneron.jpg
        Bien sûr. Quoique.

      10. Je comprends que ces chiffres fassent hausser les épaules
        et excite une indifférence rageuse.
        D’abord, ils sont peut-être vrais, parce qu’on faire dire n’importe
        quoi aux chiffres. Et si ils étaient vrais, ça se saurait. Le Monde en parlerait.
        C’est difficile d’être complice des salauds sans le savoir.
        On changerait son mode de vie pour des trucs pareils?
        Faut être raisonnable, des fois.

        Vigneron, sortez de vos vignes de temps en temps, si j’ose.
        ( L’a pas le nez sur la guidon, mais sur le cep…)
        Et un Vigneron, à la santé éclatante, combien ça consomme
        et combien ça produit, en unité comparable ?

        Vu la statue à votre gloire , on comprend
        que votre profession ne fait pas dans la petite bière,
        même que ça coule à côté…
        Quand on aime, on ne compte pas.

        Tout ce que produit la Chine est du domaine du gadget.
        Le type s’appelait Gaget, mais les tubards US avaient tendance
        à faire sonner le G, devenant dg, comme dans « djet » avec les postillons.
        Les moulinets de pêche , bien français à l’origine, Michel
        sont devenus Mitchell, sur le même modèle.
        Faut pas contrarier le client.

        Le meilleur exemple de gadget étant les trucs portables
        multi-fonctions chargés de rassurer l’égo de son possesseur.
        (incidemment, j’en ai pas.). Pour les gadgets de cuisine
        ou de confort, ces gadgets sont nettement consommables
        et pas réparables; expériences anciennes, non renouvellées.

        A Shenzhen , ils disent que ce sont des usines.
        Faux, ce sont des casernes. (Je cite :  » des conditions de travail inhumaines ». )
        Les sacrifices pour la plus grande gloire de l’argent-patrie sont nombreux.
        Et on changerait son mode de vie pour des trucs pareils?
        La théorie, le commentaire, l’assaut d’intelligence racoleuse, d’accord.
        Mais faut être raisonnable, des fois. Par exemple, ces horreurs
        vaut mieux qu’ils se les gardent. Quelque part, c’est comme si l’éloignement
        lustrait ( purification) le gadget. Probable que les conteneurs sont désinfectés…

        Vous avez de la chance de pouvoir dominer tous ces miasmes
        appelés « libéralisme » sans vous mouiller, façon de parler.
        Ne dites pas « quoique », le maouss, le géant est bien là.

      11. @ Pierre-Yves D. 20 juin 2012 à 08:47
        C’est délicat de tirer des enseignements d’un seul petit échantillon de données. Dans ces masses mises en mouvement ou en action en Chine, beaucoup ont certainement contribué à la création d’investissements. Il n’est pas anormal que le pays le plus peuplé du monde, devenu lucide après des siècles de somnolence, mette les bouchées doubles et n’attaque pas la montagne des retards accumulés avec des petites cuillers, des pelles et des seaux d’enfants.

        A l’époque ou l’Occident creusait les canaux de Suez et de Panama on aurait certainement pu tirer des conclusions aussi alarmistes en publiant des données chiffrées de même nature.

        Oui, les dirigeants Chinois se comportent en bons pères de famille quand ils privilégient l’investissement sur la consommation immédiate. Cela permet au pays de s’enrichir en pompant les richesses disponibles dans les pays qui, pour vivre mieux dans le présent, sacrifient leur futur, leur capital constitué d’avances technologiques, de terres agricoles et d’un capital humain qui se laisse aller à consommer seulement pour consommer, sans mesurer où cela mène.

        Oui les dirigeants Chinois voient loin lorsque pragmatiquement, ils prennent des dispositions de nature à freiner la croissance démographique et la consommation de la population. Au lieu de les inquiéter, la crise qui gagne l’Occident leur donnera, au contraire, l’occasion de montrer à leur population ce qu’il advient quand on se comporte sans réflexion, en anticapitaliste doctrinaire. Après avoir trop longtemps laissé certains de ses peuples, (des enfants maintenus dans l’immaturité par manque de réflexion objective), consommer plus que ce qu’ils produisaient, l’Occident va devoir réagir sous la contrainte du reste du monde.

        Mauvais pères de famille d’enfants gâtés, les moins raisonnables des pays occidentaux vont devoir rapidement leur demander de réduire leurs dépenses alors qu’ils ne les ont jamais habitués à se serrer sérieusement la ceinture depuis plus d’un demi siècle. Ceux-là mêmes qui reprochaient à leurs parents et grands parents de ne pas les laisser suffisamment jouir sans entrave, vont s’entendre dire par leurs propres petits enfants, ce que la fourmi disait à la cigale à l’époque où l’on enseignait la réalité à l’école primaire, cette institution qui initiait à l’économie avec beaucoup d’efficaité énergétique.

        « Vous chantiez, j’en suis fort aise, et bien dansez maintenant »

        Pendant ce temps, la Chine pourra continuer à enseigner à ses enfants, les classiques occidentaux, grecs ou français.
        http://fr.wikisource.org/wiki/Fables_d%E2%80%99%C3%89sope/Le_Laboureur_et_ses_Enfants
        http://www.momes.net/laboureur/accueil.html

        @ vigneron 20 juin 2012 à 12:32
        Le même commentaire s’applique aussi aux Islandais.
        PS : Souvenez-vous, cher frère, quand on a bien en main un bon couteau Suisse, le plus sage est de ne pas en changer.

      12. jducac,

        oui ou non, globalement, l’humanité dilapide ses ressources ?

        Vous jouez sur les deux tableaux.
        Un coup vous nous mettez en garde à propos du péril de la croissance (votre référence au rapport Meadows qui pointe ses limites) concernant l’humanité dans son ensemble.
        Un coup vous nous dites que ce que les uns dilapident par leur hyper consommation fait en réalité la richesse (les « investissements » sous votre plume) des autres, en l’occurrence ici celle la Chine, validant alors un mode de développement « local ». Vous omettez alors de dire les méfaits globaux qu’implique ce local dans lequel vous ne voulez pas voir le maillon d’un système commun à tous, celui dérégulé de la finance mondialisée qui provoque l’actuelle destruction de nos milieux de vie.

        Bref, je suis au regret de vous dire que vous n’avez toujours pas résolu votre contradiction majeure.

      13. @ Pierre-Yves D. 21 juin 2012 à 11:55

        Un coup vous nous dites que ce que les uns dilapident par leur hyper consommation fait en réalité la richesse (les « investissements » sous votre plume) des autres, en l’occurrence ici celle la Chine, validant alors un mode de développement « local ».
        Bref, je suis au regret de vous dire que vous n’avez toujours pas résolu votre contradiction majeure.

        Mais non, il n’y a ni incohérence ni contradiction dans ce que j’énonce à l’issue du décryptage que je fais de la marche du monde.

        Nos façons de voir les choses sont très différentes. Vous, d’après ce qu’il me semble, vous le regardez au travers d’un ensemble de jauges qui vous amène à vouloir que tout soit égal, en tout, pour tous, et à proposer le nivellement comme solution. Moi, je constate que les inégalités règnent depuis toujours et que, de plus, si tout le monde vivait comme les USA (où il y a aussi des riches et des pauvres) il faudrait 4 à 5 planètes en 2030, c’est-à-dire demain. Si tout le monde vivait comme la moyenne en Inde, une demi-planète suffirait.

        http://www.madmoizelle.com/wwf-il-nous-faut-desormais-15-planetes-pour-vivre-16925

        Compte tenu de cette donnée qui, je pense, n’est plus contestée par personne, il me semble que l’attitude de la Chine est doublement responsable.

        D’une part, elle s’emploie à mettre à hauteur son territoire en investissements industriels que l’endormissement de cette très ancienne civilisation avait tenu à l’écart de l’industrialisation opérée en Occident à la fin du 18 ème siècle. Cela ne m’apparaît pas injuste étant donné ce que ce pays a apporté au monde en matière d’inventions dans le domaine des sciences et technique

        http://www.chine-informations.com/guide/inventions-chinoises_154.html

        D’autre part, elle limite la consommation de sa population en freinant son accroissement démographique et en limitant la progression de la majorité des revenus, tout cela démontrant que les dirigeants de ce pays ont pris conscience de leurs responsabilités vis-à-vis de la préservation de la planète.

        Vous omettez alors de dire les méfaits globaux qu’implique ce local dans lequel vous ne voulez pas voir le maillon d’un système commun à tous, celui dérégulé de la finance mondialisée qui provoque l’actuelle destruction de nos milieux de vie.

        Contrairement à ce que vous évoquez en parlant des « méfaits globaux » entraînés par les options prises par la Chine, je trouve que les orientations adoptées interviennent plutôt favorablement dans la régulation mondiale de la consommation et des prélèvements sur la planète. Elle a, de fait, coupé les ailes de l’Occident, le plus gros prédateur mondial, en empêchant les plus fragiles de ses Etats, sur le plan des ressources minérales et énergétiques, d’être compétitifs, en particulier l’Europe.

        Pour toutes ces raisons, je trouve que la Chine s’est plutôt placée en situation d’acquérir un ascendant moral sur beaucoup d’autres pays du monde. Bien sûr, vous pouvez critiquer la froideur de cette analyse, mais je crois que c’est ce qui résulte de l’objectivité.

        Quant aux perturbations apportées par la finance, je ne nie pas qu’elles interviennent, mais je pense que l’argent et les monnaies interviennent davantage en tant que perturbants conséquences, que comme cause racine.

        L’évolution du monde étant ce qu’elle est en 2012, si vous étiez le maître du monde et bon père de famille, quelle serait votre solution de réorientation concrète?

      14. @ jducac

        Je vous l’avais démontré récemment, vous aviez d’ailleurs marqué votre accord avec mes remarques, mais vous retombez dans le même travers : vous parlez d’une Chine qui n’existe pas, en construisant sur quelques généralités que vous connaissez pour créer un modèle fictif qui n’a rien à voir avec la réalité d’un pays que Pierre-Yves connait immensément mieux que vous.

      15. @ Julien Alexandre 21 juin 2012 à 22:02

        Je vous l’avais démontré récemment, vous aviez d’ailleurs marqué votre accord avec mes remarques, mais vous retombez dans le même travers

        J’avais effectivement confirmé l’exactitude de votre déclaration, en l’assortissant toutefois d’un long développement allant dans le sens de la réponse faite ci-dessus à Pierre-Yves qui, je le sais, connais très bien la Chine.
        C’était ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=37924#comment-329952

        Hélas, vu votre importante charge de travail, vous vous êtes arrêté sur un premier acquiescement, sans enregistrer le reste du long commentaire qui suivait.

        Je ne cherche pas, de toutes forces, à avoir raison. Mon seul objectif est de donner une autre façon de voir les problèmes qui se posent à nous tous. Certes mon approche est plus globale, moins ciselée que celle d’un fin connaisseur. Mais, l’expérience m’a prouvé qu’une appréciation globale juste, s’appuyant sur analyse factuelle, en évitant de se perdre dans trop de subtilités, était une bonne manière d’aborder efficacement la résolution de problèmes complexes.

        C’est souvent ainsi, ce sont des non spécialistes plus aptes que les spécialistes à embrasser et à synthétiser les situations complexes qui se voient confier la mission d’en sortir ; en s’appuyant bien évidemment, sur l’expertise très utile des spécialistes. Nous sommes tous égaux, mais, selon les tâches auxquelles nous nous attelons, nous ne sommes pas tous aussi performants.

        Comme l’a dit Paul Jorion, il faut de tout pour faire un monde. Chacun y a sa place et doit, selon moi, s’employer à la trouver sans attendre qu’on la lui donne.

      16. @ jducac

        Hélas, vu votre importante charge de travail, vous vous êtes arrêté sur un premier acquiescement, sans enregistrer le reste du long commentaire qui suivait.

        Au bout de 3 ans, je pensais que vous aviez saisi que je lisais la totalité des commentaires publiés sur ce blog. Donc j’avais bien évidemment noté votre long développement qui visait à côté, comme toujours. C’est logique quand on trouve sous votre plume :

        Mais, l’expérience m’a prouvé qu’une appréciation globale juste, s’appuyant sur analyse factuelle, en évitant de se perdre dans trop de subtilités, était une bonne manière d’aborder efficacement la résolution de problèmes complexes.

        Que l’on peut résumer par : ne perdons pas de temps avec les détails, de toute façon « mon expérience » prouve le contraire.

        Il ne s’agit pas là de spécialistes ou de détails, il s’agit simplement du fait que sur la Chine, pays auquel vous ne connaissez rien, vous racontez n’importe quoi. C’est un fait. Et du coup votre raisonnement ne présente pas grand intérêt (pour ne pas dire du tout) du fait que vous appuyez votre réflexion sur un endroit imaginaire avec des règles de fonctionnement imaginaires. C’est une expérience de pensée que vous faites, comme direz Einstein. Elle peut être stimulante, mais à condition de la considérer pour ce qu’elle est : une expérience de pensée abstraite. Cessez donc de vous référer à la Chine. Ou alors ouvrez les yeux sur la nature profonde et la situation de ce pays.

      17. @ Julien Alexandre 22 juin 2012 à 09:45

        Et du coup votre raisonnement ne présente pas grand intérêt (pour ne pas dire du tout) du fait que vous appuyez votre réflexion sur un endroit imaginaire avec des règles de fonctionnement imaginaires.

        Vous êtes dans le vrai quand vous dites que mon raisonnement est imaginaire. Comment pourrait-il en être autrement ? Comme tout à chacun, je me fais une représentation de ce sur quoi je m’interroge, en prenant soin de partir de données factuelles qui peuvent être prises en compte, vérifiées, validées ,ou infirmées par tout le monde.

        Cela conduit à une première représentation la plus probable du fonctionnement global du système réel auquel on s’intéresse. Par approches successives et intégration des données nouvelles, la thèse initiale, le schéma de fonctionnement d’ensemble sur lequel on travaille, s’affine. En même temps la thèse initiale se renforce en devenant plus solide, grâce d’ailleurs aux apports que constituent les avis contraires insuffisamment justifiés. Ce sont autant de tentatives de déstabilisation avortées qui ne font qu’endurcir et rendre moins vulnérable la thèse présentée.
        Mais un évènement ou un élément indiscutable peut toujours venir mettre à bas cette représentation « imaginaire ». Alors au nom de l’honnêteté intellectuelle et de l’objectivité, la thèse émise n’a plus lieu d’être soutenue.Ce n’est pas encore le cas sur ce sujet.

        Je pense que la « représentation imaginaire » a du faire l’objet de recherches et d’études savantes par divers spécialistes de par le monde, dont j’ignore tout des noms. Heureusement que pour raisonner le commun des mortels n’a pas attendu de les connaître pour se mettre à imaginer et à résoudre les problèmes auxquels il a été confronté.

        Il ne s’agit pas là de spécialistes ou de détails, il s’agit simplement du fait que sur la Chine, pays auquel vous ne connaissez rien, vous racontez n’importe quoi.

        Je raconte ce que je pense, honnêtement, sincèrement, naïvement peut-être aussi. Heureusement que dans ma vie, quelques soient les postes qui m’ont été confiés, je ne me suis pas intéressé qu’à ce que je connaissais en spécialiste ; sans quoi, je n’aurais jamais progressé, et somme toute j’aurais été bien moins utile aux communautés au sein desquelles j’ai œuvré et vécu.

        Cessez donc de vous référer à la Chine. Ou alors ouvrez les yeux sur la nature profonde et la situation de ce pays.

        La Chine n’est pas une référence, ni ma référence. Il me semble cependant que lorsqu’on s’intéresse à la marche du monde, il est difficile de ne pas l’observer.

        Je ne suis pas le seul à le faire. Ainsi, j’apprends en lisant le Figaro ce matin que, sous la plume d’Arnaud de la Grange « La Chine envisage prudemment de reculer l’âge de la retraite. Les plus de 65 ans pourraient représenter plus de 25% de la population en 2050 contre 8% en 2008 ».
        Ce serait à cause de l’évolution démographique et de la pression financière, le déficit des retraites pourrait atteindre 18,3 milliers de milliards de yuans en 2013 et monter à 68 en 2033 soit environ 38% du PIB estimé de l’époque. Le système de retraite ne couvre que 289 millions de personnes, pour l’essentiel des urbains.

        Ces questions d’âge de retraite et de financement, sont partout les mêmes. Elles résultent directement de l’efficacité énergétique du pays qui n’a été qu’effleurée dans cette file.

        Comme je cherchais si cet article était en ligne, je suis tombé sur celui-ci. Est-il convenable de le lire ?
        http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-les-medias-occidentaux-et-le-phenomene-de-l-aquarium-52214340.html

        PS ; Je sais que vous avez beaucoup de travail et comprends que vous ne puissiez pas consacrer beaucoup de temps à répondre. Je suis époustouflé par tout ce que vous arrivez à faire.

      18. …données factuelles qui peuvent être prises en compte, vérifiées, validées ,ou infirmées par tout le monde.

        Si les données sont « factuelles », elles ne peuvent être « infirmées », c’est bien tout le problème de votre raisonnement sur la Chine.

    3. Ils construisent aussi des dizaines d’aéroports régionaux dont la plupart ne seront jamais utilisés (c’est connu depuis 2-3 ans)

  3. La remarquable émission « Le Dessous des Cartes » était consacrée ce mardi à la faillite de l’Islande.
    Jean Christophe Victor nous livrait de manière claire et nette et surtout très synthétique les points majeurs.

    L’Islande sort de la faillite
    « Durant l’automne 2008, l’Islande a été l’un des premiers pays touchés par la crise financière. Ce pays, qui passait pour un modèle de néo-libéralisme, s’est alors trouvé ruiné. Aujourd’hui, l’île redevient un exemple célébré pour sa sortie de crise. Peut-on transposer la méthode islandaise à la zone euro ? »

    Réponse NON, mais merci à Joseph Stiglitz et d’autres pour avoir privilégié une solution démocratique.
    Point essentiel à mon sens, le contribuable sera épargné (le mot me plait).
    D’autre part, du fait du réchauffement climatique et la position géographique stratégique du pays sur la route du Groenland, l’Islande pourrait devenir un pays de cocagne.

    Rediffusion le 25/6 à 6h45 ou de suite :
    http://videos.arte.tv/fr/videos/le_dessous_des_cartes-6747722.html
    http://www.arte.tv/fr/Programmes-a-la-semaine/244,broadcastingNum=1350559,day=1,week=26,year=2012.html

    Le Monde du mercredi 20 juin consacrait un article à l’Espagne (accès restreint aux abonnés).
    Compte tenu du dossier volumineux consacré mardi aux résultats des législatives on peut penser que les équipes du Monde étaient alors mobilisées sur ce sujet national.
    « Fortes interrogations sur le réel état de santé de l’Espagne »
    « Le taux d’emprunt à 10 ans a dépassé 7,2 %. Les marchés n’ont plus confiance dans la solvabilité du pays, ni dans ses chiffres et ses prévisions. Pas de répit pour l’Espagne. Une nouvelle fois, lundi 18 juin, le taux des emprunts obligataires à 10 ans s’est envolé, dépassant 7,2 % – un taux… »

    Plusieurs questions sont posées :
    ampleur des impayés dans les banques
    sous estimations des chiffres
    ampleur des refinancements des crédits aux promoteurs
    autres types d’entreprises concernées (exemple ACS, entreprise de construction)
    déficit réel des régions autonomes
    autres pratiques douteuses

  4. Bonjour à toutes et à tous
    Un peu d’ironie interrogative : le fait que les danois empruntent à -0,08%, ne serait-ce pas une forme de redistribution des richesses?
    (juste comme ça)

    1. The Nordic country, which pegs its currency to the euro but isn’t a member of the troubled neighboring monetary union, sold 1.55 billion Danish kroner ($263.8 million) of a bond that matures in just under two years bond at an average yield of -0.08%. The February 2014 bond attracted bids totaling 3.35 billion kroner, and follows a well-received auction of Danish inflation-linked government paper on May 24 that also saw investors accept a negative yield of 0.14% to keep their money with the Danish state.

      Denmark Joins Those Selling Debt at Negative Yields, By ANNA MOLIN, EMESE BARTHA and KATIE MARTIN, Wall Street Journal June 19 2012

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