Archives par mot-clé : nucléaire civil

LE PROCESSUS « CULTUREL » DE REPRODUCTION / SÉLECTION « NATURELLE », par Jean-Baptiste Auxiètre et Paul Jorion

Quand Darwin parle de « sélection naturelle », le processus implicite, sans lequel il ne pourrait y avoir sélection de certaines des combinaisons obtenues, est bien entendu la reproduction qui s’opère elle à proprement parler naturellement, c’est-à-dire mécaniquement.

Il en va en réalité de même pour ce que fabrique l‘homme : il ne produit pas véritablement à dessein, il produit au contraire « tout », c’est-à-dire l’ensemble de toutes les combinaisons possibles et, toutes les combinaisons qui « fonctionnent » trouvant nécessairement un acheteur, elles sont reproduites.

L’homme se contente de poursuivre, de manière « culturelle » et il faut entendre par cela, simplement : « au-delà du biologique », la dynamique de la sélection naturelle. Par ailleurs, l’homme se révèle incapable d’exercer le moindre contrôle, la moindre maîtrise, sur ce processus « culturel » de reproduction / sélection « naturelle », l’épithète « naturelle » renvoyant précisément à l’absence de choix, au fait que tout est tenté, et que tout ce qui « fonctionne » est reproduit.

Bien sûr, comme pour notre destin individuel et ses multiples péripéties, nous, êtres humains, sommes toujours capables de produire a posteriori un discours justificatif mettant en scène une intention préalable, un « but », que l’effet produit et constaté aurait en fait « réalisé », et un « choix » opéré entre différents buts possibles (*). Pour vous en convaincre, consultez votre quotidien imprimé ou en ligne, où vous trouverez des justifications érudites des O.G.M., du nucléaire civil, des armes de destruction massive, physique, chimique, et aujourd’hui, biologique, etc. en dépit du fait qu’avec eux le péril pour l’espèce grandit à chaque jour qui passe.

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SONT-ILS DEVENUS FOUS ? LA RÉPONSE EST : OUI !

L’origine probable d’un tremblement de terre en novembre 2011 en Oklahoma, d’amplitude 5,7 sur l’échelle de Richter, est l’injection d’eaux souillées sous-produits de l’industrie du gaz de schiste.

Un résumé de l’article se trouve ici.

Problème pour les enfants des écoles : Sachant qu’un incident sérieux dans une centrale nucléaire ne peut se produire qu’une fois tous les 5.000 ans, qu’un tremblement de terre induit par des injections d’eaux souillées sous-produits de l’industrie du gaz de schiste ne peut avoir lieu qu’une fois par siècle, et qu’il n’y a que 500 centrales nucléaires à la surface de la terre, calculez la date de la première catastrophe nucléaire provoquée par un tremblement de terre causé par l’extraction du gaz de schiste.

P.S. Si la date découverte tombe dans la semaine qui vient, mettez-vous en rang et quittez la salle de classe en bon ordre.

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La vie quotidienne début 2013 au Japon : comment protéger ses enfants de la radioactivité ?, par Marc Humbert

Billet invité.

Je suis revenu du Japon, fin août 2012 après un séjour de 4 ans et je viens d’y passer une quinzaine de jours entre la mi-décembre et le début janvier. Les populations d’une grande partie de l’Est du Japon donnent l’impression de vivre comme si la radioactivité n’existait pas, mais quand on quitte les routines quotidiennes et que les langues se délient, on perçoit l’immense angoisse de fond et la profonde opposition à la remise en marche d’une production d’énergie nucléaire. Les sondages évaluent cette opposition à plus de 60%. Quand on en rencontre des familles jeunes avec enfants, le malaise est pire et les mamans vivent très mal cette situation, surtout si elles sont restées à moins de 100 km de la centrale. Même en vivant plus loin, comme nombre de celles qui habitent à Tokyo, elles s’inquiètent pour leurs jeunes enfants. Je vous livre ci-après quelques témoignages directs et d’autres lus dans les journaux et transcrits depuis mon retour.

« J’ai cru que j’allais perdre la tête » se souvient Minaho KUBOTA, en répondant à un interview récent, publié le 31 décembre par le Japan Times. Aussitôt après la menace radioactive elle est partie se réfugier très loin, à Naha, sur la principale île de l’archipel d’Okinawa, à 2 500 km de Fukushima. « Je sentais que je n’aurais eu aucune réponse à donner à mes enfants si, une fois grands, ils en venaient à me demander : Maman, pourquoi n’es-tu pas partie ? ».  Cette pensée taraude des centaines de milliers de mères au Japon, pas seulement celles qui se trouvaient les jours qui ont suivi le 11 mars à quelques dizaines de kilomètres de la centrale, mais une grande partie de toutes celles qui vivaient dans l’Est du Japon.

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FUKUSHIMA : LES ROBOTS AVEC NOUS ! par François Leclerc

Billet invité.

Les partisans de la relance de l’électronucléaire japonais sont à la recherche d’une stratégie de communication. Ils constatent que le terrain de la mesure de la contamination est défensif et scabreux et ne peut donner lieu qu’à des déconvenues, le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à la santé, Anand Grover, venant de recommander aux autorités japonaises d’y associer les « communautés locales », afin de réduire leur dépendance aux experts, car ceux-ci ne connaissent « qu’une partie de la solution ». Celui de la décontamination des vastes régions entourant la centrale l’est également, car la tâche se révèle dantesque au fur et à mesure qu’elle est censée progresser et qu’elle se réduit à des faux-semblants. Aux dernières nouvelles, les conifères concentreraient la pollution, avec comme conséquence que la seule solution serait de raser les nombreuses forêts de la région ! Déjà que l’on ne sait que faire des masses de terres et de végétaux arasés dont aucune municipalité ne veut sur son territoire…

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TU N’AS RIEN COMPRIS À FUKUSHIMA, par Cédric Chevalier

Billet invité.

Le récent billet publié par Paul Jorion sur son blog, intitulé Tu n’as rien vu à Fukushima, aborde de manière concomitante d’intéressantes questions mathématiques, économiques et philosophiques. Jorion examine cette réalité complexe et à échelle multiple qu’est la gestion du risque par les individus, les sociétés (au sens social du terme) et l’espèce humaine (la réflexion au niveau de l’espèce étant devenue une question éthique pertinente depuis que la technologie permet notre suicide collectif, comme l’a montré Hans Jonas). Contrairement à ce que pourraient laisser penser des modèles désincarnés programmés directement en binaire dans des automates boursiers, la lecture correcte des informations probabilistes, loin d’être neutre, est au contraire un enjeu philosophique et politique fondamental.

C’est d’ailleurs seulement l’apparence du hasard qui a vu publié le même jour dans la revue Nature Geoscience un article relatif au tsunami qui dévasta les rives du lac Léman en 563, article largement repris par la presse ce jour-là.

Nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience de ces risques, avec lesquels nous sommes désormais condamnés à vivre, pour le meilleur et pour le pire.

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PEUT MIEUX FAIRE

Du discours de défaite de Nicolas Sarkozy, on pourra dire qu’il constituait un rétablissement par rapport à ce qu’on l’a entendu dire dans l’entre-deux-tours. Faire mieux que cela était évidemment relativement aisé vu les dérapages vertigineux auxquels on a assisté et que ses partisans s’empressent de nier ce soir. La dignité au moins est de retour, mais attention, homme averti en vaut deux : gare à de nouvelles embardées en cas d’averse.

Du discours de François Hollande à Tulle, mon dieu que dire ? Dans mon billet le plus récent pour Le Monde-Économie : « Candidats, encore un effort… », j’évoquais les discours de comices agricoles des sous-préfets de la IIIe république, en soulignant qu’il faudrait décoller significativement de leur niveau si l’on veut mettre au pas la finance internationale et remettre sur ses pattes l’économie nationale. Or ce n’est pas encore ce soir… Silence radio aussi sur l’indispensable sortie du nucléaire. La foule, avide d’applaudir quelque chose n’a eu à se mettre sous la dent que le mot « égalité » ; c’est mieux que rien sans doute, mais demeure désespérément mince.

Ce n’est plus de « Candidats encore un effort… » qu’il est question ce soir mais de « François, encore un effort… »

 

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DÉBUT D’INVENTAIRE A FUKUSHIMA, par François Leclerc

Billet invité.

L’heure est à des découvertes peu encourageantes et à une première révélation tardive de Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima-daiichi. Il vient seulement de révéler où avait été mesuré en novembre dernier un important niveau de radioactivité de 1,6 Sv/h dans le réacteur n°3. C’était aux abords immédiats d’un sas de quatre mètres de hauteur qui permet d’accéder avec des machines à l’intérieur de l’enceinte de confinement de deux mètres d’épaisseur lors des opérations de maintenance. Depuis, un robot muni d’une caméra a pu observer que la porte de béton pesant environ 70 tonnes ne l’obturait plus et avait été déplacée de près deux mètres sur ses rails ! Sans qu’aucune explication ne soit donnée. Rien n’a été dit à propos de l’état de la cloison étanche en acier qui se trouve côté cuve du réacteur. En tout état de cause, il s’agit d’un grave déconfinement. (Merci à Gen4).

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Fukushima : LES JAPONAIS EN RÉSISTANCE, par François Leclerc

Billet invité.

Arborant un air entendu qui ne souffre pas la contradiction, il n’est pas rare de rencontrer des connaisseurs qui d’un trait définitif expédient un peuple dont ils ont fait le tour : les uns sont ceci, les autres sont cela… C’est ainsi et pour toujours. Pour les Japonais, c’est du même tabac : ils sont voués à accepter passivement leur sort, en vertu de leur nature profonde.

Cela prend pourtant dans l’immédiat un autre chemin. La remise en marche du parc nucléaire japonais – seule une centrale est encore active jusqu’au 5 mai prochain sur les 54 qui le constituent – ne passe pas comme une lettre à la poste.

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LES CENTRALES NUCLÉAIRES ACTUELLES SONT SANS DÉFENSE, par Jean-Louis Basdevant

Billet invité

D’abord, je suis un scientifique et un intellectuel libre, je ne fais aucunement partie du « système ». Physicien théoricien des particules et de l’astrophysique, donc capable, je pense, de comprendre sinon la physique du noyau, du moins celle qui régit les réacteurs. Après avoir été proche de Georges Charpak, j’ai « viré ma cuti » l’été dernier, en conscience, après 4 mois de travail sur Fukushima (la première édition de mon livre (*) a été trop rapide et superficielle). Le problème gravissime est la menace de fusion du cœur. Se battre contre les « causes » possibles est futile : elles sont innombrables, ex : TMI conjonction de 3 pannes mineures dans un système complexe. Or le melt-out est un danger imparable : pollution des nappes phréatiques etc. rendant l’espace invivable pendant 300 ans au moins. Les centrales actuelles sont sans défense (la « protection géologique appropriée » de l’ASN, outre son prix, me semble un gag, digne des plaisanteries militaires d’une époque révolue) EPR est nettement mieux grâce au « cendrier », mais seule la « génération IV » apporte de réels progrès.

Elle verra peut-être le jour… mais dans très longtemps et à quel prix ?

Fessenheim est le prototype d’une sottise à arrêter d’urgence : à l’aplomb d’une nappe phréatique de 33 milliards de m3, Vallée du Rhin région la plus active et peuplée d’Europe, Canal d’Alsace, zone sismique etc. etc. sans compter l’accident « bête » type TMI (voir le livre de Ch. Perrow « Normal Accidents »). Il y en a d’autres ! (voir la vallée du Rhône.) J’ajoute que l’arrêter = la démanteler ce qui créera de l’emploi de haute qualification (que nous possédons). Arrêtons les sottises de la campagne actuelle sur ce sujet. Créons donc chez nous cette compétence technologique de très haut niveau qui s’offre à nous !

Quant à prétexter le réchauffement climatique: c’est se moquer des gens (au mieux) : il faudrait multiplier le parc nucléaire mondial par 10 (4000 à 5000 réacteurs) pour apporter une contribution non ridicule (et à quel prix !).

Il faut revoir tout notre système énergétique dans les meilleurs délais (économies d’énergie, renouvelables, etc.). Est-ce utopique ou risible de plaider pour une politique énergétique européenne ?

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(*) Jean-Louis Basdevant est l’auteur, entre autres, de Maîtriser le nucléaire : Sortir du nucléaire après Fukushima, Eyrolles, 2011

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L’OMBRE DE FUKUSHIMA S’ALLONGE, par François Leclerc

Billet invité

Le bilan est sans nuance : il ne reste plus que cinq réacteurs nucléaires en activité sur les 54 du parc japonais. Quatre unités supplémentaires doivent être stoppées d’ici mai prochain, la totalité d’entre elles pourrait même être arrêtée l’été prochain, période de pic de la consommation en raison de la climatisation des locaux et habitations.

Les autorités japonaises reconnaissent ne pas avoir de plan de remise en service des réacteurs, stoppés par précaution ou par des opérations de maintenance. Car leur redémarrage est soumis à la réalisation préalable de tests de résistance et doit être approuvé par les autorités locales, qui n’y sont pas favorables. Elles-mêmes sont sous la pression d’une opinion publique qui ne s’exprime que peu ouvertement mais n’en pense pas moins : le choc créé par la catastrophe de Fukushima est plus profond que n’en laisse paraître l’absence de réaction.

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Fukushima : L’ÉCHELLE FINANCIÈRE DU NUCLÉAIRE, par François Leclerc

Billet invité

Les échelles de l’industrie électro-nucléaire sont multiples.

Quarante ans sont ainsi prévus pour les opérations de démantèlement de la centrale de Fukushima-Daiichi, puisqu’il fallait bien annoncer un calendrier. Celui-ci est donné sans garantie, étant donné les inconnues et défis titanesques de l’opération, tandis qu’une autre échelle se révèle progressivement : celle des coûts financiers de la catastrophe.

Tepco, l’opérateur privé de la centrale, va devoir non seulement assumer les coûts de ce démantèlement, mais également ceux du dédommagement des victimes et de la compensation par d’autres moyens de l’arrêt de la quasi intégralité de ses réacteurs nucléaires.

Dans l’immédiat, Tepco fonctionne grâce à des avances financières du Fonds de versement des indemnités pour les dégâts nucléaires, mis en place par l’État. 8,7 milliards d’euros ont déjà été débloqués, mais Tepco – qui en avait réclamé 10 milliards – demande maintenant 16,7 milliards d’euros. Les experts considèrent que 42,5 milliards d’euros devront être versés à ce titre d’ici à 2013, un montant déterminé sur la base d’estimations contradictoires. Il pourra être augmenté au fur et à mesure que sera délimité la future “zone interdite” qui affecte actuellement 80.000 Japonais déplacés.

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Le secret nucléaire résiste à la catastrophe de Fukushima, par François Leclerc

Billet invité. A paru dans La Tribune, le 1er août 2011.

Le 11 mars 2011, un puissant séisme, puis un tsunami dévastateur, ravageaient des régions entières du Japon, déclenchant la troisième catastrophe nucléaire de l’histoire après Three Mile Island et Tchernobyl. Plus de quatre mois après, la situation n’est toujours pas stabilisée à Fukushima, en dépit des affirmations officielles, Tepco, l’opérateur technique, ayant transformé une usine produisant de l’électricité en une fabrique d’eau radioactive, qu’il ne parvient toujours pas à maîtriser.

La nature de cette catastrophe est différente de Tchernobyl, dont la réédition était crainte. Après une première phase aiguë, avec fusion du combustible, percement des cuves des réacteurs et formation de coriums, la situation est aujourd’hui chaotique, imposant dans l’urgence de continuels bricolages, toujours susceptible de rebondissements. Contenue, la crise est rampante, sans que la longue phase de démantèlement qui doit suivre puisse être entamée. Destinée à durer une décennie et plus, elle va imposer d’avancer dans l’inconnu.

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FUKUSHIMA PREND TOUTE SA DIMENSION, par François Leclerc

Billet invité.

« Il faudra trois, cinq, voire dix ans pour parvenir à en reprendre le contrôle, et même plusieurs décennies pour remédier aux conséquences de l’accident », vient de déclarer à propos de Fukushima Daiichi Naoto Kan, le premier ministre japonais.

C’est la première fois que les autorités japonaises s’avancent a formuler une estimation des délais qui seront nécessaires pour procéder à la décontamination du site. Une nouvelle annonce présentant les étapes de celle-ci ainsi que leur calendrier devrait intervenir le 19 juillet prochain.

Le projet, qui circule déjà au Japon, s’appuie sur l’expérience américaine qui a fait suite à l’accident de Three Mile Island, ce qui en trace sans plus attendre les limites. Le combustible de trois réacteurs a fusionné, traversant la cuve contrairement à ce qui s’était passé aux Etats-Unis.

Le démantèlement des réacteurs s’annonce comme une opération de longue haleine nécessitant la conception et la mise au point de méthodologies et d’équipements spécifiques, en particulier afin de recueillir le combustible après fusion, dont on ne connaît pas l’état et la localisation exacte. Il sera également nécessaire de vider les piscines de stockage du combustible usagé, au contenu entreposé dans des conditions perturbées compliquant l’opération. De découper les gigantesques structures radioactives des réacteurs. Et enfin, de stocker pour une longue période dans les conditions de sécurité les meilleures ces masses de débris radioactifs.

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Corinne Lepage : « La vérité sur le nucléaire, le choix interdit » (Albin Michel 2011), par François Leclerc

Billet invité.

En 230 pages alertes, Corinne Lepage nous fait partager ce que l’on pourrait qualifier de désinvolture du nucléaire, tournant sur son grill toutes les faces de son sujet, en particulier sous l’angle financier. Sans doute le plus intéressant provient de son expérience gouvernementale, en tant que ministre de l’environnement, qui lui a donné accès à l’envers du décor. On ne dira jamais assez comment les transfuges peuvent être passionnants ! Avec toutefois le regret qu’elle ne nous en dise pas plus sur sa propre expérience.

Le chapitre intitulé « une industrie hors normes » est à cet égard particulièrement éclairant, qui décrit l’exception nucléaire sous l’angle de l’environnement privilégié dont elle bénéficie, de l’Organisation mondiale de la santé à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), ces deux agences de l’ONU, à l’Euratom européenne. Ainsi que des multiples conditions dérogatoires du droit commun qui lui ont été accordées.

Une suite est réclamée, qui partirait de la constatation de Corinne Lepage qu’il s’agit d’un choix de société pour élargir son propos. La culture du secret et de la défiance qu’elle met en évidence et dénonce, n’étant comme on sait pas propre à l’électro-nucléaire, qui a su si bien la cultiver.

Une première approche du complexe électro-nucléaire nous est livrée, qui contribue à la description du système oligarchique de pouvoir.

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