Archives par mot-clé : Taux d’intérêt

La théorie moderne de la monnaie (TMM) ne tient pas debout – Feuilleton

M. Bernie Sanders a fait de la Théorie moderne de la monnaie, ou Théorie monétaire moderne (TMM), de l’anglais “Modern Money Theory” (MMT), l’armature de la politique économique de sa campagne aux primaires de la récente élection présidentielle aux États-Unis. Mme Alexandria Ocasio-Cortez dit de la TMM qu’elle “devrait être débattue”. Or cette théorie est viciée par une mécompréhension majeure du mécanisme de la formation des taux d’intérêt à moyen et long terme, cruciaux pour l’économie comme pour la dette publique.

La raison pour laquelle ce défaut passe inaperçu de certains économistes intelligents est qu’ils et elles raisonnent à l’intérieur du cadre d’une monnaie forte comme le dollar ou l’euro, monnaies qui bénéficieraient en effet d’une mise en œuvre de la TMM, mais aux dépens des monnaies faibles et des économies qui y sont attachées.

Mise en œuvre à l’échelle mondiale, la TMM entraînerait rapidement la ruine des petites économies. Un mécanisme de plus aurait été mis en place qui drainerait le peu d’argent des pauvres vers l’escarcelle des riches. C’est bien là la dernière chose dont nous aurions besoin aujourd’hui.

Comme la question est d’actualité et que ses enjeux sont majeurs, je vais y consacrer plusieurs billets et vidéos, en français et en anglais.

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Taux d’intérêt de Banque centrale si bas – c’est sans précédent depuis deux siècles, par Alexis Toulet

J’ai trouvé matière à réflexion dans ce graphique retraçant l’évolution du taux d’intérêt de base de la Banque d’Angleterre

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Son avantage est de replacer dans la longue durée les évolutions récentes, notamment la crise financière commencée en 2007-2008.

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Le Média : LE CAPITALISME SE SUICIDE ET VEUT NOUS EMPORTER AVEC LUI, le 14 décembre 2020

Les taux d’intérêt négatifs – la véritable “euthanasie” du rentier = “le capitaliste” – sont en train de détruire également le marché boursier car ils faussent entièrement le calcul du cours “juste” pour une action, lui fixant un montant excessif, coupé de la réalité économique.

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L’Écho – Keynes et les taux d’intérêt aujourd’hui, le 7 janvier 2020

Keynes et les taux d’intérêt aujourd’hui

John Maynard Keynes est sans conteste le plus grand économiste du XXe siècle. Son livre le plus connu est sa Théorie générale de l’emploi, des intérêts et de l’argent, parue en 1936.

Curieusement, et comme j’ai eu l’occasion de le signaler et de l’analyser *, une véritable explication du taux d’intérêt est absente de son livre : il l’explique de multiples manières, souvent contradictoires. Quelques-uns des facteurs qu’il mentionne peuvent être additionnés mais certains s’excluent l’un l’autre.

Ainsi, qu’est-ce qui détermine le taux d’intérêt pour Keynes, selon qu’on cherche ici ou là dans son œuvre ?

  1. La prime de risque de crédit
  2. La dépréciation de la somme prêtée
  3. Le « prix de la liquidité »
  4. La rareté ou non des capitaux
  5. Le taux que le prêteur « exige »

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“La chute de la Bourse hier fait craindre une crise obligataire !” C’est quoi ?

Tous vos journaux parlent à propos du plongeon hier des Bourses de “crise obligataire”. De quoi s’agit-il ?

Je vous l’ai déjà expliqué dans une vidéo l’année dernière : Grandes prophéties : Fin du capitalisme (2009), le 11 octobre 2018, je vous recopie la partie qui répond à la question.

“On va avoir [on a] des obligations en quantité, ces obligations auront [ont] un prix, et ce prix baissera si les taux augmentent. Alors, en général, on vous dit, quand vous demandez une explication – « Pourquoi est-ce que, quand les taux augmentent, le prix des obligations baisse ? » – on dit : « Ben, c’est comme ça, voilà, et au contraire, si le prix des obligations augmente, eh bien, les taux d’intérêt baissent. » On ne vous explique pas pourquoi. Alors moi, je vous ai expliqué ça un million de fois, mais bon, je le répète encore aujourd’hui parce qu’il y a des gens qui verront ça pour la première fois.

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Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (VIII) Comment se déterminent les taux d’intérêt ?

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

Question de la salle : Je ne suis pas une économiste mais, tout de même, sauf erreur, la rente avant 1914 rapportait entre deux et trois du cent. Est-ce que le marasme économique actuel ne vient pas, justement, des taux exorbitants que prélève le capital, et est-ce que ça n’est pas accentué par le fait qu’on a autorisé les banques à créer, en quelque sorte, de la monnaie virtuelle chaque fois qu’elles accordent un prêt ?

PJ : C’est vrai que les banques centrales ont pu fonctionner de manière correcte au fil des siècles parce qu’elles produisaient de l’argent supplémentaire à mettre dans le système au prorata de la richesse véritablement créée. Pourquoi est-ce qu’elles l’ont fait ? Et bien, c’est parce que leur rôle principal était un rôle de stabilité de la monnaie : il fallait, dans le monde du travail, le monde de la production, il fallait qu’il ne faille pas à tout moment augmenter les salaires ou les baisser pour que les choses fonctionnent. La stabilité des prix était très importante, et les banques sont arrivées à le faire, en faisant que les masses monétaires reflètent effectivement la richesse créée. 

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Le Monde / L’Écho – Les produits financiers innovants, facteur de risque, le 20 février 2018

Le Monde : Des “dérives sur indice” à la dérive des marchés

L’Écho : Les produits financiers innovants, facteur de risque

L’identité de l’auteur de la baisse boursière qui débuta le 5 février a conduit à de multiples supputations. Bien sûr, une bulle existait (fruit des injections massives de liquidités par les banques centrales) et tout un chacun prévoyait son éclatement, un élément déclencheur spécifique a cependant dû y intervenir le jour même.

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QUAND LE SOLEIL SE CHERCHE, par François Leclerc

Billet invité.

Au lendemain des élections régionales de Berlin, il se confirme si besoin est que les grands partis de gouvernement ne sont plus à la fête. Ce n’est d’ailleurs pas seulement en Europe que cela se constate, vu le rejet que suscitent au sein de leurs camps réciproques les candidats démocrate et républicain aux États-Unis, et la manière dont les cartes électorales y sont également brouillées.

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Taux d’intérêt négatif en euro : l’Europe invite-t-elle le monde à s’euthanasier ? par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Rationalisation de l’absurde

Depuis deux ans maintenant, le phénomène des taux d’intérêt négatif s’approfondit entre les banques et sur le marché des titres obligataires à court et moyen terme. Les États et les entreprises jugés les plus sûrs par le marché monétaire et financier sont rémunérés pour émettre des titres de dette. Continuer la lecture de Taux d’intérêt négatif en euro : l’Europe invite-t-elle le monde à s’euthanasier ? par Pierre Sarton du Jonchay

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Le Monde / L’Écho, Les taux d’intérêt négatifs signalent-ils – comme l’imaginait Keynes – l’avènement du socialisme ?, mardi 8 mars 2016

L’euthanasie par les taux d’intérêt négatifs

Une légende tenace veut que Keynes ait qualifié l’inflation d’« euthanasie du rentier ». Or s’il a bien utilisé cette expression, c’était dans un autre contexte, dans la conclusion de sa Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) intitulée : « Notes finales sur la philosophie sociale à laquelle la théorie générale peut conduire ». La philosophie en question était le socialisme et Keynes décrivait une stratégie douce pour le mettre en œuvre : une « euthanasie du pouvoir oppressif cumulatif du capitaliste d’exploiter la valeur-rareté du capital… ». Autrement dit mettre fin au capitalisme en éliminant ce qui permet à tout détenteur de capital, ou « capitaliste », d’en obtenir une rente.

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Le prêt à intérêts (II) : la fin de l’usure et le début de la fin, par Zébu

Billet invité.

La première des utopies à s’exprimer et qui concernaient la transformation du prêt à intérêt fut, on l’a vu, la suppression de l’usure avec les lois révolutionnaires de 1789 : abroger l’interdiction de l’usure, afin de laisser libre cours à l’activité de commerce, afin que celle-ci puisse être financée sans limites, même de manière usuraire, l’essentiel étant d’accéder au capital, l’essentiel aussi étant de rompre avec tout ce qui pouvait incarner l’ordre précédent, ordre millénaire en l’espèce.

Tout juste alors en vint-on à considérer que ce qui était bon pour le commerce ne l’était pas pour le particulier, jusqu’en 1793 où les personnes purent elles aussi ‘profiter’ de l’abrogation du taux d’usure et ce jusqu’en 1795 et de manière définitive, en 1807 avec l’institution du Code Civil.

Car malgré les transformations que le prêt à intérêt connut en France, passant de la régulation par la loi à la régulation par les marchés, le taux d’usure, lui, restait inaliénablement défini par la loi, comme étant le 4/3 (133%) de la moyenne des taux de marchés accordés. On pensait les choses closes en matière d’utopie libérale, a fortiori libertarienne.

 

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