Archives par mot-clé : TAXE FINANCIERE

« Esprit, es-tu las ? » Une lettre à l’Élysée, par Zébu

Billet invité

Faut-il que l’Europe soit en si mauvaise posture qu’il faille en appeler aux mânes des grands ancêtres ?

Dans une tribune publiée au Journal du dimanche, Monsieur le Président de la République, vous rendez hommage à Jacques Delors, qui, il y a 30 ans, relançait la construction européenne, notamment avec l’idée d’un marché puis d’une monnaie unique. Ce serait l’insuffisance d’Europe, et non l’inverse, qui serait délétère selon vous. Vous proposez donc que la France soit à l’avant-garde, avec d’autres nations européennes, d’une intégration plus poussée de l’Europe, proposition que vous reprenez à Jacques Delors : parlement et gouvernement de la zone euro gérant un budget fédéral.

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L’Europe à la croisée des chemins, par Zébu

Billet invité.

Le gouvernement grec a donc fait voter la première série de lois à la Vouli, condition sine qua non au déblocage d’un prêt relais pour faire face aux échéances à venir en juillet. Ce faisant, une partie non négligeable du gouvernement et des députés de Syriza a refusé de voter cette loi, produisant ainsi une reconfiguration quasi immédiate du gouvernement grec, en attendant qu’une éventuelle reconfiguration politique, au sein de Syriza, n’intervienne, soit lors d’un congrès, soit par des élections provoquées. Rajouter une crise politique à celle en cours n’est pourtant pas l’objet de M. Tsipras, qui ‘fera le job’ comme on dit : s’il peut s’éviter et éviter à la Grèce une seconde crise politique dans un laps de temps qui puisse être le plus long possible, le premier ministre grec le fera autant qu’il le pourra.

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L’actualité de la crise : LEUR SEUIL D’INCOMPÉTENCE, par François Leclerc

Billet invité

Les situations de crise ont cela d’intéressant qu’elles mettent à nu les mécanismes dans leur réalité, à condition de ne pas affecter de les ignorer. Jour après jour, le feuilleton du second plan de sauvetage européen de la Grèce en est la démonstration, révélant que les autorités européennes ont pour le moins atteint leur seuil d’incompétence.

On pourra s’interroger sur les raisons de leur impuissance, observant que, devant choisir entre deux maux, elles adoptent invariablement le pire. Et qu’elles sont ainsi elles-mêmes les artisans de l’approfondissement d’une crise dont elles ne savent pas se dépêtrer. La conclusion s’imposera : elles sont dépassées par les événements parce que le système qu’elles essayent de sauvegarder a été trop loin et ne peut plus reprendre pied. L’affirmer pouvait être au début téméraire mais devient à force de se confirmer une banalité.

Deux grands acteurs émergent du drame actuel, dont leur antagonisme est le moteur : le gouvernement allemand d’un côté et la BCE de l’autre, tous les autres étant réduits à la figuration. Le premier est soumis au sein de sa majorité à une opposition grandissante à tout soutien renouvelé à la Grèce, tandis que l’ombre du Conseil Constitutionnel allemand et de sa censure se profile pour assombrir le décor, dès le 5 juillet prochain, date du début des auditions destinées à lui permettre de fixer ensuite les règles d’adoption par le Bundestag des futurs mécanismes européens de sauvetage financier.

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MESURES PROPOSÉES PAR LE PARTI SOCIALISTE FRANÇAIS

Il faudra attendre plus tard dans la journée pour avoir un texte définitif, j’utilise en attendant le texte proposé par Marianne2 ainsi que le résumé qu’en offre un article en ligne dans Les Échos. Comme il s’agit d’un texte provisoire, dont on nous dit qu’il s’agit d’« une version de travail non encore amendée par les pontes du Parti socialiste », il va de soi qu’il faudrait faire pression pour que des mesures approuvées ci-dessous dans le perspective du Blog de Paul Jorion, qui disparaîtraient en cours de route, soient réintroduites.

Je ne passe pas en revue ci-dessous la totalité du programme, seulement les points sur lesquels l’attention du Blog de Paul Jorion a eu l’occasion de se focaliser.

  • La réforme de la taxe professionnelle serait corrigée : elle serait ciblée sur les seuls industries exposés à la concurrence internationale.

Très bien.

  • L’impôt sur le revenu serait prélevé à la source et fusionné avec la CSG, ce qui impliquerait la suppression de la plupart des niches fiscales qui lui sont rattachées.

Très bien
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L’actualité de la crise : LEUR POLITIQUE DU PIRE, par François Leclerc

Billet invité.

Régulièrement, un responsable de haut niveau abandonne pour un bref instant ses postures les plus convenues et se permet de lâcher publiquement une vérité. Au début du mois, Mervyn King, gouverneur de la Banque d’Angleterre, avait déjà défrayé la chronique de ce petit monde en s’étonnant que « le niveau de colère ne soit effectivement pas plus élevé qu’il ne l’est ».

Jean-Claude Junker, chef de file de l’Eurogroup, n’y a pas davantage été de main morte le 18 mars, en déclarant à l’occasion d’une conférence où il défendait l’instauration d’une taxe européenne sur les transactions financières  : « Il faut que les responsables du marasme de ces dernières années passent à la caisse ». Expliquant sans fard qu’« il n’est pas possible que l’économie financière, elle, continue à distribuer des bonus comme s’il ne s’était rien passé. Les gens ne l’accepteront pas, tout cela ne peut que finir avec une remise en cause du système économique et politique ».

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L’actualité de la crise : UNE BULLE TROP LOIN, par François Leclerc

Billet invité.

Après avoir sauté un premier obstacle, l’Europe reste à un tournant. Aujourd’hui mercredi, le Portugal a réussi son émission obligataire à un taux légèrement inférieur à la précédente, mais qui reste prohibitif. Soit 6,716%, un prix « acceptable et même favorable vu le contexte » selon Fernando Tereira dos Santos, le ministre des finances. Ayant valeur de tirs de préparation chez les artilleurs, l’intervention vigoureuse de la BCE sur les marchés de ces derniers jours n’y étant pas pour rien.

C’est reculer pour continuer de sauter, car de telles conditions aboutissent à renchérir le poids de la dette, le taux de son financement dépassant de loin les capacités de croissance du pays, de lourdes coupes budgétaires ayant déjà été effectuées.

D’ici au 4 février prochain, prochaine réunion des chefs d’Etats et de gouvernements européens, l’actualité va être rythmée par les émissions obligataires des pays qui naviguent au plus près de la zone des tempêtes. Et la pression va monter. Des discussions sont déjà en cours, dont seuls les échos publics sont perçus, afin d’étudier un aménagement sans attendre du fonds de stabilité européen (EFSF), mais elles font apparaître de fortes dissensions.

Alors que la Commission européenne plaide par la voix de José manuel Barroso, son président, pour une augmentation des moyens du fonds, discrètement appuyé par la BCE et le FMI, les Allemands et les Français s’y opposent. Berlin très catégoriquement, en déclarant qu’il n’est « pas sensé ni nécessaire de discuter d’un élargissement », Paris s’y reprenant à deux fois, pour finalement en refuser la seule urgence mais pas la nécessité.

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L’actualité de la crise : TOUT SE TIENT PAR LA BARBICHETTE, par François Leclerc

Billet invité.

Les soubresauts de la crise européenne permettent-ils d’envisager un décryptage, à l’abri de l’assourdissante cacophonie qui ne fait que s’accentuer ? Si les cartes sont sur la table, elles sont loin d’être retournées. Les déclarations fusent, les contacts se multiplient et les réunions successives des ministres des finances de l’ecofin et de l’eurogroup s’engagent aujourd’hui, sans qu’en réalité on ne comprenne bien qui est le malade et encore moins le remède.

Certes la dette souveraine tient le haut de l’affiche, avec en tête inscrits les noms de l’Irlande et de la Grèce, tandis que ceux du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie s’y hissent. Nettement plus modestement, mais avec régularité, le taux des obligations à dix ans de la France continue de monter et délivre aussi un signal pour plus tard.

Toute l’attention est donc concentrée sur l’éventualité d’un sauvetage irlandais et du rééchelonnement de la dette grecque. Les jours qui viennent vont bruisser d’hypothèses à ce sujet. Un scénario un peu déroutant est feuilleté, puisque le gouvernement irlandais refuse de faire sa demande, alors que tout le monde l’y presse, et que l’étalement des remboursements grecs n’a pas d’autre sens – tout en affirmant avec force le contraire – que de préparer une future restructuration de la dette, c’est à dire une décote de celle-ci aux frais des créanciers. Son éventuel mécanisme faisant pour le moins débat.

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L’actualité de la crise: des tourments monétaires japonais annonciateurs, par François Leclerc

Billet invité

DES TOURMENTS MONÉTAIRES JAPONAIS ANNONCIATEURS.

De latente, la crise proprement monétaire est en train de monter en puissance et à son tour de s’installer. La montée du yen japonais par rapport au dollar, et dans une moindre mesure à l’euro, en est la spectaculaire illustration. Sans que la banque centrale japonaise, ainsi que ses consoeurs qui ne le tentent même pas et la laissent inopérante et solitaire, ne puissent prétendre s’y opposer.

Déjà confronté à un cocktail de difficultés insurmontables afin de sortir de la déflation, le Japon doit désormais faire face au surenchérissement de sa monnaie et à ses conséquences. Obstacle d’un côté à ses exportations – qui seules tirent l’économie – de l’autre confortant à l’intérieur la déflation en raison de la baisse des prix des produits importés qu’elle induit.

Des mesures d’urgence viennent bien d’été adoptées de manière cordonnée par le gouvernement et la banque centrale, mais elles sont de portée symbolique et sans réel effet. Le gouvernement doit à la fois commencer d’une main à contenir le déficit public, et envisage pour cela une hausse de la TVA qui est au taux de 5% au Japon, tandis qu’il cherche de l’autre main à relancer la consommation et la croissance. S’efforçant avec peu de moyens désormais de créer des emplois, la nouvelle priorité gouvernementale après que le précédent a beaucoup fait en pure perte dans le béton.

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L’actualité de la crise, le petit théâtre va recommencer, par François Leclerc

Billet invité.

LE PETIT THÉÂTRE VA RECOMMENCER

Cela fait déjà deux fois qu’une chronique consacrée à la crise monétaire est repoussée au prétexte de l’actualité. La première en raison de la situation irlandaise – ce qui semble a posteriori justifié, de nouveaux éléments montrant à quel point elle est inextricable dans le cadre européen qu’elle est censée respecter, qui est donc mis en cause – la seconde en raison d’une série de première annonces européennes à propos de la régulation financière, qu’il est difficile d’ignorer même si l’on en fait bien peu de cas.

En se demandant, cette fois-ci, si ce nouveau report est bien circonstancié. Car l’ascension irrésistible du yen japonais est en train, sous l’effet de la baisse du dollar américain et à la faveur des gigantesques mouvements quotidiens de capitaux du Forex – le marché mondial des devises – d’enfoncer le Japon dans sa crise déflationniste. Celui-ci n’ayant les moyens ni de s’y opposer, ni d’enrayer la progression de sa dette publique qu’il lui est intimé de stopper, qui seule lui permet de rester en surface. L’immobilisme n’est pas une solution mais il finit toujours par s’imposer, peu ou prou.

Jusqu’où et jusqu’à quand ? C’est la même question que l’on peut se poser vis à vis de la dette américaine.

Pourquoi abandonner provisoirement ce sujet, pour traiter de la régulation financière européenne ? Son destin semblant tout tracé : rejoindre peu glorieusement sur le banc de touche la réglementation américaine qui s’y trouve déjà, dont on sait à quel point elle laisse à la finance un jeu ouvert.

C’est l’effet de la dictature de l’actualité, cette grande oublieuse qui fait se succéder sans répit et sans laisser le temps de les analyser les grands phénomènes dont nous sommes les témoins. Qui mériteraient d’être mieux hiérarchisés.

Certes, on remarque aux Etats-Unis que certains régulateurs tentent, dans le cadre des prérogatives que la loi Dodd-Frank leur a accordée, de durcir ses dispositions. Pouvant faire espérer que tout n’est pas joué. Mais tout cela ressemble à des batailles d’arrière garde, comme vont l’être les tentatives européennes d’encadrer la spéculation sur les matières premières, ou bien de promouvoir une taxe sur les transactions financières, deux campagnes qu’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy entendent bien mener à grands renforts de flons flons.

Avec pour objet dérisoire – pour ne pas dire pathétique – de masquer derrière un frêle paravent l’essentiel de la politique qu’ils ont suivie depuis le début de la crise, et qui a spectaculairement échoué. C’est à dire préserver à tout prix le système financier, dans l’espoir insensé et naïf qu’il relancera l’économie et que tout repartira comme avant. On appelle cela une manoeuvre de diversion, une de plus, accréditant l’idée que contrairement à l’adage, gouverner ce n’est pas prévoir, c’est faire semblant d’agir. Diriger les regards vers l’accessoire pour préserver l’essentiel.

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L’actualité de la crise: bricolages en tous genres, par François Leclerc

Billet invité

BRICOLAGES EN TOUS GENRES

Combien de temps les dirigeants de la zone euro vont-ils parvenir à tenir fermé le couvercle de la crise ? Tout tourne toujours autour des stress tests des 91 banques retenues. D’un côté, on nous affirme qu’ils sont menés en toute indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques, alors que l’on reconnait de l’autre que les ministres de l’Ecofin actuellement réunis à Bruxelles vont mettre au point leurs ultimes réglages.

Les déclarations les plus contradictoires continuent d’être recueillies à propos des paramètres d’effort qui ont été ou vont être choisis – on ne sait plus – à propos de la décote que pourraient subir les obligations souveraines des pays attaqués par les marchés.

Que cette question soit au centre des débats est en soi significatif de l’importance qui lui est accordée, des risques de défaut qui sont en réalité redoutés, à défaut d’être publiquement reconnus. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, a rejeté dans ces termes l’idée selon laquelle les critères auraient été arrondis : « D’abord on a dit qu’ils étaient trop durs, qu’ils allaient conduire toutes les banques à la faillite, le lendemain on dit qu’ils sont trop faibles et que l’exercice ne sert à rien. Généralement, la vérité se situe au milieu ». On ne peut pas mieux avouer qu’un compromis politique est recherché.

Un article du Spiegel retient l’attention. Selon l’hebdomadaire, qui bénéficie souvent de fuites organisées, le gouvernement allemand mettrait au point un plan permettant de gérer des processus de restructuration de la dette souveraine en zone euro. Il faut dire que s’il devait être activé, le gouvernement Allemand serait aux première loges, en tant que premier contributeur du plan de stabilité financière européen. L’idée serait que le secteur privé (les banques) seraient également mises à contribution, une décote consentie par ses soins. En contrepartie, le reste de l’investissement serait garanti suivant un montage pouvant faire appel au FMI et qui serait géré – suivant le modèle du Club de Paris – par un nouveau club qui pourrait prendre le nom de Club de Berlin. Le mécanisme serait à double détente, prévoyant qu’au cas où la décote de la dette ne réglerait pas le problème, le pays qui en aurait bénéficié passerait sous le contrôle financier de la structure.

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L’actualité de la crise: quand tout patine… par François Leclerc

Billet invité.

QUAND TOUT PATINE…

La Banque des règlements internationaux (BRI), souvent présentée comme le saint des saints du système financier, a enfin trouvé la solution à la crise, ainsi qu’elle vient de l’exposer dans son rapport annuel. Devant le danger que représente l’existence simultanée de déficits publics grandissants et d’une nouvelle bulle d’actifs en voie de formation, elle propose de dégonfler les deux en même temps. Il fallait y penser !

La BRI vient en effet d’endosser ce qu’elle présente comme l’habit de la raison pour préconiser une vigoureuse action de réduction des déficits publics, tout en avertissant de la nécessité de restreindre les facilités monétaires des banques centrales. Les mesures de stimulus dans l’un et l’autre des domaines doivent selon elle avoir une fin, en raison de leurs effets ; le temps est donc venu de réfléchir à la manière de les arrêter. Elle précise même qu’il ne saurait être question d’attendre la reprise de la croissance pour agir, c’est à dire de tirer ces deux tapis de dessous les pieds des uns comme des autres  !

Cette prise de position remarquée de la BRI ne va pas contribuer à éclaircir une situation déjà passablement confuse à propos de la réduction des déficits publics, dont les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris acte à Toronto en décidant pratiquement que chacun faisait comme il l’entendait (ou le pouvait). Car elle contredit les récentes prises de position du FMI, qui, sans être d’une excessive clarté dans l’expression, vont dans le sens opposé. Dominique Strauss Kahn, son directeur général, affirmant pour une fois clairement, au sortir du G20, qu’ « il serait catastrophique que tous les pays resserrent leur politique, cela pourrait détruire totalement la relance ».

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L’actualité de la crise: coup double ! par François Leclerc

Billet invité

COUP DOUBLE !

Véritable passoire, une loi de régulation financière est en passe d’être adoptée aux Etats-Unis, tandis que les pays réunis aux G8 et G20, avec au menu le retour de la bienfaisante croissance, étalent leurs divergences et contradictions d’intérêts. Est-il nécessaire d’attendre le texte du communiqué final du G20, dont une version circule déjà, pour constater ce double aveu d’impuissance ?

La taxe bancaire enterrée, les dirigeants du monde entier vont en effet ne laisser comme seule trace de leurs travaux, en dépit de l’utilisation de termes allusifs et choisis pour masquer leurs contradictions, qu’un seul résultat : les pays exportateurs ont été priés, sans succès, de se replier sur leurs marchés intérieurs, afin que les autres puissent rechercher sur le marché international un peu de cette croissance introuvable en interne.

Il n’y a pas de quoi crier victoire, même si chacun va rentrer chez soi en prétendant que son point de vue l’a emporté, condamné à faire non pas ce qui relève du domaine du souhaitable mais tout simplement ce qui relève du possible.

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L’actualité de la crise : la prochaine séance de Guignol, par François Leclerc

Billet invité.

LA PROCHAINE SÉANCE DE GUIGNOL

Sans désemparer, la ronde des grandes réunions internationales se poursuit. Le Canada va successivement accueillir un G8 puis un G20 à partir de jeudi prochain. Fait significatif du peu de résultats que l’on en attend, celui de Séoul qui suivra les 11 et 12 novembre prochains est déjà évoqué. Comme le veut une routine désormais installée, Barack Obama a téléphoné en ce début de semaine à Angela Merkel et José Luis Rodriguez Zapatero pour le préparer.

La question mérite être posée : sur quoi donc les membres du G20, salué en son temps comme l’expression achevée de la nouvelle gouvernance mondiale, vont-ils bien pouvoir se mettre d’accord à Toronto ? Car ils sont en désaccord ouvert sur chacun des grands dossiers sur lesquels ils sont censés sortir de la réunion unis. Dans ces conditions, risque-t-on à se demander, comment les marchés vont-ils réagir à ce qui pourrait apparaître comme une guignolade, pour de ne pas parler des opinions publiques dont l’opinion semble déjà faite ?

A propos de la relance et des restrictions budgétaires, Barack Obama vient d’écrire à ses collègues du G20 pour leur demander de ne pas s’engager trop résolument et rapidement dans celles-ci, en totale contradiction avec la position martelée d’Angela Merkel. Ainsi qu’avec celle des Britanniques, qui pour une fois se démarquent publiquement de leurs cousins et annoncent un plan d’austérité comme on n’en a jamais vu depuis l’après-guerre. Tandis que la perspective d’une restructuration de la dette grecque est envisagée à haute voix par les autorités russes et que le sort de l’Espagne  (de ses caisses d’épargne en détresse et de sa gigantesque bulle immobilière, avec de 700.000 à 1,2 millions de logements neufs en stock), inquiète à ce point les Américains qu’ils ont envoyé à Madrid en mission dont le secret a été éventé un secrétaire adjoint du Trésor, Charles Collins. L’Espagne, c’est le pont trop loin.

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L’actualité de la crise: vite à l’étape suivante ! par François Leclerc

Billet invité.

VITE A L’ÉTAPE SUIVANTE !

Au menu d’aujourd’hui jeudi : énième sommet européen des chefs d’Etat et de gouvernement ! On sait déjà qu’ils aborderont de nouveau la même lancinante question sans intérêt, puisque leurs débats semblent se résumer à cela : quel axe de communication vont-ils privilégier ?

Comment vont-ils tenter d’illustrer leur contrôle d’une situation qu’ils ne maîtrisent pas afin de présenter un front uni de façade ? Jusqu’où vont-ils aller dans l’affirmation aveugle de la seule désastreuse politique d’austérité qu’ils parviennent à énoncer et à laquelle ils se raccrochent ? Avec quelle emphase vont-ils se réfugier derrière une pseudo-gouvernance économique masquant une absence de stratégie ? Quelle va bien pouvoir être, à ce sujet, la crédibilité de la stratégie 2020 pour la croissance économique et la création d’emplois, qui va en catimini succéder à la précédente, la fameuse stratégie de Lisbonne restée lettre morte ? En vertu de quel déni vont-ils continuer d’affirmer que l’Espagne n’est le sujet d’aucune inquiétude de leur part, et jusqu’à quand vont-ils pouvoir tenir cette fiction ? La discipline, ce nouveau mot magique, va faire son entrée en fanfare, mais elle ne se prépare pas pour autant à être respectée.

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L’actualité de la crise : tourner la page ! par François Leclerc

Billet invité.

TOURNER LA PAGE !

Durant toute la journée de lundi, les démentis ont plu de toute part, ne faisant qu’accréditer la rumeur dont avait fait état le Frankfurter Allgemeine Zeitung, un journal qui ne passe pas particulièrement pour faire partie de la presse à sensation. L’Espagne serait au bout du rouleau, un plan d’activation du fonds de stabilité financière européen en préparation. Les mauvais esprits – il n’en manque pas – remarquant que ce scénario rappelait fâcheusement celui de la Grèce, avant qu’elle ne bénéficie d’un soutien longtemps dénié de toutes parts.

Une conférence téléphonique des ministres du G7 avait opportunément eu lieu dans la matinée, dont il était juré qu’elle n’avait pas été consacrée à l’affaire qui mobilisait toutes les attentions. Décidément !

Les rares banquiers et financiers espagnols qui acceptaient de s’exprimer faisaient entendre un tout autre son de cloche : ils reconnaissaient que les banques espagnoles étaient devant le marché international des capitaux comme devant porte close. Plus personne ne voulant se risquer à prêter à un secteur bancaire en pleine crise, sans désormais même faire trop le détail entre ses composantes, faute de visibilité. L’opacité du système financier se retourne contre lui dans les mauvais jours : il est dans l’incapacité de lui substituer la transparence, car elle rendrait encore plus vulnérable.

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