L’actualité de la crise : UNE BULLE TROP LOIN, par François Leclerc

Billet invité.

Après avoir sauté un premier obstacle, l’Europe reste à un tournant. Aujourd’hui mercredi, le Portugal a réussi son émission obligataire à un taux légèrement inférieur à la précédente, mais qui reste prohibitif. Soit 6,716%, un prix « acceptable et même favorable vu le contexte » selon Fernando Tereira dos Santos, le ministre des finances. Ayant valeur de tirs de préparation chez les artilleurs, l’intervention vigoureuse de la BCE sur les marchés de ces derniers jours n’y étant pas pour rien.

C’est reculer pour continuer de sauter, car de telles conditions aboutissent à renchérir le poids de la dette, le taux de son financement dépassant de loin les capacités de croissance du pays, de lourdes coupes budgétaires ayant déjà été effectuées.

D’ici au 4 février prochain, prochaine réunion des chefs d’Etats et de gouvernements européens, l’actualité va être rythmée par les émissions obligataires des pays qui naviguent au plus près de la zone des tempêtes. Et la pression va monter. Des discussions sont déjà en cours, dont seuls les échos publics sont perçus, afin d’étudier un aménagement sans attendre du fonds de stabilité européen (EFSF), mais elles font apparaître de fortes dissensions.

Alors que la Commission européenne plaide par la voix de José manuel Barroso, son président, pour une augmentation des moyens du fonds, discrètement appuyé par la BCE et le FMI, les Allemands et les Français s’y opposent. Berlin très catégoriquement, en déclarant qu’il n’est « pas sensé ni nécessaire de discuter d’un élargissement », Paris s’y reprenant à deux fois, pour finalement en refuser la seule urgence mais pas la nécessité.

D’autres sujets sont en discussion, présentés sous l’aspect plus anodin de mesures techniques par des sources proches du dossier (selon l’expression habituelle). L’hypothèse de diminuer le taux des prêts de l’EFSF et celle d’élargir son champ d’action en lui permettant d’acheter des obligations souveraines. La première afin de ne plus précipiter les pays qui bénéficient d’un plan de sauvetage dans un inévitable défaut – car telle est l’interprétation des marchés, qui explique que les taux des pays aidés continuent d’augmenter – la seconde afin de prendre le relais de la BCE, qui se fait insistante à ce sujet. Cette option serait un pas en avant vers l’émission d’euro-obligations, sans le dire.

Sous impulsion et contrôle allemand, la stratégie européenne qui prévaut actuellement n’est pas tenable. D’un côté, Angela Merkel réaffirme que « l’Allemagne fera ce qui est nécessaire pour que l’euro demeure stable, c’est notre monnaie commune », de l’autre elle crée les conditions de la poursuite et de l’intensification de la crise, en assortissant les prêts de l’EFSF de taux insoutenables, ce que les marchés ont clairement analysé, au prétexte de combattre l’aléa moral et la facilité. La stratégie allemande, c’est l’art de créer un problème tout en prétendant en régler un autre.

Comme si cette contradiction ne suffisait pas, la crise continue d’être caractérisée comme étant de liquidité, pour ne pas reconnaître qu’elle est d’insolvabilité. Avec comme réponse logique de financer la dette par la dette, afin de reporter les échéances et de l’étaler pour gagner du temps, quitte à offrir un substitut au financement par les marchés quand ceux-ci exigent des taux impossibles. Dans l’espoir qu’il sera possible de résorber à terme la dette grâce à de sévères restrictions budgétaires, l’hypothèse d’un accroissement des recettes fiscales résultant d’une croissance économique soutenu ne tenant pas debout.

Un nouvel élément est en train temps apparu, avec la montée de l’inflation constatée par Eurostat, qui incite certains à se préoccuper du danger de la stagflation (association de l’inflation avec une faible croissance économique), impliquant selon la théorie une remontée des taux directeurs de la BCE. Sans qu’il soit pris en compte que cette inflation résulte en priorité de l’augmentation des prix de l’énergie et des produits alimentaires, dont la hausse provient avant tout de la spéculation financière. Car les capitaux cherchent sur ces marchés des refuges que les obligations ne leur procurent plus comme avant.

Enfin, la crise de la dette publique est mise en avant pour mieux escamoter celle de la dette bancaire. On attend avec grand intérêt, à ce propos, le détail de la méthodologie des prochains stress tests européens, que Michel Barnier, commissaire au marché intérieur et aux services financiers, a annoncé pour la fin du mois.

Il est toutefois un paradoxe dans cette situation. L’attention est prioritairement tournée vers la crise de la dette souveraine européenne, alors que la situation des Etats-Unis est de ce même point de vue particulièrement préoccupante. La poursuite de la hausse des taux obligataires américains, partiellement contenue par les achats massifs de bons du Trésor par la Fed, va peser de plus en plus lourd dans le budget fédéral. Rendant encore plus difficile une diminution de la dette et accentuant la précarité de la situation. Le statut de monnaie de réserve du dollar permettra d’amortir le choc, mais pour combien de temps ? Une machine s’est mise en marche, qui va inexorablement le mettre en cause, les pays disposant d’excédents diminuant leurs achats d’obligations américaines libellées en dollars pour se tourner vers d’autres solutions, le coût du financement de la dette américaine appelé à croître d’autant.

Il ne faut pas chercher ailleurs que dans l’exorcisme de cette perspective la sortie que vient de faire Tim Geithner, secrétaire au Trésor, en déclarant en prologue de la visite du président chinois à Washington que la sous-évaluation du yuan était « une politique indéfendable ». Ou la fin de non-recevoir de Barack Obama aux ambitieux projets de réforme du système monétaire international de Nicolas Sarkozy, même dite avec le sourire. Ce dernier a bien reçu le message, reconnaissant symboliquement depuis le bureau ovale de la Maison Blanche « le rôle du dollar comme monnaie principale dans le monde ».

Cette lancinante question de la dette doit être replacée dans un contexte encore plus étendu, si l’on veut mieux la saisir. La dette publique et la dette privée (entendez, celle des banques) sont dans le même bateau. La phase II de la crise dans laquelle nous sommes désormais met à nu une triste vérité : la bulle qui a été cette fois-ci créée, et qui continue d’éclater, est d’une dimension telle que l’on ne sait pas comment la résorber. Cela dépasse les capacités des Etats, comme on le constate, et oblige les établissements financiers à se débrouiller, avec le soutien des banques centrales qui tend à devenir permanent.

Planquer la dette, par des artifices comptables ou d’autres subterfuges, a des limites. L’étaler comme le font les gouvernements ne résout pas tout. Dégager d’importants résultats sur les marchés financiers grâce aux liquidités à bas prix des banques centrales ne suffit pas. Les besoins de financement des banques ont eux aussi pris de telles proportions – que ce soit afin de se refinancer, de reconstituer ou d’accroître leurs fonds propres – qu’ils incitent également à la hausse les taux obligataires, sur le même marché que celui où se rendent les Etats.

Le système financier continue de manifester une grande fragilité, dont témoigne sa forte sensibilité et volatilité boursière. Le spectre d’une décote obligataire n’a pas été évacué. En Europe, celui des taxes bancaires est désormais sur le devant de la scène. Ce qui n’exonère pas les banques américaines de toutes les turpitudes, si l’on en croit JP Morgan Chase qui vient de considérer que le risk-reward (le rendement du risque) des banques européennes était plus favorable, incitant les investisseurs à s’y diriger au détriment des américaines. Une motivation nécessaire, dans un contexte de chute mondiale du RoE (retour sur investissement), autre grand critère d’appréciation des investisseurs. De toutes les manières possibles, les banques tentent de se présenter sous leur meilleur jour afin de recueillir leurs faveurs.

Parallèlement, elles combattent pied à pied sur tous les terrains réglementaires, après avoir déjà beaucoup obtenu, afin de limiter leurs futures contraintes. L’Institute of International Finance – le lobby des mégabanques – milite activement en faveur de la définition d’un mécanisme de démantèlement des banques géantes en péril, afin d’éviter les obligations supplémentaires de fonds propres qu’envisage le Financial Stability Board (FSB) pour les banques Too Big To Fail. Car elles diminueraient leur RoE et les rendaient moins attractives pour les investisseurs.

Une consultation est en cours en Allemagne, en vue d’accroître la taxe supportée par les établissements financiers, qui est déjà en vigueur. L’association des banques allemandes s’y oppose avec la dernière énergie, faisant valoir selon le Financial Times que « cela n’a pas de sens : nous voulons avec Bâle III renforcer le capital et cela va dans la direction opposée ».

Il faut se rendre à l’évidence : résorber toute la dette accumulée et purger la bulle qui a éclaté est une question insoluble telle qu’elle est actuellement posée. D’un certain point de vue, l’International Institue of Finance indique une voie possible, dans son principe et non pas dans ses modalités, qui restent à trouver. Il devrait en effet se poser une seule et unique essentielle question, tant au niveau des banques que des Etats : comment restructurer dans l’ordre la dette en évitant une nouvelle chute libre financière  ?

Dans l’un de ses derniers éditoriaux, le Financial Times s’interrogeait sur la crise européenne, pour conclure ainsi : « Le coût de la crise financière a été supporté par tous, des citoyens aux actionnaires, avec une exception, celle des créanciers seniors des banques, considérés comme sacro-saints. La crise obligataire publique ne trouvera pas de fin tant que cette fausse religion ne sera pas démasquée. Cela signifie que les dirigeants européens doivent ouvrir un nouveau front : s’ils veulent la paix financière, ils doivent se préparer à la guerre ».

Quant à la dette publique, une proposition du FMI de « Mécanisme de restructuration de la dette souveraine » avait déjà suggéré en 2002 une piste à suivre, brutalement refusée par les Américains et donc abandonnée. C’était le diable en personne, en effet, qui frappait à la porte. Puisque ce mécanisme avait pour effet de réduire l’énorme masse des capitaux qui ne cesse de croître sous les effets de la spéculation financière, et dont on voit comment ses dégâts sont devenus aujourd’hui ingérables.

S’engager dans une telle voie signifierait faire volte-face et abandonner la défense prioritaire et à n’importe quel prix du système financier. Nous n’en sommes pas là…

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72 réflexions sur « L’actualité de la crise : UNE BULLE TROP LOIN, par François Leclerc »

  1. Monsieur Leclerc.

    Je vous félicite d’avoir l’inclinaison de considérer que la situation nombrilistement européenne dépend aussi fortement des deux autres acteurs majeurs économiquement.
    Tout aussi hypocrites, d’ailleurs. Mais bon, ce n’est pas personnel, c’est pour affaire.

    Quant à ne pas en être encore là, vu ce qui se passe dans un paquet de pays, ça murit bien. Une récolte printanière devrait nous donner un bon « rendement ». 😉

  2. – Emprunt à 3 ans :
    Pays-Bas : taux d’intérêt pour les obligations à 3 ans : 1,158 %.
    Allemagne : 1,314 %.
    France : 1,480 %.
    Aujourd’hui, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 5,396 % (contre 4,041 % lors d’une opération similaire en novembre dernier).

    – Emprunt à 9 ans :
    Allemagne : taux d’intérêt pour les obligations à 9 ans : 2,934 %.
    Pays-Bas : 3,039 %.
    France : 3,249 %.
    Aujourd’hui, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 6,716 % (contre 6,806 % lors d’une opération similaire en novembre dernier).

    1. « CORREIO DA MANHÃ a rapporté hier ( éd. du 11.01.2011 ) que la Chine aurait acheté cette dette, révélant que les gouvernants chinois ont interdit la divulgation officielle de quelque détail que ce soit ( sous peine que l’affaire ne se réalise pas ), en particulier une référence quelconque au taux d’intérêt négocié avec le gouvernement portugais. »

    2. Ma foi des commentaire de qualité sur ZeroHedge:

      China may believe that the fed, well aware of a coming tectonic economic event, is going to try and be the last man standing. If Bernanke can hold on until the Euro crumbles then all of the hot, frightened money will run to the dollar strengthening the hand of the US and allowing it to dictate the terms of the Euro zone ‘recovery’. By propping up the PIIGs, the Chinese may believe they can force Ben to stumble first- interest rates run away and the US begins defaults before Europe does. If the Fed goes first then China may conceivably be in a position to influence European states away from the Fed preferred end game which would be extending the NATO alliance into a central bank based ‘global’ currency and military union, a defacto new superpower. It’s a high speed game of chicken right now, China can’t stave off their own problems forever either, they, like Ben, just want to be the last man standing. Even if blooded and bruised. Propping up the Euro is the pre endgame gambit they have now clearly chosen. Are they correct? How desperate? Fallbacks? The outcome? Who can say…

    3. Je crois que les Chinois le font avec d’autant plus de plaisir qu’ils marchent sur les plates bandes des spéculateurs tout en soutenant leur marchés….

  3. Bonsoir à tous

    @Dissy
    Et je dirais même plus, ce sont les chinois pour 1.1 milliards d’euros et la banque centrale européenne pour entre 1 & 1,5 milliards d’euros d’après Nomura.

    Cordialement

  4. « le Financial Times s’interrogeait sur la crise européenne, pour conclure ainsi : « Le coût de la crise financière a été supporté par tous, des citoyens aux actionnaires, avec une exception, celle des créanciers seniors des banques, considérés comme sacro-saints. La crise obligataire publique ne trouvera pas de fin tant que cette fausse religion ne sera pas démasquée ».
    A défaut d’avancer politique, y à quand même une avancé des journalistes financiers depuis 2 ans, c’est déjà ça, puisqu’en démocratie molle (en terme de débat avec l’opposition) c’est le vrai contre pouvoir.

  5. Où peut-on se procurer les chiffres des dettes évoquées ici (souveraines et bancaires). notre dette publique « officielle » a-t-elle dépassé les 90% du PNB ?

    quels sont les besoins de financement des uns et des autres ?

    je n’ai rien trouvé le site du ministère des finances français qui ne doit pas chercher à faire trop de publicité sur ces sujet….

    1. A propos des dettes souveraines :

      Dette publique des Etats européens en 2010 :

      – Grèce : la dette publique est de 140,2 % du PIB.

      – Italie : la dette publique est de 118,9 % du PIB.

      – Irlande : la dette publique est de 97,4 % du PIB.

      – France : la dette publique est de 83 % du PIB.

      – Portugal : la dette publique est de 82,8 % du PIB.

      – Royaume-Uni : la dette publique est de 77,8 % du PIB.

      – Allemagne : la dette publique est de 75,7 % du PIB.

      – Espagne : la dette publique est de 64,4 % du PIB.

      Dette privée (derniers chiffres connus : octobre 2010) :

      – Espagne : la dette privée est de 171,2 % du PIB.

      – Irlande : la dette privée est de 164,8 % du PIB.

      – Portugal : la dette privée est de 154,4 % du PIB.

      – Grèce : la dette privée est de 110,8 % du PIB.

      – Italie : la dette privée est de 93,9 % du PIB.

      – France : la dette privée est de 93,5 % du PIB.

      – Allemagne : la dette privée est de 92,8 % du PIB.

      (Alternatives Economiques, janvier 2011, page 6)

      Besoins de financement des neuf Etats européens les plus importants :

      En 2011, ces neuf Etats européens les plus importants vont emprunter 828 milliards d’euros sur les marchés internationaux.

      En 2011, l’Italie va emprunter 220 milliards d’euros.

      L’Allemagne va emprunter 195 milliards d’euros.

      La France va emprunter 184 milliards d’euros.

      L’Espagne va emprunter 94 milliards d’euros.

      Les Pays-Bas vont emprunter 50 milliards d’euros.

      La Belgique va emprunter 34 milliards d’euros.

      Le Portugal va emprunter 19 milliards d’euros.

      L’Autriche va emprunter 17 milliards d’euros.

      La Finlande va emprunter 15 milliards d’euros.

      http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201044903928.htm

  6. Demain jeudi, nouvel obstacle à franchir avec deux émissions, de l’Italie et de l’Espagne.

    D’après le New York Times, les Chinois mais aussi les Japonais auraient grandement contribué à l’émission portugaise d’aujourd’hui, comme ils avaient annoncé le faire.

    Il est toujours bon d’en savoir un peu plus sur les marchés

  7. Peu à peu vous rejoignez mon analyse: il est impossible, avec la monnaie telle qu’elle est, de résorber la dette, quoi qu’on fasse. Faire passer les « créanciers senior » à la caisse impliquerait une telle défiance que la circulation monétaire risque de ralentir au point de générer une déflation et des faillites en cascade incontrôlables.
    Si on ne s’équipe pas d’une monnaie SMT, il n’y a aucune chance d’une issue paisible.

    1. Je ne désespère pas non plus de vous convaincre qu’il est d’autre raisons – et solutions – que monétaires à la crise que nous vivons !

    2. « Il faut se rendre à l’évidence : résorber toute la dette accumulée et purger la bulle qui a éclaté est une question insoluble telle qu’elle est actuellement posée.  »

      Naivement, il me semble qu’il y a autant de dettes que de créances. Pour résorber les dettes, il suffit d’annuler des créances, non ?
      Soit on imprime de l’argent sans créance en contrepartie, et on rembourse les créances existantes.
      Soit on réquisitionne (impot) des créances existantes et on les utilise pour rembourser les dettes existantes.
      Soit on augmente les salaires des plus pauvres et les impots des plus riches pour permettre a chacun et a l’etat de rembourser ses dettes.

      Dans tous les cas, il faut prendre l’argent / créances là ou il est empilé et combler les dettes là ou elles sont accumuléées.

      Est-ce qu’il y a, en termes simples, d’autres solutions ?

    3. Par ailleurs,  » Résorber toute la dette accumulée », n’est ce pas ce qui s’appelle une grosse Déflation / Dépression ? Est ce que vraiment quelqu’un en veut ?

    4. Soit on imprime de l’argent sans créance en contrepartie

      C’est déjà le cas. Les monnaies ne sont plus convertible en or ou fixée a d’autre monnaie, la créance n’est payable que dans la monnaie d’émission qui a déjà été émise auparavant.
      Elle n’est pas payable en or ou ou une autre devise que le gouvernement ne contrôle pas.
      La « dette » est tout simplement de la monnaie, et réduire la masse monétaire en pleine dépression est de la démence.

      L’euro, sous sa forme actuelle, n’est la monnaie d’aucune entité souveraine et aucun pays membres ne la contrôle.
      La solution étant l’union fiscale et la création d’une Europe fédérale souveraine. Ou la reprise par les pays membres de leur souveraineté monétaire.

  8. Quant à la dette publique, une proposition du FMI de « Mécanisme de restructuration de la dette souveraine » avait déjà suggéré en 2002 une piste à suivre

    Cette proposition était l’œuvre de Anne O. Krueger, Directrice général du FMI provisoire entre Horst Köhler et Rodrigo Rato en 2004, ex économiste en chef de la Banque mondiale entre 82 et 86, et Directrice Générale Adjointe du FMI entre 2001 et 2006. Son idée fixe, en dehors de sa théorie de la « recherche rente » (en anglais Rent-Seeking), d’après Wikipédia, était de faire du FMI « une sorte de tribunal des faillites un peu sur le modèle de ce que qui existe dans les pays pour les entreprises« … Mooouais….
    Notons qu’elle est membre associé de la Hoover Institution, dont des membres honoraires furent Ronald Reagan et Margaret Thatcher, des « seniors fellows » Robert Conquest, Niall Ferguson, Condoleezza Rice, Thomas Sowell, Milton Friedman…

    Parmi les généreuses fondations donatrices :
    Exxon Educational Foundation, J.P. Morgan Charitable Trust, Merrill Lynch & Company Foundation, Olin Foundation, cette dernière ayant dépensé les 370 millions de dollars légués par son fondateur, John M. Olin, entre 1953 et 2005, conformément à sa volonté, en finançant des think-tanks conservateurs et à la promotion du mouvement des « law and economics » (Gary Becker, Richard Posner, Aaron Director (beauf de Milton Friedman), Henry Manne, William Landes, George Stigler, David Friedman (le fils).dans les universités influentes jusqu’en Allemagne ou en Hollande – et on dit même que certains juristes et certaines juridictions en France (comme la Cour de cassation) aimeraient voir appliquer de telles analyses…

    En 1960 et jusqu’en 1994, W. Glenn Campbell, ancien directeur de l’American Enterprise Institute prend la tête de l’institution pour défendre « la validité du système américain » et lutter sur le terrain des idées contre l’idéologie communiste. Elle recueillit par la suite les archives de Friedrich von Hayek ainsi que celles de la Société du Mont-Pélerin.
    L’Institution assure longtemps une formation des élites du Parti Républicain et publie de nombreuses études qui inspireront les politiques républicaines. Depuis 2001, l’Institution publie Policy Review, un bimensuel de politique générale. Elle conserve une grande influence dans les milieux libertariens et néoconservateurs.
    Plusieurs de ses membres actuels étaient liés à l’administration Bush. George W. Bush a d’ailleurs visité la Hoover Institution en avril 2006. 400 manifestants ont alors essayé d’en bloquer l’accès pour dénoncer la présence d’un think tank dans un lieu d’éducation.
    Son budget actuel est de 25 millions de dollars environ.

    Conclusion ? De la même façon que Bush n’a jamais pu nommer Richard Posner à la Cour Suprême (faut pas pousser non plus ! ), les USA n’ont pas accepté les propositions de Mme Anne O. Krueger pour la FMI en forme de tribunal de commerce international des dettes souveraines (faut pas pousser non plus encore…). D’ailleurs il est écrit tout en haut du lien de F. Leclerc vers la page du site du FMI qui reprend ce projet :

    Cette fiche technique n’est plus mise à jour. L’information qu’elle contient peut, donc, ne plus être courante.

    A quand la remise à jour ? Question à 10 000 milliards de dollars.
    Et avec quoi va-t-on allumer le feu ou que va-t-on donner aux enfants pour jouer au monopoly, pour le fun, si on a plus rien d’équivalent à de bons vieux titres d’emprunts russes des familles ? Avec des traités de « law and economics » à moins de 10$… et des titres d’obligations espagnoles.

    1. Il ne me serait jamais venu à l’idée de prendre Anne O. Krueger, une personne par ailleurs certainement très honorable, pour autre chose que ce qu’elle est.

      Par ailleurs, si elle mettait en avant la nécessité d’un Tribunal international chargé de gérer les restructurations, elle ne voyait pas le FMI comme jouant ce rôle. La question était laissé pendante…

  9. Le statut de monnaie de réserve du dollar permettra d’amortir le choc, mais pour combien de temps ?

    Pas de chance…Après avoir signalé un mouvement de dédollarisation en Amérique Latine, et mon sentiment d’incompétence, je posais la même question que François, sollicitant « l’intelligence collective » du blog…Il faudra sans doute attendre un certain temps pour savoir combien de temps…

  10. Un nouvel élément est en train temps apparu, avec la montée

    y a un bug là, on sent le repentir de dernière minute

    Le microcosme financier … bonus qu’il se partage en fin d’année (140 milliards de dollars cette année, soit près de 1% du PIB américain et 33% de la richesse totale créée en 2010).

    la-chronique-agora.com/articles/20110112-3317.html
    33% de la richesse crée vient de la finance et tombe dans la poche de moins de 1% de la population : quelle magnifique (au sens mécanique) pompe à fric !

    dans les projections des « experts », le consommateur va continuer de faire son devoir et de contribuer pour 70% à la hausse du PIB américain.

    70% du PIB venant de la consommation, et 33% de la finance globalisée, qu’est ce qu’il reste au juste aux USA comme richesse exportable produite par le travail?

    1. La contre-partie travail / valeur / travail ne peut plus servir de  » base de calcul  » au système monnétaire, le travail venant en moins value.

      Comme notre socialisation ne repose que sur le travail et que l’on tant à le supprimer, encore un paradoxe (Zébu)

      La monnaie n’est que l’outil, est l’outil est assez fondamentalement performant, de rien à rien (c’est la vie monnétaire), mais entre les deux  »riens » tout advient, dieu a peut être inventé l’homme, mais l’homme a inventé la monnaie, son seul tort c’est de lui donner valeur / force de travail.

      Basons la monnaie sur la croissance des arbres, nous ne manquerons pas d’arbres ni d’énergie renouvelable, l’arbre étant la propriété collective de toute l’humanité, gérée au niveau local ( commune, canton, département ).

      Imaginez-vous, Paul avec sa grande barbe, adossé à un chène centenaire, pas belle la vie?

    2. 70% du PIB venant de la consommation, et 33% de la finance globalisée, qu’est ce qu’il reste au juste aux USA comme richesse exportable produite par le travail?

      Et oui, le PIB mesure ce que l’on consomme; mais tout ce que l’on consomme est aussi produit. Donc la consommation et la production sont une seule et même chose.
      Quand le PIB est calcule, les importations sont soustraite du total parce que ce que l’on mesure est le produit intérieur brut.
      C’est la mesure de tout ce qui est consommé et produit intérieurement comme l’indique le Produit Intérieur Brut!

  11. qu’est ce qu’il reste au juste aux USA comme richesse exportable produite par le travail?

    Pensez donc ! Plus rien, c’est sûr… Un ou deux Boeing, une ou deux brouettes de maïs, un ou deux lance-pierres, un ou deux Windows seven, une ou deux canettes de coca, un ou deux Walt Disney… et plein de chroniques à neuneus chez agora.com (les 3% des 103%).

    C’est plus goûteux la sauce à Béchade que celle à Leclerc ? Ya pas de bugs par là, hein ? Ben non, puisque c’est juste un gros bug en soi, un vrai piège à zozos. Devriez essayer l’abonnement, et le téléphone rouge de Béchade, surtout pour investir, à 1,69 euros la minute d’infos exclusives, m’en direz des nouvelles ! Top quality ! US quality of course.

  12. Monsieur Leclerc, pouvez-vous m’expliquer comment les établissements financiers aux Etats-Unis peuvent spéculer sur les prix alors que le loi Dodd-Frank interdit aux banques d’utiliser leurs fonds propres pour spéculer en bourse?

    1. La loi Dodd-Frank établi que les banques supervisés par la Fed ne pourront plus spéculer pour leur compte, à moins d’investir aux côtés d’un client. Elles ne pourront prendre des participations dans des hedge funds que jusqu’à hauteur de 3 % de leurs fonds propres.

      Formellement, il y a encore de la marge. Pratiquement, c’est une autre affaire de démêler le shadow banking.

      Par ailleurs, rien n’est interdit ou limité en ce qui concerne les opérations pour le compte de clients.

  13. Ne pas oublier que 6,71% c’est au jour le jour et pour des portions , demain le taux peut être de 1,5 % , Ah quand toute la dette sera à 6,71 , alors c’est autre chose.
    Pour l’instant les portions de dette sont tenables , vases communiquants.Ne pas faire un fromage de tout çà , des entreprises qui tiennent des dettes de 2 à 3 fois leur chiffre d’affaire peuvent continuer à vivre longtemps si les entrées sont en avance et les sorties en retard , si leurs acteurs sont tenus par la dette et l’obligation de faire (voir le japon).
    C’est de la pub organisée par les préteurs pour faire monter les taux , la dette d’état c’est de la répartition déguisée.

    1. Amha la répartition c’est quand l’argent est donné par ceux qui en ont trop. Quand vous prêtez de l’argent vous ne le répartissez pas même de maniere déguisée puisqu’il faut le rendre.

  14. Mercredi 12 janvier 2011 :

    Ralentissement et inflation : 2008 est de retour, selon la Banque mondiale.

    La Banque mondiale a dit mercredi craindre un retour des maux économiques qui avaient assombri le début 2008 : un ralentissement de la croissance et une flambée des prix des matières premières.

    Après la récession en 2009 et le rebond en 2010, 2011 devrait être selon l’institution une année de décélération.

    Dans ses prévisions économiques semestrielles, elle table sur 3,3 % de croissance pour la planète, après 3,9 % l’année dernière.

    Boursorama

  15. La question mérite d’être posée.
    Sur le plan matériel, effectivement la production US est très modérée. Par contre, les brevets, la production conceptuelle et informelle sont très élevés. L’avantage de cette production réside dans le fait que la mise en oeuvre ne demande que peu d’intervention humaine dans CE pays. Tout réside dans l’idée. Par exemple, la recherche scientifique. Regardez ce qu’il se passe dans les nanotechnologies. Le ratio de rentabilité et également considérable. Une équipe de quelques personnes génère un rendement hors du commun. Les USA sont les leaders.

    La délocalisation de l’emploi de production accentue le phénomène des deux vitesses sociales. Ceux qui par l’éducation, la formation et/ou le talent émergent au sein d’une société. Pour eux, aisance, confort, qualité de vie. Et les autres qui faute de talent et/ou de compétence ou de « bon positionnement », sont condamnés à rester passifs, sans disposer de pouvoir, sans possibilité d’action et de rôle dans la société.

    Par contre les ateliers du monde développent un savoir faire mécanique, mais aussi, ils soignent leurs étudiants (100 000 ingénieurs/an en Chine) et cultivent ainsi leur avenir. Ce qui nous renvoie à nous : que faisons nous pour nos enfants ?
    Si l’enseignement nous permettait de former des compétences, de préparer des talents, ce serait un investissement intéressant. Mais, mais, mais…

    1. 100 000 ingénieurs chinois pour avoir 75% de leurs barrages qui comportent des fissures, dont 30% avec effondrement possible, ils ont encore du boulot pour nous faire quelque chose de qualité.

      C’est un peu comme les Asiatiques qualifiés d’avoir un QI supérieur aux occidentaux. Ils sont simplement plus cartésiens. Obsédés par le but. (voir pragmatisme américain)
      Pendant ce temps, leurs valeurs humaines s’effondrent, emportées par le virtuel.

      Quelque soit l’humain, je ne vois que ce qu’il produit. Et innove.
      Et hors Europe, c’est pas franchement brillant.

  16. Les prix agricoles tels que mesurés par la FAO ont dépassé en décembre ceux de 2008 et donc tous les records… et ça continue à grimper.
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/01/05/les-prix-alimentaires-mondiaux-connaissent-une-flambee-record_1461449_3244.html#ens_id=1461455

    L’indice mensuel de la FAO mesure les variations de prix d’un panier de produits incluant céréales, oléagineux, produits laitiers, viande et sucre. Il s’est établi à 214,7 points le mois dernier, contre 206 en novembre, et au-dessus de son précédent record à 213,5 points en juin 2008.
    L’indice du prix du sucre s’est envolé à 398,4 points en décembre contre 373,4 points le mois précédent. Celui des céréales est passé à 237,6 points, son plus haut niveau depuis août 2008, contre 223,3 en novembre. Celui des oléagineux a grimpé à 263,0 points contre 243,3.

    http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/01/11/l-inquietante-volatilite-des-prix-des-matieres-premieres-agricoles_1463798_3244.html#ens_id=1461455

    « Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l’écart entre la réalité de ces stocks et l’évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008 », s’inquiète, mardi 11 janvier, Olivier de Schutter, dans Les Echos

    L’avis de la FAO sur la volatilité des prix agricoles :
    http://www.fao.org/docrep/013/am053e/am053e00.pdf

    Et celui de Robert B. Zoellick, président de la banque mondiale, en réponse aux demandes du président du G20, Sarkozy. Pour lui, pas de problèmes, un peu d’aumône pour les plus pauvres, interdire le blocage des exportations, et « le marché libre pourra toujours nourrir le monde »… La spéculation ? Pas le sujet…
    http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/NEWS/0,,contentMDK:22802799~pagePK:64257043~piPK:437376~theSitePK:4607,00.html

  17. Dans la série : destruction du secteur public au profit du privé, l’éducation nationale vient de se voir enlever sa première pierre aujourd’hui :
    http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/01/13/pres-de-2-000-colleges-et-ecoles-pourront-choisir-leurs-enseignants_1464958_3224.html
    « La mesure la plus spectaculaire est le nouveau mode de recrutement des enseignants. Ils postuleront désormais sur des postes à profil et seront ensuite choisis par un processus détaillé par Luc Chatel le 21 septembre 2010. »

    L’américanisation en pleine crise économique, faudra qu’on m’explique, un jour…

    1. @yvan

      Tu veux qu’on t’explique l’américanolâtrie débilitante de notre bon président, vraiment? 🙂

    2. Dissonance. Franchement…

      Je ne sais pas si tout le monde mesure l’ampleur du mouvement actuel. Mais les fous seraient quasiment plus cohérents dans leur folie, car ne feraient pas cette auto-destruction par provocation…

      Ce qui me rassure est que j’ai toujours vu les responsables assumer. Tout au long de l’histoire. Contraints ou forcés…
      Alea jacta pour ne rien dire, mais les conséquences furent bien présentes.

  18. @François Leclerc

    Bonjour,

    Vous indiquez que les établissements financiers profitent toujours du soutien des banques centrales qui tend à devenir permanent. Savez-vous si les taux pratiqués varient toujours entre 0 et 1%, comme il y a quelques mois ?
    Merci.

    1. Le principal taux directeur d’intérêt de la BCE est toujours de 1%, confirmé ce jour par Jean-Claude Trichet à la suite de la réunion de son conseil des gouverneurs.

  19. Le patron de l’Apec en révolte contre le Medef

    Pour expliquer le cheminement qui l’a amené à cette conclusion, il publie jeudi un livre* décapant. Point de départ de sa réflexion : la crise de 2008 et l’attitude des grands patrons, à ce moment surtout préoccupés, selon lui, par la préservation de leurs avantages (parachutes dorés…) : « Alors que les entreprises allaient mal, que des charrettes de licenciements étaient annoncées, une seule chose occupait les esprits : la situation juridique des dirigeants ». Ce constat est pour lui un véritable choc qui, de fil en aiguille, lui fait prendre conscience que « sous couvert de mener de grandes réformes économiques libérales, une aristocratie a dévoyé notre régime démocratique et l’a capté à son profit ».

    Le discours sur le coût du travail en France (trop élevé selon le patronat) en particulier, l’inquiète : « En pesant sur les conditions de vie des salariés, on pousse ceux-ci à s’endetter pour vivre. Or, la crise a démontré les dangers de l’endettement ». Il défend aujourd’hui l’idée que les « élites doivent assumer leur part d’effort » pour redresser la situation financière du pays : « Le niveau atteint par la dette ne permet plus de financer des baisses d’impôts ciblées sur les plus hauts revenus ». Des positions qui, on le comprend, rendaient difficile la poursuite de ses activités au sein du Medef. En revanche, à 18 mois des prochaines élections présidentielles, on peut parier qu’elles intéresseront nombre de politiques…

    http://www.lexpansion.com/economie/le-patron-de-l-apec-en-revolte-contre-le-medef_246785.html

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/0201067629525-medef-le-patron-de-l-apec-claque-la-porte.htm

  20. Des U boot financiers repérer par les destroyer Jorion ,leclerq et j’ai oublier les autres..

    Bref ils lâchent des leurres pourris pour détourner les destroyers..

    Les bunker fiscaux en alerte..

    Couler les squales en meutes anti sociales ,anti humaines.
    Mort à la bête. .

  21. @ François Leclerc :

    « La phase II de la crise dans laquelle nous sommes désormais met à nu une triste vérité : la bulle (…) est d’une dimension telle que l’on ne sait pas comment la résorber. (…) Il faut se rendre à l’évidence : résorber toute la dette accumulée et purger la bulle qui a éclaté est une question insoluble telle qu’elle est actuellement posée. »

    Donc, un changement de paradigme va arriver. Soit on le fait arriver, soit il va arriver tout-seul, mais il va arriver. Mais alors, je ne comprends pas la suite :

    « une seule et unique essentielle question (…) : comment restructurer dans l’ordre la dette en évitant une nouvelle chute libre financière ? »

    Pourquoi éviter une chute de la finance ? Pourquoi « seule et unique » ? Où est le changement de paradigme ? Non, la question devient : comment restructurer dans l’ordre la dette, quitte à laisser tomber complétement la finance ?

    1. pour YVAN
      Comment vous expliquer en détail ?
      Vous aussi vous pouvez être publier sur Obs en faisant un effort..

      prochaine étape le FIGARO..
      qui m’aime me suive.

  22. Petite question hors propos que vous avez peut-être déjà traité:

    Est-il possible que nous soyons simplement dans la phase D du cycle kondratieff ou vivons nous actuellement une situation exceptionnelle, hors cycle ?

    1. Dieu, les extra-terrestres, Ben Laden, l’homo aeconomicus rationnalibus, le grand écrivain PPDA, la pandémie mortelle H1N, les grands philosophes Botul et BHL, la démocratie en Tunisie, le père Noël et le réchauffement climatique non plus… entre autres.

    2. Gullirouge dit :
      13 janvier 2011 à 16:45
      Dieu, les extra-terrestres, Ben Laden, l’homo aeconomicus rationnalibus, le grand écrivain PPDA, la pandémie mortelle H1N, les grands philosophes Botul et BHL, la démocratie en Tunisie, le père Noël et le réchauffement climatique non plus… entre autres.

      Je rajouterais Gullirouge à votre énumération.

      Pour ceux que cela intéresse de se faire une opinion, voici un lien:
      http://www.cairn.info/revue-innovations-2004-1-page-9.htm

    3. Il serait même peut-être intéressant de savoir si 1929 suit la « théorie » de kondratieff.
      Sans prendre l’excuse de la deuxième guerre mondiale, bien sûr…

      J’en demande trop, je sais.

    4. Ok. J’ai ma réponse.
      La durée du cycle étant de 48 à 55 ans, on s’étonne de ne pas avoir eu de guerre mondiale auparavant.

      « très » bonne théorie.

    5. Le Prix, Paul Jorion, éditions du Croquant 2010, p 25-26

      L’objectivation des faits économiques

      Aujourd’hui le domaine économique revient chez lui : au sein de l’univers social qui l’a toujours constitué tel qu’il est et dont il n’aurait sans doute jamais dû tant s’éloigner. Il est bon en tout cas qu’il y revienne, car qui dit « économie » dit rapports de l’homme aux choses, mais dans la mesure seulement où des hommes et des femmes « de chair et de sang » échangent ces choses en fonction de leur prix.

      Pourquoi la science économique s’est elle d’abord éloignée de l’homme pour devoir s’en rapprocher aujourd’hui ? Parce qu’elle s’est constituée par un processus classique dans l’histoire de toute science : l’objectivation, qui conduit à négliger certains facteurs cruciaux dans la genèse des processus économiques, facteurs qui reviennent aujourd’hui au centre de l’attention, pareils au refoulé dans la pychè, dont Freud a montré qu’il faisait toujours retour, et le plus souvent de manière très inconfortable pour le sujet.

      L’objectivation, c’est la mise entre parenthèses progressive de l’ensemble de ces éléments qui font qu’il est toujours difficile de produire une science dont l’homme est l’objet, ou est lié à cet objet de manière intime. Parce que la science a ses règles quand il s’agit de décrire des comportements et qu’il existe des règles plus anciennes et d’une autre nature quand il s’agit de parler du comportement des hommes, et que ces deux types de règles sont apparemment inconciliables. La Science – quand elle aligne ses manières sur celles de la physique classique « mécaniste » – explique le changement par l’action d’une cause sur une chose où elle produit un effet : l’eau qui choit fait tourner la roue du moulin – ce qu’Aristote appelait la cause efficiente -, alors que les hommes expliquent le changement qu’ils provoquent par la raison qu’ils se sont donnée au préalable, par la fin qu’ils visent, par le but qu’ils poursuivent, par l’objectif qu’ils veulent atteindre : ainsi, la maison finit par être construite parce que tout au long de sa construction, le maçon conservait l’intention, le projet, de la construire – autrement dit, ce qu’Aristote appelait la cause finale. « A cause de » dit la Science pour rendre compte des choses qui changent ; « pour », « afin de », disent les hommes quand ils évoquent leurs actes personnels.

  23. Espagne : le gouvernement réussit à emprunter le montant prévu, taux en hausse.

    L’Espagne a emprunté 2,999 milliards d’euros de bons du Trésor à cinq ans, soit le maximum prévu (de deux à trois milliards d’euros envisagés), grâce à une forte demande de 6,308 milliards d’euros, mais à un taux moyen de 4,542 % en très nette hausse par rapport au taux de la précédente émission du même type.

    Lors de la dernière opération pour ce type d’obligations, le 4 novembre 2010, Madrid avait levé 3,387 milliards d’euros à un taux moyen de 3,576 %.

    http://www.romandie.com/infos/news/201101131130161AWP.asp

    L’Italie lève 6 milliards d’euros, mais à des taux en hausse.

    Les taux d’intérêt se sont en revanche encore inscrits en hausse à 3,67 % pour les titres à cinq ans (contre 3,24 % lors de la dernière émission similaire le 12 novembre), et à 5,06 % pour les titres à quinze ans (contre 4,81 %).

    Le Point

  24. La solution CFA pour sauver l’euro ?

    http://www.irishtimes.com/newspaper/opinion/2011/0113/1224287410253.html

    Fillon va mendier à Londres et rentre les poches vides!
    Zone euro : Londres ne participera à aucun « nouveau mécanisme »

    jeudi 13 janvier 2011, 14:49
    Le Royaume-Uni refusera de participer à « tout nouveau mécanisme » européen dans le cadre de la stabilisation de la zone euro, a affirmé jeudi le Premier ministre britannique, David Cameron, après une rencontre avec son homologue français, François Fillon.

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/01/13/francois-fillon-veut-impliquer-londres-dans-le-sauvetage-de-l-euro_1464895_3214.html#ens_id=1268560

    http://www.lalibre.be/toutelinfo/belga/144047/reynders-favorable-a-un-pacte-de-stabilite-a-l-interieur-des-etats.html

    http://www.lalibre.be/toutelinfo/afp/304610/sarkozy-juge-la-parite-euro-dollar-trop-elevee-et-promet-de-defendre-l-euro.html

    1. Allooons, Dissy :
      « Zone euro : Londres ne participera à aucun « nouveau mécanisme » »

      Le précédent premier ministre anglais était allé quémander de l’aide dans les Pays du Golfe et s’est fait envoyer sur les roses.
      Comme disent les Anglais : « l’Euro est votre monnaie et VOTRE problème ».
      Nous, on a la city.

      Que font-ils dans l’Europe à part en bénéficier (par la PAC)..??? Et la détruire.

    1. Sympathique l’anecdote finale de l’article de Galbraith, avec le vieux Harriman en pyjama… The times they are a-changin’…

      Encore jeune homme et travaillant pour la commission bancaire de la Chambre des représentants, j’ai participé, en 1975, à la mise en place d’un plan de sauvetage de la ville de New York, alors en proie à une profonde crise financière et économique. Notre programme visait à préserver les universités et les transports publics. Il recommandait en outre de restructurer la dette municipale et de ne pas se lamenter sur les pertes qui en découleraient pour les détenteurs d’obligations new-yorkaises. Soudain, je reçus un coup de téléphone. C’était M. Averell Harriman, ancien gouverneur de New York — et ancien ambassadeur de Roosevelt auprès de Staline. Il me demandait de faire le point sur l’état de nos travaux.

      L’octogénaire Harriman, à peine remis d’une fracture à la hanche, me reçut en pyjama sur un canapé de sa villa de Georgetown. Sur le mur à sa droite, une copie des Tournesols de Van Gogh. Sur une commode en verre à sa gauche, une ballerine de Degas. Devant ce petit musée privé, je tentai d’expliquer à l’ancien gouverneur pourquoi les membres du comité préféraient réclamer des sacrifices aux riches plutôt qu’aux pauvres. Il hocha la tête, se pencha en avant sur sa canne et dit d’une voix caverneuse : « Je comprends. Le capital doit payer, tout comme le travail. »

      Sur ce point, au moins, rien n’a changé.

    2. Finalement, c’est l’économie réelle qui a le dernier mot dans l’histoire, celle virtuelle représentant, comme le langage, le cancer de l’humain, aurait dit Lacan.

  25. regoris sos
    faut pas juger ..
    Ici sur OBS c’est vraiment l’info qui manque à ceux qui comprennent toujours pas pourquoi Mr Woerth est condamné par la presse..
    Merci Obs des infos svp.
    Abonnez vous à Obs …
    **************************************************
    des vannes pleins..
    me rappelle plus qui demande ?
    c’est juste pour répondre au Gus.

    jvais sur le FIGARO demain ou + tard

  26. Quelqu’un peut-il me dire ce que désigne exactement le Financial Times par l’expression « les créanciers seniors des banques » ?

    1. Les obligations sont de différentes types, qui conditionnent leur taux et leur risque, liés l’un à l’autre.

      En cas de défaillance de l’émetteur, les actions senior seront remboursées aux créanciers avant les actions junior (si des fonds sont encore disponibles).

  27. Merci… D’autres questions se posent du coup ! Qu’est-ce qui justifie ce privilège des seniors sur les juniors ? Pourquoi ce statut de « sacro-saints » intouchables ?
    J’espère qu’on aura droit à un billet sur ce sujet prochainement…

  28. L’exposition brute aux « Pigs » des grandes sociétés d’assurance européennes représente 2,8 % des investissements totaux, selon Raymond James, qui se base sur un panel de huit assureurs, dans un article de l’Agefi :

    «La part des obligations souveraines est prépondérante, notamment chez les réassureurs, mais l’exposition aux ‘Pigs’ (Portugal , Irlande, Grèce et Espagne, ndlr) est relativement marginale», tempère le courtier, qui se base sur un panel de huit assureurs et réassureurs ( Aegon, Allianz, Axa, CNP, Munich Re, Scor, Swiss Re et ZFS). L’exposition brute du panel aux «Pigs», totalisant 62 milliards d’euros, représente ainsi en moyenne 2,8% des investissements totaux. «Les quatre leaders que sont Allianz, Axa, Generali et CNP concentrent 51 milliards d’euros d’exposition», relève Raymond James.

    (…)

    «Nos stress tests démontrent (…) d’importantes capacités d’absorption, même pour les groupes les plus exposés», tels que CNP et Generali (dont respectivement 14% et 10% de leur portefeuille de dettes souveraines correspondent à la zone «Pigs», contre 8% pour l’ensemble du panel, ndlr), relève Raymond James.

    En mobilisant des plus-values latentes d’un montant il est vrai significatif (quelque 100 milliards d’euros, ndlr), les assureurs parviendraient, dans le contexte actuel de taux et de marchés, à neutraliser les pertes formulées dans nos hypothèses (restructuration de 40% pour les dettes grecques et irlandaises et de 20% sur les dettes portugaises et espagnoles, ndlr)», souligne les analystes actions.

    «La mise sous tension du secteur bancaire par un défaut partiel d’un des pays de la zone euro aurait probablement des répercussions non négligeables sur la valorisation des actifs des compagnies d’assurance, ces actifs étant pour la plupart en valeur de marché», avertit toutefois Raymond James. Le poids des obligations émises par les institutions financières au sein de l’échantillon se révèle considérable, représentant 46% des obligations d’entreprises.

    46% des des obligations d’entreprises détenues par ces grandes compagnies d’assurance seraient des obligations bancaires… Seniors j’imagine… Tous derrière les banques, … et contre les États.

    Reste la proposition de la Commission et de Barnier, les créanciers séniors des banques dans le viseur de Bruxelles (toujours sur le site de l’Agefi) :

    Selon ce document relayé par Bloomberg et Reuters, le plan d’action européen se veut progressif, avec la mise à contribution des actionnaires et des porteurs de dette subordonnée dans un premier temps, puis celle des créanciers seniors. Bruxelles confierait aux régulateurs nationaux un «pouvoir statutaire» leur permettant ainsi «de déprécier de la dette subordonnée ou de la convertir en créance résiduelle», voire d’imposer des pertes aux porteurs seniors «pour un montant discrétionnaire».

    Oui mais :

    Dans tous les cas, ces dépréciations ne s’appliqueraient qu’à de la dette nouvellement émise, assortie d’une clause reconnaissant ce pouvoir statutaire, ou à des contrats existants prorogés. Les créanciers commerciaux (contreparties swaps, repo et dérivés), la dette sécurisée ou d’une maturité inférieure à neuf mois et les dépôts ne seraient pas concernés par un tel schéma.

    N’empêche qu’au final :

    En faisant cette communication, la Commission entend bien faire saisir à la totalité des créanciers obligataires les conséquences de la restructuration d’une SIFI. Et cela bien que jusqu’à présent, les porteurs de dette senior n’aient pas été sollicités (sauf chez Lehman et en Islande), les Etats accourant bien avant la mise en œuvre d’un processus de résolution.

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