L’actualité de la crise : TOUT SE TIENT PAR LA BARBICHETTE, par François Leclerc

Billet invité.

Les soubresauts de la crise européenne permettent-ils d’envisager un décryptage, à l’abri de l’assourdissante cacophonie qui ne fait que s’accentuer ? Si les cartes sont sur la table, elles sont loin d’être retournées. Les déclarations fusent, les contacts se multiplient et les réunions successives des ministres des finances de l’ecofin et de l’eurogroup s’engagent aujourd’hui, sans qu’en réalité on ne comprenne bien qui est le malade et encore moins le remède.

Certes la dette souveraine tient le haut de l’affiche, avec en tête inscrits les noms de l’Irlande et de la Grèce, tandis que ceux du Portugal, de l’Espagne et de l’Italie s’y hissent. Nettement plus modestement, mais avec régularité, le taux des obligations à dix ans de la France continue de monter et délivre aussi un signal pour plus tard.

Toute l’attention est donc concentrée sur l’éventualité d’un sauvetage irlandais et du rééchelonnement de la dette grecque. Les jours qui viennent vont bruisser d’hypothèses à ce sujet. Un scénario un peu déroutant est feuilleté, puisque le gouvernement irlandais refuse de faire sa demande, alors que tout le monde l’y presse, et que l’étalement des remboursements grecs n’a pas d’autre sens – tout en affirmant avec force le contraire – que de préparer une future restructuration de la dette, c’est à dire une décote de celle-ci aux frais des créanciers. Son éventuel mécanisme faisant pour le moins débat.

La déclaration du vice-président de la BCE, Vitor Constancio, aurait pu pourtant mettre la puce à l’oreille. Incitant en y mettant les formes minimales les Irlandais à accepter le plan de sauvetage qui leur est proposé, spécifiant que les fonds pourraient être utilisés pour soutenir les banques, elle était assortie de considérations sur la nécessité pour la BCE de cesser de les tenir à bout de bras. Revenant à en transmettre la charge au gouvernement et aux contribuables irlandais, via le fonds de stabilité européen, qui financerait provisoirement mais contre remboursement.

La BCE est en effet prisonnière de sa propre politique, qui veut qu’elle doit retirer du marché des liquidités selon un montant équivalent à ses injections résultant de ses achats d’obligations souveraines, afin d’endiguer la hausse de leurs cours et de contribuer au bouclage des émissions des Etats de la zone des tempêtes. Le tout afin de ne pas prendre le risque – affirme-t-elle pour des raisons en réalité politiques – de déclencher un processus inflationniste.

Après avoir interrompu ses achats, elle vient pour la seconde semaine consécutive de les reprendre, y consacrant la semaine dernière un milliard d’euros (700 millions d’euros la semaine précédente). Considérant que sa tâche est prioritairement de soutenir les banques – elle ne se fait pas faute de rappeler que les Etats doivent se prendre en charge eux-mêmes – elle presse donc l’Irlande d’accepter l’aide des Etats européens, afin de pouvoir stopper ou réduire ses aides tant à l’Etat qu’aux banques. D’autres urgences attendent la BCE et elle voudrait bien limiter ses programmes, comme vient de le rappeler Jean-Claude Trichet, son président.

On peut comprendre que – nonobstant toutes les considérations qui n’ont pas manqué de foisonner sur l’orgueil national irlandais froissé par l’abandon d’une partie de sa souveraineté qui en résulterait – le refus catégorique d’accepter ce transfert a donc une autre raison. Le gouvernement a quelques mois devant lui avant de devoir retourner sur les marchés et ne veut pas se précipiter en adoptant une solution qui arrange tout le monde, sauf les Irlandais. Alors que des dispositifs plus favorables pourraient voir le jour. Celui qu’ils sont sommés d’accepter revient à faire supporter par les Irlandais, à eux seuls, la charge du spectre de la contagion à d’autres pays de la crise obligataire souveraine, puisque c’est de cela qu’il s’agit dans les capitales européennes.

Il ne nuit pas davantage à la compréhension de la situation que d’admettre que l’insistance des Allemands vis à vis des Irlandais n’est pas sans rapport avec l’exposition de leurs banques à la dette des banques irlandaises, dont le renflouement serait bien vu. Alors que l’utilisation de l’EFSF – ils viennent de le réaffirmer avec leurs collègues depuis Séoul – n’implique aucun risque de restructuration des dettes. Un mécanisme – a-t-il été réaffirmé avec force – qui n’entrera en vigueur qu’après 2013, précisément la date laquelle les opérations de l’EFSF doivent cesser, le mécanisme de crise en discussion et appelé à lui succéder prévoyant de tels sacrifices. L’EFSF est un abri pour les banques plus que pour l’Etat, voilà ce qu’il faut sans aucun doute enregistrer.

Il est donc possible d’ouvrir avec d’autres clés que celles qui sont proposées les petits tiroirs secrets des négociations en cours. On a déjà pu remarquer que pas mal d’eau avait été mis dans le vin à propos de la douloureuse implication future des créanciers – les banques européennes – à la participation envisagée des restructurations des dettes d’un Etat en faillite.

La brusque montée en puissance de la crise actuelle a d’évidentes raisons : il s’agit de transférer aux frais des Etats, via l’EFSF, le coût du sauvetage des banques nationales en péril, avant la date couperet de 2013, après laquelle les banques européennes risquent de devoir en prendre une part à leur charge. Ce qui n’empêche pas les mégabanques de mener, parallèlement, une sourde campagne pour faire abandonner, ou au moins réduire le plus possible la portée, de dispositions de cette nature.

Comme les choses vont vite ! Le sauvetage des Etats hier impensable est en passe de devenir une routine. La restructuration de leurs dettes hier impensable est aujourd’hui étudiée comme nécessaire ! Mais une chose est de devoir s’incliner devant l’évidence, autre chose est de déterminer qui va payer l’addition finale, un long jeu de l’oie auquel s’adonnent nos élites politico-financières.

La situation du monde bancaire européen est en train de réapparaître sous son triste jour. D’un côté, un secteur sinistré de banques nationales continue de lutter pour sa survie; de l’autre celui des mégabanques cherche une fois de plus à se défausser de ses responsabilités en faisant prendre en charge ses pertes par les Etats, via le renflouement des banques nationales qu’elles ont financé.

Dans le premier camp, on trouve non seulement les banques grecques, irlandaises et portugaises, mais également les caisse d’épargne espagnoles et les Landesbanken allemandes. Ces deux derniers réseaux viennent d’ailleurs d’enregistrer des rappels à l’ordre des banques centrales espagnole et allemandes, car ils traînent des pieds pour opérer des restructurations conçues pour les tirer d’affaire, une solution dont on peut douter : l’accouplement des zombies produit généralement des zombies encore plus redoutables. C’est pourquoi Alex Weber, président de la Bundesbank, vient de sommer les Landesbanken d’utiliser les facilités financières mises à leur disposition, leur restructuration apparaissant dans l’impasse.

Une autre inquiétude pèse lourdement sur le climat bancaire. Si les mégabanques affectent de pouvoir passer haut la main le test que représente le respect des nouvelles normes de fonds propres de Bâle III, elles ont du reconnaître que cela se fera en partie au détriment des actionnaires, dont les dividendes en feront les frais.

Mais l’avenir immédiat est encore moins rose. 2011 est une année très chargée en terme de refinancement de leurs activités courantes. Les estimations des montants varient entre 700 et 800 milliards d’euros, une somme équivalente à celle que les Etats vont devoir chercher sur le même marché obligataire. Tout cela fait beaucoup et alimente les inquiétudes à propos de l’inévitable hausse des taux obligataires qui devrait en résulter. Avec un double effet : le renchérissement du service de la dette publique et la diminution du retour sur fonds propres des banques.

Dans ce contexte, les mégabanques artillent de tous leurs feux afin de couper court à de nouvelles obligations, au titre de leur statut d’établissement systémique. Elles tentent aussi d’éviter une taxation européenne – à laquelle les Allemands tiennent beaucoup – qui réduira encore leurs marges opérationnelles et donc les réserves qu’elles pourraient constituer pour améliorer leurs ratios. Tout se tient !

Mais elles sont prises à revers par de nouvelles propositions, qui voudraient substituer au processus allemand de restructuration des dettes souveraines l’utilisation d’un fonds abondé par le projet de taxe européenne des établissements bancaires. L’idée en émane des Grecs, qui voudraient que l’on arrête d’agiter le chiffon rouge de l’implication des créanciers dans leur sauvetage, appuyés par les Espagnols notamment, car ils en subissent les retombées sur le marché obligataire. Une prime de risque supplémentaire est en effet exigée, dans ces conditions plus hasardeuses. Le problème est que cette taxe toucherait également le camp des banques en détresse, ne faisant qu’aggraver leur cas et renvoyant à leur sauvetage par les Etats ! Et que les montants récoltés ne seraient pas à la hauteur des enjeux financiers réels. Décidément, tout se tient serré !

La réapparition dans les médias des propositions du FMI des années 2000, qui avait à l’époque étudié le mécanisme des SDRM (Sovereign Debt Restructuring Mechanism – mécanisme de restructuration de la dette souveraine) n’est pas fortuite. Des formules miracle sont en effet recherchées pour tenter de décontracter un problème qui devient de plus en plus aigu, et pour lequel les solutions actuellement envisagées montrent déjà leurs extrêmes limites. L’EFSF est un moindre mal sous-dimensionné qui n’est qui n’est que transitoire, tandis que le futur mécanisme de crise suscite déjà des vives réactions – la crise irlandaise actuelle – qui ne sont qu’un avant-goût de ce qui pourrait suivre.

Il n’est donc pas étonnant qu’après un premier papier publié sous les auspices du centre Bruegel, Daniel Roubini s’empare à son tour du sujet dans les colonnes du Financial Times pour défendre cette même approche, en faisant valoir qu’elle ne nécessiterait pas de révision du Traité de Lisbonne et pourrait être utilisée sans attendre pour l’Irlande et la Grèce. A noter qu’elle repose sur des swaps d’actifs, une trouvaille de l’ingénierie financière apparaissant comme une solution miracle mais reposant sur une vielle recette : l’étalement des dettes assortie de leur décote. Faites sortir cette dernière par la porte de derrière, elle revient par celle de devant.

Parmi d’autres commentaires qui commencent à émerger, y compris en Allemagne, l’éditorial du Financial Times est à retenir. En substance, il y est admis qu’il n’y a pas de solution à la crise de la dette publique qui ne prenne en compte également la dette privée. Rapportée au cas Irlandais, cela se traduit par l’idée que tant que le gouvernement fera passer le renflouement des banques irlandaises au dessus de toutes considérations, les soutiens financiers dont il pourra bénéficier ne régleront pas le problème de l’insolvabilité à terme de l’Etat. Une même constatation est en train d’être faite à propos de la Grèce…

A partir de là, le jeu est ouvert ! Mais il est à craindre qu’il soit refermé. Les diplomates n’ignorent pas qu’il y a deux solutions pour résoudre un problème insoluble – outre le remettre à plus tard – c’est le saucissonner ou au contraire le globaliser. Les ministres des finances vont-ils être de bons diplomates ces jours à venir ?

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71 réflexions sur « L’actualité de la crise : TOUT SE TIENT PAR LA BARBICHETTE, par François Leclerc »

    1. Que veut bien dire « une fois n’est pas coutume, assez neutre » ? Que la neutralité veuille dire : « dans le courant de pensée mainstream » ? Mais ce qui caractérise le plus la « pensée mainstream », n’est-ce pas justement son absence complète de neutralité, c’est-à-dire d’être pieds et poings liés au système dominant, d’avoir ses intérêts intrinsèquement soumis aux siens ?

  1. @François,

    depuis le début de vos billets j’admire tout autant la qualité de vos analyses que celle de votre écriture, et maintenant je dois ajouter une troisième admiration: votre productivité digne de Stakhanov !

    Merci et bonne continuation,

    FabCH

    1. Comme vous le savez, Stakhanov avait des aides pour améliorer son rendement, que l’on ne voyait jamais sur les photos.

      Moi, on ne voit pas ma photo, et quand je me retourne je n’ai pas d’aides… Dois-je regretter de ne pas être l’homo sovieticus cher à Zinoviev ?

  2. A François Leclerc et tous

    Ici un shémas synthétique paru dans la presse américaine et qui a déjà bien circulé même s’il commence à dater un peu des engagements croisés des pays dits à risque en Europe et vis à vis de l’Allemagne, de la France et du Royaume Uni.
    http://graphics8.nytimes.com/images/2010/05/02/weekinreview/02marsh-image/02marsh-image-custom1-v3.gif
    Ce que j’aimerais savoir et qui manque ici c’est les engagements croisés de ces trois derniers pays et vis à vis de l’extérieur de l’Europe notamment des USA.
    Quelqu’un aurait-il ces données ?

  3. Après la lecture de cet article de François Leclerc, je ne résiste pas à la tentation de citer la dernière lettre de GEAB:
    Austérité européenne : multiplication des résistances sociales, montée des populismes, risque de radicalisation des générations montantes et hausses d’impôts

    De Paris à Berlin, de Lisbonne à Dublin, de Vilnius à Bucarest, de Londres à Rome, … les manifestations et les grèves se multiplient. La dimension sociale de la dislocation géopolitique globale est bien au rendez-vous de l’Europe de cette fin 2010. Si ces événements ne parviennent pas pour l’instant à perturber les programmes d’austérité décidés par les gouvernements européens, ils traduisent une évolution collective significative : les opinions publiques sont en train de sortir de leur torpeur du début de la crise en prenant conscience de sa durée et de son coût (social et financier). Les prochaines élections devraient donc faire payer un coût élevé à toutes les équipes au pouvoir qui ont perdu de vue que sans équité, l’austérité ne bénéficierait d’aucun soutien populaire. Pour l’instant, les équipes au pouvoir continuent essentiellement à appliquer les recettes de la période d’avant la crise (à savoir des solutions néo-libérales à base de réductions d’impôts pour les ménages les plus aisés et d’augmentation d’impôts indirects en tout genre). Mais la montée en puissance des conflits sociaux (qui est inévitable selon LEAP/E2020) et les changements politiques qui vont apparaître dans les prochaines élections nationales pays après pays, vont générer une remise en cause de ces solutions… et une montée brutale des partis populistes et extrémistes : l’Europe va se « durcir » politiquement

    Aucun lien avec l’article me direz-vous ? Si. A force de ne voir que les problèmes des banques, les dirigeants actuels vont se faire massacrer (j’espère uniquement au figuré)

    1. Les banques sont totalement au centre de notre monde. Tout passe par elles. Le reste n’existe pas ou si peu. Nos politiciens ont voulu cette situation. Ils ne peuvent pas y renoncer sans devoir admettre avoir fait une erreur depuis les années 80.
      Nous sommes invités plus ou moins fortement à nous soumettre aux banquiers. C’est la seule solution vendue comme raisonnable. Hors de cette solution, il n’y a rien dans notre monde tel qu’il est.

      Naturellement, si le détail représenté par les humains compte, il y a quelque chose. Je suis juste un tout petit détail de cette histoire.

  4. Dette privée et dette publique même combat ?

    Les prêteurs , les échéances , les « rapports de forces » , la gestion du temps … sont ils les mêmes ?

    Si la solution est un PPP (paternariat public /privé) , je tremble .

  5. Tiens, une petite question par rapport à l’Irlande.

    Qu’elle serait sa situation si le traité de lisbonne avait été définitivement rejeté ?

    Ou en d’autres termes; la grosse pression mise sur l’électorat à ce moment là, n’était elle pas due à une parfaite connaissance (à l’époque déjà) de ce qu’il allait advenir de son système bancaire/étatique ?

    1. même réflexion.

      Vu des instances européennes, c’est la 2 ème fois que ces irlandais … les embêtent !
      Nom de non !!!

    2. Les Irlandais ont accepté ce traité dans un référendum voté carrément en catimini au moment de l’explosion de la crise. Il leur a été promis à ce moment que leurs emplois allaient revenir s’ils acceptaient le traité.

      Je ne sais rien sur le traité de Lisbonne. Par contre, j’imagine que ce traité a sérieusement renforcé le pouvoir des financiers. Si mon hypothèse est bonne, ces gens auraient maintenant beaucoup moins de pouvoir en Europe. Selon mon jugement, cela aurait été une bonne chose.

      Par contre, je ne crois pas du tout que les défenseurs du traité ont imaginé la situation actuelle. Dans leur monde, la crise actuelle ne pouvait pas arriver. Je les ai vus et entendus nier cette crise et son évolution à chaque étape. Ils ne l’ont admise que contraints et forcés par une évidence aveuglante. L’austérité imposée aux états n’est que la dernière péripétie de ces dénis. Elle suppose que le système va repartir tout seul pourvu qu’on le laisse tranquille. Pour cela, je vous donne en exemple ce lien.
      http://www.zerohedge.com/article/book-review-courage-do-nothing-bill-flax
      J’y vois une affirmation tranquille que tout va repartir comme avant à la condition de ne pas toucher au système financier actuel.

      J’en conclus que ce traité de Lisbonne n’est qu’une façon d’aménager l’Europe en un grand marché financier qui régule tout de nos vies.

    3. @ DiderF
      « Je ne sais rien sur le traité de Lisbonne »
      puis …
      « J’en conclus que ce traité de Lisbonne n’est qu’une façon d’aménager l’Europe en un grand marché financier qui régule tout de nos vies. »

      y a pas une erreur dans votre demarche ??

    4. @ Romain

      Veuillez bien lire,
      Didier F site une observation provenant du lien qu’il propose et non du traité de Lisbonne.

  6. « Dans ce contexte, les mégabanques artillent de tous leurs feux »
    Vous prenez l’acception du Littré ou le sens argotique…
    L’heure est grave et ce n’est pas le moment de jouer sur les mots;je sais.

  7. Selon des rumeurs Bruxelloises, relayées par The Irish Independant, Brian Lenihan, ministre irlandais des finances, se préparerait à accepter un soutien qui permettrait de renflouer les banques, une façon de ne pas mettre directement l’Etat sous tutelle. Les apparences seront sauvées, l’essentiel sera acquis !

    1. Si les Irlandais acceptent cette tutelle, ce sera un précédent. Les autres états, dits du PIIGS, vont sentir passer la pression pour cela. Les citoyens de ces pays se retrouveront encore plus fort sous la coupe des financiers. Il leur sera demandé des efforts de plus en plus violents, etc…. Nous y passerons aussi car ce sera présenté et imposé à nos esprits comme la seule solution « raisonnable ».
      J’ai très peur de cette « raison ».

  8. Encore une fois bravo pour l’analyse, mais deux remarques:

    1) Les Allemands, amha, vont tout faire, pour les raisons de politique intéieure pour ne pas
    activer le ‘bazooka européen’, d’autant plus que la restructuration de leur systeme bancaire
    traîne des pieds ( par exemple,en Espagne, ordre vient d’être donné aux ‘ cajas’ de régler leurs
    fusions sous 15 jours ), secteur bancaire allemand que W.Münchau, dans une analyse cet été,
    estimait ‘insolvable’. Selon Der Spiegel, le montant d’obligations irlandaises détenues pa les banques anglaises et allemandes s’élève à 288 mds de $ , 138 côte allemand, calculés par le F.A.Z
    Irish Debt woes makes German banks uneasy

    2) La solution choisie par le gouvernement irlandais jusqu’ à présent: la facture s’élève à
    256 milliards d’euros, 170% du PIB irlandais, ce qui équivaut à 66 000 euros par personne ( souce UE via El Pais ), puisque tout ce qui est a été mis en oeuvre jsuqíci dans cet interminable feuilleton ( qui sera suivi dans l’ile d’émeraude par le feuilleton hypothécaie ) est à la charge du contribuable.irlandais
    Amha, ke gouvernement continuera à traîner des pieds jusqu’ à la date fatidique sans doute pour lui du 7 Décembre et du vote du budget 2011

    3) La suggestion de Vito Costancio, vice-président de la BCE, et directeur de la banque centrale du Portugal, est particulièrement pernicieuse, un pays demandant l’accès à l’EFSF
    pour ‘aider’-on ne sait plus quelle expression employer- ses banques au coût et du contribuable irlandais, et du contribuable européen, surtout allemand, ceci pour éloigner le danger du Portugal…

  9. Europe Unie ou zizanie ?

    Finances publiques : la Grèce n’a pas tenu ses engagements

    mardi 16 novembre 2010, 14:27
    La Grèce n’a pas tenu ses engagements en matière de redressement de ses finances publiques, a affirmé mardi le ministre autrichien des Finances, Josef Pröll, ajoutant que l’Autriche pourrait ne pas verser sa contribution au plan d’aide pour Athènes en décembre.

    afp

    1. Comme ça la Grèce fera défaut, si tout le monde fait pareil, ce qui n’arrangera personne. Décision de politique intérieure donc, mais qui pourrait faire des petits chez les autres membres, et l’Allemagne resterait seule, sans doute avec la France, à devoir renflouer la Grèce pour éviter de voir ses propres banques en faillite. La bonne blague, non?

  10. Mardi 16 novembre 2010 :

    La zone euro joue sa « survie », estime le président de l’Union Européenne.

    La zone euro et l’Union européenne tout entière jouent leur « survie », a mis en garde mardi le président de l’UE, au moment où les inquiétudes grandissent à propos des difficultés budgétaires de l’Union monétaire.

    « Nous sommes confrontés à une crise pour notre survie », a déclaré Herman Van Rompuy lors d’une intervention devant un centre de réflexion bruxellois, le European Policy Center.

    « Nous devons tous travailler de concert afin de permettre à la zone euro de survivre. Car si la zone euro ne survit pas, l’Union européenne ne survivra pas non plus », a-t-il ajouté.

    Boursorama

    1. C’est à mourir de rire ce décalage permanent entre les effets de manche de ces politiciens et la réalité, la zone euro joue soit disant sa survie en ce moment et…. l’euro fait en même temps du surplace vs le dollar.
      A moins que les cambistes jouent aussi la survie du $, vraiment n’importe quoi. Si au moins ça pouvait vraiment faire baisser l’euro… mais même pas.

    2. L’euro chute sous 1,35 dollar, l’Irlande au centre des discussions.

      L’euro a poursuivi son repli face au dollar mardi, tombant même sous 1,35 dollar, victime de l’incertitude persistante sur un éventuel plan d’aide à l’Irlande alors que les ministres des Finances de la zone euro se réunissaient à Bruxelles.

      Vers 22H00 GMT (23H00 à Paris), l’euro valait 1,3488 dollar, contre 1,3582 dollar lundi à la même heure, après être tombé à 1,3447 dollar, un nouveau plus bas depuis fin septembre.

      L’euro baissait aussi face à la devise nippone à 112,33 yens contre 112,90 yens lundi.

      Boursorama

    3. BA,
      l’euro vaut au grand max 1.10 – 1.20 dollar. L’objectif initial était la parité : 1 dollard = 1 euro
      Quand les marchés ne croiront plus à l’euro, 1 euro ne vaudra même plus 1 dollar.
      Mi 2009 il a déjà les 1.2, la marge de fluctuation est très importante, c’est d’ailleurs bien le problème.

    4. BA.

      Cf euro today… Vu les volumes monstrueux échangés sur le marché des changes, les « petites » variations ne veulent pas dire grand chose.
      Le jour ou l’euro sera à 1.2 dollar ce sera un vrai signe, et si la parité suit dans la foulée, alors là, par contre…

  11. Merci pour vos éclairages Mr. Leclerc,

    Les explications des principaux médias sur ces sujets étant souvent sommaires voire peu crédibles, j’attends toujours avec impatience vos billets qui dévoilent les dessous de cartes des négociations.

    Sinon qui peut éclairer ma lanterne ?
    L’argent des états destiné à L’EFSF d’où sort-il ? de quel budget ?

    1. Le mécanisme est le suivant : bénéficiant des garanties des Etats, le fonds va sur les marchés emprunter, afin de prêter ensuite aux Etats qui bénéficient de son soutien. Le bon fonctionnement du mécanisme repose sur une note AAA, qu’il a obtenu.

    2. Très bonne question,
      Est-ce qu’il serait possible d’avoir des chiffres globaux, j’entends par là, un calcul ressemblant à ca :
      (Je sais qu’on aime pas vraiment les maths appliqués ici, mais de temps en temps un petit calcul ne ferait pas de mal.)
      En imaginant que les pays à balance commerciale positive ne peuvent soutenir le reste du monde, car le RDM est le moteur commercial des pays émergents, pays qui sont trop fragiles socialement pour devenir des nouvelles places économiques durables.

      Il reste donc l’Europe seule pour se sauver elle même.
      voici le calcul qui viserait à avoir une vision global de la faisabilité ou non:

      (Réserves des banques + besoin de financement des états + trésorerie des entreprises + capitalisation des ménages + enrichissement spéculatif et capitaux outils) – ( Valeur ajoutée Européenne) = + ou – ?

      Il manque un paquet de variables dans le calcul.
      Simplement la question est : est-ce possible ou pas?
      si oui en combien de temps ?

      Autre point que j’ai du mal à éclairer,
      Concernant l’injection de liquidités et autres quantitative easing, ne font-il pas exploser les seuils de réserves de sécurité des Bank?
      Plus il y a de liquidités, plus le risque systémique est large non?

      merci à François Leclerc pour ce billet qui va droit au but. Et je suis pas Marseillais.

  12. J’ai foi en toi le banquier, j’ai foi en toi le politicien, puisses-tu tenir le plus longtemps possible la barbichette à l’autre, mais là, la crise me pèse tellement que je préfère relire blanche neige et les sept nains, qui voit déjà venir au loin la seconde et prochaine vague et lame de fond …

  13. Finland Opposes Aid To Ireland

    After Greek CDS went offerless, and is about to pass 1,000 bps following news of Austria’s defection from the EU rescue fund over Greece’s endless lies, now we get the next defector: Finland, who it appears is opposing an Irish rescue. This is not too odd, since Finland actually has a viable banking system whose viability does not depend on the generosity of Irish and European taxpayers. What this means, however, is that European unity is finally coming apart at the seams.

    http://www.zerohedge.com/article/finland-opposes-aid-ireland

  14. En fait cette crise montre combien l’Europe est l’image de la duplicité des peuples.

    Chaque pays est venu y chercher son intérêt, pour l’Irlande, rattraper à vitesse accélerée les autres pays européens, leur crise est celle d’une société qui va trop vite, construire trop vite les maisons pour les nouveaux riches et arrivants attirés par la prospérité de ce pays.

    Pour l’Europe, comme une vengeance pour ce petit pays qui est allé trop vite et qui a par sa politique fiscale déstabilisé en partie l’Europe fiscale, par un joli retour de bâton, la finance rappelle à l’Europe qu’elle est unie, ce me semble la crise actuelle irlandaise montre que d’une part chacun va essayer de payer le moins possible, que chacun n’a pas compris que l’Euro est unique et donc que toute crise touchant un état lié à l’euro entraîne immédiatement un effet en chaîne pour les autres.

    Les Allemands et les français sont les créanciers de l’Europe, ils seront donc touchés par le rééchelonnement des dettes des états à travers leur système bancaire.

    Ce me semble à travers ce dossier irlandais, et nous l’avions vu avec la Grèce, les Européens n’ont pas de solution à la crise inéluctable de l’Euro.

    Bref et sans doute est ce que je ressens confusément, la dislocation de tous les pays européens est irrémédiable car toute crise se répercutera sur tous les européens.

    M. Leclerc, juste un peu de politique fiction, la nationalisation des banques européennes telle que vient de le faire l’Irlande me semble inéluctable à moyen terme, comment cela peut-il se passer, il y aura t il une chute de 50% de l’euro à ce moment là, que deviendront les dépôts dans ces banques ?

    Je sais et je reconnais qu’il est mal-aisé de parler du futur, mais en cas de répudiation de tout ou partie des dettes des états européens, comment le système peut-il continuer à fonctionner.

    Les assurances et les retraites complémentaires seront touchées, les dépôts perdront tout ou partie de leur valeur, peut-on envisager comme le font les USA finalement que la dévaluation de l’Euro sera la seule sanction et qu’une décôte sera appliquée à l’intérieur de l’Europe sur la monnaie fiduciaire…

    Je sais que vous n’avez jamais répondu à ces questionnements, mais en imaginant une explosion des mégabanques de toute l’Europe, que peut-il se passer.

    Merci à l’avance, c’est le sujet qui me préoccupe le plus, que se passera-t-il après l’implosion de l’Europe, bien évidemment l’explosion peut venir aussi de la Chine ou des Usa, voir d’une fermeture brutale du commerce mondial, mais je me dis que pour les deux grands USA et Chine, il y a un intérêt commun à faire imploser l’Europe.

    Bien évidemment je n’ai pas les connaissances suffisantes pour faire de telles suppositions, juste que j’ai l’impression depuis 3 ans d’avoir un temps d’avance sur la crise, me manque la connaissance suffisante des imbriquements ( je fais parfois des infidélités au français ) de tous les intervenants pour estimer et envisager le futur.

    Bref l’exemple de la déflation allemande des années 30 est-elle ce qui peut se passer ?

    1. On a coutume d’évoquer les nationalisations en précisant «avec » ou « sans indemnités » des actionnaires. La question ne se pose plus, mais elle en appelle une autre : « avec quels engagements ? ».

      Un schéma de Willem Buiter, blogger très suivi du Financial Times et devenu Chef économiste de Citi, prévoyait la création de good banks, qui reprenaient les dépôts des banques en faillite, laissant les bad banks s’effondrer. Cela ne se ferait pas sans dégâts néanmoins, des procédures d’indemnisation pouvant être prévues pour certaines catégories d’investisseurs.

      Une baisse de l’euro, qui est appelée de ses voeux par les gouvernements et qui a lieu en ce moment, serait-elle une catastrophe, au vu notamment de l’importance du commerce intra zone euro ? Les matières premières seraient plus chères, mais un tel processus ne pourrait en réalité intervenir que dans le cadre d’un chamboulement plus vaste, incluant une réforme du système monétaire et bousculant le rôle encore prédominant du dollar dans les échanges internationaux….

    2. Si l’euro (qui était monté à 1.4265 au moment ou Bernanke avait annoncé son QE 2.0) retombe fortement et durablement (vers 1.20/1.25 disons) est ce que cela ne ferait pas foirer les plans de l’ami Ben et de facto son QE 2.0 aurait du plomb dans l’aile?Vu que son but était de dévaluer le dollar, contre l’euro cela serait en partie ‘raté’.
      QE 3.0 ??

    3. L’Irlande sans don dumping fiscal (impôt des sociétés à 12.5 pct je crois?),n’aurait jamais connu ni boom ni bulles immo et bancaires…pourquoi a t’on autorisé l’Irlande à appliquer ce taux d’imposition sur les sociétés si bas qu’il fallait bien qu’un jour un ‘incident’ arriva?

    4. Pour les bad banks, pas de pb je l’admets, sauf que cette fois-ci les sommes en jeu seront monstrueuses, jusqu’à présent il s’agissait de défauts de paiement sur des petits montants et sur lesquels il pouvait y avoir récupération dans le temps, hors en cas de défaut de paiement des états, la bad bank constatera immédiatement le montant de la perte !

      En fait j’ai un questionnement qui est tout simplement de savoir comment l’implosion se fera, bien évidemment c’est bien de voir l’évolution et surtout d’avoir des infos que l’on a pas sur les médias traditionnels,mais suis sur ma faim lorsque l’on parle de l’interdiction des paris, c’est vrai que ce serait bien de les interdire mais ce me semble, rien ne peut nous empêcher de nous crasher et c’est sur ce qui pourrait se passer que je m’interroge le plus.

      Je sais que vous n’êtes pas devin, mais de temps en temps j’aimerai bien essayer de faire un tour vers le futur, que l’on parle de comment les mégabanques pourraient exploser, ce qui alors pourrait être fait.

      En gros quand l’explosion sera, les banques seront fermées immédiatement et suis curieux alors de voir les hordes de jeunes descendre dans la rue, voilà le point sur lequel je suis interrogatif, de tout ce que je lis, on compare par rapport au passé et aux crise précédentes, on parle de crise systémique mais on ne dit pas comment on sort d’une crise systémique et comment cela peut se passer.

      Il apparait ce me semble depuis déjà pas mal de temps qu’il n’y a pas de solution à la crise actuelle sauf à constater que les états ne sont pas capables d’assumer leurs dettes, au vu des chiffres, le bilan de la bnp est supérieur au pib de la France donc c’est la crise systémique, que fait on ce jour là …nous ne seront pas les seuls c’est certain mais la dégradation ne sera pas lente comme dans les années 30, ce me semble on se réveillera un matin avec toutes les banques fermées….!!!

  15. J’observe que chaque fois que l’euro franchit la barre de 1,40 $ ça se réagite sur le front des dettes des PIGS, et l’euro repasse vite fait sous ladite barre.

    Laisser s’Inquiéter les marchés au bon moment, est-ce que ça ne peut pas être une arme (de maniement certes très délicat) dans la guerre des monnaies, à l’avantage des exportateurs de l’Euroland ? Aspect qui ne retire rien à l’analyse de F. Leclerc, mais qu’il serait peut-être intéressant d’ajouter au tableau.

    1. Ne parvenant qu’à peine à maîtriser la bête, je ne crois pas qu’ils en soient à de tels réglages fins…

  16. Il est tant de comprendre que les maux de l’Euro sont une stratégie sourde et de connivence entre Pékin et Washington. Le basculement des investissements d’une Europe martyrisée délibérément vers les caisses américaines et asiatiques ne feront qu’alimenter le nouveau pôle fort et habilement négocié américano-chinois. C’est du 1 contre 2 !

    Une Europe unis contre le duo de circonstance ou l’asservissement assuré des nations européennes !

  17. @François

    Dans un message un peu plus haut vous avez écrit :
     »Selon des rumeurs Bruxelloises, relayées par The Irish Independant, Brian Lenihan, ministre irlandais des finances, se préparerait à accepter un soutien qui permettrait de renflouer les banques, une façon de ne pas mettre directement l’Etat sous tutelle. Les apparences seront sauvées, l’essentiel sera acquis !

    Si l’Europe renfloue des banques Irlandaises, n’est-ce pas là une distorsion de concurrence contraire aux traités européens ?
    Question un peu saugrenue vue la gravité de la crise mais …

  18. Bonsoir,

    En reprenant votre conclusion, globaliser le probléme voudrait dire un grand grenelle européen sur les dettes des uns et des autres (les états, les banques, les privés) et un gigantesque deal dans un pot pourrisde la zone euro avec des gagnants et des perdants mais in fine quand même limiter la casse politique ?
    restera les dettes dûe à l’exterieure de la zone euro !

    cordialement

    1. Babypouf, l’Europe est pétée de tune…

      Mais lancer l’idée d’une annulation de la source de fric ferait le même effet qu’en Islande ou en Grèce : les riches se tirent en courant après transfert de leurs comptes en banques helvétiques.

      Ce qui, entre nous, ne serait absolument pas une mauvaise chose car perdre un peu pour gagner beaucoup plus ensuite vaut le coup d’être fait.

  19. Ce qui complique les choses encore plus, si on peut dire, c’est que les banques d’un pays en grande difficulté comme l’Espagne sont engagées en Irlande et Portugal à hauteur de 130 Mds € !! (13 % du PIB).

    Si le Portugal fait faillite, on voit mal comment l’Espagne, avec ses 110 Mds € engagés là-bas (le double que la France ou l’Allemagne), pourrait ne pas suivre…

    Et si l’Espagne tombe ce sont les banques françaises à hauteur de 248 Mds € et les banques allemandes à hauteur de 202 Mds € qui auraient du mal à ne pas sombrer…

    http://www.cotizalia.com/en-exclusiva/espana-juega-130000-millones-euros-irlanda-20101116-61143.html

  20. « Le mécanisme est le suivant : bénéficiant des garanties des Etats, le fonds va sur les marchés emprunter, afin de prêter ensuite aux Etats qui bénéficient de son soutien. Le bon fonctionnement du mécanisme repose sur une note AAA, qu’il a obtenu. »

    « Si le Portugal fait faillite, on voit mal comment l’Espagne, avec ses 110 Mds € engagés là-bas (le double que la France ou l’Allemagne), pourrait ne pas suivre…

    Et si l’Espagne tombe ce sont les banques françaises à hauteur de 248 Mds € et les banques allemandes à hauteur de 202 Mds € qui auraient du mal à ne pas sombrer… »

    Ces circularités ne vous donnent-elles pas le tournis?
    -en forme de colimaçon pascalien, elles font flèche de notre temps.
    170% d’un PIB, c’est bien plus d’une année de richesse (et donc de travail humain) d’une nation à la fois escamotée et virtualisée.

    merci à vous M. Leclerc de vous atteler à interpréter avec rigueur tout ce bruit.

  21. A Bruxelles, les discussions avec les Irlandais ont fait un grand flop.

    Une décision de leur part est attendue « dans les prochains jours » a dit Jean-Claude Junker, chef de file de l’eurogroup, comme si les discussions ne se poursuivaient pas.

    Les formulations employées par Olli Rehn, commissaire aux affaires économiques et monétaires laissent à penser qu’un compromis a été recherché mais n’a pas été trouvé. Le programme d’aide proposé concernait selon lui plus « particulièrement le secteur bancaire », alors que les Irlandais ne voulaient entendre parler que d’une aide à la restructuration des banques.

    Avant la réunion, il avait indiqué que « nous discutons de la situation générale de l’économie irlandaise en nous concentrant nettement sur le secteur bancaire et le système financier », ce qui laisse supposer que des contraintes économiques seraient imposées, irrecevables pour les Irlandais qui ne veulent pas d’une mise sous tutelle à la grecque.

    Réaction des juges de paix (les marchés) demain matin.

    1. En gros, nous assistons à du chantage… Sympa.

      Ceci dit entre nous, ça sortira pas du blog, les Anglais sont les plus menacés… Alors qu’ils ne sont pas à l’Euro, il me semble 😉
      Excellente opportunité pour leur renégocier la PAC…
      Donnant-donnant.

      (heu, désolé d’être allergique à l’expression gagnant-gagnant des publicitaires modernes)

  22. « La Grèce hier, l’Irlande aujourd’hui, le Portugal demain, l’Espagne ou peut-être la France après-demain… La tornade des dettes publiques n’a pas fini de souffler sur les pays de l’euro. Il faut bien sûr tenter de s’en protéger. Mais, à vrai dire, cet événement dramatique ne pouvait pas se produire à un meilleur moment. Car il repousse les vents d’un cyclone encore plus impressionnant, qui aurait pu faire s’envoler la monnaie unique et ravager ainsi l’industrie du Vieux Continent. Ce cyclone vient du dollar. Et les masses d’air chaud en jeu sont telles qu’elles pourraient provoquer l’effondrement monétaire mondial auquel nous avons jusqu’à présent échappé. »

    http://www.lesechos.fr/opinions/chroniques/020931910181-le-roi-dollar-est-nu.htm

  23. Il paraît qu’en Espagne gouverne la Gauche et que le chef du gouvernement de la Catalogne est socialiste. Dans la banlieue de Barcelone, un électricien au chômage de 45 ans touchant 300 € d’aide par mois et père de famille « sur le point d’être expulsé de son logement, se pend en pleine rue ».

    http://www.lavanguardia.es/sucesos/noticias/20101111/54067710058/un-padre-de-familia-a-punto-de-ser-desahuciado-se-ahorca-en-plena-calle.html

    1. Qu’est-ce que la mort d’un homme, pour l’oligarchie aux commandes ?
      Comme nous sommes sous l’ancien -régime, le « saigneur » galopant dans la ruelle d’un village écrase un gueux, donc rien, et part manger des ortolans ….

      La social-démocratie n’est pas à gauche, depuis belle lurette …

      Puisque les pays européens ont dû s’aligner sur la politique du tout-mercantile, soit les USA : il reste donc une plutôt extrême-droite, et une gauche molle, soit centre-droit …qui, s’engage dans les mêmes renoncements ( pas pour tout le monde ) : quand je pense que cela réjouit certaines personnes ce non-choix, cette non-affirmation d’un regard différent, ça me fait peur .

  24. Vous ne pensez pas qu’ils commencent à s’en mordre les doigts tous ces fonctionnaires à Bruxelles et à la BCE ainsi que ces chefs de gouvernements d’avoir laissé leur sort entre les mains des marchés de capitaux et de la finance toute puissante qui les tient en otage à la fois par son choc systémique en attente comme par son rôle d’inter médiation des dettes souveraines ?
    Comment peuvent ils digérer cette dictature alors que l’origine se trouve dans la folle finance privée qui a financé des bulles partout dans le monde ?

    1. Je serais prête à parier qu’ils sont dans leur tour d’ivoire, donc peu dans le réel …et sachant qu’ils ne seront pas les premiers touchés – sauf révolution sanglante – et qu’avec leurs salaires déjà perçus, ils ont largement eu de quoi s’acheter une « cabane »et un bout de terrain, ils s’en moquent !

      Sauf à avoir une conscience et un sens des responsabilités – ce qui ne va pas avec les profils lisses choisis – ils ont été de bons petits exécutants des politiques en oeuvre, aveuglés par le divin-marché, pris dans ses rêts et TINA :ils ne sont pas prêts d’en démordre; ils ne sont donc pas « fautifs » ! Ceux qui se soumettent à l’idole (ici,le veau d’or)sont aveuglés…perdent liberté intérieure et esprit critique …
      De plus, ils ne sont pas en première ligne pour les dégats « collatéraux »…

      Quelqu’un d’autre devra écrire de nouveau sur la banalité du mal, dans 20 ou 30 ans …

  25. Merci M. Leclerc pour votre excellent éclairage de la situation.

    En fait, il existerait une solution: re-domestiquer, au niveau européen, la dette des états de l’eurozone. Une directive communautaire dirige prioritairement l’épargne de la zone euro vers le service de la dette pour les besoins futurs. Un mécanisme de contrôle des changes est simultanément mis en oeuvre entre la zone euro et le reste du monde. Et pour l’encours de dette, eh bien, pas de bol pour les opérateurs marché. Dommage.

    Oui, mais là je rêve: il faudrait une volonté politique dont on entrevoit pas vraiment quand elle pourrait se manifester.

    1. VB
      Laissons passer le train…………… Voilà !

      Maintenant, quelles solutions pour 1) le remboursement de ces dettes et 2) la diminution des déficits publics ?

    2. @ Bj,

      Et bien, que voulez-vous… Il y aurait bien des choses à faire, mais il est bien trop tard pour nous éviter le mur, tout au plus pouvons nous penser à reconstruire pour après ; c’est en tout cas mon intime conviction.

      Je ne peux que vous renvoyer là : http://www.pauljorion.com/blog/?p=18450#comment-123594
      Et surtout à la réponse que j’ai faite à tous les septiques et les moqueurs qui ont suivi : « sincèrement que les noms de telle ou telle personne vous déplaise pour ce qu’ils ont pu écrire ou pour leurs idées ou pour toute autre raison, empêche-t-il de lire un raisonnement ?
      En l’occurence, peu importe qui l’a écrit, le raisonnement se tient et FAIT trembler, n’est-il pas ? Comment les personnes ici présentes envisagent-elles, sans dogmatisme (si possible), notre avenir radieux ?
      Comment sortir de l’ornière, si quelqu’un a toutefois la vue suffisante pour voir l’ornière, qui se présente devant nous ?
      Je suis absolument d’accord pour supprimer le jeu boursier, il conviendrait également de démocratiser et moraliser le jeu politique, mais que faire du jeu économique lorsque l’on est dans une situation essentiellement de service, que l’on a courageusement abandonné notre industrie à d’autres industrieux et que côté matière première, pour tenter une réactivation des activités des 2 premiers secteurs, il nous reste les yeux pour pleurer ?
      Croyez-vous que le dogme nous sortira de ce « mauvais pas » ? Ou, alors, si tout cela est une pure vue de l’esprit, comment décririez-vous le paysage actuel et futur ? »

      J’ai bien peur qu’il n’y ait, aujourd’hui, plus de destructeurs que de constructeurs. On ne peut rien faire seul. Mais peut-être êtes-vous d’un avis différent, ou peut-être avez-vous quelque chose de mieux à proposer. Je vous laisse le faire et vous souhaite Bon Courage, comme Jef me l’a aussi souhaité.

      Bien cordialement,

    3. Bonsoir VB. J’espère que vous allez bien.

      Les réactions qui ont suivi le lien du site de Loïc sont logiques. Tropicalbear date de 2006, c’est du 100% déflationniste, de l’ultra libéral et en 2009 les contacts avec le site de Paul ont fait flop.
      Il faudrait que vous y passiez un peu de temps, on y trouve des constats et des anticipations intéressantes, mais la qualité baisse. De toute façon, j’ai le sentiment que les solutions préconisées pour sortir de cette crise ne vous plairont pas du tout.
      Pour faire contrepoids, vous pouvez allez aussi faire un tour sur le site de JC Bataille :
      http://futures.over-blog.com/
      Un site stagflationniste plus équilibré, plus complet, qui fait un bilan analogue de la situation mais qui envisage des développements différents.
      Oubliez les forecast des deux sites, c’est du trading pur. Il m’arrive à mes moments perdus de faire quelques articles financiers sur certains sites, dont futures, par exemple, si les méandres du Comex vous intéressent :
      http://futures.over-blog.com/article-la-backwardation-sur-l-or-n-3-fin-de-l-enquete-59075758.html
      Bonne soirée.

    4. @ Jef,

      Merci pour vos informations et précisions. Je vais lire cela.
      De toutes façons, êtes vous d’accord sur le constat de fond : nous sommes devenus une Société dite développée sans industrie et sans matière première facilement abordable (sauf l’agriculture, ce qui n’est pas rien !) ? Si vous êtes d’accord, je ne vois pas très bien comment passer outre ce mur là.

      Cordialement,

  26. En 2013, la dette publique de l’Irlande sera de 112,7 % du PIB.

    http://www.globalix.fr/content/irlande-la-dette-en-heritage

    D’après le Fonds Monétaire International, en 2014, quelle sera la dette publique par rapport au PIB ?

    En 2014, la dette publique des Pays-Bas sera de 80,9 % du PIB.

    La dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.

    La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.

    La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.

    La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.

    La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.

    La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB.

    La dette publique de l’Islande sera de 134,1 % du PIB.

    C’est à la page 30 :

    http://www.imf.org/external/pubs/ft/spn/2009/spn0921.pdf

    Mercredi 17 novembre 2010 :

    Le Royaume-Uni est « prêt » à participer à une aide de la zone euro et du FMI à l’Irlande pour venir au secours du secteur bancaire irlandais, a indiqué le ministre britannique des Finances George Osborne.

    Autrement dit : les Etats européens sont surendettés.

    Mais ça va être de pire en pire : les Etats européens surendettés vont se surendetter encore plus pour aider les Etats européens en faillite.

    1. Effrayant,

      Fausse paix du monde et qui depuis la fin de la seconde guerre mondiale ne repose en fait que plus grandement sur tout un ensemble de convenances économiques pas très saines, dans le seul but de savoir mieux faire de l’argent en vitesse, sans doute le seul moyen possible et le plus court que l’affairiste moderne ait pu trouvé pour mieux se faire bien voir,

      Les dettes du privé que l’on préfère encore bien cacher fiérement sous le tapis de la dette publique, oh que tous les Etats sont très mal gérés de nos jours, mais nous c’est pas pareil sur les marchés, car c’est bien connu plus c’est privatisé et plus cela sent meilleur au final,

      Les continuels ajustements politiques ne pourront d’ailleurs rien y faire, le monde est déjà engagé comme ça dans la bétise, c’est d’ailleurs ce que la plupart du monde constate, il n’y
      a pas non plus que les banquiers qui recherchent tant à entuber leur prochain en société,

      Je dirais même que c’est un peu plus présent dans l’esprit des gens maintenant, pire même pour un euro prêt.

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