Sivens : Nouvelles du front, par Vincent

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le 5 mars 2015. 1 copain et 2 copines clowns au tribunal, dont un déjà condamné en première instance à 6 mois dont 4 avec sursis. Il n’a absolument pas usé de violence à aucun moment, j’en réponds. C’est complètement contraire à la pratique clown et un clown agressif ou violent est un oxymore, tout au plus est-ce quelqu’un déguisé en clown. Charlie est un authentique clown.

Les copains sur la ZAD sont encerclés, subissent des intimidations, des violences, des riverains, agriculteurs, soutenant les zadistes sont empêchés de sortir de chez eux, subissent des menaces de mort, de représailles, des appels, l’impossibilité d’accompagner leurs enfants à l’arrêt de bus pour aller à l’école…

Je retourne ce jour vers la ZAD. Avec 2 amis clowns. Nous allons tenter d’apporter un décalage dans cet engrenage de violence et tenter d’éviter que le pire ne se produise encore.

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« Enfoirés » et indignés, par Serge Boucher

Billet invité.

Pour lancer la tournée 2015 des restos du coeur, les enfoirés sortent un clip où des stars multi-millionaires répondent à des ados inquiets pour leur avenir « à vous de jouer, mais faudrait vous bouger ». De façon totalement inattendue et imprévisible, ceci passe très mal. Si la chanson est extrêmement critiquable, la violence et l’unanimité de la réaction ont aussi quelque chose d’interpellant.

Il est choquant que si peu de commentateurs se soient rendus compte que la chanson se moque au moins autant du discours des adultes que de celui des jeunes. Les indices (qui, je l’avoue, m’avaient également échappés à la première écoute) sont pourtant tout sauf subtils : le « Non » asséné en chœur d’un air bovin, le « Je rêve ou tu es en train de fumer? » manifestement hors-sujet, nous montrent des adultes faisant preuve d’une mauvaise foi évidente lorsqu’ils répondent aux inquiétudes des jeunes. Comme l’a depuis précisé Jean-Jacques Goldman, cet aspect caricatural du discours est voulu et essentiel pour comprendre la chanson.

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Pourquoi la gauche française s’est-elle fait voler le peuple ? L’entretien de Chantal Mouffe avec Pablo Iglesias, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

Un clip sous-titré de 6 minutes issu de l’interview récente de Chantal Mouffe par Pablo Iglesias en réponse au sentiment s’exprimant ici et là que Pablo Iglesias de Podemos n’intègre pas la France dans le scénario de conquête politique véhiculé dans son discours de Lisbonne. Au contraire, les cas de l’Italie et de la France sont des sujets d’intérêt – de frustration ? – pour un Iglesias qui, comme j’expliquais dans le billet sur ses tribulations new-yorquaises, a une vision de son engagement politique résolument post-national et de portée planétaire.

Dans cet extrait c’est donc le cas français qui est abordé dans la perspective de Chantal Mouffe. (Je me suis fait plaisir avec le « générique » 😉 : les cinéphiles reconnaîtront la bande originale du chef-d’oeuvre L’Arnaque de George Roy Hill avec Paul Newman et Robert Redford).

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Europe : péril politique, par Stéphane-Samuel Pourtalès

Billet invité.

Levez-vous le poing ? Pour dire oui ou pour dire non ? Les deux en même temps, écrivait Camus dans L’homme révolté. Vous levez le poing pour deux raisons et deux raisons seulement. Deux raisons qui se sont manifestées sans que vous ne les convoquiez vraiment, qui sont apparues sans crier gare, mais qui vous appartiennent maintenant, vous concernent comme des évidences, vous consacrent sur la brèche, malgré vous, au-delà de vous.

Un- « parce que ça ne peut plus durer comme ça », et deux- « parce que c’est injuste ». Ce n’est pas deux idées, c’est deux conclusions, qui vous passent du cerveau au cœur, le moment venu. Le moment venu de l’existence politique dont vous n’aviez jamais rêvé mais qui s’impose à vous de l’extérieur, qui fait intrusion dans votre vie.

Les révoltes tournoient dans l’air européen, visibles ou refoulées, d’extrêmes divers. Les frontières crissent et même l’histoire est sollicitée (emprunt forcé du régime nazi à la Grèce jamais remboursé…).

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Carnets de voyage de Pablo Iglesias à New-York, de Democracy Now ! à Wall Street, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

« Le hasard c’est Dieu qui se promène incognito » disait Albert Einstein. Dans ce billet il sera question des promenades de Pablo Iglesias dans la Grande Pomme. Ni les actes posés, ni les personnes rencontrées ne sont le fruit du mystère ou de l’aléa, à commencer par la dichotomie que symbolise New York, épicentre planétaire de la finance folle et berceau du mouvement Occupy. On peut imaginer, sachant ce qu’a représenté le mouvement 15M dans la genèse de Podemos, que cette occurrence ne soit pas anodine aux yeux d’Iglesias.

Pour une perspective plus large, il peut être pertinent de faire un crochet par La carte secrète d’Alexis Tsipras et de remettre sur le métier la question du rôle qu’assumeront États-Unis dans ce que l’on nomme communément sur ce blog « le grand tournant ». La question de savoir à quels États-Unis nous aurons affaire ces prochaines années se pose. Car si les options qui se profilent pour la présidentielle de 2016 semblent peu excitantes en matière d’innovation, nous vivons dans un monde qui bouge de plus en plus vite et force à des repositionnements constants.

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Snow-Therapy à Macro-Therapy : de l’être primitif au peuple debout, par Annie Fortems

Billet invité. À propos de Paul Jorion pense tout haut le dimanche 15 février 2015.

Le dernier opus du suédois Ruben Ostlund, Snow-Therapy, n’est pas qu’un thrilleur psychologique, intimiste. Il esquisse aussi une vision de macro-Therapy politique et sociale. Passer une semaine de sports d’hiver dans les alpes françaises en compagnie de cette famille de bobos scandinaves n’est pas de tout repos. On ne revient pas indemne de cette luxueuse station, posée dans un écrin blanc en haut d’un pic rocheux. Amphithéâtre féerique de lumière et de blancheur scintillante où l’on se prend à rêver de feux d’artifices accompagnant les coups de canons à neige. On verra que ce sera plutôt le lieu des artifices qui partent en fumée.

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L’avenir de la Grèce… et le nôtre

Voici donc que l’avenir européen redevient passionnant. Des élections législatives auront lieu en Grèce fin janvier, conséquence de l’impossibilité de nommer dans cette nation un nouveau président de la république, et le parti de gauche authentique (je veux dire par là « digne de ce nom ») Syriza en est aujourd’hui le favori.

En Espagne, le parti Podemos, né dans le sillage du mouvement des Indignados, a lui aussi le vent en poupe.

Si bien que la question se pose avec acuité : pourquoi est-ce en France l’extrême-droite qui tire les marrons du feu, alors que l’histoire prouve qu’au moment où les décisions cruciales doivent être prises, l’extrême-droite se mue immanquablement en chien de garde du système capitaliste aux abois ?

Quand les milieux d’affaire allemands dirent à Hitler : « Maintenant tu mets la pédale douce sur l’anticapitalisme et on est derrière toi ! », l’homme éminemment réaliste qu’il était s’est couché comme un toutou. Finis aussitôt les dithyrambes à un Ordre Économique véritablement Nouveau ! Gottfried Feder en sait quelque chose : théoricien entre tous de l’anticapitalisme et, au sommet de sa carrière authentique mentor d’Hitler, il finira au rang beaucoup moins prestigieux de… professeur d’école technique.

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Podemos, ses structures de base et leur maillage. Une Agora de notre époque ?, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

En 1985, l’Unesco inscrit la grotte d’Altamira située à Santillana del mar, petite localité du nord de l’Espagne, dans la liste du Patrimoine mondial. 22.000 ans durant, nos ancêtres Sapiens y ont laissé des traces si nombreuses et variées de leur passage que, selon les hypothèses, ces lieux auraient été des points de rassemblement périodiques pour des populations consistant vraisemblablement de petits groupes familiaux d’une quinzaine d’individus en moyenne. Déjà donc l’être humain ressentait le besoin de socialiser, de se réunir avec ses semblables pour façonner son devenir mieux qu’il ne le ferait confiné dans l’isolement.

C’est par hasard qu’un chasseur découvrit la grotte en 1868 mais c’est un passionné d’archéologie local, Marcelino Sanz de Sautuola qui réalisa l’importance du site et par ses travaux contribua à lui donner un écho dans la communauté scientifique de l’époque. Il se fait que son arrière-petit-fils, Emilio Botín Sanz de Sautuola fut le président, jusqu’à son décès soudain le 10 septembre 2014, du Grupo Santander le plus grand conglomérat bancaire d’Espagne et un des plus importants d’Europe. Le 5 septembre, quelques jours avant sa mort, il confiait lors d’un entretien informel, très médiatisé ensuite, avec des journalistes que Podemos constituait l’une des deux menaces principales à la stabilité sociale – l’autre étant l’indépendantisme catalan -, qu’il fallait la combattre et il exhortait à un renforcement des liens, allant, si nécessaire, jusqu’à un gouvernement d’union PP-PSOE à l’issue des législatives de 2015. Il se dit depuis que des tractations en ce sens seraient en cours, sous le manteau, entre les deux appareils. C’est que les conseils d’Emilio Botín portaient et le slogan boutade de Podemos « En Espagne de nos jours, ceux qui gagnent les élections ne s’y présentent pas » est là pour aiguillonner les imaginations à ce sujet.

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Il n’est d’autres voies que l’action politique, par Michel Leis

Billet invité.

La multiplication des manifestations ces dernières semaines dans plusieurs pays européens illustre à l’envie l’autisme des gouvernements que j’évoquais dans un précédent billet. La réaction du premier ministre italien aux grandes manifestations du 12 décembre est symptomatique : « La grève générale est un moment de protestation d’une grande importance. Nous avons beaucoup de respect à son égard, même si je ne partage pas ses motivations. Bon travail à qui travaillera et bonne chance à qui fera la grève ».  La forme est dans la droite ligne du cynisme qui se pratique volontiers chez certains hommes politiques de droite qui se sont fait élire sous une étiquette de gauche. La droite a des réactions plus variées. La condamnation sans appel de la grève générale en Belgique par un Bart de Wever est assez classique, elle invoque un argument habituel de la propagande, la désinformation par la partie adverse, ce qui ne manque pas d’ironie quand on voit la place prise par le « TINA » dans les médias. Autre classique des politiques, ces réactions hypocrites qui appellent à la responsabilité de chacun et au dialogue social, mais reste-t-il encore quelque chose à discuter face à la conviction des élites ? L’autisme des gouvernements européens questionne aussi les modes d’actions et de protestation.

Que les syndicats soient à la tête de la lutte contre des mesures qui auront un impact sur le pouvoir d’achat, la protection sociale et le droit du travail, quoi de plus normal ? Les mobilisations importantes rendent visible le mécontentement d’une fraction importante de la population, c’est leur grand mérite et une nécessité. Pourtant, au fils des ans, on voit bien que si recul des gouvernements il y a, celui-ci n’est que temporaire. Ce qui n’est pas fait par la loi du jour sera mis en place par la loi du lendemain. Le refus du traité européen par la population française et sa ratification sans autre forme de procès après quelques changements cosmétiques en fut l’exemple le plus flagrant. Les batailles qui se succèdent en Europe ressemblent à ces combats d’arrière-garde, on résiste sur quelques points, mais les petites réformes qui passent au détour d’un amendement rendent bientôt intenables les positions défensives. Cette situation est le résultat d’un enchevêtrement de rapports de forces et de situations particulières.

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« Corruption ça suffit ! », c’était hier soir au Théâtre de la Ville

Quand je suis arrivé au Théâtre de la Ville à Paris hier soir, il y avait quelques centaines de personnes devant la porte. Je me suis dit : « C’est bien : cet événement mérite une telle attention ! »

Une fois m’être présenté, j’ai été conduit à l’intérieur par l’entrée des artistes. Et là, j’ai découvert que la salle de 1500 sièges était comble : les personnes que j’avais vues devant le théatre n’étaient que le trop-plein à qui l’on refusait hélas l’entrée.

Je parlerai tout à l’heure des intervenants et de la réaction de cette immense salle à leurs propos et je ne mentionnerai ici que l’arrivée, après quelques minutes, de Christiane Taubira et l’étonnant mélange d’ovation et de huées qui l’a accueillie.

Edwy Plenel n’en revenait pas. J’ai eu l’occasion de le croiser à deux reprises dans les coulisses et à chaque fois il a tenu à m’en parler : « C’est inattendu : on ne l’attendait pas ! » Mais il jubilait !

L’ovation et les huées se comprenaient l’une et les autres : d’une part, caution offerte par la ministre de la justice à l’expression d’un ras-le-bol par la société civile, d’autre part, exaspération vis-à-vis d’un gouvernement cautionnant jour après jour les dérives intolérables dénoncées par les intervenants.

Atmosphère exaltante de grand-messe et de nuit du 4 août combinées dont j’ai dit que j’y reviendrais tout à l’heure (quand j’aurai, une fois revenu chez moi, davantage à ma disposition pour rédiger mon billet qu’un smartphone !)

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La nuit dernière à Hong-Kong, par Frank Vigneron

Billet invité.

Il s’est passé ici quelque chose d’assez drôle. Un groupe d’anti-Occupy (même si le mouvement s’appelle maintenant ‘Umbrella revolution’, puisqu’il déborde de loin le premier mouvement ‘Occupy Central with Love and Peace’ organisé par des universitaires, ceux qui sont contre s’appellent eux-mêmes encore ‘anti-Occupy Central’) sont venus manifester à la Chinese University pour demander la démission du patron de l’université.

Il s’agit de Joseph Sung, un médecin qui a joué un rôle important pendant l’épidémie de SRAS et que TOUT LE MONDE respecte et aime (c’est un très bon calligraphe en plus).

Or, le titre des patrons d’université à Hong Kong est ‘vice-chancelor’, celui de ‘chancelor’ étant un titre honorifique réservé au chief executive (et au gouverneur pendant l’époque coloniale). Ces abrutis d’anti-Occupy, montrant bien le niveau d’ignorance et d’imbécilité général qui règne dans leurs rangs, exigeaient la démission du ‘chancelor’ de l’université. Ils étaient entourés d’un énorme groupe d’étudiants qui ont tout de suite approuvé, applaudissant bruyamment à l’idée que CY Leung (Leung Chun-ying) démissionne de son poste. Ne comprenant pas la gaffe qu’ils venaient de faire, les anti-Occupy étaient très contents, et un peu surpris, de se voir approuvés par ceux qu’ils prenaient pour des ennemis. Très désolé d’avoir loupé ça ! le campus est immense, mais c’est passé sur Facebook.

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Hong Kong : ILS SONT TOUJOURS DANS LA RUE ! par François Leclerc

Billet invité.

Depuis le 28 septembre dernier, rien n’y fait et les semaines passent dans les quartiers occupés d’Admiralty, de Causeway Bay et de Mong Kok. Ni les charges et les gaz au poivre des policiers, ni les promesses de dialogue cousues de fil blanc, ni la fatigue et les pressions des commerçants, ni le coups de main des Triades ne lui font rendre raison, la jeunesse de Hong Kong n’abdique pas.

Après trois nuits de charges policières violentes et de tentative de démantèlement de barricades et de rétablissement de la circulation dans le quartier de Mong Kok, le cœur commercial de Hong Kong avec ses petites rues spécialisées par produits et ses innombrables boutiques, les manifestants sont par milliers revenus en force munis de leurs parapluies, puis ont forcé un cordon de police. Au lever du soleil, les policiers se retiraient sous les vivats.

Une nouvelle offre de négociations avec la Fédération des étudiants de Hong Kong (HKFS) et à propos du projet de réforme constitutionnelle a jeudi dernier été rendue publique par l’exécutif de Hong Kong, désormais prévue par ses soins mardi prochain. Mais les étudiants continuent de réclamer la démission de son chef, Leung Chun-Ying, et d’exiger que les candidatures aux élections ne soient pas sous contrôle des autorités…

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VIVE LA GRANDE LUTTE HÉROÏQUE DE LA JEUNESSE DE HONG KONG ! par François Leclerc

Billet invité.

Entamé le 28 septembre dernier, le mouvement prodémocratie de blocage d’Admiralty, le quartier des affaires de Hong Kong, se poursuit envers et contre tout après s’être étendu à Causeway Bay, l’un des principaux quartiers commerçants. Des dizaines de milliers de jeunes étudiants et de lycéens, filles et garçons mélangés, ont pacifiquement occupé les rues et avenues, érigeant des barricades, faisant d’un simple parapluie leur emblème et leur protection tout en bénéficiant de la sympathie de la population, leur plus solide rempart. Le fantôme de Tian’anmen était dans les têtes, en premier lieu dans celles des autorités centrales chinoises qui n’ont ni pu ni voulu renouveler leur réaction sanglante d’alors en raison de ce rapport de force.

Ni les charges policières brutales, ni l’emploi des hommes de main des Triades n’ont pu venir à bout de la détermination des manifestants. Les tentatives de désamorcer le mouvement avec un simulacre de concertation ont tourné court, tandis que les embouteillages et les dysfonctionnements apportés à la vie quotidienne des habitants de Hong Kong se sont révélés être à la longue leur principal ennemi. Toute mobilisation massive de cette nature n’a forcément qu’un temps : elle se doit de déboucher, au risque sinon de s’effilocher. Pour autant, l’histoire immédiate n’est pas finie, car l’opinion publique est sensible aux exactions policières qui viennent d’intervenir en raison de la jeunesse des manifestants.

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Hong-Kong : LA RÉVOLUTION DES PARAPLUIES PREND LE RELAIS, par François Leclerc

Billet invité.

Un même élan parcourt le monde et trouve aujourd’hui son expression à Hong Kong. Nuit après nuit, des dizaines de milliers de manifestants – les étudiants et lycéens formant le gros des troupes – occupent les rues de la Région administrative spéciale de la République populaire de Chine. Ils convergent aujourd’hui vers la place Golden Bauhinia, où doit être célébré le 65ème anniversaire de la fondation de la Chine populaire, après avoir passé une courte nuit sous des pluies diluviennes dans les quartiers d’affaire de Central et d’Admiralty, leur point de ralliement. Il fallait un surnom au mouvement initié par l’organisationOccupy Central, il a été vite trouvé avec celui de la révolution des parapluies.

Les protestataires ont décidé d’occuper la ville tant qu’ils n’auront pas obtenu les réformes politiques promises lors de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, en 1997, et s’insurgent contre le projet officiel d’accorder le suffrage universel mais en conservant le contrôle des candidatures. La police de Hong Kong intervient brutalement et les autorités de Pékin dénoncent les « activités illégales », mettant en garde contre toute ingérence extérieure, car il s’agit d’évidence « d’une affaire intérieure chinoise » et l’on est instamment prié de ne pas s’en mêler.
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UNE CRISE POLITIQUE QUI ENFLE DANS TOUS LES SENS, par François Leclerc

Billet invité.

Comment saisir une crise politique européenne qui part dans tous les sens ? En constatant d’abord qu’elle se manifeste dans tous les pays suivant des formes et sur des terrains qui lui sont propres, puis en les regroupant afin de déceler de grandes tendances.

Quasi-simultanés, la manifestation de Barcelone et le referendum sur l’indépendance de l’Écosse font l’actualité. Après avoir vécu d’élargissements successifs, secouée par la crise l’Europe est en mal de configuration. Un moment proche de l’éclatement, la zone euro connait une partition de fait entre pays du nord et du sud. L’Union européenne est de nouveau sous pression britannique. Et aujourd’hui l’Écosse et la Catalogne manifestent leur désir d’indépendance par rapport à leur pays actuel, tout en souhaitant continuer d’appartenir à l’Europe. Comme un écho à l’écart grandissant entre la Flandre et la Wallonie, ou aux anciens appels à la création de la Padanie de la Ligue du Nord italienne visant à laisser dans leur coin les pauvres du Mezziogiorno.

Quelles qu’en soient les raisons et les circonstances, ainsi que les contextes historiques et culturels, ces projet scissionnistes participent d’une même démarche : ils visent à rester entre soi (souvent entre riches) en espérant créer ainsi de meilleures conditions pour affronter les enjeux de la crise qui secoue le monde. A ce titre, ils participent de la crise politique en reproduisant à leur échelle la fracture sociale qui s’élargit en creusant de nouveaux fossés.

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