Ma génération, et ce qu’elle peut encore faire, le 17 août 2019 – Retranscription

Retranscription de Ma génération, et ce qu’elle peut encore faire, le 17 août 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le samedi 17 août 2019.

Quand j’étais gosse, il y avait des anciens combattants. C’étaient des gens, souvent, qui avaient une béquille parce qu’il leur manquait une jambe. Ils étaient dans des chaises roulantes. Ils avaient le visage plus ou moins abimé. Parfois, ils portaient leurs médailles, pour qu’on se souvienne. C’étaient les anciens combattants de la guerre de 1914. Les autres, les anciens combattants de la guerre de 1940, c’étaient nos parents : ceux qui nous poussaient dans nos poussettes.

Ils avaient accompli quelque chose. Ce n’était pas brillant. Ceux qu’on voyait avaient survécu. Ceux qui étaient là, ils s’étaient bien battus, la preuve. Est-ce que ça valait vraiment la peine ? Est-ce que c’était simplement une tentative de l’espèce de réduire le nombre de jeunes mâles par des moyens détournés ? C’est bien possible. Parce que plus personne ne sait exactement de quoi il s’agissait dans cette guerre de 1914 : quels étaient les véritables enjeux.

Après, avec le traité de Versailles, on a vu les vainqueurs expliquer aux vaincus de quoi il s’agissait et, comme l’a dit Keynes à l’époque : ils ont obligé les vaincus à vouloir prendre leur revanche, ce qu’ils ont fait.

Nous sommes arrivés plus ou moins à sortir de ce cycle. Ce qui a permis à des gens comme moi de vivre probablement leur vie entière – ce n’est pas encore tout à fait terminé, on ne sait jamais – sans qu’il n’y ait de véritables batailles dans les rues du pays où on habite, ce qui est quand même assez considérable.

Les anciens combattants, c’est qui ? Les anciens combattants, maintenant, c’est nous. C’est Peter Fonda qui est mort hier. C’est David Bowie, qui est mort il y a quelques temps [2016]. Ce sont les gens de ma génération, les gens qui ont le même âge que moi : c’est nous.

On présente le même visage [que les « anciens combattants »] avec les cheveux blancs, la barbe blanche, la moustache blanche, vis-à-vis des petits-enfants. Et on peut faire la même chose : on peut essayer de leur transmettre quelque chose.

Ça se fait un peu tout seul : la société nous place dans ce rôle de sages. Ça m’a fait très plaisir, c’était hier je crois, de recevoir un mail de quelqu’un qui avait lu un texte que j’avais envoyé pour sa revue et qui m’a dit : « La fin est splendide ! ». Ça fait plaisir qu’il y ait une faculté de théologie qui me demande de venir inaugurer son année. C’est splendide aussi. Ça ne m’était jamais arrivé avant ! Et là aussi, je vais essayer de dire de belles choses.

Voilà : on est un peu des sages.

En même temps, comme les poilus, comme les anciens combattants de ma jeunesse, il faut que l’on réfléchisse un petit peu à ce qu’on a pu faire.

David Bowie, Peter Fonda, ça nous dit un petit peu : ça nous situe, ce que l’on a essayé de faire. On a inventé des choses dans le domaine de l’art.

J’ai déjà plaisanté à ce sujet-là : en mai 68, il se passe des tas de choses en France qui sont importantes. Il y a encore des choses qui vont se passer dans d’autres pays comme conséquences de 68, mais on est en fait, déjà, dans le reflux du grand mouvement international de la jeunesse.

Au moment où il y a mai 68, je suis en train de terminer la rédaction de mon mémoire de sociologie, de licence, sur le mouvement Provo et le mouvement Provo, c’est quelques années auparavant. (Je vous montrerai un jour le livre de Monsieur Peter Navarro [conseiller économique de Trump sur sa politique envers la Chine] que j’ai dans ma bibliothèque – rires).

Mais Provo, c’est ça : c’est Roel Van Duyn avec qui j’ai passé une soirée extraordinaire. Ce n’était pas des souvenirs d’anciens combattants ! [PJ montre le livre de Roel van Duyn : Het witte gevaar. Een vademekum voor provos, 1967].

Le dessin [de couverture], c’est de Willem. Willem était déjà là. C’est de là qu’il vient Willem : Willem, il vient de Provo. C’est là qu’il a fait ses premiers dessins.

Roel Van Duyn, c’est un des leaders de ce mouvement. Il y avait d’autres personnes. Roel Van Duyn, c’était un penseur, un penseur anarchiste. Il l’est toujours d’ailleurs mais il y avait des personnages plus folkloriques. Ça va dire quelque chose à mon ami Johan Leestemaker, de voir que j’ai des exemplaires du livre de Johnny The selfkicker.

J’ai tous les livres que l’on a fait à l’époque. Ces machins… Vous savez qui est le gars qui est là ? C’est le gars qui a inventé le Vélib : les vélos blancs. J’oublie son nom mais c’est un des Provos qui a lancé ce mouvement des vélos à la disposition de tout le monde.

Ça avait été une révolution à l’époque. Les Provos se battaient aussi pour des choses assez extraordinaires comme… les quartiers piétonniers [rires], etc. C’était considéré comme le summum de l’anarchisme !

Ça prouve qu’on a quand même… On dit qu’on n’a eu que des défaites mais ce n’est pas vrai: on n’a pas eu que des défaites. Ça existe maintenant les quartiers piétonniers ! Ça existe les vélos à la disposition de tout le monde, dans toutes les villes ! Ce que les gens ont oublié, c’est que ce n’est pas venu tout seul. Ça a été des combats, des gens matraqués dans les manifestations, des gens qui passent la nuit au poste et ainsi de suite.

Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qu’on peut faire nous, maintenant ? Il y a eu Provo. Il y a eu le mouvement aux États-Unis, bien sûr, le mouvement hippie. Ça a aussi produit de grandes réflexions. Si vous n’avez jamais lu ce livre-là, je ne sais pas si ça existe en français [Si ! Ça existe même en J’ai lu depuis 1974], c’est Emmett Grogan, Ringolevio. C’est LE penseur de San Francisco. C’est le gars eh ! eh ! de la gratuité à San Francisco en 1965-1966-1967.

Qu’ont fait les aînés ? Je ne vais pas montrer un livre de Simon Vinkenoog parce que, justement, Johan Leestemaker va me tomber dessus : il considère que Simon Vinkenoog a mal tourné.

Qu’ont fait les ainés ? Les ainés ont fait ce que j’essaye de faire maintenant, c’est-à-dire de dire aux jeunes qui sont en train de faire des choses : « Comptez sur nous. On n’est plus l’avant-garde parce qu’on est trop vieux, mais on peut vous aider. On peut vous donner des conseils et on peut dire qu’on est à vos côtés », comme l’a fait Constant aux Pays-Bas à l’époque de Provo, le grand architecte Constant Nieuwenhuys, comme l’a fait Corneille, le peintre, comme l’ont fait Jan Wolkers… Ah, je sais que Johan aime bien Jan Wolkers.

Tout ça, comme l’a fait Harry Mulisch aussi, extraordinaire auteur néérlandais. C’étaient les aînés. Ils ont dit : « On est à vos côtés. On va vous soutenir ». Quand il a fallu signer les pétitions, quand il a fallu faire des déclarations à la presse, tous ces gens-là étaient là pour dire : « Ce que vous faites maintenant, c’est des choses… ». Des gens qui avaient déjà un nom justement comme Corneille, comme Constant, ont dit : « On est avec vous. On va vous soutenir. Si vous nous demandez des conseils, on ne va pas imposer nos conseils mais si vous les demandez, on est prêts à les donner ». Voilà ce que l’on peut faire.

L’ancien combattant Jorion, il faut bien dire que c’est dans cette période 1965 à 1975 qu’on a été au mieux de notre forme [PJ : logique, nous avions entre 20 et 30 ans]. On n’a pas tous fait de la musique. Je suis incapable de faire de la musique mais je peux en parler. J’étais là. Je faisais partie… Dans la nuit, mes copains, parce que j’étais le seul à avoir une bagnole. C’était pas une Aston Martin. C’était une 2 CV. Ils sont venus me réveiller en disant : « Il y a Steppenwolf qui est à Amsterdam, au Paradiso ce soir. Il faut absolument qu’on y aille ! » et Bruxelles-Amsterdam, c’est pas un truc qu’on improvise comme ça, surtout à l’époque. Il n’y avait pas encore autant d’autoroutes que maintenant. En 2 CV, on est allés écouter Steppenwolf. Steppenwolf, j’ai mis la vidéo hier, ce sont ceux qui chantaient Born to be Wild, une sorte de chant de ralliement autour d’Easy Rider, ce film qui est fait déjà… On est déjà sur la pente descendante, en 1969. On n’est plus au tout début. Il y a 65-66 en Hollande. Il y a eu 67 aux États-Unis. Il y a 68 en France. Je parle des points culminants et quand Dennis Hopper a fait ce film avec ses copains : Peter Fonda et Jack Nicholson, qui est déjà là, partout. Jack Nicholson, c’est lui qui fait le scénario de The Trip. C’est lui le passager derrière Peter Fonda sur le « chopper », sur la motocyclette.

On est dans le mouvement descendant. On a lancé plein d’idées comme je le disais tout à l’heure. Il y a des choses qui sont restées. Qu’est-ce qu’on aura fait essentiellement ? On aura montré à cette époque-là que l’esprit de révolte, c’est toujours là. Chaque génération a son moment. Il y a eu les surréalistes dans les années 20, les années 30, il y a eu les dadaïstes. Il y a des gens qui révolutionnent la manière de faire les choses et ça reste parce que ça reste des références pour la suite. Ça peut être des feux de paille. On peut se tromper après sur ce que ça a donné. Vous entendrez des ânes dire que 68, ça a créé l’ultralibéralisme parce que 68 avait ce slogan : « Il est interdit d’interdire » et tout le monde sait, maintenant, on le rappelle récemment, c’était une blague. C’était pour se moquer de 68 ce pseudo-slogan « Il est interdit d’interdire ». En 68, c’était des choses plus intéressantes : « Cours camarade, le vieux monde est derrière toi » [rires].

Nous, on a fait ça. Entre 1965 et 1975. On s’est donné beaucoup de mal. On a essayé de changer les choses. On a été aidés un peu par les circonstances. On a été un peu défavorisés aussi par les circonstances. Il y avait trop de drogue que l’on pouvait trouver trop facilement et il y en a quelques-uns d’entre nous qui se sont, si pas vraiment entièrement flingués comme ça, se sont cramés le cerveau… ce qui n’est jamais une bonne chose à faire puisqu’on a besoin par la suite…. Ça n’aidait pas !

Mais il y a eu la pilule. Ça a permis que les hommes et les femmes fassent des choses ENSEMBLE ! C’était la première fois justement que les femmes et les hommes pouvaient véritablement faire des choses ensemble de la même manière. On était tous là et cette pilule donnait une liberté extraordinaire, il faut bien le dire, aux femmes. Ça permettait aux hommes d’encore réfléchir un peu moins que d’habitude, alors qu’il ne restait déjà pas grand-chose [rires] … Je m’égare… je m’égare !

Qu’est-ce qu’on a réussi ? On a réussi à faire ça. Ce n’est pas terminé, comme je l’ai dit. On a encore un petit rôle à jouer de soutien et puis, il faut bien le dire, ces combats-là permettent quelques victoires. Il y a des idées qui passent, mais il y a aussi beaucoup de défaites, il faut bien le dire. Si vous vous souvenez, si vous avez vu Easy Rider – si vous ne l’avez pas vu, je mettrai ça en-dessous de la vidéo – la fin d’Easy Rider, il y a deux Trumpistes, il y a deux gars de « Make America Great Again » [= Make America WHITE Again]. On le voit bien, c’est des gens qui n’ont pas eu l’occasion de terminer l’école primaire. Je ne dis pas ça méchamment : c’est les circonstances qui font ça, mais on n’est pas tellement reconnaissants à tous ces blancs américains qui n’ont pas terminé l’école primaire, de penser que Trump, c’est une bonne chose. Ça met des bâtons dans les roues. Ça permet à Trump de faire machine-arrière sur beaucoup de choses dont on imaginait que c’étaient des acquis.

Alors, le combat n’est pas terminé. Il y a des ennemis. Il y a des gens qui vont empêcher que le genre humain essaye de survivre. Bonne chance aux jeunes. Bonne chance à Greta Thunberg et à tous ceux qui la suivent.

Il y a des crapules dans notre génération. Il y a des crapules. Ce sont les gens qui s’en prennent à Greta Thunberg, qui trouvent qu’elle n’est pas assez ceci, qu’elle n’est pas assez cela, que ses parents auraient dû la garder à la maison.

Pour le moment, il y a deux camps qui sont en train de se créer et ces deux camps, c’est clair : il y a ceux qui sont pour Greta Thunberg et il y a ceux qui sont contre et ce sont des camps qui sont véritablement dressés l’un contre l’autre. Ce n’est pas indifférent. Même si du côté de ceux qui sont contre Greta Thunberg, il y a des gens qui brandissent l’immortalité comme étant la solution à nos problèmes : ce sont des gens dangereux et, comme d’habitude, les gens dangereux, ils ont le fric de leur côté, c’est-à-dire qu’ils ont des moyens dont on ne dispose pas. Mais réfléchissez-y : il y a d’un côté ceux qui disent du bien de Greta Thunberg, c’est-à-dire de la survie de l’espèce – appelons ça par son nom – et ceux qui en disent du mal et ceux-là, ce sont des ennemis de l’humanité. Ce sont des gens qui ont toujours été pour l’obscurantisme, contre la pensée, contre l’humain, des gens comme Heidegger, je le répète toujours, dont il est triste que des gens intelligents continuent à dire du bien de ce penseur nazi : ce philosophe du Nazisme, celui qui a conçu une philosophie nazie en tant que telle parce qu’il était Nazi. Je termine là-dessus. Ce n’était pas ça que j’avais l’intention de dire, mais c’est toujours bon de le rappeler.

Il faut réfléchir maintenant. Quand je dis qu’il y a deux camps, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer de convaincre les autres. Bien sûr, il faut convaincre les autres. On n’est pas « nés » dans un camp. Il y a des gens qui changent de camp et voilà, sachant qu’il y a un grand combat, le plus grand combat sans doute pour l’espèce : c’est maintenant, c’est sa survie. Il y a des ennemis. Ils sont puissants. Ils ont du fric.

Allez, à bientôt !

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28 réflexions sur « Ma génération, et ce qu’elle peut encore faire, le 17 août 2019 – Retranscription »

  1. Merci P. Jorion j’ai bien ri !
    Quand un soixante-huitard auto-célèbre sa génération qui a obtenu les brillants résultats que l’on sait :
    Transgression et déconstruction de toutes les valeurs traditionnelles, Libéralisme libertaire, sexualité récréative et destruction de la famille, Destruction des nations, Immigration de masse, Destruction de la culture et multiculturalisme pour tous, Humanisme matérialiste et rejet de la transcendance, tout en favorisant l’islamisation du pays (comprenne qui pourra), Financiarisation de l’économie, Individualisme à tous les étages, Dépression, drogues et anti-depresseurs pour tous, Guerre des sexes et théorie du genre, et cerise sur le gâteau parvenir à mettre dans le débat politique le rafraîchissement de la terre ! C’est du Grand Art.
    Une génération orgueilleuse de transgresseurs, qui sera maudite mille ans quand la vérité sera comprise par les générations futures.
    Si vous étiez le grand penseur humaniste que vous souhaitez être, cherchez à comprendre pourquoi le peuple – duquel vous avez fait sécession depuis longtemps – vote Trump et Le Pen.
    Je suis un chercheur de vérité et je vous mets au défi de publier ce commentaire.

    1. Défi relevé : votre commentaire est publié. Le monde a besoin de personnes comme vous, ayant la capacité de rire. C’est un enthousiasme comme le vôtre qui nous permettra de relever des défis bien plus exaltants encore que la publication de votre commentaire.

      1. De l’utilité !
        Puisque la cerise sur le gâteau est « le rafraîchissement de la terre » (traduit: Ars Magna) que l’on apprécie particulièrement quand il fait chaud, alors c’est le moment de proposer cette image qui aurait dû accompagner mon commentaire sur la végétalisation:
        http://agriculture-de-conservation.com/sites/agriculture-de-conservation.com/IMG/jpg/l_eau.jpg

        (il s’y trouve, tant la voie humide, que la voie sèche… du Grand Art)

        « Souviens-toi, humaniste, que tu es poussière… » et même « poussière d’étoiles »…
        alors, tant qu’à faire, soyons « humussistes », puisque de toute manière, nous y retournerons !

      2. Ma génération est née après les 30 glorieuses et a grandi avec certains préceptes transmis par leurs parents, les baby-boomers.
        Au fur et à mesure que nous grandissions, nous avons dû faire face aux paradoxes et aux erreurs de la génération précédente, au point de devenir perplexes et parfois complètement immobiles. Nous sommes face à une génération qui nous suit et pour laquelle l’avenir s’annonce sombre. Et nous avons encore une part de responsabilité. Cependant, j’aime décrire notre situation de génération X, parfois aussi appelée la génération sacrifiée ou « leapfrog » (saute-mouton), avec un peu d’humour . Excusez l’amateurisme du poète, c’est l’idée qui compte…

        Vous avez eu la révolution sexuelle, hou lala.
        Ben nous, nous avons été éduqués par le risque du sida.

        Vous étiez très classe avec vos clopes, même à la télé.
        Si nous osons fumer, même dans la rue, on se fait traiter de pédé.

        Vous preniez vos bagnoles, c’était la liberté.
        Pour nous, c’est « laisse-là au garage, tu vas polluer ».

        Boire ou conduire, vous ne deviez pas choisir.
        Depuis, boire ou conduire, c’est à interdire.

        Vous ne faisiez pas de gosses, il fallait s’amuser.
        Pour nous, c’est la même chose mais parce qu’on va surpopuler.

        Un toit pour tous, c’est prévu. Et il y a même la sécu.
        Les briques sont maintenant trop chères. Et si t’es malade, il n’y a rien de prévu.

        On vous disait : « Consomme, dépense, et tu existeras. »
        Mais depuis c’est : « Epargne gros con, car c’est bientôt la fin du monde et du mois. »

        Pour du boulot, il suffisait de traverser la rue.
        Puis il a fallu étudier, s’endetter sans qu’il ait du taf en vue.

        Les promotions et augmentations de salaire vous étaient garanties.
        Mais c’est fini: nous avons le chômage et la précarité. Tout se fait en Asie.

        On vous a promis la retraite à moins de 60 ans, histoire de passer du bon temps.
        Retraite? Quelle retraite? Non, non, il nous faut payer la maison de repos de nos parents.

        Allez… à bientôt.

      3. « C’est un enthousiasme comme le vôtre qui nous permettra de relever des défis bien plus exaltants encore que la publication de votre commentaire. »

        « La couleur d’une peinture, c’est l’enthousiasme dans la vie » Vincent Van Gogh

        Paco de Lucia et Al di Meola : yepa !
        https://www.youtube.com/watch?v=C97H_HvBjPA

    2. « Je suis un chercheur de vérité et je vous mets au défi de publier ce commentaire. »

      Tu as 12 ans et tu lis trop la littérature pour enfant ! Ce qui explique le niveau d’ineptie qui te fait te prendre pour le peuple ! Alors que tu n’écoutes que ta lamentable imagination de mou du bulbe. On ne te l’avait jamais dit ? C’est normal ta moman t’aime trop ! Elle est gentille ta moman en fait mais elle ne te rend pas service ce faisant …

    3. Vous n’avez pas tout à fait tort , j’ai regardé les extraits de peter fonda sur sa moto longeant des km de derrick , combien de tonnes de CO2 ils ont rejetés dans l’atmosphère ces hippies pour allez voir leurs concerts ? Qui prenait ses vacances à morro bay en brulant des hectolitres de kérozène ? Bon sang c’est pas nous , ni nos grands parents ! Alors ils serait peut être grand temps de reconnaitre vos erreurs et de faire profil bas messieurs dames !!

      1. Mais non, j’habitais San Francisco !

        SF à Morro Bay : 373 km x 5 litres aux 100 = 18,7 litres d’essence.

        P.S. Je ne suis jamais allé en touriste nulle part (sauf en Bretagne quand j’étais gosse) : je visite le pays autour de l’endroit ou j’habite, et je me rends aux invitations, si le voyage m’est offert.

      2. 5 l aux 100 avec un tank américain ? parlons galons peut-être !
        Mais de toute façon, ce n’est pas le transport le gros du C fossile émis, c’est plutôt le chauffage et l’industrie…, et l’agriculture (que ceux qui ont renoncé aux produits laitiers lèvent la main)

  2. Je salue votre fair-play.
    Nous n’avons visiblement pas les mêmes idées. Cependant je ne doute pas de votre bonne foi, je vous lis car vous avez parfois une pensée originale et le mérite de la partager notamment sur ce blog.
    Je trouve fascinant de voir que des gens intelligents (je ne parle pas pour moi) partent dans des directions complètement opposées en matière politique.

    1. @T.Phillippe
      Je plussoie malgré moi votre premier post, issu de couche populaire – je perçois que colères & frustrations de mes coreligionnaires – votre inventaire des maux sociétaux, exhaustif peut être – mais peut on accabler toute une génération de décisions prises par dessus le système consultatif ?
      Bien sûr que Paul Jorion est coupé du tissu conjonctif sociétal- des petites gens qu’on ne fréquente que dans les zones désertées pour le moment par les sollicitations marketing (bistrots – sorties des écoles – espaces publiques ( je pourrais affiner la définition – mais veux faire court) – ZUP – campings moins de 4 étoiles …etc) – mais là n’est pas le problème – Homme de bonne volonté – prométhéen dirons certains – M Jorion nous éclaire, fort d’une formation (anthropologie -sociologie) & surtout d’une expérience, qui prend presque à contre-pieds celle-ci, de cette expérience rare d’avoir parcouru, par le corps & l’esprit tous les enjeux que notre monde rencontre aujourd’hui – (cf – IA, Prédation financière)
      Alors, certes, il n’est pas climatologue – psychanalyste – politologue – économiste ? – mais lui faire un procès de génération est à mon avis mal venu, tant il œuvre pour produire des réparations – mais peut être avons du mal à recevoir des leçons tant nous sommes dans la désillusion…

      1. Très agréable à écouter, ce savantissime, éclaireurissme ! Alexandre le Grandissime.
        Je suis rassuré: les Zélites pouvaient tolérer, les idiots utiles, s’en servir…
        désormais, les Zélites ont mission de prendre soin des idiots inutiles.

    2. « Je trouve fascinant de voir que des gens intelligents (je ne parle pas pour moi) partent dans des directions complètement opposées en matière politique. »

      C’est fascinant, c’est vrai.

      Je l’attribuerais d’une part à l’évidence aux différences de valeur – la politique n’est pas seulement une question d’analyser et de discerner quel argument est judicieux et quelle thèse est vérifiée, comme on résout par exemple un problème de mathématiques, c’est aussi un affrontement ou une négociation entre des valeurs différentes.

      D’autre part à la très grande part de mystère dans l’homme comme dans les sociétés humaines. Face à notre inconnaissance de nous-mêmes, il est probablement inévitable que nous partions dans des directions non seulement différentes, mais divergentes.

      L’essentiel il me semble, c’est de continuer quoi qu’il en soit à se parler.

      1. J’attribuerais ceci à la formidable diversité des idées exprimées par l’homme. Il est cependant quelques principes inévitables qu’il faut partager. Surtout maintenant.

      2. À savoir
        –séparer définitivement l’économie de la finance et interdire la spéculation.
        –faire de notre mère nature un bien commun sacré.
        – protéger les informations étayées ( scientifique et autres) pour mieux informer les citoyens. Pour ensuite leur accorder la confiance nécessaire à l’établissement d’une vraie démocratie souveraine.

        Si y’en a d’autres je suis preneur …

  3. Mais que fait-on de la réalité historique? La génération dont il est question, donc aussi celle de l’ancien combattant Jorion – comme il le dit lui-même – a sans doute aidé au développement de la liberté et c’est une bonne chose. Mais elle est également responsable de la dégradation de la planète sous toutes ses formes: pollution issue de la consommation (explosion des émissions de CO2 depuis les années 60), surexploitation des ressources, déforestation, dictature du capitalisme et de la finance, etc…
    …Et pour la finance, les détracteurs d’aujourd’hui, sont parfois ceux qui ont oeuvré en son sein.

    Alors, s’il faut mener un combat, l’honnêteté intellectuelle consisterait à reconnaître ses torts. Et s’il existe un adversaire, il est fatalement de, ou peut-être même, cette fameuse génération.

    1. Je ne crois pas qu’on puisse séparer « gens » et « systèmes ».
      Une fois que la grande machine extractiviste était en route (le charbon, puis le pétrole, essentiellement), elle cassait d’elle-même les solidarités qui auraient rendu tel ou tel plus « moral » dans les rétroviseurs dont nous bénéficions (pas encore aveuglés par les microparticules en suspensions).

      Il y a un bouquin entier, dans le grands bouquins anglo-saxons sur l’énergie, qui argumente sur ce côté « liquide » du pétrole, qui a cassé les solidarités qui existaient encore au temps du charbon (la Bête Humaine, les corons, le foot à Lens…). Je retrouve Cottrell comme auteur sur le sujet… (Energy & Society: The Relation Between Energy, Social Change, and Economic Devlopment), à Googliser…

  4. Comme vous êtes modeste parce que vous avez été très bien élevé, je dirai à votre place que vous pouvez dire, de temps en temps, « Je » à la place du « Nous » car votre œuvre singulière éclaire pour une cinquantaine d’années au moins les esprits qui n’ont pas renoncé à la grandeur qu’ils ignorent en eux pour paraphraser André Malraux. Vous êtes à l’époque de votre vie où des remerciements du monde entier devraient encombrer votre boite aux lettres à défaut d’un prix Nobel de  » l’humanisme expérimental » qu’il faudrait créer pour vous.
    Nulle flatterie mais un plaisir de vous lire qui me fait croire que l’aventure humaine n’est qu’à son commencement même si elle doit passer par des goulots d’étranglement, hélas, tragiques avant d’atteindre une majorité digne de son potentiel. Oui au XXI° siècle nous allons perdre de nombreux frères humains mais pas l’humanité comme il y a 70 000 ans, selon certains spécialistes, où les catastrophes réduisirent le nombre d’homo-sapiens à quelques milliers dont nous sommes tous les descendants… ! Le feuilleton est loin de son épilogue. Admiratives salutations. J.M.P.

    1. Vous êtes gentil ! Je peux vous confirmer en effet qu’aucun pays au monde (même le plus petit) n’a jamais envisagé de m’accorder la moindre médaille (c’est un exploit quand on a 73 ans !), qu’aucun de mes très nombreux écrits n’a jamais bénéficié d’un Prix (là aussi une gageure !), et que je n’ai même jamais été invité par Thinkerview (comme viennent me l’expliquer l’un après l’autre, et tout penauds, ceux d’entre vous qui vont les solliciter et se font renvoyer comme des malpropres) !

      N.B. J’ai été primé en 1997 par l’Université de Californie (Regents’ Lectureship) pour un logiciel co-rédigé avec Elaine Lally.

  5. J’en suis de cette génération et dire qu’on a rien fait est injuste. Beaucoup d’ONG de développement et d’environnement sont nées à cette époque et surtout nous avons lutté contre la guerre froide ( une chape de plomb, monde figé) et je n’ai jamais espéré voir tomber le mur de Berlin de mon vivant. Après le néo-capitalisme a tout récupéré.
    Les mouvements féministes existaient mais sans beaucoup de moyens. Il a fallu guerroyer pour imposer la technique de l’accouchement sans douleur, diffuser la pilule. Pilule qui a libéré les femmes des grossesses non-désirées mais qui a eu un effet indésirable sur la gent masculine. Un homme ne pouvait plus comprendre qu’une femme se refuse à lui, ça c’est un effet pervers.
    De nombreuses publications dénonçaient la faim dans le monde et la pauvreté dans de nombreux pays et puis les intolérables inégalités ont déboulé dans nos pays et nous avons eu peur pour l’avenir de nos enfants et donc repli égoïste encouragé par les programmes TV.

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