Manifestation parisienne du 11 janvier, par Arkao

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Chronique d’un samedi ordinaire à Paris.

Un peu frustré par les manifestations de faible densité dans ma petite ville de province, je me suis décidé à prendre le chemin de la capitale pour vivre ce que jusqu’à présent je ne connaissais que par les vidéos mises en ligne par les médias alternatifs.

Je n’ai pas été déçu du voyage, même si cette journée du 11 janvier n’a pas été la plus violente par rapport aux précédentes. Quel plaisir que cette foule dense, ces chants, ces slogans entonnés à pleins poumons. Je me suis placé en tête de cortège, là où désormais se regroupent les manifestants les plus vindicatifs, mais pas non plus en première ligne n’ayant plus vingt ans. Le scénario a été classique. A chaque carrefour, dont les voies latérales sont gardées par les forces de l’ordre, des échauffourées ont éclaté, bloquant ainsi le déroulé de la manifestation. Flux, reflux, attentes, gazage. Que des gaz lacrymogènes soient lancés sur la première ligne des black bloc qui balancent bouteilles et pavés, je dirais que c’est de bonne guerre. Que ces gaz soient lancés en même temps à l’arrière lors des charges est plus scandaleux. Là, pas moyen d’y échapper. Ne pas bouger c’est s’exposer à la matraque, reculer c’est entrer dans la nappe lacrymogène. Mouvements de foule dangereux où heureusement les manifestants les plus aguerris tentent d’enrayer la panique par des appels au calme. Je salue l’engagement des Street médics qui se précipitent pour venir en aide à ceux qui sont les plus incommodés par le gaz. Cela s’est passé comme ça tout le long de la remontée de l’avenue Daumesnil jusqu’à Bastille, puis encore un peu après avant l’arrivée à République. La sortie de la place a été un peu tendue, le barrage de CRS ne laissant sortir les nombreux manifestants qu’au compte-goutte. En l’absence de métro, il m’a fallu encore une heure et demi de marche pour rejoindre ma voiture garée près du périphérique. J’ai pu alors goûter le contraste entre le Paris contestataire et le Paris qui continue sa vie tranquille comme si de rien n’était, flânant le long du canal Saint-Martin, dinant en terrasse.

Ma vidéo de la journée :

Paris samedi 11 janvier 2020 from ladiagonaleduvide on Vimeo.

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9 réflexions sur « Manifestation parisienne du 11 janvier, par Arkao »

  1. La réforme des retraites passera pour la grande majorité des salariés, sans que ceux ci puissent s’en plaindre, tant ils auront été les grands absents du mouvement contestataire – avocats – policier – pompiers- contrôleurs aériens – Ratp & quelques autres auront leurs petites exceptions qui confirment la règle –
    La rue sans les syndicats est inaudible, et le secteur privé est pour ainsi dire privé des syndicats – comme le peuple, à savoir ceux qui subissent les pouvoirs sans jamais l’exercer, ne coagulera pas sans une pensée nourricière qui le traverse comme le joug de la vie qui l’ancre à la survie –
    Le Peuple est aujourd’hui une chimère prosalyte, il n’y a plus de liant dans la misère qui ronge les gens, ils n’y a que des victimes ou des inconséquents –
    A l’heure du numérique, la rationalité du chifre prime absolument sur l’humanité entendue comme le maëlstrom du désir et de la necessité – plus d’état d’âme entre les mains de l’intelligence articielle.

    1. Il devient alors nécessaire que les salariés de chaque entreprise s’exprime sur leur avenir tant dans l’entreprise où il exerce une activité appelée « économique »sur le territoire en matière de transport et bien autres chose encore. Tous ne sont pas dans la rue..

  2. Depuis l’année dernière, l’image de la France à l’étranger s’est sérieusement dégradée face à la mise au grand jour de sa « nouvelle » doctrine de maintien de l’ordre (mise en place en fait, selon David Dufresne, depuis Sarkozy, et d’abord expérimentée dans les « cités sensibles »), au point que Bloomberg ait publié une tribune titrée  » La réponse de Macron aux gilets jaunes fait passer Putin pour un tendre ». Voilà où nous en étions. Mais il semble que le bruit des mutilations soit enfin remonté jusqu’au Palais et que Macron ait enfin entendu, enfin, on peut toujours rêver…. Après une morte et des dizaines de mutilé.e.s, il était temps.

    En attendant, le hochet de l’âge-pivot ayant été agité puis rangé, l’exécutif s’attend désormais à ce que chacun rentre chez soi, avec si possible le sentiment du devoir accompli. « Ça y est », devrait-on se dire, « le gouvernement a plié », et n’est-ce pas bien le plus important? Voilà ce qu’on doit se dire dans une classe politique si coupée de la réalité que la lecture des enjeux de société les plus fondamentaux leur est devenue simplement impossible. Ces gens regardent la société s’agiter comme des enfants regardent une fourmilière, ils n’y comprennent rien et se contentent de titiller les créatures qui s’affairent sous leurs yeux avec une brindille, ignorant du mal qu’ils commettent. Il faudra bien pourtant qu’ils cessent.

  3. Bien filmé.
    On voit très clairement la NON-dangerosité du « paquet » d’êtres humains dont vous faites partie , plutôt mixte , et d’un âge « confirmé » , âge auquel on est de toute évidence ni destiné à , ni désireux de faire de la casse gratuite..

    … » Le scénario a été classique. A chaque carrefour, dont les voies latérales sont gardées par les forces de l’ordre, des échauffourées ont éclaté, bloquant ainsi le déroulé de la manifestation. Flux, reflux, attentes, gazage . Que des gaz lacrymogènes soient lancés sur la première ligne des black bloc qui balancent bouteilles et pavés, je dirais que c’est de bonne guerre. Que ces gaz soient lancés en même temps à l’arrière lors des charges est plus scandaleux. Là, pas moyen d’y échapper. Ne pas bouger c’est s’exposer à la matraque, reculer c’est entrer dans la nappe lacrymogène. Mouvements de foule dangereux où heureusement les manifestants les plus aguerris tentent d’enrayer la panique par des appels au calme « ….
    Où l’on comprend que le but principal du « maintien de l’ordre ».. c’est la compression émotionnelle (et olfactive , et auditive..) du citoyen Lambda de manière à le DISSUADER d’ « y revenir samedi prochain »..!
    « On » laisse faire ( y compris quelques « dégâts » mineurs ) jusqu’à pouvoir « justifier » le « rentre-dedans général » qui fait mal et surtout qui fait peur quand on a eu la chance de ne pas prendre un coup , coup qui aurait pu , lui , provoquer la colère-défi contre-productif pour le Pouvoir.

    1. Tel Fabrice à Waterloo ;-), je n’ai pas complètement saisi dans quoi je me trouvais.
      Une vidéo plus complète (résumé d’1h50) de la journée réalisée par des professionnels éclaire mieux le contexte:
      https://www.youtube.com/watch?v=IXHc5yIIDcQ
      La tactique des black bloc consistant à se disperser dans la masse (à l’échelle relative de la tête de cortège) et à ne se coaguler que sur des cibles précises explique aussi le fait que des manifestants lambda se retrouvent pris dans la nasse, mais je ne dis pas ça pour excuser ou accuser les uns ou les autres.

  4. Quand à parler autrement du rôle des « forces du maintien de l’ordre public » (dont une part majoritaire électoralement a des appétences particulières pour « l’autoritarisme » singulier, façon extrême droite, droite extrême) dans la primauté et priorisation de l’escalade des causes et conséquences des « violences policières »/ »violences de manifestant.e, répétitives, cumulatives, se reproduisant pas tout à fait à l’identique… quoi que… et faisant jusqu’à contester les « maîtres de l’autoritarisme » le simple fait de conceptualiser dans l’intellect de « l’opinion publique », ce terme (« violences policières) ainsi que celui de « répression sociale »… n’est-il pas question de constater qu’il s’agit d’un maintien en tension graduée (et dégradée à petit feu) de « l’ordre social », dans la reproduction de ce qui peut favoriser toute division, empêcher toute convergence des luttes (favorables à mener un combat contre les URGENCES SOCIALES et CLIMATIQUES… discriminations impunies à l’embauche, dans l’accès aux logement, aux droits sociaux – NON RECOURS – les brutalités policières commises lors des contrôles aux faciès, « manifestations interdites » et même les plus anodins contrôles routiers, etc) pour mieux régner dans le désordre que cela engendre (désordre ne laissant de marbre les doutes incertitudes, indécisions des « temps de cerveaux disponibles » qu’à vouer en dernier recours, un « culte féroce » à la dictature des émotions » sondant le « ras le bol fiscal », « poujadisme » la « pensée complexe de « réformes structurelles » du modèle social), mais sans jamais rompre le « mythe d’un roman politique national » (de plus en plus nationaliste d’ailleurs)…?

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