Une explication « écono-territoriale » des Trente Glorieuses, par Timiota

Billet invité.

Il est courant de considérer les Trente Glorieuses avant tout dans un contexte historico-politique au sein de la montée inexorable des techniques (le « progrès »): la mise au pas d’une industrie et dune finance capitalistes qui certes assuraient de fortes croissances potentielles, mais venaient aussi d’accompagner deux Guerres Mondiales et la Grande Dépression.

De cette mise au pas, et d’un rapport de force rétabli entre travailleurs et capitalistes à la faveur de la peur du communisme, une grande redistribution des richesses, vers une large classe moyenne prospère, produisit des décennies de stabilité économique et de croissance, gommant rien moins que les secousses des indépendances des ex-colonies, ou que les doutes anti-consuméristes de 1968.

Je propose ici une vision complémentaire, basée sur des échelles spatiales et leur temporalité associées, ainsi qu’un « structuralisme de l’inégalité ».  Pour dire l’essentiel, des échelles momentanément ajustées entre politique et économie me semblent en effet une bonne clé d’explication aux Trente GlorSieuses .

Continuer la lecture de Une explication « écono-territoriale » des Trente Glorieuses, par Timiota

Partager

Pourquoi pas 100% d’électricité renouvelable décentralisée en 2050 ?, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

La publication récente par Mediapart dans des conditions cocasses de l’étude de l’ADEME « Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050», a suscité quelques remous. Elle a pourtant le grand mérite d’enrichir le débat sur la transition énergétique en montrant que le 100% renouvelable n’est pas une utopie à l’horizon 2050, mais une option techniquement et économiquement possible, dont le choix est donc « politique » au meilleur sens du terme.

Sur le fond, il convient de rappeler que, quoi qu’en disent les détracteurs de l’optimisme énergétique, l’analyse des données disponibles est plutôt rassurante pour le long terme, pour une raison simple et difficilement réfutable : on admet généralement que le soleil rayonne chaque année sur la terre 8,2 millions de quads, soit 2,4 milliards de térawatts/h. Or la consommation humaine est actuellement d’un peu plus de 500 quads, et tout porte à croire qu’elle ne devrait pas dépasser 2 000 quads, soit moins de 0,25%, quand, – les progrès technologiques aidant dans le domaine de l’efficacité énergétique -, la population humain se stabilisera et que chaque terrien aura accès à un mode de vie décent, s’il le souhaite. Si l’on ajoute les potentiels éoliens, géothermiques et hydrauliques, on conçoit assez facilement que la fourniture d’énergie durable n’est pas un problème de disponibilité de la ressource, mais un problème de « technologie », de choix de société, et, last but not least dans notre monde hyper-marchandise, de modèle d’affaires.

Continuer la lecture de Pourquoi pas 100% d’électricité renouvelable décentralisée en 2050 ?, par Jean-Paul Vignal

Partager

Et les « boîtes noires » des centrales nucléaires ?, par Alain Corréa

Billet invité.

La vérité est parfois cruelle mais ces jours-ci, elle a pris une allure épouvantable avec la découverte de l’origine du crash de l’Airbus allemand. En effet, le CVR ou cockpit voice recorder (enregistreur de conversations de la cabine de pilotage) a permis de savoir que le copilote avait sciemment précipité l’avion et ses passagers vers une mort certaine.

Sans le CVR, peu de personnes auraient imaginé cette hypothèse.

Le BEA analysait les éléments sonores mais la soudaineté de l’accident et son étrange « scénario » rendaient l’attente insupportable. Cette connaissance macabre mais essentielle a toutefois été possible grâce à une indiscrétion des milieux de l’enquête relayée par le New York Times, le tout à peine 48 heures après le terrible drame. Les auteurs des fuites font d’ailleurs l’objet d’un dépôt de plainte contre x par le syndicat des pilotes de ligne pour avoir rompu le secret de l’instruction (1).

Continuer la lecture de Et les « boîtes noires » des centrales nucléaires ?, par Alain Corréa

Partager

COP 21 : N’est-il pas trop tôt pour désespérer, Monsieur Attali ?, par Cédric Chevalier

Billet invité. Cédric Chevalier livre une analyse du dernier billet du blog de Jacques Attali

Comme vous le savez, Monsieur Attali, la forme interrogative et la paraphrase des propos des autres sont des paravents commodes pour préparer le terrain de sa démonstration dans un essai. Mais je vous propose dans cette analyse d’annuler les effets de ces artifices rhétoriques pour analyser la validité factuelle des propositions mises en incise de cette manière dans votre billet « À quoi peut encore servir la COP 21 ? ». C’est donc le fond des idées que vous avez évoquées ou défendues, et pas la forme ou la stratégie que vous suivez, dont je propose d’analyser avec vous la validité et la pertinence.

« Peut-on raisonnablement espérer qu’après tant d’échecs, une nouvelle conférence internationale, à Paris, en novembre prochain, réussisse à maitriser le réchauffement climatique ? »

Oui et non dans l’absolu.

Non, aucune conférence internationale ne réussira en elle-même à maitriser le dérèglement climatique. C’est donner trop de pouvoir à une simple conférence. Surtout après autant d’échecs de cette longue suite de conférences internationale portant sur le dérèglement climatique. Il y a un monde de différence, comme nous l’avons vu [Bas les masques Monsieur Attali] entre une intention, une parole, un texte et une réalisation concrète. C’est le cas de tous les textes internationaux.

Continuer la lecture de COP 21 : N’est-il pas trop tôt pour désespérer, Monsieur Attali ?, par Cédric Chevalier

Partager

La caverne numérique, par Pascal

Billet invité.

– Représente-toi de la façon que voici l’état de notre nature relativement à l’instruction et à l’ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure aveugle, sans fenêtre, en forme de tour toujours plus haute, ayant pour toute relation avec le monde un réseau câblé de fibres optiques. Ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux un écran lumineux, la chaîne du profit les empêchant de tourner la tête. Les données leur viennent des profondeurs climatisées d’un data center, au loin en dessous d’eux. Entre le data center et les prisonniers passe un réseau complexe de câbles et de calculateurs. Imagine que dans ce data center on ait construit des ordinateurs avec des algorithmes fonctionnant à des vitesses surhumaines, pareil aux praxinoscopes dépassant la vitesse de la persistance rétinienne qui autrefois faisaient voir leurs merveilles.

– Je vois cela.

Continuer la lecture de La caverne numérique, par Pascal

Partager

Quand fallait-il s’arrêter ?, par Jacques Attali

Billet invité. En réponse à Bas les masques Monsieur Attali !, par Cédric Chevalier. Ouvert aux commentaires.

Très intéressant. Dommage que vous ne démontrez pas votre thèse, qui mérite d’être défendue : s’il y a des limites, ne fallait-il pas renoncer à la croissance à la fin du 18ème siècle, avant la mise en œuvre de la machine à vapeur, à la fin du 19ème, avant celle du moteur à explosion, puis du moteur électrique, puis du microprocesseur ? Fallait-il même se résigner aux limites et ne pas maîtriser le feu ? …

Partager

Les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels, par Arnaud Castex.

Billet invité. Lecture du rapport parlementaire sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels du 27 novembre 2013.

La loi 2011-285 du 13 juillet 2011 interdit la fracturation hydraulique (1) pour la recherche ou l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels. Le 27 novembre 2013, l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) a remis un rapport sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels (2). Globalement, ce rapport de l’OPESCT plaide en faveur d’une révision de la loi de 2011, pour autoriser la fracturation hydraulique afin de mieux évaluer les réserves et décider ensuite de l’opportunité d’une exploitation. L’argumentation favorable est basée sur l’ampleur des ressources estimées sur le territoire, la persistance du besoin en énergies fossiles à l’horizon 2050, l’exemple américain en matière économique et écologique, la maîtrise des risques associés à la fracturation hydraulique, le retard pris par la France par rapport aux autres pays européens (Allemagne, Angleterre, Pologne).

Continuer la lecture de Les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures non conventionnels, par Arnaud Castex.

Partager

La Wallonie pionnière du transhumanisme ?, par Alain Adriaens

Billet invité.

Quand on apprend que ce 11 février se sont ouverts des ateliers créatifs où l’on a pu « donner-son avis, partager ses expériences et réfléchir ensemble au futur de l’e-santé », on se dit que cette initiative portée par un consortium wallon d’universitaires, d’industriels et de pouvoirs publics est une initiative démocratique. Sous le vocable WeLL (Wallonia e-health Living Lab) cette plateforme wallonne disposera d’un budget de 800.000 Euros sur 2 ans grâce à un financement de « Creative Wallonia » (pré-accélérateur d’entrepreneurs) et le soutien de WSL (incubateur des sciences de l’ingénieur)..

Quand on va sur le site du projet, on découvre les 5 thèmes qui seront débattus : « L’hôpital du futur – Quel vécu pour le patient de demain? », « Des robots et des hommes – Une aide pour les seniors? », « Le patient connecté – Quelle sera la place du médecin dans 20 ans? » « Ma santé au bout du smartphone – Mieux vivre au quotidien? », « La route de l’immortalité – La technologie au service du corps humain? ». Là, on est sérieusement refroidi. De toute évidence il s’agit de faire avancer les idées d’une technologisation et d’une informatisation des soins de santé.

Continuer la lecture de La Wallonie pionnière du transhumanisme ?, par Alain Adriaens

Partager

Le chant du cygne

Dilbert : Le chant du cygne

– Comment ça va au boulot ?
– J’ai enseigné à des robots comment manipuler les gens émotionnellemment et j’ai fait en sorte ainsi que l’homo sapiens devienne l’esclave de la machine
– Je n’ai pas envie de penser à ce genre de choses.
– C’est pour cela que ça marche.

Partager

Travail : Nouvelles du front

Amazon installe 15.000 robots Kiva pour les fêtes. Gains de temps par rapport à des êtres humains et coûts en baisse de 20 %.

Stephen Hawking : « La mise au point d’une intelligence artificielle avancée pourrait signifier la fin du genre humain ».

Continuer la lecture de Travail : Nouvelles du front

Partager

TABLETTES, par Jacques Seignan

Billet invité.

Sur une tablette tactile, quelques manipulations effectuées du bout du doigt font apparaître la photographie d’une tablette mésopotamienne en argile, recouverte d’une écriture cunéiforme. C’est une mise en perspective… sur quelques millénaires. Ces deux objets sont appelées « tablettes » car les langues, plutôt que de créer sans fin des néologismes, préfèrent souvent recycler des mots usuels. Au-delà de cette similarité géométrique justifiant cette dénomination, des analogies pourraient exister.

Au XIXe siècle, les archéologues qui ont fouillé la Mésopotamie ont exhumé de dizaines de milliers de petites plaques rectangulaires : des tablettes en argile durcies par séchage ou cuisson, recouvertes de l’écriture dite cunéiforme. Ce terme de tablette était déjà utilisé pour désigner les planchettes romaines recouvertes de cire sur lesquelles on écrivait et effaçait avec un stylet. Bien avant Rome, entre le Tigre et l’Euphrate, est née une des plus anciennes civilisations du monde : Sumer (1), source de toutes celles qui lui succédèrent en Mésopotamie. Comme le latin en Europe, le sumérien, devenu langue morte, fut utilisé comme langue religieuse et culturelle jusqu’au Ier siècle av. J.-C. Les Sumériens ont inventé l’écriture, étroitement liée à ce support, qui leur a ainsi permis de développer et conserver leurs créations dans tous les domaines : de la comptabilité à la littérature en passant par l’astronomie, les mathématiques, la diplomatie, le droit…

Continuer la lecture de TABLETTES, par Jacques Seignan

Partager

REVENU UNIVERSEL ET BIENS COMMUNS, par François Leclerc

Billet invité.

Après avoir été omniprésente, l’utilisation de moins en moins fréquente du mot crise dans l’actualité semble signifier que cet état est désormais banalisé et solidement installé. De prime abord, deux manifestations complémentaires le caractérisent : sous forme d’un endettement massif, une anticipation ingérable de la richesse produite a atteint des proportions considérables, et l’on assiste à une confiscation de cette même richesse sous la forme d’un transfert ayant deux facettes. Des biens publics aux biens privés, et de la richesse collective à celle d’une infime minorité.

Les deux phénomènes conjoints appellent des mesures radicales, totalement inconcevables aux yeux de ceux qui pourraient les prendre, avec pour effet la poursuite de l’endettement et de l’accroissement des inégalités, ainsi qu’une crise sociale et politique qui se laisse de moins en moins ignorer. S’il était auparavant possible de s’interroger sur la capacité du système à se réformer, la fuite en avant qu’il poursuit a apporté la réponse.

Continuer la lecture de REVENU UNIVERSEL ET BIENS COMMUNS, par François Leclerc

Partager

Sur la montée de la robotisation … et l’apparition de ses freins ou de ses dérives, par Timiota

Billet invité.

L’article du Monde : Tout va bien, mon patron est un ordinateur décrit le « robot partie prenante au conseil d’administration » dans une boite hongkongaise d’investissement en biotechnologies, domaine où de vastes quantités de données existent dans les bases de données mondiales.

Cela pointe vers le prochain basculement de dizaines de millions d’emplois qualifiés vers des formes robotisées.

Il y a bien sûr du vrai, mais ce que je propose ici, c’est qu’il y a aussi une contre-réaction qui va s’établir pour freiner ce développement et « surfer » avec … Cette contre-réaction, on ne pourra pas l’attribuer à l’humain ou à la machine, et on ne peut pas dire non plus si elle domptera davantage, moralement, les conséquences de ce changement que les conséquences de la finance ou dans la finance, du HFT (high-frequency-trading). Je relie l’engouement actuel au passage par une situation de « percolation », bien connue dans le cas de système désordonné, lorsqu’ émerge quelque chose de nouveau qui se multiplie.

Continuer la lecture de Sur la montée de la robotisation … et l’apparition de ses freins ou de ses dérives, par Timiota

Partager

Capital.fr, « Pourquoi les robots vont détruire des millions d’emplois », entretien avec Paul Jorion, le 30 octobre 2014

D’ici 2025, la multiplication des automates pourraient supprimer 3 millions d’emplois en France, prévient une étude réalisée par le cabinet Roland Berger. D’après l’anthropologue, Paul Jorion, il est grand temps de préparer la « grande transformation du travail » pour éviter l’hémorragie. Interview.

Capital.fr : Les robots représentent-ils un vrai danger pour notre travail et nos emplois ?

Paul Jorion : Plusieurs études stipulent que beaucoup de métiers sont menacés de disparition. La dernière en date, celle de Roland Berger , prévoit que 20% des tâches seront automatisées et que 3 millions d’emplois seront supprimés d’ici 2025. Ces chiffres confirment ceux de chercheurs de l’université d’Oxford, qui estimaient, dans une étude publiée en 2013 , que 47% de la force de travail sera remplacée par un ordinateur d’ici 20 ans. Le plus inquiétant, c’est que ces prévisions sont vraisemblablement sous-estimées, car ces travaux oublient que les robots vont encore s’améliorer.

La suite sur Capital.fr

Partager

Personnalisation de la guerre : Le futur vous regarde, souriez-lui !, par Roberto Boulant

Billet invité.

Réduite à sa réalité première, la guerre est avant toute chose une activité de boucherie humaine (d’où la célèbre formule de Sun-Tsu : Le meilleur général est celui qui n’a pas besoin de livrer bataille pour atteindre ses objectifs). Pour échapper à cette évidence insoutenable, les hommes ont de tous temps cherché à se protéger au travers des ‘valeurs’ (Liste non exhaustive : honneur, courage, mise en danger de sa propre vie, sacrifice, etc.) où le bon guerrier est celui qui affronte à armes égales, en duel à visage découvert, son adversaire. Bref, le duel des chevaliers du ciel de la 1ère GM plutôt que la lutte dans la boue entre un soldat de 75kg et un obus de 75. Cet état d’esprit explique en partie la levée de boucliers des pilotes de l’US Air Force contre la remise de médailles aux pilotes de drones (comme si un équipage de B52H orbitant à 30.000 pieds au dessus de l’Afghanistan, risquait d’être abattu par un tir de kalachnikov…). Mais loin du fantasme, qu’est-ce donc qu’un bon outil de boucherie humaine (même si le terme ‘système d’armes’ est autrement plus sexy sur le plan marketing) ?

Continuer la lecture de Personnalisation de la guerre : Le futur vous regarde, souriez-lui !, par Roberto Boulant

Partager

Plus ou moins de vies, par Stéphane-Samuel Pourtalès

Billet invité

On ne connaît pas en détail la prospective stratégique de l’armée américaine, mais une information secondaire suffit parfois à nous indiquer clairement l’horizon : il y a actuellement plus de nouveaux pilotes en formation sur des drones que sur des avions de guerre classiques.

Grégoire Chamayou, chercheur au CNRS, a étudié les implications anthropologiques de l’extension du domaine des robots dans le champ de la guerre (et des guerriers), que je résume et commente librement ici.

The war is easy !

Le drone est d’abord une arme « low cost », tant d’un point de vue physique et logistique, que d’un point de vue politique (le pouvoir s’épargne d’avoir à justifier le retour lugubre des body bags). La politique menée sous Obama est de tuer par des frappes ciblées de drones, (ou « droner », comme le dit le juge anti-terroriste français Marc Trevidic) les chefs djihadistes, plutôt que de les faire prisonniers. « Prédator plutôt que Guantanamo ». Tout devient tellement plus simple. Et même baudrillardement imparable : les drones «épargnent des vies » !

Continuer la lecture de Plus ou moins de vies, par Stéphane-Samuel Pourtalès

Partager

Le paradoxe de l’avenir des revenus : l’autonomie par le partage et la protection sociale universelle, par Jean-Paul Vignal

Billet invité

L’évolution des technologies depuis l’émergence de l’informatique individuelle a considérablement modifié la façon dont les entreprises opèrent ; elle a en particulier eu un impact important sur les relations entre salariés et entreprises, au point que de nombreux experts, constatant qu’il est sévèrement remis en cause tant par la mondialisation impulsée par le néolibéralisme triomphant depuis la chute de l’URSS, que par l’automatisation ou l’émergence de l’intelligence artificielle qui sont toutes deux de plus en plus techniquement et économiquement compétitive avec le travail humain, s’interrogent sur l’avenir du travail salarié.

Cette interrogation est parfaitement légitime au moment où personne ne peut plus nier le fait que le capitalisme néolibéral s’efforce avec un succès grandissant de remettre en cause tout le système de protection sociale mis en place pendant l’ère industrielle en ramenant le prix du travail humain à un coût marginal variable en fonction des besoins instantanés de l’entreprise qui soit aussi faible que possible, en mettant les salariés en concurrence à l’échelle planétaire.

Combattre pied à pied cette volonté de déstabilisation de la relation traditionnelle « patron/salarié » est évidemment l’indispensable forme prioritaire de défense pour le monde du travail. Elle n’est malheureusement pas suffisante, car elle n’a aucune prise sur la progression de la productivité des entreprises, qui est inéluctable, car à l’exception de quelques domaines privilégiés comme le secteur du luxe, l’amélioration constante de la productivité est pour elles une condition sine qua non de survie, l’autre étant l’innovation.

Continuer la lecture de Le paradoxe de l’avenir des revenus : l’autonomie par le partage et la protection sociale universelle, par Jean-Paul Vignal

Partager