Je ne suis pas d’accord avec vous (VII), par Dominique Temple

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Je ne suis pas d’accord avec vous (I) ; Je ne suis pas d’accord avec vous (II) ; Je ne suis pas d’accord avec vous (III) ; Je ne suis pas d’accord avec vous (IV) ; Je ne suis pas d’accord avec vous (V) ; Je ne suis pas d’accord avec vous (VI)

Je ne suis pas d’accord avec vous (VII)

Le serment d’Hippocrate

C’est à très grande vitesse que le capitalisme court à l’abîme entraînant avec lui toute la société, à commencer par les plus pauvres qui n’ont pas de recours pour se mettre à l’abri, mais aussi ses protégés y compris les nantis. Mais c’est à plus grande vitesse encore que la société se libère de ses chaînes par l’information libre et engendre la communauté universelle. Je voudrais devant cette échéance éclairer un point fondamental : face au pouvoir des privilégiés qui entendent faire perdurer le système et contrôler le pouvoir, la démocratie est justifiée de croire que le sentiment de la justice est immédiat et bien plus efficace que l’argumentation procédurale, bien que jusqu’à ce jour la raison ait toujours été subordonnée au plus fort. Mais c’est de la technologie et du développement des forces productives qu’elle reçoit un appui décisif. C’est un changement de camp de la raison qui donne la victoire au cœur humain. 

Nous sommes habitués, il est vrai, à ce qu’un nombre impressionnant d’analystes disent à chaque crise : elle va tout changer…, mais à ce que les crises s’ajoutent aux crises avec une rapidité qui n’a d’égale que la faculté d’oubli de la société ; et ce qui change, c’est seulement la forme de l’économie capitaliste. Lorsqu’une crise a lieu, elle oblige le pouvoir à un changement de stratégie pendant lequel il est fragilisé et s’affole. Cet affolement semble dû à l’effet de seuil provoqué par la crise. L’effet de seuil fait apparaître deux économies, où le pouvoir prétendait n’en concevoir qu’une.

L’effet de seuil a été visible de façon particulière ces temps-ci parce que les instances de pouvoir ont ressenti jusque dans leur chair que si la pandémie pouvait toucher tout le monde alors la technologie devait sauver tout le monde. Il est impossible de ne pas faire pour les uns ce que l’on fait pour les autres : les propositions indignes d’eugénisme (réserver les appareils respiratoires à une catégorie de personnes au détriment d’une autre catégorie) n’ont réussi à se justifier nulle part. Le Serment d’Hippocrate l’a emporté sur la privatisation du pouvoir médical au profit des riches. Il faut dire que la charte de l’ordre des médecins dicte elle-même les fondements de l’économie politique : « Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination, selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité ». Et elle réfute ceux de l’économie capitaliste : « Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. »

Même si le pouvoir, à la sortie de cette “crise”, aura la tentation de récompenser les médecins de leur générosité et de les assujettir à la reconnaissance de son autorité pour reprendre sa marche comme si de rien n’était, la question structurelle demeurera posée avec plus d’ampleur que précédemment grâce à l’intervention d’un partenaire nouveau sur la place publique : la technique. Disposer de masques et à plus forte raison d’appareils respiratoires, de vaccins et de chambres d’hôpital pour tous suppose des investissements massifs, qui ne sont pas rentables dans l’économie capitaliste. Or, ces techniques nouvelles sont nécessaires pour l’équilibre des relations complexes de la société moderne. Elles obligent à une redistribution des rôles qui n’obéit pas au management capitaliste : ces opérateurs physiques voire bientôt biologiques deviennent universels et par suite non privatisables. L’économie sociale requiert de plus en plus impérativement d’être technologiquement compétente, et si elle n’est pas encore une économie de réciprocité, elle requiert une technologie qui lui impose de plus en plus d’obéir aux impératifs de celle-ci. Il n’est donc plus possible d’être dupe de la dialectique de l’économie capitaliste et de se contenter de la pensée unique et de son discours aveugle, c’est-à-dire de l’usage systématique de substantifs sans complément où chacun prête par transfert son illusion à un interlocuteur tout-puissant qui la transforme en valeur d’échange et en pouvoir monétaire. On est obligé de donner un complément à chaque terme du débat économique pour dissocier l’économie capitaliste de l’économie politique. Le progrès, mais lequel ? La croissance, mais de quoi ? Le développement, mais de qui ? Et l’économie ? du capital ou de la cité ? etc.

Cependant, parvenus au seuil, beaucoup s’interrogent et n’envisagent que la solution immédiate qui leur conviendrait dans leur jardin, leur profession, leur passion, leur rêve, leur utilité. L’effet de seuil dont je parle démontre que les nationalisations sont inadéquates lorsqu’elles sont estimées à l’aune de leur rentabilité dans un système capitaliste mais non où la raison impose de faire prévaloir sur le profit la survie des êtres humains, auquel cas l’amélioration des conditions d’existence pour tous paraît un motif de l’investissement supérieur à celui de la croissance du capital. Le débat démocratique doit reprendre ses droits. Mais quand ? Eh bien dès que le peuple décidera de rédiger une nouvelle Constitution qui récuse les principes de l’économie capitaliste et d’énoncer comme irrécusables les principes de l’économie politique.

Alors cessez de dire qu’il n’y pas de solutions… 

FIN

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21 réflexions sur « Je ne suis pas d’accord avec vous (VII), par Dominique Temple »

    1. Oui, quel peuple, quels peuples? C’est la question
      « Information libre », « nouvelle Constitution »… projets ou formules magiques?
      Dans notre monde semblent prospérer des « libérés » de l’information traditionnelle comme Trump ou Bolsonaro…

      1. Mon non-dit ( enfin ici , parce que je le dis ailleurs depuis pas mal de temps ) , c’est qu’il n’y a que DES peuples suffisamment « armés » par une forme de cohésion sociale et de relative autonomie économique , dans le contexte géopolitique hostile , qui pourront valablement désirer et écrire cette Constitution  » hors normes » qui puisse survivre et faire modèle et envie à d’autres .

        Ou il faudra attendre que les deux géants s’effondrent . Ça a a commencer pour l’un d’eux . Le deuxième est inquiétant .

        Ceci étant , quand on voit que même l’union sacrée des forces de progrès est un rêve creux chez nous , et qu’on semble s’orienter vers un repli franchouillard dans le gros des forces politiques en place ou en cours de positionnement , c’est pas demain la veille que cette constitution utile ( pas française ) sera accouchée .

        Si je compare Montebourg à Magnette , mon choix est vite fait .

  1. Oui je comprends très bien.
    Comment écrire cette constitution et avec qui ?
    Comment moi puis je écrire cette constitution ?
    1 – Pour moi je souhaiterais que la médecine de ville qui intervient dans les petites cliniques puisse être remboursée par les mutuelles il en est de même pour une intervention chirurgicale à l’hôpital.
    2 – D’autre part je trouverai utile que le carnet de santé ou classeur ou autre puisse être mis à la disposition des praticiens pour un suivi qualitatif du patient.
    Me suis je bien expliquer ?

    1. Il suffirait de s’inspirer largement de la nouvelle constitution cubaine adoptée par le peuple en 2019 :
      https://www.gacetaoficial.gob.cu/sites/default/files/goc-2019-ex5_0_0.pdf
      Voir spécifiquement l’article 19 concernant le système de planification socialiste ; l’article 22 et suivants concernant la propriété ; l’article 29 concernant l’interdiction du crédit-bail, du métayage et des prêts hypothécaires ; l’article 30 concernant la concentration de la propriété qui sera régulée par l’État afin de garantir les limites compatibles avec l’équité et la justice sociale ; l’article 31 qui précise que le travail devra être la source principale de revenu.

      1. Au passage , on notera que Cuba a pu marier ces deux derniers mois , priorité à la santé et nécessité économique , en exportant ses médecins qui depuis déjà quelques temps sont devenus une source de « revenu » pour le pays , qui s’appuie aussi sur sa diaspora .

        Je crains malgré tout que ça ne suffise pas à éviter la cata sur l’emploi national interne , là bas comme partout bientôt .

        L’exemple est par contre pertinent d’une constitution progressiste qui n’émeut pas le rouleau compresseur du système mondial .

    2. Si le patient doit apporter à chaque fois qu’il va en visite médicale ses radiographies médicales, ses résultats d’intervention chirurgicales etc, ça pèse lourd pour le patient. A cet effet je demande qu’un système sécurisé d’informations médicales soit mis en place au sein de la communauté medicale. Il me semblerait utile pour chaque patient que ce système informé le praticien de son hernie discale ou de son cancer survenu il y a 30 ans. C’est qualitatif et utile.

  2. Je vous remercie pour ces excellentes analyses que j’ai beaucoup appréciés.
    A ce jour et à l’éclairage de ce blog et d’autres informations d’origines variées (la radio, le Diplo, Alternatives éco, Le Monde scusi) je retiens 2 actions majeures à mener.
    Mettre fin au néolibéralisme destructeur et revenir au moins à l’époque de Roosevelt.
    Réformer profondément le droit de propriété qui entraine des accumulations bien trop excessives de capitaux et patrimoines.
    Selon mes dernières informations le droit de propriété aurait été institué par le napoléon, celui là même qui a pillé toute l’Europe.

    Il s’agit maintenant d’identifier avec précision nos adversaires et les mains non invisibles comme les fonds de pension et rentiers de tous bords qui exigent des rentabilités scandaleuses.

  3. « les propositions indignes d’eugénisme (réserver les appareils respiratoires à une catégorie de personnes au détriment d’une autre catégorie) n’ont réussi à se justifier nulle part. »

    Celà ne me semble pas de l’eugénisme, les personnes considérées n’étant vraisemblement pas pour la plupart en age de se reproduire.

    réserver des moyens en nombre contraint en fonction de critéres médicaux et non de tirage au sort est-ce une pratique indigne ? inconcevable ? innaceptable ?

    Une pratique de médecine de catastrophe.
    Tout au plus une euthanasie consciente différenciée comme certaines sédations profondes.

    En revanche réserver des masques (issus pour certains de stocks destinés aux malades, et financés à cet effet par la collectivité nationale) au profit de la catégorie de personnes des seuls personnels soignants – pour lesquels aucun stock n’avait été constitué – au détriment du public en général, en recourant même à l’outil de la réquisition, est-ce justifiable quelque part ? si ce n’est par un gouvernement aux abois qui s’est mis une corporation à dos par un sous-financement chronique.

  4. Chères toutes, chers tous,

    « Tout est dépendant de l’énergie. Comme je le dit souvent,
    il n’y a pas d’économie, il n’y a que la conversion d’énergie.
    l’argent est un moyen très imparfait de mesurer les flux d’énergie dans la société » Vaclav Smil

    Dans Transition et Energie l’article : »Les gents n’ont rien à faire du Monde réel » entretien avec Vaclav Smil, le penseur de l’énergie.

    Article sous abonnements si demande je peux éditer en papier l’article et le scanner car impossible de faire des copier coller.
    https://mozzoportal.publishingcenter.net/transitionsenergies/dist/c160cf12a141e3b61aad66b12a2f87811aae03c7/102593.web/?appId=com.forecomm.transitionsenergies&contentId=102593&timestamp=1588404990&token=ec856e57aecdec2477cee8b8e1066eef2914144f&sc=e7f0b3dbd5e237c66a52c4a09b1c3db48cbc0a12&sign=4606c1076a696fe1c87ceeac80f37dfb0bf122b0c47c5d8115a4fdcee6c2d4fb&vtk=2&lang=fr#page/64

    Vaclav Smil toujours pas traduit en français, je veux bien donner à la cagnotte pour le faire éditer, car je lis mal l’anglais avec les traduc auto

    alors ce que je peux écrire après c’est de la redite et du pipi de chatt et non de miaou (bonne blague)

    Paradoxalement l’énergie va manquer, pas tout de suite, mais dans pas si longtemps.

    Manger c’est avec de l’énergie produit par tracteur et autres produits finissant en cide .

    Se reposer dans son appart produit par du béton dont les cimenteries sont un très gros consommateur d’énergie .

    Et là on est au premier besoin de la pyramide de MAslow.

    Dans l’énergie disponible que nous avons et aurons quelle est la part que nos allouerons :
    à l’agriculture (ex :tourteaux de Maïs co-produit du bio-diesel made in USA)
    à la santé ( la chimie est un des gros consommateur de pétrole)
    à notre sécurité ( armées, police, surveillance en « tic » demande du pétrole et les batteries au lithium des drones ne tombe pas du ciel)
    au fonctionnement de nos institutions ( la encore c’est de l’énergie primaire dépensée)
    à nos liberté privés (déplacement perso, en avion pour qui)

    Bon, Ben, Belle journée, je vais aller potager (faire du travail au potagé)
    Résilent seul je résisterais pas au choc, alors résilient tous,

    Je vous aime de toute ma tendresse , Pierre de la tribu des Quel(s) Art(s)

  5. Bonnes questions. Avec la traction animale, on avait créé les machines utiles pour réduire largement le travail humain. Jusqu’en 1950, l’agriculture fonctionnait comme cela. Le tracteur a surtout permis le gigantisme et une force supérieure… au minimum utile. De même, en transport du bois, que j’ai étudié, on pouvait monter les troncs d’arbre à la manivelle (treuil et chaînes sur des « échelles ») sur des chars à boeufs, puis sur des camions (apparus vers 1900, diffusés surtout après 14-18), toujours avec un essieu indépendant, à positionner à bonne distance et à solidariser à la charge par des chaines. Les grappins, les camions articulés d’aujourd’hui (à essieu indépendant orientable) augmentent la charge, un homme suffit au lieu de deux et l’investissement est du triple ou plus). Bref, il y a moyen de régresser un peu vers la traction animale et de réserver le fuel à des usages « nobles » (un peu de pétrochimie sanitaire).
    Et in’y a pas si longtemps, le  » jardin ouvrier » était (est) une source de résilience traditionnelle en cas de guerre, de grève, ou simplement de bas salaire. (Mais les miaou dans mes semis de petits pois, c’st pas seulement pipi de chat !).

  6. Merci Dominique Temple, pour cet excellent billet.

    J’aimerai savoir si est-ce hors sujet, celui que vous posez dans le cadre d’établir une nouvelle constituante, Constitution agrémentée de son Conseil donc, en prenant en « préambule » réflexif « Le serment d’Hippocrate », de questionner sur le fait de « l’incitation », faite aux médecins (que de villes…?) de « dénoncer » les malades suspects d’être atteints du covid-19, en proposant de les rémunérer entre deux et quatre euros par « déclaration » (je viens de découvrir cette info dans « Le Débat » de LCI)…? J’en recopie si dessus, donc, l’extrait que vous avez publié, pour situer mieux le contexte de la réflexion.

    …… « Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination, selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité ». …..

    N’est-ce pas à se demander si l’incitation pécuniaire faite en « contrepartie » d’une « collaboration » (avec toute la dimension spécifiquement franco-française se situant au « point » Godwin…) , envoyée à la « première ligne », ne vise pas en fait qu’à faciliter la politique austéritaire des moyens électoralistes – peu leurs importent la morale, l’éthique, du »tri sélectif », à des fins de « darwinisme sociale » pourvue qu’à la fin les chiffres disent ce que l’on veut qu’ils supposent – mise en œuvre par la Macronie, et l’ultralibéralisme en général, ayant choisi en opposant favori, les extrêmes (de la droite en « mutation », aux extrêmes droites en fusion) du « ras le bol fiscal », « poujadisme », des « temps de cerveaux disponibles » qu’à ne vouer qu’un « culte féroce » à la « dictature des émotions » sondant que leurs doutes, incertitudes, indécisions…?

    1. Dit autrement, ne faut-il pas prendre garde aussi, « raison gardée » pourrait-il être dit aussi, à ce que la lettre définissant la « fin » vers laquelle la Constitution doit nous conduire toutes et tous ensemble, solidairement lié par l’intérêt général le bien commun, ne laisse pas trop de « moyens » aux esprits (des « bons comme des mauvais » – qui aiment faire croire « qu’il y a du bon dans le coté de la force » – « esprits » dont certains disaient, d’une certaine « gauche », à une certaine époque, croire aux « forces de l’esprit »), d’en interpréter à leur guise (technocratiques, bureaucratiques, en la matière), toutes les failles, interstices, « faussetés », « habiletés » de soit disant mécompréhensions, incompréhensions, du mésusage de la langue, « culture », etc…?

  7. Comme dirait l’autre à une injonction du général Leclerc: »vaste programme ».
    L’idée serait « déjà » d’avoir une certaine prise sur le réel, il faudrait une sorte « empowerment » du citoyen (à défaut j’ai rien de mieux qu’un franglisme).
    Et pour être efficace il faut déjà voir petit avant d’extrapoler à l’infini.
    Puisqu’on est au stade de référendum citoyen sur le climat, en guise de paravent et histoire de reformuler de vieilles idées, pourquoi ne pas faire la publicité de référendum citoyen permettant à des fonctionnaires de sortir de leurs droits de réserves, à des citoyens éclairés de témoigner l’injustice de démarchent administrative honteuse ou inadapté.
    Cela ferait un peu honte à nos politiques, éditorialistes et syndicats qui ne souhaitent définitivement pas ce soucier d’intendance, d’accessibilité des démarches et font de la gloriole avec le droit, les valeurs et la justice.

  8. Il faut donc abattre le capitalisme. Paul propose depuis longtemps une manière très simple de réduire son pouvoir de nuisance qui consiste à interdire la spéculation. Ensuite pour harmoniser les flux financiers supranationaux Keynes avait proposé le Bancor et sa chambre de compensation.
    Ces propositions, sont des règles qui contraignent les flux monétaires.
    Nous vivons, pour la plupart, dans des états de droit. Les marchandises physiques sont toutes réglementées et transportées par des véhicules dans des réseaux de transport réglementés eux aussi.
    Ce qui me conduit à faire la proposition suivante.
    L’argent est une telle jungle, que même certains pontes de la finance s’y emmêlent les pinceaux, tandis que la plupart des protagonistes du secteur en profitent pour le parasiter et en tirer profit.
    A l’heure du tout numériques, réduisons l’argent à un véhicule et appliquons-lui des règles de circulation. Vitesse, débit, type de marchandise, quantité.. dans un réseau parfaitement balisé et connu de tous, et bien sûr sous le contrôle bienveillant des États qui veille au grain.
    Ainsi nous aurions, PJ + Keynes + la mort des paradis fiscaux + de la clarté.
    Je sais, je rêve éveillé, mais l’effort d’écrire une nouvelle constitution supranationale me paraît encore plus irréaliste.

    1. Il y a en a pourtant une , écrite dans les règles comptables internationales . Et une autre qui s’appelle monnaie internationale , soit le Dollar .

      Et qui prévaudra , tant que ce que vous appelez une Constitution supranationale ne verra pas le jour , au moins dans une partie significative du monde ., géographiquement , économiquement , militairement ,démographiquement . La Chine est à cette aune . On s’en contente , et on adopte la constitution chinoise ?

      Ça viendra peut être , plus par peur du vide avec l’instabilité et le repli des USA , que par amour des évidences partagées .

  9. Mes critiques qui rejoignent les vôtres sur le capitalisme néolibéral et les droits de propriétés s’enrichissent d’arguments incontournables, CQFD dirais-je.
    Le mensuel de mai de Alternatives Economiques nous apporte un éclairage et des arguments d’un professeur du Collège de France dont j’ai d’ailleurs suivi de nombreux cours sur France Culture ces dernières années et lu quelques synthèses de livres : Alain Supiot.
    C’est de l’or en barre.
    En résumé et sources d’espoir, il faut réformer :
    L’OIT, l’OMS, l’UNESCO, l’ONU alimentation, la FAO.
    Il faut supprimer ou très encadrer : la Banque Mondiale, l’OMC, le FMI.
    Ouvrir la voie d’une véritable mondialisation, à rebours de la globalisation.

    Conclusion : effectuer une révolution calme comme cela a pu se faire en 45 par le CNR (voir plus loin).
    Remarque : voir les renvois qui fournissent une liste des livres de Alain Supiot.

    ENTRETIEN
    Alain Supiot : « Seul le choc avec le réel peut réveiller d’un sommeil dogmatique »
    https://www.alternatives-economiques.fr/alain-supiot-seul-choc-reel-reveiller-dun-sommeil-do/00092216
    Quelques points forts.
    En réponse à « Je crois au néolibéralisme » de Hayek :
    « La dimension religieuse de cette croyance a été très tôt aperçue par Karl Polanyi, observant dès 1944 que « le processus que le mobile du gain a mis en branle ne peut se comparer pour ses effets qu’à la plus violente des explosions de ferveur religieuse qu’ait connue l’histoire ». Le propre de la ferveur religieuse est d’être imperméable aux critiques, aussi modérées et rationnelles soient-elles. Seul le choc avec le réel peut réveiller d’un sommeil dogmatique. »

    « L’Etat social, dont on redécouvre les vertus à la faveur de l’épidémie actuelle, repose sur trois piliers qui ont en effet été méthodiquement sapés par quarante ans de politiques néolibérales » (et de Denis Kessler).
    Le droit du travail, l’Etat social (la sécu), un Etat solidaire avec ses services publics.

    « Cette perspective de la mondialisation correspond à ce que dans un texte de 1920, récemment exhumé par Bernard Stiegler, Marcel Mauss a nommé « l’internation ». La diversité des nations, des langues et des cultures n’est pas un obstacle, mais bien au contraire le premier atout dont dispose l’espèce humaine à l’heure de l’anthropocène. »

    Avec un rappel et complément dans le billet journalier de AE du 2 mai par Luc Rouban du Cevipof.
    ENTRETIEN « Il faut retrouver l’esprit de 1945, celui du progrès par l’Etat »
    https://www.alternatives-economiques.fr//faut-retrouver-lesprit-de-1945-celui-progres-letat/00092679?utm_source=emailing&utm_medium=email&utm_campaign=NL_Quotidienne_abo&utm_content=02052020

    Que faut-il faire ?
    L’Obs du 16 avril
    « Résister à la pandémie comme au temps des maquis
    A 97 ans, le grand résistant puis pionnier de l’économie sociale et solidaire tire les leçons de la résistance qui peuvent être utiles pour penser l’après pandémie. Gloups.
    https://www.nouvelobs.com/idees/20200406.OBS27154/pour-resister-a-la-pandemie-comme-au-temps-des-maquis-par-le-grand-resistant-claude-alphandery.html
    Les pistes sont listées.

    Pour terminer, encore un bonus du mensuel AE de mai.
    Ce n° de AE consacré essentiellement à la pandémie comporte cependant plusieurs autres articles concernant l’économie :
    . Opinions : « le néolibéralisme contaminé » par Michel Husson.
    . Capitalisme de CASINO par Christian Chavagneux.
    « Les joueurs ont le choix des paris : l’évolution des taux de change, des actions …… A la fin, les grands banquiers empochent les mises.
    L’auteur met en avant Keynes Susan Strange.
    . On peut agir contre la spéculation financière de Christian Chavagneux dans la rubrique « le livre du mois ».
    « Il faut taxer la spéculation financière » de Ivar Ekeland et Jean-Charles Rochet.
    Un plaidoyer pour réduire la spéculation financière qui ne déplairait pas à Paul.

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