Le (bon) soliton, la brute vague, et le truand (Trump), par Timiota

Billet invité.

SolitonsCherchant à penser hors des cadres usuels les évolutions qui nous harcèlent ou nous agacent, nous sommes amenés à voir comment agissent les conjonctions de plusieurs phénomènes concomitants. Dans ce cadre, le mot « soliton » a été utilisé dans un sens élargi, un peu comme le pull-over dans d’autres métaphores. Je tente ici de faire la part du soliton « d’origine », des vagues scélérates (freak ou rogue en anglais) qui ne sont pas le soliton d’origine mais agissent à l’aide d’ingrédients similaires, et je tente au passage de prendre du recul pour l’usage plus jorionnien qui est fait de ce concept, ici d’abord et plus généralement voir ici.

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Pourquoi on n’arrête pas un soliton, par Philippe Soubeyrand

Ce que l’on voit très bien sur cette vidéo, c’est qu’une gigantesque quantité d’eau qui se meut à grande vitesse (dont les facteurs aggravants sont multiples) s’accumule soudain contre un second front d’eau qui lui se meut à vitesse beaucoup plus faible, créant une vague scélérate.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 10 AVRIL 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 10 avril 2015. Merci à Olivier Brouwer.

Voilà, donc nous sommes vendredi, c’est le 10 avril, et je suis à San Patrignano et vous voyez d’ailleurs la salle derrière moi… En fait non, c’est une photo ! C’est une photo qui se trouve dans la petite pièce où je suis, mais qui montre, voilà, la communauté qui se trouve là, et donc, l’idée, c’est d’aider des jeunes gens qui ont pu avoir des difficultés dans le passé [à] refaire une vie.

Alors, je viens de faire mon exposé, un peu dans le style de celui dont j’avais fait un essai, un test, l’autre jour. Ça n’a pas été tout à fait la même chose. Pourquoi, eh bien parce qu’on voit l’[auditoire], on voit les gens qui vous écoutent, on a l’occasion de les voir avant, puis on les voit dans la salle, et on adapte peut-être un petit peu aux circonstances. Mais enfin, le message a été le même : c’était lancer un cri d’alarme, c’était dire : « On n’a plus le temps ! » On n’a plus le temps, il faut s’occuper du soliton, les trois éléments, environnemental, économique et financier, et la complexité, les robots qui nous remplacent et les logiciels qui nous remplacent, et l’intelligence artificielle qui devient une dépendance de l’armée, et c’est de ça que j’ai parlé.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 7 NOVEMBRE 2014 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 7 novembre 2014. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 7 novembre 2014. Et il y a quelques jours, donc, j’avais rédigé un billet en soirée. Et ça m’arrive souvent, quand je l’écris très tard : au lieu de le mettre en ligne immédiatement, je le laisse reposer jusqu’au lendemain matin pour voir si je n’étais pas trop fatigué et le vérifier. Et donc, j’ai fait ça, et donc, ce billet, il s’appelait : « La question du soliton est devenue indécomposable ». Et le matin, au moment où je reprends ce billet pour le relire, je regarde la une du journal Le Monde, et je vois qu’il y a un compte-rendu d’un film dont, honnêtement, je n’avais jamais entendu parler, bien que ce soit le jour où il sort, et je regarde ça… et là, je m’arrête, parce qu’effectivement, eh bien, il se fait que ce dont parle ce film, c’est à peu près la même chose que ce dont je parlais dans mon billet.

Alors je me suis dit : « Eh bien, je vais d’abord aller voir le film », parce que, comme je l’ai dit, l’incompréhension de ces critiques devant ce film m’a donné le sentiment que le film était très important. Bon, ce n’est pas très gentil pour eux ce que je dis là, mais cette espèce de perplexité, de consternation, montrait qu’il y avait là quelque chose qui les dépassait complètement. Et donc, je suis allé voir ce film, qui m’a convaincu qu’effectivement, eh bien voilà, on parlait de la même chose.

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LA QUESTION DU SOLITON EST DEVENUE INDÉCOMPOSABLE

Ce matin, je m’apprêtais à mettre en ligne le billet qui suit…

Lorsqu’on me demanda en décembre 2011 de faire une conférence à l’intention des anciens de l’école de commerce HEC, la personne qui m’invitait me dit quelque chose du genre : « Si vous pouviez dresser un panorama général… ». C’est alors que me vint l’image du « soliton », la lame de fonds constituée de plusieurs vagues venues se superposer pour en constituer une seule, mais monstrueuse.

Les éléments composant cette vague scélérate ? Il y en a trois. D’abord, la crise environnementale : l’épuisement des ressources, le réchauffement climatique accompagné de l’acidification des océans et de la hausse du niveau de la mer. Ensuite, ce que j’appelai « crise de la complexité » : crise due à un monde où les interactions augmentent du fait que nous sommes de plus en plus nombreux dans un environnement de plus en plus mécanisé, monde où nous confions nos décisions à l’ordinateur alors que l’emploi disparaît en raison de notre remplacement par la machine sous la double forme du robot et du logiciel. Enfin, crise économique et financière, due au fait que nos systèmes ont en leur cœur une gigantesque « machine à concentrer la richesse » fondée sur le versement d’intérêts sur la dette, dont les effets délétères sont encore amplifiés par la spéculation, que chacun tolère comme une bizarrerie inoffensive.

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IL EST ENCORE TEMPS !, par Cédric Mas

Billet invité. Au cas où ce billet recevrait une réponse sous forme d’un nouveau billet, la discussion se prolongerait là.

Malgré les élucubrations des uns et les vociférations des autres, la crise économique et sociale est devenue politique puis maintenant institutionnelle. Nouveau signe de la fin d’un modèle de société inadapté aux défis que l’avenir impose à notre espèce, elle ne pourra trouver son terme que par des changements importants de nos modes de pensée, de nos paradigmes. Ce terme en est loin.

Peu importe le résultat du vote de confiance, ni la dissolution, ni la chute de la majorité politique actuellement au gouvernement ne sont des options sérieuses aujourd’hui.

Les institutions de la Vème République, telles qu’elles sont appliquées par ceux qui se disputent aujourd’hui le pouvoir, ont complètement verrouillé toute possibilité de changement pour trois ans encore.

Si le Front National progresse inexorablement, il est encore loin du pouvoir, n’en déplaise à ceux qui ne peuvent tenir ou revenir qu’en survalorisant un prétendu rôle de « rempart » d’un danger qu’ils ont tous participé à alimenter.

Dans cet entre-deux, le système actuel, bien que condamné, montre une résistance qui peut s’évaluer en années.

Il est donc encore temps de se préparer à l’après, et de se mobiliser pour que cet après se réalise.

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TOUTES LES LIGNES DE FRACTURE POSSIBLES SONT À VIF !

Dans Misère de la pensée économique (2012) je propose ce qui me semble être l’explication du Grand Tournant dans lequel nous sommes engagés en tant qu’espèce.

J’y évoque le comportement colonisateur et opportuniste de notre espèce, la complexité qu’a introduite la machine, et tout particulièrement l’ordinateur, et la disparition du travail qui accompagne la substitution de l’ordinateur à nous dans nos tâches, enfin, la machine à concentrer la richesse qui caractérise nos systèmes économiques aussi longtemps qu’on s’en souvienne.

Pour être acceptée, une explication comme la mienne exige – il ne faut pas s’en cacher – une familiarité avec les modèles causaux complexes, ce qui nécessite pour pouvoir y souscrire, un niveau d’éducation élevé.

Une explication plausible de la crise actuelle, dont l’enjeu est ni plus ni moins la survie de l’espèce, apparaîtra « abstraite » à la plupart de nos contemporains. Elle est en concurrence « sur le terrain » avec les explications « concrètes » du type : « C’est sûrement la faute des X parce qu’ils n’ont pas la bonne couleur de peau (la couleur « normale » étant la mienne), parce qu’ils n’ont pas la bonne religion (la religion « normale » étant la mienne), etc.

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Les Grands séminaires de Chimie ParisTech 1ère édition : Paul Jorion « Crises d’aujourd’hui & champs des possibles »

Le 12 février 2014 a eu lieu la première conférence des Grands Séminaires de Chimie ParisTech sur le thème « Crises d’aujourd’hui & champs des possibles ».

Avant la conférence proprement dite, des étudiants de Chimie ParisTech ont voulu m’interviewer. C’est l’entretien qui suit, déjà mis en ligne précédemment.

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Pourquoi ni le désespoir ni le découragement ne sont de rigueur face au soliton ?, par Cédric Chevalier

Billet invité.

Certains amis du blog de Paul Jorion, dont de nombreux contributeurs réguliers, peuvent ressentir, ressentent régulièrement pour certains, un profond découragement, voire un noir désespoir, face à la situation de l’Humanité et à l’évolution de cette situation aujourd’hui et demain (ce que Paul Jorion appelle le soliton) (1). Ces sentiments les accablent quand ils croient constater l’insignifiance de leurs réflexions, de leurs débats, de leurs textes, de leurs actions, et, plus globalement, l’absence manifeste de forces correctrices ou réparatrices significatives à l’échelle de l’Humanité.

Ces émotions s’expriment plus prosaïquement peut-être, par un coup de gueule, une absence prolongée des débats, un pessimisme exacerbé, une confidence découragée. Mais derrière, se cache ce « à quoi bon » devant les problèmes gigantesques qui nous menacent à moyen ou long terme en tant qu’espèce et en tant qu’individus. (2)

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À propos de DIX ÊTRES HUMAINS RÉSOLUS POUR SAUVER UNE ESPÈCE EN DANGER ! (II), par Jacques Seignan

Billet invité. À propos de DIX ÊTRES HUMAINS RÉSOLUS POUR SAUVER UNE ESPÈCE EN DANGER !

Avec le recul du temps, Paul Jorion apparaîtra comme le seul penseur ayant analysé la Crise sous ses trois composantes – en synergie dont l’image est celle d’un soliton. De plus si les composantes économiques et écologiques sont souvent analysées par de nombreux spécialistes ou experts – et tout le monde (presque) a bien pris conscience de ces défis – pour autant, jamais (à ma connaissance) la composante de la complexité non maîtrisée n’est explicitement mentionnée au même niveau que les deux autres, par les conséquences induites sur la survie de notre espèce.

Depuis tout gamin, je suis un passionné de technologies (sans parler de sciences); après avoir été scotché devant la télé en juillet 1969 pour le premier alunissage, je suis toujours avide de voir les images de Mars prises par les robots. Quand je vois une tablette, je me prends à songer que cette merveilleuse machine est un incroyable condensé de technologies et non une ardoise magique, comme tout nous le fait croire. Dans une discussion entre nous, Patrick Roinsard (« Léoned ») rêvait de voitures avec « système de pilotage automatique et guidage GPS » et Pierre Sarton du Jonchay évoquait une façon nouvelle d’utiliser l’Internet des objets, à notre service dans une démocratie véritable.

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UN EFFET DE LA COMPLEXITÉ NON MAîTRISÉE, par Jacques Seignan

Billet invité

Voici une illustration de la composante « complexité » du soliton qui grossit inexorablement et risque de tout balayer!

Obama reconnait que sa réforme Patient Protection and Affordable Care Act dite Obamacare est en très grande difficulté ; en fait, elle tourne au fiasco puisque le site internet n’a enregistré que 27.000 adhésions alors que 7 millions sont escomptées au 31 mars 2014. Nul – à part les fascistes libertariens – ne doit s’en réjouir car cela représente aussi des millions de gens laissés dans la détresse de ne pouvoir se soigner.

Exactement comme pour la loi Dodd-Frank supposée réguler Wall-Street, qui comprend des milliers de pages, cette réforme est plombée par la complexité de sa mise en œuvre et ce dès le début.

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LE SOLITON VU D’EN-HAUT

Dans Misère de la pensée économique (Fayard 2012), j’utilise comme image de la crise qui engage notre espèce dans un Grand Tournant qu’elle parviendra ou non à négocier victorieusement, le soliton, une lame de fond d’une hauteur inhabituelle constituée de la superposition accidentelle de plusieurs vagues de taille ordinaire : 1) l’aboutissement destructeur pour son environnement de la stratégie colonisatrice de notre espèce, 2) la complexité dont nous avons perdu la maîtrise, 3) la crise économique et financière due à la « machine à concentrer la richesse » inscrite au sein du capitalisme.

Voici une vue par satellite de quatre solitons clairement visibles à la surface de l’océan au Sud de la Thaïlande (les lignes quasi verticales à gauche du cliché).

Solitons

 

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