Pourquoi on n’arrête pas un soliton, par Philippe Soubeyrand

Ce que l’on voit très bien sur cette vidéo, c’est qu’une gigantesque quantité d’eau qui se meut à grande vitesse (dont les facteurs aggravants sont multiples) s’accumule soudain contre un second front d’eau qui lui se meut à vitesse beaucoup plus faible, créant une vague scélérate.

Ainsi, soit le second front d’eau répond par une accélération de sa propre vitesse de circulation, la vague scélérate se transforme alors en une houle gigantesque, soit il s’y oppose, auquel cas la vague scélérate se transforme en déferlante…

C’est très exactement ce qui se produit sur une autoroute les jours de départ en vacances, où chacun se demande souvent à quoi est dû le phénomène de bouchons en accordéon. Soit la vitesse de régulation est respectée et les zones de fort ralentissement sont franchies sans dommage, soit la vitesse de régulation n’est pas respectée, et les zones de fort ralentissement se multiplient avec un risque accru de carambolage… C’est malheureusement souvent ce qui se passe en cas de facteurs aggravants : franchissement des zones d’accidents qui suscitent la curiosité des badauds et le ralentissement des automobilistes, les zones de brouillard, etc.

Voilà, ces facteurs aggravants pouvant être plus ou moins anticipés par la gendarmerie afin d’éviter le pire… Et même en faisant cela on voit très bien que certains événement/accidents ne peuvent pas être évités, ce que les gens vont d’ailleurs retenir à tort, pensant que les autorités ne font pas ce qu’il faut alors qu’au contraire ce serait bien pire si elles ne faisaient rien…

Sauf qu’au niveau des océans c’est bel et bien de l’ordre de l’impossible avec les moyens actuels sans une lecture dite en temps réel à la granularité beaucoup plus fine. Là le souci n’est d’ailleurs pas algorithmique par contre : ce sont nos capacités 1) de stockage des données de mesure, et 2) de traitement en temps réel, qui nous font défaut… Un océan multi-directionnel étant bien plus sophistiqué qu’une autoroute unidirectionnelle…

Voilà pourquoi on n’arrête pas un soliton…

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