Archives de catégorie : Arts

Elvis Presley (1935 – 1977)

Dans notre série « Les grands absents », le croiriez-vous : Elvis « The Pelvis », manque encore à l’appel ! Notre liste de chansons dégouline de Léo Ferré (mes contributions, plus les vôtres). On y trouve également des gens aussi obscurs que… bon, je ne veux vexer personne, mais la voix d’or, le phéromone incarné, manque encore dans nos pages. Réparons donc sans tarder cette criante injustice !

Bien sûr, les dernières années du junkie déliquescent et obèse sont obscènes, j’éprouve cependant un immense respect pour la revendication de plus en plus affirmée de son identité amérindienne qu’il exprime alors dans ses costumes de scène.

Alors, un Elvis des débuts : la mauvaise graine de Jailhouse Rock (1956), suivi d’une reprise tardive d’un des premiers succès : All Shook Up (1970), quelques années avant la déchéance finale.

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Dop Bles (1883 – 1940)

Seul
Deux arbres nus
Au milieu du vert verger
Chauve solitude

Ceci est un haiku de Herman Van Rompuy, le nouveau premier ministre belge.

Ce haiku a été traduit du néerlandais par mes soins. C’est court, donc ce n’a pas été très compliqué. Vous avez dû voir que j’aime bien traduire des poèmes, des chansons, en général de l’anglais en français. Je suis fasciné par la distance qui existe entre une bonne traduction et une traduction littérale. Ma traduction préférée, la traduction « fidèle », c’est bien sûr celle où rien n’a été traduit littéralement, alors seulement l’esprit des deux langues a été entièrement respecté.

Un de mes grands-oncles, Adolf « Dop » Bles, était poète et dramaturge, mais aussi traducteur, il traduisait de la poésie française en hollandais. Il a ainsi traduit Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Son premier succès littéraire, à 22 ans, fut le faux journal d’une jeune fille : Mijn dagboek par Ina de Wilde. Son meilleur ami était le peintre Mondrian, dont sa fille, Lily Bles, fut la compagne.

Il est mort en janvier 1940. Aurait-il vécu plus longtemps, je ne l’aurais pas connu de toute manière : ses frère et sœurs sont morts dans des camps.

J’aime bien penser que j’ai hérité d’un peu de son talent mais on dit de moi dans la famille que je suis le portrait craché, tempérament et tout, de son frère Martinus, un… colonel de l’armée hollandaise. Enfer et damnation !

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Bâtir les villes à la campagne

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Hier soir nous regardions Nashville (1975) de Robert Altman. Nous sommes au cœur d’une rétrospective Altman : McCabe and Mrs. Miller (1971), The Player (1992), Short Cuts (1993) A Prairie Home Companion (2006). Altman est mort en novembre 2006, trois mois avant que ne débute mon blog, sans quoi vous auriez certainement eu droit à l’un de mes petits portraits chaleureux – mais ne désespérez pas.

Vous avez déjà dû noter que je porte sur l’Amérique le même regard à la fois amusé en inquiet qu’Altman. Quand je parle du style Country & Western, par exemple, ou de Santa Monica. Quand j’avais vingt ans, j’ai été finaliste pour l’obtention d’une bourse d’études prestigieuse pour les États–Unis. L’épreuve décisive était une entretien avec quelqu’un du Centre Culturel américain. Cette dame m’a demandé de caractériser les États–Unis à mes yeux en un mot, et j’ai répondu « Violence ! » Crochet : je me suis effectivement rendu aux States, mais ce fut treize années plus tard et par mes propres moyens.

Vous connaissez peut–être ma thèse relative aux États–Unis et à la ruralité : qu’ils sont parvenus à maintenir – même au sein d’un environnement hyper-urbanisé – les valeurs, l’ habitus, des communautés rurales [1]. La Californie côtière ce n’est pas l’Amérique profonde mais il suffit de plonger de cinquante kilomètres dans les terres pour trouver celle-ci : le paysan craignant Dieu avec sa fourche, sa pipe de maïs, et son tromblon à la gâchette facile pour défendre son carré de betteraves. Je ne plaisante pas : quand on va de Los Angeles à San Francisco en empruntant la route 101, on passe par un patelin appelé Betteravia.

Enfant, j’ai connu les petites communautés rurales sous leur aspect idyllique : la fermette de mes parents en Hesbaye, ensuite, adulte, dans leur réalité : la proximité trop grande des voisins – même éloignés, les jalousies, dans certains pays les accusations de sorcellerie, et dans d’autres les incendies volontaires et les vendettas. Les petites communautés rurales sont rarement aimables et pour les rendre aimables, il faudrait sans doute, comme l’espérait Alphonse Allais, bâtir les villes à la campagne : inventer des communautés rurales à l’habitus urbain. Et c’est là l’une de mes préventions contre la décroissance : je n’attends pas le retour des petites communautés rurales avec impatience : elles sont trop dures à ceux qui les habitent.

La fin chaotique du Nashville d’Altman : la chanteuse ratée que personne n’a voulu entendre durant les deux heures du film se voit tendre un micro alors que sur la scène, la vedette vient elle d’être assassinée, et c’est son heure de gloire : « That’s America, baby ! »

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Juliette Gréco

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Une petite histoire, qui m’a été racontée par Jean Pouillon. Sartre est assis aux Deux Magots ou au Flore et il dit à ces jeunes gens qui viennent de fonder avec lui Les Temps Modernes : « J’aimerais bien écrire des chansons : ce sont des choses que les gens retiennent. Mais qui les chanterait ? » Quelqu’un dit : « Je sais qui ! » Quelques jours plus tard, la jeune femme à qui il pensait est présentée à Sartre : toute en noir, avec une chienne et de longs cheveux noirs raides, toute « gothique » comme on dirait aujourd’hui. Il lui pose poliment quelques questions. Puis, à tout hasard : « Vous chantez ? », à quoi elle répond « Non ! ». Sur quoi Jean-Sol Partre se tourne interloqué vers le « contact » qui ne se démonte pas pour autant, il hoche la tête pour bien lui signifier : « Non, non, ne vous inquiétez pas ! » Et il avait raison, puisqu’il s’agissait de Juliette Gréco.

Je l’ai vue et entendue à l’Ancienne Belgique, vers 1952-54. J’ai expliqué ma terreur à l’écoute d’Edith Piaf chantant « Bravo pour le clown ! » et ce dont je me souviens pour Juliette Gréco, ce sont deux choses : d’abord ce toute en noir que je trouvais très chic, et puis, une chanson qui commençait par « Une fourmi de dix-huit mètres, Avec un chapeau sur la tête… » (Robert Desnos). Elle ajoutait bien : « Ça n’existe pas ! » mais je ne suis toujours pas entièrement rassuré.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Bettie Page (1923 – 2008)

C’est un blog respectable ici Monsieur ! Nous ne saurions donc évoquer la mort aujourd’hui à Los Angeles de Bettie Page, si ce n’est par le biais du film The Notorious Bettie Page (2005) de Mary Harron avec Gretchen Mol dans le rôle de celle qui immortalisa le personnage de la pin-up… ou du tableau d’Andy Warhol reproduit ici.

(Je ne suis pas arrivé à déterminer s’il s’agit d’un vrai tableau de Warhol ou d’une affiche « à la manière de… »).

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Woodrow Wilson « Woody » Guthrie (1912 – 1967)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

On reparle beaucoup des années trente, de la Dépression, de Franklin D. Roosevelt et du New Deal. Profitons-en pour remettre à l’honneur le champion de la « protest song » des années noires.

D’abord un très bel hommage de Bruce Springsteen. Il chante en particulier le premier des deux couplets généralement expurgés de cette chanson que vous connaissez tous : « This Land Is Your Land ».

In the squares of the city, In the shadow of a steeple;
By the relief office, I’d seen my people.
As they stood there hungry, I stood there asking,
Is this land made for you and me?

As I went walking, I saw a sign there,
And on the sign there, It said « no trespassing. » [ou « Private Property »]
But on the other side, it didn’t say nothing!
That side was made for you and me.

Sur les places des grandes villes, A l’ombre d’un clocher,
A la soupe populaire, J’ai vu mon peuple.
Il était là affamé, Et je me demandais,
Ce pays est-il vraiment fait pour toi et pour moi ?

Comme je me promenais, J’ai vu un signe,
Et sur ce signe, Ça disait « passage interdit » [ou « propriété privée »]
Mais de l’autre côté, Ça ne disait rien !
Ce côté-là était fait pour toi et pour moi.

Ensuite – que du beau monde ! – « Plane Wreck at Los Gatos (Deportee) », paroles de Woody Guthrie, musique de Martin Hoffman.

En 1948, un « charter » de Mexicains déportés s’écrasa à Los Gatos Canyon en Californie. Guthrie s’indigne en particulier dans le refrain que la presse ait rapporté les noms des membres américains de l’équipage mais pas ceux des 28 journaliers mexicains, qui finirent tous à la fosse commune :

Adieu mon Juan, adieu, Rosalita,
Adios mis amigos, Jesus y Maria,
Vous n’aurez pas droit à vos noms à bord du gros avion,
Le seul nom qui vous sera donné sera : « déportés »

Emmylou Harris et Arlo Guthrie

[PJ 12/2013 : j’avais mis ici une version live avec Bob Dylan et Joan Baez, ils ont disparu. À leur place, autre chose – de non moins émouvant]

Continuer la lecture de Woodrow Wilson « Woody » Guthrie (1912 – 1967)

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La Marseillaise de Jean Renoir (1938)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il y a quelques jours nous avons regardé La Marseillaise de Jean Renoir. Je ne l’avais jamais vu. C’est un film magnifique et chaleureux, tourné en 1937. On voit le nom de la CGT au générique, ce qui n’est pas si courant, et Wikipedia nous apprend que « Le film est financé en partie par une souscription publique de la CGT dont le prix plancher était fixé 2 francs par personne, tarif d’une place de cinéma à l’époque. Les souscripteurs préachetaient de cette façon leur place pour la projection du film ».

L’histoire, c’est l’aventure de ces volontaires marseillais en route pour Valmy où ils battront les envahisseurs prussiens et autrichiens, et participant lors de leur séjour à Paris à l’assaut du Palais des Tuileries. Ce qui m’en fait parler aujourd’hui, c’est l’atmosphère extrêmement bien rendue de tension entre factions dans le Paris de l’été 1792. Tensions dans les cafés entre militaires des deux bords, rixes et duels éclatant comme feux de paille, manifestants et « piquets » s’invectivant des deux côtés du Boulevard, qui au nom du Roi qui à celui de la Nation.

Ce qui s’évanouit dans ces fins de règne, ce sont les modérés : les esprits s’échauffent, on s’énerve : on est pour ou on est contre. Certains affirment que la situation est grave : du « jamais vu », d’autres qu’elle est banale : la routine. On dit soit que la crise est catastrophique, soit qu’on est simplement dans « la phase basse du cycle ».

Train-train, ronron, « business as usual », « alternances dans une évolution naturelle dont il s’agit désormais de lisser les transitions », de tels propos sont modérés dans leur ton et dans ce qu’ils évoquent. Mais ne nous y trompons pas : ils reviennent à crier « Vive le Roi ! ».

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Un des plus grands bluesmen

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Dans notre série « les grands oubliés jusqu’ici » et pour succéder à Peggy Lee : Robert Zimmerman, un des plus grands bluesmen de tous les temps. On dit en Amérique que chacun se souvient où il était quand il a appris la mort de Kennedy. Je m’en souviens mais je me souviens aussi de la première fois que j’ai entendu Bob Dylan à la radio.

Ses véritables débuts datent de 1961 à New York. Un critique du New York Times, Robert Shelton, écrivait alors « Mr. Dylan est vague quant à ses antécédents ou son lieu de naissance, mais là où il fut importe moins qu’où il ira, et il semble que ce soit le sommet ». Je vous ai choisi deux petites choses du début, de 1963. Enjoy !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Peggy Lee (1920 – 2002)

Je jette un coup d’œil à la liste des chansons qui sont maintenant sur le blog et il y a de grands vides, je veux dire des chansons et des chanteurs et chanteuses qui sont parmi mes préférés et qui manquent à l’appel. Je vais essayer de combler les vides petit à petit.

Pour les chanteuses américaines des années 1950, il y a déjà eu Jo Stafford, Patti Page et – incidemment – Ella Fitzgerald. Il manque bien sûr, au tout premier rang, Peggy Lee.

Je n’ai pas trouvé de version de Fever qui me convainque mais ceci n’est pas mal non plus, avec Benny Goodman à la clarinette. Et puis cela me donne l’occasion de faire un clin d’œil aux petits et aux grands enfants.

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Casamance : Des coquillages dans le béton

Sur un sujet qui m’est cher, mon invité d’aujourd’hui : Laurent Piolanti, ses photos vous sont familières, elles parlent de la condition humaine et en disent long sur les progrès qui nous restent à faire pour émerger enfin de la préhistoire.

La Casamance a gardé son naturel mélancolique bercé par le grand fleuve et l’abondance d’une nature encore préservée. Les Diolas et les autres ethnies animistes, Mandjacs, Mancagnes, premiers occupants de la région cohabitent avec les Wolofs majoritairement musulmans venus du nord.

Et puis vient la guerre avec son cortège de misères et de souffrances. Des hôtels vides et des touristes en fuite … une région enclavée, minée, presque oubliée de tous… et la catastrophe du « Joola » qui l’endeuille irrémédiablement et l’isole encore plus du nord du pays.

Puis le calme revient, les « rebelles » les plus va-t-en guerre se fatiguent. La paix donne la force d’y croire à nouveau et se transforme peu à peu en un véritable fond de commerce avec ses dérives : villages réhabilités qui n’existent pas, promesses politiques sans lendemain …

Bientôt s’organisent de véritables expéditions de pirogues bondées qui essayent désespérément de rejoindre les Canaries et l’Europe. Les prétendants au départ affluent de toute la sous-région. Les Diolas moins crédules et bon marin observent cette catastrophe et tentent de dissuader leurs enfants d’y participer. Seuls les plus chanceux arriveront à destination, les autres font naufrage prés des côtes ou sont recueillis sur les routes de navigation internationales. Pour nombre d’entre eux, le miroir aux alouettes de nos sociétés riches n’apportera que la mort. Mais qui n’a pas le droit de tenter sa chance ?

Le maillage ethnique complexe caractéristique de cette région enclavée fait perdre ses repères au plus stable d’entre nous. Fruit d’une longue maturation et entachée de fractures historiques et sanglantes, notre modèle démocratique ne se décrète pas, il doit se construire avec les spécificités, la culture et les traditions locales. Bien sur, l’échelle des besoins n’est pas comparable entre cette région en devenir et l’opulence de notre société de consommation. Deux mondes si différents avec ses liens de solidarités qui nous rassemblent et tant d’incompréhensions qui nous rassurent sur nos différences.

Il y a encore peu de temps la monnaie n’était que coquillages. Aujourd’hui le riz rose des Diolas qu’ils conservent précieusement dans les greniers, s’apparente à nos lingots d’or placés dans les banques. Mais ce riz, symbole de la richesse du village ne peut être vendu. Bien caché, même les coordinateurs du World Food Program ne peuvent l’évaluer pour en tirer des statistiques …

Et puis il y a la dette, le troc et les échanges qui régissent la vie de tous les jours. Les échanges de dettes sont d’ailleurs premiers au troc. L’argent quant à lui prend une toute autre signification puisque l’on ne se pose pas la question de savoir de quoi demain sera fait. L’idée même d’accumuler en prévision des jours difficiles, ne se pratique pas, ne s’imagine pas et dérange les croyances. Vivre comme le toubab, le blanc, c’est se faire rejeter de la communauté, être mis à l’écart et voir sa maison vidée des nombreuses visites qui rythme la journée.

Pourtant l’argent est là et bien la. En petite quantité certes, mais sa vitesse de circulation peut donner l’illusion qu’il en existe plus. Le constat est simple : puisque l’argent manque faisons le circuler rapidement pour que chacun le touche et le possède même 5 minutes dans une journée.

« Toubab denew nit », c’est-à-dire « le blanc n’est pas humain » reste l’expression positive consacrée pour représenter notre ingéniosité, notre savoir faire et notre développement, mais également notre non humanité. La crise économique que subissent les pays riches a déjà des conséquences en Casamance et au delà dans toute l’Afrique. Une chose est sûre toutefois, l’idée que les grands acteurs de l’économie mondiale s’appauvrissent et seraient au bord du gouffre est un fait totalement nouveau et incompréhensible pour l’Africain. Il ne la comprend pas et ne peut y croire. Comprendre c’est « se mettre à la place de », mais de qui, de quoi, comment comprendre que nous, pays riches, en soyons arrivés là ? Notre non-humanité aurait elle pris le dessus ?

L’occident tente d’apporter ses remèdes à une situation explicable, compréhensible. Certes, le comportement des acteurs économiques s’explique. Les intérêts seraient-ils devenus trop contradictoires entre les différentes logiques d’enrichissement et la valeur réelle du travail ?

Une seule certitude demeure aujourd’hui, « quand le riche maigrit, le pauvre meurt » (proverbe Africain) et la probabilité pour que l’Afrique se retrouve seule face à ses problèmes existe bel et bien. L’action du FMI et de la Banque Mondiale, souvent décriée à tort ou à raison, risque de se focaliser sur nos économies agonisantes. Le règne du « chacun pour soi » n’est pas forcement un handicap pour l’Afrique, peut être l’occasion de déterminer son propre destin en cohérence avec ses valeurs, même si cela se fera sans doute dans la douleur. Mais les atouts existent pour ce continent : richesses, générations jeunes en devenir, optimisme à tout épreuve et conscience bien réelle de notre condition d’être humain que l’on se doit de supporter et si possible, dans la joie.

LEGENDES PHOTOS

Casamance_1 : pirogue « Wonderful Jesus » / juin 2008
Village de Diogué à l’embouchure du fleuve Casamance. Vestiges du premier comptoir français et de son phare face à l’île de Carabane. Centre de pêche multi-ethnique, c’est aussi un point de départ pour les pirogues qui tentent de rejoindre les Canaries et l’Europe.

Casamance_2 : Travail des femmes / octobre 2007
Les femmes de Kafountine travaillent le Como. Ce poisson fumé sera expédié dans toute la sous-région. Utiliser en poudre, il apportera le complément en protéines indispensable pour les peuples qui n’ont pas accès à la mer.

Casamance_3 : inspection des impôts / mai 2008
Les bâtiments administratifs et les édifices coloniaux de Ziguinchor (capitale de la basse Casamance), ont conservé leur charme mélancolique, vestige d’une autre époque.

Casamance_4 : « les nécessiteux » / octobre 2007
En période du Ramadan il est de tradition d’aider les nécessiteux et les handicapés qui se pressent devant les demeures des plus riches pour attendre la distributions de sucre, d’huile et parfois même d’un peu d’argent.

Casamance_5 : Ecole coranique / avril 2008
Les confréries musulmanes, Mourides, Tidjane et Laye envoient les enfants suivrent l’étude du Coran. Cet apprentissage inclut une période plus ou moins longue ou les petits « talibés » seront confrontés à la quête et devront apporter le maigre résultat de leurs journée (quelques morceaux de sucre, un peu de farine, etc. …) à leur marabout.

Casamance_6 : Récolte du riz / septembre 2007
La récolte du riz dans le village animiste d’Itou est un évènement festif. Seules les femmes y participent en chantant. Ce riz rose d’une qualité nutritive sans équivalent ne sera jamais vendu.

Casamance_7 : Enfants des rues / mai 2008
La puissance joyeuse et conquérante des enfants des rues de Ziguinchor est une source d’espoir infinie pour l’avenir de la région.

Copyright : Laurent Piolanti – Tous droits réservés

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