ON THE ROAD

« Sur la route » de Walter Salles sort au cinéma aujourd’hui. Il faudra aller voir ça, lui qui a déjà fait de très belles choses sur une vieille dégueulasse qui se laisse rattraper par la philia parce qu’il y a un gosse qui se fera sinon dépiauter, et sur M. Ernesto Guevara.

Je ne prétendrai pas avoir lu « On the Road » à l’époque où il a été publié – je ne suis pas si vieux que ça – mais quand même dans les dix ans qui ont suivi. Il y a des bouts qu’au fil des années j’ai dû lire vingt fois et d’autres pas du tout – ça dépend du genre de défonce de ces morveux.

Et quand je suis allé vivre à San Francisco, parce que Kerouac hante les rues de la cité en pente, j’ai tout lu ou relu, dans le désordre, jusqu’à ses textes les plus bizarres, comme « Pic » en créole, ses haikus, ses notes sur le bouddhisme. Et là encore, des choses qui m’accrochent et que je peux relire sans me lasser, comme les premières pages de « Desolation Angels », qui sentent bon leur madeleine : « Those afternoons, those lazy afternoons, when I used to sit, or lie down, on Desolation Peak, sometimes on the alpine grass, hundreds of miles of snowcovered rock all around, looming Mount Hozomeen on my north, vast snowy Jack to the south, the encharmed picture of the lake below to the west and the snowy hump of Mt. Baker beyond, and to the east the rilled and ridged monstrosities humping to the Cascade Ridge, and after that first time suddenly realizing “It’s me that’s changed and done all this and come and gone and complained and hurt and joyed and yelled, not the Void,” and so that every time I thought of the void I’d be looking at Mt. Hozomeen (because chair and bed and meadowgrass pointed north) until I realized “Hozomeen is the Void—at least Hozomeen means the void to my eyes”— » et ça continue encore comme ça sur quelques pages.

Alors je suis allé regarder ce que j’ai écrit sur Jack Kerouac au fil des années. C’était apparemment tout au début, quand j’habitais encore la Californie. Ça n’avait pas l’air de vous inspirer beaucoup : 4 commentaires pour 4 billets ; faut dire que vous n’étiez pas non plus très nombreux à le lire. Mais c’est encore tout là. Prêt à reprendre la route !

 

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50 réflexions sur « ON THE ROAD »

  1. Je me suis noyé la première fois dans ce livre en VO, il y a plus d’un an. Il y a des livres qui changent une vie, « On the road » en fait partie…

    Il est venu parfaitement séquencer « The old man and the sea » de Hemingway, lu il y a 8 ans.

    1. …Je prends note!

      Il y a des gens dont la vie change lorsqu’ils lisent un livre, il y a des livres qui changent la vie de certains lecteurs.

      Certains disent même qu’un bouquin leur a sauvé la vie, par exemple Les Carnets du sous-sol de Dostoievski – et Wim Wenders l’a dit de la musique rock.

      Mon adolescence s’est considérablement allégée quand j’ai su qu’un grand écrivain, André Gide, avait écrit « Familles, je vous hais »…

  2. Je l’ai lu Sur la route il n’y a pas si longtemps. Je l’avais abordé avec un a priori favorable mais je n’ai pas accroché du tout. J’ai trouvé le roman assez glauque en vérité. Un peu trop prosaïque pour moi cette façon d’envisager la liberté sans doute, pas assez de lyrisme, ou je n’ai pas su le saisir. Une vraie déception au final…

    1. @Nicks

      « Une vraie déception au final » : Devriez postuler à Télérama-culture, vous avez déjà le style !

      1. Vous auriez voulu que je le dise comment ? Je pensais que ce libre me séduirait, ce qui n’a pas été la cas. J’appelle ça une déception, à titre personnel.

      2. Pas possible mon pauvre Martin. J’vais vers mon demi-siècle, Martine est beaucoup trop jeune.

    2. @ Nicks Comme Québécois on devrait plus accrocher à ce film qui beurre large notre damné Kirouac, fils bien de chez nous…
      Deux-Montagnes Québec

      1. Hors sujet. Juste un besoin d’info sur le Québec.
        Est-il confirmé que les écoles ou universités anglophones
        ne sont pas en grève ou ne suivent pas la grève ?
        Si oui, comment interpréter cette césure ?
        Les infos ici sont indigentes, ou je n’ai pas trouvé.

    3. Merci pour ce papier.
      Malheureusement d’accord avec Nicks pour Sur la route, un peu trop de redondances à mon goût, mais ce livre m’a donné envie de lire John Steinbeck, et je suis un fan absolu de Tortilla Flat, un moment très fort d’une côte Ouest à jamais disparue.

      Pour rester dans la débine, je me permet de vous renvoyer aussi sur James Crumley, grand écrivain et figure majeure du Montana, lire le Le chien ivre. Violent et désespéré, de la grande littérature Américaine.

  3. Peut-être est-il temps de laisser tomber l’économie et se consacrer à autre chose.

    Voir l’émeraude en bleu révèle déjà à l’époque une vision très particulière :-)))

  4. On se lève tous pour STRELNIKOVLLANDE et son train blindé OUAAAAAAAHHHHHHH!!!!!!! DA-SPACIBA

  5. Pour le plaisir de lancer une polémique :

    à trop encenser cette époque, cette génération, ne fait-on pas œuvre de réaction ? Avoir 20 ans aujourd’hui et s’extasier pour les beatniks (même, vouloir être un beatnik), n’est-ce pas être réactionnaire ?

    Ce n’est pas l’œuvre de Kerouac qui est en question ici (ni même celle des beatniks) mais c’est cette façon de sous-entendre que cette époque (et en premier lieu ses aspirations) constitue un horizon indépassable.

    Dans les années 1960, est-ce qu’on incitait les jeunes à se pâmer devant les poilus de la première guerre mondiale ? Si c’est le cas, n’en souffraient-ils pas ? Dans les deux cas, on invite les jeunes gens à faire comme papa (ou grand-père)…

    J’en conviens que les années 2000 n’ont pas accouché de romans cultes et générationnels.

    1. @ l’albatros

      Sur la forme: tu devrais lire plus les grands écrivains pour arrêter d’utiliser des formules aussi atrocement laides et inutilement pédantes que « ne fait-on pas œuvre de réaction? », l’une de ces phrases qui moi me rendent impossible la lecture d’un texte (si je la trouve dans un livre que je feuillette dans une librairie, je le ferme immédiatement; si je la trouve dans un livre qui, par un hasard presque invraisemblable, m’appartient, je le jette à la poubelle).

      Sur le fond: rien à dire, c’est vraiment trop bête.

      1. Ouh la…. !

        Kerouac est culte, comme à peu près tout ce qui précède ou incarne cette période qui va en gros de 1954 à 1974, ces 20 ans qui ont vu le monde occidental plus évoluer sur le plan des moeurs que pendant 20 siècles auparavant ! Période révolue et qu’on est pas près de revoir à mon avis. Exceptionnelle en tout point (jazz, rock, pilule, émancipation des femmes, conquête de la Lune etc.), cette période fascine aujourd’hui comme d’autres périodes de l’Histoire ou on a pu sentir ou croire que tout ou presque était possible.

      2. Que ça soit culte, c’est un fait que je ne nie pas.

        Que cela soit une période révolue, je suis encore d’accord.

        Mais de cette constatation, découle ce que je disais en substance plus haut : il y a bien un risque réactionnaire.

        Que cette période dorée soit un bien commun, c’est tout ce que je souhaite. Mais j’ai plutôt l’impression que cette époque sert de chape de plomb pour mieux annihiler les désirs de transformation que les plus jeunes pourraient initier. Celui de briser la nature totalitaire de la société de consommation, par exemple. On dit aux plus jeunes : vous ne ferez jamais mieux que nous ! Dans un certain sens, on a fait perdre toute autonomie à la jeunesse. Les jeunes dans le monde occidental n’influent en rien sur les politiques gouvernementales et n’ont nullement les moyens de les renverser à ce stade. Pourtant, on sait que les grandes révolutions ont été l’œuvre de personnes qui avaient généralement entre 25 et 40 ans.

        Anecdote : ce matin, les médias se demandaient si les Québécois ne vivaient pas leur mai 68. Ça en dit long sur la régression que l’on veut faire subir à ces mouvements. Ce n’est pas l’histoire de mecs qui veulent pouvoir accéder aux dortoirs des filles qui est à l’origine du mouvement. Mais l’histoire de dirigeants politiques qui veulent augmenter les frais d’inscription à l’université, ce qui, à terme, pourrait exclure les personnes qui n’en ont pas les moyens de l’enseignement supérieur.

      1. Less than zero, déjà culte ? Mmmmm, bof. Déjà il date de 1985, et ensuite moi je le trouve à peu près aussi vide que la vie des personnages qu’il décrit… Un malin Bret Easton Ellis !

      2. @Renou

        On lit Ellis davantage pour le prestige social qu’il peut nous rapporter que pour ses qualités littéraires par exemple. Cette logique du gain symbolique, de la différenciation sociale caractérise notre société de consommation. Il n’est pas suffisamment radical pour marquer une rupture culturelle. C’est un bon écrivain, assez habile, qui compose avec son temps (c’est une grande qualité).

        Le livre qui a suscité le plus de polémique depuis le début des années 2000 a quatorze siècles et s’appelle Le Coran. Ce n’est pas tant le contenu qui effraie et qui est brandi par l’extrême-droite. Son contenu est très violent et rétrograde certes. Mais la Bible aussi. D’autres livres saints sont tout aussi violents. Mais ce qui fait le plus peur, c’est que des gens soient prêts à se suicider ou à tuer pour « honorer la parole du Coran ».

        Les souffrances du jeune Werther était décrié à son époque parce qu’il aurait poussé des jeunes garçons au suicide. Les filles s’habillaient comme Charlotte, les garçons comme Werther.

        Le roman qui marquera le grand chamboulement devra avoir sa charge de violence symbolique envers ce monde qui agonise.

        P.S : le livre d’Ellis qui s’est le plus rapproché de ce que j’ai décrit est sans conteste American Psycho.

      3. @Autrichon gris, culte je n’en sais rien et je m’en fous mais le vide et la monotonie dans lesquels évoluent les personnages, ce vide sidéral qui sidère leur vies, cette monotonie qui fait que tout est différent puisque tout est pareil, me fait juste penser à une « introduction » en bourse récente. Le nihilisme règne et Nietzsche n’y a rien pu. Je vais te faire marrer mais Bret easton Ellis est un moraliste de ce temps. Pas le seul c’est sûr…
        « moi je le trouve à peu près aussi vide que la vie des personnages qu’il décrit »
        et si la forme et le fond ne font qu’un, c’est quoi?… Hein?
        @L’albatros, « On lit Ellis davantage pour le prestige social qu’il peut nous rapporter »
        Un pseudo si Singulier pour dire ça…
        Et Houellebecq?… Pour briller dans les dîners en ville?…
        Si tu as de l’estomac procure-toi Jérome de Jean Pierre Martinet.

      4. Je me demande ce qu’on en dira dans 20 ans… Le temps passe, pas la qualité de l’esprit. Il est vain et probablement prétentieux d’imaginer une hierarchie des générations favorable aux plus vieux. Ils sont coupables du présent…

    2. J’en conviens que les années 2000 n’ont pas accouché de romans cultes et générationnels.

      Ya les SMS qui remplacent.

  6. De notre ami Jean-Louis, le « fervent catholique » et bouddhiste zen:

    Listening to birds using
    different voices,
    I lose my perspective of history.

    Écoutant les oiseaux utiliser
    différentes voix,
    je perds ma perspective de l’histoire.

    *

    How that butterfly’ll wake up
    when someone
    bongs that bell.

    Comme il va se réveiller ce papillon
    quand quelqu’un
    sonnera cette cloche.

    *

    The sound of silence
    is all the instruction
    you’ll get.

    Le son du silence
    est toute l’instruction
    que tu recevras.

    (Jack Kerouac. Haïkus)

    « Le train de Marseille s’arrête en gare, et une vieille femme vêtue de dentelle noire en descendit et elle laissa tomber un de ses gants en cuir; un Français élégant se précipita, ramassa le gant et le posa consciencieusement sur un poteau; je n’eus plus qu’à saisir le gant et courir après la vieille dame pour le lui donner. Je compris alors pourquoi c’était les Français qui avaient perfectionné la guillotine. »
    (Jack Kerouac. Grand voyage en Europe)

    Le manuscrit de « Sur la route » de Jack Kerouac exposé à Paris
    http://www.youtube.com/watch?v=Aiia9waVtPs

    Jack Kerouac parlant français (ou plutôt « canadien »)
    http://www.youtube.com/watch?v=-ShxmZUdQDo&feature=related

    Entretien avec Jack Kerouac, dans l’émission « le Sel de la semaine » (7 mars 1967).
    http://www.dailymotion.com/video/x2sp73_inoubliable-kerouac_travel?search_algo=1

    Reportage de Radio-Canada sur la Beat Generation (1964)
    http://www.youtube.com/watch?v=xrzbkopDBHY

    Jean-François Duval – Kerouac et la beat generation, une enquête
    http://www.dailymotion.com/video/xqzivi_jean-francois-duval-kerouac-et-la-beat-generation-une-enquete_news

  7. Je viens de passer deux semaines en Californie, début avril. J’y suis allé presque par hasard, une Belge vivant là-bas voulait une voiture ici pendant son séjour chez ses parents. En échange, elle prêtait sa maison et son auto à Davis, près de Sacramento.
    Comme on était en famille, avec trois grands ados, je n’ai pas fait le voyage que j’aurais fait seul avec ma compagne. Mais les amis et les souvenirs s’en mêlant, j’ai longé Oakland en pensant à Jack London, et Salinas en me souvenant de Steinbeck. L’ombre de ce dernier plane toujours sur Monterey et sa Rue de la Sardine, Cannery Row, qui est toujours, outre le titre d’un de ses livres, une rue face à la mer. Il y a des Cannery Street partout sur la côte, et bien sûr les conserveries ont disparu. C’est un de mes malaises de ce voyage, il n’y a quasi personne dans les champs, et je n’ai rien vu d’industriel, l’emploi est ailleurs et la richesse se produit autrement.

    Pour rien au monde, une fois sur place je n’aurais voulu rater Big Sur, qui est un sacré joli morceau de côte, avec la montagne toute proche de l’océan. J’ai eu les livres de Kerouac en mains, sur mes étagères, et un ami m’a offert Sur la route il y a un an, lors de mon départ à la retraite. J’ai un an de moins que vous, j’avais vingt en mai 1968, et je n’ai jamais rien lu de Kerouac. En revanche, j’ai lu plusieurs romans d’Henry Miller, qui après sa période française est venu s’installer dans une cabane à Big Sur, fuyant ce qu’il appelait, en 1939 déjà, le « cauchemar climatisé » des USA, quand ses livres faisaient encore scandale et que les droits d’auteur n’arrivaient qu’au compte-goutte. C’est seulement là, a-t-il écrit, qu’il a su être né de cette terre et d’un pays.

  8. J’ai dévoré kerouac une première fois a 26 ans en prison ( eh oui : ) mais rassurez vous j y etait trés bien… et une autre fois a 50 ans a l air libre pour sentir la difference…
    Enfin quand je dit libre ,c’est toi qui voit , hein !!

    il me fait un peut penser a un Henry Miller qui aurait été puritain…

  9. L e cher Jack était fort heureux après quelques escapades plus au moins  » herbeuse  » de trouver asile et refuge chez sa vieille Mère qui le chouchoutait ,un hobo confortable en quelque sorte,bon il aimait ausssi beaucoup son  » copain  » Neal Cassidy mais en dehors de  » Sur la route  » ,le reste est sympa mais pas forcément de même niveau,quant à l’autre copain Ginsberg ,sa poésie on aime ou on n’aime pas,et pourquoi pas Alex Trocchi ,il a fait les beaux jours d’Obelisk Press et de. son éditeur Girodias qui a aussi et c’est tout a son honneur ,édité « Lolita » du cher Nabokov.
    Haight Ashbury,tout une période ,une partie de l’Amérique ( K ) surement plus sympathique que celle au pouvoir à l’heure actuelle mais ne confondons pas peuple américain et ses ( hélas ) réprésentants.

    1. J’ai naïvement cherché l’esprit de Ginsberg à Haight Ashbury l’été dernier…. Long time ago, Ginsberg !

  10. La version originelle telle que l’ avait écrite kérouac est sortie il y a deux ans sous le titre « sur la route, rouleau original ». Je l’ ai lu en vf et c’ est un chef d’ oeuvre.

    Du coup j’ ai voulu lire la version éditée depuis cinquante ans pour comparer et ai abandonné au bout de quelques pages tant le style est lourdingue et vieillot en comparaison.
    Ma fille de quinze ans a quand même adoré cette version mais elle n’a pas lu l’ originelle.

  11. Il n’y a pas que le film de Walter Salles à voir:

    « David Cronenberg : « Relisez Marx ! »
    Son « Cosmopolis », d’après Don DeLillo, est le film-choc du 65e Festival de Cannes.

    – …ce que Marx démontre brillamment, c’est que le capitalisme est capable de tout réutiliser, de tout recycler, y compris la contestation. C’est pourquoi il s’est révélé jusqu’ici impossible à détrôner.
    -Votre film semble dire : Marx avait raison !
    -Mais oui, car sa compréhension du capitalisme était très fine. Dans Le capital, il lance des mises en garde que nous aurions bien fait d’écouter. Il faut relire Marx aujourd’hui, non pour trouver une solution politique – car le XXe siècle a prouvé que c’était une impasse -, mais pour analyser notre époque. »
    http://www.lepoint.fr/cinema/david-cronenberg-relisez-marx-24-05-2012-1464632_35.php

  12. Kerouac avait rencontré Xavier Grall dans un bar, lors de la recherche d’une partie de ses origines en Bretagne. Xavier Grall l’avait orienté vers un patelin où, disait-il, ils avaient tous une gueule d’épagneul comme lui (comme Kerouac). Je crois que c’est dans « Fête de nuit ». Quelqu’un saurait-il de quel patelin il s’agit?

    1. Huelgoat non ? La forêt, le chaos, la roche tremblante, le lac, la rivière d’argent et tout le tremblement. Son ancêtre immigré au Canada Urbain-François Le Bihan de Kervoac, fils de notaire royal au XVIIe/XVIIe, en venait en tout cas.

  13. Je n’ai aucune sympathie pour la génération beatnik qui a tant vanté l’individualisme, le refus du collectif, des règles. C’est aussi dans ces attitudes qu’on retrouve les maux d’aujourd’hui.
    Mais puisque je suis réactionnaire, à savoir que je pense que certains choses étaient mieux avant, j’affirme vouer mon admiration aux ouvriers, paysans, professeurs et ingénieurs à l’est de l’Europe qui à la même époque essayaient de construire une société meilleure , pas régie par l’enrichissement personnel. Quand bien même, je sais qu’il y avait aussi certains choses qui ne fonctionnaient pas. Mais ceux qui n’ont connaissance de ces expériences qu’au travers des récits sélectifs et déformés de la presse occidentale ne peuvent pas comprendre.

    1. Plutôt d’accord sur l’individualisme des beatniks, et les combats des ouvriers au même moment pour construire des coopératives etc..
      Mais aujourd’hui il n’existe presque plus aucune résistance face au rouleau compresseur de l’économie mondialisée financiarisée (au sens où les très grandes banques sont en sous main de toutes les entreprises et tentent d’écraser la fonction publique).
      Pour autant, si je me laisse réver, j’imagine bien un monde où tout le monde s’aime, et voyage en se laissant porter par le vent en fonction des envies, il suffit de mettre en place des cultures hydroponiques ou surement trouvera-t-on encore mieux pour tous nous nourrir.
      Les combats des ouvriers étaient interessants, mais avec les technologies actuelles on fait encore mieux de supprimer leur emploi (quand je pense aux fonderies en bretagne, au travail a la chaine…), mais il faut sortir du cadre pour que cela leur profite, sinon ça les tue à court terme of course

  14. Par association d’idée entre le simple et beau texte de Paul « Le sanctuaire » et une chanson  » On the road…again » de Canned heat : And my dear mother left me when I was quiet young . She said » Lord have mercy on my wicked son »

  15. Pour moi, la lecture dans une très mauvaise traduction, où le « shit » dont parle Kérouac à un moment est traduit par « la merde » (authentique), m’a incité à le lire en VO.
    Ce fut à cette époque (j’avais 17 ans) un éblouissement.

    Il va de soi que je n’irai pas voir le film…Les souvenirs, ça se respecte.

    1. je ne sais pas si  » merde  » pour « shit  » est une si mauvaise traduction ( sens figuré ,peut-être ? ) mais ,c’est probable vu l’époque le film pourrait être pire !!! ALORS ….

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