25 réflexions sur « CASSEROLES ! »

  1. Autres casseroles et clips:

    http://paper.li/ManifencoursQbc/1337959853#!media

    http://www.marianne2.fr/Quebec-les-etudiants-defendent-les-classes-moyennes_a219844.html

    JOIN US IN PLANNING FOR THE MEGA CASSEROLES DAY & NIGHT JUNE 22, IN SOLIDARITY WITH QUEBEC STUDENTS HOLDING A GIANT RALLY AND MARCH ON THAT DAY.

    Across Canada and worldwide / partout au Canada et dans le monde

    http://www.facebook.com/events/306990322722976/

    http://www.facebook.com/events/294704477288184/

    1. Il y a bien longtemps que je traîne des casseroles dans la vie,

      A vrai dire au rythme où vont les choses, rien ne pourra calmer bien longtemps les marchés,

  2. J’ai été un soir témoin d’une marche aux casseroles à Montréal et j’ai été ému.
    À ceux qui prétendent que les casseroleux ne savent pas pourquoi ils casserolent,
    je réponds qu’il ne s’agit que de l’écume sur une mer dont la masse est agitée d’une tempête à venir.

    Peut-être ne savent-ils pas, mais ils sentent…

    1. C’est vrai que derrière la beauté des images et le côté bon enfants de la déambulation, nous assistons peut être à un début d’organisation d’un CORPS social qui se met à activer ses structures. Pour l’instant c’est un mouvement de fond initié par ce Grand Coprs Social. Chacune de ses structures ne se rendant par encore compte qu’elles sont en train d’être activées.
      Peut être ne sentent elles pas cette force, mais elles se savent connectées…

    1. C’est drôle que tu dises ça, car c’est effectivement un Québécois d’origine chilienne qui a le premier tapé sur une casserole. Il a dit: « Moi, dans mon pays, quand on nous empêche de manifester, on tape sur des casseroles. » Ainsi, plusieurs l’on imiter et ça continue… Moi, je n’ai pas peur.
      Lucie Galibois

  3. C’est le charivari,vieille coutume en Nouvelle-France,ici ,restaurée:oublier le Chili…Quand nous n’étions vraiment pas contents nous sortions dans les rues et faisions le tintamarre pendant qu’en France les tétes roulaient…

  4. Le Québec est aujourd’hui divisé.

    D’un côté, les carrés rouges qui veulent défendre un accès libre aux études post-secondaires. Qui veulent plus de justice sociale, plus d’équité, moins de fraude, moins de corruption. Qui luttent pour retrouver une cohésion sociale déjà mise à mal par le néolibéralisme envahissant. Des carrés rouges qui se veulent pacifistes, mais qui ont été en plusieurs circonstances, infiltrés par des groupuscules anarchistes en quête de casses et de méfaits.

    De l’autre, des citoyens, qu’on dit être de la majorité silencieuse, exaspérés par le bruit des casseroles, par une grève qui s’éternise, par le vandalisme, par la violence de certaines manifestations. Des citoyens qui croient que cette jeunesse crie le ventre plein tel des enfants gâtés, des enfants-rois.

    Entre les deux, un gouvernement qui n’a manifesté aucun leadership dans la résolution du conflit. Un gouvernement qui a profité des manifestations pour réprimer violemment la critique. Un gouvernement qui, plutôt que de s’en prendre aux casseurs a fait passer une loi-matraque, mal ficelée, laissant place à toutes les interprétations par les forces policières et juridiques… laissant place à tous les abus de pouvoir sur des manifestants, dans la vaste majorité, pacifistes. Un gouvernement qui a polarisé le débat, qui a déchiré le Québec.

    Un gouvernement qui s’est traîné les pieds lorsqu’est venu le temps de combattre la corruption dans le milieu des garderies, de la construction et de la voirie. Un gouvernement qui a laissé se dégrader la foresterie, l’agriculture, la défense du français, l’éducation, l’intégration des immigrants, l’emploi, le traitement donné aux aînés dans les centres pour personnes retraitées…

    Un gouvernement qui n’a d’yeux que pour l’exploitation des richesses minières et pétrolières dans le Grand-Nord, dans la vallée du Saint-Laurent et sur l’île d’Anticosti. Un gouvernement dans la mouvance néo-libérale, qui peu à peu, démembre l’État providence pour en confier la gestion à l’entreprise privée. Un gouvernement qui exclut peu à peu, les plus pauvres et la classe moyenne de ses services sociaux, en en augmentant les frais d’accès. Un gouvernement qui allège le poids fiscal des grandes entreprises quand par ailleurs, il fait une dure lutte aux petites évasions des citoyens…

    Un gouvernement qui s’apprête à aller en élection et qui compte sur la division pour l’emporter et faire oublier ses erreurs et ses malversations. Un gouvernement qui joue la carte du « Vous êtes avec nous ou contre nous! », du « Si vous êtes contre nous, c’est que vous êtes du côté des casseurs, des anarchistes, des terroristes et des violents! »

    Jamais dans l’histoire du Québec n’avons-nous connu telle division manichéenne. Jamais dans l’histoire du Québec n’avons-nous connu tel déchirement… jusque dans les familles.

    1. Amsterdam, 18 juin 2012

      Chèr Jean-Claude,

      Immanuel Wallerstein, le 1 juin 2012: « La géographie de la protestation.. ».

      Probablement je pourrais vous consoler un petit peu (à moi aussi les casseroles me rappellent des mains coupées de Victor Jara dans l’horreur du stade de Santiago de Chile):

      Immanuel nous dit que les protestations (de longue durée) des étudiants au Chile d’il y a peu du temps ont précédees celles de leurs camarades au Canada.

      Bien à vous!

      Johan Leestemaker

      Commentary No. 330, June 1, 2012

      « The World Class Struggle: The Geography of Protest »

      When times are good, and the world-economy is expanding in terms of new surplus-value produced, the class struggle is muted. It never goes away, but as long as there is a low level of unemployment and the real incomes of the lower strata are going up, even if only in small amounts, social compromise is the order of the day.

      But when the world-economy stagnates and real unemployment expands considerably, it means that the overall pie is shrinking. The question then becomes who shall bear the burden of the shrinkage – within countries and between countries. The class struggle becomes acute and sooner or later leads to open conflict in the streets. This is what has been happening in the world-system since the 1970s, and most dramatically since 2007. Thus far, the very upper strata (the 1%) have been holding on to their share, indeed increasing it. This means necessarily that the share of the 99% has been going down.

      The struggle over allocations revolves primarily around two items in the global budget: taxes (how much, and who) and the safety net of the bulk of the population (expenditures on education, health, and lifetime income guarantees). There is no country in which this struggle has not been taking place. But it breaks out more violently in some countries than in others – because of their location in the world-economy, because of their internal demographics, because of their political history.

      An acute class struggle raises the question for everyone of how to handle it politically. The groups in power can repress popular unrest harshly, and many do. Or, if the unrest is too strong for their repressive mechanisms, they can try to co-opt the protestors by seeming to join them and limiting real change. Or they do both, trying repression first and co-option if that fails.

      The protestors also face a dilemma. The protestors always start as a relatively small courageous group. They need to persuade a much larger (and politically far more timid group) to join them, if they are to impress the groups in power. This is not easy but it can happen. It happened in Egypt at Tahrir Square in 2011. It happened in the Occupy movement in the United States and Canada. It happened in Greece in the last elections. It happened in Chile and the now long-lasting student strikes. And at the moment, it seems to be happening spectacularly in Quebec.

      But when it happens, then what? There are some protestors who wish to expand initial narrow demands into more far-reaching and fundamental demands to reconstruct the social order. And there are others, there are always others, who are ready to sit down with the groups in power and negotiate some compromise.

      When the groups in power repress, they quite often fan the flames of protest. But repression often works. When it doesn’t and groups in power compromise and co-opt, they often are able to pull the plug on the protestors. This is what seems to have happened in Egypt. The recent elections are leading to a second-round runoff between two candidates, neither of whom supported the revolution in Tahrir Square – one the last prime minister of the ousted president Hosni Mubarak, the other a leader of the Muslim Brotherhood whose primary objective is instituting the sharia in Egyptian law and not implementing the demands of the those who were in Tahrir Square. The result is a cruel choice for the about 50% who did not vote in the first round for either of the two with the largest plurality of votes. This unhappy situation resulted from the fact that the pro-Tahrir Square voters split their votes between two candidates of somewhat different backgrounds.

      How are we to think of all of this? There seems to be a rapidly and constantly shifting geography of protest. It pops up here and then is either repressed, co-opted, or exhausted. And as soon as that happens, it pops up somewhere else, where it may in turn be either repressed, co-opted, or exhausted. And then it pops up in a third place, as though worldwide it was irrepressible.

      It is indeed irrepressible for one simple reason. The world income squeeze is real, and not about to disappear. The structural crisis of the capitalist world-economy is making the standard solutions to economic downturns unworkable, no matter how much our pundits and politicians assure us that a new period of prosperity is on the horizon.

      We are living in a chaotic world situation. The fluctuations in everything are large and rapid. This applies as well to social protest. This is what we are seeing as the geography of protest constantly shifts. Tahrir Square in Cairo yesterday, unauthorized massive marches with pots and pans in Montreal today, somewhere else (probably somewhere surprising) tomorrow.

      by Immanuel Wallerstein

      [Copyright by Immanuel Wallerstein, distributed by Agence Global. For rights and permissions, including translations and posting to non-commercial sites, and contact: rights@agenceglobal.com, 1.336.686.9002 or 1.336.286.6606. Permission is granted to download, forward electronically, or e-mail to others, provided the essay remains intact and the copyright note is displayed. To contact author, write: immanuel.wallerstein@yale.edu.

    2. Cher Jean-Claude, oui votre lecture est juste, pertinente… Par contre il me semble que nous avons connu au Québec un semblable déchirement, une semblable division lors du référendum sur la souveraineté en 1995.

    3. Des carrés rouges qui se veulent pacifistes, mais qui ont été en plusieurs circonstances, infiltrés par des groupuscules anarchistes en quête de casses et de méfaits.

      Vous pouvez dire : « groupuscules » tout court. Il serait intéressant d’ailleurs de se pencher sur leur véritable identité.
      L’anarchiste est avant tout anti-autoritaire. La violence est la première, la plus primitive, des manifestations d’autorité. Un anarchiste, par définition, refuse la violence comme moyen d’action politique. Il la refuse non seulement venant de lui, ou d’elle, mais aussi de la part de l’Etat dont c’est le monopole. La puissance publique lui est opposable, où la démocratie directe permet la non-concentration de la force en pouvoir public.

      En général les « casseurs » sont des agents des Pouvoirs Publics de l’Etat infiltrés dans les mouvements sociaux pour les faire déraper. C’est le meilleur moyen pour diviser et mieux régner.
      Des moyens de s’en prémunir ont été trouvés. En les suivant et en les photographiant, via le net. Et en Grèce dernièrement, par des techniques d’évitement ordonnées via les mobiles (encore faut-il y intégrer du libre).

    4. Si, il y a eu un précédent à tout ça: dans les années 60, 70, il y avait beaucoup de familles divisées à cause de la religion et de la libération sexuelle. Mais, au final, on s’en est bien sorti. La révolution tranquille nous a permis d’identifier plusieurs valeurs communes, gratuite des soins de santé, de l’éducation, etc… On ne grandit qu’à coup de crise. C’est vrai partout. De mon côté, j’ai bien hâte que les gens se rendent compte partout dans le monde que l’argent ne fait pas le bonheur et que l’écologie doit colorer tous nos actes. C’est peut-être bruyant les casseroles, mais c’est aussi un non très clair aux profiteurs de tout acabit. You can fool some people sometimes, you can not fool all the people all the times. Et maintenant: ça ne pourra pas toujours ne pas arriver, nous entrerons là où nous sommes déjà! Gaston Miron et Bob Marley.

  5. Il est des artistes, des sons qui semblent restituer l’air du temps. Mieux que n’importe quel discours.

    A mon sens, ce Monsieur restitue l’ambiance actuelle, et cette chanson en est l’illustration parfaite.

    A écouter très fort…Woodkid, IRON.

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