Archives de catégorie : Indignés

Fissures dans le vieux monde ?, par Jacques Seignan

Ouvert aux commentaires.

Actuellement il y a de nombreuses révoltes urbaines partout dans le monde. Les médias européens sont évidemment centrés sur nos pays et Barcelone est au premier plan avec des images d’émeutes inimaginables (pas plus qu’à Paris en décembre dernier…).
Mais si l’on considère que rien n’est résolu ni en Algérie, ni à Hong Kong avec des mobilisations massives (qui tournent à la violence dans cette ville), il y a d’autres foyers dont on parle trop peu :
– En Guinée : à Conakry, 9 morts dans des manifestations contre Alpha Kondé (81 ans).
– En Équateur : à Quito où Lenin a dû céder après avoir fui sa capitale …
– au Chili : état d’urgence à Santiago (très sinistre souvenir) après le chaos à Santiago, hier
– au Liban : un 3e jour de manifestation, le centre-ville de Beyrouth comme un champ de bataille…
– en Irak : 100 morts à Bagdad après 6 jours d’émeute, la situation semble « calmée »…

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Le vent tourne, et cela nous donne la pêche

Fréquentation du Blog de Paul Jorion

Ce diagramme, c’est la fréquentation du blog au cours de la semaine écoulée.

Avant-hier 24, c’est ma vidéo « Pourquoi nous sommes en train de gagner ». Hier, le 25, c’est mon billet « La barbarie extrême-orientale ne connaît plus aucune limite ! », où je raille la presse occidentale, au bord de l’apoplexie depuis plusieurs semaines parce que la police de Hong-Kong utilise contre les manifestants… des gaz lacrymogènes, voire même – Ô indignité suprême ! – des canons à eau ! La paille et la poutre dans toute sa démesure. Certains s’en frottent les yeux – du moins celui qu’il leur reste.

Oui, nous sommes en train de gagner (l’un d’entre vous m’a communiqué tout à l’heure de nouvelles informations que je vous transmettrai), et cela nous donne la pêche. Nous aurions tort de dissimuler notre joie : pendant onze ans l’ultralibéralisme a fait semblant qu’il n’avait pas perdu, et le rapport de force lui permettait de perpétuer son bluff.

Cette époque touche à sa fin. Soyons bons princes, mais réjouissons-nous comme il se doit !

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La barbarie extrême-orientale ne connaît plus aucune limite !

Depuis plusieurs semaines la presse occidentale nous tient au courant chaque fois que la police de Hong Kong recourt, contre les manifestants, à (gaspation !) des… gaz lacrymogènes !

Vous pouvez d’ailleurs voir en ce moment-même en une du Monde en ligne :

A Hongkong, la police fait usage de canons à eau contre des manifestants

Pour la première fois depuis le début de la mobilisation pro-démocratie en juin, les policiers ont eu recours à cette technique de dispersion lors d’échauffourées.

Des … (re-gaspation !) canons à eau, contre les amis de la démocratie ! Décidément la barbarie extrême-orientale ne connaît aucune limite !

C’est en lisant ce genre de nouvelles que nous, en Occident, où l’on n’a heureusement jamais enregistré un.e manifestant.e rentrant chez lui.elle avec ne serait-ce qu’une entorse, réalisons notre bonheur de vivre dans cette démocratie pour laquelle se battent vaillamment les manifestant.e.s hong-kongais.e.s !

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Ma génération, et ce qu’elle peut encore faire, le 17 août 2019 – Retranscription

Retranscription de Ma génération, et ce qu’elle peut encore faire, le 17 août 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le samedi 17 août 2019.

Quand j’étais gosse, il y avait des anciens combattants. C’étaient des gens, souvent, qui avaient une béquille parce qu’il leur manquait une jambe. Ils étaient dans des chaises roulantes. Ils avaient le visage plus ou moins abimé. Parfois, ils portaient leurs médailles, pour qu’on se souvienne. C’étaient les anciens combattants de la guerre de 1914. Les autres, les anciens combattants de la guerre de 1940, c’étaient nos parents : ceux qui nous poussaient dans nos poussettes.

Ils avaient accompli quelque chose. Ce n’était pas brillant. Ceux qu’on voyait avaient survécu. Ceux qui étaient là, ils s’étaient bien battus, la preuve. Est-ce que ça valait vraiment la peine ? Est-ce que c’était simplement une tentative de l’espèce de réduire le nombre de jeunes mâles par des moyens détournés ? C’est bien possible. Parce que plus personne ne sait exactement de quoi il s’agissait dans cette guerre de 1914 : quels étaient les véritables enjeux.

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« La guerre civile numérique » – Triste huitième anniversaire

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Il y a huit ans je publiais La guerre civile numérique, un livre consacré à l’affaire WikiLeaks et ses initiateurs, Assange et Manning. Comme dans La crise du capitalisme américain paru quatre ans plus tôt, j’annonçais des changements à venir. Sur ce plan là aussi rien ne s’est arrangé depuis. Parlons-en.

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« Que faire ? Que faire ? », le 5 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Que faire ? Que faire ? », le 5 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 5 mai 2019 et mon exposé d’aujourd’hui s’intitulera « Que faire ? Que faire ? ».

Vous l’avez vu – je commence par là – les listes pour le Parlement européen ont été déposées et sur aucune de ces listes, vous ne trouverez mon nom. Alors, la tentation de la nature humaine, c’est de dire : « Eh bien finalement, je n’ai pas vraiment essayé ! » mais là, vous me diriez : « Non, non, M. Jorion, vous avez essayé et vous avez consacré beaucoup d’énergie au cours des mois derniers à essayer de vous trouver sur une de ces listes et vous  n’avez pas réussi ! » et je vous dirai : « Monsieur ou Madame, vous avez parfaitement raison : je me suis donné beaucoup de mal ! ». J’ai essayé d’avoir un débat public avec M. Hamon dont vous vous souvenez peut-être, qui a été décommandé à la dernière minute – pas par moi. J’ai eu l’occasion de passer une soirée à discuter avec M. Hamon. J’ai eu l’occasion de plusieurs conversations assez longues avec M. Olivier Faure. J’ai eu M. Paul Magnette au téléphone, M. Di Rupo aussi et vous m’avez vu me joindre au mouvement Place Publique qui s’est créé en France. J’ai participé à l’échelon local, dans le Morbihan où j’habite. J’ai participé même à une réunion – je suis revenu spécialement un jour où j’étais à Bruxelles – pour participer à une réunion à Lille aux côtés de Claire Nouvian. Des amis à moi ont lancé une pétition que vous avez été nombreux, dans le cadre en question, à signer, appelant le Parti socialiste et Place Publique à me mettre en position utile sur leur liste.

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Piqûre de rappel : Les nervures de l’avenir, le 2 mars 2010

Ayant lu l’actualité d’aujourd’hui, j’entreprends d’écrire un billet, quand, au bout de deux phrases, je me dis que ce billet, je l’ai déjà écrit. Me mettant à sa recherche, je le retrouve en effet. Il date de près de dix ans. C’est dire si l’on avance ! Il y avait eu à l’époque, 128 commentaires. Premier post : Le capitalisme (I) – Les nervures de l’avenir. Ouvert aux commentaires.

Dans « La raison dans l’histoire » (1837), un ouvrage posthume composé à partir de notes de cours, Hegel observe que « … ce que l’histoire et l’expérience nous enseigne, c’est que ni les peuples ni les gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire, et encore moins agi selon ses leçons ». C’est vrai : s’il en avait été autrement, aucune civilisation ayant gardé le souvenir de celles qui l’ont précédée ne serait jamais morte.

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Que faire ? Que faire ?

Elections européennes
Extinction du genre humain

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Manifestation du 1er mai à Paris : témoignage et commentaire, par Erx

Ouvert aux commentaires.

Attention, âmes sensibles s’abstenir :

Ce qui confirme, s’il en était besoin, que nous sommes dans l’inhabituel …!

Voici un petit témoignage et commentaire par rapport à la manifestation du 1er mai dernier à Paris. Et d’abord une première remarque sur la différence « d’ambiance » entre cette manifestation et celles qui ont eu lieu les deux dernières années par exemple, où par contraste, celles-ci étaient en général très bon enfant. La composition des manifestants m’a semblé beaucoup plus diversifiée, plus jeune aussi, moins centrée sur les syndicats. La tension m’a parue très palpable, et dès le départ à Montparnasse, j’avais senti que cela pouvait vite dégénérer.

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« Sommes-nous dans le très inhabituel ? »

Hier j’étais à Paris, j’ai signé 150 exemplaires de « Mes vacances à Morro Bay », à envoyer à des journalistes, tâche épuisante mais signe de confiance très appréciable de la part de l’éditeur.

J’avais invité quelqu’un à déjeuner. Nous avons mangé dans le quartier, au boulevard Montparnasse (les bureaux de Fayard sont dans la rue du Montparnasse), on nous a placés à une table jouxtant la devanture. La vitre en avait été brisée la veille, et le trou avait été comblé par un montage assez astucieux de menus du restaurant. La dame expliquait que pendant que ça castagnait à quelques mètres, les clients s’étaient massés devant la vitrine, inconscients du danger. Les mammifères sont des animaux « scopiques » comme disent les savants. Cela nous intrigue quand il s’agit d’une biche ou d’un lapin dans les phares d’une auto, curieux de voir ce qui va se passer.

Dans le train du retour, j’ai rédigé un papier intitulé du titre que vous voyez en haut : « Sommes-nous dans le très inhabituel ? », revenant en particulier sur le pseudo-assaut de la Pitié-Salpêtrière. Je l’ai terminé tôt ce matin et l’ai envoyé à L’Écho en Belgique qui, jusqu’ici, a toujours publié ce que je lui envoie, et à un journal français – je ne dis pas lequel parce que j’aurais l’air de vouloir faire pression. Pour la première fois, j’ai voulu me prévaloir du fait d’être rattaché à un département d’éthique : j’ai signé « Paul Jorion, professeur associé au département d’Éthique de l’Université catholique de Lille », parce que le jour où l’on ne croira plus à rien, on continuera de croire à des symboles. On va bien voir.

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M. Juan Branco, un petit conseil…

M. Juan Branco, je suis avec beaucoup d’intérêt, et bien mieux que cela, avec beaucoup de sympathie, tout ce que vous dites et faites en ce moment. Et c’est pourquoi je me permets de vous adresser un petit conseil.

J’ai été très semblable à vous à votre âge – eh oui ! – et cela ne m’a pas valu que des amis, cela m’a valu même beaucoup d’ennemis qui ont fait de très belles carrières, au contraire de la mienne, et je bénéficie en ce moment du fait qu’ils étaient un peu plus âgés que moi et que la Grande faucheuse les fauche un peu avant moi. Mais tout ça n’a aucune importance car le bon dieu reconnaîtra toujours les siens (je plaisante, bien entendu), et ce n’est pas du tout de cela que je voudrais vous parler : je voudrais vous parler des Trolls, parce que de la manière dont vous vous y prenez avec eux, vous allez vous brûler les ailes. Quand il fait trop chaud à proximité de la lumière, il faut quitter les villes et prendre le maquis. Ou si l’on est un sous-marin, il faut se mettre en plongée le temps qu’il faut – ce qui peut être plusieurs années, voire quelques dizaines d’années (la patience est la sagesse des dissidents).

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La Voix du Nord : Grand entretien Paul Jorion, anthropologue : « Nous sommes dans une dynamique de chaos »

Ouvert aux commentaires. 80% de ce qui est écrit là a bien été dit par moi durant l’entretien. Dans les 20% il y a par exemple le fait que Jean-Jacques Rousseau a écrit dans Les confessions : « Enfin je me rappelai le pis-aller d’une grande princesse à qui l’on disait que les paysans n’avaient pas de pain, et qui répondit : ‘Qu’ils mangent de la brioche' », et qu’étant mort en 1778 il ne parlait pas de Marie-Antoinette en 1789. Etc. Critiqué par vous sur tel ou tel point, je me ferai un plaisir de vous dire s’il s’agit des 80% ou des 20%.

En marge du grand débat national, « La Voix du Nord » publie une série d’entretiens avec des experts et des témoins de tous horizons afin de nous éclairer sur les crises que traverse le pays. Aujourd’hui, rencontre avec Paul Jorion, anthropologue et psychanalyste.

Propos Recueillis Par Yannick Boucher | 05/03/2019

Paul Jorion est professeur associé à l’Université catholique de Lille. Photo Philippe Pauchet

Paul Jorion est professeur associé à l’Université catholique de Lille. Photo Philippe Pauchet – VDNPQR

– Vous avez été l’un des rares penseurs à avoir prévu l’effondrement de la planète financière aux États-Unis en 2008. Aviez-vous senti venir le mouvement des Gilets jaunes du 17 novembre ?

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Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (III) Les Gilets jaunes

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

GD : Alors, pour en revenir à la question du capitalisme, la question que je voulais poser à Paul c’est que, dans son ouvrage, on voit effectivement tous les problèmes qu’il y a aujourd’hui, mais je voulais lui demander la méthode surtout, la méthode pour en sortir, et là, je suis resté un petit peu sur ma faim. C’est pour ça que je voulais lui demander ce qu’il préconisait pour sortir du capitalisme.

PJ : Mais dans un certaine mesure, de manière très provocante, je peux dire que la méthode pour en sortir, elle est relativement indifférente puisque la rue va la trouver. Eh bien oui ! En 1789, il n’y a pas de solution toute faite. Si vous regardez les grands théoriciens, les Encyclopédistes, Rousseau, Voltaire, tous les gens qui ont bien réfléchi, ils ne nous l’ont pas donnée … Oui, Rousseau a écrit une proposition de Constitution pour la Corse, il a réfléchi sur le contrat social etc. mais il n’y a pas de solution toute faite. La Révolution française, ce n’est pas la mise en application de la théorie de X ou Y, de Voltaire, de Rousseau, de D’Holbach, de Diderot, etc. non.

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Paul Jorion pense tout haut aux 3 derniers jours

Intelligence Artificielle

Terrestres : Disruption d’un forum de robotique toulousain, le 16 janvier 2019
Ted Kaczynski « Unabomber »
Blog de PJ : Les lobbies et nous, Le 14 février 2019


Trump et sa muraille

Blog de PJ : Trump : Les cowboys et les Indiens, le 12 Janvier 2019


Le revenu universel et la gratuité

Les Gilets jaunes

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