Archives de catégorie : Indignés

« La guerre civile numérique » – Triste huitième anniversaire

Ouvert aux commentaires.

Il y a huit ans je publiais La guerre civile numérique, un livre consacré à l’affaire WikiLeaks et ses initiateurs, Assange et Manning. Comme dans La crise du capitalisme américain paru quatre ans plus tôt, j’annonçais des changements à venir. Sur ce plan là aussi rien ne s’est arrangé depuis. Parlons-en.

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« Que faire ? Que faire ? », le 5 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Que faire ? Que faire ? », le 5 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le dimanche 5 mai 2019 et mon exposé d’aujourd’hui s’intitulera « Que faire ? Que faire ? ».

Vous l’avez vu – je commence par là – les listes pour le Parlement européen ont été déposées et sur aucune de ces listes, vous ne trouverez mon nom. Alors, la tentation de la nature humaine, c’est de dire : « Eh bien finalement, je n’ai pas vraiment essayé ! » mais là, vous me diriez : « Non, non, M. Jorion, vous avez essayé et vous avez consacré beaucoup d’énergie au cours des mois derniers à essayer de vous trouver sur une de ces listes et vous  n’avez pas réussi ! » et je vous dirai : « Monsieur ou Madame, vous avez parfaitement raison : je me suis donné beaucoup de mal ! ». J’ai essayé d’avoir un débat public avec M. Hamon dont vous vous souvenez peut-être, qui a été décommandé à la dernière minute – pas par moi. J’ai eu l’occasion de passer une soirée à discuter avec M. Hamon. J’ai eu l’occasion de plusieurs conversations assez longues avec M. Olivier Faure. J’ai eu M. Paul Magnette au téléphone, M. Di Rupo aussi et vous m’avez vu me joindre au mouvement Place Publique qui s’est créé en France. J’ai participé à l’échelon local, dans le Morbihan où j’habite. J’ai participé même à une réunion – je suis revenu spécialement un jour où j’étais à Bruxelles – pour participer à une réunion à Lille aux côtés de Claire Nouvian. Des amis à moi ont lancé une pétition que vous avez été nombreux, dans le cadre en question, à signer, appelant le Parti socialiste et Place Publique à me mettre en position utile sur leur liste.

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Piqûre de rappel : Les nervures de l’avenir, le 2 mars 2010

Ayant lu l’actualité d’aujourd’hui, j’entreprends d’écrire un billet, quand, au bout de deux phrases, je me dis que ce billet, je l’ai déjà écrit. Me mettant à sa recherche, je le retrouve en effet. Il date de près de dix ans. C’est dire si l’on avance ! Il y avait eu à l’époque, 128 commentaires. Premier post : Le capitalisme (I) – Les nervures de l’avenir. Ouvert aux commentaires.

Dans « La raison dans l’histoire » (1837), un ouvrage posthume composé à partir de notes de cours, Hegel observe que « … ce que l’histoire et l’expérience nous enseigne, c’est que ni les peuples ni les gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire, et encore moins agi selon ses leçons ». C’est vrai : s’il en avait été autrement, aucune civilisation ayant gardé le souvenir de celles qui l’ont précédée ne serait jamais morte.

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Que faire ? Que faire ?

Elections européennes
Extinction du genre humain

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Manifestation du 1er mai à Paris : témoignage et commentaire, par Erx

Ouvert aux commentaires.

Attention, âmes sensibles s’abstenir :

Ce qui confirme, s’il en était besoin, que nous sommes dans l’inhabituel …!

Voici un petit témoignage et commentaire par rapport à la manifestation du 1er mai dernier à Paris. Et d’abord une première remarque sur la différence « d’ambiance » entre cette manifestation et celles qui ont eu lieu les deux dernières années par exemple, où par contraste, celles-ci étaient en général très bon enfant. La composition des manifestants m’a semblé beaucoup plus diversifiée, plus jeune aussi, moins centrée sur les syndicats. La tension m’a parue très palpable, et dès le départ à Montparnasse, j’avais senti que cela pouvait vite dégénérer.

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« Sommes-nous dans le très inhabituel ? »

Hier j’étais à Paris, j’ai signé 150 exemplaires de « Mes vacances à Morro Bay », à envoyer à des journalistes, tâche épuisante mais signe de confiance très appréciable de la part de l’éditeur.

J’avais invité quelqu’un à déjeuner. Nous avons mangé dans le quartier, au boulevard Montparnasse (les bureaux de Fayard sont dans la rue du Montparnasse), on nous a placés à une table jouxtant la devanture. La vitre en avait été brisée la veille, et le trou avait été comblé par un montage assez astucieux de menus du restaurant. La dame expliquait que pendant que ça castagnait à quelques mètres, les clients s’étaient massés devant la vitrine, inconscients du danger. Les mammifères sont des animaux « scopiques » comme disent les savants. Cela nous intrigue quand il s’agit d’une biche ou d’un lapin dans les phares d’une auto, curieux de voir ce qui va se passer.

Dans le train du retour, j’ai rédigé un papier intitulé du titre que vous voyez en haut : « Sommes-nous dans le très inhabituel ? », revenant en particulier sur le pseudo-assaut de la Pitié-Salpêtrière. Je l’ai terminé tôt ce matin et l’ai envoyé à L’Écho en Belgique qui, jusqu’ici, a toujours publié ce que je lui envoie, et à un journal français – je ne dis pas lequel parce que j’aurais l’air de vouloir faire pression. Pour la première fois, j’ai voulu me prévaloir du fait d’être rattaché à un département d’éthique : j’ai signé « Paul Jorion, professeur associé au département d’Éthique de l’Université catholique de Lille », parce que le jour où l’on ne croira plus à rien, on continuera de croire à des symboles. On va bien voir.

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M. Juan Branco, un petit conseil…

M. Juan Branco, je suis avec beaucoup d’intérêt, et bien mieux que cela, avec beaucoup de sympathie, tout ce que vous dites et faites en ce moment. Et c’est pourquoi je me permets de vous adresser un petit conseil.

J’ai été très semblable à vous à votre âge – eh oui ! – et cela ne m’a pas valu que des amis, cela m’a valu même beaucoup d’ennemis qui ont fait de très belles carrières, au contraire de la mienne, et je bénéficie en ce moment du fait qu’ils étaient un peu plus âgés que moi et que la Grande faucheuse les fauche un peu avant moi. Mais tout ça n’a aucune importance car le bon dieu reconnaîtra toujours les siens (je plaisante, bien entendu), et ce n’est pas du tout de cela que je voudrais vous parler : je voudrais vous parler des Trolls, parce que de la manière dont vous vous y prenez avec eux, vous allez vous brûler les ailes. Quand il fait trop chaud à proximité de la lumière, il faut quitter les villes et prendre le maquis. Ou si l’on est un sous-marin, il faut se mettre en plongée le temps qu’il faut – ce qui peut être plusieurs années, voire quelques dizaines d’années (la patience est la sagesse des dissidents).

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La Voix du Nord : Grand entretien Paul Jorion, anthropologue : « Nous sommes dans une dynamique de chaos »

Ouvert aux commentaires. 80% de ce qui est écrit là a bien été dit par moi durant l’entretien. Dans les 20% il y a par exemple le fait que Jean-Jacques Rousseau a écrit dans Les confessions : « Enfin je me rappelai le pis-aller d’une grande princesse à qui l’on disait que les paysans n’avaient pas de pain, et qui répondit : ‘Qu’ils mangent de la brioche' », et qu’étant mort en 1778 il ne parlait pas de Marie-Antoinette en 1789. Etc. Critiqué par vous sur tel ou tel point, je me ferai un plaisir de vous dire s’il s’agit des 80% ou des 20%.

En marge du grand débat national, « La Voix du Nord » publie une série d’entretiens avec des experts et des témoins de tous horizons afin de nous éclairer sur les crises que traverse le pays. Aujourd’hui, rencontre avec Paul Jorion, anthropologue et psychanalyste.

Propos Recueillis Par Yannick Boucher | 05/03/2019

Paul Jorion est professeur associé à l’Université catholique de Lille. Photo Philippe Pauchet

Paul Jorion est professeur associé à l’Université catholique de Lille. Photo Philippe Pauchet – VDNPQR

– Vous avez été l’un des rares penseurs à avoir prévu l’effondrement de la planète financière aux États-Unis en 2008. Aviez-vous senti venir le mouvement des Gilets jaunes du 17 novembre ?

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Saint-Etienne, Conférence de l’hôtel de ville : « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (III) Les Gilets jaunes

Je publie en feuilleton la retranscription (merci à Éric Muller !) de ma très longue conférence le 29 novembre 2018. Ouvert aux commentaires.

GD : Alors, pour en revenir à la question du capitalisme, la question que je voulais poser à Paul c’est que, dans son ouvrage, on voit effectivement tous les problèmes qu’il y a aujourd’hui, mais je voulais lui demander la méthode surtout, la méthode pour en sortir, et là, je suis resté un petit peu sur ma faim. C’est pour ça que je voulais lui demander ce qu’il préconisait pour sortir du capitalisme.

PJ : Mais dans un certaine mesure, de manière très provocante, je peux dire que la méthode pour en sortir, elle est relativement indifférente puisque la rue va la trouver. Eh bien oui ! En 1789, il n’y a pas de solution toute faite. Si vous regardez les grands théoriciens, les Encyclopédistes, Rousseau, Voltaire, tous les gens qui ont bien réfléchi, ils ne nous l’ont pas donnée … Oui, Rousseau a écrit une proposition de Constitution pour la Corse, il a réfléchi sur le contrat social etc. mais il n’y a pas de solution toute faite. La Révolution française, ce n’est pas la mise en application de la théorie de X ou Y, de Voltaire, de Rousseau, de D’Holbach, de Diderot, etc. non.

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Paul Jorion pense tout haut aux 3 derniers jours

Intelligence Artificielle

Terrestres : Disruption d’un forum de robotique toulousain, le 16 janvier 2019
Ted Kaczynski « Unabomber »
Blog de PJ : Les lobbies et nous, Le 14 février 2019


Trump et sa muraille

Blog de PJ : Trump : Les cowboys et les Indiens, le 12 Janvier 2019


Le revenu universel et la gratuité

Les Gilets jaunes

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François Boulo à Sud Radio

Ouvert aux commentaires.

Vous me direz : « Mais M. Jorion, vous n’auriez pas appelé – même de manière très indirecte – à voter pour Asselineau ! » Bien entendu, mais pour tout le reste, je ne dirai pas : « Je n’aurais pas pu faire mieux ! », je dirai plus honnêtement : « Je n’aurais pas pu faire aussi bien ! »

P.S. Si vous jugez que vous ne disposez pas des 50 minutes que dure l’entretien pour écouter François Boulo, ravisez-vous, consacrez-les à écouter la dame qui lui apporte la contradiction, pour voir à qui on a affaire en face.

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Retranscription de L’embourbement, le 30 janvier 2019

Retranscription de L’embourbement, le 30 janvier 2019.

Bonjour, 

Nous sommes le mercredi 30 janvier 2019 et, aujourd’hui, un exposé dont le titre sera « L’embourbement ». Je vous parlerai essentiellement de 3 grands pays : de la France, du Royaume-Uni et des Etats-Unis d’Amérique. 

Je vais commencer par autre chose. Je vais commencer par vous parler de ce compte-rendu, de la traduction en allemand, de « Le dernier qui s’en va éteint la lumière ». C’est paru dans une revue allemande qui s’appelle « Rubikon », le Rubicon, qui est une revue de gauche. J’ai lu avec attention ce long compte-rendu non pas pour essayer d’apprendre des choses – j’ai écrit le livre moi-même – mais pour voir comment il est perçu, comment le lecteur lit ce qu’il lit. J’ai été relativement surpris quand même parce que, de la même manière que quand j’avais fait une émission qui s’appelait « Sciences critiques » et où le titre qui avait été mis par la personne qui m’interrogeait était « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie », qui n’était pas une chose que j’ai dite, je n’ai pas le souvenir d’avoir dit ça mais c’était la conclusion que la personne qui m’interrogeait avait tirée de ce que je dis et en avait fait le titre. C’était bien vu, au point que j’en ai fait, moi, le titre d’un recueil de chroniques parues dans différents magasines et, en particulier, dans le journal « Le Monde ». 

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« Contestataires ! »

Dans un article intitulé « Ne pas vivre dans un océan de malheur » : comment l’avocat François Boulo porte la voix des « gilets jaunes », sur le site de France Inter, il est écrit ceci à propos de la personne en question :

… après s’être intéressé aux idées d’intellectuels ou économistes tels Emmanuel Todd, Frédéric Lordon, Paul Jorion, des Économistes atterrés, (autant de références qui le placent, sur l’échiquier des idées, plutôt du coté de la gauche contestataire).

« Contestataires », certains se souviennent de ce qualificatif un peu désuet, qui leur était appliqué il y a à peine plus de 50 ans, ou qu’ils ont découvert dans les livres d’histoire : c’est le prédécesseur d’« indignés » ou aujourd’hui de « gilets jaunes ».

Il me convient, ma foi, fort bien !

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Gilets jaunes : si j’étais historien de l’an 2319…

Si j’étais historien de l’an 2319, de la variété dite « fifty/fifty » (cyborg moitié Homo sapiens, moitié prothèses augmentées IA) et que je tombe dans les archives sur l’exemplaire du Journal du dimanche en date du 3 février 2019 où un article en une s’intitule François Boulo, avocat et porte-voix des Gilets jaunes, et où il est dit que ce monsieur appelle en France à la grève générale illimitée le 5 février 2019, j’irais consulter aussitôt l’exemplaire du 12 février 2019 du même hebdomadaire, pour voir s’il a paru, et s’il n’a pas paru, pas plus que celui du 19 février 2019, ni celui du 26 février 2019, etc. pour faits de grève générale illimitée, mon regard serait attiré par le paragraphe de ce même entretien où ce François Boulo déclarait ceci :

… j’ai dérivé sur plein de choses et j’ai découvert Emmanuel Todd, Jacques Sapir, Frédéric Lordon, Olivier Berruyer, Paul Jorion, Les économistes atterrés… »

et je me replongerais illico presto dans les archives pour tenter de savoir qui étaient ces gars-là.

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