Archives de catégorie : Science économique

Le rapport de force comme facteur économique, par Nadir (Nadj Popi)

Billet invité.

J’insiste de nouveau sur la thèse selon laquelle Georg Simmel (1858 – 1918) a forgé le programme de recherche de John Maynard Keynes (1883 – 1946) dans toute sa richesse pluridisciplinaire et sa cohérence théorique : de la science de l’éthique (sciences sociales ou morales) à l’économie politique et la philosophie politique (nouveau socialisme : socialisme utopique scientifique) en passant par la psychanalyse.

Outre Keynes, Simmel a aussi forgé Karl Polanyi (1886 – 1964) mais aussi Friedrich von Hayek (1899 – 1992) et les ordolibéraux : le néolibéralisme est un socialisme utopique scientifique au bénéfice des rentiers avec pour programme de planification spontanée (planification décentralisée : processus d’essais et d’erreurs, utopie concrète) par la concurrence.

La thèse que je soumets est que la rigidité des prix (comme des salaires nominaux) résulte de conventions sociales (normes sociales) : cette théorie proprement keynésienne provient du cadre théorique simmélien selon lequel l’illusion monétaire procède de conventions sociales.

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Élire nos représentants ou les tirer au sort ?

Le régime démocratique qui est le nôtre aujourd’hui est bien entendu entièrement déséquilibré par le poids qu’exerce sur lui l’argent. Un autre de ses défauts majeurs est le carriérisme des élus du peuple. Aussitôt élus, le souci de représenter les électeurs qui les ont élus s’efface, semble-t-il, comme par enchantement de leur entendement, pour être remplacé par celui de s’accrocher bec et ongles à leur poste conçu par eux comme la sinécure tant convoitée, en termes d’argent ou de pouvoir, l’un des deux pouvant d’ailleurs être aisément transformé en l’autre.

Invoquant le cas de la Grèce antique, nombreux sont ceux – et apparemment de plus en plus nombreux – qui proposent que l’élection soit remplacée par le tirage au sort. Que faut-il en penser ?

C’est Cornelius Castoriadis qui rappelait que le choix de représentants du peuple par tirage au sort en Grèce antique se cantonnait à des secteurs bien spécifiques de la vie sociale et que quand il s’agissait de certaines décisions comme celle pour Athènes de déclarer la guerre à Lacédémone, il était hors de question de confier la décision à des citoyens tirés au sort. La décision était confiée dans ce cas-là à ce que nous appelons aujourd’hui des « experts » : à des citoyens bien particuliers dont on considère qu’ils possèdent sur la question dont il faut décider, un savoir spécifique, et il s’agit dans ce cas-là des généraux.

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LE MONDE, Le trou noir du risque financier, mardi 27 mai 2014

Le trou noir du risque financier

À l’exception de l’impossible qui n’arrivera jamais, et du nécessaire qui aura lieu inévitablement, l’avenir est imprévisible. Faut-il pour autant s’abstenir d’évaluer le risque futur ? Non car entre l’impossible et le nécessaire se trouve le contingent, qui aura lieu ou n’aura pas lieu, et une part de celui-ci relève d’un hasard apprivoisé permettant des prévisions globales relativement fiables. Mais nous étendons le domaine de ce hasard « gaussien » ou « normal » – et sa fameuse « courbe en cloche » – bien au-delà de son aire légitime. Ainsi, la Banque des règlements internationaux impose aux banques dites « systémiques » des réserves supplémentaires en capital de 1 à 2,5%. Ces chiffres sont-ils fondés ? Non, car le risque que l’on cherche à évaluer déborde de manière désordonnée les frontières du hasard apprivoisé. Un faux sentiment de sécurité s’installe alors que le risque réel reste mal estimé.

J’ai appartenu au département de gestion du risque de la banque Countrywide, acteur de premier plan de la crise des subprimes. Alors que nous savions depuis plusieurs mois que l’effondrement du secteur était inéluctable et peut-être imminent, tous les voyants, sonneries, sirènes, restaient noirs ou muets. Il fallut attendre le jour de l’effondrement pour que les alarmes se déclenchent enfin. L’inertie de notre système de gestion du risque était excessive : il pouvait signaler un risque qui s’était matérialisé mais était incapable de l’anticiper. La situation était la même partout dans le secteur du crédit.

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Penser l’économie autrement, Paul Jorion et Bruno Colmant, à paraître en septembre

Couverture choisiePenser l’économie autrement

(à paraître en septembre)

Bruno Colmant : Le fait qu’il existe autant d’écoles de pensée en économie montre que ce n’est pas une science exacte, qu’il n’y a pas une vérité absolue. L’économiste Irving Fisher (1867-1947), qui est le père spirituel de Milton Friedman, part de l’idée que les phénomènes sont évolutifs. L’absolu n’existe pas, or on a voulu faire de l’économie une science absolue. Je ne sais pas ce qui a déclenché ce mouvement. Les années 50 et 60 étaient des années très politisées. A la fin des années 70, on a dépolitisé l’économie et on a voulu en faire une science exacte.

Paul Jorion : On trouve déjà cela chez Alfred Marshall (1842-1924) dans les années 1870 et il en parle en particulier dans sa leçon inaugurale à Cambridge en 1885 : il reproche aux économistes de la première moitié du XIXe siècle d’avoir considéré l’homme comme, dit-il, « une quantité constante ». Il dit que ces économistes considéraient, par exemple, la loi de l’offre et de la demande comme ayant un effet beaucoup plus mécanique et régulier que ce n’est le cas dans la réalité. Malheureusement après la lucidité d’un Marshall, et son élève Keynes sera comme lui de ce point de vue, on en reviendra dans les années 1950 à la naïveté épistémologique que Marshall dénonçait : d’une économie comme un mouvement d’horlogerie.

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Keynes et le mystère du taux d’intérêt (II) L’homme Keynes

Si l’on entend rebâtir une science économique digne de ce nom, pour laquelle l’on puisse retirer les guillemets que l’on est tenté d’ajouter machinalement aujourd’hui au mot « science » dans l’expression, le lieu dont il faut repartir est l’œuvre de John Maynard Keynes, et ceci en dépit des nombreuses faiblesses de sa théorisation économique, faiblesses de plus en plus criantes d’ailleurs depuis que son décès en avril 1946 mit un point final à ses efforts constants de faire de chacun de ses textes, une version perfectionnée de ceux qui le précédaient.

Comme je l’ai mentionné précédemment, Keynes nous a aidés dans le ravalement nécessaire de son œuvre en attirant notre attention sur les points faibles de son argumentation, en y plantant le fanion signalant soit un « mécanisme psychologique », soit un mécanisme psychologique réduit à sa forme élémentaire, à son « degré zéro », qu’il couvrait du terme de « conventionnalisme », à savoir prendre pour argent comptant la représentation « toute faite » qui ne demande pas même que l’on réfléchisse, que l’on exerce sa faculté de penser.

Ce sont en effet ces références hâtives à des mécanismes psychologiques, qui ne sont chez Keynes qu’autant de « boîtes noires », qui signalent avec le plus de sûreté une articulation manquante dans sa construction théorique, et c’est à ces endroits précis qu’il convient de proposer autre chose, pour faire se rejoindre les deux bords sur lesquels les explications valides qu’il a par ailleurs offertes, se sont arrêtées, en raison de sa perplexité quant à ce qu’il aurait fallu mettre là. Lacunes, vides, où Skidelsky, biographe de Keynes, a repéré à très juste titre l’absence constituant un manque, d’explications d’ordre historique ou sociologique. Points stratégiques pour compléter et peut-être achever l’édifice et remplacer les fiches déposées là provisoirement, censées renvoyer au fonctionnement impénétrable de la psyché, par des explications invoquant l’homme dans l’autre de ses dimensions : en tant que zoon politikon, selon l’expression d’Aristote, en tant qu’animal social, partie prenante d’un tout doté d’une organisation, et susceptible d’être pleinement compris seulement quand c’est dans ces termes là.

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« Comprendre les temps qui sont les nôtres », Bonnes feuilles (II), en librairie le 6 mars

Comprendre les temps qui sont les nôtres

Comprendre les temps qui sont les nôtres en librairie le 6 mars.

Je publierai quelques extraits d’ici la parution.

Le Tournant

24 AVRIL 2008

Je crois que c’est dans une opérette d’Offenbach que les gardes entonnent « C’est nous les soldats du Moyen Âge… ». Ce qui ne manque pas de susciter l’hilarité. Le rire a ici deux origines : celle bien sûr de la caractérisation a posteriori du Moyen Âge mais aussi le fait que l’on se préoccupe peu d’habitude de situer l’époque où l’on vit dans le continuum de l’histoire.

Je ne suis pas sûr de la manière dont il faudrait appeler mon temps. Le qualifier de « Post-Moderne » confirme l’hésitation puisque l’on se contente de constater à quoi il a succédé, trahissant l’incapacité à saisir la manière dont il sera perçu, l’incapacité de déterminer la manière dont évolueront les choses, en mieux ou en pire. Hegel nous assigne le devoir de comprendre notre époque et donc de savoir où elle va. La caractériser est une manière de lui enjoindre où aller. J’hésite cependant entre la motiver en lui faisant honte, en l’appelant le « milieu du Moyen Âge » ou par l’encouragement, en la qualifiant de « fin de la préhistoire ».
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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 3 JANVIER 2014

Sur YouTube, c’est ici.

L’influence de l’argent sur le savoir produit

– France Culture : L’économie en questions, La montée en puissance de l’économie dans le débat public, le 28 décembre 2013

– Le Monde : Les climatosceptiques qui valaient des milliards, le 31 décembre 2013

– New York Times : Academics Who Defend Wall St. Reap Reward, le 27 décembre 2013
 

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L’envie de découvrir comment cela fonctionne vraiment, par Boris Verhaegen

Juste une petite remarque suite à la vidéo du Temps qu’il fait du 13 décembre 2013 concernant le milieu scientifique que Hugh Everett a quitté, dégoûté du sort que l’on faisait à sa théorie. Il se fait qu’il n’est pas le seul à avoir tenté d’expliquer les superpositions d’états surprenantes que l’on peut observer dans le monde de l’infiniment petit.

Si les reproches qu’on fait à sa théorie sont légitimes – c’est-à-dire pour l’essentiel sa construction qui par essence ne permet pas de le placer dans le cadre du falsificationnisme popperien -, d’autres théories tout aussi originales mais plus pragmatiques ont subi le même sort. La théorie d’Everett n’est cependant pas la plus plausible pour expliquer les superpositions d’états car d’autres y arrivent avec moins de subterfuges. Comme on le suppose dans le milieu, plus une théorie explique les choses de manière simple, et plus elle a de chance d’exprimer une réalité concrète – ce qui rend si beau l’égalité d’Einstein E=mc2. Ainsi, une autre théorie résout la plupart des incohérences avec un seul univers supplémentaire, un univers gémellaire : jumeau.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 19 SEPTEMBRE 2013

Sur YouTube, c’est ici.

– Blog de PJ : Le débat avec Henri Guaino, Femmes chefs d’entreprise

– Blog de PJ : Colloque De l’argent, à Montpellier le samedi 21 et le dimanche 22 septembre

Rapport de l’AFEP, Evolution des recrutements des professeurs de sciences économiques depuis 2000

– Paul Jorion, Misère de la pensée économique, Fayard : 2012

Max Planck : « une vérité scientifique ne triomphe pas en convainquant ses adversaires et en leur faisant voir la lumière, mais plutôt parce que ses adversaires finissent par mourir et qu’une nouvelle génération apparaît à qui elle est familière ».

– Donald MacKenzie, An Engine, Not a Camera. How Financial Models Shape Markets, The MIT Press : 2006

Paul Feyerabend, le retour à la bifurcation

– Paul Jorion, Comment la vérité et la réalité furent inventées, Gallimard : 2009

– Christian Walter, « IAS 39 et la martingalisation des marchés boursiers » in Christian Walter (sous la direction de), Nouvelles normes financières. S’organiser face à la crise, Springer-Verlag : 2010

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RETOMBÉES DE L’AFFAIRE KERVIEL : LES BANQUES « SYSTÉMIQUES » ET LES PRODUITS DÉRIVÉS REMIS EN QUESTION

Le 4 avril 2008, je publiais ici un billet intitulé : « Kerviel et la faute a pas d’chance », dont les dernières lignes disaient ceci :

« Alors, si c’est la faute à pas de chance, est-ce qu’il ne serait pas temps de ficher la paix à Jérôme Kerviel ? »

Un livre qui vient de paraître m’encourage à aller beaucoup plus loin encore dans la même direction.

Dans Antifragile. Les bienfaits du désordre (Les Belles Lettres 2013 [1]), dans le cadre d’une discussion relative à la relation entre taille et fragilité, Nassim Nicolas Taleb, consacre un bref paragraphe à l’affaire Kerviel. Il écrit ceci à propos du débouclage de la position de Kerviel le 21 janvier 2012 :

« Une liquidation de 70 milliards de dollars aboutit à une perte de 6 milliards de dollars. Mais une liquidation d’un dixième de cette taille, 7 milliards de dollars, n’entraînerait probablement aucune perte, car les marchés absorberaient ces quantités sans paniquer, peut-être même sans le remarquer. Cela nous dit donc que si, au lieu d’avoir une très grande banque, avec M. Kerviel en franc-tireur du trading, nous en avions dix de taille plus modeste, chacune possédant respectivement son M. Micro-Kerviel qui mènerait son activité de trader en franc-tireur et dans son coin à des moments imprévus, le total des pertes des dix banques serait quasiment nul » (pages 341-342).

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L’EMPATHIE COMME DISPOSITION À NÉGOCIER, par Timiota

Billet invité.

En lisant les deux billets LE VIVANT ET LE SOUFFRANT de Claude Lévi-Strauss, sur Rousseau et EXPRESSION SPONTANÉE ET STRATÉGIE EN FINANCE ET EN ÉCONOMIE de Paul Jorion, sur Keynes, il me vient le questionnement suivant sur l’empathie.

L’empathie se couple chez l’humain à une partie consciente de l’attitude : « que vais-je faire pour la/le convaincre ? Pour la/le séduire ? « , elle a une partie spontanée assez variable (tendant vers zéro le long du spectre autistique, ce que pourra commenter Paul Tréhin, auteur du billet LES ORIGINES DE L’ART ET DE LA CULTURE : le rôle des individualités) et une partie « négociée » lourdement médiée par la société, les règles de dialogue orales, la « nétiquette généralisée » si je peux en profiter pour faire d’une (récente) partie un tout.

Il me semble donc qu’il y a cette tension entre le spontané et le négociable dans l’empathie.

Si je me souviens bien du « principe des systèmes intelligents », la machine doit donner l’impression que le savoir est « négociable » pour paraître humaine (c’est du moins mon à-peu-près sur la question). Avec différentes formes de négociabilité (vigneronne ou plus calme).

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EXPRESSION SPONTANÉE ET STRATÉGIE EN FINANCE ET EN ÉCONOMIE

Quand en 1936, dans The General Theory of Employment, Interest and Money, Keynes illustre par un concours de beauté les défis que posent à la réflexion les anticipations sur le long terme, il a certainement encore en tête le fait qu’il a déjà pris pour exemple un concours de beauté quinze ans auparavant, dans A Treatise on Probability, quand il s’agissait pour lui de mettre en évidence la difficulté d’associer à un événement une mesure numérique de sa probabilité.

Dans le traité de 1921, il était question d’un concours de beauté s’adressant aux lecteurs du Daily Express.

La Grande-Bretagne est partagée en 50 circonscriptions correspondant aux éditions locales du quotidien. Les 50 finalistes sont les jeunes femmes qui parmi un total de 6.000 candidates, l’ont emporté selon le classement des lecteurs dans leur circonscription. Un représentant du journal qui les aura rencontrées en chair et en os à Londres, sélectionnera alors 12 d’entre elles qui gagneront l’un des prix du concours, constitué de sommes égales d’argent.

Une des 50 finalistes, déposa plainte contre le journal, considérant que celui-ci avait ignoré les raisons légitimes pour lesquelles elle demandait que soit déplacée la date prévue pour sa venue dans les locaux du Daily Express. Le juge lui accordera des dommages et intérêts d’un montant de 100 £, somme quelque peu supérieure à celle découlant du calcul de probabilité qui lui sembla juste : une chance sur 50 de gagner l’un parmi 12 prix, soit une probabilité de gain de 24%.

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EN 1919, JOHN MAYNARD KEYNES A TRENTE-SIX ANS, ET IL N’A ENCORE RIEN À REPROCHER À LA THÉORIE ÉCONOMIQUE

Quand en juin 1919 John Maynard Keynes démissionne avec pertes et fracas du ministère britannique des finances, claquant du même coup la porte de la Conférence de paix de Paris à laquelle il participait, il a trente-six ans. Le livre qu’il écrit dans le même accès de rage : The Economic Consequences of the Peace, sort en librairie le 12 décembre. Comme je l’ai dit, plus de 100.000 exemplaires s’en vendront.

Keynes ne renouera avec le service public que vingt-et-un ans plus tard : en 1940 et en la même qualité durant la Seconde guerre mondiale que celle qui avait été la sienne durant la Première : en tant que technicien surdoué de l’administration de l’économie d’une nation en guerre.

L’occasion lui sera bien entendu donnée d’être consulté par l’administration et le gouvernement britanniques durant ces vingt-et-une années : il est invité à donner son avis lors de réunions ou d’auditions en tant que professeur d’économie à Cambridge, et quand c’est plutôt au titre de journaliste (il dirige la revue Economic Journal et est éditorialiste de plusieurs journaux au fil de ces années), il ne se prive nullement de faire connaître ses vues, qu’on le lui demande ou non. C’est manifestement pour qu’on puisse entendre « un autre son de cloche » qu’il est invité et bien que son opinion ait un grand retentissement auprès du public, elle n’a pas d’impact direct sur le cours des événements. Skidelsky a bien caractérisé le Keynes de l’entre-deux-guerres :

« … le rôle de fonctionnaire / économiste technicien se transforma insensiblement [pour lui] en celui d’éducateur / économiste politicien […] interprétant les positions officielles à l’intention du public informé, et faisant en sorte qu’une opinion éclairée ayant une base solide exerce une influence sur l’action politique » (Skidelsky I, 377).

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