Quand les « musulmans atterrés » montrent la voie…, par Un Belge

Billet invité.

Les actes de haine et de terreur posés en ce début d’année au nom de l’Islam, à Paris mais aussi à Baga (Nigéria), ont suscité et suscitent encore des réactions multiples. Certaines méritent plus que d’autres d’être soulignées. C’est le cas d’une lettre signée le 11 janvier 2015 par quelques dizaines de « laïcs issus du monde islamique ».

Sans y souscrire aveuglément, et en invitant le lecteur à la lire in extenso, j’en retiens pour ma part ces lignes éclairantes (c’est moi qui souligne) :

« C’est bien au nom d’une certaine lecture de l’islam que ces actes sont commis. ( …) La réponse consiste à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la tradition musulmane. (…) Ce corpus est le référentiel des groupes jihadistes. Tous les acteurs concernés, à commencer par les religieux et les autorités de chaque pays, doivent le déclarer comme inadapté, dépassé et inapplicable. (…) L’activation et l’instrumentalisation de ce corpus, quelle qu’en soit la raison, doivent être dénoncées d’une manière explicite par les autorités, les religieux, les sociétés civiles ainsi que dans les manuels scolaires et sur les médias. Nous avons la responsabilité de combattre l’activation de ce corpus et de tous les processus qui y conduisent. »

Je souhaiterais vivement lire quelque chose de semblable sous la plume de « laïcs du monde économique », atterrés eux-aussi par la dévastation planétaire en cours et interrogeant leur propre responsabilité, dans les mêmes termes :

« La réponse consiste à reconnaître et affirmer l’historicité et l’inapplicabilité d’un certain nombre de textes que contient la science économique. (…) Ce corpus est le référentiel des fascistes en col blanc. Tous les acteurs concernés, à commencer par les économistes et les autorités de chaque pays, doivent le déclarer comme inadapté, dépassé et inapplicable. (…) L’activation et l’instrumentalisation de ce corpus, quelle qu’en soit la raison, doivent être dénoncées d’une manière explicite par les autorités, les économistes, les sociétés civiles ainsi que dans les manuels scolaires et sur les médias. Nous avons la responsabilité de combattre l’activation de ce corpus et de tous les processus qui y conduisent. »

Une déclaration de ce type, cosignée par quelques figures du monde économique, politique et médiatique pourrait par exemple être diffusée prochainement. Elle pèserait peut-être d’un certain poids. On y gagnerait peut-être quelques minutes d’intelligence dans les controverses à venir. L’inflexion qui paraît s’amorcer en Europe, à l’heure des élections anticipées de ce dimanche en Grèce, constitue peut-être un contexte favorable.

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91 réflexions sur « Quand les « musulmans atterrés » montrent la voie…, par Un Belge »

  1. Bonjour
    Même ces déclarations sont flous.
    Elles laissent place à la subjectivité; quels textes, qu’est ce qui est inapplicable de nos jours ?
    Pour que ce soit clair, précis et reconnu dans tous les pays, il faut que les textes de l’Islam, ainsi que toutes les religions (grandes et petites) de part le monde soient passés par « le crible » la Déclarations Universelle des Droits de l’Homme.
    Et que toutes les parties des textes religieux qui ne sont pas conforment, à cette Déclaration, soient expurgées des livres religieux.
    Les enfants ne doivent pas apprendre, avoir comme éducation, la haine, la négation de l’humanité des autres humains, ayant une religion autre que la leur.
    La D. U. D. H. devraient être enseignée dans toutes les écoles de tous les pays; et, que cette Déclaration prime, toujours, sur tout écrit religieux qui ne respecterait pas cette Déclaration.

    1. Bonjour,

      Vous semblez escamoter que mon billet n’est pas une charge contre l’Islam, mais une tentative de renvoyer dos à dos le fanatisme islamiste et le fanatisme capitaliste, tous les deux recourant à un « corpus » de textes enseignés, colportés, vénérés sans discernement. C’est ce rapprochement (trop peu souligné) entre ces deux fanatismes qui m’intéresse et qui est au coeur du questionnement proposé.

      1. (…)rapprochement (trop peu souligné) entre ces deux fanatismes (…)

        Je partage entièrement ce point de vue.
        L’empressement de la récupération politique de la manif « Je suis Charlie » à Paris, avec les chefs d’états en tête, m’est apparu clairement (de leur part) comme un message de l’intégrisme financier (dont FH est de toute évidence le régisseur zélé en dépit de ces protestations purement électoralistes durant sa campagne) en direction de l’intégrisme religieux.

        Ce message c’est : « touche pas à mes serfs, j’en ai réuni 4 millions pour te le dire ! »

        Il n’est que de voir :
        – la réaction sécuritaire qui a suivi et la répression judiciaire de toute forme de pensée dissidente « pro-intégrisme »,
        – le discours Vals à l’assemblée,
        – la marseillaise unitaire qui l’a précédé sur le mode « la patrie en danger »,
        – l’appel au patriot-act français de plusieurs députés,
        – la demande d’application de l’article 15 de la convention européenne des droits de l’homme,
        pour être convaincu que l’état de droit ne survivrait pas à une crise qui menacerait tant soit peu les intérêts de la finance.

        Cette belle unanimité parlementaire se retrouve dans le fait que la loi Macron va passer avec les voix du PS et de l’UMP (c’est rarissime en France). L’union sacrée des parlementaires pour TINA m’apparait plus inquiétant qu’un attentat contre un canard, quel que soit l’horreur que cet attentat suscite.

      2. Bonjour
        C’est exact, j’ai escamoté une partie de votre « billet », celle concernant l’ultralibéralisme.
        Oui, tous les deux, ont leurs .. textes sacrés et adeptes, dont quelques uns, plus, sont fanatiques.
        Oui, l’ultralibéralisme ne répond pas aux conditions de la D. U. D. H., article 25 en particulier.

        Si je n’ai parlé que de l’aspect religieux (Islam et autres religions), c’est pour deux raisons principales.
        1° Contrairement à Vous je ne les mets pas « dos à dos »; car j’emploie le « et »; il y a ce fléau (textes violents dans les religions) et l’autre fléau (l’ultralibéralisme avec ses « prêtres » et textes quasi religieux).
        2° (raison la plus importante) comme disait Staline « le Vatican, combien de divisions (militaires)? « .
        Si l’ultralibéralisme est un fléau pour 99% de la population, ce fléau pourra disparaitre, être remplacé, avec l’approbation de la population et d’une manière volontaire.
        Quant à réviser les textes religieux, il est fort possible, que la population soit beaucoup moins disposée à accepter ces changements.
        Je suis d’accord avec Vous, pour rapprocher ces deux fléaux, je n’emploierais pas le mot « fanatisme »; car ce sont la religion et l’ultralibéralisme les problèmes, pas une forme particulière de ces deux sujets de notre discussion.
        Les rapprocher, oui, et pour indiquer que l’un demandera beaucoup plus d’énergie pour que l’humanité s’en défasse.
        Voila pourquoi, pour faire court, j’ai escamoté une partie de votre « billet ».

  2. Bonjour Paul
    Belle initiative, juste de notre point de vue de citoyens européens.
    Le parallèle des textes met les deux systèmes sur le même plan et c’est là où réside la différence fondamentale:
    Du point de vue strictement canonique,le Coran est une inlibration de Dieu comme le Christ en est une incarnation selon la chrétienté. Il n’y adonc aucune autorité religieuse ou autre qui soit qualifiée ou habilitée à modifier ces paroles.
    Avec le Coran il y a les hadiths qui sont l’équivalent des évangiles. Le contenu des Evangiles et les textes canoniques ont été définis par une succession de conciles . Mais, à ma connaissance, l’organisation de l’islam ne permet pas la convocation de tels conciles qui seraient aptes à modifier le corpus juridique de ce courant de civilisation.
    Donc, même si une assemblée d’imams votait à l’unanimité un aggiornamento des textes, ces modifications n’auraient aucune valeur contraignante pour la totalité des musulmans.
    Ceci dit, on passe généralement sous silence que les musulmans indonésiens peuvent manger du porc étant donné leur histoire. Donc tout n’est pas bloqué définitivement.
    Les textes économiques ne sont pas reçus d’un autre monde, ce sont des constructions mentales imprégnées du contexte idéologique et culturel de leurs constructeurs, comme constructions ou assemblages hétéroclites (selon leurs tenants ou opposants) de l’intellect humain, ils peuvent être amendés, rectifiés ou rejetés par d ‘autres humains.

    Plutôt que de vouloir modifier des textes ontologiquement in-modifiables , mieux vaudrait , peut être, s’attacher à montrer comment le fait religieux s’inscrit naturellement et donc temporairement comme facteur de l’évolution d’homo sapiens sapiens (quelle vanité déjà dans ce nom) et comment il peut évoluer à la lumière des avancées des neurosciences cognitives.
    Par contre, si après les robots tueurs, possibles à l’horizon proche de 5 à 10 ans selon certains optimistes, apparaissait spontanément un humanoïde mechanicus religiosus, là il faudrait sérieusement songer à revoir nos postulats!
    Cordialement, urbi et orbi.
    Steve

    1. Bonjour Steve,

      Vous avez raison en théorie quant à la nature des autorités qui sont censées fonder originellement les différents textes. Dans les faits, toutefois, certains textes économiques fonctionnent (et sont invoqués) comme des inlibrations de Dieu (en l’occurence, la Science).
      Il me semble par ailleurs que la lettre des laïcs musulmans invite non pas à récrire certains passages du Coran, mais à les commenter, de manière à replacer leur contenu dans un contexte et une histoire qui empêchent de les prendre au pied de la lettre. Le même travail est évidemment de mise pour tous les textes religieux du monde (voir par exemple, au sujet de l’Ancien Testament, cette tentative sous forme théâtrale).

      1. Comment un texte pourrait-il être considéré à la fois comme « sacré » et « à ne pas prendre au pied de la lettre » ?

        Dieu enverrait des messages à ne pas trop prendre au sérieux ?

        Si quelqu’un me dit : « Je ne prends pas trop au sérieux certains des textes sacrés de ma religion », je lui réponds : « Plus qu’un tout petit effort ! »

      2. Il y a une différence fondamentale entre le Coran, le Nouveau Testament et la Torah!

        La Torah, du point de vue du judaïsme rabbinique 1/ est la Loi orale (transmise par Moïse mais inaccessible aux non-juifs) 2/ « n’est plus dans le Ciel » 3/ est écrite en lettres de feu. Cela a un certain nombre de conséquences, en particulier que bien qu’il ne soit pas autorisé d’ajouter et de retrancher à la Loi, il y a des ajouts qui ne sont pas des ajouts, et des retranchements qui ne sont pas des retranchements. Par ailleurs, le texte qui est dépourvu de voyelles et de ponctuation est ouvertement sécable et recombinable à l’infini. Enfin, les commentaires appartiennent à la Loi elle-même (quand bien même un nouveau prophète se manifesterait sa loi ne l’emporterait pas sur la Tradition). Dieu ne se révèle pas tant dans la Torah que dans l’histoire du peuple juif.

        2/ Pour les chrétiens, les différences en termes de liberté d’interprétation laissée au croyant entre protestants, catholiques et orthodoxes sont suffisamment connues pour qu’on y revienne . Néanmoins, quand St Paul dit que les femmes doivent se couvrir la tête, on sait que c’est un homme qui parle, et non pas Dieu . On peut se dire que le fait de se couvrir la tête est le signe d’une marque de respect pour la divinité, telle que le respect se manifeste dans les coutumes de l’époque, et chercher à quoi pourrait bien correspondre l’équivalent actuel d’une tenue correcte exigée pour se rendre à l’office. En Afrique, cela est interprété comme « se mettre sur son 31 ».
        (a contrario on ne comprend pas comment Paul peut inférer de « Ce que ton Dieu te dit pur, ne le juge pas impur » que ce commandement ne vaut pas uniquement pour la circonstance présente le concernant mais pour tous les hommes et pour toujours. Mais passons…).
        Dans les Evangiles le Livre, c’est le corps du Christ lui même, parole de Dieu faite chair.

        3/ Pour les musulmans, le Coran est incrée. Il est la parole de Dieu faite Livre. Le Coran est doté d’une présence ontologique, d’un contenu d’être supérieur à la totalité de la Création elle-même. C’est l’équivalent de la parole attribuée à Jésus « Le monde passera mais mes paroles ne passeront pas », qui renvoie à la même idée. Mais le Coran est compris comme une Dictée. Les Versets sont dits « descendus » du Ciel. Ce qui implique qu’un même verset qui exigerait le port du voile ne pourra jamais être interprété à la façon dont pourrait être interprétée une formule similaire placée dans la bouche de St Paul. On ne pourra jamais se demander ce que telle ou telle obligation voulait dire dans le contexte de l’époque. Puisque c’est la Parole même de Dieu elle doit valoir pour tous les temps, telle quelle. La seule marge laissée à l’interprétation c’est « quelle est la longueur du voile? », « Doit-il être opaque ou transparent? » « La couleur est-elle permise, ou le noir, ou le blanc? » etc.
        Par ailleurs il s’agit là de prescriptions juridiques régissant les rapports horizontaux entre les membres de l’Oumma. L’idée d’une séparation privé/public n’a aucun sens du point de vue de l’Islam. Existe seulement une description des rapports entre musulmans et non-musulmans dans différents contextes, mais ceci ne saurait impliquer une distinction espace public/espace privé. Les musulmans n’utilisent quasiment jamais l’expression « mes croyances » ou « ma foi » (qui ne renvoie pas pour eux à la sphère de l’opinion mais à celle du « goût » c’est à dire à l’expérience quasi sensorielle de Dieu, que l’on fait ou que l’on ne fait pas), mais disent « LA religion ». Ca veut déjà tout dire!
        Bien sur, s’agissant de la religion musulmane, on peut arguer que les voyelles sont absentes du texte original (ce qui est très embettant, tant du point de vue de l’identification des mots que de la structure grammaticale des versets, notamment pour la distinction actif/passif), que le contexte de chaque verset est manquant , que la Sunna contredit le Coran ou qu’elle est fondée sur des hadith carrément douteux (ils sont classés, pour cette raison, en 3 catégories, mais si on ne retenait que les hadith surs, leur contenu ne porterait pour ainsi dire que sur les prescriptions rituelles du type « comment faire la prière »), qu’on ne sait pas très bien en quelle langue le Coran est écrit (les premiers dictionnaires de langue arabe sont postérieurs au Coran de plus d’un siècle), ce qui affecte e manière décisive le sens de certains passages, etc., que l’idée du prophète de l’islam comme « beau modèle » n’est pas aussi évidente qu’il n’y parait (la première biographie du prophète nous présente quand même ce dernier commanditant l’assassinat de 2 poètes qui avaient ironisé sur sa prédication, de sorte que les fanatiques ont beau jeu de mobiliser cet exemple pour justifier leurs crimes; même un musulman modéré sera ébranlé par un tel argument venant d’un islamiste! Le seul moyen d’y répondre est soit 1/ d’invalider le contenu de cette biographie, mais elle contient également l’ensemble de la vie du prophète, de sorte qu’y renoncer c’est renoncer à une grande partie de ce qui fait « la religion populaire » 2/ d’écarter purement et simplement ce témoignage au motif qu’il n’est pas dans le Coran (ce qui revient à demander l’abolition de la sunna, ce qui revient à déposséder les juristes/imams de tout leur pouvoir politico-religieux) ou 3/ de critiquer le statut de modèle du prophète en affirmant par exemple qu’il n’est tenu « qu’à la prédication »). Inutile de dire que 2 ou 3 vous expose au mieux à l’expulsion de la communauté au pire à une condamnation à mort.
        Ça n’est pas « simple ».

      3. Comment un texte pourrait-il être considéré à la fois comme « sacré » et « à ne pas prendre au pied de la lettre » ?
        Eh bien, c’est l’histoire de la chrétienté depuis des siècles! Les textes sacrés ont été réinterprétés à mesure que la science imposait une nouvelle lecture du monde et contredisait toues sortes d’affirmations bibliques insoutenables à la lettre. Le procès de Galilée est ici emblématique de dizaines ou centaines de réaménagements.
        Cela n’a pas encore été fait chez les musulmans, quoique certains ont commencé, comme Sami Aldeeb dont j’ai déjà donné ici (sur le blog de P. J.) un compte rendu.

        @ Simplette:
        En résumé, une chose n’est pas encore faite en religion musulmane, c’est reconnaître une historicité aux textes. C’est exactement ce que fait Sami Aldeeb cité ci-dessus! Des musulmans et des laïcs de culture musulmane s’en occupent. Notre tâche est de les connaître, de les reconnaître et de les soutenir.
        Car ce seront eux qui feront le boulot, pas nous, ça c’est sûr !

      4. @ Paul, Simplette et Guy

        Dans ma réponse au commentaire de Steve ci-dessus, j’ai sans doute péché par simplisme.
        Néanmoins, Guy a saisi et résume ci-dessus parfaitement ma pensée.
        Nous avons tendance à voir l’Islam et ses institutions comme monolithiques et figées, ce qu’elles ne sont pas (ou plus). La lettre que j’ai citée s’inscrit à mon sens dans un processus encore peu perceptible, vu de chez nous, mais comparable à celui qui a transformé la chrétienté.
        Je renvoie également au livre de Todd et Courbage : Le rendez-vous des Civilisations.

      5. Cela n’a pas encore été fait chez les musulmans, quoique certains ont commencé, comme Sami Aldeeb dont j’ai déjà donné ici (sur le blog de P. J.) un compte rendu.

        Guy Leboutte, Sami, qui n’est pas non plus le copain de scoubidou, n’est pas de culture musulmane mais chrétienne…

      6. cloclo: scoubidou? 🙂
        J’ignorais qu’Aldeeb fût chrétien.
        Mais il est palestinien. Peut-être que cela le rend éligible au débat « en terre d’islam » ?
        Sa famille est peut-être mixte sur le plan religieux, etc.

        Quoi qu’il en soit il y a d’autres auteurs musulmans ou ex-musulmans dans l’affaire.
        Une amie me parle du Soudanais Mahmoud Mohamed Taha, fondateur des « Frères républicains » , qui a préconisé l’abrogation dans le Coran des sourates médinoises appelant au meurtre (exemple: verset 191 de la sourate 2 « Tuez-les partout où vous les trouvez… la sédition est pire que le meurtre. » )

        Pour une mise en perspective de la crispation islamique, je viens de découvrir un philosophe iranien réputé, Daryush Shayegan, auteur de Schizophrénie culturelle : Les sociétés islamiques face à la modernité.
        ,

  3. le travail est encours dans certains pays musulman mais hélas non relayé par les médias occidentaux. Ainsi le 1er janvier, à l’université d’Al-Azhar, au Caire (la plus haute autorité religieuse du monde sunnite), le président Al Sisi connu pour être un musulman très pieux a déclaré que les meurtres commis au nom de l’islam étaient inadmissibles. Il a proposé devant des millions de téléspectateurs que les textes postérieurs au coran – c’est à dire les hadith et la sunna – soit revus par les religieux afin de ne plus servir de base à des actes terroristes. Un autre événement d’une portée considérable – totalement ignoré en France et en Belgique a eu lieu quelques jours plus tard. Al-Sisi a écourté un voyage d’Etat au Koweït afin de pouvoir fêter le Noël copte au Caire le jour même où le journal Charlie Hebdo était attaqué. Le monde musulman est en plein chaos ( pire que le notre) la pire erreur que l’Occident puisse faire c’est c’est d’entériner le glissement sémantique Islamique-> Islamisme-> Jihaidsime->terrorisme

  4. Aujourd’hui la France parle de restaurer et d’enseigner les « valeurs républicaines » mais il faudrait au préalable que la France porte un regard critique tant sur sa politique intérieure vis-à-vis des minorités nationales que sur sa politique étrangère. Comment faire comprendre aux jeunes que dans le pays de la liberté d’expression les propos antisémites sont punis par la loi mais pas les propos islamophobes? Comment explique l’acharnement de Sarkozy contre Kadhafi qui comme Saddam Hussein était un dictateur peu scrupuleux mais qui avait néanmoins à travers on « livre vert » tenté de moderniser l’Islam. La destruction de l’Irak par les USA et de la Lybie par l’OTAN ont plongé ces deux pays dans un chaos dont on ne voit pas la fin.

    La France comme les Etats-Unis désignent le terrorisme islamique comme leur grand ennemi, tout en faisant tout leur possible pour en favoriser la croissance et l’extension. Le soutien constant à Israël, même pendant les bombardements meurtriers de Gaza, même lorsque Mossad assassine les scientifiques en Irak ou l’Iran, ou même lorsque l’aviation israélienne a délibérément coulé un navire de la marine américaine, l’USS Liberty.
    Les Etats-Unis semblent être manipulé par Israël, tandis que la France elle semble être manipulé par Israël et les États-Unis.

    Il est particulièrement étrange de constater que l’Occident s’est systématiquement opposé aux états nationalistes laïques au Moyen-Orient. Nasser fut le premier à en souffrir mais aussi le Fatah. Il a semblé plus malin se s’appuyer sur le fondamentalisme religieux pour mieux contrôler ces nations en devenir. Il est piquant de se rappeler que le fondateur du Hamas le Cheick Yassine a pendant des décennies été protégé par Israël des foudres du Fatah! En Syrie avant la prise du pouvoir par Hafez el Assad, les Alaouites étaient régulièrement victimes de raid sunnites et leurs femmes vendues comme esclaves. Pour Bachar el Assad accepter les règles démocratique à l’occidentale implique la disparition à terme des Alaouites, Yazédis et Chrétiens de l’ensemble de la Syrie ce que l’EI est en train d’accomplir et qui semble irréversible. Le nationalisme arabe portait l’espoir d’un renouveau, l’Occident a détruit cette espérance et l’extrémisme islamique s’est précipité dans le vide ainsi créé.

    1. @Guy Weets

      Merci pour ces précisions bienvenues et espérées sur l’évolution des textes souhaitée par de plus en plus de musulmans. Il est vrai que la mystique représentée par les soufis n’a pas attendu.
      Pour ce qu’il en va de la politique des états occidentaux au moyen orient, les deux facteurs décisionnaires de base sont l’énergie > hydrocarbures & la domination du monde> le « Grand Jeu ».

      Cordialement
      Steve

    2. Merci. Très bon résumé.
      L’accord Sykes-Picot, les conséquences du traité de Versailles, l’attribution à la France et à la Grande-Bretagne des dépouilles moyen-orientales de la Turquie, les politiques française en Syrie et Liban ( soutien des minorité et protection des chrétiens) et anglaise (contrôle du Canal, du pétrole et l’appui aux Juifs) ont aussi joués leurs rôles en arrière-plan.

      1. Halala… que n’a t’on laissé ces arabes sous la botte turque aussi !
        Il te plait encore le bréviaire de premier communiant antisioniste de gÔÔche du sieur Weets, Daniel ?
        Ben mon cochon…

    3. On peut aussi remonter à l’élimination de Mossadegh, qui voulait que son pays, l’Iran, profite du pétrole, par les services britanniques et américains, qui y ont installé le Shah !
      La constante des démocraties, c’est que leurs intérêts commerciaux priment partout dans le monde sur leurs propres prétendues valeurs démocratiques.
      Jacques Rancière a écrit un petit livre de haute tenue et très éclairant sur nos régimes, intitulé

      La haine de la démocratie

      .
      Tant que l’Occident en restera là, les foyers de barbarie dans le monde, et sans doute à l’intérieur, seront bien pourvus. Car c’est une pédagogie redoutablement efficace, en actes, de destruction des valeurs qui sont en principe les nôtres, et une disqualification du projet démocratique que prétendument nous incarnons.

      1. Explique moi, Leboutte, la valeur ajoutée de tes Fortes Paroles au regard de ce qu’un certain Obama a dit en direct live au peuple iranien en 2009 :

        En pleine guerre froide, les États-Unis ont joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu.

        T’as pensé à l’en féliciter publiquement à l’époque ? Non ? Il en a dû être fort marri…

  5. Bien d’accord, mais il faudrait aussi dépoussiérer les plateaux TV de tous ces économistes à la solde de leur nombril et de ces idéologies ambiantes et délétères en matière d’économie.

  6. Je remarque que cette lettre est signée de « laïcs issus du monde islamique », professeurs, militants, artistes. Sont-ils musulmans? A priori, non…
    Sont-ils français? Probablement…
    Votre proposition, n’est-ce pas ce qu’il se passe tous les jours sur ce blog et ailleurs?

    1. Oui, le doute est permis. Ceci dit, musulmans ou pas, pratiquants ou non, je ne crois pas que cela affecte en aucune manière la valeur du propos. Du reste, des musulmans ont pris récemment, à d’autres occasion, des positions aussi éclairantes : par exemple :
      http://blog.oratoiredulouvre.fr/2014/10/tres-profonde-lettre-ouverte-au-monde-musulman-du-philosophe-musulman-abdennour-bidar/

      Par ailleurs, si la proposition est déjà rencontrée (sur ce blog ou ailleurs), nul ne s’en plaindra. Il reste de la marge avant de crier victoire.

  7. Merci de cet « éclairage ».
    D’accord le cerveau humain est buggé de toutes parts et les biais cognitifs le disputent aux illusions en tous genres… Cela étant, la lecture quotidienne de votre blog est un antidote assez efficace, et donc : « les croyances infondées, ça commence à bien faire » !
    Le 25 Janvier 2015 est un bon jour (en ce qui me concerne) pour dire STOP et considérer comme « inadapté, dépassé et inapplicable » un certain nombre de choses aussi dans ma vie personnelle et professionnelle 🙂 parce le reflet systémique s’applique au niveau macro, ET AUSSI au niveau micro ! Et comme les petits ruisseaux tout ça tout ça …

  8. J’ai du mal à considérer comme intelligente la demi-minute que je viens de consacrer à la lecture de ce parallèle un peu douteux.
    Ce n’est pas parce qu’une cause est légitime qu’elle autorise toutes comparaisons, et d’autre part le paysage ne manque pas d’économistes infirmant peu ou prou le « corpus référentiel » en question, la question des déclarations étant largement dépassée par celle des actes qui ne sont jamais posés et par l’incertitude d’une quelconque efficacité de la moindre solution.
    Mais je n’ai pas plus d’expertise en ce domaine que la plupart.

  9. Je souscris aux deux déclarations mais ce faisant, je réalise que l’activation des « deux corpus » a déjà été engagée depuis longtemps et qu’il sera aujourd’hui très difficile, sinon déjà trop tard, de les combattre sans dégâts sociétaux majeurs .Pourtant, ce qui arrive en Europe, au niveau économique , idéologique et religieux était prévisible et a été dénoncé maintes fois par beaucoup de personnes.

      1. Hélas la Grèce est une bien trop petite puissance économique pour négocier quoique ce soit.

        L’indépendance économique est indispensable à la négociation, et cela suppose qu’elle se trouve des alliés pour pratiquer une réelle politique de gauche. On en est loin.

  10. La science économique ? L’économie ne peut être une science, c’est une pratique que l’on peut tenter de modéliser, après-coup.
    La victoire électorale de la gauche radicale ne pourra à elle seule libérer la Grèce du joug européen. Dans chaque pays, en Allemagne, en France, en Espagne, etc. les forces de libération sociale doivent s’organiser et riposter à l’idiote ‘austérité’, en commençant pas s’opposer, chez nous, au fourre-tout de la loi Macron. Puis il faut revenir à une saine imposition des bénéfices et dividendes, des salaires éhontés…
    Ce ne sera pas possible sans renforcer les effectifs des services des impôts et ajouter des tranches d’imposition à 50,55, 60 et 65%, comme dans les années quatre-vingt.

    Les victimes du djihadisme financier sont infiniment plus nombreuses que celle du djihadisme ‘musulman’. C’est cette forme de terrorisme qu’il s’agit de combattre en priorité.

    1. J’avais lu « l’idole austérité ».
      Tiens je vais la souffler à Stromae
      « L’idoole [tchouk tchouk] austériiité »…
      « Lidl [tchouk tchouk] austère ééété »

  11. On aura beau dire que les signataires sont d’abord des personnes  » intellectuelles  » , je m’incline devant le courage de toutes ces personnes qui mesurent mieux que nous ce qu’ils mettent en balance en reprenant à leur compte les fondamentaux de la laïcité .

    Décidément le courage devant tous les dogmes , commence à s’inviter dans la vie publique ce soir .

  12. Mr Jorion

    Procurez-vous Greffiers de Johan Sfar (ma compagne me l’a ramené par hasard de la bibliothèque) pour les interventions de Mohammed Sifaoui, d’Abdelwahab Meddeb en particulier, et puis pour tout le reste (Chronique en crobards du procès contre Charlie au sujet des caricatures danoises); c’était en 2007 je crois, tout y était déjà dit, la scène (du crime) déjà balisée, voire éclairée. Mais surtout pour ce que dit Meddeb, qui est sans équivoque ni contestation possible. L’initiative que vous évoquez serait utile, c’est sûr; mais cela restera quand même en deçà de l’intervention de « celle qui un nom de déesse » passée l’autre jour. C’est un peu mort, il va falloir malheureusement lutter dans ce combat d’arrière-garde (rixe pourrie de fin de soirée, on était presque dans la voiture etc). Quelque chose est salement plié dans le discours, impossible d’y échapper (qui peu aujourd’hui entamer son laïus plein pot en tenant pour acquis que le religieux est un marmottage dépassé pour penser tranquillement ce qui importe? C’est salement foutu sur ce terrain -Deleuze a bien fait de se jeter de sa fenêtre y a vingt ans…Les vraies questions ne seront donc pas débattues, la réalité continuera sa petite marche, on n’échappera pas à la rincée).)

      1. Ca n’est pas la premiere fois qu’un intervenant impute à P.J. un billet dont P.J. n’est pas l’auteur! Il y a une maladresse dans la mise en page (par défaut ?) du site qui fait que beaucoup de billets comportent en rouge la mention de Paul Jaurion comme auteur, dans le cas présent ça donne:

        25 JANVIER 2015 par PAUL JORION

        Il serait préférable de remplacer ce « par » malentreux, par exemple:

        25 JANVIER 2015 – Blog de PAUL JORION

  13. Je m’associe à votre requête, c’est évident que la situation économique mondiale et surtout européenne provoque depuis plusieurs décennies une ghettoïsation des musulmans peu cultivés et peu formés.
    Si vous regardez la liste des signataires de la pétition nous ne sommes pas du tout dans ce registre.
    Si les musulmans qui ont commis ces crimes sont des laissé pour compte de nos ghettos je n’en m’étonne pas, ils sont la conséquence de 40 ans de crise que nous avons laissé pourrir.
    Beaucoup veulent fermer les frontières de l’Europe, d’accord, mais qu’avons nous été faire en Afrique du temps de la colonisation, sinon spolier les matières premières ainsi que la main d’oeuvre pour les extraire.
    Ils auraient pu aussi fermer les frontières s’ils en avaient eu les moyens.
    Tant mieux si ces signataires sont cultivés tout comme la liste de « Tout autre chose », nous avons intérêt à nous associer pour préparer un développement digne de ce nom qui pourra durer milles siècles.

    Un autre Belge

    1. Je ne peux qu’aller dans votre sens. Je suis originaire de Verviers mais je vis depuis peu aux Emirats. Cela fait des décennies que j’assiste au déclin d’une ville qui autrefois était la capitale de la laine. Pas étonnant donc que Verviers soit devenu un terreau du djihadisme. Ici, aux Emirats, il y a (encore) suffisamment d’argent pour la population émiratie et les étrangers, non seulement occidentaux mais aussi pakistanais ou philippins pour ne citer qu’eux, en profitent. Même si l’on peut déplorer les conditions de vie de certains travailleurs manuels, il reste que la société émiratie est très pacifique. Elle l’est tellement qu’il ne se passe rien ici. Ceci dit, les Emirats ont une façon très pratique de traiter les choses. En effet, tout étranger désireux de vivre aux Emirats doit disposer d’une autorisation de séjour conditionnée par l’existence d’un contrat de travail. Pas de travail, pas de séjour. A méditer me semble-t-il.

      1. franchement je doute qu’il y ait beaucoup d’étrangers désireux de vivre aux émirats pour la douceur du climat ou la démocratie qui peut y rêgner
        les étrangers désireux de vivre aux émirats sont surtout désireux d’y gratter un peu de la thune qui en suinte
        peut-être un peu plus pour les occidentaux que pour les pakistanais ou les philippins

        mais dans tous les cas les étrangers qui viennent y travailler se retrouvent avec un statut proche de l’esclavage puisque les fameux contrats de travail les lient de fait pieds et mains au bon plaisir de leur employeur qui peut les renvoyer sans autres forme de procès, avec, pour les récalcitrants, un petit séjour en prison aux fins de réflexion
        à méditer aussi

      2. @François Dujardin
        patrice delcroix a raison, ce n’est pas avec des contrats de travail qu’on va avancer.
        A mes yeux, il faut développer tous azimuts l’autonomie de la personne humaine.
        Au début des années 80 j’ai assisté à la fermeture d’une entreprise métallurgique qui m’employait, Je disais autour de moi que la sidérurgie fermerait et j’ai eu comme seule réponse « non c’est une raison sociale ». Qui avait raison?
        Faute d’avoir préparer l’ avenir on est dans la m..de depuis 30 ans.
        A mon sens, ce qui se passe aux Emirats n’est possible qu’avec la manne des Pétodollars, et j’ai connu les premiers exodes des travailleurs vers ces contrées plus favorables sur le plan matériel.
        Que nous le voulions ou non, il nous faudra résoudre nos problèmes ici en Wallonie et ailleurs aussi avec une autre manière de penser qui tienne compte de la finitude de la planète.
        Tous les problèmes sont liés.

  14. Bravo aux rédacteurs de ce texte et aux signataires. Seuls les théologiens pourront résoudre le problème en déclarant que le djihad est obsolète.

    1. Les signataires sont d’autant plus courageux qu’au nom du libéralisme on doit accepter par exemple au Royaume-Uni de laisser des intérêts étatiques financer des chaires d’enseignements (à l’exemple de ce qui se pratique aux USA) et que ces universitaires n’auront jamais accès après leur geste à celles-ci.
      D’autant plus courageux aussi, au moment même où les puissants de ce monde nous explique que le roi saoudien était pour la liberté des femmes (Lagarde) (mais pas celle de conduire ou de sortir ou voyager sans autorisation et chaperon), ou que c’était un monarque éclairé (en droits des esclaves d’Asie du Sud-Est?), alors que quand il était à la mode de critiquer Bush, on osait parler de la réalité de ce royaume qui n’a rien à envier à la Corée du Nord.

    2. Il n’ya pas d’équivalent de la théologie en terre d’Islam. Il n’y a que le Kalam. La théologie pour un musulman c’est indigne… c’est comment dire… comme une béquille sensé soutenir ceux dont la foi est trop faible pour qu’ils puissent se tenir debout. Bref: c’est la honte.

      En terre d’Islam, il y a « des savants », qui sont des juristes ou des maîtres spirituels (mais ces maîtres guident leurs disciples au travers d’un enseignement esotérique, de sorte que leur voix ne portera jamais au delà de leurs rares disciples). Il y a des imams, qui a la base ne sont que des traducteurs/passeurs. Les sunnites n’ont pas de clergé. Personne ne peut imposer quoique ce soit. Les voies de l’interprétation ont été définitivement fermées, hermétiquement fermées il y a plusieurs siècles et celui qui s’avise de les rouvrir risque sa peau, en plus de n’avoir de toute façon aucune autorité pour le faire. Dans la pratique ceux qui sont reconnus comme des savants de l’Islam sont écouté comme s’ils étaient les continuateurs du prophète, sans aucun esprit critique (la plupart du temps ce sont ceux qui ont passé leur vie à retenir par coeur de longues chaines de hadiths et à étudier la jurisprudence donc n’en attendez strictement rien: seul Allah est plus Savant qu’eux…).

      Les chiites ont un clergé et loin d’avoir une doctrine figée ils produisent tous les jours de nouvelles interprétations d’une grande richesse. Mais ce sont ceux que nous avons choisi de combattre, préférant nous associer avec les djihadistes pour les faire tomber… (le méchant bachar el assad tout ça…). Si vous avez bien compris c’est donc l’inverse de ce qui se passe dans la chrétienté. Chez les chrétiens ceux qui « innovent » ce sont les protestants qui n’ont aps de clergé, et ceux qui ont une dogmatique unique ce sont les catholiques qui ont un clergé.

      Pour ce qui est du djihad,
      Voilà ce que disent les textes prophétiques/eschatologiques:
      1-La tribulation commence à partir de IFRIKIA(Tunisie) et ne touchera que le monde Arabe et le moyen orient et dure 12 Ans dont 7 ans (période de la Grande Tribulation.)
      La Tunisie sera gouverné par un homme pieux.
      2-Tribulation en Egypte et l’Egypte sera gouverné par un homme pieux
      3-Renversement du Régime en Syrie et un homme horrible prend le pouvoir en Syrie
      Grand tremblement de terre à Damas et la mort de 100000 personnes.
      4-Le Yemen sera dirigé par un homme pieux et c’est lui qui annonce le retour très prochain de Seigneur Jésus.
      5-la mort de Abdallah d’Arabie saoudite et l’arabie saoudite sera un bain de sang.Après la mort de Abadallah 2 ou 3 souverains saoudiens seront assassinés l’un après l’autre
      NOTE/Le renversement du pouvoir en Syrie et au Yemen ainsi que la mort d’abdallah seront au même moment cad la même année et le même mois disent nos textes
      6-l’apparition du mahdi qui est l’Apôtre de Jésus et annonce publiquement le
      retour très proche de Seigneur Jésus et ceci publiquement.

      Je vous passe la suite… Du point de vue des musulmans du monde entier, et des chiites en particulier, ces prophéties sont entrain de s’accomplir. Le saoudiens paniquent littéralement, d’abord parce qu’ils y croient et ensuite parce-que ces prophéties produisent leurs propres effets de réalité.
      Vous pouvez vérifier en scrutant l’actualité de ces derniers jours – (déces d’Abdallah, renversement au yemen. Reste la Syrie…). Dans ce contexte, imaginer que les savants qui comptent laissent tomber l’interprétation exotérique du djihad, c’est malheureusement prendre ses désirs pour des réalités.

      1.  » Il n’y a pas de plus grand vice de l’esprit que de croire que les choses sont parce que l’on veut qu’elles soient ».
        Ça, c’est l’Occident.
        La convergence n’est pas pour tout de suite…

      2. « Il n’y a pas de théologiens » SIC il y a des autorités religieuses et des fonctionnaires des « ministères des awqaf ». Il y a aussi dans le monde occidental des gens qui oeuvrent comme « professeurs de théologie musulmane » par ex. T. Ramadan et autres.
        Vous jouez avec les mots et les « textes » eschatologiques que vous citez sont beaucoup plus récents que les vieilles légendes du retour du Messie (qui doit descendre dans le minaret de Damas). Ces légendes sont réactualisées selon les événements de l’actualité tous les dix ans, et on trouve des équivalents (avec parfois les mêmes motifs et récits) chez les juifs et chrétiens.

        Croire comme vous le faites que les musulmans ne reconnaissent pas l’autorité des cheikhs et se fient à leur seule jugeotte en matière de textes religieux consiste à nous faire croire que l’analphabétisme n’existe pas et que les centaines de programmes sur les chaînes satellites où les gens peuvent appeler pour demander comment interpréter tel ou tel verset ou s’il doive agir comme ci ou comme ca dans telle ou telle situation n’existent pas.

        Dans tous les pays il existe des autorités influentes. Certaines plus que d’autres. Il n’est pas difficile de mettre sur « no-fly-list » comme on le fait de l’entourage de Poutine par exemple les « sheykhs », i.e. théologiens, qui prônent le djihad sur les chaînes satellitaires.

  15. Oui, c’était presque inespéré mais ça arrive : l’espoir d’un basculement par le soulèvement démocratique. Une brèche est ouverte, la plus difficile car elle était essentielle. Et compte tenu du perroquetage médiatique, cette percée va faire tache d’huile dans les esprits affaiblis ou désenchantés.
    Vous avez raison de mettre l’accent sur ce que l’on peut qualifier de « terrorisme à bas bruit » concernant cette politique européenne portée par cette doxa libérale qui mène le bal depuis des années avec les résultats que l’on sait et que les grecs connaissent par irradiation même.
    Une élection j’en suis persuadé, qui va faire disparaitre les anxiolytiques des tables de nuit, assurément… à moins que la pharmacopée trouve de tout autres nouveaux clients… );-)

      1. Je me réjouis de ce qui vient de se passer tout en soulignant certains effets de l’onde de choc.
        Mais a supposer lire dans mes pensées vous projetez essentiellement les vôtres.

  16. L’Islam offre à l’homme une liberté incroyable: il le fait le compagnon du prophète.
    Je propose à la discussion cette intuition.

    1. Ah oui, cela me fait penser à quelque chose autant devenir les compagnons de la terre. .
      Ceci dit, vous avez raison, être compagnon du prophète est totalement différent que d’obéir au prophète, il s’agit à mon sens de profiter de sa sagesse tout en posant de nouvelles hypothèses à la lueur de l’expérience qu’a acquis l’humanité.

    2. Le capitalisme offre à l’homme une liberté incroyable : il le fait le compagnon d’Alan Greenspan (ou de Milton Friedman, il y a l’embarras du choix). Je propose à la bourse cette valeur.

      1. @ timiota
        On avance pas.

        « Le capitalisme offre à l’homme une liberté incroyable : il le fait le compagnon d’Alan Greenspan ».
        signé: timiota
        Merci pour votre contribution.

        L’islam est un humanisme qui suppose une liberté incroyable dans le sens qu’il demande à ses croyants d’être les compagnons du prophète. Ce n’est pas ce que je pense, c’est une intuition. Je me demande si il y a sur ce blog un musulman ou quelqu’un concerné par la question de la transcendance pour répondre, oui ou non, à cette intuition qui me vient de la fréquentation de musulmans, un peu du Coran mais aussi de textes qui n’ont rien à voir. Je me trompe peut-être dans la formulation. Je reconnais que mon écriture puisse être maladroite.

        J’avais proposé une autre discussion qui a été censurée. Il s’agissait à partir de vidéos de charniers français en Syrie de se questionner sur la place de la culture dans ce pays en guerre. La place de la culture est-elle du côté de conducteur du véhicule que l’on voit sur la vidéo dont je donnais le lien (facile à trouver) ou est-elle assassinée sous nos yeux?

        @Michel Lambotte
        Je voudrais qu’un musulman ou quelqu’un concerné par la transcendance réfléchisse à la question que vos posez. Sommes-nous « entre nous », auquel cas le billet d’Un Belge ne sert absolument à rien?
        Il y a t-il quelques musulmans atterrés pour montrer la voie?
        Cette formulation me désole néanmoins.

    3. Sympa tout plein. Mais.
      Il me semble que le « vécu » est différent. « compagnon » est une exagération, « disciple » montre la direction et « soumis » est plus en accord avec la réalité et la dénomination.

      Un écrivain et aventurier bien oublié, Monfreid, s’était convertit temporairement à l’Islam.
      Il avait pris comme nom « Abd El Hai » ( phonétique…) qu’il traduisait par « Esclave du Vivant ». Tout est presque démontré, si Dieu le veut.

      D’ailleurs, il se dit que la femme n’aura pas l’espoir d’être promue au rang de disciple-compagnonne. Sa place est bien prévue au paradis mais pas dans le sens d’ égale en droit aux autres élus masculins. C’est dommage de se priver de 51% de l’humanité.

      Il ne m’étonnerait pas que la discussion proposée soit brève.

  17. Faire un tel parallèle est tentant mais il me semble, au-delà des mots et des formules, incorrect. Dans le premier cas, n’est-ce pas une assurance comme quoi ce que les profanes percoivent n’est pas représentatif de la chose dans son ensemble (c’est toujours heureux de le rappeler) et ne saurait jamais l’être ? Alors que, dans le second cas, les conséquences de ce mal qu’est la pensée unique sont visibles depuis des années dans ses effets dévastateurs sur la société et son éco-système. C’est pourquoi, plutôt que les « laïcs du monde économique », ce sont plutôt les « convertis du monde politique » (mais aussi intellectuel, managerial etc) qui devraient reconnaître leurs affaiblissement critique global et qu’il n’y aura « plus jamais ça encore ». En bref, le premier est un appel à la claivoyance face aux excès de l’illumination et le second serait un mea-culpa en bloc pour un éblouissement déjà trop prolongé. Mais ça, à part sous la contrainte d’un champ de ruine ou d’un chant révolutionnaire…

  18. Bonsoir à tous
    Pour le vive les grecs, je me réjouis du plaisir de mes amis grecs que j’ai au téléphone ce soir.
    Pour le grand espoir du lendemain du grand soir grec au son des bouzoukis, le billet de F. Lordon sur le futur possible de la Grèce et de Syriza met un peu d’amertume dans raki hélas….Mais à chaque jour suffit sa joie et sa peine.

    Je suis toujours fasciné par ceux qui vont justifier les auto da fés, les exclusions et les bannissements de tout ce qui les dérange dans la déclaration des Droits de l’Homme….
    Jugements qui leur suppose une qualification et une habilitation que nulle organisation ou personne ne peut leur conférer!
    Il est vrai que le terrorisme est historiquement une création du gouvernement révolutionnaire français. Stratégie féroce et cruelle destinée à réduire ses opposants, notamment en Vendée. Le mot même de Terreur fait chapitre du programme d’histoire de France et désigne, non, pardon: HABILLE PROPREMENT la chose.!
    Et voilà que l’on crie haro sur les bons élèves!
    Comme le disait André Pousse dans les films d’Audiard: « Va comprendre, Charles! »

    Cordialement
    Steve

  19. La laïcité telle qu’on la pratique en France dans l’enseignement conduit à mon avis de grandes lacunes.

    On peut par exemple n’avoir jamais rien lu de la Bible, du Nouveau Testament ni du Coran et ne pratiquement rien connaître des principales religions actuellement pratiquées après une scolarité normale. C’est probablement le souci de ne choquer personne qu’avaient mes professeurs qui l’explique, mais à part la justification de la réforme protestante par des pratiques telles que les ventes d’indulgences ou la description des ennuis de Galilée avec l’Église, la version de l’histoire telle qu’elle nous était présentée était abondamment expurgée des effets souvent désastreux de croyances religieuses differentes les unes des autres sur le comportement de ses acteurs.

    Le recours à la laïcité étant le résultat d’un grand nombre d’expériences passées très douloureuses, nous gagnerons beaucoup à une connaissance plus largement partagée de ce qui se produisait avant qu’on y ait recours.

    On pourrait bien sur aussi souhaiter que personne ne puisse terminer sa scolarité en n’en sachant si peu que c’est le cas actuellement sur la monnaie, les prix et toutes ces sortes de choses, mais pour le moment ça semble relever de l’utopie …

    1. Pas mal de Shoah pour faire réfléchir, quand même. A ce sujet, paradoxalement et à cause de la prochaine disparition des survivants, mon impression de « on en fait trop sur la Shoah » d’il y a 10-15 ans s’est dissipée. A l’époque, je me disais « pour vivre heureux vivons caché », en parler tout le temps conduit aux remarques antisémites sur les intellos juifs surreprésentés etc.
      Aujourd’hui, je pense que la situation se prête davantage à utiliser la Shoah dans l’enseignement. Le point délicat est comment compléter dans l’enseignement par une mention comme quoi Israël est un sujet dissocié dont les actes sont le choix de son gouvernement (afin d’écarter la tentation du « deux poids deux mesures »).

      1. Comment, Timiota ? Peut-être en leur parlant aussi d’une certaine «sionologie » soviétique qui a produit et produit encore des petits «sionologues» à la pelle, surtout «à gauche», jusque sur le BJ, comme de bien entendu…

      2. S’agissant des grecs, voilà ce qui va se passer.

        Le parti va échouer lamentablement, en se faisant des illusions sur l’euro. L’Allemagne va en plus savonner la planche.
        Résultat, la prochaine fois, aux élections, l’extrême droite sera élue.
        L’extrême droite quittera l’euro
        Tout le monde constatera au bout de 3 ans que le pays va beaucoup mieux depuis qu’il n’est plus intégré à la zone euro.
        Il sera suivi par l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Allemagne…
        Ce sera la fin de la zone euro.

        Horizon: 5 ans max.

      3. Simplette, vous vous la pétez, là !

        S’agissant des grecs, voilà ce qui va se passer.
        Le parti va échouer lamentablement, en se faisant des illusions sur l’euro. L’Allemagne va en plus savonner la planche.

        Dix scénarios différents du vôtre sont possibles, et surtout, l’état de l’union à la fin 2015, 1. est imprévisible, et 2. sera surprenant.

        Syriza aura au plan extérieur un pouvoir de négociation énorme pour au moins deux raisons: d’abord, la panique de la contagion à l’Espagne, à l’Italie, et à quoi encore, qu’éprouvent et éprouveront tous ceux qui sont sur la ligne Merkel, avec l’irruption probable du grand format espagnol en novembre sur une ligne Podemos, et ensuite, l’implacabilité du discours « vrai » qu’Athènes va opposer à l’UE et que la presse mainstream et les politiciens conservateurs vont avoir beaucoup de mal à contester.

        S’agissant des « illusions sur l’euro » , elles ne sont pas chez Syriza, mais clairement du côté des créateurs et défenseurs de l’Euro. Ça commence à se savoir et se dire sur tout l’éventail politique (politicien). D’innombrables citoyens anonymes ont en Europe compris la toxicité des politiques d’austérité. Il faut certaines conditions pour que cela se traduise électoralement. Ces conditions pour le moment sont réunies, de manières différentes car adaptées à la réalité locales, dans deux pays, la Grèce et l’Espagne.

        (Entre parenthèses, nous voyons combien les vieux cadres nationaux restent les lieux significatifs des vrais enjeux.)

        L’Allemagne ne va pas capituler, comme me dit un correspondant, c’est certain! Je suppose que c’est ce que vous voulez dire avec votre « L’Allemagne va savonner la planche. » Mais l’Allemagne (de droite) est à la fin de son hégémonie gramscienne, et voici que commence pour elle une ère de contestation intérieure ET extérieure très vive.

        Si la Grèce quitte un jour la zone euro, ce pourrait très bien être l’oeuvre de Syriza, qui a toutes sortes de stratégies de réserve, non proposées en public, n’en doutez pas.

        Quant à votre crainte (ou souhait?)

        Résultat, la prochaine fois, aux élections, l’extrême droite sera élue.

        je pense que vous pouvez l’oublier.
        La moitié des députés d’extrême droite grecs sont actuellement en prison, et leurs excès de langage et de corruption les ont plutôt discrédités.

      4. Au sortir de la seconde guerre mondiale il était courant d’expliquer les horreurs commises envers les juifs par des traits de caractère « spécifiquement allemands ».

        Cette espèce de « racisme » anti-allemand était d’autant plus commode qu’il permettait de laisser dans l’ombre le racisme anti-juif de beaucoup de français (racisme à propos duquel les ils s’étaient divisés lors de l’affaire Dreyfus) et que ça prolongeait une longue tradition d’hostilité envers l’Allemagne en tant qu’ennemi héréditaire…

        En résumé « Personne n’est obligé d’être aussi cons que ses ancêtres » devrait être le slogan privilégié par les enseignants à propos de toutes ce passé peu reluisant ;*)

    2. Je souscris à vos observations.
      Elles mettent en lumière que les réalités dont on évite de parler à l’école (qu’elles concernent la religion ou l’économie), ont toutes les chances d’être occultées (et d’autant plus difficiles à interroger) pendant une ou plusieurs générations. Il en va de même, naturellement, pour ce dont on évite de parler en famille.

    3. C’est pas le souci de choquer personne.
      C’est:
      1/ l’athéisme militant et enragé (intégrisme matérialiste) sous couvert de laïcité (ce que certains rapeurs appelent désormais « le laïcisme ».
      2/ le positivisme scientiste et sa distinction entre faits et valeurs, toute science véritable ne s’intéressant qu’aux faits bien entendu et jamais aux valeurs (ca leur a tellement bien réussi, cette pseudo science politique moderne et « amorale » (tiens… comme la science économique!) qu’elle n’a même pas été capable de reconnaître le totalitarisme pour ce qu’il était!).
      3/ Sur qu’on évite de comparer, en cours, les morts dus aux athées et les morts dus aux guerres de religion. En comparaison, qui aura fait, historiquement, le plus de dégats? L’Eglise catholique ou l’avidité de la JP Morgan/Goldman Sachs? L’islam ou les extremistes communistes athées avec leur dizaine de millions de morts (chrétiens) au compteur en union soviétique?
      Pitié pour les religions!
      De toutes la pire est sans aucun doute celle de l’athéiste occidental lambda (vous savez celle qui hésite entre se prosterner devant sa propre image et réinventer un homme nouveau… hier le surhomme aujourd’hui la transhumanité voire l’extinction complète de l’espèce au profit de robots… mais c’est vrai que c’est finalement le même vieux fond ideologique tout ça… l’atheisme, le nihilisme, et le projet de mort qui l’accompagne toujours).

      La laïcité authentique pour moi, c’est:
      – port autorisé de tous les signes religieux distinctifs à l’école pour les élèves
      – uniforme obligatoire
      – cours d’histoire des religions (animisme inclu)/cours d’histoire des institutions politiques (cathéchisme politique)
      – interdiction du port de signes religieux pour les professeurs et le personnel d’encadrement

      Ils ont choisi les options inverses. Sur que c’était mieux pour le business et la propagande. On voit le résultat. Bande de fous…

      1. Enseigner aux enfants les religions(animisme inclu), sous le prisme de l’art, de la littérature, de la poésie, du cinéma, de la science, pour une entrée apaisée et créative vers l’Autre.

      2. « Les signes distinctifs religieux  » , ce ne sont pas des uniformes ?

        Athéisme n’est pas laïcité , une fois de plus .

        Et si l’on peut être les deux , comme j’ai le sentiment de l’être , qui ne le comprend pas est encore un dictateur .

      3. Simplette, au fil des posts, cette discussion semble vous rendre de plus en plus nerveux (-se) et péremptoire. Au delà des horreurs commises par les uns et les autres, on peut aussi s’efforcer d’étudier leurs origines communes ou semblables, en luttant (y compris avec soi-même) pour les dépasser. C’était en tout cas le sens de mon billet.

        Naturellement, si tout est verrouillé partout et si l’Apocalypse est au menu quoi qu’il arrive, autant ne pas perdre son temps à discuter.

      4. Puisque vous avez des fourmis dans les doigts…

        Je ne comprends pas votre rage contre l’athéisme? Ne confondez-vous avec un combat politique, l’anti-cléricalisme? Je ne connaît rien de plus tranquille que l’athéisme d’évidence de la masse de gens que je fréquente, pour qui CE N’EST PAS UN SUJET…je veux dire qu’à aucun moment de leur vie, dans le cours d’une journée, dans les projets qu’ils forment les discussion qu’ils ont cela n’apparait (pas plus que je sais pas moi… la légitimité d’Hugues Capet, la variation du prix du blé au VII° siècle. Faut-il encore se poser le problème de la génération spontanée etc).

        Idem avec « matérialisme »…Peut-être confondu avec consumérisme, et donc toute la machinerie du capitalisme contemporain vidant de substance toute existence?

        Quant à nihilisme -contraction de « nihil est absoluto » me semble-t-il, je ne vois pas le problème pour qui connait le trajet historique et les enjeux de cette réflexion. Le transhumanisme n’est pas l’homme surmonté qu’envisage Nietzsche…Je pense aussi que la démocratie est en un sens fondamentalement et heureusement nihiliste. C’est ce qui fait qu’on brûle plus les pédés par ex. Qu’on dépénalisera nécessairement l’accès aux moyens de la décision personnelle de fin de vie, qu’on peut souhaiter un espace public où une gothique sera dans le métro assise à côté d’une femme voilée etc.

  20. Les textes anciens sont une mine inépuisables pour les interpréteurs du dimanche de tout poil. Si on devait juger de l’humanité des français se basant sur les paroles de la Marseillaise, c’est pas gagne !

    1. Bonne remarque .
      Le sujet est souvent venu sur le tapis , en des lieux ou sous des plumes très différentes . Il m’est arrivé de signer des pétitions pour la modification des paroles de notre hymne , qui est avant tout un chant de guerre dans une guerre en cours .

      On dit , sans doute à raison que les gaulois ( et le peuple français jusqu’à ces jours ) étaient batailleurs et guerriers . Quand je fait l’arbitre dans des bagarres entre mes petits enfants , parfois entre frères et sœurs , je m’interroge chaque fois sur les fondements de cette pulsion animale , qui a quelques vertus et beaucoup de défauts , utile par le repérage de la différence et du trop , malédiction quand elle poursuit jusqu’à l’extermination de l’autre repéré .

      Finalement , je préfère que la Marseillaise garde ses paroles , comme le témoignage de la violence qu’il a fallu à une certaine époque . Pour le futur , la question est alors de savoir s’il nous faudra un  » hymne » guerrier pour se défendre des dogmes .

      Ou même s’il nous faudra un hymne , et si oui de quel niveau : combat ? Ode à la joie ? les deux ? autre chose ?

      En tant que haut savoyard d’adoption , je connais surtout le chant des Allobroges , qui associe un air entraînant pouvant être martial , à des paroles plus « politiques » .

      1. Il y a aussi cette version possible chantée par …une grecque. Elle évoque d’ailleurs pas mal des interrogations portées sur ce blog .

        Mais la liberté a-t-elle vraiment un drapeau ?

        https://www.youtube.com/watch?v=Sv87ESHXMSg

        Faut il aussi un hymne universel à l’Egalité? à la Fraternité ?

        La laïcité n’en a pas besoin . C’est elle qui permet toutes les musiques et toutes les paroles .

  21. Je voudrais développer l’hypothèse partant du point de départ que l’homme serait un être social, profondément social. A cette nature répondrait un besoin communautaire, dit autrement en des termes plus audibles pour la France, le besoin d’avoir une place dans un cadre fraternel. A ce besoin communautaire universel répondent des cultures construisant des fraternités. L’histoire en a produite de très diverses, plus ou moins incompatibles. La laïcité qui sépare politique et religieux, est une tentative pour fournir un cadre conciliant ces cultures inconciliables. Mais affirmer notre laïcité, notre athéisme politique, sans proposer la maison laïque commune la plus accueillante qui soit, c’est comme proposer à quelqu’un d’une autre culture qui a un abri, une maison qui lui est familière et accueillante, de le mettre dehors. La laïcisation proposée dans la loi de 1905 fournit un cadre commun (une alternative pour les pays composés, comme la France, de cultures d’origines différentes, est le multiculturalisme, exploré en UK, il semble que cette voie éprouve aussi quelques difficultés) sans pour autant brutaliser exagérément les cultures de fraternisation différentes que nous accueillons. Ce cadre n’est pas suffisant, c’est comme le terrain, à nous de trouver les moyens de passer de notre société de l’exclusion à une société hospitalière plus riches en places.

    1.  » à nous de trouver les moyens de passer de notre société de l’exclusion à une société hospitalière plus riches en places. »

      Faut être « libéral » pour trouver cette réponse définitive à un schmilblick fondamental, qui, jusqu’à présent, était resté dans les limbes du non-dit.

      Je fais un pari: vous vous dégagez ( par le haut) du libéralisme – il n’aura été qu’une étape sur le chemin de la Liberté- et, ce faisant, vous nous dites Comment faire pour bazarder l’exclusion
      et la remplacer par une Société d’amour inclusive offrant des places riches…

  22. Pour mémoire, en collision frontale avec ce sympathique petit billet, 10 ans déjà mais toujours on ne peut plus valide : Patrick Haenni, L’Islam de marché. L’autre révolution conservatrice, Paris, La République des Idées/Seuil, 2005

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