Le (non-)rôle de la conscience

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Timiota me signale un article récent (14 novembre 2017) en anglais intitulé Chasing the Rainbow: The Non-conscious Nature of Being, par David A. Oakley et Peter W. Halligan. Dans cet article est défendue la même thèse que celle que j’avais développée dans un article publié en 1999 dans la revue L’Homme intitulé Le secret de la chambre chinoise : du rôle non-causal de la conscience, et dont j’avais résumé l’argument dans Le dernier qui s’en va éteint la lumière (2016 : 143-150).

J’avais consacré un billet à ce sujet, au tout début du blog (14 avril 2007). Je le reproduis ici.


L’énigme de la chambre chinoise

Jean–Luce Morlie s’était montré chagriné de ce que je disais de la conscience dans « Apprendre en se lisant » et il revient à la charge dans un commentaire sur mon billet suivant, « Ce que le chat de Schrödinger en pense, lui ».

Comme j’ai un jour consacré Le secret de la chambre chinoise », L’Homme, 150, 1999 : 177-202.

(2) Searle, John R., Minds, Brains and Science, The 1984 Reith Lectures, Londres : BBC, 1984 : 32-33.

(3) C’est sur l’impossibilité pratique de réaliser cette tâche qu’avait achoppé la linguistique transformationnelle de Chomsky.

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Depuis sa création, apparemment en 2006, mon entrée en anglais dans Wikipedia mentionne ceci :

Memory and consciousness

In an article published in 1999, Jorion offered a new theory of consciousness which goes beyond the Freudian notion that some of our decisions have unconscious motives by suggesting that in fact all our decision-making has unconscious roots, revealing freewill to be an illusion.

Consciousness is shown to be a consequence of a mechanism allowing us to perceive as simultaneous the sensations produced separately by our five senses, a necessary preliminary to creating memory traces, that is, also, the prerequisite to any learning process. Drawing the consequences of an observation made by Benjamin Libet, that intention is an artifact as it springs to consciousness half a second later than the action it is supposed to have generated, Jorion further suggested that consciousness errs when it assumes to be the cause of human actions while it is nothing more than an ancillary consequence of the registration process that allows memory to accrue.

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J’étais revenu sur le sujet, le 7 avril 2012, dans NOTRE CERVEAU : CONSCIENCE ET VOLONTÉ

Le biologiste François Jacob a utilisé à propos de notre cerveau, une image admirable : le cerveau humain est conçu, dit-il, comme une brouette sur laquelle aurait été greffé un moteur à réaction. Par cette image frappante, il attirait notre attention sur le fait que notre cerveau n’est pas constitué comme une machine d’une seule pièce. Il y a en son centre, le cerveau reptilien, appelé ainsi parce qu’il possède déjà la même structure chez le reptile, et le cerveau des mammifères s’est construit comme une couche additionnelle, absolument distincte : le cortex est d’une autre nature que le cerveau reptilien. Lequel est celui des sens, de la réaction immédiate, celui du réflexe, de l’affect, comme s’expriment les psychologues.

Le cortex s’est spécialisé dans le raisonnement, dans la réflexion rationnelle, l’enchaînement des arguments, le calcul mathématique, tout ce qui est de l’ordre des symboles, et il est greffé sur ce cerveau reptilien qui est lui d’une nature purement instinctive, ce qui fait que nous réagirons par l’enthousiasme ou par la peur devant ce que notre cerveau-cortex aura déterminé de faire. Les plus beaux exemples dans ce domaine, ce sont bien sûrs les traders qui nous les proposent. Ceux d’entre mes lecteurs qui connaissent des traders savent que le jour où ils ont gagné beaucoup d’argent ils sont dans les restaurants et les bars des beaux quartiers, ils fument de gros cigares et boivent beaucoup, alors que les jours où ils ont perdu des sommes impressionnantes, on les voit beaucoup moins : ils sont à la maison, ils essaient de dormir et ont pris des cachets pour tenter d’y parvenir.

Une autre caractéristique de notre cerveau, c’est que la conscience que nous avons de ce que nous faisons, cette conscience n’a pas véritablement été conçue comme un instrument qui nous permette de prendre des décisions. Quand les psychologues sont allés expérimenter, dans les années 1960, autour de la question de la volonté, ils ont fait la découverte sidérante que la volonté apparaît dans le cerveau après qu’a été réalisé l’acte qu’elle est censée avoir déterminé. La représentation de la volonté que nous allons poser un acte, n’intervient en fait qu’une demi-seconde après que l’acte a été posé, alors que l’acte lui-même a pu être réalisé un dixième de seconde seulement après l’événement qui en a été le véritable déclencheur.

Le psychologue qui a découvert cela est Américain et son nom est Benjamin Libet (1916-2007). La première hypothèse qu’il a émise, quand les faits lui sont apparus dans toute leur clarté, a été d’imaginer qu’il existait un mécanisme dans le cerveau qui permet à une information de remonter le temps. Son explication première n’a pas été que « volonté » est un mot dénotant un processus illusoire, une mésinterprétation de notre propre fonctionnement, mais que la volonté devait bien – comme nous l’imaginons spontanément parce que les mots de la langue nous le suggèrent fermement – décider des choses que nous allons accomplir, et que la seule explication possible était que la volonté remonte dans le temps pour poser les actes que nous supposons qu’elle détermine, seule manière de rendre compte du décalage d’une demi-seconde observé.

Il n’y a donc pas comme nous l’imaginions avant la découverte de l’inconscient, une conscience décidant de tous nos actes, à l’exception des actes réflexes. Il n’y a pas non plus, comme Freud l’avait imaginé, deux types d’actes : les uns déterminés par la conscience et les autres par l’inconscient, il n’y a – du point de vue décisionnel – qu’un seul type d’actes, déterminés par l’inconscient, la seule différence étant que certains apparaissent dans le « regard » de la conscience (avec une demi-seconde de retard sur l’acte posé), et certains non.

Dans l’article où je proposais pour la première fois une théorie complète de la conscience tenant compte des découvertes de Libet, j’écrivais : « la conscience est un cul-de-sac auquel des informations parviennent sans doute, mais sans qu’il existe un effet en retour de type décisionnel. C’est au niveau de l’affect, et de lui seul, que l’information affichée dans le regard de la conscience produit une rétroaction mais de nature « involontaire », automatique » (Jorion 1999 : 179). Je suggérais alors de remplacer, pour souligner les implications de la nouvelle représentation, le mot « conscience » par « imagination », et le mot « inconscient », par « corps », pour conclure alors que toutes nos décisions sont en réalité prises par notre corps mais que certaines d’entre elles (celles que nous avions l’habitude d’attribuer à notre « volonté ») apparaissent à notre imagination : « En réalité, la prise de décision, la volonté, a été confiée au corps et non à l’imagination » (ibid. 185).

Il restait à comprendre pourquoi le regard de la « conscience » est apparu dans l’évolution biologique. L’explication – en parfait accord avec les observations de Libet – est qu’il s’agit d’un mécanisme nécessaire pour que nous puissions nous constituer une mémoire (adaptative) en associant à nos percepts, les affects qu’ils provoquent en nous, et ceci en dépit du fait que les sensations en provenance de nos divers organes des sens (nos « capteurs »), parviennent au cerveau à des vitesses différentes (ibid. 183-185).

Les observations de Libet, et la nouvelle représentation de nos prises de décision qui en découle, ont d’importantes conséquences pour nous, et en particulier quand nous voulons reconstruire sur un nouveau mode la manière dont nous vivons. Il faut que nous tenions compte du fait que notre conscience arrive en réalité toujours quelque temps après la bataille.

Il y a des gens heureux : ceux dont la conscience constate avec délice les actes qui ont été posés par eux. Il n’y a pas chez eux de dissonance, il n’y a pas de contradiction : nous sommes satisfaits de constater notre comportement tel qu’il a eu lieu. Et c’est pour cela que l’affect n’est pas trop déçu de ce qu’il observe. L’affect réagit bien entendu : soit il cautionne ce qu’il peut observer comme étant à l’œuvre, soit il est déçu quand il constate le résultat. On peut être honteux de ce qu’on a fait. Nous pouvons nous retrouver parfaitement humiliés par les actes qui ont été posés par nous : par ce que la conscience constate après la bataille. En voici un exemple : je me trouve dans le studio de FR 3, pour l’émission « Ce soir (ou jamais !) », et la personne invitée pour la partie musicale en fin d’émission, c’est Dick Rivers, et je lui dis : « C’est formidable, cette époque où vous chantiez avec Les chaussettes noires ! », et il me répond : « En réalité, le nom de mon groupe, c’était Les chats sauvages ». J’étais tellement humilié d’avoir commis une pareille bévue ! Il s’agit là d’un exemple excellent de dissonance, et ma conscience qui intervenait avec une demi-seconde de retard était extrêmement gênée de devoir être confrontée au triste sire que j’étais.

Bien sûr, nous sommes devenus très forts dans notre manière de vivre avec une telle dissonance : nous réalisons des miracles en termes d’explications après-coup de notre propre comportement. J’écoute parfois, comme la plupart d’entre nous, des conversations dans le métro ou dans le bus où une dame explique à l’une de ses amies à quel point elle était maître des événements : « Elle m’a dit ceci, et tu me connais, je lui ai répondu du tac-au-tac cela, et tu aurais dû voir sa tête… ». Nous sommes très forts à produire des récits autobiographiques où nous intégrons l’ensemble des éléments qui font sens dans une situation, après coup. Plusieurs concepts de la psychanalyse renvoient aux différentes modalités de nos « rattrapages après la bataille », quand la conscience constate les dégâts que nous avons occasionnés par nos actes et tente de « faire avec » : la psychanalyse parle alors d’élaboration secondaire, de rationalisation, de déni, de dénégation, etc.

Pourquoi est-ce important d’attirer l’attention sur ces choses ? Parce que nous contrôlons beaucoup moins de manière immédiate ce que nous faisons que nous ne le laissons supposer dans les représentations que nous en avons. Dans celles-ci, nos comportements sont fortement calqués sur ce qu’Aristote appelait la cause finale : les buts que nous nous assignons. Bien sûr, quand nous construisons une maison, nous définissons les différentes étapes qui devront être atteintes successivement et nous procédons de la manière qui a été établie. Nous avons la capacité de suivre un plan et un échéancier, de manière systématique, mais la raison n’est pas, comme nous le supposons, parce que nous procédons pas à pas, d’étape en étape, mais plutôt parce que nous avons posé la réalisation de la tâche comme un « souci » projeté dans l’avenir, souci dont l’élimination nous délivrera et nous permettra… de nous en assigner de nouveaux. Encore une fois, c’est l’inconscient ou, si l’on préfère, le corps, qui s’en charge. J’écrivais dans le même article : « Wittgenstein s’est souvent interrogé quant à la nature de l’intention. Il se demande par exemple, « ‘J’ai l’intention de partir demain’ – Quand as-tu cette intention ? Tout le temps : ou de manière intermittente ? » (Wittgenstein 1967 : 10). La réponse à sa question est en réalité « tout le temps dans le corps et de manière intermittente dans l’imagination » » (ibid. 189).

Mais dans nos actes quotidiens, dans la façon dont nous réagissons aux autres autour de nous, parce que nous vivons dans un univers entièrement social, il faut que nous prenions conscience du fait que nous avons beaucoup moins de maîtrise immédiate sur ce que nous faisons que nous ne l’imaginons le plus souvent, une maîtrise beaucoup plus faible que ce que nous reconstruisons par la suite dans ces discours autobiographiques que nous tenons : dans ces discours de rationalisation, d’autojustification faudrait-il dire, que nous produisons à l’intention des autres. Il faut bien dire que, sachant comment eux-mêmes fonctionnent, ils n’y croient pas en général. Et nous en sommes les seules dupes.

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Jorion, Paul, « Le secret de la chambre chinoise », L’Homme 150, avril-juin 1999 : 177-202

Wittgenstein, Ludwig, Zettel, Oxford, Basil Blackwell, 1967

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97 réflexions sur « Le (non-)rôle de la conscience »

  1. Je suis un peu circonspect sur les concepts d’épaisseur et d’acuité , mais je crois aussi que l’on ne peut avancer celui de « conscience  » sans parler d’abord de celui de  » temps » .

    C’est d’ailleurs ce qui me fait toujours me « réfugier » dans mon propre repérage articulé en quatre temps ( passé , hors temps , « présent », avenir ) , en notant aussi que , de cette bande des quatre , le « présent » est celui qui a le moins de réalité car il est toujours déjà mort quand on en parle .

    Et c’est bien le secret de la « survie »: se nourrir du passé et de la mémoire , imaginer sans cesse , organiser et réorganiser sans cesse la réalité proche , désirer et préparer un futur .

    A quoi sert la conscience toujours « en retard » ?

    A donner à nos temps , celui de vivre , et échapper autant que possible à celui que certain appelait « le temps des codes  » .

    Même si je connais davantage Baudelaire que Jérémie :

    https://www.youtube.com/watch?v=ZpKb5I6kxbM

    1. Je note au passage que c’est notre rapport individuel et/ou collectif aux temps , qui fondent aussi en grande partie notre rapport avec :

      – l’argent ( qui est du temps parait il ),
      – le travail ( on travaille pour de l’argent donc du temps , on mesure et distribue le temps de travail …)
      – le pouvoir ( la maîtrise des horloges et des codes , mécaniques ou numériques , en atteste )
      – l’infini ,
      – le début et la fin , la naissance et la mort ,mariage de Chronos et Kronos ,
      – la mesure du réel ( rotation de la terre , saisons , retour de comètes …) . Bizarrement , on a parfois la prétention de jouer « en temps réel » .
      – l’unification ( chère à Einstein ) avec le temps soit disant universel . Alors que grâce à lui , on devine qu’il y a en fait une infinité de temps en relation avec la masse et la vitesse , et que le temps est lié à l’espace ;
      – le bonheur ( bon et sale temps , après la pluie le beau temps )
      – …

      Sartre est aussi à relire sur cette relation entre le temps et la conscience ( l’Etre et le Néant :  » Sans la succession des « après » , je serais « tout de suite » ce que je veux être ) .Ou Lamartine , ou Rivarol , ou Saint Augustin , ou Kant , ou Goethe , ou celui là , libanais , que j’ai retrouvé :

      « L’instant est le creuset , la matrice du temps,
      si l’homme ne produit pas , le temps n’existera pas ,
      si l’homme produit , le temps devient espoir,
      il faut que chaque instant soit producteur de son temps . »

      Saïd Akl .

      Mais le temps des hommes et leur « production » passent par : Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant .

      1. … et la musique.
        La musique s’exprime « dans » une temporalité présente « étirée », non dans un instant pur.
        Le rythme et la mélodie ne se déploient à la conscience sans un minimum « d’épaisseur » temporelle.
        La musique serait impossible en une conscience limitée à un instant pur.
        Une succession de notes non reliées par une conscience déployée en une temporalité transcendant l’instant resterait une collection plate, insensible.
        Considérations bassement techniques (mea culpa), qui s’effacent bien sûr devant la sensibilité qu’elles permettent.

    2. « Même si je connais davantage Baudelaire que Jérémie »

      Merci Juan, un instant de grâce, en conscience, offert par la voix et le sourire de S. Reggiani.

  2. « Epaisseur temporelle » : métaphore spatiale par défaut (pour la distinguer du terme de « durée », déjà trop chargé d’acceptions multiples et sous-entendant souvent un aspect de devenir) ; métaphore sommaire tentant de rendre compte de l’observation suivante.

    L’instant pur (de « durée » nulle ou d’épaisseur temporelle nulle) correspond à un cliché figé, dénué de temporalité.
    Inclus dans la temporalité, son être s’anéantit car son existence se réduit à une durée nulle. Temporellement, une non-existence.

    Une collection non synthétique de clichés figés reste, quant à elle, une collection de clichés figés, non reliés et inaptes à inclure le mouvement (le changement, le devenir, la temporalité, etc.), que l’on observe pourtant à la conscience « présente ». Ce présent n’est pas un instant pur.
    Pour que cette collection, a priori non reliée (comme un livre d’images, ouvert et figé à un endroit), génère la sensation et la notion de devenir en acte, la conscience doit au moins relier deux instants successifs et les comparer … « en même temps », dans un présent conscient (d’épaisseur temporelle non nulle), fugace certes et qui se transforme assez vite en passé (en moins d’une seconde).
    La conscience montre ainsi ce pouvoir de relier en un « devenir présent » (plus « épais » qu’un instant pur), plusieurs clichés pour faire du présent un devenir en acte (incluant les sensations de mouvement, changement, apparition, disparition … toutes sensations et notions impossibles à intégrer dans un instant pur).

    Ce « présent conscient », exprimant un devenir en acte et non une image figée, se « présente » comme incluant conjointement un passé en disparition, un présent fugace et un futur en naissance ; cette « synthèse présente en acte » semble avoir une « épaisseur temporelle » de l’ordre de la fraction de seconde (entre un vingtième de seconde et une seconde, environ car l’évaluation subjective de cette « épaisseur » reste délicate voire impossible).

    Le « hors temps », métaphore spatiale aussi par défaut (nous manquons ici de vocabulaire, ce qui témoigne de notre pauvreté culturelle dans l’étude de la temporalité, notre culture semble principalement spatiale), pourrait aussi se décliner en plusieurs notions non exhaustives et plus complexes.

  3. « Acuité temporelle » consciente : autre métaphore spatiale, inspirée du pouvoir de résolution en optique ; la capacité de la conscience à distinguer deux événements (sur le plan subjectif conscient) séparés par un laps de temps (sur le plan objectif) donné.

    On observe (subjectivement) aisément que la conscience n’a pas un pouvoir de résolution suffisant pour distinguer, par exemple, des événements faisant partie d’une suite de 100 événements distincts étalés sur une seconde.
    On observe aussi que cet exploit est devenu possible si la suite s’étale sur 100 secondes.

    Ce pouvoir de résolution temporelle se situe ainsi dans une fourchette approximative comprise entre 0,01 seconde et 1 seconde.
    On peut ainsi s’amuser, à partir d’un matériel rudimentaire, à expérimenter cet écart entre deux évènements, temporellement distincts sur le plan subjectif de la conscience.

    En se basant sur la résolution temporelle consciente des sensations visuelles, on arrive à une limite inférieure d’environ un vingtième de seconde … alors que le mécanisme optique (œil/cerveau) est capable d’une meilleure précision.
    Cette distinction entre performances conscientes et inconscientes constitue la base du procédé des images subliminales, insérées dans une séquence cinématographique.
    La résolution temporelle des mécanismes visuels inconscients est meilleure que les performances de la conscience.
    Ceci permet d’introduire, dans une suite de 24 images par seconde, une image (publicitaire ou autre) distinguée par le système visuel inconscient mais pas par la conscience elle-même.

    Ce pouvoir de résolution temporelle de la conscience, nommée ici par défaut « acuité temporelle », se trouverait ainsi dans une fourchette approximative de 1/20 à 1 seconde.
    Avec un matériel adéquat, il devrait être possible d’expérimenter plus finement cette « acuité temporelle consciente ».

    Ces premières expérience approximatives (images subliminales) ne sont évidemment pas suffisantes car elles introduisent éventuellement un biais propre aux mécanismes visuels.
    Il serait nécessaire d’expérimenter plus en profondeur.
    Mais cette première approximation suffit ici pour le présent exposé, lequel a surtout pout objectif d’introduire la notion elle-même, plus que son évaluation quantitative.

    1. @pascal
      donc, à titre « indicatif »,
      vous proposez (une campagne de) mesure de l’instant présent câlé entre passé simple et futur antérieur… 😉

      Soit plus de mesures pour moins d’évaluations.
      Avec ce genre de collection, l’IA saura mieux utiliser que nous ces conjugaisons !

  4. L’épaisseur temporelle de la consciente est logiquement plus grande que l’acuité temporelle.
    L’acuité temporelle nécessite d’inclure au moins deux événements temporellement distincts à l’intérieur de l’épaisseur temporelle.

    Pour comparer à l’optique, la finesse de résolution est incluse dans l’angle du champ de vision, sinon la vision se réduirait à une tache uniforme.
    On extrapole aisément cette réflexion visuelle aux considérations temporelles propres à la conscience.

    1. Ça permet de se rappeler que Descartes s’était lui aussi intéresser à l’optique ( la dioptrique ).

      Si l’on suit notre rapport à  » l’IMAGE » depuis l’antiquité , on pourrait hâtivement conclure que la conscience c’est l’image , voire le SENS ( comme le faisait Octavio Paz ). Aristote prétendait d’ailleurs que « jamais l’âme ne pense sans image » . Selon certains , même Dieu , cet inconscient, nous aurait fait à son « image » et ressemblance …

      Mais je ne sais pas ce qu’en penseraient les aveugles de naissance dont j’ai déjà fait remarquer ici qu’ils étaient majoritairement joyeux !

      1. Une autre symbolique de la Genèse nous serait plus qu’utile, si nous la placions au croisement de la Psychanalyse et de l’Intelligence Artificielle. Freud, en son temps, et dans le nôtre : celle de Caïn, d’Abel, et de Seth venu plus tard… afin de remplacer le second.

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