Archives par mot-clé : Bretton Woods

UN AUTRE G20 POUR RIEN ? OU BIEN… OU BIEN…

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Bien sûr, trois quarts au moins du temps qui aurait pu être consacré aux objectifs prédéfinis du G20, l’ont été plutôt à éponger les sueurs froides suscitées par la fronde initiale de Georges Papandréou (dont on saura cette nuit à minuit s’il est toujours carrosse ou est redevenu citrouille) et à tenter de maîtriser le dérapage de l’Italie (dont le prix d’un sauvetage éventuel dépasse et de loin les fonds disponibles dans la caisse du Fonds Européen de Stabilité Financière), et l’aboutissement de ce sommet en termes de résultats tangibles est certainement l’un des plus décevants des récents G8 et G20 (même si ceux qui l’ont précédé ont fait que la barre est désormais placée très très bas). Et pourtant, l’on constate comme un frémissement qui oblige à se poser la question : en viendrait-on finalement à prendre le taureau par les cornes – du moins sur le papier ?

C’est que même si les réponses apportées sont inadéquates, les questions posées semblent enfin baliser le problème dans son ensemble. En particulier pour ce qui touche à la reconstitution d’un ordre monétaire international – le plus récent étant né à Bretton Woods en 1944 et étant mort de sa belle mort en 1971 par une décision unilatérale du président Richard Nixon.

Les cotisations au Fonds Monétaire International – et donc le poids décisionnel des nations contributrices – représenteront désormais, et toujours davantage, le véritable poids économique des nations. Ceci signifie que l’on émerge enfin d’une hiérarchie de la puissance fondée sur l’ordre politique hérité de la guerre froide, pour entrer dans une nouvelle logique : celle de la réalité économique présente.

Ceci ne ferait qu’entériner bien entendu le déplacement d’un certain arbitraire vers un autre, si ne se dessinait pas en filigrane, comme l’ordre monétaire à venir, celui proposé sans succès par John Maynard Keynes en 1944, qui vise lui à une pacification des relations économiques entre nations. Va également dans ce sens d’une pacification, le fait que les aides financières ponctuelles accordées par le FMI à des pays en difficulté, ne seront plus nécessairement associées à l’obligation pour les bénéficiaires de se couler dans le moule ultralibéral qui était devenu l’image de marque du FMI : réductions budgétaires imposées dans des domaines aussi futiles du point de vue des marchés que l’éducation ou la santé par exemple. Encore que, comme l’ont montré des événements récents, la diète imposée au peuple grec relève toujours de la même philosophie hayékienne, de la confirmation dans ses droits du nouvel ordre féodal fondé sur une aristocratie de l’argent.

Va-t-on suffisamment vite dans la bonne direction ? Évidemment non, et l’écroulement final aura lieu bien avant que l’on n’atteigne les échéances fantaisistes par leur optimisme que le G20 mentionne dans son communiqué final : 2013… 2015… 2016…, mais ce qui s’esquisse cependant, c’est une prise de conscience « conceptuelle » : que c’est le cadre-même qu’il s’agit de changer, et que les rafistolages au sein d’un ordre caduc pris comme argent comptant ne déboucheront plus jamais sur rien.

Mine de rien, c’est le constat de la fin de l’hégémonie américaine qui se lit dans ce communiqué final d’un G20 caractérisé par ailleurs par son encéphalogramme plat. Ce n’est pas grand-chose peut-être, mais à l’échelle de l’histoire, ce n’est certainement pas rien.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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« GOUVERNER, C’EST CHOISIR » : RÉPONSE À PIERRE SARTON DU JONCHAY, par Zébu

Billet invité. Zébu revient en particulier sur la notion de valeur et le fonctionnement d’un marché international de compensation monétaire – le bancor de Keynes – en réponse au billet de Pierre Sarton du Jonchay « Pourquoi convoquer un nouveau Bretton Woods »

Il me semble que nous en avions déjà discuté mais le système proposé par Keynes ne s’appuyait effectivement pas sur l’existence de marchés, a fortiori à terme : en quelque sorte, son Bancor était auto-suffisant, pour définir la compensation des balances commerciales, sources selon lui des déséquilibres monétaires et donc des déséquilibres mondiaux.

De ce que j’en ai compris, des règles de gestion de tels déséquilibres avaient été intégrées dans ce système, soit par la bivalence dévaluation/réévaluation, soit par des systèmes d’ancrage relatif à un panier de biens (avec un système notamment uniquement d’entrée de compensation par or), soit par un système de pénalités financières (en +/-).

C’est pourquoi je ne conçois toujours pas l’intérêt ni de réintroduire le concept de valeur, même de manière temporaire, pour définir le prix des monnaies, ni non plus la nécessité de créer une option dont l’objet serait d’anticiper sur des marchés monétaires d’éventuels déficits commerciaux.

Le système de Keynes se suffit à lui-même, sans les marchés, et c’est justement un de ses atouts les plus importants, que de pouvoir se passer et du concept fallacieux de la valeur et d’une gestion soit-disant transparente par ces mêmes marchés, sous prétexte de ne pas introduire le politique dans la gestion monétaire…

Bien au contraire : « Gouverner, c’est choisir ».

C’est le rôle même de la politique.

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CONVOQUER BRETTON WOODS SUR LE DÉFAUT DU 2 AOÛT, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Convoquer un Bretton Woods dès aujourd’hui est une urgence absolue : le défaut sur la dette publique étatsunienne est avéré et profond même si un relèvement provisoire du plafond est voté. Il n’y a plus aucun étalon international sûr pour adosser la liquidité internationale. L’implosion est enclenchée.

Un système monétaire multi-étalons n’aura aucune viabilité car les zones monétaires vont être en conflit permanent pour l’évaluation des dettes internationales. Le système financier exacerbera les conflits pour faire monter les primes de change et les primes de crédit. La spéculation va exploser et mettre États et économie réelle à genou. Les peuples auront le choix entre l’esclavage ou l’émeute.

Si les politiques veulent garder la main et conserver un minimum d’État de droit, ils n’ont pas d’autre possibilité que la compensation internationale des crédits et des monnaies. C’est aux Européens de le proposer aux États-Unis à partir de l’expérience européenne de régulation financière publique multinationale. Une compensation mondiale par une monnaie commune d’équité financière.

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L’actualité de la crise : JUSQU’OÙ, JUSQU’À QUAND ? par François Leclerc

Billet invité.

La crise américaine présente trois niveaux de lecture.

Le premier est politique et illustre le violent affrontement en cours, qui vise à faire perdre les prochaines présidentielles à Barack Obama, à tout prix. Le second est social et analyse les effets dans la société américaine, ainsi que ses conséquences politiques profondes. Le dernier est économique et financier et déborde par nature du cadre américain, étant donné le caractère mondial de la crise financière.

Les trois ont leur calendrier propre, mais ils se conjuguent et dominent la scène internationale, étant donné leurs répercussions potentielles, ainsi que le rôle du dollar et de la dette américaine dans le système financier.

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SCHEMA DE DEMANTELEMENT DE LA CIVILISATION, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Déséquilibre irréversible de l’économie mondiale par la crise des produits dérivés subprimes

Enchainement des causes depuis 1945 :

Fonctionnement asymétrique du dollar dans le système monétaire international de Bretton Woods

Accumulation de créances internationales sur l’économie étatsunienne afin d’alimenter l’économie mondiale en liquidités

Concentration des risques de crédit mondiaux sur les emprunteurs étatsuniens ayant accès au refinancement de la Fed

Réexportation, par la titrisation, des risques de nationalité étatsunienne sans compensation de capital

Crise générale de solvabilité du système financier occidental par destruction de sa capitalisation réelle

Mise en œuvre des garanties publiques partiellement libérées par la relance budgétaire et monétaire

Crise de solvabilité publique, maintien de la liquidité nominale du système par le quantitative easing

Déconnexion de politique monétaire et financière de l’économie réelle

Enchainement des causes financières :

Accumulation de pertes financières latentes non comptabilisés dans les bilans bancaires adossées aux déficits et dette publiques

Stimulation de la liquidité financière par les dettes publiques et refinancement illimité des banques centrales aux États et banques « too big to fail »

Fuite de la liquidité hors des économies occidentales, croissance mondiale réelle inférieure à la croissance de la masse monétaire

Inflation dans les pays émergents, augmentation des prix nominaux à terme des actifs durables dans les pays développés

Chômage et déflation par insuffisance de la demande dans les pays développés, trappe fiscale de liquidité

Impossibilité de dévaluer les monnaies occidentales par rapport aux monnaies en excédent de balance des paiements, valeur des monnaies déconnectée de la réalité visible

Pas de régulation des déséquilibres financiers par ajustement rationnel et négocié des parités de change.

Déstructuration des équilibres politiques internationaux et domestiques

–      Énonciation des résultats probables ou avérés :

–      Tension entre les États débiteurs pour la captation de l’épargne mondiale

–      Instabilité des changes par transferts financiers internationaux non négociés des pertes de crédit non calculées

–      Baisse du niveau de vie des classes moyennes et inférieures, accroissement des écarts de revenu

–      Démantèlement des solidarités sociales publiques de répartition des revenus vitaux

–      Divergence des économies de la zone euro, éclatement à terme par impossibilité de dévaluation dans les pays insolvables

–      Menace d’effondrement général économique et politique par illiquidité des monnaies et des échanges monétisés, avènement de la sauvagerie financière universelle

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OPTION DE PRIX UNIVERSEL DE LA VALEUR, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Restaurer la démocratie par la pacification monétaire mondiale

Le marché dirigé par la personne, existant de la société, n’a jamais existé dans l’histoire de l’humanité car il aurait obligé un pouvoir politique à se subordonner au privilège d’une autre personne que lui-même à fixer librement le prix des objets de valeur. Le pouvoir financier international anonyme est parvenu à asservir le pouvoir politique par son extra-territorialité issue de la mondialisation. La seule possibilité de restaurer la suprématie du pouvoir politique sur le pouvoir financier est l’instauration d’un marché financier international régulé par le droit personnel des démocraties nationales. La démocratie ne peut reprendre le contrôle de la finance sans s’en remettre à l’effet de la responsabilité personnelle dans l’exercice du pouvoir politique ou du pouvoir financier. L’hypothèse d’un modèle unique de démocratie mondiale est un leurre car elle supprimerait la concurrence historique des sociétés à la discussion du bien commun. Un gouvernement mondial est inéluctablement exposé à la dégénérescence impérialiste comme il en est de tout temps et actuellement des organisations géopolitiques trop puissantes.

En revanche, la création de l’euro dans un ensemble géopolitique régi par le principe de la démocratie montre que la discussion du bien commun par une monnaie commune oblige les pouvoirs politiques à se jauger réciproquement selon la valeur qu’ils produisent effectivement. Le recyclage de l’épargne sur un marché multinational dans une même monnaie oblige les gouvernements au calcul de leur prime d’option de légalité budgétaire. Les gouvernements se soumettent au jugement du marché sur les promesses qu’ils font à leurs électeurs. Ils sont obligés par l’effet économique réel de leurs promesses. Il ne leur est pas possible de soustraire l’économie à la démocratie sans que cela se voit par la mise au chômage des citoyens ou par le surendettement public. Une même monnaie entre plusieurs démocraties permet aux électeurs de dénoncer les injustices économiques et aux épargnants de mettre en doute une anticipation électorale fausse de la croissance de valeur.

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LES ÉTATS-UNIS ET LEUR PONT TROP LOIN

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Ce sont donc 880 milliards de dollars que les États-Unis répandront sur le monde dans les huit mois à venir : les 600 milliards annoncés hier lors d’une réunion de la Fed et les 35 milliards mensuels autorisés en août pour remplacer les instruments de dette adossés à des prêts hypothécaires de leur portefeuille qui viennent régulièrement à échéance.

Les États-Unis sont dans la mouise jusqu’au cou et se sont dit : « Pourquoi ne pas faire régler l’ardoise par les autres ? » Au sein du pays lui-même on parle plus pudiquement d’« efforts pour soutenir l’économie ». Et pourquoi pas ? Pourquoi ne pas tirer sur la ficelle encore un coup ? Pourquoi ne pas tirer parti une fois encore du statut de nation émettrice de monnaie de référence, statut que les autres pays ont continué de lui reconnaître même après 1971, même après que la parité-or du dollar convenue à Bretton Woods en 1944 a été dénoncée par Nixon.

Près de quarante ans donc que le dollar continue sur sa lancée, sur la fiction que sa valeur repose sur quelque chose de solide comme du bon vieux métal jaune. Quarante ans dont la justification repose seulement sur le bon renom des États-Unis ou pour dire les choses plus crûment, sur la délégation qui leur a été faite d’être le gendarme du monde.

Seulement, pour que puisse se perpétuer la convention que l’économie des États-Unis constitue une bonne approximation de l’économie du monde en général, il faudrait que cela reste plus ou moins vrai. De même d’ailleurs pour la convention que l’Amérique est le gendarme du monde, gendarme que l’on aimerait – soit dit en passant – en possession de toutes ses facultés mentales.

Le monde décidera s’il veut ou non encore du dollar comme monnaie de réserves et de référence. Le petit garçon dans la foule qui dira que le roi est nu est désigné d’avance : il a pour nom la Chine. Le monde est suspendu à ses lèvres. Va-t-il ouvrir la bouche pour dire ce que tout le monde pense secrètement déjà : « Mais ce n’est plus que de la monnaie de singe ! » La réponse nous viendra peut-être dans une dizaine de jours à Séoul. Le G20 aurait servi pour une fois à quelque chose.

On saura de toute manière un jour ou l’autre si les États-Unis, avec leur nouvel assouplissement quantitatif, sont allés cette fois un pont trop loin. Il vaut mieux que le monde en tout cas soit prêt à cette éventualité.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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Bancor : L’appel de Zhou Xiaochuan, dix-huit mois plus tard, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Il y a dix-huit mois

Le 23 mars de l’année dernière, dans un texte intitulé : « Réformer le système monétaire international », Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque Populaire de Chine (PBC), la banque centrale chinoise, établissait un bilan précis et étayé de la crise mondiale dans sa dimension monétaire. Il expliquait que l’actuel système international, fondé sur l’utilisation d’une monnaie nationale, le dollar américain, est inédit dans l’histoire monétaire mondiale.

Jusqu’en 1971, le dollar a été admis par les accords de Bretton Woods comme unité de compte et de réserve internationale équivalente à un poids constant d’or à raison de 35 dollars pour une once. En aout 1971, le Président Nixon décidait unilatéralement de suspendre la convertibilité du dollar en or à un prix fixe. À partir de cette date, la monnaie a changé de nature, en rupture avec la conception multi-séculaire qui avait prévalu jusque là. La Réserve Fédérale des États-Unis ne garantit plus la conversion de ses crédits contre une quantité certaine de métal. Le dollar n’est plus alors que la représentation comptable d’un crédit auprès de la Fed, échangeable contre n’importe quel bien ou service réel mais à un prix flottant au gré du marché.

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La paix monétaire, par Pierre Sarton du Jonchay

Compensation dans l’espace et le temps

La guerre des monnaies oppose les États émetteurs de monnaie de réserve aux États épargnants nets vis-à-vis du monde. Les monnaies de réserve sont le dollar, l’euro, le yen, le franc suisse ; toutes les monnaies qui peuvent être détenues quelle que soit sa nationalité et qui sont facilement convertibles en actifs financiers, en matières premières ou en d’autres monnaies. Une réserve de valeur internationale utilise une monnaie facilement convertible en n’importe quel objet de valeur en n’importe quel lieu aux prix les plus stables possibles.

Le motif de détention d’une réserve internationale est à la fois présent, passé et futur. L’acquisition d’une réserve impose d’avoir exporté des marchandises et d’en conserver la créance sur l’acheteur ; ou sur le prêteur de l’acheteur. Il est possible d’acquérir une réserve simplement en empruntant, c’est à dire en promettant un remboursement financé par des exportations futures au bénéfice direct ou indirect du prêteur. Les réserves internationales existent par le décalage dans le temps des exportations réglant des importations. Ce décalage est financé par les zones politiques émettrices de monnaie de réserve : elles prêtent aux pays déficitaires en empruntant aux pays excédentaires.

Au motif passé de détention d’une réserve par des exportations incomplètement compensées par des importations, répond le motif futur. L’emprunteur de réserve prévoit d’exporter plus dans l’avenir tandis que le prêteur de réserve prévoit d’importer plus dans l’avenir. L’existence de la réserve monétaire internationale traduit un équilibre de projet entre les pays temporairement déficitaires et les pays temporairement excédentaires. Il s’agit d’un équilibre logique où l’emprunteur croit qu’il pourra produire la valeur du remboursement et le prêteur croit qu’il recouvrera la contrevaleur de ses réserves épargnées.

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Qu’est-ce qu’un système monétaire?, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

A la proposition d’un étalon monétaire international, « aliena » oppose une analyse pointue des mythes de l’étalon-or et des changes fixes. Cette démonstration compare le défunt système de Bretton Woods et l’actuel système de « fiat currency ». Bretton Woods avait retenu la définition des monnaies en poids d’or avec convertibilité par le dollar. Le fiat currency system (FCS) se contente d’une définition des monnaies par elles-mêmes. Instituées par les lois nationales, les monnaies sont dites inconvertibles : le prix de la monnaie en or ou en toute autre matière n’est pas défini. Deux monnaies différentes s’échangent au prix d’équilibre de l’offre et de la demande à l’instant où il est calculé. Les conversions effectives de l’une par l’autre déterminent la parité de change.

Le FCS s’inscrit dans une dialectique de la valeur intérêt public/intérêt privé alors que le Gold Exchange Standard (GES) de Bretton Woods s’inscrivait dans la dialectique paix/guerre internationale. Le GES organise la finance internationale pour éviter les guerres entre les États mais délaisse la question de la légitimité de chaque puissance publique. Le FCS pose l’existence de la paix internationale et veut régler la collaboration entre intérêt public et intérêt privé dans chaque sphère politique nationale. La fiat currency associée aux changes flottants permettent à ceux qui produisent la valeur réelle, les entrepreneurs et les travailleurs de statut public ou privé, d’échapper au moins partiellement à la dépense nominalement publique qu’ils ne contrôlent pas. C’est à dire la dépense vendue verbalement aux électeurs par la dette publique non adossée à la valeur réelle.

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Le temps qu’il fait, le 27 août 2010

L’adresse de Nicolas Sarkozy aux ambassadeurs
Réfléchir aux leçons de l’histoire
L’Afghanistan
La spéculation sur les matières premières
Le désordre monétaire international : un vrai nouveau Bretton Woods
Les discours d’Alan Greenspan
La Chine comme soutien du système monétaire international

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Comment la vraie monnaie va chasser la fausse, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

La monnaie entre la matière et l’esprit

Quantification de la valeur dans le temps

Depuis des milliers d’années, la monnaie est un outil empirique de mesure de la valeur. L’homme a besoin d’attribuer des prix aux objets matériels pour les produire et les échanger. Pour transformer la matière physique, il lui est nécessaire de se la représenter par des nombres. La valeur mérite d’être produite si le nombre de la destruction de valeur qu’elle impose demeure inférieure au nombre du résultat de la production. Décider de produire quelque chose, c’est juger que la chose est potentiellement rentable pour soi-même. Cette rentabilité se confirme par l’échange avec un autre, quand le nombre attaché à ce qui est acheté à l’autre reste supérieur au nombre attribué intérieurement à l’objet de la vente. Tous ces nombres sont des prix. Ils forment un système logique de valeur d’action propre à chaque personne individuelle.

Les prix pour soi-même ne sont pas visibles. Ils sont intérieurs à la personne du sujet du raisonnement économique de la valeur. En revanche, par le marché, sont visibles les prix d’échange de ce qui est consommé pour produire et finalement vendu à un autre qui va consommer. Les prix visibles sont des nombres partagés entre plusieurs personnes pour un même objet échangé sur le marché. Les prix visibles s’inscrivent dans les limites invisibles propres à chaque agent économique. Le prix de la vente se réalise effectivement dans l’échange si le prix de la production a été anticipé en dessous du prix de l’objet acheté en contrepartie. Personne ne produit pour de l’insatisfaction nette à terme. L’unité de compte des prix visibles marchands et invisibles personnels est commune aux individus dans la collectivité marchande ; donc commune à tous les objets de valeur formés dans la société. L’unité de compte de la valeur est la monnaie dont la matière est le fruit de la pensée économique rationnelle des personnes en société.

La monnaie est un système logique de valeur sociale qui naît des échanges des objets matériels entre personnes. Une société construit un réseau d’échanges qui détermine un marché. De l’ensemble des échanges du marché, naît un ensemble de prix associant à chaque instant dans la durée un nombre à chaque objet. Si la société a institué un objet de référence, tous les prix s’expriment par une quantité de cet objet. La relation de cet objet à l’unité de valeur est la définition matérialisée de la monnaie, la matérialité du sens social des nombres que les individus attachent aux objets produits et échangés. La matérialité monétaire transpose la conception de la valeur dans les limites de la matérialité physique des objets économiques. La matérialité monétaire n’est pas naturelle mais culturelle. Elle résulte de l’exercice de la liberté humaine dans l’attribution d’un prix aux objets de transformation de la matière physique. Par le calcul économique, la personne physique décide ou non de s’engager dans la transformation de la matérialité physique. Ce qui est vendu a été physiquement produit par une nécessité de calcul qui n’est pas une nécessité physique. La nécessité libre du calcul dégage une valeur ajoutée qui motive la production et l’échange.

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CNIR des Verts, samedi 19 – dimanche 20 juin 2010

Je suis intervenu hier au CNIR (Conseil National Interrégional) des Verts, qui se tient en ce moment à Paris. On m’avait demandé de commenter / décrire le contexte de la « Motion 6. Face à la crise : refonder le modèle européen », ce que je fis volontiers.

Aussitôt après mon intervention, on m’a proposé que la motion soit modifiée avant son vote selon mes indications. J’y ai lu un témoignage très flatteur de la sagesse qu’on m’attribue mais cela me semblait précipité. J’ai décliné, préférant dire que je m’associerais volontiers aux discussions ultérieures. Le temps gagné de cette manière m’a d’ailleurs permis de consacrer davantage de temps aux questions des intervenants qui m’interpellaient directement.

J’ai proposé d’ajouter à la motion un ensemble de mesures que je prône de longue date :

1) L’interdiction des stock-options, 1) facteur majeur dans la stagnation des salaires depuis les années 1980, 2) cause du court-termisme des entreprises focalisées désormais sur la hausse du prix de leurs actions, et 3) origine de la financiarisation généralisée du monde de la production.

2) La mise en place d’un nouveau Glass-Steagall Act (1933 – abrogé en 1999) séparant les établissements financiers en deux catégories distinctes : d’une part ceux qui se consacrent au crédit et à l’intermédiation de manière générale (banques commerciales) et d’autre part ceux qui se consacrent à des opérations sur fonds propres (banques d’investissement). Aux États-Unis, la « Volcker Rule » ou la « Section 716 » du Financial Overhaul présentée par la sénatrice Blanche Lincoln, représentent des reconstructions partielles du Glass-Steagall Act.

3) L’interdiction des paris sur les fluctuations de prix. Prohibant la spéculation pure et simple, cette interdiction cantonnerait l’action des banques d’investissement au « socialement utile », ce qui équivaudrait à réduire leur activité – à vue de nez – de 80 %, dégageant ainsi des fonds importants pour l’économie réelle dans une perspective renouvelable et durable.

4) La mise sur pied immédiate d’un authentique Bretton Woods II, pour répondre au vide que créera l’écroulement imminent de l’euro et du (dés-)ordre monétaire actuel dans son ensemble. Deux objectifs : 1) créer des zones économiques cohérentes (équilibrées quant aux importations et aux exportations) sous-tendant des monnaies régionales ; 2) réguler le commerce international (et la circulation des capitaux) à l’aide d’une Chambre de Compensation Multilatérale évaluant les opérations entre zones économiques / monétaires dans une monnaie de compte (bancor).

On a parlé de beaucoup d’autres choses encore : Où est passé l’An 2000 ? les gains de productivité ont été confisqués par les actionnaires et dirigeants d’entreprises ; Pourquoi ne peut-on pas ignorer les agences de notation ? elles déterminent le prix et donc le montant de la dette ; Et l’industrie de l’armement dans tout ça ? La crise des subprimes est le 1er épisode de la guerre sino-américaine, etc. etc.

Merci à ceux qui m’ont accueilli avec chaleur, désignant le siège vide qui m’attend si j’avais envie de me joindre. Je pense en particulier à Cécile Duflot et à Anne Souyris, merci à elles.

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