Le temps qu’il fait, le 27 août 2010

L’adresse de Nicolas Sarkozy aux ambassadeurs
Réfléchir aux leçons de l’histoire
L’Afghanistan
La spéculation sur les matières premières
Le désordre monétaire international : un vrai nouveau Bretton Woods
Les discours d’Alan Greenspan
La Chine comme soutien du système monétaire international

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226 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 27 août 2010 »

  1. « Art. 1 : « Il est interdit à quiconque d’exploiter le travail de quiconque, sous peine d’emprisonnement. » » (JeanNimes)

    « Les ouvriers… doivent inscrire sur leur drapeau le mot d’ordre révolutionnaire: «Abolition du salariat», qui est leur objectif final. » Karl Marx (Le salariat)

    Est-on sûr que de vouloir leur imposer notre came est mieux que eux ne nous vendent la leur ?

    Drogue ou asservissement volontaire, chacun son truc… »Naturellement, celui qui partage encore un délire ne le reconnaît jamais pour tel. » (Freud, Malaise dans la civilisation) : logique donc que nous nous cherchions à remodeler et donc à défendre notre délire. C’est rassurant et caractéristique de toute bonne drogue.

    Pour ne pas rater notre crise de civilisation, il serait peut-être temps et bon de dire les choses comme elles sont, plutôt que d’avancer à coup de sous-entendus, qui peuvent par le biais du bouche à oreille devenir des malentendus : toute démarche en faveur d’un capitalisme éthique ne peut que confirmer la mort dudit capitalisme et non l’amender. Par définition. Par antinomie. Et, par conséquence, le salariat sera également condamné. Prenons alors conscience de l’énormité des forces d’auto-défense que le système va produire. La seule solution valable est alors l’anticipation, qui seule pourrait permettre au système de baisser la garde, de se sentir rassuré quant à son avenir…puisque lui en proposant un !

    Nous sommes le système : et à force d’avoir peur de l’avenir, d’avoir peur d’affronter la réalité de notre vie, individuellement, nous produisons un système qui ne peut que chercher à répondre à nos attentes, et donc à nos peurs. Ce qui produit fort logiquement un déni de crise de civilisation.

    Ça fait un moment que ça dure…et ça commence à faire long.

    PS : conseil de lecture : « La crise comme suicide manqué du capitalisme », in « Journal d’un économiste en crise », par Oncle Bernard, dans le Charlie hebdo du 25 août). Extrait : « C’est une attitude d’enfant gâté-pourri et qui pourrit non seulement la vie des gens mais aussi le monde. Le capitalisme n’existe que par trois phénomènes concomitants permanents : la servitude volontaire des salariés, l’insatisfaction perpétuellement renouvelée des consommateurs [sans ça, pas de croissance] et le saccage systématique du monde. »

    1.  » La domination objective, abstraite, impersonnelle, propre au capitalisme est, semble-t-il, intrinsèquement liée à la domination des individus par leur travail social. »
      Moishe Postone. Temps, travail et domination sociale. Editions Mille et une nuits.

      « La liberté ne peut consister qu’en ceci : les producteurs associés – l’homme socialisé – règlent de manière rationnelle leurs échanges avec la nature et les soumettent à leur contrôle commun au lieu d’être dominés par la puissance aveugle de ces échanges. »
      Karl Marx. Capital, livre III, conclusion.

    2. Marlowe,

      Quand j’ai écrit « Pour ne pas rater notre crise de civilisation, il serait peut-être temps et bon de dire les choses comme elles sont, plutôt que d’avancer à coup de sous-entendus… », je n’avais pas lu ce billet de François Leclerc !

      Que voulez-vous dire : « Mais quand même, je crois qu’il ne faut pas confondre cause et conséquence ! » ?

  2. @ Goban

    Dans un monde bipolaire Chine et Amérique s’affronteront inévitablement. La paix ne peut venir que d’une troisième force avec les alliances fluctuantes dont parlait Orwell. Pensez une partie de Go impossible à gagner sur un go-ban triangulaire … Cette troisieme force est L’Eurasie qui naitrait de l’intégration à l’UE de la Russie.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/05/21/bien-plus-loin-que-loural/

    Pierre JC Allard

    1. Avec une UE infoutue de seulement intégrer la Turquie? Vous rêvez. Je comprends ce rêve mais je n’y crois plus.
      Poutine, qui est en train de marquer durablement la Russie, pour le meilleur ou pour le pire qu’importe, me parait pencher nettement vers l’Est et l’Asie, comme vers la Turquie d’ailleurs. Les accords du « Shanghai Five » [Organisation de coopération de Shanghai (OCS) avec la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan] avec ces deux géants continentaux (l’Inde, véritable sous-continent, étant par trop « décalée ») tellement complémentaires ne me semblent pas devoir être révolus de sitôt pour ces deux empires.
      Si ces géants se rapprochent, ce n’est pas à la légère et pour quelques raisons de pure circonstance.
      La géographie, les conditions économiques et énergétiques du moment, l’inexistence politique et militaire européenne ainsi bien sûr que les formidables pressions US aux frontières ne peuvent que rendre ce rapprochement incontournable et irréversible avant quelques temps. Et quelques temps pour la Chine ou la Russie…

    2. Le jour où il y aura une Eurasie intégrant l’UE et la Russie, il n’y aura plus de puissance US. Suffit de voir une carte du monde pour comprendre que le contrôle du continent eurasiatique est essentiel. D’où la vadrouille ricaine en Afghanistan et autres contrées hostiles. D’où les bases militaires de Gibraltar au Japon.
      N’oubliez pas les bases militaires US, elles partiront pas. Et tant qu’elles seront là, l’UE ne sera qu’un vassal qui ne peut certainement pas faire mumuse avec les russes au-delà d’un certain seuil.
      Ne rêvons pas, ils ont essayé de s’en débarrasser au Japon de leur base ricaine et hop le gouvernement a sauté. Le seul espoir c’est l’effondrement de la puissance US, toute seule comme une grande. Et si ce jour arrive, on aura d’autres chats à fouetter que s’acoquiner avec les russes.
      En résumé, totalement irréaliste cette alliance.

    3. @ Moi :
      La perfide albion au Japon ?
      Incredible …

      Okinawa, sans doute ?

      Pour le este, entièrement d’accord.
      Sauf que, à mon sens, comme l’entendais De Gaulle, c’est la seule solution viable.
      Géopolitiquement, j’entends, pour l’UE.

      Il faudrait vraiment que cela aille mal pour les ricains en Astan pour que cela advienne, néanmoins.

  3. Si le Portugal lançait un emprunt à 10 ans, il devrait payer un taux d’intérêt de 5,495 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Si l’Irlande lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 5,720 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

    Si la Grèce lançait un emprunt à 2 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,595 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

    Si la Grèce lançait un emprunt à 10 ans, elle devrait payer un taux d’intérêt de 11,446 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

  4. Que se passerait-il s’il arrivait qu’un crack ou qu’une bulle (immobilière, financière ou monétaire) explosait en Chine si comme vous le souligner la Chine tient à bout de bras le système ? Quelles seraient les conséquences pour la Chine elle-même et pour l’Occident ? En voyant votre analyse, on peut aussi se demander pourquoi l’Occident a arrêter de parler des droits de l’homme et du citoyen aux dirigeants de ce pays ? Merci pour votre blog et d’avance pour les réponses à ces questions !

    1. En Allemagne, après une interview de l’américain Max Keiser, collaborateur du Huffington Post, le bruit court que la Chine envisagerait d’imposer l’étalon-or, dès l’écrasement définitif de l’économie US, soit dans un à deux ans. Seulement une rumeur ? D’autres pays du BRIC seraient d’accord et feraient de même.

      En lisant attentivement une demi-douzaine de blogs économiques allemands, je constate que tous parviennent à la même conclusion en cette fin du mois d’août: la deuxième chute boursière est toute proche. Certains contributeurs accusent ouvertement la politique et la banque allemandes d’y concourir par leurs décisions inappropriées (refus de Bâle III entre autres, 750 Mrd perdus d’avance, austérité pour ‘satisfaire les marchés’ …)

      Que s’est-il passé vendredi 26/8, vers 15h30 – 16h GMT, sur la plupart des places boursières ? Chute d’environ 2% puis remontée.

      Wolfgang Munchau, dans le Financial Times Deutschland résume la situation en ces termes :

      « Dans l’attente du deuxième choc :(…) la première crise financière n’a pas été suffisamment destructrice pour que l’on réforme la finance. »
      http://www.ftd.de/finanzen/maerkte/:kolumne-wolfgang-muenchau-warten-auf-den-zweiten-einschlag/50160771.html

      Je dirais plutôt : les politiques ont cédé à la finance pour ne rien réformer. Ils n’ont désormais plus aucune marge de manœuvre.
      Si elle se laisse faire, la classe moyenne disparaîtra, et pas qu’aux USA.

    2. Le monnaies reposent sur le dollar et le dollar ne vaut plus rien. Il faut une nouvelle monnaie qui fasse consensus et il est urgent de la créer. On se bouscule aujourd’hui à barrière de départ pour savoir qui payera les dettes, mais on scotomise l’évidence que les pauvres ne peuvent rien payer puisqu’ils n’ont rien et que c’est donc les riches qui payeront.

      Qui payera qui et dans quelle proportion ? « Ce sont la jeux de princes…  » Un mauvais moment a passer pour le « monde ordinaire », mais nous vivrons d’ici 5 ans dans une nouvelle société . Plus égalitaire… mais plus autoritaire.

      http://nouvellesociete.wordpress.com/2009/07/05/regler-la-crise-financiere/

      Pierre JC Allard

  5.  » Le vin est défendu, car tout dépend de qui le boit, – Et aussi de sa qualité et de la compagnie du buveur. – Ces trois conditions réalisées, tu peux dire : – Qui donc bois du vin, si ce n’est le sage ? »

    Les quatrains d’Omar Khayyam.

  6. « on peut aussi se demander pourquoi l’Occident a arrêter de parler des droits de l’homme et du citoyen aux dirigeants de ce pays  »
    Peut-être parce que ce qui nous attend ici (sous peu) ressemblera un peu à ce qu’ils connaissent là-bas ? N’avez-vous pas aussi l’impression que les Chinois ne sont pas (tous) demandeurs de l’application de ces droits tels que nous les définissons ? Leur modèle de société communisto-confucianiste s’en accommode mal ! Et puis, la croisade pseudo-bienveillante visant à répandre les « droits de l’homme » (c’est-à-dire avant tout la « liberté » de faire du business avec les US) finira comme a fini la furie évangélisante des puissances coloniales à l’époque : elle nous ressemble trop pour leur plaire.

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