Archives par mot-clé : Brexit

« Bande de sales communistes ! »

Je vous ai reproduit dans mon dernier billet la réaction de la Maison-Blanche au témoignage hier de William « Bill » Taylor, par le biais de sa secrétaire de presse Stephanie Grisham : « une campagne coordonnée de calomnie de la part de députés d’extrême-gauche et de bureaucrates radicaux non-élus en guerre avec la Constitution ».

Il faut dire que le compte-rendu des événements, quasi minute par minute devant la commission du Congrès étudiant l’éventualité d’un impeachment, laissait peu de place à une contestation des faits. Il ne restait alors que l’argument « Bande de sales communistes ! », auquel M. Trump lui-même n’avait pas hésité à recourir lors de son affrontement à la Maison-Blanche le 16 octobre avec une délégation du Parti démocrate : « Il y a des communistes impliqués [en Syrie], ce que vous les gars, aimez peut-être ».

On parle beaucoup en ce moment de l’avocat actuel de M. Trump : Rudolph Giuliani, chef officieux donc de la « seconde équipe » du Président en Ukraine : celle travaillant – jusqu’à récemment – sous les ordres directs de Trump. On parle moins de Michael Cohen, son avocat précédent, sous les verrous  pour trois ans, pour avoir fait ce que son client lui demandait. On parle encore moins du premier avocat de Trump : Roy Cohn.

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22/10/19 : Brexit Live

M. Johnson espérait obtenir ce soir le feu vert pour son plan de Brexit « formule express » en trois jours.

Manque de pot, les parlementaires britanniques viennent de rejeter sa feuille de route par 322 voix contre 308.

Ah la la ! C’est vraiment dur de mettre en oeuvre ce Brexit ! Serait-ce parce que c’est impossible ? Je finis par me le demander 😀 !

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21/10/19 : Brexit Live

Comme personne ne sait ce qui se passera aujourd’hui (voir 19/10/19 : Brexit Live), je saute immédiatement à mercredi.

Deux motions (amendments) seront soumises au vote, l’une qui conditionne un soutien à l’accord de M. Johnson avec l’Union européenne à la tenue d’un second referendum, l’autre qui conditionne un soutien à l’accord au maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière européenne.

Si l’une ou l’autre passe, M. Johnson exaspéré préférera sans doute appeler à de nouvelles élections législatives mais il faut pour cela soit que le Premier ministre ait perdu la confiance de la Chambre, soit qu’il ait l’accord de deux tiers des députés.

Conclusion : brouillard persistant et épais sur Westminster.

16h40 : Le « Speaker », John Bercow, déclare que la motion de Brexit présentée par le gouvernement est essentiellement la même que celle qui fut soumise samedi, et qu’un vote serait par conséquent « contraire à l’ordre ».

Conditions atmosphériques inchangées donc.

18h41 : Confirmation que, dans les termes de l’accord négocié par Johnson, la circulation des marchandises d’Irlande du Nord vers d’autres régions du Royaume-Uni nécessiterait que soient remplis des formulaires signalant une « exportation ». Ouch !

Nigel Farage jubile, dénonçant un Johnson « prêt à naufrager le Royaume-Uni ». 

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20/10/19 : Brexit Live

M. Boris Johnson a demandé à l’Union européenne un ajournement du divorce. C’est la loi qui l’y oblige. L’amendement Benn le forçait à le faire hier avant 23h. L’amendement Letwin voté hier par une majorité de 322 contre 306 visait à interdire les détournements / contournements de l’esprit de l’amendement Benn dans la période qui s’ouvrirait hier à 23h01.

Pour montrer sa désapprobation, le Premier ministre n’a pas signé la lettre que la loi l’obligeait d’envoyer. Il a joint une lettre, signée par lui, demandant à l’Union européenne d’ignorer l’autre, demandant qu’elle refuse l’ajournement jusqu’au 31 janvier parce qu’il se fait fort de faire voter le Brexit (le vote qu’il espérait hier mais qui fut châtré par l’amendement Letwin) à la date initialement prévue (en fait, le second report) du 31 octobre. Les commentateurs juridiques soulignent que sa lettre enfreint clairement la loi et pourrait donner lieu à un recours devant les tribunaux. Il y a une 3e lettre, de l’ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’UE, expliquant toute l’affaire.

Comme je vous l’expliquais hier, nul ne sait exactement ce qui se passera lundi.

Les manifestants hier, au nombre sinon d’1 million, au moins dans les centaines de milliers, réclamaient un nouveau referendum.

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Le 19 octobre 2019 : Résultat des courses à Westminster

On allait voir ce qu’on allait voir ! Le Brexit, ce serait (enfin) aujourd’hui, le « Peuple » (incarné par M. Boris Johnson – quelle que soit la plausibilité que ce clown « né avec une cuiller d’argent dans la bouche » puisse incarner le « Peuple ») allait enfin l’emporter !

Le Peuple (le vrai), vous avez pu le voir dans la rue : on parle d’un million de manifestants anti-Brexit aujourd’hui à Londres. Le vrai peuple avec ses pancartes « Johnson marionnette de Poutine ».

Si je vous disais : « Demain matin la lune aura été transformée en Roquefort », vous me diriez : « C’est impossible ! », mais quand je répète depuis juin 2016 (date du referendum) que « Le Brexit, c’est impossible », parce qu’il n’y a pas moyen de le faire, vous êtes encore nombreux à me dire : « Mais le ‘Peuple’ a voté ‘pour’ à 51,89% ! » Et si le « Peuple » votait à 99,999% pour que la lune soit du Roquefort demain matin, que croyez-vous qu’il se passerait ?

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2 documents US + Le Brexit idéal, le 17 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de 2 documents US + Le Brexit idéal, le 17 octobre 2019

Bonjour, nous sommes le jeudi 17 octobre 2019 et j’ai deux documents à vous montrer. Le premier, je vous le montrerai, je l’imprimerai. Vous pourrez le voir, il sera en annexe, sur mon blog, à cette petite vidéo. Je vous le montre là. Vous avez peut-être déjà reconnu  la signature. Je vais vous le lire. Je vais commencer par vous lire ça. J’ai un autre document dont on parlera après.

Ça dit la chose suivante : « Travaillons à un bon accord ! Tu ne veux pas être responsable du massacre de milliers de gens, et moi je ne veux pas être responsable de la destruction de l’économie turque – ce que je ferais. Je t’ai déjà donné un petit échantillon en rapport avec l’affaire du Pasteur Brunson » (je vous dirai de qui il s’agit).

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19/10/19 : Brexit Live

Le débat a lieu en ce moment à la Chambre des Communes sur l’accord de Brexit que M. Johnson a obtenu de l’Union européenne.

Pour un point sur la question : ce que j’en disais avant-hier. En résumé, si M. Johnson n’obtient pas la majorité, toutes les options sont à nouveau sur la table ; s’il obtient la majorité, il faudra alors déterminer les conditions et le calendrier combiné du Brexit et de nouvelles élections législatives.

Les dés seront-ils jetés d’une manière ou d’une autre aujourd’hui ? Uniquement si M. Johnson fait passer sa proposition sans qu’aucun des amendements qui seront soumis aux parlementaires ne soit voté. 

Si l’amendement Letwin (prolongement de l’ancien amendement Benn excluant un Brexit sans accord mais qui arrive à échéance à 23h aujourd’hui) est voté, la durée du processus de sortie de l’Union européenne redevient indéterminé (et ceci que M. Johnson obtienne ou non une majorité pour son accord). M. Johnson a concédé que dans ce cas-là la sortie de l’Union européenne serait à nouveau retardée sine die.

15h52 : L’amendement Letwin passe 322 vs. 306. Une défaite pour Johnson. Les manifestants anti-Brexit se réjouissent. 

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17/10/19 : Brexit Live

M. Johnson a obtenu un accord de l’Union européenne.

Un vote sur cet accord aura lieu au parlement britannique samedi. Le Democratic Unionist Party (DUP) d’Irlande du Nord a annoncé qu’il s’y opposerait. Il faudra donc pour que l’accord soit ratifié que s’ajoutent aux voix des Conservateurs celles de 15 ex-Conservateurs (ayant récemment démissionné ou ayant été virés) et de 19 transfuges Travaillistes, ce qui paraît… euh… loin d’être assuré.

Que fera M. Johnson samedi ? Il priera certainement que le miracle ait lieu. Le Plan B serait qu’il déclarera solennellement qu’il aura fait tout ce qu’il a pu et demandera aux électeurs de voter pour son parti dès qu’il aura l’occasion de les appeler aux urnes.

Quant au Brexit dans cette affaire… difficile à dire !

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2 documents US + Le Brexit idéal

La lettre de Trump à Erdogan
Laurence Tribe & Joshua Matz, « To End a Presidency. The Power of Impeachment » (2018)

N.B. Le président américain impeached en 1868 est Andrew Johnson.

N.B. Mme Pelosi a rectifié : M. Trump n’a pas dit d’elle (comme la presse l’avait d’abord cru) qu’elle était une politicienne « de troisième catégorie » (third rate), mais « de troisième classe d’école primaire » (third grade).

N.B. M. Trump a dit à l’ensemble de la délégation Démocrate : « Il y a des communistes impliqués [en Syrie], ce que vous les gars aimez peut-être » (there are communists involved [in Syria] and you guys might like that).

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Brexit – Mon conseil aux Anglais et aux Gallois : exigez le même statut que l’Irlande du Nord et l’Écosse !

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Quelques chiffres dans un article de Anand Menon & Jonathan Portes dans The Guardian :

Rien qu’en termes commerciaux, le Brexit signifierait une perte en revenus annuels par contribuable de

  • L’ancien accord de Mme May : -1,7%
  • L’accord que négocie en ce moment M. Johnson : -2,5% (± 2.000£ par ménage)
  • Un retrait sans accord (No-Deal Brexit) : -3,3%.

Dans la formule discutée en ce moment par M. Johnson, les habitants de l’Irlande du Nord ne subiront aucun de ces manques-à-gagner car ils resteront de fait dans l’Union européenne.

James Blitz, chroniqueur au Financial Times, fait remarquer dans sa newsletter d’aujourd’hui que les Écossais, ayant voté à 62% contre le Brexit, exigeront certainement le même statut que l’Irlande du Nord.

J’en conclus qu’il ne restera que les Anglais et les Gallois à payer les pots cassés. Mon conseil du coup à ceux-là : « Exigez le même statut favorable que l’Irlande du Nord et l’Écosse ! » 😀

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Paul Jorion vend la mèche, le 25 septembre 2019 – Retranscription

Retranscription de Paul Jorion vend la mèche, le 25 septembre 2019

Bonjour,  nous sommes le mercredi 25 septembre 2019 et, aujourd’hui, ma vidéo s’appellera « Paul Jorion vend la mèche ». Voilà.

Pourquoi est-ce que je vends la mèche ? C’est parce que j’ai la grippe et je vous avais écrit hier matin que je ne devais pas faire de vidéo parce que, quand on a la grippe, on peut facilement avoir l’air déprimé ou être déprimé mais, au lendemain d’un jour où M. Johnson, Boris Johnson, Premier Ministre du Royaume-Uni, a été déclaré coupable d’abus de pouvoir et où M. Donald Trump, Président des États-Unis, a vu une procédure d’impeachment, c’est-à-dire de destitution, lancée contre lui, et sachant l’intérêt que je porte à ces diverses choses, je ne peux pas ne pas vous faire une vidéo où je mettrais tout ça ensemble, bien que j’aie fait des billets ces jours derniers, entre deux siestes, pour vous parler de l’actualité.

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UK : Une nation au bord de l’abîme

Merci à la BBC pour modifier toutes les 10 minutes la référence de vos vidéos !

Boris Johnson ayant abondamment recouru hier au vocabulaire incendiaire qui avait débouché en 2016 sur l’assassinat de la parlementaire Jo Cox, plusieurs parlementaires se sont élevées hier contre les mots qu’il a employés. Il a qualifié leurs reproches de « fumisterie » (humbug).

Piqûre de rappel : mon billet du 16 juin 2016.

La députée travailliste Jo Cox assassinée par un type qui aurait crié : « Britain first ! »

Brexit a cessé d’être loufoque.

Jo Cox (1974-2016)
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Paul Jorion vend la mèche

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Populisme, cynisme : promettre l’impossible à des blasés

P.S. Je dis que le montant de l’aide militaire à l’Ukraine bloqué par Trump était de 250 millions de dollars, c’est en réalité 391 millions.

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Très sale temps pour les démagogues !

J’avais intitulé ma vidéo du 6 septembre « Sale temps pour les démagogues », la journée du 24 septembre aura été pour eux bien pire encore : la Cour suprême du Royaume-Uni a jugé le Premier ministre, Boris Johnson, coupable d’abus de pouvoir, le Congrès américain a lancé contre Donald Trump, son président, une procédure de destitution (impeachment). Difficile d’imaginer pire journée pour l’un et pour l’autre mais sait-on jamais vu les énergumènes. Je réserve par précaution « Journée vraiment exécrable pour les démagogues ».

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