Archives par mot-clé : Brexit

John Bercow a cessé de faire rire

Même si vous ne suivez pas les séances du parlement britannique (comme je le fais ces temps derniers pour vous en informer ici) vous savez sans doute que John Bercow en est le Président. Circulent en effet sur l’Internet de petites vidéos où on le voit répéter en boucle « Ôôôôrder ! », ses rappels à l’ordre très hauts en couleur à l’intention de ses collègues parlementaires et où on peut admirer ses cravates très hautes en couleur elles aussi.

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Les parlementaires britanniques rejettent l’option d’un Brexit sans accord

Mme Yvette Cooper, Travailliste, relance au bond un amendement Conservateur. Vous n’ignorez pas qu’elle bénéficie (ce qui l’aide sans doute 😉 ) de toute mon admiration.

Vous la voyez ici, le 27 février.

Commentaire à l’instant de Laura Kuenssberg‏ commentatrice politique de la BBC :

Traduction : « … franchement les choses sont tellement chaotiques que tout ceci pourrait imploser accidentellement. »

Demain, vote sur un report de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, prévue à l’heure qu’il est le 29 mars.

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Brexit : c’est entre aujourd’hui et demain que ça passe ou ça casse

J’ai suivi le débat en direct.

Jeremy Corbyn, leader des Travaillistes : le Parlement devrait reprendre le pouvoir (autrement dit « remettre la question entièrement à plat ») et dire Non à la Premier ministre.

Le représentant du Parti nationaliste écossais, indépendantiste, Ian Blackford, réaffirme leur opposition au Brexit. Son fils a vécu en Europe (« le Continent ») : « Nous volons des opportunités à nos enfants ». Il reproche à la Premier ministre de rire quand il dit ça. Il réclame un nouveau referendum

Laura Hughes, du DUP (Democratic Unionist Party), protestant d’Irlande du Nord, ne soutiendra pas Theresa May.

Défaite majeure à nouveau pour la Premier ministre : 391 votes contre 242. Au mieux, elle espérait une défaite de 20 votes au plus. Ce soir, c’est 149.

Jeremy Corbyn, pour le Parti travailliste, déclare que la Premier ministre a perdu la confiance de la nation et doit appeler à de nouvelles élections.

Petite remarque : j’ai trouvé toutes les interventions excellentes, celles en faveur du Brexit aussi bien que celles contre, on est loin de l’allure de petites frappes qui caractérise ces jours-ci certains parlementaires américains Républicains. Malheureusement ce splendide sens de l’État de ces représentants du peuple britannique ne semble pas protéger leur nation davantage que les États-Unis de l’ingouvernabilité dans laquelle elle sombre.

Dans son discours de clôture Theresa May évoque trois possibilités à débattre demain et jeudi : accepter la possibilité d’une sortie de l’UE en l’absence d’accord (« no deal »), un report de la sortie le 29 mars ou … un nouveau referendum.

La Premier ministre reprendra jeudi la proposition de la Travailliste Yvette Cooper de limiter les dégâts en reportant l’application de l’article 50 de sortie de l’Union européenne.

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Le « backstop » irlandais, kèzako ?

Sur le Brexit, et la chose qui a achoppé hier à la Chambre des Communes : le « backstop » irlandais, que les journaux tentent de vous expliquer aujourd’hui, je vous rappelle que je vous en ai informé dès le vote du referendum du Brexit.

Le Monde / L’Écho – Les Britanniques peuvent-ils vraiment se passer du continent ? le 11 avril 2017 :

La procédure chirurgicale de sortie de l’UE est-elle seulement envisageable ? Le risque de complications est infini. L’Écosse entend demeurer dans l’UE et voit dans un vote d’indépendance – après celui de 2014 où les séparatistes recueillirent 44% des votes – le moyen de s’y maintenir. Une telle amputation du Royaume-Uni marquerait bien sûr sa fin. Le Brexit réintroduirait aussi une frontière « dure » entre l’Irlande et l’Ulster, tragique pas en arrière si l’on pense au sang versé avant d’atteindre la paix en Irlande du Nord.

Trends – Tendances, Brexit et Catalogne : quelle est la taille idéale de l’« entre soi » ?, le 30 novembre 2017 :

Mais le nuage le plus menaçant aujourd’hui était évident avant même que ne soit lancé le referendum : le statut de la frontière entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. L’absence de frontière dure entre les deux fut consacrée par l’Accord du Vendredi saint de 1998, accord passé à l’époque entre deux composantes de l’Union européenne. Le retrait hors de celle-ci du Royaume-Uni remettrait l’accord en question et obligerait à redéfinir une frontière « dure » à un endroit ou un autre : soit entre les deux Irlandes, soit entre l’île entière et la Grande-Bretagne. Et sur ce point, le désaccord est absolu, la République d’Irlande mettant son veto à la première option, et le Royaume-Uni, à la seconde.

Le navire sombre de la fière Albion, le 16 novembre 2018 – Retranscription :

Zizanie absolument totale. Elle était prévisible, c’est pour ça que j’en ai parlé dès le vote en disant que ce Brexit était impossible, en réalité, à mettre en œuvre. Parce qu’il allait produire des catastrophes d’ordre économique : trop d’imbrication, trop d’implication du Royaume-Uni dans l’Union Européenne. Et surtout, facteur que j’ai mentionné immédiatement – et j’ai peut-être un certain mérite à l’avoir mentionné immédiatement parce que ce n’est venu dans les discussions qu’un peu plus tard (6 mois…, un an plus tard) mais c’est revenu au centre des discussions – remettre en question l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne, c’était remettre en question le statut de l’Irlande, et en particulier l’absence de frontière dure, en ce moment, entre l’Irlande du Nord, qui faisait partie (sous le nom d’Ulster) du Royaume-Uni (et en fait toujours partie) et de l’Irlande, qui a obtenu, dans une guerre de libération, son indépendance – une partie, la partie inférieure, la partie la plus importante, la partie sud [de l’île] d’Irlande. On a fait disparaître la frontière de fait entre les deux : il n’y a plus de contrôle. C’est comme à l’intérieur, voilà, de la zone de Schengen, et cela a mis fin à une guerre d’indépendance, à une guerre civile dans la partie nord. Pourquoi guerre civile dans la partie nord ? Parce que les catholiques, qui étaient en majorité dans les provinces du Sud, ce qui avait permis de créer une république irlandaise – sous forte influence de l’église catholique, à l’époque. Dans la partie nord, il y avait une majorité – et c’est encore le cas, mais ça va basculer rapidement pour des raisons démographiques – il y avait majorité de protestants. D’où venaient ces protestants ? C’était essentiellement des colons venus d’Écosse, ce n’est pas des gens qui étaient en Irlande depuis des temps immémoriaux. C’étaient des gens qui, si je me souviens bien, au cours des 17°, 18°, 19° siècles, étaient venus s’installer là, avec leur religion d’origine qui était le protestantisme, et leur allégeance – bien manifestée dans leurs manifestations – à la Maison d’Orange, une référence à l’époque où un roi, Guillaume, a été à la fois roi d’Angleterre et des Pays Bas, ? de là ? appartenant à la Maison d’Orange – la ville bien connue du midi de la France.

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Le Brexit en direct

Je regarde bien entendu en direct le nouveau débat à la Chambre des Communes sur le Brexit.

Plusieurs amendements visant à sauver la situation échouent lamentablement.

Extrait d’un article récent :

The Digital Maginot Line

November 28, 2018 By Renee DiResta

« Certains trolls sont parrainés par l’État, ils déstabilisent la société dans certains pays et rendent dans d’autres tous les canaux d’information inutilisables, à l’exception des médias publics. Ils opèrent selon les souhaits des dirigeants, souvent par le biais de bureaux militaires ou du renseignement. […] D’autres fois, les trolls dépassent les frontières pour manipuler la politique à l’étranger, comme ce fut le cas avec le Brexit et l’élection présidentielle américaine de 2016. […]

Les combattants de la guerre de l’information visent sans aucun doute le changement de régime : il est raisonnablement permis de soupçonner qu’ils ont réussi dans quelques cas (Brexit) … »

Si l’on prend cet article au sérieux, le Royaume-Uni pourrait décréter qu’une part substantielle (« material  ») du vote Leave est la conséquence d’un « acte de de guerre ».

Le Premier ministre n’a pas gagné mais elle n’a pas été défaite. Elle tire la conclusion du débat que le « no-deal » est unanimement rejeté mais souligne qu’il ne suffit pas de le dire, il faut encore s’assurer que ce ne soit pas le cas. Elle a mandat pour renégocier avec Bruxelles mais on ne sait pas quoi ni comment.

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Ah ! Je dis n’importe quoi depuis des mois à propos du Brexit ?

Comment se fait-il alors que l’éditorial du Monde affirme ce soir avec beaucoup de solennité ce que je répète depuis le vote de juin 2016 ?

D’accord, ils déclarent « le Royaume-Uni est pratiquement revenu à la case départ », alors que j’écrivais ici hier soir « Theresa May […] est renvoyée à la case zéro », la nuance mérite en effet d’être relevée 😀 .

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À ceux qui n’imaginent pas que le Brexit puisse être à l’origine d’un effondrement généralisé

Vous êtes quelques-uns à faire la moue quand je pose la question ces jours-ci, et en particulier dans ma chronique du 10 janvier dans Trends-Tendances : Brexit ou effondrement d’une nation ?, si le Brexit ne pourrait pas être à l’origine d’un effondrement généralisé.

Deux commentaires allant dans mon sens :

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Brexit : aujourd’hui ça passe ou (selon les sondages) ça casse

Vous avez sans doute vu ma chronique publiée le 10 janvier dans Trends-Tendances, intitulée Brexit ou effondrement d’une nation ?, qui parle en fait des journées d’hier et d’aujourd’hui.

Et c’est bien aujourd’hui que cela passe ou cela casse. Or les sondages auprès des députés retournent tous le même pronostic : ça va casser.

Que restera-t-il comme options ? Celles dont je proposais la liste :

soit, un retrait « no deal », sans aucun accord, à mettre sur pied de préférence dans l’ordre, les visions d’un retrait désordonné étant apocalyptiques : pénuries de produits de première nécessité et de médicaments, chaos à Douvres en particulier et dans les ports dans leur ensemble, soit, un accord de type « Norvège + », c’est-à-dire une relation avec l’Union européenne pour le Royaume-Uni, comme celle de la Norvège aujourd’hui, équivalant, affirment les critiques, à un statut de membre de seconde classe : sans droit de vote dans les décisions de l’UE, soit enfin, dernière option, un nouveau referendum, pouvant déboucher sur le souhait désormais des Britanniques si l’on en croit les sondages : 52% remain, un vote qui renverserait celui de juin 2016 : 52% leave.

D’accord, on en reparle ce soir !

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Trends-Tendances – Brexit ou effondrement d’une nation ? le 10 janvier 2019

Ouvert aux commentaires.

Brexit ou effondrement d’une nation ?

Le 15 décembre, les présidents de six comités ministériels britanniques, quatre Conservateurs, un Travailliste et un Libéral-démocrate, affirmèrent dans une déclaration commune que

« Les débats qui s’éternisent relatifs au Brexit et les retards dans la conclusion d’un accord sur nos futures relations avec l’Union européenne ont de manière générale un effet très négatif sur la conduite de la politique intérieure. … [Le] Brexit vampirise le gouvernement à un moment où nos villes, nos campagnes et nos citoyens font face à de sérieuses baisses de budgets. Plutôt que de laisser traîner le processus du Brexit pendant encore des mois, nous devons le mener à terme si nous voulons éviter que notre pays ne subisse des dégâts irréparables. »

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Brexit, contrepouvoirs et effondrement généralisé, le 14 décembre 2018 – Retranscription

Retranscription de Brexit, contrepouvoirs et effondrement généralisé, le 14 décembre 2018. Merci à Eric Muller et moi-même (pour les bouts dont YouTube n’a pas voulu) ! Ouvert aux commentaires.

Vidéo complète ici :

Bonjour, nous sommes le vendredi 14 décembre 2018, et l’autre jour, j’avais entrepris de vous écrire un billet sur le Brexit mais vous n’avez jamais pu deviner que c’est de cela que je voulais vous parler parce que j’ai pensé qu’il fallait d’abord faire une introduction sur la collapsologie, où j’allais poser la question de savoir si le Brexit est un exemple de système qui s’effondre, et, une fois que j’ai commencé à parler de collapsologie, je me suis dit qu’il fallait penser à la manière dont les états qui sont les nôtres peuvent s’effondrer, et une réflexion m’est venue sur le fait que ce sont les contrepouvoirs qui craqueront les premiers, et que si un ennemi d’une nation voulait encourager son effondrement, il ferait un effort tout à fait particulier pour s’en prendre à ces contre-pouvoirs et, un exemple qui me venait de l’actualité, c’est bien sûr les attaques qui sont portées contre les journalistes, en particulier dans les manifestations des « Gilets jaunes » mais aussi, en dehors de cela, parmi des partis qui se présentent pourtant comme étant des partis de type démocratique et en faveur de la survie de nos nations occidentales.

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