Brexit #12 – L’Irlande du Nord : Le Brexit tourne-t-il au vinaigre ?

Rappel :

Un extrait de ma chronique dans Le Monde, Les Britanniques peuvent-ils vraiment se passer du continent ? le 11 avril 2017

La procédure chirurgicale de sortie de l’UE est-elle seulement envisageable ? Le risque de complications est infini. L’Écosse entend demeurer dans l’UE et voit dans un vote d’indépendance – après celui de 2014 où les séparatistes recueillirent 44% des votes – le moyen de s’y maintenir. Une telle amputation du Royaume-Uni marquerait bien sûr sa fin. Le Brexit réintroduirait aussi une frontière « dure » entre l’Irlande et l’Ulster, tragique pas en arrière si l’on pense au sang versé avant d’atteindre la paix en Irlande du Nord.

Un extrait de ma chronique dans Trends-Tendances, Trends – Tendances, Brexit et Catalogne : quelle est la taille idéale de l’« entre soi » ?, le 30 novembre 2017

Mais le nuage le plus menaçant aujourd’hui était évident avant même que ne soit lancé le referendum : le statut de la frontière entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. L’absence de frontière dure entre les deux fut consacrée par l’Accord du Vendredi saint de 1998, accord passé à l’époque entre deux composantes de l’Union européenne. Le retrait hors de celle-ci du Royaume-Uni remettrait l’accord en question et obligerait à redéfinir une frontière « dure » à un endroit ou un autre : soit entre les deux Irlandes, soit entre l’île entière et la Grande-Bretagne. Et sur ce point, le désaccord est absolu, la République d’Irlande mettant son veto à la première option, et le Royaume-Uni, à la seconde.

P.S. : Je fusionnerai les rubriques « Brexit » et « Veille effondrement » en temps utile.

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6 réflexions sur « Brexit #12 – L’Irlande du Nord : Le Brexit tourne-t-il au vinaigre ? »

  1. Une solution pour résoudre ce problème ne serait-il pas de créer une confédération entre les deux Irlande en s’inspirant de la confédération helvétique ? Mais le Royaume-Uni et les unionistes d’Irlande du nord sont-ils partants pour cela ?

    1. Pourquoi voulez vous résoudre à sa place un problème indémerdable que Johnson a  » voulu » , et contre lequel il a été mis en garde par les négociateurs européens pendant plus de quatre ans ?

      1. Il est clair que l’intervention du ministre anglais (une formule moins compliquée, etc. comme si c’était la faute traditionnelle de l’Europe) escamote la question de la paix en Irlande du Nord.

  2. Les Britt ne seront jamais assez punis d’avoir fait passer une question de pure politique (rapatrier sa souveraineté) avant l’économie.
    Sacefèpas, sauf chez les bas de plafond. Ou, comme tout a un prix: c’est l’heure de la douloureuse.

    A mon avis (déjà dit, y’a longtemps), ils en ont vu d’autre, beaucoup plus dramatique. Ces vikings sont encore capables de transformer un handicap immédiat en avantage à long terme… Faut dire qu’avec les branques au gouvernail, l’avenir se présente mal, mais les réserves en vue de la relève existent certainement.

    Elément de réflexion essentiel: les USA depuis Clinton ont toujours affirmé qu’une douane dure entre les 2 Irlandes étaient une ligne rouge interdite. Biden, avec ses ancêtres originaires d’Irlande dont il se réclame et sa longévité politique, ne peut l’oublier.

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