Archives par mot-clé : Cour Suprême américaine

Brett M. Kavanaugh se défend : « Un point le plus bas encore jamais atteint »

La seconde moitié de l’audition hier au sénat américain dans le processus de nomination de Brett M. Kavanaugh au poste de membre de la Cour suprême, celle où le juge fut lui-même interrogé, ne fut pas du même ordre que celle où fut entendue le Dr. Christine Blasey Ford, témoignage que je qualifiai d’étape marquante dans la libération de la femme au moment où j’y assistais en streaming.

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LE FIL ROUGE DE LA DETTE ARGENTINE, par François Leclerc

Billet invité.

En refusant de se saisir du dossier argentin au terme de son long parcours judiciaire, la Cour suprême des États-Unis a donné raison à deux fonds vautours qui réclamaient le remboursement au nominal d’obligations achetées à bas prix sur le marché secondaire, en dépit d’un accord de restructuration avec tous les autres créanciers leur garantissant le retour de 25% de leur mise. Une décision qui risque de rendre aléatoires de futures restructurations de dette en s’appuyant sur ce précédent, car pourquoi souscrire à un accord de restructuration si une décision de justice peut vous assurer ultérieurement un remboursement intégral ?

La Cour suprême a agi à contre-temps si l’on en croit le FMI qui s’est dit « inquiet de potentielles implications plus vastes pour l’ensemble du système ». Car d’autres restructurations de dette sont inévitables et le temps est venu de réfléchir à comment les mener, au lieu de contribuer à les rendre impraticables en ne laissant comme options que le tout ou rien. Allant à l’opposé, le FMI avance de son côté ses pions en proposant – pour commencer – un projet de mécanisme permettant d’échanger avec les créanciers d’un pays en difficulté l’allongement du calendrier de remboursement de sa dette contre son intervention.

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La démocratie est-elle enchaînée face à la finance ?

Ma communication au Colloque international LA DÉMOCRATIE ENRAYÉE ? à l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, le 31 mai 2013.

L’anthropologie sociale britannique dont j’ai eu l’honneur à une époque d’être l’un des représentants, et dont je défends toujours les valeurs méthodologiques faites d’une combinaison équilibrée de rigueur et de bon sens aristotélicien, demande que quand il est question des phénomènes relevant de l’humain, une explication, pour mériter ce nom, doit pouvoir rendre compte des faits observés aussi bien en termes de personnes, d’acteurs humains composant les sociétés auxquelles nous appartenons, qu’en termes d’institutions procurant à ces sociétés humaines le cadre au sein duquel elles peuvent fonctionner, en assurant autant que faire se peut le bonheur de leurs membres.

De même que le comportement des abeilles explique la structure hexagonale des alvéoles composant les rayons en raison de la manière dont elles les ont construits, assemblées en grand nombre et battant simultanément des ailes, et explique ensuite celle de la ruche toute entière, c’est celle-ci qui en vient à expliquer, par un effet en retour, ce que sont précisément les abeilles. L’activité des hommes, qu’elle soit routinière, d’ordre réflexe, ou bien délibérée, déterminée par un calcul mené à son aboutissement, explique la forme qu’ont prises les institutions humaines. Le comportement des êtres humains s’explique ici aussi, en retour, par la manière dont sont faites ces institutions. Le rapport entre les deux est dialectique : sous la forme d’une détermination réciproque où les individus vivent leurs institutions comme un sentiment qu’ils éprouvent, et ce sont ces sentiments qui, en réaction à la manière dont les institutions les modèlent, remontent ensuite, de l’individu à la structure, en s’agrégeant pour définir la dynamique qui exercera sur ces institutions une contrainte et les fera évoluer de manière à ce que s’efface toute pression inacceptable qui se sera exprimée comme insatisfaction éprouvée ou comme ressentiment, c’est-à-dire en tant que « sentiment ».

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L’actualité de demain : QUAND LES INVESTISSEURS SE PRENNENT A RÊVER… par François Leclerc

Billet invité.

Saisie par le gouvernement argentin qui lui demande d’annuler le jugement d’un tribunal new-yorkais, la Cour Suprême des États-Unis va devoir décider si elle statue ou non sur un sujet l’opposant à deux fonds vautour, NML Capital appartenant à Elliott Management et Aurelius. Ceux-ci réclament le payement intégral avec intérêts (1,3 milliards de dollars) de titres de la dette argentine ayant fait l’objet d’un accord de décote de 70%.

Le jugement de ce tribunal new-yorkais rend de facto impossible toute restructuration de dette par un État se déclarant en défaut. Parallèlement à un pourvoi en appel selon la procédure habituelle, l’Argentine a décidé de saisir également immédiatement la Cour Suprême, dont les conséquences potentielles du jugement sont telles qu’elles suscitent toute une agitation à laquelle participe le FMI et le gouvernement américain… ainsi que le gouvernement français, au titre de sa présidence du Club de Paris. En effet, si la Cour refusait de s’impliquer dans l’affaire, et l’appel était rejeté, cela affecterait dans l’avenir le règlement ordonné des restructurations de dette souveraine.

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Audition de Paul Jorion sur les paradis fiscaux, centres off-shore et juridictions non coopératives – Assemblée nationale, mardi 26 mars 2013

« La commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale a créé une mission d’information sur la lutte contre les paradis fiscaux, centres off-shore et juridictions non coopératives, dont les rapporteurs sont MM. Alain Bocquet et Nicolas Dupont-Aignan, députés. »

J’ai été entendu hier. Le texte que j’avais préparé se trouve ci-dessous. Les points sur lesquels des précisions supplémentaires m’ont été demandés sont : Chypre, le fonctionnement des « trusts », le « scandale du LIBOR », l’amende payée par HSBC pour blanchiment d’argent sale, la décision de la Cour suprême des Etats-Unis d’autoriser le financement illimité des campagnes électorales par les personnes morales, le projet de chambre de compensation multilatérale internationale de John Maynard Keynes.

Intervention de Paul Jorion sur les paradis fiscaux – Assemblée nationale, mardi 26 mars

Disons tout de suite que la question des moyens pratiques de l’élimination des havres fiscaux, une fois prise la décision de mettre hors d’état de nuire les nations ou subdivisions de nations jugées coupables, est aisément résolue : recourant à la même méthode que celle utilisée pour mettre en place un embargo financier contre l’Iran, par exemple. Instruction est donnée aux chambres de compensation internationales (telle Clearstream) et messageries de transfert interbancaire (telle SWIFT) de cesser toute communication avec les destinations mentionnées sur la liste communiquée.

Mais la volonté de fermer les havres fiscaux existe-t-elle ? Leur existence est en effet tolérée depuis l’origine de l’Union européenne : le Luxembourg, qui se trouve au 2e rang mondial de ceux-ci, fait partie des États fondateurs de l’Union (membres de la CECA), au même titre que la Belgique qui se situe au 9e rang. Quatre pays européens se trouvent aujourd’hui parmi les dix premiers havres fiscaux. La zone financière quasi-autonome de la « City de Londres » constitue le foyer d’un réseau réglant environ 70% de la circulation des flux financiers entre havres fiscaux.

Pour comprendre la question des havres fiscaux et pouvoir déboucher ensuite sur des solutions, elle doit être située pour commencer dans un plus vaste contexte où leur fonctionnalité est mise en lumière.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 14 MARS 2013

Il est parfois plus important de poser une bonne question que d’apporter une réponse.

L’ONU a entamé la rédaction d’une Constitution pour l’économie mondiale

LE RÉSEAU DE CONTRÔLE GLOBAL PAR LES GRANDES ENTREPRISES, Stefania Vitali, James B. Glattfelder, et Stefano Battiston

Paul Jorion, L’économie a besoin d’une authentique constitution, le 4 septembre 2007

Ce Temps qu’il fait le 14 mars 2013 fera l’objet d’une discussion samedi 16 de 15h à 17h, ici sur la page Les débats.

Sur YouTube, c’est ici.

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ROMNEY vs. OBAMA (yawn…)

Oups ! On est à 48 heures (pas même) des élections présidentielles américaines, et je ne vous en ai encore rien dit (c’est dire si j’ai été passionné – d’où le « yawn » du titre = « bâillement sonore » en américain). C’est que ni l’un ni l’autre candidat n’a rien dit dans sa campagne électorale qui puisse faire penser qu’il veuille prendre le taureau par les cornes – non pas que les chefs d’État ou de gouvernements européens aient quoi que ce soit à leur remontrer sur ce point.

Jusqu’il y a quelques jours, et depuis un mois ou deux, j’étais convaincu que Romney allait gagner (l’effet d’apoptose dont je vous parle depuis quelques temps = la tendance des systèmes biologiques condamnés, à se suicider), et puis Michael Bloomberg, maire de New York, indépendant (ex-démocrate, puis ex-républicain), a pris position en faveur d’Obama, reprochant à Romney de s’être droitisé récemment pour des raisons purement électoralistes, mais surtout, dans le sillage du cyclone Sandy, de nier le changement climatique, et de mettre du coup en péril la vie des New Yorkais dans les années qui viennent – message reçu cinq sur cinq dans « the Big Apple ».

Du coup, 1 point ou un peu plus regagné par Obama, ce qui nous situe au niveau du match nul (voir le graphe de Real Clear Politics).

Alors ? Vous vous souvenez peut-être des recomptes fascinants de l’an 2000 dans le match Bush contre Gore, quand tout ne tenait qu’à un fil, à savoir les rondelles des perforations des bulletins de vote, dont il fallait déterminer si elles étaient plus ou moins à moitié pendouillantes ?

Les choses s’étaient réglées sur une décision de la Cour Suprême américaine qui, étant selon une vieille coutume de la République, majoritairement d’extrême-droite (le cauchemar de Roosevelt ! Scalia, Thomas, Rehnquist, Kennedy en particulier en 2000), avait choisi le candidat le plus proche de ses vues.

En cas de match nul cette fois-ci, la Cour Suprême, avec Alito dans l’ancien rôle de Rehnquist, confirmerait comme en 2000, le candidat le plus à droite, à savoir Romney.

© Real Clear Politics

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Le temps qu’il fait, le 23 juillet 2010


Paul Jorion – Le temps qu'il fait le 23 juillet 2010
envoyé par PaulJorion. – L'actualité du moment en vidéo.

Le « financial overhaul » aux États-Unis – ce qu’il en reste

* La campagne contre Elizabeth Warren
* Le retour des subprimes !

La Hongrie contre le FMI : la taxe sur les établissements financiers

* Le populisme contre l’affairisme
* Errare humanum est… sed perseverare diabolicum !

Mr. Trichet et les « processus non-linéaires »

* Tests de stress, villages Potemkine et le retour de la confiance
* Confiance et vérité

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La démocratie aujourd’hui

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

L’événement le plus significatif – sinon le plus important – des jours derniers, c’est cet appel à la création d’un « contre-lobby » financier émanant de l’euro-député Vert, Pascal Canfin, initiative justifiée par la puissance démesurée des intérêts particuliers dans les décisions que prend le Parlement européen et, comme il est dit dans l’appel, par « un contexte de forte proximité des élites politiques et financières ».

Le même message grave peut être entendu à Washington, communiqué non pas par un parlementaire, comme dans le cas de l’appel de Bruxelles, mais par le Président américain lui-même, affirmant dans son allocution télévisée hebdomadaire du 1er mai, que le pouvoir qui lui est institutionnellement garanti n’est pas de taille vis-à-vis de celui dont disposent les lobbys financiers, soulignant en outre qu’une décision récente de la Cour Suprême américaine a rendu ce pouvoir illimité en déplafonnant les sommes que les entreprises peuvent injecter dans les campagnes électorales.

On ne s’étonnera de la montée du « populisme » que si un éventail de partis démocratiques permet à chaque électeur de voir sa volonté représentée dans le gouvernement réel de son pays. Mais si la « forte proximité des élites politiques et financières » implique que tout vote s’assimile désormais à une voix de plus venant conforter des élites financières détentrices du pouvoir effectif, alors la démocratie n’est pas en danger mais elle est déjà morte.

L’optimiste pense que le courant peut encore être inversé, et il n’est pas impossible que le fossé entre le peuple et ses « élites politiques et financières », aujourd’hui perçues comme intimement liées, puisse encore être comblé. Les jours sont en tout cas comptés. Surtout, dans le climat actuel de nerfs à vif, tout importe ! Aux États-Unis, le président Obama a désigné la Cour Suprême comme « ennemie du peuple », il serait gravissime que celle-ci prenne cette accusation à la légère, il faut au moins qu’elle y réponde. En Europe aussi, l’opinion est en alerte : son regard est immanquablement attiré par la moindre apparence de « proximité excessive des élites politiques et financières ». Dans le contexte actuel, les hommes et femmes politiques vers qui le regard se tourne, à tort ou à raison, auraient grand tort d’écarter la rumeur d’un simple revers de main.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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