Le temps qu’il fait, le 23 juillet 2010


Paul Jorion – Le temps qu'il fait le 23 juillet 2010
envoyé par PaulJorion. – L'actualité du moment en vidéo.

Le « financial overhaul » aux États-Unis – ce qu’il en reste

* La campagne contre Elizabeth Warren
* Le retour des subprimes !

La Hongrie contre le FMI : la taxe sur les établissements financiers

* Le populisme contre l’affairisme
* Errare humanum est… sed perseverare diabolicum !

Mr. Trichet et les « processus non-linéaires »

* Tests de stress, villages Potemkine et le retour de la confiance
* Confiance et vérité

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92 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 23 juillet 2010 »

  1. J’ai bien apprécié votre passage sur la cour suprême et sur les nouveaux développements en cours pour mieux nous refaire voir la même chose au cas ou les gens n’auraient pas tout compris dans leur quotidien.

    L’aspect fragile des banques à soutenir en priorité est à méditer je trouve, surtout lorsqu’on en finit par ne même plus se soucier de l’aspect premier de l’homme en société au regard de toutes les nouvelles choses mises en place pour perdurer en beauté.

    Mais gardons quand même le moral c’est bon pour la consommation et la croissance, coupons d’abord pour la taille, les autres mauvais pieds de vigne les autres membres de la société s’en porteront forcément mieux en retour, c’est l’idée reçue et puis vous savez comment sont les gens ils auront tous oubliés demain lorsque la croissance repartira jusqu’au ciel.

    Le meilleur de votre propos c’est le final au sujet de la confiance qui ne trompe plus guère personne, les peuples ont simplement un peu plus perdus la foi en ce système qui prend l’eau.

  2. The circus in Europe can’t come to an end soon enough. As Zero Hedge posted and speculated previously, according to a draft document, it has now been confirmed that banks will only be tested for sovereign debt exposure just on trading books, not on debt held to maturity. Guess what: about a month ago, all banks almost certainly decided to quietly reclassify their hundreds of billions of sovereign exposure from “trading” to “held to maturity,” thus taking advantage of the same FASB 157 accounting abortion that America has gripped tightly on to for almost two years now, as accounting fraud follows the Bernanke Put in going global. If this is supposed to inspire confidence, then the market has truly lost it. As we explained last week, “the haircut will only pertain to trading books. In other words this is Europe’s equivalent of FASB 157: everything that banks hold “to maturity” will not see a major haircut, and very likely not see any haircut at all. Which simply means that all European banks that hold such debt will merely reclassify their Greek exposure from trading to a “held to bankruptcy at par” category. The surreality of European banking assets (which as we pointed out previously is a $100 trillion circle jerk where one bank’s assets are another bank’s liabilities) has now passed well into the twilight zone.” In other completely irrelevant news, the micro trading books will see the following haircuts, as presented by Bloomberg.

    The 91 banks being stress-tested were only examined on European sovereign debt losses for the bonds they trade, rather than those they hold to maturity, according to a draft European Central Bank document. “The haircuts are applied to the trading book portfolios only, as no default assumption was considered,” according to a confidential document dated July 22 and titled “EU Stress Test Exercise: Key Messages on Methodological Issues.” The tests will assume a loss of 23.1 percent on Greek debt, 14 percent of Portuguese bonds, 12.3 percent on Spanish debt, and 4.7 percent on German state debt, according to the document obtained by Bloomberg News. U.K. government bonds will be subject to a 10 percent haircut, and France 5.9 percent. The tests assume the weighted average yield on euro-area five-year government bonds will rise to 4.6 percent in 2011 from 2.7 percent at the end of 2009.

    http://www.zerohedge.com/article/confirmation-only-sovereign-bond-losses-trading-books-will-be-considered-validates-stress-te

  3. Cette idée de taxation des bilans bancaires serait un début de socialisation des bénéfices. Si elle me plaît tellement, c’est que j’y vois les bénéficiaires de toutes les mesures de modernisation devoir eux aussi passer à la caisse. J’y associe un sentiment de justice.

    Quant aux réactions appelant la mesure “populiste” avec une forte connotation négative ou l’affirmation que le responsable de la mesure est un dangereux nationaliste d’extrême droite me laisse rêveur. Pour la raison donnée plus haut, je considère que la mesure est bonne. Les réactions faisant des gens capables de toucher au principe “Socialiser les pertes, privatiser les bénéfices” évoquent pour moi un formatage des esprits. Ses victimes ne peuvent pas toucher à ce principe. Elles réagissent viscéralement contre. C’est surprenant. Cette réaction me dit aussi à quel niveau d’impuissance nous sommes tombés. La prison passe dans nos têtes.

    Je ne me fais pas d’illusions sur la mesure. Elle a été incroyablement prudemment restreinte. Elle ne peut être prise que par un gouvernement de droite. Un gouvernement de gauche n’aurait pas pu résister à une accusation de retour au marxisme. Mais l’idée que les financiers peuvent payer pour les dégâts qu’ils commettent et qu’il est possible de leur dire non pour les ventes à découvert fait son chemin.

    Cela me plaît énormément. Je doute que ce mouvement s’arrêtera au monde de la finance. Je le vois un peu comme l’attitude face au réchauffement climatique. Tant que cela ne concerne pas notre vie de tous les jours, c’est bien de s’y opposer.

  4. Pour ce qui me concerne, le constat est définitif. Les faits démontrent qu’il n’y a rien à attendre… comme ils démontrent que le système ne peut changer de l’intérieur autrement dit pas de solution sans sortir du système…. Pour être concret j’aimerais rappeler que cela est possible.

    Appliquons les techniques d’innovation radicale pour passer de la constatation à l’action. Un rappel sur l’innovation radicale : c’est mettre en place une solution”hors du système’ que s’approprie le marché par sa propre logique et de ses règles, tout en imposant de nouvelles règles pour ne tirer parti. C’est créer hors du système et amener le système dans sa propre logique à intégrer lui-même cette innovation.

    Quelques remarques sur la démarche : (1) Toute innovation radicale part d’un constat sur l’existant. c’est l’étape que l’appellerais d’éveil, suivi d’une (2) acceptation du fait que toute velléité de l’améliorer n’a pour effet au final que de renforcer le système à la base de cet existant. C’est l’étape où l’on s’en affranchi. Enfin, (3) c’est alors faire le choix de créer autre chose et se doter d’outils pour de pas s’assoupir…ni s’en rendre prisonnier… en conduisant son projet dans le système, et devenir l’acteur du changement.

    Il n’est pas question d’étendre le système mais de répondre à la profonde nécessité de le changer, une condition de survie ! Le “système” lui-même en a besoin… car il est bien évident que l’on a dépassé le dialogue contradictoire pour l’absence de dialogue… Alors, c’est où le sang où la mise en place d’un projet pour instrumenter une forme de désobéissance civile destinée à construire une alternative.

    J’ai apprécié l’idée d’une constitution pour l’économie. A mon sens, ce n’est pas de cela que nous avons besoin car elle ne donne pas aucune solution à l’équation pour agir. Il s’agit à mon sens plutôt d’une constitution pour ceux qui ferait le choix de participer ou supporter un projet pour changer l’économie.

  5. Dans la série, plus ça change, plus c’est la même chose:

    “USA : bonus “inappropriés” dans 17 banques aidées par l’Etat.

    Dix-sept groupes financiers américains aidés par l’Etat ont versé des primes ou bonus “inappropriés” pour environ 1,7 milliard de dollars au coeur de la crise financière, a déclaré vendredi le “superviseur spécial” chargé de contrôler la paye dans ces entreprises.
    […]
    La liste des 17 sociétés contient les plus grand noms de la finance américaine, notamment le groupe de services financiers American Express, l’assureur AIG, et les banques Bank of America, Citigroup, JPMorgan Chase, Morgan Stanley, Bank of New York Mellon, Goldman Sachs, US Bancorp et Wells Fargo, principaux bénéficiaires du plan de sauvetage du système financier lancé en octobre 2008.”

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=416dbbfa13bfebe7204df49a996a111e

  6. Si les Hongrois ont pu réussir l’exploit de mettre en place une taxe sur le mensonge, beaucoup de choses moins compliquées sont forcément possibles!

    1. les hongrois ne sont tout de même pas une de ses nations exotiques à qui il est possible de tout imposer, et l’on ferait bien de s’en aviser un peu ici, où l’on regarde avec condescendance tout ce qui se situe après vienne et graz. quand à leur donner des leçon de socialisme…

  7. J’ai mis un post sur le billet concernant le FMI sur un aspect ‘oublié’ ou non diffusé concernant le plan d’action du gouvernement hongrois, qui prévoit, outre la taxe sur les bilans des banques, la fin de l’octroi de prêts immobiliers et de crédit à la consommation en devises mais bien en Forint, ce qui porterait un coup rude au carry trade.
    D’ailleurs, après une baisse momentanée du Forint, il semblerait que la monnaie hongroise remonte, aux dires de M. Jorion, ce qui viendrait encore plus réduire l’attractivité d’un tel carry trade, les ‘spreads’ de taux devenant ainsi plus faibles et donc la ‘rémunération’ réduite, en attendant qu’elle ne devienne proche de zéro avec l’application de cette mesure.

    Si cette info est vrai, je suis preneur pour des infos sur le plan d’action du gouvernement hongrois sur cet aspect, afin de vérifier cette hypothèse, en français of course …
    Un hongrois francophone, dans les parages ?

  8. Stratégie du choc tout cela. La ruine des Etats est délibérée. L’objectif est de démanteler l’Etat-Providence. Cette crise sert les intérêts des ultra-libéraux et des riches. S’il y a bien une chose que ne veut pas le FMI c’est une solution qui réglerait le problème de la dette. Ils casseront ces mesures hongroises, vous verrez.
    Plein emploi et croissance trop forte sont des ennemis du capital. Toutes les mesures mises en place depuis les années 70 n’ont que ce but: créer du chômage, des crises, tout ce qui affaiblit la position des travailleurs et à la fin supprimer le filet de protection sociale.
    Ils ont confisqué le pouvoir au peuple grâce à “l’indépendance” des banques centrales.

  9. Bonjour Monsieur Jorion,

    Merci pour ce blog et merci à ceux qui y participent, aujourd’hui je franchis le pas et apporte moi aussi ma contribution : je voulais signaler deux articles articles très intéressants parus dans la New York Review of Books au printemps et qui concernent la décision de la Cour Suprême américaine que vous évoquez au début de la vidéo.

    – le premier est relativement court et évoque brièvement les les arguments qui ont conduit à cette décision et les réactions qu’elle a suscitée.
    http://www.nybooks.com/articles/archives/2010/feb/25/the-devastating-decision/

    – le second est plus touffu, les questions juridiques sont abordées, ainsi que le fonctionnement de la Cour Suprême (sur la constitutionnalité des décisions en particulier) et le déroulement des événements.
    http://www.nybooks.com/articles/archives/2010/may/13/decision-threatens-democracy/

    Bonne lecture à ceux que le sujet intéresse,
    et désolé pour les non-anglophone.

    Eric

  10. C’est plus fort qu’eux. Ils ne peuvent tout simplement pas s’arrêter.

    Quand il n’y aura plus rien à gratter nulle part, les capitalistes s’entre-dévoreront.

    Vivement que ce grand barnum explose. Quelqu’un pour allumer la mèche?

    Bon week-end

  11. Concernant les arrêts de la Cour suprême des Etats Unis au sujet du financement des partis politiques, ils sont nombreux et sauf erreur en sens divers depuis 1978.
    Celui qui a dernièrement défrayé la chronique est l’affaire Citizens United ( 5 contre 4)
    Il faut donc être prudent, s’agissant du droit anglo saxon ( common law) et les faits dans cette affaire étant quand même assez particuliers ( campagne contre Madame Clinton par une association).
    Je ne suis pas un spécaliste du droit américain mais toujours sauf erreur, le premier amendement est plus libéral que notre équivalent ( article 19 de la CEDH qui autorise, en son alinéa 2, des restrictions prévues par la loi).
    Ceci n’empêche pas en France de détourner la loi par la création de “petits” partis ( voir l’affaire Nouvel Oxygène dévoilée par le journal Le Point- financement par des hedge funders londoniens).

  12. De nombreux acteurs du milieu financier s’interrogent sur la fiabilité des méthodes utilisées pour le “stress test” des banques. Il se demandent si ce test était suffisamment rigoureux, en rapport avec les réalités – d’autant plus que une grande partie des banques ont été sauvées par l’état, et cétera. De toute facon, les organismes d’évaluation (rating) diront leur dernier mot. Comme l’a mentionné Paul Jorion, il s’agit d’une opération (montée à l’iniative de l’Espagne) pour rassurer différents groupes d’intérêt.

  13. M. jorion,
    Imaginons que (inspiré par une bonne fée) M. Sarkozy crée en octobre un super Ministère regroupant finances , économie et budget et qu’il vous le confie avec les pleins pouvoirs.
    -Accepteriez-vous ?
    – Pourriez vous reprendre cette jolie idée hongroise et convaincre vos collègues européens de faire de même ?
    Pourriez-vous faire encore quelque chose contre cette pieuvre tentaculaire qu’est la finance mondiale?

    Ah! que j’aimerais vous voir répondre oui.
    Amicalement
    Auguste

    1. Pour le poste, je crois que ça le ferait pas. Paul n’est pas et ne sera pas, à ma connaissance, trésorier de l’UMP…

    2. Je suis certainement en tête de la liste des candidats possibles pour ce Grand Ministère un peu dictatorial (« pleins pouvoirs », mazette !) et, vous avez raison, le fait que je suis Belge ne constitue pas un obstacle : Necker était bien Suisse. Mais je dois vous décevoir : je serais, comme tous les autres, obligé de dire vraiment n’importe quoi pour rétablir la confiance des marchés. Non, merci !

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