Archives par mot-clé : démocratie

IL N’Y A PLUS AUCUN DOUTE SOUS L’ACROPOLE, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité, en réponse au dernier billet de Michel Leis

Merci pour votre analyse, j’espère qu’elle servira au moins encore à  dissiper le doute là où l’instauration de la nouvelle religion – l’économie – n’a pas encore détruit et de manière irrémédiable l’économie réelle. Je pense que votre analyse est désormais mutatis mutandis partagée par la majorité des Grecs. Désormais, c’est-à-dire depuis que de nombreux analystes bien d’ici et d’ailleurs connaissent toujours un large écho à travers l’opinion. Dans une bonne partie de son discours d’ailleurs, le parti de la Gauche radicale et d’Alexis Tsipras ne dit pas autre chose.

Sauf que rien, vraiment rien ni personne, n’a pu s’opposer efficacement à la mise en place du Nouveau régime de la Troïka, si ce n’est qu’en y apportant un semblant de modération. Nous savons presque tout sur notre situation, mais la société laminée, et pour tout dire en phase de fascisation pour une de ses composantes en tout cas, n’a ni la force ni encore moins la méthode pour y faire face.

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IL FAUT EUTHANASIER LE CONSOMMATEUR, par Michel Leis

Billet invité.

Tout le monde connaît la célèbre phrase de J.M Keynes sur l’euthanasie des rentiers, écrite à propos d’une crise qui par son ampleur n’est somme toute pas si éloignée de la nôtre. La Troïka nous propose aujourd’hui une nouvelle voie pour sortir de la situation actuelle : l’euthanasie du consommateur, ou pour être plus précis l’élimination du consommateur qui subsiste en nous. Après une grosse décennie où le pouvoir d’achat a été mis à mal par les politiques de désindexation, la hausse des coûts de l’énergie, des dépenses de santé ou de logement et autres stratégies de création de valeur menées par les entreprises (liste non limitative), une nouvelle phase se met en place sous le vilain nom de politiques d’austérité. Des programmes pilotes sont déjà en cours dans les pays du sud de l’Europe, réduisant la consommation aux fonctions essentielles pour une part croissante des individus.

Comme souvent dans les politiques menées par des groupes d’experts, l’euthanasie du consommateur n’est pas un but en soi, mais la conséquence de mesures prises pour répondre à cette question lancinante, comment sauver le système ? Il faut pourtant saluer le caractère visionnaire et le courage de cette approche novatrice, même si elle découle d’autres préoccupations. Visionnaire, car réduire progressivement une consommation qui comporte encore trop de superflus est un acte écologique qui économise des ressources rares, permettant enfin aux élites de jouir pleinement de leurs privilèges sans préoccupation inutile.

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Réflexions pour un mouvement néodémocratique (XIV) – Invention et néodémocratie, par Francis Arness

Billet invité

Le caractère catastrophique de la crise est dû au néolibéralisme, mais celle-ci est fondamentalement systémique. Elle est le fruit de l’échec économique, politique, écologique et social de la forme actuelle que prend notre civilisation devenue mondialisée. Et au sein des mutations contemporaines, advient la révolution démocratique permise par Internet : un engagement politique et culturel, plus concret, plus efficace, trouvant son lieu en un ensemble médiatique et culturel nouveau.

La démocratie véritable est un régime politique fondé sur :

1. la pratique par le citoyen de son autonomie et de son invention de soi, ainsi que de son autolimitation ;

2. la pratique individuelle et collective du « dire-vrai » et de son « effet de retour » (Foucault) ;

3. l’autonomie des personnes et des institutions ;

4. l’autonomie de la collectivité et son « auto-création » (Castoriadis) par elle-même ;

5. l’information des citoyens, la réflexivité individuelle et collective, prenant la forme d’un dialogue conflictuel ouvrant à une délibération collective puis à la création collective de la loi ;

6. la production du commun ;

7. les interactions permanentes entre société et pouvoir permettant la production du commun ;

8. l’inachèvement qui est consubstantiel à tout ceci1.

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La démocratie aujourd’hui, c’est donner du pouvoir au peuple des humains de notre Terre, par Pierre-Yves D.

Billet invité

L’idée de la démocratie athénienne, c’est-à-dire la démocratie directe, est me semble-t-il une idée-limite, qui permet de mesurer à quel point notre démocratie représentative est effectivement la dépossession d’un pouvoir théoriquement dévolu au peuple, et pas seulement du point de vue formel des institutions, mais surtout pour ce qui concerne les problèmes réels auxquels nous sommes confrontés tout à la fois individuellement et en tant que membres de l’humanité.

Partant, la question primordiale n’est pas tant de savoir s’il faut retourner à une forme de démocratie directe que de nous demander en quoi et par quoi le peuple a été dépossédé d’un certain pouvoir. La question de la démocratie n’est pas simplement formelle, elle s’inscrit toujours dans une situation, tout comme toute institution humaine se crée pour répondre à certaines nécessités. Je rappelle qu’à l’origine de l’institution démocratique on trouve la question de la dette des pauvres, laquelle fut alors répudiée. 
Le pouvoir du peuple c’est une capacité de délibérer et d’agir pour ce qui concerne des problèmes qui affectent les humains d’une certaine époque et habitant un certain espace.
 Or, qu’est-ce qui affecte aujourd’hui les humains ? Nous le savons tous ici : les inégalités sociales, le péril climatique et écologique, la complexité.


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DERNIERS ESPOIRS D’UN PÈRE ET GRAND-PÈRE, par Juan Nessy

Billet invité

Toi qui fis la mémoire, est-ce pour qu’on oublie ?…
Non, c’est pour rendre au temps à la fin tous ses jours,
Pour faire confluer, là-bas, en un seul cours,
Le passé, l’avenir, ces deux moitiés de vie
Dont l’une dit jamais et l’autre dit toujours.

(Lamartine, « La vigne et la maison »)

Est-il vraiment possible à ce moment de l’histoire d’être totalement pertinent sur les impasses de la démocratie telle qu’on l’habille sous nos latitudes et sur la nécessité de la force pour  « bouger » ?

Je crois que non, et que la tâche (inévitable) sera celle d’une génération. La tâche de lieux d’échanges et de décision mondiaux à inventer. La tâche au jour le jour de groupements locaux atypiques (pour ne pas dire anarchistes) et innovants. Ce qui se raconte sur ce blog depuis 5 ans et sur d’autres, ce qui commence à percoler ou naître un peu partout dans le monde, annonce cette Re-Renaissance. Tout juste pouvons-nous reconnaître les antinomies qui aujourd’hui se révèlent et interpellent les consciences en même temps que les bien-être.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 10 MAI 2013

Je voulais faire une vidéo « de transition », vous savez : « le pont de l’Ascension »… et puis Oups ! je me suis fâché ! mais vous le verrez quand même : c’est une « saine » colère comme on dit, oui très saine !

– Aligner nos salaires sur ceux du Bangladesh, qui en bénéficie ?

– Pourquoi mes billets « Questions essentielles » et « La vie de tous les jours » parlent-ils de la même chose ?

– « La démocratie est-elle enchaînée face à la finance ? » ma communication à l’Académie royale de Belgique, du 30 mai au 1er juin, dans le cadre du colloque La démocratie enrayée ?

P.S. : L’expression « se syndicaliser » que j’utilise est très intéressante mais « se syndiquer » fait aussi très bien l’affaire 😉

Sur YouTube, c’est ici.

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EMMANUEL TODD ET LE BANCOR, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Emmanuel Todd n’est pas naïf. Il constate comme beaucoup de monde qu’il y a des trous noirs dans notre système collectif de pensée. Les « élites incompétentes » est un constat avant d’être un jugement. Et le jugement de Todd est dans l’incomplétude scientifique : il porte sur l’objet à connaître hors de la considération des sujets de connaissance.

La binarité de la situation dans laquelle nous nous trouverions entre totalitarisme libéral et totalitarisme populiste est une manipulation mentale du totalitarisme élitaire. Le totalitarisme élitaire est l’impossibilité théorique d’intellectualiser l’altérité : le refus de considérer une réalité hors de cadres de pensée posés en doxa universelle. Nous sommes bien dans le trou noir de l’incompétence des élites persuadées de leur réalité exclusive. Même si le Titanic s’est déchiré sur l’iceberg, il est par construction insubmersible !

Si Todd est naïf, alors c’est que la démocratie est un mythe. Et là le trou est vraiment très très profond… L’alternative entre libéralisme et populisme est une construction génocidaire. C’est la construction mentale qui nous a fait passer de la première guerre mondiale à la deuxième, puis de la deuxième à la guerre froide et maintenant à l’éradication de la civilisation par destruction de toute possibilité pratique de démocratie. La démocratie et la possibilité de démocratie sont la négociabilité des cadres de pensée dans des sociétés construites sur un vivre ensemble supérieur aux intérêts particuliers.

Ce que montre très bien Todd, c’est que les états de la démocratie sont construits sur des communautés de pensée géographiquement cohérentes par des territoires catalyseurs d’histoires particulières des vivres ensemble. Ce que les élites incompétentes ne voient plus du tout, c’est que leurs idéologies abstraites ne fabriquent pas de vivre ensemble : le réel absorbe la réalité qui ne peut plus être ni pensée ni discutée par des citoyens vivants.

La monnaie de Keynes est l’élément qui manque à Todd pour concrétiser ses analyses. La chambre de compensation en bancor est un espace abstrait de confrontation des analyses vivantes plurielles de la réalité. La monnaie keynésienne territorialise les idées par la localité des citoyens en négociation de prix de leur réel. Les citoyens peuvent se former en peuples. La négociation des libertés devient scalable de l’individu à l’humanité entière. Les États sont les structures du vivre ensemble à toutes les échelles. Les échelles d’état sont toutes négociables par des parités de change. La monnaie mesure le vivre ensemble au lieu de la théocratie du néant non compensable.

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UNIVERSITÉ DU HAVRE, Ateliers de l’économie positive,
« Durabilité, responsabilité, démocratie… »
, le mercredi 20 mars 2013 à partir de 8h45

UNIVERSITÉ DU HAVRE Amphi 5 – Bâtiment Lettres et sciences humaines / Affaires internationales

9h50 – 10h40 : Session plénière par Paul Jorion, sociologue, économiste « Durabilité, responsabilité, démocratie… : l’économie positive du 21ème siècle ? »

Ces ateliers à visée pédagogique ont pour but d’associer des étudiants en économie et en management de l’université du Havre à une réflexion sur une autre économie, plus juste, plus vertueuse, plus équilibrée fondée sur l’altruisme et la préservation des intérêts des générations futures et visant d’autres objectifs que le seul profit. Cette journée a également pour objectif de susciter l’engagement des nouvelles générations au travers d’initiatives innovantes dans le domaine de l’économie positive.

Pour le programme complet, c’est ici.

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Changement de paradigme (5) : et maintenant ? que vais-je faire maintenant ?, par El JEm

5ème billet invité de la série par El JEm. La première partie est ici, la seconde ici, la troisième ici, et la quatrième, ici.

Aujourd’hui, dans une grande partie du monde, et en premier lieu en Europe, le paradigme de la démocratie a été abandonné au profit de celui de la société de marché. Le problème est qu’il s’avère que ce nouveau mode d’organisation de la communauté est dramatiquement inefficace : il crée des déséquilibres immenses, fait prendre des décisions erronées (crises financière, économique, sociale, environnementale, citoyenne, etc.) et conduit à la dégradation même de la communauté. Il ne s’agit pas de dérives que l’on pourrait corriger mais bien du résultat des principes mis en œuvre : la main invisible du marché, l’autorégulation, les meilleurs créateurs de richesse, l’effet de ruissellement, etc. : tous ces principes sont erronés (cf. CP1) et ont de plus été dévoyés, c’est à dire mis au service de quelques uns (cf. CP4).

De plus, qu’elles qu’aient été les organisations politiques, nous avons vécu littéralement en dévorant les ressources naturelles : la totalité de ce que nous avons développé ainsi que nos modes de vie nécessitent des quantités prodigieuses d’énergie et de matières et tout est organisé en flux tendus, interdépendants. Si ces ressources (: pétrole[1], eau, terre arables, minerais (ex. : terres rares), etc.) deviennent insuffisantes, que se passera t il ? Et il ne s’agit pas de prix mais bien de quantités.

Aborder la pénurie de ressources vitales avec le paradigme de la société de marché, prônant la concurrence, est suicidaire.

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LA DICTATURE DES ACÉPHALES, par Bertrand Rouziès-Léonardi

Billet invité.

Il n’est pas beaucoup de sculpteurs qui sachent façonner une tête d’enfant sans lui donner une expression mièvre ou équivoque qui outrepasse son âge. Il s’en rencontre quelques-uns dans la France des Lumières, à une époque où la psychologie de l’infans, le petit d’homme qui ne parle pas, commence d’émerger, laissant d’abord filtrer un murmure, puis une voix pleine et entière, dont Rousseau fixe le diapason, au plus près de lui-même, dans l’Émile et dans Les Confessions. Ces maîtres du XVIIIe siècle ont pour noms Houdon, Clodion ou Pajou. Le XXe siècle, siècle saturnien qui dévora ses enfants, n’ayant plus le temps de les aimer, a eu son maître également, aujourd’hui tout à fait oublié : Pimienta. Rarement un artiste a plus travaillé à s’effacer dans son œuvre que Gustave Pimienta. C’était l’anti-Picasso. Il avait compris qu’on ne se sauve pas de la décrépitude en ayant des enfants – il n’en eut aucun –, mais en retrouvant la beauté sérieuse de l’enfance, en se frottant aux aspérités internes d’une sensibilité inquiète, en suivant cette ride imperceptible qui trouble la bonace d’un visage en porcelaine. L’enfance, dans les sociétés comme la nôtre, plus soucieuses du bien-être que du bien-vivre, est l’âge le plus difficile. La Jenny de Pimienta est une enfant mutique qui se livre pourtant. Son visage fermé parle à cœur ouvert. Quelque chose s’y est gravé du deuil maternel qui l’a frappée durant les séances de pose. Un crêpe invisible le recouvre. La fillette est ici, mais avec l’air d’être ailleurs, déjà, loin, très loin. Sa présence est ensemble un regret et un reproche, l’ombre projetée d’une âme en fuite. Qu’il me soit permis de faire de Jenny l’allégorie de la Démocratie, un régime politique encore jeune, dans sa forme la moins censitaire, mal affermi sur ses deux jambes, brimbalé d’une crise à l’autre, menacé d’abandon par ceux-là mêmes qui le nourrissent et dont il flatte les espoirs de promotion. Qu’il me soit permis de visser de force une tête sur un corps qui en rejette manifestement le fardeau.

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UN MONDE TRÈS « COSY » (POUR CERTAINS), BEAUCOUP MOINS POUR D’AUTRES

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Quand j’ai écrit hier dans mon deuxième billet de la journée consacré à la perte de 2 milliards de dollars chez JPMorgan,

Ah ! Nous ne sommes pas à court d’hommes et de femmes à montrer en exemple à la jeunesse ! (Demain, dans la même série : les responsables du groupe de presse Murdoch et les ministres britanniques qui couchent dans leur lit),

mon allusion à News Corp. le groupe de presse de Rupert Murdoch n’était qu’une boutade : je n’avais aucune intention d’y consacrer un billet aujourd’hui. L’actualité en a décidé autrement avec l’inculpation ce matin pour détournement du cours de la justice, destruction de preuves essentiellement, de six personnes dont Rebekah Brooks, qui fut à différentes époques la rédactrice en chef du Sun et de News of the World, deux fleurons du groupe Murdoch et de ce que les Britanniques appellent la « gutter press », le « gutter » étant la rigole le long du trottoir, encore appelée « ruisseau ».

Je ne reviens pas sur toute l’histoire, dont les péripéties sont infinies, mais qui débute par la découverte du piratage par des reporters de News of the World du téléphone mobile d’une adolescente assassinée, et qui met en lumière qu’une multitude de personnalités ont leurs communications interceptées par des reporters appartenant à News Corp.

En juillet de l’année dernière j’avais déjà consacré deux billets à l’affaire. J’écrivais dans le premier : Grosses entreprises et gouvernements : Le cas de la Grande-Bretagne :

L’affaire contribuera certainement à mettre en lumière l’intrication présente de la gestion des grosses entreprises et des gouvernements dans un climat devenu généralisé d’irrespect du cadre juridique des États, en Grande-Bretagne – et probablement ailleurs aussi.

(Mon second billet s’intitulait : Nouvelles de la démocratie).

J’écrivais donc cela il y a neuf mois, à partir de ce qu’il faudrait appeler « des présomptions assez vagues ». Ce qu’on a appris depuis n’a rien fait pour démentir ces présomptions car ce n’est pas piqué des vers, voyez vous-même :

–       lorsque Mme Brooks commence à être importunée par la justice, M. Cameron, premier ministre britannique, communique abondamment avec elle par textos, l’assurant de son soutien et, selon les termes du Wall Street Journal « discutant avec elle de sujets considérés sensibles pour News Corp. et pour le gouvernement britannique » ;

–       un très proche collaborateur de Jeremy Hunt, ministre de la culture, des médias et des sports, qui doit décider si oui ou non News Corp. est autorisée à prendre le contrôle de la compagnie de télévision par satellite BSkyB, contacte le principal lobbyiste du groupe Murdoch pour lui demander comment arranger l’affaire et présenter de manière appropriée les remous autour du piratage de conversations téléphoniques par News Corp.

Pas besoin certainement de faire un dessin de l’image qui émerge de tout cela : un monde très « cosy » comme on dit là-bas, très à l’aise, d’hommes et femmes d’affaires, de presse et de gouvernement, dirigeant la Grande-Bretagne dans un grand mélange des genres, en ne communiquant aux sujets de sa gracieuse majesté que ce qu’ils jugent nécessaire et sous la forme qui leur convient, et qui, quand ils veulent savoir ce que pensent exactement ces sujets de sa majesté, n’y vont pas par quatre chemins et vont simplement fouiller dans leurs mails et leurs communications téléphoniques – même, comme il appert, quand ces sujets font partie de sa propre famille.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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CEUX QUI PRÉTENDENT PARLER EN NOTRE NOM… ET SONT TRÈS LOIN DU COMPTE

En ce moment-même à Athènes, les membres de la « Troïka », représentants de l’Union européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, tentent d’imposer à la Grèce, une baisse du salaire minimum de 750 € à 550 €.

Ces gens prétendent parler en notre nom. Comment leur faire comprendre que ce n’est pas le cas ? Loin de là. Très loin de là.

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LE GRAIN DE SABLE GREC

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Depuis le début de la crise, le parallèle qui s’impose est celui d’un « processus critique » : un processus qui conduit inéluctablement à l’effondrement, mais dont le timing est incertain, trop d’impondérables intervenant dans les effets globaux constatés. Et ici, l’image le plus souvent utilisée est celle d’un tas de sable bâti par des enfants : la prochaine pelletée fera-t-elle s’élever le tas, ou bien s’en effondrer un grand pan ? Impossible à dire : trop d’éléments interviennent qui détermineront si le scénario aura un aboutissement positif ou négatif : en fait, chacun des grains de sable concernés aura un rôle à jouer.

C’est là le message que j’adressais il y a quelques temps aux élèves d’une école dont on m’avait dit : « Attention : ils sont un peu déprimés ! », je leur avais dit : « Nous sommes, chacun d’entre nous, l’un de ces grains de sable, et nous entrons dans une période exaltante où chacun a la capacité de faire la différence dans le grand tournant historique où nous nous retrouvons à notre corps défendant ».

La décision de Georges Papandréou hier, de soumettre les décisions européennes relatives à la dette de la Grèce à référendum dans son pays, constitue en soi une pelletée dans la construction du fort : parviendra-t-elle à hausser la forteresse européenne ou bien sera-t-elle celle qui la fera s’écrouler pour de bon ? Le peuple grec ne pouvait plus s’exprimer que dans la rue et le voilà de retour aux urnes, comme il sied d’ailleurs en démocratie, mais l’Europe des marchands, vaste construction bureaucratique à l’usage du 1% au sommet, pourra-t-elle tenir le choc ?

Là où j’écris, c’est aujourd’hui la Toussaint. Les chrysanthèmes jaune éclatant dans le jardin sont là qui me le rappellent. Certaines Bourses ne vont cependant pas tarder à s’ouvrir ici et là dans le monde et ne tarderont pas à nous faire connaître leurs pensées profondes à propos du grain de sable grec.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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