Archives par mot-clé : FESF

LA CRISE, SES CAUSES, SES DILEMMES ET SES SOLUTIONS, par Jacques Sapir

Billet invité. L’entêtement dans les politiques d’austérité est maintenant susceptible de transformer une situation de récession en authentique dépression. Tout le monde le sait, sauf nos dirigeants et les prétendus « experts » qui les conseillent. Bien entendu, le fait que tout le monde le sache sauf eux nous fera une belle jambe une fois que la dépression sera là. Combien de fois se tournera-t-on encore vers les mêmes financiers, auteurs de catastrophes pour leur demander de nous indiquer la voie ? Seuls les partis pris idéologiques ont-ils encore voix au chapitre ? La prise en compte du démenti par les faits est-elle vraiment morte et enterrée ?

La crise de la zone Euro est largement analysée comme une crise des dettes souveraines. Cette analyse conduit à donner une priorité à la réduction des déficits et de la dette, ce qui mène à l’adoption de politiques d’ajustement plus ou moins brutales suivant les pays. Or, aujourd’hui, il est clair que ces politiques ne fonctionnent pas et, en réalité, aggravent la situation à la fois dans les pays considérés mais aussi dans l’ensemble de la zone Euro. En réalité, c’est l’analyse de base qui est en cause. La crise de la zone Euro n’est pas une crise de la dette mais une crise issue des décalages accumulés de compétitivité, en raison de l’impossibilité, depuis 1999 de compenser ces dits décalages par des dévaluations. Ces décalages ont conduit les pays à accumuler des dettes excessives dans le long terme (depuis 1999) même si des causes conjoncturelles ont aussi joué.

Dans ce texte, nous analyserons ces politiques, les raisons de leur inefficacité et leurs conséquences, avant d’aborder la question de l’avenir à court et moyen terme de la zone Euro.

I. Des politiques qui « ne marchent pas ».

Des mesures, souvent extrêmement brutales d’ajustement structurel ont été mises en place, soit par décision du gouvernement soit dans le cadre d’accords de refinancement par les institutions européennes (FESF puis MES), dans les différents pays qui connaissent des problèmes importants pour refinancer leurs dettes. Ces politiques sont par ailleurs en passe d’être consolidées par le nouveau Traité Européen qui devrait être ratifié d’ici à cet hiver.

Ces politiques sont largement comparables à celles qui ont été mises en œuvre au début de la Grande Dépression des années 1930 (en particulier en Allemagne) et dont il est acquis qu’elles ont aggravé dans des proportions considérables cette crise.

Tableau 1

Comparaison entre la politique menée par le Chancelier Brüning en 1930-1932 et les politiques de rigueur en Europe continentale.

On constate cependant aujourd’hui, avec désormais de 2 à 3 ans de recul que ces politiques ne donnent pas les résultats escomptés. Une analyse des rentrées fiscales menée sur 3 pays  (Grèce, Espagne et Italie) le montre éloquemment.

Continuer la lecture de LA CRISE, SES CAUSES, SES DILEMMES ET SES SOLUTIONS, par Jacques Sapir

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : TANT VA LA CRUCHE À L’EAU…, par François Leclerc

Billet invité

Il existe une telle attente à propos de l’intervention de la BCE que le risque d’une grande déception se renforce de jour en jour en attendant la réunion du 6 septembre. Mario Draghi, son président, se retrouve devant le Parlement européen sur la défensive en tentant de faire valoir sans convaincre que l’action de la banque centrale n’est pas assimilable à une création monétaire, ce qui n’augure pas d’une annonce répondant à l’attente des marchés qui ne voient d’issue, par défaut, que dans une intervention massive et rapide. En toute indépendance, la BCE s’enfonce dans une crise qu’elle n’a pas les moyens politiques de régler.

Les représentants des organisations internationales se désolent et le font savoir. Angel Gurría, le secrétaire général de l’OCDE, vient de déclarer que « la BCE est le bazooka, la puissance de feu, le muscle, la seule qui ait la capacité de faire comprendre aux marchés : oui nous le ferons » en parlant des achats d’obligations espagnoles et italiennes, dont il considère que, pour leur concrétisation, « le plus tôt sera le mieux ». Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, explique que « le dogmatisme n’est pas de mise » en matière d’assainissement budgétaire et appelle à juger les gouvernements sur « la qualité des mesures qu’ils prennent plus que sur l’adhésion à des objectifs de déficits prédéterminés », une condamnation sans équivoque de la stratégie d’austérité budgétaire appliquée. Il n’est que Klaus Regling, le directeur du FESF, pour se déclarer convaincu qu’une solution à la crise européenne va intervenir d’ici « un ou deux ans », à condition que « tous les pays de la zone monétaire respectent strictement leurs engagements de consolidation budgétaire et continuent à améliorer leur compétitivité… ».

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : TANT VA LA CRUCHE À L’EAU…, par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : LE PARI HASARDEUX DE LA BCE, par François Leclerc

Billet invité

Avec la restructuration de la dette grecque, un tabou est tombé a souligné Paul Jorion dans son intervention du 24 février dans « Le temps qu’il fait ». Il a en effet été admis, au terme de longues négociations, que les investisseurs de la dette souveraine étaient susceptibles d’enregistrer des pertes et qu’ils admettaient d’être mis à contribution pour assurer un sauvetage considéré comme essentiel. Un précédent, quoi qu’en disent ceux qui assurent en croisant les doigts qu’il ne sera pas renouvelé .

Mais voilà que la BCE à son tour surprend. Elle frise le reniement de ses principes – et le viol de ses statuts – en aidant les banques à acquérir des titres de la dette souveraine, une aide indirecte manifeste à leur financement. Jean-Claude Trichet avait déjà du accomplir quelque gymnastique, en prétextant la nécessité d’assurer la bonne transmission de la politique monétaire de la BCE, pour justifier ses achats obligataires sur le marché secondaire, mais la banque centrale s’aventure encore plus loin sur des terres inconnues.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LE PARI HASARDEUX DE LA BCE, par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : ILS VONT OUVRIR LES VANNES ! par François Leclerc

Billet invité

Les dirigeants occidentaux vont chercher à noyer l’incendie européen en déversant une masse de liquidités sur les banques et en multipliant les pare-feux afin de cantonner la crise obligataire. L’opération est planifiée pour se dérouler en deux temps.

En février d’abord, avec une nouvelle méga distribution de prêts à trois ans aux banques – une LTRO (Longer-Term Refinancing Operation) – dont il est estimé qu’elle pourrait doubler ou tripler en volume la précédente de décembre. Soit mille à mille cinq cent milliards d’euros pour la seconde vague.


Illustration par Sébastien Marcy

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : ILS VONT OUVRIR LES VANNES ! par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : AU COEUR DES CONTRADICTIONS, par François Leclerc

Billet invité

Au marathon des négociations qui se poursuivaient depuis des semaines à propos de la restructuration de la dette grecque a succédé un sérieux bras de fer. Après avoir faussement “suspendu” les discussions la semaine précédente, Charles Dallara – le négociateur en chef côté créanciers – a pris samedi l’avion depuis Athènes pour venir négocier à Paris auprès d’interlocuteurs non identifiés. Arguant qu’il était arrivé au bout des concessions et en était à “la proposition maximale qui peut se faire dans le cadre d’un plan d’échange dit volontaire”. Un chantage au défaut sur la dette grecque, pour le dire directement.

Si cette position intransigeante devait être maintenue, il ne resterait plus aux dirigeants européens et au FMI qu’à soit mettre davantage au pot, soit exiger de nouvelles coupes et réformes du gouvernement grec pour compenser la partie des 100 milliards d’euros de diminution de la dette grecque que les banques n’effaceront pas. Toutes les parties au sein de la négociation évitent cependant soigneusement de formuler aussi clairement l’enjeu.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : AU COEUR DES CONTRADICTIONS, par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : BLA, BLA, BLA…, par François Leclerc

Billet invité

Pour fêter la clôture du G20, comme à l’accoutumée, des hochets sont agités. Il n’en manque pas cette fois-ci, signe que rien d’important n’a pu être décidé.

Les paradis fiscaux seront mis « au ban de la communauté », a affirmé Nicolas Sarkozy – qui avait déjà assuré en 2009 qu’ils étaient « finis » – sur la base d’une liste plus que complaisante établie selon les critères flous de l’OCDE. Une taxe sur les transactions financières pourrait voir le jour en Europe, qui ne concernerait pas les deux principaux centres de la finance mondiale, Wall Street et La City. Le Conseil de stabilité financière (FSB – Financial Stability Board) verrait ses pouvoirs renforcés, sans qu’ils aient été définis, et une liste de méga-banques est publiée [ERRATA: sera publiée prochainement], qui ne surprend que par son nombre : 29 au lieu de 28 banques annoncées.

Ne soyons pas injustes, deux décisions auront été prises par le G20. L’une est d’abandonner si nécessaire la Grèce à son triste sort, l’autre de mettre sous surveillance rapprochée l’Italie, pour ne pas risquer de se retrouver avec elle prochainement dans la même situation.

Les comptes présentés par le tombeur de Georges Papandréou, le ministre grec des finances Venizélos, font état tout confondu d’un besoin de financement de 80 milliards d’euros d’ici février prochain, le prix à payer pour l’abandon du référendum…

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : BLA, BLA, BLA…, par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : C’EST AU PIED DU COFFRE QUE L’ON VOIT LE BANQUIER, par François Leclerc

Billet invité

Une fois passé l’effet d’annonce, les calculettes sont à l’œuvre et l’on s’aperçoit que la recapitalisation des banques ne va pas être si facile que celles-ci affectent de le reconnaître et les hommes politiques de le présenter. C’était pourtant le plus facile à décider ! C’est particulièrement valable pour les banques des pays au bord du trou, l’Espagne et l’Italie, mais également pour toutes les autres, à des degrés divers. Les banques grecques étant évidemment hors concours.

Ewald Nowotny, le gouverneur de la banque centrale autrichienne, a déclaré : « ce ne sera pas facile, si vous regardez la situation du marché des capitaux », mettant l’accent sur le danger qui verrait les banques réduire leur offre de crédit pour éviter l’injection de fonds publiques. Un article du Financial Times remarquait de son côté que de nombreux détails du plan n’étaient pas clairs, notamment le mode de calcul des fonds propres, les méthodes permettant de les accroître et les mesures qui pourront être prises pour éviter que la recapitalisation se fasse au détriment du crédit aux entreprises. Un problème qu’a soulevé en France Laurence Parisot, la présidente du Medef (l’organisation patronale), en admettant sans en identifier l’origine que « l’économie réelle commence à être atteinte par cette crise ». Ce n’est pas fini.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : C’EST AU PIED DU COFFRE QUE L’ON VOIT LE BANQUIER, par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : LES ÉTATS A L’HEURE DE LA FINANCE CRÉATIVE , par François Leclerc

Billet invité

Le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick, a parlé « d’étape importante » et Christine Lagarde, au nom du FMI, a enregistré des « progrès substantiels », relativisant l’euphorie qui a ce matin gagné les bourses, où les valeurs financières font des sauts de cabri, car le pire était craint. Revenu dans les parages, le diable s’est quant à lui à nouveau perdu dans les détails.

Toutes les banques – sauf les grecques, qui vont être nationalisées – jurent leurs grands dieux qu’elles se recapitaliseront sans avoir besoin de fonds publics, oubliant de mentionner les garanties qui sont mises à leur disposition pour aller si besoin sur le marché. L’effort est concentré sur quelques pays, parmi les plus secoués, les banques grecques ayant besoin de 30 milliards d’euros, les espagnoles de 26,16 milliards (dont 14,97 milliards pour la seule Santander) et les italiennes de 14,7 milliards. Cela ne va pas aider les finances publiques de ces pays… Les banques espagnoles contestent ces chiffres de l’EBA (European Banking Authority), cherchant à obtenir que leurs obligations convertibles soient prises en compte dans le noyau dur de leurs fonds propres. Il va y avoir du sport en Espagne !

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LES ÉTATS A L’HEURE DE LA FINANCE CRÉATIVE , par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

RACONTER UNE HISTOIRE VRAIE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Dans « Les comptes n’y sont pas », François Leclerc expose encore une fois les contradictions systémiques dans lesquelles se débattent les gouvernements de la zone euro et derrière eux le G20. Dans l’équilibre détruit entre économie réelle, économie publique et économie financière, les attentions gouvernementales et financières se portent sur l’endettement public et l’insuffisance des capitaux propres des banques.

Très logiquement la recapitalisation nécessaire des banques est proportionnelle à la part des dettes publiques que l’économie réelle ne pourra jamais rembourser faute de croître suffisamment. Or depuis la crise des subprimes, il est visible que toute croissance réelle est captée par le système financier pour afficher des plus-values. Plus-values qui sont le critère de l’économie financière pour juger de son efficacité dans un système qu’elle a totalement capté.

Au cœur de la crise systémique, la finance impose une logique invisible d’auto-justification où l’économie publique et l’économie réelle n’ont aucune place. Les gouvernements se plient aux exigences de la finance du fait qu’ils ont abandonné le contrôle de l’émission monétaire. Le système bancaire international établit le prix des monnaies les unes par rapport aux autres par la libre circulation des capitaux ; lesquels sont liquides par la politique monétaire des banques centrales séparée de la politique générale des États.

La possibilité est laissée aux banques privées de faire circuler d’énormes masses de capitaux d’une zone monétaire à l’autre. Le capital financier libre est un canon pointé sur n’importe quel gouvernement qui voudrait appliquer d’autres lois que la production libre de plus-values financières. La clé pratique de ce dispositif est le shadow banking ; la banque offshore située virtuellement au milieu des océans est invisible à toute autorité de régulation nationale.

Continuer la lecture de RACONTER UNE HISTOIRE VRAIE, par Pierre Sarton du Jonchay

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

FONDS EUROPÉEN DE STABILITÉ FINANCIÈRE (FESF) ET CDO : UNE ANALOGIE FALLACIEUSE, par Jean-Pierre

Billet invité.

Le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), né le 9 mai 2010, est un animal financier bien étrange. Dès son origine, tous les États membres de la zone euro en faisaient partie et lui pourvoyaient leur garantie pour l’équivalent de 440 milliards d’euros. Trois pays sinistrés (Grèce, Irlande et Portugal) ne font plus partie des pourvoyeurs. Leur part s’élevait à 30,4 milliards, de sorte que le Fonds ne dispose plus que de 409,6 milliards. Au début, on avait tenté de faire payer les pays ne disposant pas de la notation optimale (AAA) l’intégralité de leur engagement, tandis que les autres ne devraient fournir leur part qu’en cas de nécessité et après acceptation par leur gouvernement. Cette discrimination a été judicieusement abandonnée.

Le Fonds jouit de la meilleure des notations, à savoir le triple A, auprès des principales agences de notation. Pour préserver ce AAA et au vu de désistements futurs toujours possibles, le Fonds s’est engagé à adosser chaque prêt qu’il consent d’une surgarantie de 20%, majorée d’un butoir financier variant selon le type de prêt et sa durée. Grosso modo, la garantie totale avoisinerait 165% du montant consenti. Sur cette base de calcul, le Fonds ne dispose plus que de 250 milliards à peine pour véritablement secourir un pays ou une banque en difficulté.

Continuer la lecture de FONDS EUROPÉEN DE STABILITÉ FINANCIÈRE (FESF) ET CDO : UNE ANALOGIE FALLACIEUSE, par Jean-Pierre

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

LE DÉMENTI PAR LES FAITS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

M. Geithner, le Secrétaire au Trésor, le ministre des finances américain, est récemment venu se joindre à une réunion de ses homologues européens pour leur expliquer qu’ils ne comprennent pas grand-chose à la finance. Le Fonds Européen de Stabilité Financière s’apprêtait à mettre en garantie les sommes que les Européens de la zone euro ont péniblement réunies pour venir en aide aux nations les plus exposées de leur club. Utilisez la formule de rehaussement du crédit propre aux produits financiers structurés, leur dit-il, et par un effet de baguette magique encore appelé « effet de levier » vos fonds de garantie seront multipliés par le facteur X. « Voilà ! », comme s’exclament les Américains quand ils veulent exprimer l’enthousiasme qui accompagne une évidence irréfutable.

M. Geithner aurait dû dire : « Utilisez la formule de rehaussement du crédit propre aux produits financiers structurés qui nous a si bien servis jusqu’ici ». Il ne l’a pas dit, retenu sans doute par une pudeur quelque peu excessive.

Quoi qu’il en soit, certains Européens furent immédiatement convertis. Mais pas le ministre des finances allemand, Wolfgang Schaüble, qui a parlé lui d’« une idée stupide » qui « n’a aucun sens ».

M. Schaüble n’a pas partagé mon expérience « de terrain » dans le monde des produits structurés mais cela ne l’empêche pas apparemment d’être parvenu aux mêmes conclusions : que la logique assurantielle qui sous-tend ces formules de rehaussement du crédit est inappropriée et fautive. Fautive sur le plan logique : les « événements de crédit » de la dette souveraine, le risque de défaut des États, ne sont pas rares et dispersés comme les sinistres que couvre le secteur traditionnel de l’assurance mais, soit absents durant les périodes de vaches grasses, soit fréquents et regroupés aux temps de vaches maigres (*). Fautive aussi sur le plan « expérimental » puisque démentie par les faits durant la période 2007 – 2008.

Le démenti par les faits est donc une valeur en baisse : la « science » économique l’a exclu de sa méthodologie dès sa mise en place dans le dernier quart du XIXe siècle et les autorités financières l’ignorent elles aussi depuis la même époque. Tous nos vœux les accompagnent dans ce téméraire défi à la dure réalité !

======================

(*) Pour une démonstration complète voir mon L’implosion (Fayard 2008), pages 89-96.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : POURQUOI FAIRE SIMPLE ? par François Leclerc

Billet invité

Plus que jamais règne une grande confusion ! À court terme, le déblocage des fonds destinés à empêcher que la Grèce fasse défaut reste en suspens. La bombe à retardement n’est toujours pas désamorcée. Le gouvernement grec affiche fébrilement la certitude que tout rentrera à temps dans l’ordre, mais la Troïka n’est toujours pas revenue à Athènes et son rapport, qui doit ou non permettre de débloquer l’argent, tarde d’autant.

Des rumeurs insistantes font état de la constitution en cours d’un front de sept pays (sur dix-sept) de la zone euro, emmenés par l’Allemagne, qui voudrait renégocier le plan de sauvetage de la Grèce, anticipant un rapport de la Troïka qui pourrait conclure qu’elle a besoin d’un financement plus élevé que prévu.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : POURQUOI FAIRE SIMPLE ? par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : TOUT VA BIEN, RIEN NE VA PLUS ! par François Leclerc

Billet invité

Des accords entre banques centrales afin d’approvisionner en urgence les banques commerciales européennes en dollars, ainsi qu’une téléconférence entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy – dont on ne saura que leur conviction martelée dans un communiqué que la Grèce doit rester dans l’euro – suffiraient-ils pour que les choses rentrent dans l’ordre, après ces jours derniers d’intenses frayeurs ? Après la pluie vient si soudainement le beau temps que cela incite à penser que le baromètre est décidément détraqué.

Ces subites sautes d’humeur boursières sont la plus explicite expression de la crise, car nul ne sait trop ce qu’elles ce qu’elles recouvrent, ni les rebondissements qui peuvent être attendus.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : TOUT VA BIEN, RIEN NE VA PLUS ! par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’actualité de la crise : QUI A FAIT LE COUP ? par François Leclerc

Billet invité.

A peine reprise, la respiration était en ce début de week-end suspendue à deux échéances : comme à l’habitude l’ouverture dans la nuit de dimanche à lundi des marchés asiatiques, puis européens et nord-américains lundi, et ensuite la rencontre de mardi entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.

Mais il a fallu que de Sydney, en Australie, Robert Zoellick – le président de la Banque Mondiale – lance un pavé dans la mare en estimant publiquement que l’économie mondiale était entrée dans « une phase nouvelle et plus dangereuse », faisant référence en particulier à la zone euro, qui pourrait être « le défi le plus important ». Encore un week-end de foutu  !

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : QUI A FAIT LE COUP ? par François Leclerc

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail

L’EUROPE À DEUX DOIGTS DU DÉSASTRE, par Alexandre Letourneau

Billet invité

Ce qui se joue actuellement n’est plus ni moins que l’avenir de l’Europe. Ce que la plupart des gens ignorent, c’est que son destin est lié à celui de la France. En effet, afin de contenir les flots de ventes des obligations de pays en difficulté tels que l’Italie, la Grèce, l’Espagne et l’Irlande, l’Europe a mis en place le FESF (fonds européen de stabilité financière). Son but est de racheter les obligations des pays européens en difficulté. Très vite, le fonds a connu ses premières difficultés : initialement prévu pour 440 milliards d’euros, il a vu sa taille fondre à 255 milliards. En effet, seuls les pays ayant une notation triple A ont eu le droit de se porter garants (la France, l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande). Le 11 mars 2011, sous la pression des marchés financiers, les États ont décidé d’augmenter la taille effective jusqu’à 440 milliards poussant l’Allemagne et la France à faire le grand écart. Hélas, 440 milliards, c’est à peine suffisant pour aider la Grèce. En cas de contagion de la crise à l’Espagne ou à l’Italie, le FESF est dans l’incapacité de faire quoi que ce soit.

Dans les faits, la France et l’Allemagne sont les principaux contributeurs au FESF (la contribution étant calculée en fonction de la quote-part dans la banque centrale européenne). Son principe est celui d’un montage financier qui consiste à permettre à des emprunteurs en situation de défaut de paiement de « redorer » leur signature en mutualisant le risque. Cela ne résout en rien le problème de la dette mais permet de gagner du temps. À ce jour, le FESF est la dernière carte à jouer de l’Europe.

Continuer la lecture de L’EUROPE À DEUX DOIGTS DU DÉSASTRE, par Alexandre Letourneau

0Shares
Recommandez par mail Recommandez par mail