L’actualité de la crise : C’EST AU PIED DU COFFRE QUE L’ON VOIT LE BANQUIER, par François Leclerc

Billet invité

Une fois passé l’effet d’annonce, les calculettes sont à l’œuvre et l’on s’aperçoit que la recapitalisation des banques ne va pas être si facile que celles-ci affectent de le reconnaître et les hommes politiques de le présenter. C’était pourtant le plus facile à décider ! C’est particulièrement valable pour les banques des pays au bord du trou, l’Espagne et l’Italie, mais également pour toutes les autres, à des degrés divers. Les banques grecques étant évidemment hors concours.

Ewald Nowotny, le gouverneur de la banque centrale autrichienne, a déclaré : « ce ne sera pas facile, si vous regardez la situation du marché des capitaux », mettant l’accent sur le danger qui verrait les banques réduire leur offre de crédit pour éviter l’injection de fonds publiques. Un article du Financial Times remarquait de son côté que de nombreux détails du plan n’étaient pas clairs, notamment le mode de calcul des fonds propres, les méthodes permettant de les accroître et les mesures qui pourront être prises pour éviter que la recapitalisation se fasse au détriment du crédit aux entreprises. Un problème qu’a soulevé en France Laurence Parisot, la présidente du Medef (l’organisation patronale), en admettant sans en identifier l’origine que « l’économie réelle commence à être atteinte par cette crise ». Ce n’est pas fini.

Au Portugal, une déclaration de Pedro Passos Coelho, le premier ministre, éclaire ce qui va s’y passer, après que la BCP et la BPI – deux des principales banques portugaises – aient déclaré se préparer à utiliser les fonds de l’Union européenne et du FMI du plan de sauvetage, la première croyant devoir ajouter qu’il n’y avait « pas honte à faire appel à ce fonds ». L’État portugais, avait-il répondu par avance pour la rassurer, n’aurait [dans ce cas] qu’un rôle « d’actionnaire passif », n’ayant pas « l’intention de s’immiscer dans la gestion des banques ni en être le propriétaire ».

L’annonce des besoins de recapitalisation des cinq plus grandes banques a fait l’effet d’un coup de tonnerre en Espagne. Elles étaient jusqu’alors présentées comme sans problèmes, à la différence du secteur des Cajas (les caisses d’épargne), qui continue de faire l’objet d’une restructuration en profondeur, faisant appel aux fonds publics nettement plus qu’il n’était prévu. Depuis des mois, le gouvernement tentait d’obtenir que soit pris en compte, à titre dérogatoire, les obligations convertibles dans le calcul des fonds propres, ce qui permettait de masquer l’étendue du problème.

Elena Salgado, la ministre des finances, vient désormais de prudemment considérer que les banques « peuvent avoir la capacité de trouver ces fonds par elles-mêmes et ne pas avoir besoin d’aides publiques ». UBS par ailleurs (merci à Pablo75) vient de dévoiler un secret de polichinelle en estimant que les banques espagnoles détenaient encore pour 400 milliards d’euros de crédits liés au secteur du bâtiment et de l’immobilier, sur lesquels le taux de défaut ne cesse de monter. D’où il apparaît que le problème espagnol numéro un est la dette privée et non publique…


Les banques françaises, comme à l’habitude, se réfugient derrière des déclarations affichant la sérénité et niant tout problème. Dans le cas de la Société Générale – qui doit trouver 3,3 milliards d’euros d’ici juin 2012 – Frédéric Oudéa a déclaré qu’elle puiserait dans ses fonds, sans préciser qu’elle va devoir pour cela poursuivre dans l’urgence son programme de cessions d’actifs.

La question hautement politique des dividendes et des bonus va devoir être suivie de près, le même ayant déclaré de manière évasive, au nom de la Fédération bancaire française (FBF) : « Les banques ne détermineront le montant des bonus et des dividendes qu’à la fin de l’année, comme elles le font ordinairement, mais intègreront dans leurs décisions les éléments de l’accord européen. Naturellement, on va prendre ces éléments- là de l’environnement en compte le moment venu, c’est-à-dire plutôt en fin d’année » (moment privilégié de distribution des bonus et de décision à propos des dividendes).

Naturellement est un mot codé qui dans le monde politique veut dire son contraire, à savoir que cela ne va pas de soi (exemple : je fais naturellement confiance à la justice de mon pays). François Baroin, le ministre des finances, a tourné sa phrase différemment pour dire la même chose : « Les banques de l’Hexagone augmenteront leurs fonds propres sur leurs propres résultats, et nous serons très attentifs à un point, c’est que la réduction du bilan pour monter leur niveau de protection, leurs fonds propres, se fera d’abord et avant tout au détriment de la distribution des dividendes et des bonus »…

Giuseppe Mussari, le responsable de l’association des banques italiennes, pour lesquelles l’addition est lourde, a de son côté adressé une lettre aux autorités européennes afin de leur faire part de sa « profonde perplexité ». Devant la nécessité de renforcer les fonds propres de ses membres ou sur la manière d’y procéder, on ne sait trop ! En tout cas, on s’intéressera plus particulièrement au cas d’UniCredit, la plus importante banque par la taille de son bilan, dont une émission obligataire a échoué l’été dernier. Elle va devoir lever 7,4 milliards d’euros pour être dans les clous, selon l’EBA (European Banking Authority).

Tout en se félicitant avec des formules de circonstances de l’accord intervenu dans la nuit à propos de la décote grecque, Charles Dallara, directeur général de l’International Institute of Finance (IIF), a indiqué qu’il ne voyait pas de contagion possible de la crise à l’Italie. « Je ne vois pas cela arriver. L’Italie est maintenant dans un processus pour rebâtir sa crédibilité et cela a été renforcé cette semaine par les mesures qu’ils prennent ». Lorsque la première décote de la Grèce avait été négociée, il avait déclaré que cela valait pour solde de tout compte. O tempora o mores !

Dans les mois à venir, le choix des banques qui ne parviendront pas à se renforcer par elles-mêmes va être entre solliciter les finances publiques de leur pays ou bien le FESF, qui risque d’être déjà beaucoup mis à contribution pour d’autres causes, sauf à ouvrir le parapluie d’une garantie d’État. Boucher un trou d’un côté, en boucher un autre de l’autre côté, cela ne s’arrêtera donc jamais ?

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212 réflexions sur « L’actualité de la crise : C’EST AU PIED DU COFFRE QUE L’ON VOIT LE BANQUIER, par François Leclerc »

  1. Alors, moi qui n’ai pas la télé: qu’est-ce qu’a dit notre Président, dans le poste? Etait-ce instructif?

    1. @Bruno

      Je résume : c’est la merde à cause des méchants, mais pas de panic braves gens notre bon maît’e est là pour veiller sur nous.

      Ceci dit … tsssss!!! pas très raisonnable de ne pas avoir la TSF à images.

      1. En résumé il a dit: c’est pas la faute de la Grèce, c’est pas la faute des agences de notation, c’est la faute de la retraite à 60 ans et des 35 heures. Comprenez: du Parti Socialiste.
        C’est décompté de son temps de parole? Ahh non… il n’est pas « officiellement » candidat, c’est ça?

    2. La video de l’interview de Sarkozy est visible sur Internet: http://www.pluzz.fr/face-a-la-crise.html

      La bonne nouvelle c’est qu’il va être beaucoup question de finance et d’économie pour l’élection de 2012 (par exemple la réponse de Hollande n’a pas pu, à la différence du programme du PS, être basée sur l’état de la France en 1980…)

      La mauvaise nouvelle c’est que Sarko est vraiment très adroit pour noyer les problèmes dans l’idéologie financière habituelle (si bien qu’à mon humble avis c’est plus sur l’avenir de l’économie que le vide de ses solutions pourra être mis en évidence.)

    3. Merci à tous! Je viens de rentrer, et de voir que l’on pouvait compter sur les habitués du blog de Paul, pour faire un résumé synthétique de la situation!

      Bonne soirée

    1. Sympathique, sauf qu’il manque l’explication de savoir comment l’argent permet de posséder l’autre, donc une « théorie générale de la monnaie » (K). Je ne comprends pas comment on puisse se contenter de telles ellipses et s’arrêter un chemin :

      « L’argent, n’est donc, dans le rapport social qu’un moyen de s’approprier des humains, de les voler légalement. »

      Oui et comment ? Parce que l’avoir n’est que l’envers du manque d’avoir ; La « rareté du capital » est sa force, l’inégalité est la seule force du capital, donc l’argent et l’appropriation d’autrui est une unique et même chose.

      1. Avant l’ invention de l’ argent, cette même chose s’ appelait comment ?
        Le pouvoir.
        Nous ne faisons que parler du pouvoir aux formes changeantes, qui tel le génie a pu s’ échapper de la lampe démocratique qui le domestiquait.
        La science et la technique imbibaient le chiffon imprudent.
        Il faudrait des spécialistes en épistémologie des lampes.

  2. ne pas confondre un fesf et une obligation , le fesf n’est qu’un fond de dettes , une obligation d’état peut ,devrait, être du crédit pour du productif , une obligation devrait valoir quelque chose , des parts du fesf ne vaudront jamais rien.
    Quand on dit que des chinois apporteraient au fesf faut pas confondre avec acheter des oblig en euro au lieu d’oblig $. Une confusion de ce genre serait un mensonge d’état.

  3. banques vont supporter 100 milliards de pertes grêcque ?
    les obligations en assurance vie oui , pas le capital des banques.
    Les oblig…..c’est vous les acheteurs d’ass vie , pas le banquier.
    On vous fait rêver , réveillez vous.

  4. Lu sur le blog hier :
    Leçon de l’histoire à méditer par nos dirigeants :
    Il s’agit de l’histoire de la colonisation de l’Espagne par les arabes et les maures en 711 de notre ère.
    L’autorité du roi wisigoth qui gouvernait l’Hispanie à cette époque était contestée par un parti de nobles très puissants.
    Suite à une intrigue dont on peut lire les détails à cette adresse:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Andalus
    le gouverneur de Ceuta, Julien, appela à l’aide les musulmans alors en pleine expansion dans le bassin méditerranéen pour se venger du roi wisigoth Rodrigue. Ceux-ci ne se firent pas prier et franchirent le détroit de Gibraltar en 711, les nobles wisigoths révoltés trahirent le roi Rodrigue. En pensant que les musulmans s’en retourneraient en Afrique une fois la victoire acquise.

    Mauvais calcul, très mauvais calcul, car les musulmans en profitèrent pour s’installer en Espagne pour sept siècles.

    http://www.ft.com/intl/cms/s/0/7505d210-00ba-11e1-8590-00144feabdc0.html

    China could play key role in EU rescue

    China is very likely to contribute to the eurozone’s bail-out fund but the scope of its involvement will depend on European leaders satisfying some key conditions, two senior advisers to the Chinese government have told the Financial Times.
    Any Chinese support would depend on contributions from other countries and Beijing must be given strong guarantees on the safety of its investment, according to Li Daokui, an academic member of China’s central bank monetary policy committee, and Yu Yongding, a former member of that committee.

    Financial markets reacted with relief hours after a European deal was agreed at a summit aimed at calming the two-year-long sovereign debt crisis. The plan includes recapitalising European banks, making them accept a loss of 50 per cent on their holdings of Greek debt and boosting the firepower of the rescue fund, known as the European Financial Stability Facility.
    The S&P 500, which rose 3.4 per cent, is on course for its best monthly gain since October 1974. The FTSE All World stock index gained 4.1 per cent, its best one-day rise since May 2010.
    Bank stocks also increased sharply with the S&P financials index gaining 6.2 per cent, led by big commercial banks. The dollar slumped 1.6 per cent, its biggest one-day drop since May 2009, as the euro surged more than 2 per cent, above $1.42.
    “It is in China’s long-term and intrinsic interest to help Europe because they areour biggest trading partner but the chief concern of the Chinese government is how to explain this decision to our own people,” said Professor Li. “The last thing China wants is to throw away the country’s wealth and be seen as just a source of dumb money.”
    He added that Beijing might also ask European leaders to refrain from criticising China’s currency policy, a frequent source of tension with trade partners. The US argues that an intentionally undervalued renminbi unfairly supports Chinese exports.
    In spite of discomfort among some Europeans about Chinese investment, the comments represented a fillip to eurozone leaders hours after a summit aimed at calming the two-year-long sovereign debt crisis.
    With $3,200bn in foreign exchange reserves, roughly a quarter of which are believed to be held in euros, China could be willing to contribute between $50bn and $100bn to the EFSF or a new fund set up under its auspices in collaboration with the IMF, according to one person familiar with the thinking of the Chinese leadership.
    “If conditions are right then something a bit above $100bn is not inconceivable,” this person said.
    President Nicolas Sarkozy of France welcomed the prospect of a Chinese contribution to the eurozone rescue package. “Our independence would not be put into question by this,” he said in a television interview. “Why would we not accept that the Chinese had confidence in the eurozone and place a part of their surpluses in our funds or our banks. Would you rather they placed it with the US?”

  5. Ami-e-s du blog de la région parisienne, je vous fais passer ce mail reçu de Fakir:

    Chère force vive de la nation fakirienne,

    Le mercredi 9 novembre, l’émission Là-bas si j’y suis et votre journal favori vous organisent

    La Nuit des rapaces

    à 19 h à la salle Olympe de Gouges
    (15, rue Merlin, Paris 11ème, métro Père Lachaise)

    Où sera remis le grand prix du « J’ai tout pris »

    On compte sur vous. Même, pour amener du monde – et faire de cette soirée un moment de lutte contre la Finance.

    Depuis la crise, le Programme alimentaire mondial a été divisé par deux : de 6 milliards de $ à 3 milliards. Pendant ce temps, cent fois plus, 680 milliards de $ ont été consacrés à sauver les banques européennes.
    L’Europe a diminué de 75 % ses aides alimentaires aux plus démunis – de 480 millions à 113 millions. Pendant ce temps, la rémunération des banquiers français a bondi de 44,8% en 2010.
    Ils mettent des pays à genoux.
    Et qui devrait réduire les « déficits » ? C’est nous.
    Ce mercredi soir, on ne va plus se laisser faire. Nous allons mettre des visages sur « les marchés », les sortir de leur paisible anonymat.

    On a tous notre rapace préféré….
    Un patron, venu planter ses crocs dans la chair de Continental, Moulinex, Renault. Un financier, qui a sucé les bénefs, les carnets de commande, le savoir-faire, et s’est tiré avec la caisse. Un politique, qui a remis le destin du pays entre les mains de la Bourse. Un journaliste, qui n’a cessé de vanter les bienfaits du marché – contre des « ménages » bien rémunérés.
    Nous, notre chéri, c’est Jean-Charles Naouri, PDG de Casino, ancien dirigeant de Moulinex, grand libérateur de la Finance dans les années 80. Qui fuit nos questions en Assemblée générale. Mais y a de la concurrence, chez ces gens pires ! Gérard Mulliez, Marc Ladreit de Lacharrière, Bernard Arnault, Alain Minc, etc. tous peuvent prétendre au titre. Tous nos invités viendront présenter leurs chouchous. Ils amèneront sa photo, pour qu’on imprime bien qui c’est. Et ils dresseront le CV de leurs forfaits.
    Au « ouhouh-mètre », vous désignerez le plus pire.

    Y a un autre enjeu, aussi. Plus personnel.
    Pour nos incursions parmi ses actionnaires, Jean-Charles Naouri nous a intenté deux procès. Un contre Fakir, l’autre contre Là-bas si j’y suis. Avec 80 000 € de réclamés dans chaque affaire. L’objectif, c’est de nous faire taire. Qu’on n’y revienne plus, dans ses AG. Qu’on ait trop peur. Mais nous n’avons pas peur, ni de lui ni des autres. Parce qu’on sait que vous êtes là, derrière nous, en masse, pour nous soutenir.

    Sans vous, on ne peut rien. Avec vous, on peut beaucoup.
    Et c’est pour ça qu’à la fin c’est nous qu’on va gagner !

    Pour le résumé de nos aventures avec Jean-Charles Naouri :
    http://www.fakirpresse.info/-Nos-emmerdes-.html

    Pour écouter l’émission Là-bas si j’y suis à l’Assemblée générale des actionnaires :
    http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1950&var_recherche=naouri

    Notre procès
    contre Jean-Charles Naouri se déroulera le lundi 28 et le mercredi 30 novembre 2011, à partir de 9 heures, à la XVIIème chambre du tribunal correctionnel de Paris. Y témoigneront Frédéric Lordon, les anciens salariés de Moulinex, des gérants de Petit Casino, les trois avocats qui en France se chargent de leur dossier. On devrait y entendre des choses inédites, jamais énoncées en public, sur ce « financier froid et calculateur » (comme il se désigne lui-même).
    Entrée libre aussi !

  6. J’aimerais comprendre quelque chose: les banques doivent se recapitaliser, les Etats doivent s’imposer une règle d’or mais l’Europe peut s’endetter (y compris auprès des chinois ou peut-être, un jour prochain, grâce à la création d’eurobons). N’est-ce pas contradictoire et cela n’est-il pas le signe d’une inquiétante fuite en avant?
    Et après la rigueur rendue nécessaire par l’excès de dette souveraine, ne va-t-on pas nous imposer de nouvelles mesures d’austérité justifiées cette fois-ci par le montant de la dette contractée pour « sauver » le système?

    1. Plus exactement: « Après la rigueur rendue nécessaire par l’excès de dette souveraine, ne va-t-on pas nous imposer de nouvelles mesures d’austérité justifiées cette fois-ci par le montant de la dette contractée au niveau européen pour « sauver » le système? »

    2. Vous faites erreur, il s’agit d’eurosbonbons et pas deurobonds.
      les eurobonbons adoucissent la gorge et aident à faire passer la pilule.

      J’espère que c’est plus clair, le problème avec les chinois c’est qu’ils sont gourmands et très nombreux alors certains ont peur de ne pas avoir d’eurobonbons.

      A la rigueur on pourrait leur refiler les eurobonsbons au poivre.

    3. au risque d’importuner je vous renvoie sur la note de Jean-Luc Mélenchon de ce 29 octobre :
      http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/10/29/au-sommet-on-s%e2%80%99embrouille/
      extraits :

      Cette trouvaille doit ramener la dette grecque de 160% du PIB aujourd’hui à 120% d’ici 2020. Conclusion : dans neuf ans la Grèce en sera au point d’endettement où elle était en début de sa crise. Tout le monde comprend que ce n’est pas soutenable, tout simplement. Ca craquera.

      la puissance du pare feu est limitée, celle de l’incendie ne l’est pas. On devine la suite.

      le communiqué final prévoit aussi l’adoption de la règle d’or budgétaire dans les 17 pays de la zone euro d’ici fin 2012. Ou bien Sarkozy trouve le moyen de le faire adopter ou bien ce sera la première réunion du Congrès à Versailles du gouvernement Hollande, ou bien la première désobéissance du gouvernement du Front de gauche.

      1. il n’est jamais inutile de lire jean luc mélenchon
        meme si paul trouve qu’il est plus simple d’être dans l’opposition…
        que d’être en pôle position.

    1. @Jean11
      je ne dirais qu’une chose
      Ce « personnage » a été créé de toute pièces par un professeur affilié à HEC, Ludovic François, et ses étudiants. Le but de l’opération était de montrer que la réputation d’une personne peut être maîtrisée, de manière positive comme négative.

      En 3 semaines, les profils sur les médias sociaux ont été créés et mis à jour avec des informations positives sur Eric Dumonpierre et sa société. Des interviews ont été données, des articles rédigés sur le sujet. Et l’action a porté ses fruits : l’AFSSAPS (Agence Francaise de Sécurite Sanitaire des Produits de Santé, l’autorite qui regule les mises sur le marche de produits pharmaceutiques) a sommé les Laboratoires Berden de retirer de la vente le Mutorex. D’autre part, des CV de candidats à l’embauche ont été envoyés aux Laboratoires Berden…

      Les trois semaines suivantes ont été consacrées à la mise en scène de la « crise ». Des fausses associations critiquant les Laboratoires Berden ont été créés (Stopdéloc, Lab’Ethique…), des faux avis de salariés ont été mis en ligne, et la diffusion virale de l’information a fait le reste.

      Le but des « créateurs » d’Eric Dumonpierre était de montrer que la réputation en ligne peut être créée et influencée de manière positive comme négative. De plus, l’exercice a permis de mettre en lumière l’importance de vérifier ses information…
      Amicalement

  7. En résumé: d’une part le sauvetage de l’euro suspendu au bon vouloir de la Chine, et d’autre part la rigueur germanique au menu. Pas de quoi se vanter!
    le modèle allemand n’est pas exportable aux pays du Sud Européen, donc cela ne fera qu’empirer, et les contreparties demandées par les chinois vont être corsées.
    Et si les Chinois chipotent, on fait appel à qui ? aux Vénusiens ?
    L’Europe se réfugiant sous le parapluie chinois, quel allumé aurait pu penser cela il y a deux ou trois ans ?

  8. Vendredi 28 octobre 2011 :

    Espagne : un niveau de chômage catastrophique à trois semaines des élections.

    Le chômage en Espagne est reparti à la hausse au troisième trimestre, à 21,52 %, son plus haut niveau depuis 1996, un résultat catastrophique pour le gouvernement socialiste à trois semaines des élections législatives.

    http://www.boursorama.com/actualites/espagne-un-niveau-de-chomage-catastrophique-a-trois-semaines-des-elections-aaad663d2fce247687a0cbf721f60a78

  9. Source Boursorama : « Le chômage en Espagne est reparti à la hausse au troisième trimestre, à 21,52%, son plus haut niveau depuis 1996, un résultat catastrophique pour le gouvernement socialiste à trois semaines des élections législatives ».

    Car en dehors des élections, on s’en fout … A bon entendeur …

  10. Vendredi 28 octobre 2011 :

    Fonds de soutien européen : la Chine attend des clarifications.

    La Chine a indiqué vendredi qu’elle attendait des clarifications avant de s’engager à investir dans le nouveau mécanisme du Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui pourrait être mis en place suite au dernier sommet européen de Bruxelles.

    « Nous devons attendre les détails techniques pour y voir clair et entreprendre des études sérieuses avant de décider d’un investissement », a déclaré le vice-ministre chinois des Finances, Zhu Guangyao, lors d’un point de presse sur le déplacement du numéro un chinois Hu Jintao au G20 de Cannes (France) la semaine prochaine.

    La zone euro a décidé lors de son sommet de crise à Bruxelles mercredi et jeudi de démultiplier la puissance de feu du FESF pour les pays en difficulté, l’Italie ou l’Espagne. Sa capacité d’intervention passerait à 1.000 milliards d’euros, contre 440 milliards.

    Pour arriver à ce résultat, un système d’assurance-crédit sera offert aux investisseurs et un fonds spécial serait adossé au Fonds monétaire international pour accueillir les contributions de pays émergents, Chine en tête.

    M. Zhu a expliqué que l’investissement dans ce nouveau mécanisme (fonds spécial) n’est pas un investissement dans le FESF lui-même, ce n’est qu’un investissement garanti par le FESF, ajoutant qu’il a été dit que les détails sur l’expansion du Fonds seraient connus fin novembre – début décembre.

    Aussi la question ne sera-t-elle pas à l’ordre du jour lors du G20 de Cannes des 3 et 4 novembre, selon le vice-ministre chinois.

    http://www.romandie.com/news/n/_Fonds_de_soutien_europeen_la_Chine_attend_des_clarifications281020111010.asp

  11. @ Liervol

    Intéressant et plein d’humour, ce mouvement de la République Indépendante d’Uzupis . Cependant un des articles de la Constitution pose problème : « L’Homme a le droit d’avoir des frères, des sœurs et des parents »
    Ce serait intéressant de savoir comment à Uzupis ils respectent ce droit quand l’un des parents meurt prématurément , condamnant le citoyen à être enfant unique … LOL

    Ah mais , suis-je bête ( comme dirait Vigneron) ! Je confondais étourdiment l’expression  » l’Homme a le droit d’avoir des frères .. » avec  » l’Homme a droit à … », ce n’est pas du tout la même chose .

    C’est comme les Droits de l’Homme affichés dans les établissements scolaires . Avant 1980 l’un des premiers articles disait :
     » L’Homme a droit au travail »
    Maintenant , c’est écrit :
     » L’Homme a le droit de travailler « . Pas du tout pareil et personne n’a protesté .

    Tiens, une idée . En attendant que tout s’effondre, pourquoi tous les villages et toutes les petites villes ne proclameraient-ils pas comme Uzapis leur indépendance avec une Constitution concoctée par de vrais humanistes ? C’est possible car ils ont les ressources naturelles pour vivre un certain temps en autarcie ( moins la télé ), loin de la dictature des « marchés » , en revenant aux bonnes vieilles méthodes d’antan ( chauffage au bois , légumes de saison, viande conservée dans le pot à sel, lampe à huile ) plus quelques panneaux solaires – valisette ou des éoliennes dont on peut s’équiper actuellement .

    Si le système s’effondre, il faudra bien en arriver là ensuite , non ? Alors autant s’y mettre immédiatement .

    1. Un peu de poésie chez des fous, car comment qualifier autrement l’espèce humaine ?
      Je viens de lire Anna Karénine, en définitive dans le roman le personnage principal c’est Lévine et
      Lévine c’est Tolstoï qui s’interroge en 1870 sur ce monde sur sa Russie et ses privilèges sur ses exploitations déficitaires depuis l’abolition du servage, sur la foi, sur la condition féminine, sur l’instruction, enfin sur comment faire le bien ???
      En fait il faudrait commencer par interdire les mots compétitivité productivité, et le remplacer par solidarité bien être, et sortir de la tête de l’homme l’argent et le commerce comme but de l’existence, réinventer Dieu mais je vous en supplie sans république islamique et sans pape à Rome, sans Rabbin sans église sans sectes seulement dans l’amour et la foi en l’homme, ça fait du bien de rêver non ???

      1. En fait il faudrait commencer par interdire les mots compétitivité productivité, et le remplacer par solidarité bien être, et sortir de la tête de l’homme l’argent et le commerce comme but de l’existence,

        le programme du Front de Gauche, avec d’autres mots ne dit pas autre chose, non ?

        Nous aspirons à bouleverser radicalement la vie politique de notre pays. Nous voulons que les classes populaires retrouvent leur place alors que ce régime devient de plus en plus censitaire. Nous voulons bousculer la donne à gauche. Nous voulons que la volonté inflexible de résister à la finance devienne majoritaire à gauche et dans le pays. C’est la condition pour qu’un gouvernement de gauche fasse du bon travail et ouvre une issue à la crise. C’est la condition pour battre durablement Sarkozy, la droite et l’extrême droite

  12. Comment se fait-il que des décisions aussi graves que l’emprunt d’énormes sommes à un pays étranger comme la Chine et les contreparties en découlant ne soit pas soumis à référendum ?

      1. oui, et plus généralement parce que :

        Le traité de Lisbonne concentre toutes les impasses du capitalisme de notre époque. il impose la concurrence libre et non faussée au détriment des droits sociaux conquis par les luttes démocratiques et ouvrières des derniers siècles. Il encourage le libre-échange au détriment de l’environnement et de la justice sociale. Il entretient la dérive autoritaire de l’Union européenne en concentrant le pouvoir entre les mains d’institutions non élues. Il est nécessaire de s’affranchir du traité de Lisbonne pour répondre à l’urgence sociale, résoudre la catastrophe écologique, régler la crise démocratique et construire une autre Europe.

        page 67 du programme du Front de gauche

    1. Merci. Ce n’est pas la première fois, si j’ai bonne mémoire, que Capital.fr donne la parole à PJ.
      Du bon travail !

  13. Bien que non croyant, une vieille culture religieuse reste présente dans mon esprit et cette citation du nouveau Testament me semble coller à la réalité actuelle:

    Marc 2:20-22
    20 Personne ne coud une pièce de drap neuf à un vieil habit; autrement, la pièce de drap neuf emporterait une partie du vieux, et la déchirure serait pire.
    22 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin fait rompre les outres, et le vin et les outres sont perdus; mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves.

    Or c’est exactement ce que font les gouvernants actuels.

    La crise économique n’est pas une conséquence de la crise financières et de l’incurie des banques
    C’est crise financières et de l’incurie des banques qui sont La conséquence de la crise économique elle même conséquence d’un accroissement inédit de la productivité du travail, réduisant ainsi la masse salariale dans les pays de l’OCDE d’environ 15% entre 1970 et 2005.

    Pierre Larrouturou qui fait cette analyse rajoute que ce n’est pas la crise qui crée le chômage, même si elle l’aggrave, mais c’est le chômage qui a entrainé la crise, Chômage causé, comme expliqué plus haut, en très grande partie par une augmentation considérable de la productivité du travail.
    Il n’y avait pas eu de crise majeure tant que les gains de productivité étaient relativement répartis entre travail et capital.
    Cette politique avait été inspirée des conclusions de la réunion de Philadelphie en 1944 qui avait précédé les accords de Bretton Woods. Les conclusions de cette réunion de Philadelphie connue sous le nom de « Déclaration de Philadelphie » qui fût annexée à la Constitution de l’OIT l’Organisation mondiale du Travail, dont les dirigeants dits de Gauche feraient bien de s’inspirer…

    Extrait de la constitution de l’OIT:

    Préambule
    Attendu qu’une paix universelle et durable ne peut être fondée que
    sur la base de la justice sociale;
    Attendu qu’il existe des conditions de travail impliquant pour un
    grand nombre de personnes l’injustice, la misère et les privations, ce
    qui engendre un tel mécontentement que la paix et l’harmonie universelles
    sont mises en danger, et attendu qu’il est urgent d’améliorer ces
    conditions: par exemple, en ce qui concerne la réglementation des heures
    de travail, la fixation d’une durée maximum de la journée et de la
    semaine de travail, le recrutement de la main-d’oeuvre, la lutte contre le
    chômage, la garantie d’un salaire assurant des conditions d’existence
    convenables, la protection des travailleurs contre les maladies générales
    ou professionnelles et les accidents résultant du travail, la protection
    des enfants, des adolescents et des femmes, les pensions de vieillesse et
    d’invalidité, la défense des intérêts des travailleurs occupés à l’étranger,
    l’affirmation du principe «à travail égal, salaire égal», l’affirmation
    du principe de la liberté syndicale, l’organisation de l’enseignement
    professionnel et technique et autres mesures analogues;
    Attendu que la non-adoption par une nation quelconque d’un régime
    de travail réellement humain fait obstacle aux efforts des autres
    nations désireuses d’améliorer le sort des travailleurs dans leurs propres
    pays;

    C’est à partir du tournant « néolibéral » De Regan et Thacher que la situation de la répartition entre travail et capital s’est aggravée. C’est la baisse des impôts sur les hauts revenus et les dividendes qui a conduit rapidement au déficit des états. Et comme il y avait de moins en moins d’emploi, il n’y avait plus de demande donc une baise de l’activité économique.
    Les tentatives de relancer l’économie par une politique monétarise d’inspiration libérale a conduit au désastre que nous connaissons.

    Nos économies repartiraient sur un terrain plus sain si on les relançait par la création d’emplois. La petite tentative de politique Keynésienne des la Commission Européenne projetant de lancer des investissements structurels en matière de création et de transport « intelligent de l’énergie n’a reçu aucun commentaire des médias, et pas de réaction non plus sur ce bolg quand j’en ai parlé. Or un investisement d’infrastructure au niveau européen pourrait seul éviter le dumping fiscal et sociale entre les pays de l’UE…

    Paul

  14. Deux choses me contrarient:
    La patronne du MEDEF, qui, en affirmant que la crise commence à toucher l’économie réelle, tente de dédouaner le patronat de la situation actuelle, alors que la direction qui a mené la finance est bien la volonté mercantile du patronat, plus que la volonté de faire prospérer la majorité. Faire prospérer la majorité, c’est la raison pour laquelle la majorité reconnait au patronat un pouvoir de décision et un train de vie en contrepartie…
    L’autre, c’est Baroin, qui, implicitement, en affirmant que les temps difficiles que les banques devront passer doivent en priorité s’affecter sur les extras des cols blancs en dit long sur le mépris qu’il y a sur ceux qui demandent juste à travailler pour vivre. Si auparavant Baroin et compagnie estimaient que les extras ne devaient pas être affectés, ben j’aimerai pas être leur chauffeur à ceux là.

  15. j’ai regardé le publireportage hier, j’ai coupé le son, il avait l’air de maitriser son sujet en mimes.

  16. Grêce en 2009 dette 50 Mds , en 2011 200 Mds , différence en 3 ans 150 Mds à 20 % = 30Mds d’intérêts……ya bon , alors les préteurs peuvent s’assoir sur 10 Mds.

    1. mais oui avec de tels taux d’intérêts inespérés ils peuvent bien perdre quelques milliards de monnaie virtuelle !!! les seuls perdants sont les peuples à qui ont fait croire qu’ils n’ont pas de moyens qu’il faut revenir au servage total à ce régime là prochainement…

  17. « L’État portugais (…) n’ayant pas « l’intention de s’immiscer dans la gestion des banques ni en être le propriétaire ». » … ça commence à bien faire, cette abdication de la puissance publique devant les « puissances d’argent »!… Qui, dans la vraie vie, accepterait de donner de l’argent sans revendiquer (légitimement) le droit de contrôler ce qui en est fait?

  18. Il y a quelque chose qui devrait interpeller dans cette affaire de recapitalisation des banques .
    Les CDS , n’en on t elles pas souscrit ? ( les banques ) . C’est fait pour çà pourtant !
    Autre question subsidiaire : pourquoi ? ne sont-ils pas déclenchés , qu’est ce qu’il lui faut à
    l’ ISda , dans ce contexte de dramatisation anglo-saxonne débridée .
    N’est ce pas parce ceux qui les vendent sont anglo-saxons (pour ne pas dire AIG/TRésor Us) que les CDS ont eu autant de succés et si peu de débours ?
    çà m’interroge en dehors du fait que s’endetter de 1000 milliards d’euro en plus soit présenté comme une solution .
    Les politiques européens aurait donc joué fin avec les US . Parce que maintenant à quoi servent
    les cds ? , ne vont-ils pas subir une décote ? Quelles pertes pour leurs acheteurs sans sous-jacents ? mais çà c’est plutot le pb de nos amis américains et anglais .

    1. C’est vrai, l’impression c’est que finalement, les CDS sont là pour ne jamais être opérationnels: si on peut effacer de la dette sans faire défaut, leur garantie ne sert pas à grand chose.

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