L’actualité de la crise : ILS VONT OUVRIR LES VANNES ! par François Leclerc

Billet invité

Les dirigeants occidentaux vont chercher à noyer l’incendie européen en déversant une masse de liquidités sur les banques et en multipliant les pare-feux afin de cantonner la crise obligataire. L’opération est planifiée pour se dérouler en deux temps.

En février d’abord, avec une nouvelle méga distribution de prêts à trois ans aux banques – une LTRO (Longer-Term Refinancing Operation) – dont il est estimé qu’elle pourrait doubler ou tripler en volume la précédente de décembre. Soit mille à mille cinq cent milliards d’euros pour la seconde vague.


Illustration par Sébastien Marcy

En avril ensuite, selon le Financial Times, qui annonce à l’occasion de l’assemblée de printemps du FMI la constitution d’un fonds de l’équivalent de 500 milliards d’euros sous les auspices de celui-ci. Il viendrait s’ajouter aux moyens qui seront maintenus du FESF et ceux à venir en juillet du MES, que les Allemands accepteraient d’additionner. Soit au total presque 1.500 milliards d’euros, si l’on tient compte des 150 milliards déjà engagés par le FESF.

Destiné à impressionner, ce second dispositif est le résultat des conciliabules tenus ces derniers temps entre Christine Lagarde, Timothy Geithner, Wolfgang Schäuble et François Baroin et vise à en finir en faisant la part du feu. Posant la question de savoir en quoi elle va consister.

C’est dans ce nouveau contexte que peut être compris la tentative allemande de mettre le gouvernement grec sous tutelle, le gouvernement allemand estimant que les Européens ont désormais les moyens de faire face, si la Grèce devait faire défaut. Ce qui explique que les voix se font entendre dans le pays pour réclamer le lâchage de la Grèce, si l’on comprend bien à titre d’exemple pour ceux qui pourraient vouloir la suivre en n’accomplissant pas leurs objectifs de réduction des déficits.

Il faut par contre à tout prix sauver le soldat Monti. Sans que l’on en distingue trop bien les raisons, les émissions obligataires italiennes continuent de recevoir un meilleur accueil du marché. Fruit sans aucun doute des efforts des banques italiennes financées par la BCE, mais aussi d’autres mains secourables non identifiées qui ont été appelées en renfort. Du temps est ainsi gagné, mais rien n’est joué.

Ce qui dans l’immédiat laisse pendants les cas très incertains du Portugal et de l’Espagne. Le premier subit de plein fouet les attaques des marchés et ne pourra tenir sans un second plan de sauvetage, s’apprêtant à suivre la Grèce sur un chemin dont on voit désormais où il peut mener. Une nouvelle opération de restructuration de dette étant impensable vu la manière dont l’actuelle se déroule. Mais le sort du Portugal et celui de l’Espagne sont intimement liés. Non seulement en raison de leurs relations économiques étroites, mais aussi de l’implication des banques espagnoles dans l’énorme dette privée portugaise.

L’Espagne, elle, se porte comme elle peut, c’est-à-dire très mal. Il est hors de question d’atteindre l’objectif de réduction du déficit public en fin d’année et la situation du système bancaire se détériore au fur et à mesure que la bulle immobilière continue de se dégonfler. Les régions sont rattrapées dans la crise, les coupes budgétaires perturbent la vie de tous les jours des Espagnols et le chômage est de plus en plus difficilement amorti par la solidarité familiale, les petits boulots informels, et le démarrage d’une nouvelle émigration.

À cela le nouveau plan européen n’apporte aucune réponse si ce n’est l’énoncé d’une discipline assortie de la promesse de sanctions pour ceux qui n’en suivraient pas la règle. Au chapitre de la relance de la croissance, qui figurait comme le principal point à l’ordre du jour du sommet européen d’hier, il faudra se contenter d’une vague déclaration de principe « Nous encouragerons les initiatives multilatérales et bilatérales visant à lever les barrières commerciales et à améliorer l’accès au marché pour les exportateurs et les investisseurs européens ». C’est plus que maigre, même si on l’accompagne des efforts de la Commission européenne qui propose de racler dans les fonds de tiroir du budget communautaire. « De l’audace, encore de l’audace ! », cette fois-ci elle consiste pour David Cameron a préconiser des accords commerciaux avec les États-Unis, afin de doper les échanges et les investissements et d’abattre « les barrières inutiles au commerce et aux services et à sabrer dans le nombre de professions réglementées en Europe ». Un visionnaire qui décidément voit loin.

Le FMI, qui a mis en garde contre une nouvelle vague de restrictions budgétaires en Espagne, cherche d’autres points d’appui. Il vient d’encourager la Chine à engager une relance budgétaire, afin de venir au secours de l’Europe qui n’en a pas les moyens. Faisant référence aux orientations du plan quinquennal 2011-2015, Anoop Singh, le directeur pour l’Asie du fonds, considère qu’elle pourrait avoir comme objectif le développement de la consommation intérieure et non pas l’investissement, grâce des aides à la consommation, l’amélioration de la protection et du logement social.

La question est en effet de savoir qui va contaminer l’autre de la Chine – dont la croissance s’essouffle – et des pays occidentaux, sous la menace de la récession, quand ils n’y sont pas déjà. Mais ces adjurations continuent de faire l’impasse sur la nature d’une croissance toujours considérée comme la cavalerie – dont on sait qu’elle arrive toujours à temps – ainsi que sur les modèles de développement économique.

Intervenant au forum social de Porto Alegre, Dilma Rousseff, la présidente brésilienne, a précisément appelé à en changer, en ouverture des débats de la conférence de l’ONU sur le développement durable de juin prochain qu’elle présidera. « Ce qui sera en jeu à Rio+20, c’est un modèle de développement qui allie croissance et création d’emplois, lutte contre la pauvreté et réduction des inégalités (…) utilisation et préservation des ressources naturelles ». Critiquant les conséquences sociales des coupes budgétaires appliquées dans les pays développés, elle a pointé que « Le chômage et l’inégalité sociale sont particulièrement cruels quand il s’agit de nations riches qui ont conquis des droits et (…) ils touchent surtout les jeunes, les femmes et les immigrants ». « La dissonance entre la voix des marchés et celle de la rue semble augmenter de plus en plus dans les pays développés et menace non seulement les conquêtes sociales mais aussi la démocratie » a-t-elle conclu.

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193 réflexions sur « L’actualité de la crise : ILS VONT OUVRIR LES VANNES ! par François Leclerc »

      1. J’ai une sympathie pour Eva (et surtout le travail qu’elle faisait dans le passé), mais chut, il ne faut pas le dire!

    1. Le nucléaire ne parait pas cher qu’avant l’accident !

      En réalité ça ne coûtera pas plus cher ….que le montant des sommes qu’on pourra se permettre de dépenser !

      – On ne démantèlera que les centrales pour lesquelles on pourra s’offrir le démantèlement (et ce avec les conditions de sécurité qu’on pourra payer.)
      – On stockera les déchets dans les conditions de sécurité qu’on pourra se payer. Ça fait des dizaines d’années qu’ils en discutent (et pas qu’en France) sans avoir jamais été satisfaits des projets qui étaient avancés ce qui, vu les contrats que ça représente, devrait nous faire réfléchir. Un pays ou une région qui accueillerait les déchets pour les retraiter et les stocker se ferait un fric gigantesque: aucun candidat !
      – on arrêtera les centrales quand on n’osera plus les laisser fonctionner (accident limité mais proche, accidents lointain mais important, etc.)

      Il y a différents niveaux de précautions possibles, je me souviens qu’au début on a bazardé joyeusement des déchets à la mer. Employer un grand nombre de liquidateurs pas très conscients de ce qu’ils font – c’est à peu près comme ça que ça se passe pour d’autres types de déchets qu’on envoie pour recyclage dans des pays lointains – permettrait probablement de faire des économies. En gros (et si j’ose dire) qui vivra verra…

  1. Un peu de détente bien méritée…

    « Les meilleures blagues de François Hollande.

    Surnommé « Monsieur petites blagues » par Nicolas Sarkozy, François Hollande est malgré certaines apparences connu pour être un véritable boute-en-train au sein de la classe politique et médiatique. C’est la raison pour laquelle Jean-Pierre Gouignart, proche collaborateur du député de Corrèze et ancien préfet, a décidé de publier un ouvrage réunissant « Les meilleures blagues de François Hollande » (Ed. de l’Opportun). UMP, PS, Marine Le Pen, Mélenchon… le socialiste n’épargne personne. Extraits.

    – « Qu’est-ce qu’une sardine ? Une baleine qui a vécu cinq ans de sarkozysme »
    – « Quelle est la différence entre le Concorde et Sarkozy ? Le concorde s’est arrêté de voler, lui ! »
    – « Qu’est-ce qu’un député UMP avec deux neurones ? Un surdoué. »
    – « Comment appelle-t-on un politicien avec un Q.I de 12 ? En faisant le numéro de Jean-François Copé »
    – « Qu’est-ce qu’un échange d’opinions au PS ? C’est quand tu entres dans le bureau de Martine Aubry avec ton avis, et que tu en ressors avec le sien ! »
    – « Que fait Martine Aubry avec ses robes usagées ? Elle les met ! »
    – « Pourquoi DSK porte-t-il des caleçons en laine ? Parce qu’il est frileux des chevilles ! »

    http://www.ozap.com/actu/les-meilleures-blagues-de-francois-hollande/439097

  2. « Cela marche chez eux, pourquoi cela ne marcherai pas chez nous » c’est juste une phrase, une simple phrase .La chance pour ainsi dire,c’est qu’elle a été prononcée par N.S et non par Léon Blum en 1932 .Nous sommes un beau pays qui a déjà inventé les ecrits de la démocratie il suffit de les mettre en oeuvre ,le programme de la CNR
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance#R.C3.A9sum.C3.A9_du_Programme_du_CNR
    Bien à vous

  3. Je trouve l’article du FT sur le second LTRO un peu sensationnaliste… basé sur l’interview d’individus particuliers dans quelques banques (certes, des grosses) le FT balance cet énorme chiffre de mille milliards à la une. Draghi a de son côté indiqué que la demande pourrait être « très forte sans pour autant attendre les niveaux du premier tour ».

    Un détail concernant le premier LTRO : une bonne partie des prêts à 3 ans accordés (je n’ai plus le chiffre en tête, mais pas loin de la moitié si je me rappelle bien) correspondaient à une extension de maturité des LTRO précédents, dont la maturité était d’un an ou moins. Le prochain LTRO ne sera probablement que de l’argent « neuf », or je vois mal la BCE accepter d’augmenter son bilan de 40% ou 50% d’un coup comme le FT le suggère, alors que les marchés d’obligation et interbancaires se sont un peu détendus…

    1. Mais pourquoi ces marchés se sont-ils détendus, si ce n’est à la suite de l’ouverture des vannes de la BCE ? Ne prenez-vous pas le raisonnement à l’envers ?

      Quand au montant du second LTRO à trois ans, dans moins d’un mois maintenant, ce ne peut être qu’une hypothèse à confirmer. Serait-il simplement équivalent au premier que cela ne serait pas rien !

      1. Toutes ces masses de liquidités déversées sur les marchés ne vont elles pas finir par se concurrencer ? Installer une sorte de course à la dévaluation déguisée ? Donc inflationnistes intrinsèquement ?

      2. Oui, la détente a effectivement eu lieu une fois que la BCE s’est décidée à mettre la presse à billets en marche. Mais Draghi ayant fait preuve de pragmatisme jusqu’ici, je pense que la deuxième opération se contentera de satisfaire les estimations de marché (300-500 milliards à l’heure actuelle, ce qui n’est certes pas rien) tout en essayant de ne pas être perçu comme inondant le marché de liquidités par les Allemands, ce que le seuil symbolique de 1000 milliards risquerait.

        @ThomBilabong :
        Toutes choses égales par ailleurs, augmenter la liquidité en circulation pour acquérir la même quantité de biens ou d’actifs mène à de l’inflation ou la formation de bulles. Mais le risque est moindre à l’heure actuelle puisque le multiplicateur de la monnaie est « cassé » en Europe : l’offre de monnaie de la BCE coince au niveau des banques sans atteindre l’économie réelle, ni vraiment les marchés financiers.
        L’intervention des Banques Centrales est souvent considérée comme une dévaluation plus ou moins déguisée : la baisse de taux directeurs ou l’achat d’obligation d’Etats visant à diminuer leur rendement conduit à une fuite instantanée d’investissements de portefeuille. Cette fuite peut s’accélérer si les investisseurs ou consommateurs perçoivent que la valeur réelle de leurs actifs ou biens se déprécie (inflation/bulle).
        Mais avec la Fed et Banque d’Angleterre jouant au même jeu, l’effet « dévaluation » n’a pas un rôle crucial pour le moment.

  4. « En avril ensuite, selon le Financial Times, qui annonce à l’occasion de l’assemblée de printemps du FMI la constitution d’un fonds de l’équivalent de 500 milliards d’euros sous les auspices de celui-ci. Il viendrait s’ajouter aux moyens qui seront maintenus du FESF et ceux à venir en juillet du MES, que les Allemands accepteraient d’additionner. Soit au total presque 1.500 milliards d’euros, si l’on tient compte des 150 milliards déjà engagés par le FESF. »

    – D’où sort ce montant de 1.500 milliards ?
    – Un citoyen lambda peut-il demander à vérifier comment ces sommes sont accumulées ?
    – A titre personnel j’ai du mal à croire que sa totalité est issue d’une richesse créée en contre-partie, faute de quoi il faudrait faire tourner la planche à billet si j’ai bien compris les mécanismes ?
    – Comment peut on mettre un frein à tout ces montages qui ressemblent plus à une pyramide de Ponzi qu’à autre chose ?
    On dirait que la pyramide reçoit un nouveau sommet (1er rang) à chaque fois que çà va mal.
    A cette allure les pyramide d’Égypte seront battues avant ce printemps. Vivement que tout s’arrête, çà en devient désespérant …

  5. Lordon se trompe d’après Yvan,Krugman se trompe,Lisztfr se trompe sur Krugman d’après Vigneron,Delamarche se trompe d’après Julien qui pense que Liztfr se trompe sur icelui qui a tort sur l’inflation, mais raison sur le fait que les banques ne prêtent qu’aux riches ,ce qui au demeurant, nous savions déjà.
    Ce qu’il y a de bien,c’est la lumière au fond du tunnel, comme disait un emprunteur malchanceux du boyau sous Mont Blanc.

      1. @ Piotr

        Je complète, alors: Jorion se trompe selon Johannes Finckh, Johannes Finckh se trompe selon Julien, et pour couronner le tout Krugman se trompe selon Jorion (voir dernier billet du blog, tout frais).

    1. Et Piotr se trompe sur Yvan.
      Car Piotr n’a pas compris ce que j’avais écrit.
      Je COMMENCE par dire qu’il se trompe.
      Dis-moi en quoi je lui trouve une erreur par la suite… ? 😉

      Vigneron … lamentable. Désolé, mais je ne fais que constater.

  6. « Bon alors au final; après des pages et des pages de constat ….il faut faire quoi » ???…………………
    Vincent, comme disent certains sages…, Il nous faut trouver….. La  » voie du milieu »

    Non Vincent, ici sur ce blog, vous ne trouverez pas « le kit Ikéa » ….Qui répondra à votre vide existentiel ! Bienvenue au club, il va falloir vous y faire et vous mettre face à vos choix….Sous peine d’être exclu du……. juste prix ….

    C’est bon là ? J’ai gagné ????????
    Je mérite de remplacer « « Big Brother mangera son chapeau ! » (Lisztfr) ………………………..

    .Phfffff !!! Je sais…… , Ya des chouchous ici !
    Mdr !…………………………………….

      1. en parlant de Martine,
        quelqu’un a des nouvelles de Martine Mounier ?
        ça fait un moment qu’on ne la voit plus par ici.

      2. Oui Pierre-Yves, ça m’inquiète un peu cette absence de notre chère Martine qui n’en finit pas de ne pas finir. Comme celle de Juan.
        La médiocrité se multiplie à une échelle cunicunicole dans les fils de commentaires et la bonne monnaie quitte le lieu, laisse place nette à celle des faux-monnayeurs.

  7. @ julien alexandre

    vous dites que Mr Delamarche se trompe,
    trompez vous comme lui,
    vous m’ intéresserez.

    1. 1/ Contrairement à Delamarche, vous ne verrez pas les auteurs de ce blog se produire chez les médias d’extrême-droite

      2/ Il me semble juste vaguement que le niveau d’analyse et de proposition de ce blog est simplement à des années lumières des petits coups de gueule médiatiques de Delamarche qui se contente de dire tout haut ce que tous ses petits camarades de la finance disent tout bas. Ça donne l’illusion du type qui fait fi de ses intérêts, alors que c’est probablement une stratégie commerciale qui lui vaut de recruter des clients pour son activité de conseiller en investissement.

      Mon petit doigt me dit que si vous deviez compter sur Delamarche pour vous sortir de la crise, vous auriez de drôles de surprises au réveil en vous rendant compte du bord politique que vous avez embrassé les yeux fermés…

  8. Hi,

    Vu que

    la fréquentation du blog,
    le nombre de participations,
    les liens postés,
    sont des outils de mesure infaillibles,
    on peut tranquillement affirmer comme Herr Chouchou Blabla que

    « la crise financière s’apaise »
    « l’Europe n’est plus au bord du gouffre »
    « les éléments d’une stabilité financière du monde et de l’Europe sont posés ».

    Gros soupirs de soulagement !

    1. « Convalescence : état de béatitude fort enviable, pour peu qu’il ne soit suivi d’aucune maladie. »
      de Georges Elgozy bidouillé par Piotr

  9. Ils vont ouvrir les vannes [de l’argent toujours distribué au mêmes] et ça ne servira à rien ou ce sera même pire.

    Avec la crise économique et les politiques de restrictions budgétaires, l’argent restera encore plus entre les mains des banques et des spéculateurs au lieu d’aller vers des investissements productifs.

    Mais par haine viscérale du Keynésianisme et de l’interventionnisme étatique, les fondamentalistes du néolibéralismes n’accepteront jamais de politique industrielle, préférant mourir que de se rendre à l’évidence que les politiques monétaristes ne mènent à rien ou plutôt mènent au pire.

    Par pure idéologie ils continuent d’endoctriner les puissants de ce monde en leur faisant croire qu’il n’y a par d’autre politique possible, que l’économie de marché avec le moins d’intervention des états que possible. Quand bien même cela va en fait à l’encontre des intérêts capitalistes. Mais ils en sont à un point d’aveuglement tel qu’ils ne voient même pas les plus évidentes des constatations venant de l’économie réelle. Les données de lOCDE, celles de l’organisation Internationale du travail (OIT) et même celles de la Banque Mondiale ou les analyses de l’ONU montrent les catastrophes créées par les politiques de restrictions budgétaires qui enferment dans un piège mortel, les pays que ces politiques sont sensées sauver…

    Je vous recommande de lire simplement les quelques pages du rapport Mondial sur les salaires 2010 / 11de l’OIT si vous n’avez pas le temps ni l’envie de le lire en entier:

    http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/@dgreports/@dcomm/@publ/documents/publication/wcms_146706.pdf

    Les pages 51 et 52
    Chapitre 4 : Le rôle des politiques salariales
    Paragraphe 4.1 Justice et équité sociale
    Qui donne des chiffres indiscutables sur l’état des salaires dans la plupart des pays du monde, en particulier aux USA où leur baisse a entrainé, pour maintenir la demande à des politiques suicidaire de crédit facile, qui ont conduit à la crise financière de 2008.

    4.2 : Les effets macroéconomiques des salaires

    Et la page 53:
    Encadré N°5 « Les effets pervers de la baisse des salaires »
    Montrant la stupidité et le manque de vision des analystes économiques néolibéraux et celle des chefs d’entreprises ou de gouvernements qui les écoutent.

    Qu’attendent les « soit disant » candidats de gauche pour utiliser ces données irréfutables dans leurs arguments de campagne, pour démonter les idées fallacieuses que ce qui freine l’investissement productif c’est la lourdeur des charges salariales et le coût trop élevé des salaires.?
    Aucun chef d’entreprise ne va investir sans avoir une demande en vue pour ses produits, ce ne sont ni une baisse des charges ni même une baisse des salaires et même pas des taux d’intérêts très bas, qui inciteront les chefs d’entreprises, à investir:

    Seule l’espérance d’une demande solide pour leurs productions peut les convaincre de le faire. Or des salaires trop bas et une incertitude pour les salariés sur l’avenir de leurs emplois ne les incite pas à consommer ou à investir en équipement personnels.

    Une politique Keynésienne Européenne relançant la demande par l’emploi et non par le crédit pourrait entre autre être faite dans des infrastructures de défense de l’environnement et d’économie d’énergies ( avez vous une idée des « pertes en ligne » liées aux transport des différentes énergies et des produits distribués sur le territoire européen). Il y a de quoi réduire la consommation d’énergie de manière bien plus significative qu’en demandant à la population d’accepter de réduire leurs consommations personnelles , ce qu’il faudra tout de même demander aussi…

    Une telle politique Keynésienne (bien que non appelée ainsi) avait été proposée dès 2009 au président Obama par un dangereux révolutionnaire écologiste 🙂 Sam Palmisano alors patron mondial d’IBM. il proposait pour sortir de la crise, des investissement massifs pour rendre tous les réseaux de transport intelligents: transports de produits, d’énergie, de personnes, ainsi que transports de données des réseaux télématiques. (voir un article publié dans le très contestataire Wall Street Journal:

    <>

    http://www.eweek.com/c/a/Government-IT/IBMs-Palmisano-Government-Investment-Could-Lead-to-900000-IT-Jobs/

    Localement dans la région niçoise, on observe des « pertes en ligne » au niveau du transport de l’eau: entre l’infiltration et l’évaporation, moins de 30% de l’eau captée en amont des fleuves et rivières arrive à destination dans les foyers, les entreprises et les cultures agricoles (Oui il y en a encore quelque unes…)

    Des investissements dans ces domaines seraient à la foi créateur d’emplois à court terme et réduirait les gaspillages de ressources rares que sont l’énergie, l’eau et bien d’autres éléments nécessitant d’être transportés. Sans compter le gaspillage de l’espace terrestre par des infrastructures inefficacement conçues.

    Paul T.

  10. Avec la Grèce, le futur modèle de « gouvernance » européenne se dessine accompagné de son processus de conquête du pouvoir.

    Une dictature d’un nouveau genre se met en place avec l’alibi d’une démocratie à la dérive.

    Chaque pays passe progressivement sous contrôle d’une oligarchie néo-libérale et de ses lobbys, qui font dépenser les états sans compter pour qu’ils s’achètent les chaines de leur asservissement en s’endettant toujours davantage.

    Depuis le temps que cette crise semble s’éterniser, il a de moins en moins de doute pour que s’annonce la naissance de la fin de l’histoire.

    Un monde sans idéologie possible dominé par les plus privilégiés, ces maîtres de l’économie financiarisée de la dette, qui se sont autoproclamés élite éclairée et bienfaiteur de l’humanité.

    Ce qui se déroule devant nos yeux est notre futur avec comme seule alternative un contre-pouvoir théocratique débridé par une dynamique plus stalinienne que démocratique.

  11. bonsoir, merci pour l’article

    1500000000000 X le levier X les effets pervers de nouveaux modèles mathématiques pour spéculer peut-être ? comme le dopage, la recherche va plus vite que le gendarme, si gendarme il y a vraiment …

    achat napoleons et vivre dans endroit pas trop fréquenté ni bétonné au cas où …

    février démarre demain, fini les voeux 🙂

  12. « des investissement massifs pour rendre tous les réseaux de transport intelligents »

    Genre d’intelligence dont je me méfie, imposée par en haut. Les réseaux posent une question cruciale à l’intelligence : on ne peut pas beaucoup compter sur une motivation individuelle pour participer à l’élaboration (matérielle) d’un réseau. Donc il faut qu’une institution supérieure s’occupe du hardware.
    A un certain point, un peu comme Alexandre (le Grand, hein) arrivé à l’Indus, l’extension du réseau engendre des complexités/externalités/coût croissants, et on ne peut plus divertir du reste de l’activité les fractions suffisantes à son entretien. D’où cette question : y a-t-il un « metron » (moyen terme dans les analogies) entre kercoz (chantre du local ici) et l’univers ? (un truc tel que le local est au metron, ce que le metron est à l’univers) ? De quoi l’extension du réseau est-elle le nom ?

      1. Merci de la réponse timiota, mais je n’ai jamais dit que cette « intelligence des réseaux » devait « venir d’en haut » , bien au contraire j’ai sans arrêt plaidé en faveur d’une Europe des peuples consultés par tous les moyens possibles, et pas seulement par la soit-disant « démocratie représentative »

        J’ai plaidé pour une démocratie participative où les citoyens de base, auraient leur mot à dire et pourraient participer aux décisions. Même s’il faut comme vous le dites une institution supérieure pour s’occuper de « hardware » les choix des directions dans lesquelles devraient aller ces grands projets doivent rester aux mains des citoyens. Par ailleurs les grands projets peuvent prendre la forme d’agrégation souple de petits projets à taille humaine. Cela est rendu possible par les technologies numériques qui à côté d’effets dévastateurs sur l’emploi et les conditions de vies de certain membres de la société, permettent aussi d’envisager des solutions participatives.

        Charge aux initiateurs de tels projets de réseaux intelligents, de se mettre dès le début en réseau, au début moins efficaces, avec les membres de la société . Pour cela l’accessibilité aux réseaux de communications devra être assurée le plus rapidement possible
        Accessibilité géographique « urbi et orbi »
        Accessibilité sociale : coût minimum, et gratuité autant que possible.
        Accessibilité physique pour les personnes à mobilité réduite,
        Accessibilité pour les personnes handicapées sensorielles,
        Accessibilité intellectuelle pour les personnes ayant des problèmes cognitifs variés, ces difficultés cognitives pouvant être le résultat des défaillance éducatives, de pathologies handicapantes, du vieillissement ou de la non maitrise de la langue, pour les citoyens immigrés ou même pour les étrangers de passage.

        Paul T.

    1. C’est la question qui se pose pur tout réseau. Par exemple un collectif, ou réseau d’acteurs associatifs. Au final, il n’y a souvent que deux ou trois personnes qui font réellement quelque chose. Et l’échelon de l’action est, lui aussi, difficile à déterminer. Bref, c’est quand même une dilution jusqu’à risque d’inaction.

  13. Dans la suite de mon message précédent, voici un document venant encore d’une organisation « subversive »

    COMMISSION EUROPÉENNE Bruxelles, le 16.12.2010
    Plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale: un cadre européen pour la cohésion sociale et territoriale
    http://www.europedirectplr.fr/upload/file/COM_2010_758_EU_2020_pauvrete_exclusion_sociale.pdf

    Document qui pourrait être opposé aux gouvernements stupides qui nous prennent pourtant pour plus stupides qu’eux…

    S’appuyant entre autre sur le texte de La Commission Européenne cité ci-dessus, la FEANTSA, Fédération Européenne des Associations Nationales Travaillant avec les Sans-Abri, est une fédération d’organisations à but non lucratif, y fait référence dans une communication récente concernant le logement social:
    14 Nov 2011 – 14 SEC(2010) 1564 final. European Consensus Conference on Homelessness (2010) Policy Recommendations

    En français ici:

    http://www.feantsa.org/files/freshstart/Working_Groups/Housing/2011/Policy%20papers/06_01_2012_HF_Position_Paper_FR.pdf

    Je redis que si les peuples européens se motivent une autre Europe peut exister que celle des marchands et des financiers, et en partant de l’idée que « L’union fait la force » des actions revendicatives à ce niveau Européen auront plus de chances d’aboutir que des revendications nationales isolées sans cohérence. le plus souvent sous-tendues par des visées étroitement nationales « l’arbre cachant la forêt »…

    Paul T.

  14. Vu sur une télé allemande, à l’occasion d’une des festivité de fashing, un comique a comparé la FES à une sorte de chaîne de dettes ou l’argent revient au premier emprunteur. Cela m’a laissé bien perplexe, qu’en pensent les spécialistes?

    1. En échange d’une valeur de 100, je te donne 10 produits si tu trouves 10 clients, et à chacun de ces clients tu leur proposes 10 produits contre une valeur de 100. Si tu y parviens, tu auras gagné une valeur de 900 et nous aurons vendu 110 produits. Et si ces 10 clients font de même, je te donne 100 produits contre une valeur de 1 000 que tes clients t’auront avancé, chacun s’étant trouvé 10 clients, etc.

      Jusqu’au moment, que je ne te révèle pas, où au nième cercle de la périphérie les clients seront introuvables ; mais d’ici là nous aurons, moi au centre du cercle et toi à la première circonférence accumulé beaucoup de valeurs.

      Pour jouer à cela Dieu décide de mettre 10 puissance 10 valeurs en circulation, parce que Dieu sait que le jeu fonctionne jusqu’au dixième niveau périphérique. Mais soit (thèse irénique) Dieu, cet innocent, n’a pas lu Dante, qui comptait jusqu’à 9 cercles, soit (thèse complotiste) il l’a lu et, ce méchant, était le masque de sa propre déchéance, il a blousé son monde.

  15. Lundi 30 janvier 2012 :

    Coup de frein à la croissance des crédits aux entreprises.

    Selon les dernières statistiques de la Banque de France, la croissance des crédits aux entreprises a été divisée par deux en un mois, entre novembre et décembre dernier, à 1,6 %. Une décrue liée à la chute des crédits de trésorerie.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201867842720-coup-de-frein-a-la-croissance-des-credits-aux-entreprises-281563.php

    1. Donc , confirmation que la politique « de l’helicoptère » de la BCE ne profite pas à l’économie réelle car quand les crédits de trésorerie se font rares les fonds de roulement sont en berne !

  16. Bonjour
    @ Leboutte
    « C’est sur ce point, à mon avis, que nous devrions désormais axer notre réflexion. La finance et la dette, nous avons compris. Mais sur les conditions du basculement de la dynamique sociale, nous y voyons beaucoup moins clair. »

    Oui ,nous avons compris,TOUT(,sauf la violence de mon côté ) et ce que je déplore le plus,c’est mon incapacité à restituer aux miens ce que j’ai appris,compris.
    Ne vous mettez pas à notre niveau,élevez nous plus encore,cependant soyez accessibles à tous

  17. Zone euro : les conditions du crédit restent tendues.

    Le resserrement du crédit bancaire a été un phénomène largement partagé en zone euro, à l’exception notable de l’Allemagne, souligne encore la BCE.

    Les banques restent donc réticentes à ouvrir le robinet du crédit, et ce malgré les montants de liquidités sans précédent qui leur sont prêtés par la BCE.

    L’institution de Francfort (ouest) a en particulier accordé aux banques un prêt historique de près de 500 milliards d’euros sur trois ans fin décembre. Elle doit en accorder un autre fin février et la demande des banques pourrait doubler, selon la presse.

    Le président de la BCE Mario Draghi n’a de cesse de défendre cette politique très généreuse, même si elle ne se traduit pas pour l’instant par un accès plus facile au crédit des consommateurs et entreprises européennes.

    Il a toutefois reconnu la semaine dernière qu’il était encore trop tôt pour savoir si cet argent finance vraiment l’économie réelle.

    http://www.romandie.com/news/n/_Zone_euro_les_conditions_du_credit_restent_tendues010220121102.asp

    1. Draghi est un « Goldman Sachs » ,adepte de la théorie du « ruissellement » qui consiste à croire que l’argent déversé sur les trés riches ruisselle sur les « classes inférieures » !!!!

      Donc ,les sommes astronomiques déversées sur les banques sont censées ruisseler sur l’économie réelle !!!

      Hélas non ! c’est un compte à dormir debout !
      Ce qui arrive à ruisseler ce sont surtout les factures et les augmentations en tous genre !

  18. Sébastien Mercy,

    Vous allez nous faire découvrir jour après jour l’évolution de votre dessin. J’ai beaucoup apprécié celui de l’austérité.
    Je me réjouis donc de voir celui – ci.

    Merci

    1. Merci DidierF. Je ressortirai mes couleurs pour le prochain.

      Ce n’est pas toujours évident de proposer une illustration de qualité en si peu de temps. En moyenne un dessin (comme ceux que l’on peut voir sur mon blog – http://sebastienmarcy.blogspot.com/2012/01/sebast-marcy.html par exemple) demande plusieurs jours de travail.
      Difficile d’avoir ce délai ici. Parfois en une journée, c’est 4 billets qui paraissent… Donc, je m’oblige à trouver une solution en une demi journée. Mais parfois, c’est pas possible. Par exemple, « la règle d’or »… J’ai bossé trois jours pour trouver quelque chose. Rien ! 🙂 C’est le jeu.

  19. Mmm,…

    – 1500 (500 + 1000) milliards pour la BCE, peut-être 2000.
    – un probable QE 3.
    – des statistiques américaines effroyables (voir http://theeconomiccollapseblog.com/archives/50-economic-numbers-from-2011-that-are-almost-too-crazy-to-believe / découvertes sur le site d’Olivier Berruyer), qui reflètent autant de tragédies individuelles.
    – le Baltic Dry index au plus bas des plus bas.

    Ça sent de plus en plus le sapin.
    Quand ça va commencer à péter pour de bon, sûr qu’il vaudra mieux être sur une autre planète. Car, à côté de ce qu’ils nous font là, John Law ou la crise de 1929, c’était de la bibine.

    Et ne rêvons pas, à mon avis aucun échappatoire.

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