Archives par mot-clé : néo-libéralisme

Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VIII) L’agenda du libéralisme renouvelé selon Walter Lippmann

Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », préface de Serge Audier – Penser le « néo-libéralisme », éditions Le bord de l’eau, 2012. Madeleine Théodore nous propose un résumé en plusieurs parties de cette réflexion essentielle. Ouvert aux commentaires.

L’agenda du libéralisme renouvelé

Walter Lippmann propose un agenda restant fidèle aux valeurs philosophiques du libéralisme tout en rompant avec les errements des libéraux historiques. Continuer la lecture de Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VIII) L’agenda du libéralisme renouvelé selon Walter Lippmann

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Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VII) La faillite historique du libéralisme selon Walter Lippmann

Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », préface de Serge Audier – Penser le « néo-libéralisme », éditions Le bord de l’eau, 2012. Madeleine Théodore nous propose un résumé en plusieurs parties de cette réflexion essentielle. Ouvert aux commentaires.

La faillite historique du libéralisme selon Walter Lippmann

Dans la préface à l’édition américaine de 1937, qui ne se retrouve pas dans la traduction française des éditions Médicis, Walter Lippmann expose ses dettes intellectuelles d’une façon qui révèle son projet d’ensemble et ses priorités. On y découvre à quel point c’est une erreur d’affirmer qu’il est l’ennemi juré de Keynes. Continuer la lecture de Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VII) La faillite historique du libéralisme selon Walter Lippmann

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Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VI) Walter Lippmann (1889 – 1974)

Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », préface de Serge Audier – Penser le « néo-libéralisme », éditions Le bord de l’eau, 2012. Madeleine Théodore nous propose un résumé en plusieurs parties de cette réflexion essentielle. Ouvert aux commentaires.

« L’admirable livre de Walter Lippmann ».

Lorsque en 1938, Louis Rougier publie son nouvel ouvrage aux éditions Médicis, intitulé « Les mystiques économiques. Comment l’on passe des démocraties libérales aux états totalitaires », il tient à évoquer d’autres auteurs convergents, comme Ludwig von Mises et Walter Lippmann. Continuer la lecture de Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (VI) Walter Lippmann (1889 – 1974)

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Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (II) Années 1930 : le libéralisme en crise

Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », préface de Serge Audier – Penser le « néo-libéralisme », éditions Le bord de l’eau, 2012. Madeleine Théodore nous propose un résumé en plusieurs parties de cette réflexion essentielle. Ouvert aux commentaires.

Chapitre 1. Crise du libéralisme, émergence du « néo-libéralisme »

Le mot « néo-libéralisme a connu une certaine consécration dans la France des années 1930. Cependant, si par ce terme on définit une doctrine anti-interventionniste faisant l’apologie du libre-échange, alors plusieurs des économistes libéraux français du 19ème siècle furent souvent des néo-libéraux. On pourrait mentionner parmi eux le publiciste Frédéric Bastiat dont la très influente Foundation for Economic Education fit son modèle, vénéré par Reagan. Continuer la lecture de Le colloque Walter Lippmann : aux origines du « néo-libéralisme », par Serge Audier (II) Années 1930 : le libéralisme en crise

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La concurrence et l’au-delà de l’individualisme, par Baptiste Carré

Billet invité. Comme l’auteur du billet espère bénéficier d’un dialogue avec ses lecteurs, les commentaires sont ouverts.

Pour l’obtention du Master de Science politique spécialité Théorie politique de Sciences Po Paris, j’ai travaillé sur la concurrence et rédigé un mémoire consacré à la théorie concurrentielle de la démocratie qui conçoit la démocratie d’abord sous l’angle de la compétition politique, là où d’autres théories de la démocratie mettent l’accent sur le bien commun et la délibération.

Ce mémoire se veut plus large et cherche à relier cette théorie politique à la théorie économique de la concurrence, mais surtout s’efforce de poser la question de l’individu en concurrence, du point de vue de l’anthropologie sociale de Louis Dumont : si nos sociétés sont d’idéologie individualiste, dans le sens où elles ont pour valeur fondamentale l’individu, comment acceptent-elles que l’individu puisse être si malmené par la concurrence, par exemple lorsque son emploi est délocalisé ou que la sécurité sociale doit être « réformée » pour éviter d’autres délocalisations ?

En cherchant une « idéologie de la concurrence », il m’est apparu qu’elle était double, que se distinguaient deux théories de la concurrence, une théorie « néo-classique », issue de Léon Walras et perpétuée par les auteurs marginalistes, et une théorie « néo-libérale », que j’appelle aussi « théorie diffuse » de la concurrence, née des critiques schumpétérienne et néo-libérales de la théorie néo-classique. Je détaille cette opposition et montre comment elle se retrouve dans la théorie concurrentielle de la démocratie, qui est, de ce fait, elle aussi double.

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CONTROVERSE : « L’Allemagne et nous ! », Pierre Sarton du Jonchay / Michel Leis

Le débat EST TERMINÉ, et ça se passait ICI.

Billets invités. Une controverse est née à propos de l’Allemagne et nous entre deux contributeurs de billets sur Le blog de Paul Jorion. Je n’ai pas voulu, comme il aurait été commode, la mettre entre parenthèses, j’ai préféré la laisser apparaître au grand jour et lui permettre de se résoudre dans une discussion publique sur la page Les débats, le mardi 22 avril de 16h à 18h.

Pierre Sarton du Jonchay :

Capitalisme libéral et nazisme : deux expressions idéologiques d’une même réalité économique

Commençons par rappeler ce qu’est le nazisme historique. Le nazisme est un phénomène idéologique et économique apparu en Allemagne comme développement du pan-germanisme prussien puis du deuxième Reich. L’Allemagne vaincue dans la première guerre mondiale par la coalition franco-anglo-étatsunienne des capitalistes libéraux fut sommée par le traité de Versailles de verser les bénéfices de guerre qui permettraient l’apurement de l’endettement astronomique de l’Europe anéantie par ses guerres impériales.

Les réparations de guerre dues par l’Allemagne vaincue avaient été calculées par les nationaux-capitalistes européo-étatsuniens pour que les dettes inscrites au bilan des banques et des États nationaux ne puissent pas être déclarées non-remboursables comme le suggérait l’anéantissement visible de l’économie réelle européenne à la fin de l’année 1918. En observateur réaliste des processus financiers de l’économie, Keynes avait immédiatement dénoncé la folie idéologique des capitalistes franco-anglo-étatsuniens : en aucun cas l’Europe ne pouvait se reconstruire en réduisant l’Allemagne à l’esclavage financier et les travailleurs du monde entier à la portion congrue de la rente financière du capitalisme mondial.

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QUEL EST LE DIEU QUE RÉVÈRENT LES GRANDS-PRÊTRES DE LA RELIGION FÉROCE QUI NOUS GOUVERNE ?

Un passage d’une lettre que Russell Leffingwell (1878 – 1960), qui présidera longtemps le comité de direction de la banque J. P. Morgan avant d’en devenir le président, adressa le 30 décembre 1931 à Walter Lippmann (1889 – 1974). Le colloque Walter Lippmann de 1938 est considéré comme fondateur du néo-libéralisme [*] ; parmi ses participants : von Mises, von Hayek ainsi que leur maître Alfred Schütz, du côté français : Robert Marjolin, Raymond Aron, Jacques Rueff, pour les Allemands, les théoriciens de l’ordo-libéralisme : Wilhelm Röpke, Alexander Rüstow.

La leçon à tirer est que Keynes et toute son école, ce qui signifie les fonctionnaires du ministère des Finances qui le suivent peu ou prou et pensent comme lui, n’ont pas le jugement d’hommes ayant un sens pratique. Ce sont des licenciés en mathématiques. Ce sont des fonctionnaires. Ce sont des professeurs d’économie politique. Ce ne sont pas des banquiers et ce ne sont pas des hommes d’affaires. Ce que les banquiers et les hommes d’affaires en Angleterre savent c’est que la confiance est fondée sur le fait de tenir ses promesses. Ce que Keynes lui ne saura jamais.

Et il y a une autre chose dont Keynes et son école (tous autant qu’ils sont, Strakosch, Blackett, Salter, Hawtrey, etc. sont plus ou moins des disciples de Keynes, encore que certains d’entre eux le nieront) ne sont pas conscients, c’est que l’étalon-or n’est pas quelque chose que les économistes, les politiciens et les banquiers ont inventé et mis au point comme un moyen pratique pour assurer le bien-être de l’humanité. L’étalon-or est quelque chose de profondément enraciné dans les appétits des hommes. L’amour de l’or est instinctif chez les hommes, comme leur amour de la terre ou des femmes. Plus vous tentez de substituer à l’or qu’ils désirent de la monnaie indice de prix ou de la monnaie-papier, plus ils réclament l’or.

Nulle surprise donc, le Dieu que révèrent les grands-prêtres de la religion féroce qui nous gouverne est bien celui que nous leur supposions : le Veau d’Or.

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[*] Sur le colloque Walter Lippmann de 1938 comme fondation du néo-libéralisme, voir Michel Foucault, Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France. 1978-1979 (Gallimard/Seuil 2004 : 138-142 ; 166-170) et Pierre Dardot & Christian Laval, La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néolibérale (La Découverte 2009 : 157-186).

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NE PAS PERDRE LE CAP, par Francis Arness

Billet invité.

A la lecture d’un billet récent discutant mes « Réflexions pour un mouvement néodémocratique », j’aimerais ici porter à l’attention des lecteurs le fait que différents points importants de mon propos ont été profondément modifiés par la lecture qu’en propose ce texte. Aussi, lorsque j’ai lu ce billet, ai-je eu l’impression qu’il ne parle pas de ce que j’ai écrit.

Que ce que l’on trouve dans mon essai politique soit juste ou pas, peu importe. Sans doute  cherche-t-il plus à poser des questions et à proposer des pistes pour une réflexion commune et dialogique inscrite dans un devenir collectif, qu’à donner des réponses toutes faites. Mais je tiens ici à rétablir quelques vérités concernant différents éléments de mon propos.

Le texte suggère que je néglige le fait qu’un nouvel autoritarisme nous menace : « comme si de nouveaux autoritarismes ne voyaient pas le jour ». J’écris pourtant qu’une tentative  néoautoritaire adviendra à court ou moyen terme. Elle s’appuiera sur l’ensemble des tendances sociales contemporaines relevant d’un autoritarisme larvé. J’étudie même en profondeur quel sera vraisemblablement le visage de ce néoautoritarisme.

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Réflexions pour un mouvement néodémocratique (V) – L’alternative à venir entre néo-autoritarisme et néodémocratie, par Francis Arness

Billet invité.

Le néo-libéralisme comme fonctionnement systémique est dans les faits soutenu par la politique du gouvernement français. C’est ce que l’on constate si l’on fait abstraction des ruses de ses leaders et des espoirs sincères mais naïfs des ministres sans véritable pouvoir exprimant la nécessité d’une autre politique. Dès lors, le néo-libéralisme sévira encore dans les prochaines années, y compris si nécessaire sous la forme, utile à l’obtention de la majorité des suffrages, d’une « union nationale », ou plutôt d’une grande coalition entre les néo-libéraux pseudo-sociaux du centre-gauche et du centre-droit actuels, et les néo-libéraux plus assumés de droite. A moins d’un effondrement du système toujours possible à tout moment, ce sera alors la continuation de l’effondrement rampant qui a lieu actuellement en France et en Europe. Ce réel contredira toujours plus ce que nous « montrent » les nombreux indicateurs économiques – pas tous – au caractère trompeur. Le néo-libéralisme devient injustifiable et le sera toujours plus. À terme, aucune majorité ne pourra être élue en cas de compromis avec le néo-libéralisme. Le système – et sa logique de concentration des richesses et du pouvoir – cherchera une autre manière de se décliner et de se justifier. La seule forme possible sera le néo-autoritarisme, puisque seul ce dernier pourra lui permettre de perpétuer la concentration des richesses et du pouvoir.

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La liberté se réduit à une idéologie mise au service d’une classe privilégiée, par Nadir (Nadj Popi)

Billet invité.

J’ai établi une dichotomie assez claire entre l’hystérèse, c’est à dire le « sublime » ou l’« apriorisme » de Kant (théorie pure), le « réel » de Marx (à partir de Hegel) et Lacan (le « Néant » de Sartre et de Hegel, le « sujet qui fâche » de Žižek, etc.), et le processus aliénant de l’ontologie.

L’épistémologie ou la philosophie des sciences consiste à partir de la théorie pure (apriorisme) pour en faire un processus ontologique aliénant universel et nécessaire. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’épistémologie « marxienne » de Popper, von Mises et Hayek.

Popper propose de prendre la théorie pure (métaphysique) ce qu’il appelle « réalisme », qui n’est ni démontrable, ni vérifiable puisque par définition il échappe à tout processus ontologique (de symbolisation), c’est ce que l’on peut appeler « idéologie », et faire de cette théorie pure un processus ontologique qui conférera à la théorie un caractère scientifique.

C’est la raison pour laquelle ce qui traduit le passage de la métaphysique à la science est ce processus d’ontologisation ou de « falsification » ou infirmation. C’est là la logique de la science ou le caractère formel ou ontologisant de la science. Popper ne reprend-il pas dans La connaissance objective (1972), une formule de Marx quand il dit que la théorie est le produit de l’activité humaine (apriorisme) qui transcende et aliène ensuite son propre créateur (processus ontologique).

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QUE VEUT L’HOMME MODERNE ?, par Michel Leis

Billet invité.

Que veut l’homme moderne ? Cette formulation un peu désuète qui fleure bon les années 60 et 70 pose à mon sens la question de la corrélation entre le discours politique et la norme sociale dominante.

Il me semble que le progrès a été la norme sociale dominante du long XIXe et du court XXe siècle. Deux visions du progrès concurrentes s’opposent, l’une fondée sur les mérites de l’individu et l’autre fondée sur un État qui organise et planifie le partage des richesses. Progrès économique d’un côté, progrès social de l’autre, l’un étant la porte d’accès à l’autre suivant le point de vue auquel on se place. En donnant une dimension temporelle (le futur) à l’amélioration des conditions de vie de chacun, la norme de progrès canalise les attentes des individus. À partir de la seconde moitié du XIXe, des partis puissants vont porter ces aspirations et donner un sens et un contenu au débat public (l’essence même de la démocratie ?), même si l’accès au pouvoir par les urnes n’est pas toujours au programme. L’adhésion des masses aux grands errements collectifs de « l’Âge des extrêmes » n’est qu’un dévoiement de ces deux visions antagonistes, née de la crise de l’entre-deux-guerres et des frustrations nées d’une sortie de conflit mal maîtrisé.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 30 NOVEMBRE 2012

La fin de l’empire romain

Edward Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, 1776 – 1788
Michel Foucault, Naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France. 1978-1979 (Gallimard / Seuil 2004)
Pierre Dardot et Christial Laval, La nouvelle raison du monde. Essai sur la société néo-libérale (La Découverte 2009)

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HAYEK ET L’EUROPE : « SURVEILLER ET PUNIR », par nadj popi

Billet invité.

Cet article se situe dans la ligne de ma première contribution au Blog de Paul Jorion qui avait pour titre « La fin de la contre-révolution libérale ».

Je reviens sur la question rémanente mais non moins lancinante de la théorie du capitalisme néolibéral de F. A. von Hayek dont je soutiens qu’elle repose en réalité sur la théorie de l’« hégémonie culturelle » (Gramsci) élaborée par le sociologue Alfred Schütz.

La théorie de l’hégémonie culturelle consiste en une refondation phénoménologique de l’idéal-type wébérien : c’est prosaïquement ce que Schütz appelle, dans « Der sinnhafte Aufbau der sozialen Welt. Eine Einleitung in der verstehende Soziologie » (1932), l’ordre, un concept qui sera repris par la suite par Hayek en tant que celui d’« ordre spontané ».

L’idée selon laquelle l’hégémonie culturelle modèle ou façonne les conduites humaines n’est pas une innovation doctrinale dans l’histoire des idées puisqu’on peut retrouver cette thématique chez Gramsci et plus récemment chez Foucault par le truchement du concept de « discipline » ou de « gouvernementalité », lequel est fondateur de ce que l’on peut considérer comme l’anatomie du capitalisme néolibéral (voir en particulier, M. Foucault, « La naissance de la biopolitique. Cours au Collège de France 1978-1979 », 2004).

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Auto-contradiction néo-libérale, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Le texte suivant fait suite au billet La faillite financière posthume de Platon. Il analyse le néo-libéralisme comme un néo-platonisme qu’une réhabilitation de la quadri-causalité d’Aristote permet de déconstruire. La déconstruction n’est pas une destruction. Elle décompose une construction métaphysique en briques élémentaires comme une construction physique. Elle effectue un tri dans les matériaux de base, c’est à dire dans les causes. La déconstruction peut déboucher sur une reconstruction qui intègre tout ce que l’ancien édifice contenait de positif et véritable.

Manipulation mentale

Le néo-libéralisme platonicien s’est approprié la réalité par deux leviers métaphysiques : l’idéalisme et le matérialisme. Il s’appuie sur le scientisme qui ne voit d’objet de connaissance que dans la matérialité physique en dénigrant l’interrogation des finalités de l’observateur. L’idéalisme de son coté sert l’absorption de la fin dans la forme. Ainsi escamote-t-il tout motif de discussion de la valeur par les fins. L’idéalisme nie la vertu à poursuivre des fins réelles. Il réduit toute réflexion morale à une éthique individuelle invérifiable, sans conséquence visible. La société néo-libérale est une juxtaposition d’individus qui ne peuvent pas et ne doivent pas se comprendre. Chacun est propriétaire du sens de sa discussion. La loi démocratique est décorative dans un marché soumis à la loi matérielle du plus fort. Le mot « loi » sert la confusion entre la nécessité objective des sciences physiques et la nécessité subjective des sciences politiques. La loi est réduite à des rapports de quantité qui n’expriment aucune qualité dans la réalité.

La fin idéologique néo-libérale est radicale. Elle neutralise la rationalité discursive du marché. Elle disperse la causalité objective dans l’attention du sujet. Elle détache la discussion publique de la réalité par l’abstraction juridique et mathématique. La qualité sans matérialité est irrémédiablement et artificiellement opposée à la matérialité sans qualité. Le résultat est la dissimulation des fins réelles de toute négociation. Le droit de l’offre est disjoint du droit de la demande. La loi et la monnaie canalisent par le filtrage d’intérêts oligarchiques le dialogue de l’offre avec la demande. La forme dissimule la quantité. La quantité masque la forme. Les intérêts sont opaques. La quantité matérielle ne sert pas la fin. La fin ne détermine pas la forme. La forme calcule une quantité sans effet dans la qualité. Le sujet de la valeur s’aliéne dans des transactions qui ne disent pas les intérêts qu’il sert. L’offre ne connaît pas toute la demande ; la demande ne sait ni par qui ni comment elle est servie.
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La mégabanque et le monde émergent, par zébu

Billet invité.

Le monde avait-il déjà basculé sur son axe ou bien les mégabanques ont-elles joué un rôle décisif dans ce basculement ? Histoire de l’oeuf et de la poule, me direz-vous.

Pour autant, il me semble que les mégabanques se font des illusions, qui préparent de grandes désillusions (pour elles) concernant les fameux ‘pays émergents’ (de quoi, de où ?).

Car ce qu’elles ont pu façonner dans le monde dit ‘occidental’ depuis près de 40 ans, depuis la ‘révolution conservatrice’ dans le monde anglo-saxon, elles auront bien plus de difficultés à le faire dans les pays dits ‘émergents’, pour 3 raisons à mon sens.

En premier lieu, le premier basculement du monde qui a eu lieu au sein du ‘monde occidental’ en faveur des mégabanques s’est institué dans un contexte de démocratie politique, contexte qui a mis quelque siècles à s’ancrer durablement dans ce dit ‘monde’. Or, il y a lieu de constater qu’en ce qui concerne cette dimension, les pays ‘émergents’ sont loin pour une part (encore) importante d’entre eux d’avoir accédé au statut de pays démocratique. Certes, le Brésil, l’Inde et d’autres (Afrique du Sud par exemple) le sont et depuis leur indépendance parfois. Mais d’autres, plus puissants, comme la Russie et la Chine gravitent dans d’autres ‘sphères’ politiques.

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